Catégorie : Les pioux

  • Le grand Saint

     

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    C'est le surnom qu'on lui donne entre adultes dans cette famille. Comme on dirait le grand Jacques ou le grand Léon. Dans le calendrier, on inscrit "Brunch du grand Saint". 

    Cela fait 35 ans sans interruption que nous fêtons St Nicolas. En gros, le grand Saint n'a jamais arrêté de visiter notre cheminée, quel que soit l'âge de ceux qu'on appelle encore les enfants. Et quand sont arrivés les valeurs ajoutées et la TVA (trésors de valeur absolue), il n'a pas lésiné. De toute manière, sa hotte est extensible, jamais elle ne lui semble trop lourde. 

    Quand nous habitions en Italie, il nous a même fait l'honneur de nous rendre visite à la maison à condition que nous invitions tous les enfants du bureau qui lui avaient écrit, les petits Allemands, les petits Néerlandais, les petits Alsaciens et les petits Belges bien sûr. Quelques petits Français et Italiens se sont joints à nous, considérant que ce n'était jamais trop de solliciter St Nicolas en même temps que le Père Noël ou la Befana. Plus on y croit, plus on y gagne.

    Cette année, il était très attendu par ceux qui ont bien compris qu'après leur maison, ils passent chez Bonnie et Nonno, a fortiori si on est invités à déjeuner tous ensemble. Ça sent le hotte parade ! 

    Cette journée est pour nous notre petit Noël avant Noël, le Noël de la tribu avant le Noël de la grande famille. Le plaisir d'être ensemble, de petits plats dans les grands et des cadeaux.

    Je ne m'en lasse pas. L'Homme fait les gros yeux sur le budget. On verra l'année prochaine mais c'est la dernière année avant la mise à la retraite de la Grande Sainte (je peux dire ça, après tout, on partage le même "onomastico"). Alors au diable la varice, je verrai l'année prochaine à quel saint me vouer.

     

  • Halloween, olives et contrariétés

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    Halloween, olives et contrariétés, le menu de ces deux dernières semaines. 

    Nous n'avons jamais vraiment fêté Halloween dans notre famille mais depuis que les pioux sont en âge de pouvoir y prendre plaisir, leurs mamans organisent un programme ensorcelé. Anaïs la première avait commencé sur un mode très soft, déguisement gentil, confection de biscuits à thème, activités diaboludiques. Mais cette année, les pioux grandissant, elles se sont lancées à deux dans une préparation démoniaque à grande échelle. Maison playmobil bombée en mauve et orange, personnages de maison hantée, confection de chauve-souris, citrouilles décorées, grand apéro de serpents en pâte feuilletée, de Babybel grimaçants, de seringues de sirop de groseille, confection de biscuits, de tartes aux pommes et surtout grand moment de déguisements, qui en vampire, qui en dragon, en sorcière, en Cruella ou en citrouille. Difficile pour les pioux d'accepter que la fête se termine. C'était tellement ensorcelant !

    Nous sommes partis une semaine rejoindre des amis en Italie pour les aider à la cueillette des olives. Hormis le fait que j'avais opté plutôt pour une semaine de télétravail à l'étranger, compte tenu de mon doigt toujours pas réparé, et laissant à l'Homme le soin d'apporter son aide à la cueillette, c'était une semaine très sympa. Se retrouver tous ensemble, les amis, leurs autres amis qu'on ne connaissait pas, d'autres amis d'amis encore qui nous avaient invités pour un repas chez eux, toutes ces nouvelles rencontres que j'appréhende toujours un peu avant se révèlent neuf fois sur dix tellement enrichissantes. Et la nature, là, au milieu de nulle part, est juste époustouflante.

    Mais cette belle semaine a été gâchée par une gorge en feu, une bouche en ébullition, et la tête pleine de contrariétés nées la veille du départ d'une dispute encore plus stupide qu'inutile avec ma maman. Je n'avais absolument rien à me reprocher – et pour que moi, la meaculpiste née, je le dise, ce doit certainement être vrai – et elle m'a blessée inutilement. Nous avons donc somatisé notre rancoeur mutuelle pendant toute la semaine pour finir par baisser les armes et sécher les larmes.

    Mais une chose est sûre, essayer de contenter tout le monde et de ne blesser personne, c'est se perdre soi-même en chemin. Et je n'ai plus vraiment le temps de me perdre. 

  • Un an

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    Un an déjà ! J'ai un peu de mal à y croire. J'ai l'impression qu"il est né hier. Tellement hier que j'ai le sentiment de ne pas encore avoir eu le temps de me connecter à lui. 

    Il faut dire qu'il est tout en fusion avec sa maman et qu'il faut qu'elle disparaisse de son champ de vision pour qu'il accepte de rester dans les bras de quelqu'un d'autre. Mais il a un radar qui la repère de loin et il est très difficile d'échapper à ses tentatives de la rejoindre. Et ses forces pour se libérer de votre étreinte sont décuplées dès qu'il la voit.

    Mais il commence à jouer et là je peux le rejoindre sur son terrain de jeux. Et bientôt je sortirai mon arme ultime, le livre :-).

    En attendant, je ne cesse de le contempler. Il est beau comme un coeur et surtout surtout, il a le sourire facile et radieux. Comment ne l'aurait-il pas d'ailleurs avec les parents qu'il a ? Il a cette double fossette à gauche de son sourire qui n'est pas commune, ces petites dents étincelantes et ces éclats de rire merveilleux qui me font craquer à chaque fois.

    On fêtera son premier anniversaire dans quelques jours avec tous ses grands-parents, ses oncles et tantes et ce sera vraiment le petit roi lion.

     

  • Débarquement en Normandie

     

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    Je ne sais pas d'où me vient ce désir intense – qui remonte à mon adolescence, voire même à mon enfance – de grandes tablées, de soleil et de coins ombragés, de maisons remplies d'enfants de tous âges, de cette notion de "tribu" qui représente à mes yeux le bonheur suprême. J'ai beau cherché, c'était certainement avant que je rencontre la famille von Trapp, peut-être le Club des Cinq mais ils n'étaient pas assez nombreux, peut-être encore Treize à la douzaine qui m'avait impressionnée mais toujours est-il que le concept de famille nombreuse me colle au coeur depuis toujours. 

    J'ai eu la chance d'avoir trois enfants fantastiques, ce qui n'est pas le cas de tous ceux qui ont le même rêve que moi. Ces enfants se sont multipliés et nous voilà déjà à la tête d'une petite bande de cinq. Rien ne me rend plus heureuse et j'y pense chaque matin.

    On peut alors imaginer mon état d'esprit quand on débarque tous en Normandie, y compris les deux chiens Aki et Pongo, pour 3 semaines de vacances.

    Tout le monde n'est pas arrivé en même temps toutefois et la première semaine avec quatre enfants et une seule maman s'est avérée un peu plus difficile. Surtout avec un petit tyran de 18 mois. Tout se serait plutôt bien passé si nous n'étions pas tombés malades à trois en même temps la même journée. Autant le savoir tout de suite, une indigestion généralisée n'émeut pas du tout les petits tyrans et leurs exigences restent inchangées. Alors que les indigestionnés n'ont aucune énergie pour cadrer les petits tyrans.

    Quand tout le reste de la tribu est arrivé, j'étais devenue un chouia hystérique au moindre pleur ou aboiement intempestif.

    Bien sûr, par la suite, il y a bien eu encore quelques petites tensions. Normal avec un chien bruyant, un grand-père dirigiste, une fille en post op et en sevrage tabagique, une future maman et une grand-mère fétichiste du bavoir, ça peut coincer de temps en temps. 

    Mais de ces vacances, je ne retiendrai que le bonheur: Henri Dès à tous les petits déjeuners (de quoi rendre fou la valeur ajoutée numéro 1), les plages immenses et vides, la joie des enfants dans les vagues, le château de sable qui a fini par perdre la bataille contre la mer après une résistance bien brave de trois pirates, les glaces et la gaufre pour Sam Sam, les progrès incroyables de langage de Lémoni, les parties de "Jacques a dit" , les câlins, les questions de Jules, les jeux de rôle – conducteur de train et ses passagers, pilote d'avion itou, urgentiste et ses patients, phoque sur la banquise par 32 degrés, déglutition de poule à chaque grain de maïs des salades et j'en oublie – , la complicité de petit Maoh avec Sam Sam, le cerf volant avec Nonno, les livres avec Bonnie, les apéros, les courses de gazelle de Sappho, les parties de Time's up et de Mille bornes et last but not least ….. la teurgoule. Qui comme chacun sait n'est pas du riz au lait, Jules, mais une sorte de riz au lait, spécialité normande parmi tant d'autres. 

     

  • Cinq ans

     

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    C'est l'aînée de sa génération. Comme sa mère de la sienne. C'est elle qui a fait de moi une grand-mère. Je n'ai pas de petit "préféré"; chaque fois qu'on me pose la question, j'essaye de répondre honnêtement, je cherche un soupçon de préférence mais je ne trouve pas. Ils sont tous si différents qu'il y a mille raisons de les aimer indifféremment.

    Elle a pour elle ce statut-là de première née, celle qui m'a rappelé le plaisir du parfum des bébés, le nez dans les cheveux de soie la nuit quand ils dorment, des bisous sur les fesses, le plaisir de dévorer des petits pieds, de tenir une petite main dans la sienne, de fondre de bonheur en les entendant gazouiller. Elle a ouvert la voie du souvenir physique de sa maman, sa tante et son oncle, dont l'enfance est forcément passée trop vite.

    La sienne aussi passe vite. Cinq ans déjà. Elle est grande, elle a les jambes interminables de sa maman, le visage romantique de son papa. Elle a de l'or dans les mains et des tâches sur tous ses vêtements. Elle a des cheveux magnifiques et complètement indomptables. Elle est fine et longiligne et mange comme quatre. Elle a une grâce toute féminine et des attitudes de garçon manqué. Elle rassemble tout un ensemble de paradoxes qui font tout son charme.

    Elle a cinq ans, le temps passe trop vite pour moi. Je voudrais qu'elle garde encore un peu ses quenottes de lait et que l'âge de raison ne la rattrape pas trop vite.

    Ma Sappho….

  • Les deux ans de Sam Sam

     

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    Mon adorable terrible two ! 

    Il me rappelle Quentin, son terrible tonton. Une bouille d'ange, un sourire charmeur à souhait et une incroyable résistance à l'autorité, une propension à n'en faire qu'à sa tête d'enjôleur de première classe.

    Il embrasse avec tellement d'affection, contrairement à ses deux aînés qui préfèrent tendre la joue chastement, un peu avares de baisers donnés. Il affectionne tout particulièrement les "bisous dans le cou" que je lui prodigue avec gourmandise et il en redemande à volonté.

    Il rit beaucoup, s'amuse de rien, développe son côté farceur et nous fait beaucoup rire. 

    Mais il compte aussi sur son charme pour faire fléchir celui à qui il dit non effrontément. L'autorité glisse sur lui comme sur l'eau sur un galet lisse. Il vous regarde avec les yeux plissés et un sourire un rien narquois et dit "non". Sans crier, doucement. Non. J'ai beau faire les yeux du hibou, il me trouve chouette. 

    C'est aussi un petit indépendant, qui mène sa vie, tout seul et quitte fréquemment le groupe pour s'en aller voir ailleurs s'il n'y aurait pas quelque bêtise plus intéressante à faire. C'est celui qu'il ne faut pas perdre de vue. On ne compte le nombre de "Où est Sam Sam ?" sur un weekend.

    On a fêté ses deux ans dimanche et sa joie était le plus beau cadeau.

  • Une pincée de printemps

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    On le sent, il arrive. Mais le froid pique bien.  N'empêche, ce ciel bleu bleu panse un peu les coeurs chamboulés.

    On a pris l'air à la maison-jardin mais il fallait vraiment bien s'emmitoufler. Quelques enfants et chicoufs nous ont rejoints le dimanche en un petit aller-retour avant-coureur. 

    Au bureau aussi, il souffle un petit air de printemps, on nous force maintenant à retourner au moins deux jours par semaine. Au début, c'est un peu dur de sortir le bout du nez de son hibernation mais une fois sur place, il y a quelque chose de frais dans toutes ces retrouvailles. On dirait de jeunes oiseaux qui se déplient et battent des ailes et pépient avec une joie timide mais non feinte. Je crois qu'on est contents de se retrouver. 

    Ceci dit, hier soir, un collègue fêtait son anniversaire et son départ à la retraite et nous a réunis autour d'un verre et des discours et tous ces anciens combattants qui ne s'étaient plus vus depuis mille ans n'ont pas résisté aux grandes embrassades et je suis partie beaucoup trop tôt, tant la crainte de la contagion m'a gâchée la soirée. Je n'étais pas la dernière à résister aux accolades et passé le moment d'euphorie, je m'en suis mordue le masque.

    Le printemps arrive mais il fait encore très nuageux sur bien des régions où les bombardements laissent une poussière grise terriblement envahissante. 

    Et ce soir, j'ai fait le plein de rires avec 3 amies d'univ, qui n'ont pas vraiment changé; nos vies ont pris des chemins différents et pendant longtemps on ne s'est plus vues. Mais l'amitié n'a pas faibli et nos rires n'ont pas vraiment changé eux non plus depuis 40 ans. 

     

  • Weekend de pioux

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    Ces weekends où je finis sur les rotules et la tête dans les étoiles. 

    Ce weekend, Maïté est seule avec les deux filles. Elle demande de l'aide pour garder Lémoni pendant qu'elle amène Sappho à la danse. Puis elle l'emmène à l'anniversaire de Jules version petits copains et pour lequel Anaïs a sollicité son aide en tant que co-animatrice de la chasse au trésor. Bien sûr, elle a préféré nous laisser Lémoni plutôt que de s'en "encombrer" en plus d'une cohorte de petits chasseurs de trésors.

    Quentin a appelé pour voir s'ils pouvaient passer et ils sont venus manger. Maoh grandit tout seul, le temps a filé et il a déjà six mois. Et il est magnifique ! Maïté nous a rejoint en fin de journée, sans Sappho restée dormir chez son cousin, et elle nous a aidés à finaliser le gâteau d'anniversaire de Jules pour le lendemain, l'anniversaire version famille. 

    Dimanche, après le traditionnel Skype avec Swiss'Sis, rapide visite à Mamy L. et tout le monde se retrouve chez Jules pour fêter à nouveau ses 4 ans. Submergé de cadeaux, ivre de bisous de tous ses grand-père, mamy, bonnie, nonno, oncles, tantes, grands-tantes, arrières-grands-mères et cousins à n'en plus finir, il a fini son weekend complètement épuisé. Mais content. Et j'ai eu le plaisir et le privilège d'aller réveiller Sam Sam au sortir de sa sieste, lui qui manquait à ma ribambelle de câlins du weekend. 

    Cerise sur le gâteau, j'ai eu confirmation de la disponibilité de la maison de vacances en Normandie où on pourra en emmener quelques uns cet été et peut-être même y retrouver les autres avec leurs parents. Je suis la plus comblée des Bonnies. 

  • Ciao janvier

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    On dit toujours que c'est le mois le plus triste de l'année. Moi je trouve que c'est février. Mais bon y'en a pas un pour rattraper l'autre. J'en ai tellement marre de cette lumière blafarde, de ces jours si courts, et surtout de ce froid qui me rentre dans les os.

    Mais bon d'accord, janvier et février sont des mois d'anniversaire et ça c'est déjà chouette. On a fêté les capricornes et bientôt on célébrera les verseaux. Le simple fait de pouvoir fêter est un cadeau en soi. Surtout après les quarantaines déplaisantes de fin d'année. 

    J'ai fait le plein d'amitiés, les très anciennes comme Bibi et Alain ce weekend (les amitiés de l'école primaire qui ont traversé les années et les siècles), les vieilles copines qui ont vécu plusieurs vies, et bien sûr les incontournables qui m'ont organisé un dîner d'anniversaire à domicile.

    J'ai pu garder les petits monstres à tour de rôle et ça n'a pas de prix. Ils ont à peine quitté la maison que je me languis de les voir, même si parfois j'aime aussi souffler seule mais surtout surtout pas longtemps.

    Je me suis offert un lumbago première classe, un de ceux qui font hurler au moindre mouvement. Je ne me souvenais plus de cette douleur tant il y avait longtemps. Il y a toujours une petite pointe dans le bas du dos mais la grosse crise est passée, même si elle a duré deux bonnes semaines.

    On a vendu le garage de Maman, c'est aussi une étape.

    Et on a enfin trouvé une voiture à acheter après des mois de tergiversations et d'hésitations, contraints et forcés que nous sommes d'abandonner l'"autobus blanc" comme l'avait baptisé mon papa. 

    Voilà, un mois sans lumière mais plein d'étoiles dans les yeux malgré tout.

  • Infinie tristesse et joie sans pareille

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    Encore une fois, ces derniers jours ont été à l'image de ce qu'est la vie, une succession de grand soleil et de nuages gris foncé, météo sans cesse en mouvement.

    J'ai appris vendredi et aujourd'hui deux décès qui ne m'appartiennent pas, pour autant que l'on puisse "posséder" un décès. Je veux dire par là que je ne connaissais pas personnellement les disparus, tant s'en faut. Vendredi, l'auteur du livre "Deux petits pas sur le sable mouillé", Anne-Dauphine Julliand, perdait son troisième enfant. Je suis son compte Instagram, pépite de résilience et de joie de vivre, après avoir lu son livre que m'avait offert Hanka il y a quelques années. Ce livre raconte la découverte de la maladie dégénérative de sa petite fille de 2 ans et l'accompagnement de cette enfant jusqu'à sa mort un an plus tard. Il raconte également l'arrivée de son troisième enfant, une autre petite fille atteinte de la maladie qui vivra jusqu'à ses onze ans. Et vendredi, elle perd son fils aîné qui se suicide la veille de ses 20 ans. La pensée de cette maman ne m'a pas quittée de tout le weekend et aujourd'hui encore, je suis bouleversée. J'ai beaucoup de difficultés à concevoir comment on peut survivre à cela. Et à côté de l'infinie tristesse, sincère, qui m'habite, je ressens un besoin compulsif de prendre de ses nouvelles sur les réseaux sociaux, et je n'aime pas du tout ce comportement que j'apparente à une sorte de voyeurisme mal placé. Et cela me rend encore plus triste.

    Aujourd'hui, j'ai appris également le décès d'un commerçant près de chez moi, que j'aimais beaucoup même si je ne fréquentais pas sa boutique de seconde main toutes les semaines et de savoir que c'est cette saleté de virus qui l'a emporté me révolte d'autant plus. Et à nouveau je ressens une tristesse qui me semble inappropriée.

    Alors que j'ai passé un weekend absolument magnifique. Malgré un épouvantable lumbago dont j'avais complètement oublié la puissance de la douleur. Nous avons gardé Jules et Sam Sam pendant tout le weekend et ils ont été tout simplement adorables. Petit Jules voulait m'aider à me relever et m'apportait de faux petits déjeuners au lit sur des rampes de garage en guise de plateau. Il nous a bombardés de questions en chaîne et nous a nouveau épatés par son vocabulaire encyclopédique. Inutile de lui parler de bébés cochons ou de bébés sangliers, il rectifie la nomenclature en sanglier, laie et marcassins ou verrat, truie et porcelets. Sam Sam ne s'exprime pas encore comme lui mais sait se faire comprendre. Et nous signale qu'il entend les pigeons sur la terrasse. Ce qui amène son poète de frère à nous faire remarquer que les oiseaux sont comme lui, ils chantent pour dire qu'ils sont contents de commencer leur journée.

    Le samedi soir, J et S et C et M ont amené leurs casseroles et leur matériel pour me concocter un dîner d'anniversaire à domicile et c'était tout simplement fabuleux. Il suffit de donner un ingrédient à J. et elle vous décline un plat et un dessert magiques. Cerise sur le gâteau, avoir deux petits garçons bien élevés à l'apéro qui vont au lit sans difficultés le moment venu, c'est un vrai bonheur.

    Finir le weekend en célébrant, en tout petit comité malheureusement, les seize ans de Clara, et découvrir par la même occasion la nouvelle maison de Sis'cile était juste parfait pour se dire que la famille reste ma priorité absolue dans ma vie.