Auteur/autrice : Myosotis

  • Nice weekend

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    Joli weekend de sorcières à Nice. Il y a quelques années, à la fin d'un de nos congrès de sorcières, l'une d'elles a lancé : "Quel a été le plus beau moment de votre weekend ?" Et chacune d'y aller de sa petite émotion sur tel ou tel instant un peu magique de nos retrouvailles annuelles. Au moment où on m'a posé la question, je devais être un peu nostalgique et j'ai répondu spontanément: "Le moment où l'Homme m'a appelée". Je crois que je les ai vexées, mes sorcières bien-aimées. Elles me resservent la petite phrase chaque année en se moquant copieusement de moi.

    Alors cette année, je vais leur rendre justice.

     

    Quand je suis rentrée, j'ai plutôt mal atterri. Dispute avec l'homme, Anaïs très pas contente qu'à peine débarquée, je reparte au concert de Cecilia Bartoli avec Mamy B., Quentin pas là. Maïté charmante.

    Maison plutôt bordélique, malgré tous les petits travaux sympas.

    Concert sublime.

    Retour au boulot gloups !

    Ma chef: "C'était bien ton congé ? - Oui – " Sauf que c'était vraiment pas le moment!" - C'est jamais le moment; et je remets ça la semaine prochaine. – "Putain !" (ma chef a un langage très fleuri).

    Youpie !

    Mais j'ai passé un super weekend et le plus beau moment c'était:

     

    • la plage au soleil, en T-shirt,
    • le petit déjeuner au lit à cinq dans une chambre,
    • l'apéro au Negresco,
    • la  promenade artistique,
    • le fou rire dans le tram, quand un type a éternué tout son H1N1 dans la rame et s'est promené ensuite de long en large devant nous,
    • le shopping,
    • le Vieux Nice,
    • le cours Saleya et le marché au fleurs, 
    • les douceurs du marché, le petit pot de confiture ananas, noix de coco et chocolat que j'ai acheté pour Anaïs et pour son projet "dessert antillais (mais que j'ai dû jeter, contrainte et frustrée, à l'aéroport. )
    • faute de petits farcis, les petits farceurs facétieux que sont les Niçois,
    • la mer le soir,
    • les papotes interminables à toute heure qui font traîner les repas en long ruban de douceur et de plaisir,
    • et un petit peu quand j'ai eu l'homme au téléphone… (quâmême !)

     

  • Miscellanées

    Juillard

    • Je n'en reviens pas: Philippe Gloaguen, LE routard par excellence, rêve d'aller en Corée, en Afrique centrale et aux pôles. Quoi !? Il n'a même pas fait ça ? Lui ? Alors, tous mes rêves de tour du monde s'envolent. Déjà, il ne me reste plus assez d'années à vivre qu'il ne me reste de pays à visiter et j'en prends tout doucement mon parti mais alors si lui n'a pas réussi à boucler la carte du Nord au Sud et d'Est en Ouest, qui suis-je moi pour espérer tout voir un jour ?
    • En pleine réunion, ma chef me canarde en riant avec des mignonnettes Côte d'Or. J'en ai pris plein le visage. Les autres participants riaient jaune, moi j'ai hésité entre rire jaune et lui recatapulter les chocolats.
    • Je ne la connais pas mais j'ai lu sa vie dans un magazine d'intelligence moyenne. Elle a fêté ses 100 ans en septembre. Elle vit seule dans sa maison, fait son ménage, jardine, cuisine, coud pour donner un coup de main à ses petits-enfants, elle a eu 5 enfants, 13 petits-enfants et autant d'arrière-petits-enfants. Elle fait des mots croisés, et râle parce qu'elle ne parvient pas à terminer les sudoku. Elle lit sans lunettes et entend parfaitement bien. Pour son anniversaire, elle a voulu faire un tour en montgolfière. Ca me fascine ces gens-là.
    • Mes filles ont des travaux pratiques pour leurs études respectives qui m'enchantent. L'une a récupéré les papiers de soie qui emballent les oranges qu'une voisine de Mamy B. a collectionné pendant des années et elle en fait des robes en papier absolument magnifiques. L'autre collectionne les livres de recettes antillaises pour comparer les différentes façons de préparer les tourments d'amour. Je ne sais toujours pas ce que le petit dernier – qui ferait d'ailleurs bien de s'en préoccuper – a l'intention de faire en septembre prochain mais je suis assez impatiente de le découvrir.
    • J'ai du boulot à faire sauter mon disjoncteur et je ne sais pas ce qui me permet de tenir le coup. Je dois avoir une résistance en béton. Mais demain, je déconnecte pour trois jours. Congrès de mes sorcières bien-aimées. Après Turin, Parme et Lyon, Nice here we come !

  • VSD

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    Vendredi: Trop de boulot, toujours trop de boulot mais pour rien au monde, je n'aurais renoncé à ma journée de congé de vendredi. J'ai travaillé jeudi jusqu'à presque minuit pour boucler le plus urgent mais au moins j'ai pu passer, comme prévu, une journée mère-fille pour l'anniversaire de Maïté. Matinée chez le coiffeur toutes les deux, lunch devant une assiette de légumes absolument succulents et après-midi shopping. Malgré la pluie, on s'est amusées comme deux gamines. Elle a quand même veillé à ne pas me coller de trop près lorsque nous étions dans le quartier de son école, des fois que des profs la verraient avec Môman. On a acheté des livres d'illustration et un livre de haikus (je l'aurais bien pris pour moi mais elle l'a vu la première), un porte-feuille en peau des fesses pour elle, des chaussures pour moi, un collier pour elle, une bougie pour moi. Et on a terminé notre après-midi en beauté autour d'un thé et d'une petite douceur (citron meringuée pour elle, noix de pécan pour moi). Cela m'a fait beaucoup de bien d'oublier le boulot et ces parenthèses avec un seul enfant me donnent une énergie incroyable. Vivement février pour remettre ça avec Anaïs.

    Samedi: Une maison en chantier depuis mercredi pour quelques travaux d'aménagement = poussière partout. Mais le nettoyage attendra le soir, on a plein de courses à faire: le frigo à remplir, un bouquin à trouver, un sac à rapporter à l'atelier, un cadeau à dénicher, un crochet chez le boucher, un passage chez le marchand de vélos (à la recherche d'une trottinette pour l'anniversaire de ma belle-soeur) et la journée est passée. Vite tout nettoyer avec l'aide des enfants et passer une soirée délicieuse avec Anne et Guido. Et nos enfants qui sont rentrés passablement tard (ou tôt, cela dépend du point de vue) la veille nous reprochent sans vergogne d'être rentrés fort tard.

    Dimanche: Une journée de rangements, d'aménagements dans nos nouveaux tiroirs, grande entreprise de tris, notamment des beaux sacs en papiers que j'arrive pas à jeter, du matériel à pâtisserie, des bouteilles de vin, des produits de lessive. Un peu de tout, comme sur sur un plateau de fromages. Et grandes lessives + opération repassage. Pas mis le nez dehors sauf pour aller chercher du pain. Dommage, il faisait un temps superbe. Mais on ne peut pas tout faire.

    Au final, un long weekend très chargé mais bien rempli avec un sentiment de plénitude sereine. Moi les weekends de trois jours me sont extrêmement bénéfiques. Je vote pour.

  • Mes mille et une nuits

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    Je suis sur les bords d'une zone de turbulence et je fais tout pour ne pas y tomber. Je le sens. Le signe qui ne trompe pas, c'est le manque de sommeil. Ou du moins, mon sommeil n'est plus réparateur. Dès que, par un phénomène que je ne m'explique pas encore, j'ouvre l'oeil en pleine nuit, tout se conjugue pour m'empêcher de le refermer:

    - l'Homme se prend pour le papa du Petit Poucet, il joue le bûcheron et scie, scie des tonnes de stères. J'ai beau assener des coups de baguette magique sur le matelas, rien n'y fait; il se met en pause 30 secondes et reprend son concert de plus belle.

    – Je cale deux oreillers sur mes oreilles pour ne plus l'entendre mais voilà que je me mets à penser. Je deviens la belle au Moi veillant. Les pensées s'entrechoquent, passant sans vergogne du boulot (Hey ho, hey ho, …) à la vie à la maison, du prochain demi-siècle (Miroir, miroir,….) à Noël qui approche à grands pas.

    – Rien n'y fait, je regarde l'heure qui s'affiche sur le plafond et comme Cendrillon, je pense que je vais rater le carrosse parce que je n'ai pas quitté le bal avant minuit. 

    – J'essaye de compter les moutons, j'écris des articles sur mon blog en pensées, j'en oublie la moitié, je passe en revue l'agenda du lendemain, je pense à ce qu'on va manger, je m'égare, je m'égare et j'oublie les moutons. Mais les bons comptes font les insomnies.

    Décidément mes nuits ne pas lisses au pays du sommeil. Ah si je pouvais, comme Mowgli, me laisser endormir par Kaa: 

    Aie confiance
    Crois en moi
    Que je puisse
    Veiller sur toi …

    Fais un somme
    Sans méfiance
    Je suis là
    Aie confiance 

    Le silence propice te berce
    Souris et sois complice
    Laisse tes sens glisser vers ces delices tentatrices 

    – Tu dors petit ?

  • Météo d’automne

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    Il y a des jours ensoleillés et des jours plus gris:

    • Lundi: La semaine s'annonce lourde. On est entré au bureau dans la phase "Promotions" et forcément, cela fait beaucoup d'appelés, peu d'élus. Et je reçois, jour après jour, l'un après l'autre, une quantité importante de déçus, frustrés, dépités. J'écoute avec beaucoup d'empathie les déçus raisonnables parce que je comprends leur déception mais j'aime aussi qu'ils comprennent qu'on ne peut pas gagner à tous les coups. Par contre, avec l'âge, je supporte de moins en moins les frustrés agressifs qui refusent d'entendre et de comprendre. Au bout de la semaine écoulée, je suis épuisée. Parce que je garde un calme olympien, une empathie qui pourtant s'érode au fur et à mesure du discours revendicatif de mon interlocuteur, et j'arrive à sourire bien que les molaires grincent en coulisses. Bref, je fatigue, je fatigue.

    • Mardi: J'arrive à grappiller 5 minutes sur ma journée hyper-chargée pour commander des mange-debout pour la Family Party qu'on organise dans 3 semaines. Il faudrait aussi que je songe à organiser une petite fête pour mon demi-siècle. Mais quand, quand ?

    • Mercredi: Je devais télétravailler aujourd'hui mais une fois encore, c'est partie remise, trop de boulot en collaboration directe avec les collègues et deux réunions. Je ne me plains pas, je connaissais les règles du jeu avant de commencer mais parfois, c'est dommage. C'est la xième fois que j'essaye de fixer un rendez-vous à Isa et que l'on doit reporter. Le soir, C. me fait grincer  des dents (c'est la semaine) parce que je propose une date différente pour mon anniversaire, en tenant compte des examens des enfants en janvier, et malheureusement, elle n'est pas là à cette date et elle me reproche – gentiment – d'avoir un problème avec les dates.  Je ne suis pas d'humeur à rester zen mais j'accuse réception de la remarque sans broncher. Résultat, je dors très mal, encombrée de rêves de calendriers mal gérés. 

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    • Jeudi: Quentin me fait la surprise d'un rangement express bien fait. Il est très rare qu'il se décarcasse pour ce type de corvée mais quand il s'y met, c'est mieux fait que moi ou les filles. Un mec, quoi ! Mais je serais injuste si je ne reconnaissais pas les rangements éblouissants de Maïté ou les repas du soir assurés une à deux fois sur trois par Anaïs. 

    • Vendredi: Quentin et Maïté de sortie. Anaïs, finalement non. On pousse ensemble une pointe jusqu'au cinéma pour voir Julie et Julia. Plus de place. On a rebroussé chemin par une voie buissonnière. Il faisait délicieux pour un soir d'octobre. On a découvert de petits coins de Bruxelles qu'on (Anaïs et moi – cela va sans dire, l'Homme connaissait) ne connaissait pas. On a fait un tour chez le bouquiniste et on a encore trouvé de vieux livres de cuisine qu'on se dispute toutes les deux. Et puis, on s'est offert un petit whisky, plaisir exceptionnel.

    • Samedi: Soirée cinéma-maison sur grand écran: Good morning England ! Un bon moment, pur humour British comme j'aime. Et puis, Bill Nighy me fait craquer :-). Et surtout, surtout, toute la musique que j'aimeuuuh !

    • Dimanche: Ca y est, c'est vraiment l'automne côté gris; il pleut, il fait noir à 3 heures de l'après-midi. J'ai envie de dormir….. 

  • Manger un éléphant

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    Ma Swiss'Sis est en plein sur-ménage. Elle travaille à plein temps, d'arrache-pied et comme une bête; elle s'attaque à son troisième ou quatrième (je ne compte plus) diploume; et elle emménage dans une semaine dans sa nouvelle maison qui n'est visiblement pas prête: pas de cuisine (pas grave, ils mangeront au boulot), pas de parquet (pas grave, ils stockeront leurs caisses ailleurs), pas de douche, pas de bain (pas grave, ils se laveront dans leur ancien appartement, encore quelques semaines à leur disposition), pas de sanitaires (là ça se corse, ils habitent en pleine campagne, mais tout de même). Elle est donc, comme qui dirait, un chouia dépassée. 

    Je compatis ô combien. Je connais tellement bien ce sentiment d'impuissance et de lutte contre le découragement.

    Un de ses professeurs a dit, très rationnelle: "Pour manger un éléphant, il faut mâcher un morceau à la fois". Pas bête, la dame !

    Moi, pour le moment, je ne déménage pas, je n'étudie plus, mais je croule sous le boulot en cette fin d'année. Et j'avoue avoir envie de baisser les bras devant le mammouth qui m'écrase les pieds.

    Alors, je pense à la remarque de ce sage professeur: mâcher une besogne à la fois.

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  • Regard aimant

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    "Etre vivant, c'est être vu, entrer dans la lumière d'un regard aimant" C. Bobin

     Ce weekend, j'ai "vu" de jolis êtres vivants: 

    – La dame de la poste. Je fais la file avec l"homme pour retirer un colis. La préposée n'a pas l'air d'humeur guillerette. L'Homme – qui, à force de râler, voit des ronchons partout – me dit "Ca y est, encore une ch… !". Tout de suite, quelque chose en moi pétille, j'adore relever ce genre de défi: forcer les gens à sourire. Et neuf fois sur dix, ça marche ! Celle-ci n'a pas fait exception. Notre tour arrive et bien sûr, le colis a été envoyé à mon nom d'épouse; et bien sûr, les cartes d'identité belges ne mentionnent plus le nom d'épouse; et bien sûr la dame lève un sourcil. Je prends les devants et l'assure que c'est bien moi et que les C.I. belges ne mentionnent plus etc. Elle se radoucit avant même de râler. Puis, ça ne rate pas, elle ne trouve pas le colis; elle cherche, elle cherche, mais ne trouve pas. Et je vois bien qu'elle ronchonne. Après cinq bonnes minutes, elle finit par mettre la main dessus. Elle revient en râlant qu'heureusement elle l'a trouvée parce que parfois…. Et là j'en rajoute avec mon plus beau sourire: "Et c'est là que les clients râlent et s'impatientent…, n'est-ce pas ?" Et elle relève la tête, vindicative: "Ah mais ceux qui râlent, et bien je prends encore cinq minutes de plus pour aller aux toilettes et les faire attendre encore plus !". J'adore les préposées ronchons, elles sont délicieuses 🙂

    – L'accordéoniste dans la rue qui jouait merveilleusement bien et à qui j'ai rendu son sourire enjôleur.

    – Le touriste espagnol épuisé qui suivait sa copine ou sa femme en portant les paquets et qui, à trois heures de l'après-midi, lui lance, visiblement à bout: "Pero yo tengo hambre, non ho comido todavia, sabes !?" (Mais j'ai faim, moi, je n'ai pas encore mangé, tu sais !?). Dieu sait ce qu'elle voulait encore lui faire faire, l'estomac vide, cette petite nana !

    – La fleuriste du marché qui fait des bouquets splendides et très proches de la nature parce qu'elle m'a dit si joliment "Ah, vraiment, j'adore toutes les saisons !" en mariant pour mes beaux yeux des hortensias couleur prune avec des feuilles oranges, rouille et marron. Et aussi "Ah, mais ce n'est pas la fontaine de Trevi, ici !" parce que j'avais laissé tomber une de mes pièces dans un seau de fleurs.

  • Il était une fois mon premier bébé

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    Jeudi 22 octobre 1987 (il y a 22 ans donc). Réveil en sursaut à 4 heures du mat' avec la vague impression d'avoir transformé le lit en piscine. Premier réflexe: "Que dit Laurence (Pernoud) ?" Pas de panique, de toute façon, je n'ai pas la moindre contraction. Si c'est ça accoucher, c'est pas la peine d'en faire tout un plat. Je réveille l'Homme, je finis ma valise, je ne me sens pas autrement pressée. Lui un peu plus, il se sent moyennement l'âme d'un sage-homme. Je consens donc à m'habiller et à partir. Le trajet en voiture réveille quelque peu un chouia de contractions. 

    Arrivée à la maternité, on m'installe tout de suite dans la salle d'accouchement qui ressemble plus à un petit salon. Sofa, lumière tamisée, musique douce, ça me va. J'ai même amené mon tricot, on m'a dit que j'en avais pour un moment. Il me reste une demi-manche d'un joli pull que je porterai après, quand j'aurai retrouvé une taille décente. 

    Et puis curieusement, je n'ai pas tricoté une ligne de plus. A ce jour, 22 ans plus tard, ce tricot est toujours en l'état. Je n'ai plus touché ni aiguilles ni laine depuis. 

    La journée est magnifiquement ensoleillée. L'homme avait une sortie prévue dans les bois avec les gamins dont il s'occupe. Je le vois soulever discrètement la tenture de temps en temps en soupirant. La journée s'étire comme cela, lentement pour lui, de plus en plus pénible pour moi. Après 12 heures, je n'y tiens plus, je demande la péridurale. J'attendrai encore quatre heures avant que ma toute belle ne se décide à sortir. 22 ans plus tard, c'est toujours pareil, il lui faut un temps bête pour être prête. A l'époque, elle n'avait de garde-robe à dévaliser, je lui tenais suffisamment chaud. Et je me demande à quoi elle a passé son temps avant de se décider à montrer son joli minois. 

    Ce qui est sûr, c'est que ce fut – et c'est toujours – le bébé le moins stressé de la planète que j'ai mis au monde. Cri primal, connaît pas. Tous les nouveaux-nés poussent un cri en arrivant sur terre, elle pas. Elle s'est contentée de sourire aux anges, déjà. Son papa baba lui a donné le bain et et elle s'est ouverte comme une fleur de lotus, bras et gambettes dépliées. 

    J'ai passé la nuit à la regarder dormir. Et j'ai su que ma vie ne serait plus jamais la même.

  • 300

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    300ème billet aujourd'hui. Contrairement au 200ème, plus d'états d'âme sur le thème de "je continue ou j'arrête ?". Je continue, persiste et signe. 

    Pour mes 50 ans, j'avais une envie de cadeau bien précise: une cabane en bois au fond du jardin. Une petite maison de poupée rien qu'à moi où je peux aménager ce que je veux, comme je veux; bricoler ce que je veux, mettre la musique que j'aime, inviter qui j'ai envie, lire, écrire, tricoter, broder. Pas coudre, je sais pas coudre. Construire mes maisons de poupée. Découper des images, des recettes; préparer des voyages; faire des réussites; dormir….

    Mais ils ont tous trouvé l'idée saugrenue. Et se sont retranchés derrière une barrière imparable: Il faut un permis de bâtir, chère amie !

    Je n'en parle plus mais l'idée reste tapie dans l'ombre et attend la parade.

    En attendant, ce blog est ma cabane au fond du jardin. C'est mon chez-moi. Je dis ce que je veux. Enfin, pas tout mais beaucoup quand même. Je veille juste à ne heurter personne. J'essaye.

    Mais c'est mon domaine. J'aime écrire, j'écris et pour une fois sans modestie aucune, mais alors pas la moindre, j'adore me relire. C'est exactement ce que j'aurais écrit si c'était moi qui l'avais écrit :-). J'aime relire ces moindres détails que j'aurais déjà oubliés si je ne les avais pas consignés ici (je n'ai pas la mémoire d'éléphant de ma maman), j'ai l'impression d'avoir vécu quelque chose et pas simplement du temps qui passe, même ces petites choses insignifiantes qui font de nos journées de jolis moments. 

    Alors, je suis loin de vouloir arrêter aujourd'hui. Au contraire, je bouillonne de plein d'idées et de billets. Et pour commencer cette quatrième année "bloguesque", j'inaugure trois nouvelles catégories:

    – Tu savais que ? : souvent je lis des trucs que je voudrais partager. Si j'y pense, je le dis à l'Homme mais en général, ça s'arrête là. Et je voudrais consigner quelque part ces petits riens qui m'épatent. Alors plutôt que de les coller dans un petit carnet, je viendrai les partager ici.

    – Petites phrases et grands mots: Dans les romans que je lis, les blogs que je visite, les films ou les pièces de théâtre que je vois, il y a de temps en temps des phrases qui me marquent et m'emmènent plus loin dans mes réflexions. De la même manière, pourquoi ne pas les partager ici ?

    – Il était une fois moi: ça, c'est pour moi, mes enfants, mes éventuels petits-enfants. Tous les souvenirs qui affleurent au gré d'une musique, d'une photo, d'un parfum, je voudrais les thésauriser ici.

    Moi qui me tais pour mieux écouter, moi qui parle peu de peur de dire des bêtises, j'ai trouvé mon escale quotidienne où poser tous les mots tus qui dorment en moi. 

    Ma cabane au fond du jardin virtuelle est mon repère de sorcière, ma caverne d'Ali Baba où je garde tous mes trésors pour en faire cadeau à l'Homme, à mes enfants, mes petits-enfants peut-être aussi et à tous ceux que j'aime. Et de temps en temps, jouer les Harpagon et les admirer. Ô ma chère cassette !

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  • When in Rome, do as the Romans do

    La liste de Rome selon Charles Dantzig (Encyclopédie capricieuse du tout et du rien):

    A Rome, les palais sont lourds, mais roses. …/… dans le fatras des petites cheminées et du linge qui sèche, il y a toujours un pin parasol et deux coupoles en ananas. Le profil de Rome, ce sont des cyprès se découpant en haut d'une colline. …/… Il pleut. Aussitôt des Hindous surgissent, vendant à la sauvette des parapluies pliants. Cela n'arriverait ni en France ni en Espagne, je crois. En France, par mépris du pratique, en Espagne, par orgueil. …/… La mode des trois-quarts matelassés bleu marine ne passe pas. C'est l'uniforme du bourgeois romain. …/… ville de places plus enthousiasmantes les unes que les autres, …/…

    La liste de Rome selon moi:

    Une journée magnifiquement ensoleillée, éclairant les façades roses des palais d'une manière absolument divine, le farniente et la dolce vita à l'italienne, pure flânerie dans les rues de Rome sans d'autres attentes que le coin de la rue, des cappucini en terrasse ou au café Greco à tomber, une orgie de saveurs entre les carciofi alla giudea, les arancini, la burrata, les puntarelle, les fleurs de courgette, les linguine con gamberi, asparagi e provola affumicata, un peu de lèche-vitrines dans la via dei Condotti, une promenade nocturne dans le Trastevere, une glace aux marrons glacés con la panna chez Giolitti, une pluie de fin de nuit ce matin et effectivement un vendeur à la sauvette devant l'hôtel ce matin. Une journée plus grisouillette hier mais pourtant jolie malgré la grosse déception proportionnelle à l'attente que j'avais par rapport à la chapelle Sixtine. Une foule terriblement oppressante qu'aucun compte-goutte ne retient et qui s'engouffre à plus de 500 touristes, ensardinés dans cette chapelle où le recueillement est totalement impensable malgré les "Silence please" et les "Chuuut" tonitruants des gardiens. Toute la beauté du travail de Michel Ange est inaccessible dans ces conditions. J'en suis sortie toute déconfite. 

    Mais la ballade vers la villa Borghese m'a réconciliée avec la beauté.

    Bien sûr, un weekend à Rome à deux peut être très romantique mais si l'on ajoute un Italien, Romain pour un quart et la femme la plus élégante de la planète, tous les deux, compagnons de voyage parfaitement en harmonie avec notre rythme et esthètes jusque dans les moindres détails, le weekend prend des allures d'hymne à la beauté, à l'art de vivre et à la dolce vita.