Catégorie : Les pioux

  • Fin d’été

    J’aurais voulu que ça ne s’arrête pas. Pourtant je commençais à être fatiguée. J’avais moins de patience. J’étais moins résistante au bruit. Mais pour rien au monde, je n’aurais voulu écourter ces derniers jours avec eux. Du moins les cinq qui étaient là. Sappho et Lémoni étaient en vacances à l’île de Groix avec leurs parents. Mais Jules, Samuel, Maoh, Amalia et pour la première fois Oona étaient avec nous dans la maison-jardin. Maman aussi était là la dernière semaine. Ce n’est pas -loin de là – un sixième enfant mais quand même, il faut ménager la mère et les choux.

    On a admiré l’éclipse avec trois d’entre eux – probablement la dernière éclipse de notre vie. Ils étaient clairement plus intéressés par l’apéro qu’on avait organisé pour eux ce soir-là et par le coq qui s’était perdu dans notre jardin que par le rendez-vous du soleil avec la lune.

    Le dernier soir, j’ai fait une photo de chacun endormi dans leur lit. Je voulais garder encore un peu de cette innocence de l’enfance ensommeillée.

    Le dernier jour, quand ils sont tous partis, j’ai réussi à garder l’oeil sec et puis quand j’ai défait les valises à la maison et que je suis tombée sur deux petits élastiques, l’un à Amalia, l’autre à Oona, j’ai fondu en larmes. Je ne peux pas m’en empêcher.

    Le dimanche, je me suis demandé à quoi pouvaient bien rêver Samuel et Lémoni, la veille de leur rentrée en primaire et Oona la veille de son premier jour d’école.

    Cette première semaine d’école est déjà finie. Moi, j’ai repris le chemin de la salle de sports pour deux-trois semaines puisqu’on part mi-septembre là où vous savez. Et j’ai pris la résolution de cuisiner tous les jours, histoire d’éviter de manger n’importe quoi à portée de main dans le frigo ou l’armoire. Ça prend du temps mais je vais essayer de m’y tenir.

  • La vie est une grande roue

    Lundi: Retour d’un weekend extraordinaire. On est partis vendredi soir pour Athènes. J’avoue, cette année, mon empreinte carbone a explosé, je ne suis pas très contente de moi et je me sens très égoïste. Mais en même temps, mon bonheur a été immense ces trois jours. On a eu la chance inespérée de revoir mon compositeur grec préféré dans l’amphithéâtre de Hérode Atticus, juste en dessous de l’Acropole. Revivre cette magie était tout simplement incroyable. Et puis cette ville que l’on aime tellement tous les deux. L’Homme a dit « j‘aime l’odeur de cette ville » et c’est tout à fait ça.

    Mardi: Ce soir, récital de piano de Sappho. Hier, c’était hautbois, mais vu les trois heures de retard de l’avion, on n’a pas pu y assister. Aujourd’hui, l’Homme ne peut pas, il a dentiste mais moi je peux. Une vingtaine d’enfants attendaient leur tour pour s’installer au piano le temps de deux mélodies d’une à deux minutes chacune. Leur stress était palpable et j’avais pitié d’eux. Mais une fois devant le clavier, ils donnaient le meilleur d’eux-mêmes. Sappho n’a pas dérogé à la règle et a très bien joué. Et même si moi, je ne suis pas objective, la prof, elle, lui a discerné une distinction.

    Mercredi: Mamy et Grand-Père sont partis au Portugal et c’est donc nous qui prenons la relève pour Jules, Samuel et Amalia, tout le mois de juin. Mais cette fois, Jules est en classe verte (Amalia décrète qu’elle, elle ira en classe rose) et ils ne sont que deux. Enfin, jusqu’à ce que Sappho et Lémoni les rejoignent pour l’après-midi.

    Jeudi: On continue l’exercice de vente en ligne des menus trésors de Mamy L. Anaïs photographie, met en ligne, fixe le prix et gère les contacts avec les acheteurs (elle répond aux questions, négocie les rabais éventuels, etc.) et l’Homme et moi nous chargeons de la logistique (emballage, étiquettes, envoi). Curieusement, les bondieuseries ont un succès fou. Et les chapelets, images pieuses, missels, crucifix, médailles, et autres Vierges en plâtre quittent Bruxelles pour partir en mission vers d’autres horizons.

    Vendredi: Le musée d’Orsay consacre une exposition à Renoir et la modernité heureuse. J’ai une véritable passion pour ce peintre et j’ai convaincu l’Homme de m’accompagner en train aller-retour. Je me faisais une joie de passer cette journée avec lui. Mais il a éternué une bonne partie de la nuit et s’est réveillé épuisé et tout fiévreux. Je suis donc partie seule, à mon grand regret, vers la Ville-Lumière. J’ai passé toute la matinée dans le musée d’Orsay avec beaucoup de plaisir mais après, j’ai trouvé l’après-midi beaucoup moins drôle. Je n’avais pas vraiment envie de m’asseoir seule dans un restaurant donc, j’ai fait l’impasse. J’ai marché, marché dans Paris jusqu’à épuisement et je me suis endormie sur un banc dans un parc. Je n’avais vraiment pas vu les choses comme ça.

    Samedi: A partir de 6 ans, ils ont tous droit à une journée avec nous. Resto, musée, etc. Aujourd’hui, c’était le tour de Samuel. On a commencé par le musée Magritte qu’il aurait bien fait au pas de course. Succès très relatif. Puis un tour dans la grande roue – à sa demande – mais là aussi, c’était moins chouette que lors de sa première expérience. Puis resto italien. D’abord assez enthousiaste, il a fini par décréter que le restaurant où il va parfois avec son autre grand-mère était meilleur. On a donc croisé les doigts pour que l’après-midi ait plus de succès que le matin plutôt décevant. Ouf, l’achat de sa première montre flik flak pour apprendre à lire l’heure et le musée des illusions nous ont permis de mieux finir la journée.

    Dimanche: Les filles sont passées nous voir en coup de vent et incroyable mais vrai, Lémoni est venue à vélo, alors que je désespérais qu’elle puisse un jour pédaler. C’était le petit miracle du jour.

  • Incroyable mois de mai

    Encore un mois incroyable.

    Les vacances scolaires se sont terminées en apothéose chez Disney. Cadeau familial de Noël à tous les cousins. Et donc première fois que les sept nains se retrouvent ensemble chez Mickey. Deux nuits, trois jours de dépaysement complet. Il y a dans cette famille trois inconditionnelles de ce monde parallèle, qui vivent le retour dans la vraie vie comme un véritable crash après une dose massive de drogue mais je reviendrai sur la question dans un autre billet.

    Puis nous sommes partis en Roumanie pendant 5 jours, en Bucovine, célèbre pour ses églises peintes à l’extérieur, datant des XVème et XVIème siècles), très rares en Europe et à nouveau dans le Maramures, la région la plus authentique et traditionnelle de Roumanie. Maisons en bois sculpté, portails monumentaux, villages figés dans le temps et surtout des pensions familiales incroyablement authentiques. Cerise sur le gâteau pour moi, une partie du groupe a fait une randonnée de trois heures dans la forêt et ça grimpait pas mal. Je suis ravie d’avoir pu la faire, malgré les bobos divers, surtout dans la perspective des vacances d’été à la montagne.

    Kong Kong, l’autre grand père de Maoh et Oona s’est fait enlever l’estomac et a pu sortir de l’hôpital fin du mois, à notre grand soulagement. J’avoue que j’ai bien stressé pour lui. Il va lui falloir maintenant beaucoup de patience pour reprendre une alimentation fragmentée et peu « agressive ».

    On a enfin un nouveau frigo et on n’est plus obligé de supporter les caprices du précédent. Une fois je souffle froid, une fois je souffle chaud.

    On a enfin programmé la date de l’opération « vide-maison » pour l’appartement de la maman de l’Homme. On pensait que le brocanteur récupérerait quelques pièces mais ce n’est absolument pas le cas, tout va à la poubelle. Anaïs a donc pris les choses en main et entrepris de vendre sur Vinted un maximum de choses qu’on n’imaginait même pas trouver preneur. On fait cet exercice ensemble, c’est toujours plus sympa à deux et ça roule bien.

    Dans un mois, ce seront les vacances d’été, on a un peu de mal à y croire. Le temps file incroyablement vite.

  • De bonheurs en bonheurs

    Ainsi va ma vie. Pour le moment.

    Je sais que le monde va mal et je m’en voudrais presque d’aller si bien. Je traque les petites parcelles de bonheur et je vais de l’une à l’autre.

    Après cette extraordinaire semaine à Venise, nous voilà rentrés par le chemin des plaisirs. Un arrêt à Gorizia pour offrir à l’Homme un cadeau d’anniversaire inattendu: une visite de vignes totalement naturelles, une production de vins macérés en amphores en très petites quantités. Je connaissais leur vin, j’ai été subjuguée par leurs méthodes et leur respect de la nature. Soirée chez Swiss Sis, ce qui est aussi toujours un pur bonheur.

    Retour à la maison. Lunch avec petite Anne qui me demande d’être témoin de sa déclaration de souhaits à respecter pour le jour où elle ne sera plus lucide. Je me suis sentie très honorée mais aussi très émue de ses dispositions qu’elle prend aujourd’hui pour un futur éventuellement grisâtre. Et cela m’a fait réfléchir.

    Mariage de ma filleule où je me rendais un peu réticente et où l’amour des jeunes mariés certes, mais aussi des soeurs de la maman que nous avons tant aimés, de tous ces cousins que nous avons vu grandir, était très contagieux.

    Le lendemain, je suis partie très tôt à Milan rejoindre mes sorcières adorées pour quelques jours. Là aussi, l’amitié qui nous unit nous fait énormément de bien à toutes les quatre. Surtout quand l’une ne va pas bien du tout et se bat contre l’anorexie inquiétante d’une de ses filles.

    Et nous voilà en vacances scolaires avec Sappho et Lémoni d’abord auxquelles Maoh et Oona viendront se joindre demain avant le grand départ tous ensemble pour Disneyland.

  • Février

    Mois court mais intense.

    On a fêté les 20 ans de Clara, ma nièce, la fille de Sis’Cile. Je me souviens avec précision du moment où on m’a annoncé sa naissance. Je sortais de la banque italienne à Parme où je venais de clôturer mon compte. J’avais en main ma carte de banque coupée en deux sur laquelle il y avait un angelot. Je l’ai gardée en souvenir de ce moment. Ce qui m’échappe, c’est pourquoi j’ai clôturé mon compte fin janvier alors que je quittais Parme fin juin mais bon, ça c’est une autre histoire. Bref, on a fêté Clara tous ensemble et on lui a offert un match de foot Real Madrid-Atletico fin mars à Madrid. C’est Swiss Sis et Swiss mari qui s’y collent parce que personne n’est fan de foot dans la famille à part Clara. Elle est fan fan fan.

    J’ai été invitée chez une ex-collègue pour le lunch. Elle est bipolaire avec tous les écarts d’émotions que cela suppose, pro-Poutine, et donc pas facile à gérer dans mon équipe mais je l’aimais bien. Et son invitation m’a fait plaisir. Elle avait mis les petits plats dans les grands, elle a tenu à me préparer un Spritz (parce que nous partageons la même passion pour la Sérénissime) alors qu’elle est aux abonnés absents côté alcool et elle m’a touchée.

    J’ai pris un dernier café avec cet ancien collègue d’une autre vie pour ainsi dire. Il quitte Bruxelles après 35 ans ici pour Lugano en Suisse. Lui aussi est compliqué. Bellâtre grec (mais beau quand même), totalement centré sur lui-même, en couple pendant quelques années avec une de mes proches amies qui n’a finalement pas tenu le coup face à cet égocentrique assumé. Mais je l’aime quand même. Et cela m’a vraiment attristée qu’il parte. Il y a peu de chances que l’on se revoie et je l’ai quitté avec beaucoup d’émotions.

    On a fêté les 70 ans d’un ami d’univ, que je n’avais plus vu depuis bien longtemps (l’Homme l’a revu plus régulièrement parce qu’il est devenu notre courtier d’assurances) et j’ai eu vraiment beaucoup de plaisir à retrouver cette bouille rieuse d’Italo-Belge et ses yeux pétillants comme quand on avait 20 ans.

    On a aussi fêté les 8 ans de Jules. Le chauffage d’Anaïs et Simon venait de tomber en panne et il faisait vachement froid. Heureusement la température a légèrement augmenté vu le nombre de personnes présentes. La chaleur humaine, y’a que ça de vrai.

    J’ai retrouvé Véro à Paris pour une journée. Elle m’a emmenée dans un très joli resto et on a pris le temps de voir deux expos. L’une sur les sculptures de carton de Eva Jospin représentant la Domus Aurea. J’adore son travail, je l’avais découverte à Venise et cette nouvelle expo n’avait rien à envier à la première. Juste à côté, il y avait une exposition de Claire Tabouret qui présentait le travail préparatoire à la confection de nouveaux vitraux pour Notre Dame (ils seront installés fin 2026) et c’était juste magnifique.

    On a fait notre aller-retour annuel en Champagne pour approvisionner toute la famille et les amis en bulles festives. Mais au fur et à mesure des années, c’est la rencontre avec Thierry, le vigneron, qui devient festive. C’est un plaisir attendu de le retrouver et d’aller manger un bout avec lui.

    Le lendemain, on a passé la journée avec Jules pour son anniversaire, lui seul et nous. Une expo le matin au musée des Sciences Naturelles sur les vols des oiseaux et des avions. Cela ne l’a pas trop branché. Un spaghetti bolo et une crème brûlée au resto où il était prêt à donner toutes les étoiles possibles, tellement il était enchanté. Puis une visite au musée de l’aviation et de l’armée qu’il a adorée. Passer une journée avec lui est un pur bonheur. Il est drôle, intelligent, vif. Et je jure que je suis la plus objective des grands-mères.

    Le soir, j’ai appris le décès de ma gynécologue adorée, la maman des mamans.

    Le dimanche, on a reçu les amis de Claude et on a passé toute l’après-midi avec eux avant de voir arriver les trois premiers locataires pour la première semaine de vacances scolaires.

    Les filles de Maïté sont arrivées le lendemain matin et on a passé une semaine avec ces cinq là, entre jeux, bricolages, déguisements, spectacles, dessins animés (peu) .

    On a appris le cancer de l’estomac du papa de Kerya et cela nous a bouleversés. C’est l’autre grand-père de deux des pioux et c’est comme s’il était de notre famille. On les a retrouvés le dimanche pour les deux ans de Oona et on a pu parler assez sereinement. Il commençait la chimio le lendemain.

    Swiss Sis est arrivée entretemps pour passer 4 jours avec Maman et pour une fois, elle a pu assister à un anniversaire de pioux.

    On est partis le soir même pour la maison-jardin avec six pioux cette fois et on a rempilé pour un programme similaire à la première semaine, jardin en plus.

    On a ramené tout le monde le vendredi soir pour fêter Anaïs le samedi et on est repartis passer le dimanche à nettoyer la maison-jardin pour les suivants. Comme à chaque fois, une boule me monte à la gorge dès que je rentre dans cette maison vide de leurs cris, de leurs rires et de leurs bouilles d’amour.

    Mois court mais intense, n’est-il pas ? Fêtes, anniversaires, amis, claques, pioux, pioux et encore pioux.

    Maintenant mars s’annonce. A nous l’Afrique du Sud et le Botswana. Aventures à suivre.

  • Next stop: Christmas

    Le temps glisse comme le traineau du Père Noël au-dessus des cheminées. A peine rentrés de Turquie, nous avons accueilli le Grand Saint qui n’a pas pris le même avion que nous, même s’il vient de là lui aussi. Il préfère toujours prendre la mer puis un cheval aux Pays Bas et plus modestement un âne en Belgique.

    La fête du Grand Saint prend chez nous des allures de pré-Noël en famille restreinte – si tant est que 15 à table est encore considéré comme un nombre restreint – et on y prend toujours autant de plaisir.

    Puis clairement, on rentre dans l’avant Noël: cadeaux à choisir, commander, aller chercher, aider ceux qui n’ont plus l’énergie, le temps ou même l’envie. Anaïs est ma partner in crime dans ce parcours de Sherlock parce que nous, on aime ça.

    Quelques lunches avec d’anciens collègues, toujours en activité ou plus du tout, un dîner divin chez des amis où on prépare un séjour en Roumanie et où on finit la soirée autour d’un Karaoké improvisé et où les pâtes, les oranges siciliennes et le parmesan de la filière italienne passent d’un coffre à l’autre pour le plus grand bonheur de nos papilles et celles de nos enfants. Un dîner au resto pour l’anniversaire de ma chère belle-soeur duquel on est revenus en ligne pas très droite, bien malades dès le seuil de la maison passé et pour couronner l’ivresse, se rendre compte, un rien hébétés, qu’on patauge dans l’eau dans la salle de bains. Manquait plus qu’une inondation pour arroser ce repas bien ….arrosé.

    Et voilà, ce soir, on va chercher Swiss’Sis et son mari à l’aéroport, Noël peut commencer.

  • Tourbillons d’automne

    Après un weekend d’Halloween où on a eu la chance de réunir tout le monde, où tous les enfants et quelques adultes in the mood se sont déguisés – la citrouille d’or revenant à la famille de Quentin en personnages de Vaiana -, un apéro festif, une mini soirée dansante, après une semaine avec cinq enfants, deux mamans en télétravail, un papa en allers-retours successifs pour diverses raisons et une arrière grand-mère venue prendre un bain de jouvence au sein de toute cette troupe, après ce premier tourbillon, retour à la maison.

    Tourbillon des activités habituelles, petit tour chez l’ophtalmo pour essayer de déboucher le canal lacrymal, sans succès malheureusement. Je continuerai de pleurer à grosses larmes mais pour rien. Vaccin contre la grippe et l’hépatite B chez le médecin, kiné pour faire le point.

    Tourbillon de 4 jours de Lémoni et Sappho, pendant que les parents sont à Lisbonne. Mais tourbillon très calme. Elles ont été exemplaires. La recherche de bottes pour l’hiver pour Lémoni aurait pu tourner au drame mais à ma grande surprise, on s’en est sorties sans casse. Mais c’était pas gagné. Elle s’arrêtait sur tout ce qui brillait, vernis ou paillettes, je m’extasiais plutôt sur des bottes en nubuck fourrées qu’elle rejetait sans appel. Je ne saurai jamais si c’est le modèle nubuck où la fourrure blanche et douce comme la queue d’un petit lapin faisait un joli bord ou si c’est le ras-le-bol qui l’a fait arrêter son choix communément au mien. J’ai pourtant bien cru que j’allais rentrer bredouille.

    Encore une semaine de tourbillons à venir et puis Turquie here we come.

  • Rock and drôle

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    Six semaines de pioux à la campagne. A raison de trois, cinq ou six à la fois. Selon les semaines. C’est rock and drôle. La première semaine, ils étaient trois. Deux frères et une cousine. J’avais préparé un paquet d’activités, me disant que ces trois là se retrouvaient dans cette configuration pour la première fois et que c’était pas gagné. Et bien pas du tout. Ils ont passé une semaine extraordinaire. Le plus grand s’occupait des deux plus petits ou les laissait jouer ensemble un petit temps. A aucun moment, je n’ai dû sortir de jeux de mon sac à malices.

    La deuxième semaine, c’était un peu plus compliqué. L’aînée rentrait d’un camp de Baladins et comme tous, dans ces cas-là, a été envahie par le blues de l’atterrissage le premier jour. Au grand dam de son cousin qui n’attendait qu’elle pour que les vraies vacances commencent. Heureusement, le deuxième jour, le bonheur de la cousinade a repris le dessus. Mais malgré tout la différence d’âge entre l’aînée (8 ans) et le plus petit de cette troupe (4 ans) s’est fait sentir. Le matin, ils arrivaient à jouer seuls, l’après-midi j’ai sorti mes cartes.

    La troisième semaine, numéro 6 est arrivée. Ses deux ans et demi ne l’ont aucunement empêchée de se mêler à la bande. Elle n’a eu visiblement aucune intention de se laisser écarter. »Ma aussi » était sa devise.

    Pendant ce temps, l’Homme assure les courses, les repas et réussit à consacrer un peu de temps au jardin et à la remise en état des volets. Il n’a peut-être plus 20 ans ni 30 mais il assure bien. Moi j’arrive même à nettoyer un peu la maison et je garantis le repassage de tout ce beau monde.

    C’est rock and drôle parce que oui, c’est fatigant et en même temps, il ne se passe pas un jour où je suis reconnaissante à mes enfants de me laisser les leurs tout ce temps parce que oui, c’est tellement drôle. Même quand je me fâche, je ris in petto. Enfin, pas toujours, mais presque.

    Pour six, l’organisation devient quasi militaire.

    Chaque matin, six sets de vêtements sont prêts, histoire d’éviter les choix personnels du t-shirt qui est bien sûr l’avant-dernier de la pile qui, ça ne ratera pas, s’écroulera comme un château de cartes. Et ça, multiplié par 6 tous les jours, non merci. Chaque matin, c’est petit déjeuner tartines confiture. Oui mais, ils ont le choix entre beurre, pas beurre, confiture de reine-claudes, gelée de pommes, gelée de mûres, gelée de groseilles. Et bien sûr, à chaque tartine, la commande change. Puis il y a ceux qui ne répondent pas tout de suite, la tête encore dans les nuages, ceux qui changent d’avis alors que j’ai déjà commencé à beurrer – non pas beurre -, ceux qui veulent de la gelée de pommes sur le côté gauche de la tartine et de la reine-claude sur le côté droit, ceux qui veulent la même chose que l’autre – mais moi j’ai déjà oublié -, etc….

    Chaque matin et chaque soir, il y a le brossage des dents et la guerre des dentifrices – « c’est le mien qu’il a pris », « j’arrive pas à pousser », « je trouve pas mon dentifrice », « elle a pris ma brosse à dents ». Celui qui combine le pipi et le brossage de dents, celle qui part systématiquement dans la chambre pour se brosser les dents, celui qui est trop petit pour cracher dans l’évier et qui en met partout, celui qui poursuit les autres avec sa brosse à dents électrique.

    Chaque soir, il y a le choix de l’histoire à raconter et la place à se faire sur les genoux, à côté de moi ou derrière moi. Chaque soir, le choix de la chanson pour chacun et les autres qui m’aident pour les paroles quand je cale, ou ceux qui musent un autre air pour me distraire. Chaque soir, les doudous à trouver, les gourdes à remplir.

    Et du matin au soir, des jeux d’intérieur, des jeux d’extérieur, des jeux d’eau, des jeux de rôles, des courses, des moments d’ennui, des dessins animés les jours de pluie.

    Bref, bien fatigant mais bien rigolo aussi.

    On est rentrés pour fêter l’anniversaire de Quentin ce mercredi et celui de Maoh dimanche. Pour ramener Sappho et Lémoni qui partent pour l’ile de Groix. Pour permettre à Jules de faire les examens préopératoires avant l’amygdalectomie de la semaine prochaine.

    On retourne à la campagne dimanche soir avec deux enfants seulement. Les deux doigts dans le nez, ça. Enfin pas devant les enfants tout de même 😉

  • Gratitude absolue

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    Je sais qu'on me considère souvent comme une bisounours, une ravie de la crèche mais j'assume. Chaque matin, je me réveille en souriant toute seule parce que je suis encore là. Je ne sais pas encore ce qui m'attend dans la journée qui pourrait faire voler en éclats tout ce bonheur qui m'habite mais je me dis chaque matin "j'ai déjà eu tout ça" en pensant aux jours heureux qui se sont écoulés jusqu'ici.

    Cette semaine, Sappho a eu 8 ans et il ne s'est pas passé un seul jour depuis 8 ans où je n'ai pris la mesure du bonheur pour moi d'être grand-mère. A fortiori pour les six pioux qui ont suivi. Je sais qu'un jour viendra – et le temps passe vite – où ils aimeront toujours leurs grands-parents, je n'en doute pas, mais de loin probablement. C'est une évolution tout à fait normale mais donc, j'en profite tout mon saoul maintenant.

    Dès que la cloche aura sonné, on entamera 6 semaines de vacances avec 3, 5, 6 selon les moments. Et je m'en réjouis pleinement.

    Lémoni s'est fait opérer des amygdales et des végétations et tout s'est bien passé. Simon est parti toute la semaine à Vienne et on a aidé Anaïs un tout petit peu. Cela m'a donné l'occasion de passer une dernière fois la porte de la crèche où Jules, Samuel, Maoh et Amalia ont été accueillis à tour de rôle depuis 2018. Amalia rentre à l'école en septembre et il n'y aura plus d'enfant dans cette crèche là. Ce n'est pas que j'y sois allée si souvent mais fermer une porte m'est toujours aussi pénible.

    On a retrouvé à deux reprises deux couples d'amis, à l'opéra voir Carmen et ensuite autour d'un excellent repas concocté par Mitch et Cat. Là aussi, bonheur d'avoir des amis si chers, depuis si longtemps et de nous savoir en bonne santé jusqu'ici. 

    Oui, je suis privilégiée, j'ai beaucoup de chance dans ma vie, sur tous les plans. Et je marche sur un fil, j'ai peur que tout s'effondre tout en ayant parfaitement conscience que ces valises de bonheur que j'ai remplies au cours de ces six décennies pèsent merveilleusement lourd. 

    Prévert disait: Il faudrait essayer d'être heureux, ne serait-ce que pour donner l'exemple. Quand je vois le monde autour de moi, j'aurais presque honte de n'avoir vraiment pas beaucoup d'effort à faire. Mon seul mérite est d'en être consciente.

  • Venise, Bâle, les pioux et back to business

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    Elle nous avait dit "Prenez des pulls, on ne dépasse pas les 17 degrés à Venise pour le moment". Elle, c'est Elodie, celle qui nous loue depuis tant d'années son flat mansardé à Murano. C'était sans compter sans ma chance habituelle que j'emmène partout avec moi. Il a fait super beau. Ni trop ni trop peu. De quoi s'allonger en terrasse avec quelques bouquins pendant quelques jours et d'alterner avec des promenades dans Venise, quelques expos et quelques bonnes tables. Tout ce qu'on aime. 

    Venise, c'est vraiment un moment de déconnexion totale. Pas de voitures, pas de vélos, pas de trottinette au-delà de 8 ans. Juste des piétons. Et quand on évite les gros flux touristiques, on peut se promener sans stress. En général, on ne s'en rend vraiment compte que quand on revient à Bruxelles. Pas d'horaires non plus. Sauf, à la limite, quand on a réservé une table. Pour le reste, on fait comme on veut quand on veut. Et savoir qu'on y retourne en septembre est un luxe incroyable. Je suis tellement reconnaissante de vivre ces moments-là.

    Début mai, on a repris la route pour s'arrêter à Bâle où Swiss Sis et Swiss Beauf (au sens littéral s'entend) nous attendaient pour fêter les 60 ans de ce dernier dans un restaurant gastronomique. L'Homme qui a toujours ses petits préjugés pas très malins (resto en Suisse allemande, je me méfie, etc…) a dû revoir sa copie. C'était juste incroyable. Une cuisine fine, inventive, explosive en saveurs, trois étoiles depuis 10 ans, c'est assez inhabituel. Et une petite journée à Bâle qui valait le détour. C'est une ville charmante où il fait joliment vivre. 

    Ensuite on est rentrés à la maison vider les valises et en refaire d'autres pour emmener trois pioux à la maison-jardin pour la deuxième semaine de vacances scolaires. On a largement perdu 10 à 12 degrés mais on a quand même réussi à jouer un peu dans le jardin. Pour le reste, on a réalisé quelques bricolages, joué à des jeux de société, joué tout court. Sappho a essayé mes vieilles échasses mais après quelques tentatives couronnées de succès, les échasses se sont effondrées, le temps et la vermoulure ayant eu raison de leur solidité. Maoh a voulu jouer à un jeu où on doit courir, se toucher puis essayer de "délibérer" les autres. Lémoni a appris à boutonner son pyjama sans trop rechigner mais coince encore sur l'enfilage des chaussettes.

    On les a ramenés le vendredi soir à leurs parents. Le samedi, on a fêté l'anniversaire de Simon autour d'un verre dans leur toute nouvelle maison et leur chouette jardin. Puis on est repartis tous les deux passer une journée tout seuls dans la maison-jardin. Et le vide d'enfants m'a repris à la gorge. J'ai réussi à ne pas pleurer cette fois mais c'est fou comme après avoir passé du temps avec eux, ils me manquent instantanément. Heureusement que je vis avec un homme extraordinaire et avec qui j'aime passer du temps seuls à seuls , sinon je lui en voudrais d'être là et pas eux. 

    Nous voilà back to business: continuer les travaux de la cuisine, retourner à la salle de sport et au yoga, vider l'appartement de belle-maman, finaliser la succession, fêter les 130 ans de mon ancienne école et sans doute retrouver des visages d'enfance, des parfums, des souvenirs.

    La suite au prochain numéro 🙂