Auteur/autrice : Myosotis

  • Sport addict

    Je ne suis pas tombée dans une marmite de sport quand j'étais petite. Pourtant on ne peut pas dire que je n'aurai pas essayé.

    15 ans de danse classique, de 6 à 18 ans, j'avoue c'est déjà ça. Mais je n'étais pas un brillant petit rat, plutôt un petit rat raté. 

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    A l'école primaire, la natation était obligatoire mais j'ai oublié plus souvent qu'à mon tour mon sac de piscine, préférant encore l'heure de colle à l'eau froide du bassin. J'ai perdu l'occasion d'apprendre et personne, par la suite, n'a réussi à m'inculquer le b-a ba au-delà du barbotage. Ni cet oncle adepte de la technique "on jette le bébé dans le bain et si tu ne remontes pas à la surface, c'est que tu ne sais pas nager" (sauf que moi je n'étais plus un bébé et j'étais complètement paniquée), ni ceux qui ont essayé en disant "mais bien sûr qu'avec moi, tu vas y arriver !" (ben, non ) ni ce gentil professeur anglais qui a pourtant bien failli réussir dans sa piscine Art Déco à 25 degrés, ni même mes collègues qui ont retourné le kayak en pleine Meuse alors que j'avais bien prévenu que je ne savais PAS nager !! 

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    J'ai essayé le ski assez tard et j'ai acquis un peu de confiance sur les pistes de Sestrière, grandes comme des boulevards. Pas de bol, on a enchaîné avec une petite station familiale en Suisse où les pistes étaient dangereusement étroites. J'ai pris une semaine de cours, collectifs le premier jour, privés dès le deuxième jour. Le directeur de l'école de ski se faisait même fort de faire de moi une championne à la fin de la semaine. Il s'en portait personnellement garant. Le mardi soir, il n'était déjà plus si sûr de son coup. Le mercredi, encore moins. Le jeudi, j'ai même réussi à le faire tomber, nos skis emmêlés au point de ne plus pouvoir se relever sans peine. Autant dire que le vendredi, il a déclaré forfait et s'est trouvé subitement un rendez-vous urgent dans la vallée. Il était tellement dépité de son échec qu'il a renoncé à me faire payer la semaine de cours.

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    Dès que j'ai eu un, deux, puis trois enfants, j'ai cessé toute activité sportive régulière. Avec un boulot à temps plein, je ne voulais pas perdre une minute de temps avec eux et je n'ai jamais rien fait de ce qu'on appelle aujourd'hui l'épanouissement personnel. Forcément, mon épanouissement, c'était eux. Mes hobbys se résumaient à Pampers et Lego. 

    Et voilà qu'aujourd'hui, mission kids accomplie, je reprend un peu de mouvement. Et voilà que mon corps, qui a la mémoire courte, ne se souvient plus de ce que cela veut dire. Et voilà qu'il me lâche. Un premier avertissement à Noël, un deuxième aujourd'hui plus sérieux. Déchirure musculaire et interdiction de sport pendant 6 semaines avec rééducation, kiné, etc… Ca me fait une belle jambe….

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  • Semaine arc-en-ciel

     Mardi vert bio:

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    Petit resto avec Joséphine. Elle nous avait choisi cette fois un resto bio branché où la carte annonce la couleur: entrées ou plats sattviques (végétalien ou végétarien) et entrées ou plats radjasiques (carnés). Absolument divin. Moi qui suis en plein trip alimentation saine, j'étais aux anges. Bien sûr, quand j'ai lu ces deux mots un peu ésotériques sur la carte, j'ai froncé les sourcils, je ne suis pas trop puriste. A la fin du repas, on a papoté une bonne demi-heure sans que personne ne vienne nous fourrer sous le nez, à peine la dernière bouchée avalée, la carte des desserts. Mais au bout d'une demi-heure, on s'est quand même un peu étonnées. Quand on a vu d'autres clients prendre un thé, on s'est timidement lancées. Le garçon est venu nous apporter la carte des thés et nous avons pu lire:

    La maison ne sert pas de café en raison de sa toxicité. Nous ne servons également pas de dessert que nous trouvons peu approprié après un repas qu'il alourdirait inutilement.

    Bon, ben nous voilà prévenues. C'est pas ici qu'on emmènera nos hommes, l'un Italien (per chi una cena senza caffé, beuh) et l'autre complètement coffee-addict.

    Ceci dit, j'ai lu avec effaremment cet après-midi sur leur site un article de soutien à Guy-Claude Burger, le grand maître de l'instinctothérapie, accusé de viol d'un jeune garçon, dans la droite ligne de sa théorie "laisser l'instinct nous guider". Une semaine plus tard, mon délicieux ""Filet de saumon label rouge de France farci aux olives vertes et orties, crème d'artichaut et garam masala montée à l'huile de pépins de raisins, sauce crue aux herbes fraîches " me revient avec un goût amer.

     Mercredi bleu violacé:

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    La déchirure au mollet de la semaine dernière ne s'atténue pas, au contraire. Une ecchymose bleu violacé est apparue au niveau de la cheville. Je me suis donc décidée à appeler un médecin du sport que je rencontrerai lundi prochain. Privée de badminton donc jusqu'à nouvel ordre. Je broie du noir.

     Vendredi bleu gris:

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    Paris sous la pluie, avec deux amies. Retrouvailles pendant des heures dans un petit bistrot, quelques boutiques, déjeûner interminable blablabli blablabla, re-shopping sur l'autre trottoir. En gros, on aura passé la journée rue du Cherche-Midi.

    Samedi arc-en-ciel:

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    Gay pride annuelle sous nos fenêtres. En soi, je souscris. C'est quand même ce genre de manifestation qui a permis la reconnaissance de toute la communauté homosexuelle au sein de laquelle je compte beaucoup d'amis et de chouettes collègues. Je regrette juste que cela se passe toujours au mois de mai, alors que les enfants sont en pleins examens et que trois heures de giga-décibels au point que nos vitres menacent l'explosion à tout moment. Mais ça, c'est juste anecdotique. Par contre, au fil des années, cette manifestation a perdu le caractère bon enfant qu'elle avait, du moins à Bruxelles. Et la gay pride est devenue la sex pride. Pourtant je ne suis ni bigotte ni nunuche (on ne fête pas des noces tango d'Argentine en étant une sainte n'y touche surtout pas) mais la pudeur publique en a pris un sérieux coup hier et, même si j'aime bien les déguisements, aussi légers soient-ils, genre carnaval de Rio ou Moulin Rouge, j'ai eu un peu de mal à supporter trois heures de nichons et autres trésors à l'air se trémoussant sous mes fenêtres non stop. D'accord, j'étais pas obligée de regarder (et non, je ne suis pas restée trois heures à la fenêtre) mais j'ai souffert un peu du symptôme du "jusqu'où, mais jusqu'où vont-ils oser ?". Je leur en veux surtout de desservir à ce point l'image d'une communauté.

  • Bruxelles a 20 ans

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    Ou plus exactement la région de Bruxelles a 20 ans. Et a organisé une fête digne de ce nom. Invité d'honneur: le soleil. Et sa présence était le vrai cadeau du weekend. Parce que, sans lui, toutes les festivités auraient pris un coup de gris. Les concerts en plein air, les deux feux d'artifice, les expositions de tous ces talents bruxellois, la journée sans voiture et surtout, surtout, le pique-nique géant organisé sur 1,2 kilomètre. 

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    Malgré le cocktail rhum(e)/grippe qui m'a clouée au lit une partie de la journée, malgré la démarche clopine-clopante (une nouvelle légère déchirure du muscle au niveau du mollet (vive le sport !)), j'ai profité d'une ballade matinale bien agréable et d'un petit quart d'heure de concert de mon artiste préféré.

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  • Qu’est ce que tu en penses ?

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    – Papa, autrefois, je me reprochais de changer souvent d'idées; aujourd'hui, je me rends compte que c'est inévitable.

    – Tu as raison, mon fils. Le plus difficile dans une discussion, ce n'est pas de défendre une opinion, c'est d'en avoir une.

    – Et une seule !

    – Oui, car nous avons tous plusieurs personnes en nous. Seul l'imbécile croit qu'il est l'unique habitant de sa maison.

    – Comment s'y prend-il ?

    – Il a baillonné plusieurs parts de lui et les a verrouillées dans des placards. Du coup, il pérore clairement, d'une voix singulière.

    – C'est enviable, non ?

    – C'est toujours enviable d'être un crétin.

    – Oui, fils, nous souhaiterions débiter un discours simple, ferme, définitif, qui nous persuaderait de servir la vérité en tranches. Or plus l'on progresse en intelligence, plus on perd cette ambition; on dévoile ses complexités, on assume ses tensions.

    – J'aimerais ne pas me contredire.

    – C'est pourtant à cela qu'on reconnaît le crétin, il ne se contredit jamais. Pourquoi traite-t-on de cloches les imbéciles ? Parce que la cloche ne donne qu'un son.

    (extrait de Eric-Emmanuel  Schmitt – Ulysse from Bagdad)

    Penseur

    J'aime ce texte. Il me fait plaisir. Forcément. Parce que souvent, je n'ai pas d'opinion à émettre dans une conversation, un débat. Simplement parce que soit je ne sais pas de quoi on parle (j'ai toujours été assez nulle pour suivre l'actualité et si je sais de quoi on parle, je ne maîtrise jamais les tenants et les aboutissants), soit j'ai plusieurs opinions généralement contradictoires, en fonction du point de vue où je me place. Donc, je me tais et passe pour quelqu'un qui n'a pas d'opinion.

    Alors forcément, ça me plait de lire ces quelques lignes qui me font penser que je peux me ranger du côté des non imbéciles, des non crétines. Sachant que je me range toujours malgré tout du côté des non informées, des non renseignées.

    En silence, je pense et je suis la conversation.

  • Mai tout doux

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    J'adooore les weekends de 3 jours. C'est exactement ce qui me convient. C'est fou comme tout est moins stressant et comme tout se passe avec tellement plus de douceur.

    Douceurs du vendredi: réveil léger malgré une nuit plutôt passable que vraiment bonne. Fin de matinée au ralenti. Pas de marché, pas de boulanger, seuls les fleuristes sont ouverts. Un premier mai aux températures très douces, une fin d'après-midi sur la place Rouppe à attendre Tiken Jah Fakoly, à observer les grappes de jeunes assis en pow wow, se passant le joint et la canette en guise de calumet de la paix, le manège des flics, pas trop nerveux mais pas trop cools non plus, les manoeuvres de l'équipe organisatrice du concert, les yeux aux aguets, l'Homme, zoom à la main, qui traque les merveilles et les bizarreries architecturales de ce quartier tant que la lumière est belle et moi, les mains dans les poches, le visage au soleil, j'attends.  Quand le concert commence enfin, on s'en va au bout de quelques morceaux, tant la foule m'oppresse et l'odeur de cigarettes m'étouffe (tout autant que l'Homme en sevrage depuis 18 mois). Mais ce fut un bon moment.

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    Douceurs toutes mercantiles du samedi: Très courte après-midi shopping à Anvers avec les filles. J'avais promis cette après-midi à Maïté depuis des mois et cette obligation a tourné à la découverte enchantée. Enfin un magasin où les tailles sont des vraies tailles, où mes bras de Popeye se sentent dans les manches comme des mollets dans des pattes d'eph' et pas comme des saucisses dans des cannellonis (je sais, la comparaison n'est pas nécessairement des plus heureuses mais elle a le mérite d'être visuelle, non ?). En plus, un magasin où on a de la place pour se déplacer, même avec 6 cintres sur les bras, des cabines d'essayage parfaites et ô bonheur, des filles sympa qui rangent tous les vêtements au fur et à mesure. Résultat, une ambiance détendue, une prédisposition à acheter accrue, le sourire en prime à la caisse. En prime aussi, le passage par la gare d'Anvers, où, ça n'a pas raté, j'ai pensé à Lola.

    Douceurs dominicales: une vraie nuit, douce nuit, avec enfin l'impression d'avoir dormi. Le luxe ! Une journée passée à régler une dizaine de tracasseries administratives (réserver le vol d'Anaïs pour nous rejoindre en vacances, prendre rendez-vous avec la banque, avec l'entrepreneur pour toute une série de petits travaux d'aménagement, finaliser le dossier médical de l'Homme après la rupture de son tendon d'Achille, chercher des lieux-étapes sur la route de Lisbonne, … Dommage qu'on se soit arrêté en si bon chemin et qu'on n'ait pas – en plus – rempli notre déclaration d'impôts !)

    Décidément, je suis faite pour les semaines de 4 jours/3 jours weekend…

  • Mets tes lunettes !

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    Ou comment l'innovation et la créativité vient aux presbytes.

    Comme beaucoup, je me suis souvent demandée comment étaient nés les blancs en neige (à une époque où les batteurs électriques n'existaient pas) ou la tarte Tatin (un maladroit, c'est sûr !), ou encore le Viagra supposé guérir en fait l'angine de poitrine mais aux effets secondaires suprenants et inattendus.

    Et je découvre (fortuitement moi aussi) aujourd'hui que l'Homme de la maison est en passe de devenir un de ces grands génies innovateurs. Sa vue baisse, ses bévues augmentent, et soudain l'imprévu.

    Il décide de nous préparer un tartare maison et achète au supermarché une mayonnaise toute faite mais de la Maille, pensant qu'il n'y ait qu'elle qui m'aille en dehors de ma mayo maison. Une fois préparé, nous dégustons son tartare et nous le trouvons succulent mais un peu…. fort. On trouve que "quand même, chez Maille, ils ne lésinent pas sur la moutarde dans la préparation de leur mayo". Et pour cause ! On a tous les yeux qui piquent, le nez enmoutardé, je finis par avoir un doute. Je vérifie le pot acheté, et bien sûr, c'est de la moutarde ! Mais c'est écrit siii petiiit. Voilà comment on renouvelle le tartare. Et pas calorique en plus (97 kcal contre 720 kcal pour la mayo) !

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    Et ce weekend, je découvre qu'il pense  soigner depuis une semaine une petite plaie au sparadrap liquide, qui visiblement fait merveille sur lui (quasi fermée dès la première application) et qu'en fait il vaporise sur sa blessure… du déodorant Nivea pour hommes en spray ! D'accord les deux bouteilles se ressemblent de loin mais tout de même. Mais c'est clairement efficace. Innovant, non ?

     

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    Et on se moquait du papa de la mariée dans "Mon mariage grec" qui prétendait que le produit à nettoyer les vitres Windex est un remède souverain contre les bobos en tout genre. Il n'avait peut-être pas tort après tout…


  • Green green grass of Wales

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    Y'a des fois où j'ai vraiment tout faux. J'organise un événement et tout se plante. Cette fois-ci, à nouveau, j'ai mal commencé. Tout d'abord, je rêvais de visiter la Cornouaille (suite à la lecture fortement parfumée à l'eau de rose de "Retour en Cornouailles" de Rosamunde Pilcher, j'avoue). Par je ne sais quel subterfuge de mon cerveau fatigué, les Cornouailles sont devenues le pays de Galles. Puis, j'ai réservé un bed and breakfast à Newport à la pointe la plus occidentale du Sud-Ouest gallois mais quand j'ai préparé le plan de route sur via michelin, j'ai demandé Newport à côté de Cardiff. Résultat, on était déjà en route quand j'ai dû annoncer aux trois enfants encaqués derrière dans la voiture qu'en fait, je m'étais trompée et que notre destination était prolongée de 300 km, donc 3 heures de plus d'ensardinage. Autant dire que j'ai été bien accueillie.

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    A l'arrivée plus que fatiguée, le décalage (léger) entre les photos du site internet et la réalité du bed and breakfast (en bord de route, vue sur les cuisines de notre chambre, …) et le mal de gorge d'Anaïs transformé en vilaine angine nous ont achevés.

    Mais dès le lendemain, nous sommes tombés sous le charme de ce pays magnifique. Des paysages côtiers éblouissants, des plages de sable blond et de ravissantes petites villes balnéaires comme Tenby. J'adore là, comme ailleurs dans les parcs par exemple, cette émouvante habitude de dédier un banc public à une personne aimée et disparue. "To Anna Smith who loved to sit here and enjoy the view of the sea of Tenby". J'en parlais ce matin à M., my very British colleague, qui s'étonnait: "You do not have this habit in your country ?" Ben non, et c'est bien dommage.

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    Une campagne verdissime, des genêts qui explosent dans tout ce vert, les collines de Preseli, des agneaux partout dans le tableau, une nature extraordinaire au printemps sous un ciel sans pluie, ce qui ne gâche rien.

     

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    Des gens chaleureux, des bouilles comme je les aime, une langue étrange et caverneuse, un peu mystérieuse, de vieux châteaux et des anciens cimetières bourrés de charme. En bref, un superbe séjour express, tellement plus vrai que mon bloody Orient Express !

  • Oeufs doux, oeufs durs

    Ils n'ont plus vraiment l'âge pour cela. J'ai pensé téléphoner à Sis'Cile pour être sûre que Clara allait faire la chasse aux oeufs parce que les miens, franchement…. Puis j'ai laissé le temps passer, j'ai oublié de lui en parler et je me suis retrouvée dans le rayon chocolat avec l'Homme qui, trêve de discussions et d'états d'âme (pas de blancs, parce que je vais les manger et je vais encore grossir, pas trop de figurines parce que on va se retrouver avec plus d'oeufs que n'en produisent des poules de chocolaterie, des petits oui mais tu es sûr qu'il en faut tant ?), a déposé dans le chariot deux grosses boîtes de sujets en chocolat et deux sachets de petits oeufs.

    Finalement, fidèles aux traditions, l'Homme et Swiss'sis, les deux cloches de service, ont caché tous les oeufs dans le jardin ensoleillé pour la petite Clara, qui n'attendait rien et sous l'oeil en coin et la lippe mi-boudeuse, mi-dédaigneuse des grands lapins.

    Il y avait longtemps que nous n'avions plus fait de chasse (?!) aux oeufs aussi douce.

     

    Et puis, les jeunes lièvres n'en ont plus pu de ce train de sénateur et ont réclamé leur tour de piste. Et les deux cloches n'ont pas résisté à l'appel des trois lièvres, qui ne semblaient plus du tout brouillés avec les oeufs.

    Deuxième exercice de cache et deuxième chasse aux oeufs. Et le rythme sauvage des années sans Clara a repris, sans trop de bagarres toutefois. Ils grandissent en sagesse, on dirait, tout en restant des enfants. Tout est bien, non ?

     
  • Tango

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    Il y a un quart de siècle, nous avons ouvert le bal sur une valse. Que serà serà de Doris Day. On avait choisi cette chanson à dessein. On avait beau s'être engagés officiellement et solennellement devant tout le monde, on ne voulait pas se jurer que tout se passerait pour le meilleur et dans le meilleur des mondes. On ferait tout pour, d'accord, mais whatever will be will be.

    Et 25 ans plus tard, on est toujours là, tous les deux sur la piste. Et on danse, comme on l'a toujours fait. Notre vie à deux est une valse, une valse à deux temps, à trois, quatre puis cinq temps, une valse à t'as mis le temps. C'est aussi une vie très rock and roll, quand on est In the Mood. Mais surtout surtout, notre vie à deux est un tango.

    Le tango se danse à deux. C'est une danse d'improvisation, au sens où les pas ne sont pas prévus à l'avance pour êtres répétés séquentiellement, mais où les deux partenaires marchent ensemble dans une direction impromptu à chaque instant, choisi par le guideur, mais dont l'énergie est également influencée par les deux partenaires. Un partenaire (traditionnellement l'homme) guide l'autre, qui suit en laissant aller naturellement son poids dans la marche, sans chercher à deviner les pas. (Wikipedia)

    C'est tout à fait ça. On danse à deux mais on improvise. On marche ensemble mais sans trop savoir où va l'autre; on devine, on finit par connaitre l'orientation générale mais on est encore surpris par les raccourcis ou les détours pris par l'autre. La plupart du temps, c'est lui qui guide. Mais on ne va nulle part si je freine des quatre fers. Je ne suis que si j'ai envie de suivre, ou si cela ne me dérange pas plus que cela. L'énergie du mouvement est on ne peut plus clairement influencée par les deux. Souvent, je le suis sans chercher à deviner où ses pas m'entraînent, je sais intuitivement que ce sera bien.

    C'est une danse fougueuse et enflammée. Danseurs fusionnels et passionnés. Une danse qui vient du pays de la Terre de feu. Normal, je suis capricorne, signe de terre, il est bélier, signe de feu.

    25 ans, noces d'Argentine.

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  • Une petite liste ?

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    Toutes celles qui lisent ce blog (j'insiste: celles, les ceux, je sais pas, je suis pas sûre) font des listes, le contraire m'étonnerait. Ou alors qu'elles lèvent la main et me signalent leur différence.

    Des to do lists, parfois pour les plus positives d'entre nous des "did-it" lists, des listes de courses (sur des bouts de papier de récup, des post it, des petits carnets), les listes pré-vacances triées en sous-listes (j'emmène quoi, ne pas oublier de faire avant de partir, check-list genre fermer le gaz, l'eau, vider la poubelle, le lave-vaisselle, le frigo), les listes pour les autres (généralement une liste de choses à faire quand on est pas là, alors qu'"ils" avaient justement prévu tout autre chose), une liste de livres, CD, films qu'on voudrait acheter, louer, voir, des listes de menus, les listes des grands travaux à entreprendre dans la maison (repeindre ici, vernir là …) , de ce qu'on voudrait bien s'offrir un jour ou l'autre et qu'on ne s'offrira probablement jamais (un Wurlitzer, un vieux kicker, un stage de 6 mois à Ballymaloe…), de ce qu'on voudrait faire (installer l'électricité dans ma maison de poupées, trouver un chouette cours de yoga, s'inscrire chez Slow Food, …), des voyages qu'on voudrait (encore) faire (je ne liste pas ici parce que je suis en conflit ouvert avec l'Homme à ce sujet et je boude, donc il ne doit pas savoir – en fait, il sait très bien), des gens/amis que je voudrais/devrais inviter, des expos à voir, des rendez-vous à prendre (dentiste, dermato, orientation scolaire pour Q.), et je peux continuer à l'infini.

    Ces listes se retrouvent un peu partout, dans des carnets de listes (ben oui…), dans le tiroir de la cuisine, sur l'ordi (y'a même une fonction post it prévue à cet effet), sur le frigo, à côté de mon lit (pour quand j'y pense quand je dors), dans la salle de bains (pour quand j'y pense quand je me brosse les dents), dans mon sac, au bureau, et j'en passe.

    Papa m'a offert pour mon anniversaire un livre de Charles Dantzig intitulé "Encyclopédie capricieuse du tout et du rien" écrit sous forme de listes. On y retrouve la liste des plus belles routes du monde, la liste des choses douces, la liste des avantages et des désavantages de l'amour, la liste des femmes comme on en voudrait dans sa famille, la liste de ce qu'on a jamais vu, la liste des chansons de variétés tragiques…

    Et aujourd'hui, sur Wikipedia, j'ai tapé "listes" et je suis tombée à la renverse. Jetez-y un coup d'oeil, vous n'en croirez pas vos yeux: il y a, entre autres mille et une listes, la liste des langues par ordre alphabétique, la liste des noms latins des villes européennes, la liste des personnages historiques appelés le Bon (le Grand et le Petit aussi),  la liste des aqueducs romains, la liste des évêques de Belgique (mais aussi de Rouen, Aix en Provence ou Agen), la liste des nuages et des vents, la liste des oiseaux de fiction (José Carioca, Maïtre Hibou et Fumseck entre autres), la liste des îles grecques mais aussi des îles de Suisse !! (liste vide en fait, c'est malin) et encore autant d'autres complètement loufoques et curieuses.

    Et vous, vous faites des listes ?

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