Auteur/autrice : Myosotis

  • Douceur ensoleillée

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    On a profité d'un séjour de Swiss'Sis en Belgique pour passer une journée à Paris pour la fête des mères, Maman et ses trois filles. Exposition sur Yves Saint Laurent au petit Palais – très belle expo sur 40 ans de carrière, plein de robes parmi lesquelles on a choisi chacune sa préférée, parmi lesquelles on a repéré une dizaine de modèles dont on se souvient avoir vu une copie conforme sur Maman, une reproduction d'une touuuute petite partie du dressing de Miss Deneuve dont on s'est dit en voyant ses sublimes chaussures que soit elle ne transpirait jamais, soit elle ne les a jamais mises. Puis un petit tour au Nain Bleu, un grand tour à la Grande Epicerie, trois petits tours chez Gérard Mulot et puis s'en vont.

    On retrouve hommes et enfants à La Glanerie pour une journée de douceur ensoleillée, grandes tablées dans le jardin – exceptionnel en Belgique – siestes et papotes, rires et jeux, tendresse et complicité. Des moments pépites très précieux.

  • Orientation

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    Voilà deux ans à peu près qu'on n'arrête pas de le bassiner avec la sempiternelle question pour pré-adulte: "Tu fais quoi après ton bac ?" "Qu'est ce que tu as envie de devenir plus tard ?". Et voilà deux ans qu'il reste évasif, dubitatif, fugitif, inexpressif et pensif. 

    Et voici qu'au bord du bac, il semble se réveiller et émettre quelques idées plus concrètes. L'esquif tangue entre la science (bio-ingénieur, zoologie, océanographie, …) et le cinéma (caméra, prises de vue,….). Il envisage même de se lancer dans une branche puis d'enchaîner avec la deuxième. On ne va bien entendu pas ruiner de si belles intentions. Notre procrastineur préféré se réveillerait-il enfin ?

    Hier soir, pour ne pas laisser mourir ce bel enthousiasme, nous avons donc ouvert le site d'un centre d'orientation scolaire et professionnel dont je me souvenais vaguement qu'il décrivait pas mal de métiers. Si vous voulez passer un bon moment, je vous livre l'adresse: 

    http://www.metiers.be/index2.php

    Mon fils, quand tu seras grand, veux-tu devenir:

    – acarologue

    – baluchonneur

    – dynamiteur

    – essayeur d'aliments

    – esthéticien canin

    – idéateur

    – lessiveur de pâtes crues

    – pareur de wagon de chemin de fer

    – personal shopper

    – préposé à la salle de quilles

    – psychothérapeute pastoral

    – podiatre

    – planteur d'arbres

     - what else ?

    Si rien de ceci ne te tente, je te conseille le site, il y en a encore des centaines comme ça. 

    Je me demande même s'il n'y aurait pas là un créneau pour Maïté qui se spécialise en Illustrations: si on devait concevoir une carte de visite avec un logo pour tous ces métiers, il y a de quoi faire, non ?

  • All that jazz

    Dimanche: Après la Zinneke, nous nous sommes offert (enfin Swiss'Sis avait offert à l'homme à Noël des places pour) un concert d'Eric Clapton à Anvers. Pour être plus précis, un concert de Clapton et de Steve Winwood. Ils avaient créé ensemble un groupe, Blind Faith, qui n'a sorti qu'un seul album et qui s'est dissous après un an. Je ne connaissais pas Winwood mais la découverte de cet encore fringant soixante-huitard m'a replongé vers la recherche de morceaux de cette époque-là. Y'a pas à dire mais ça sonne quand même encore bien ce son électrique. Chouette concert, même si franchement, Clapton peut mieux faire en matière de communication avec son public. A peine bonsoir et merci. Un goût de trop peu de ce côté-là.


    Mardi: Soirée cinéma italien avec Hanka. Le dernier Carlo Verdone, "Io loro e Lara". Elle trouvait que c'était son moins bon film mais comme moi, je n'en connaissais pas d'autres, j'ai aimé. De toute façon, dès que l'on parle italien dans un film, je suis heureuse, alors….. 

    Jeudi: Cours de cuisine avec Anaïs. Plus précisément cours de pâtisserie d'aujourd'hui chez Yves Mattagne. Cela faisait longtemps que nous n'avions plus suivi de cours de cuisine, depuis la fermeture de l'Atelier des Chefs à Bruxelles. Ambiance très sympa, nous n'étions que 5: elle et moi, une boulangère-pâtissière polonaise parlant à peine le français mais désireuse de se perfectionner, un Roumain qui avait offert le cours à sa femme mais qui la remplaçait au pied levé parce qu'elle avait dû inopinément s'absenter et qui semblait s'en trouver fort aise (lui, pas elle) et un habitué des cours, un charmant quadra, papa de quatre filles et qui évoluait là comme chez lui. Alors pour vous mettre l'eau à la bouche, nous avons préparé:

    – une compote de rhubarbe, salade fraises au petit basilic et crème brûlée au siphon

    – une croûte aux figues rôties au vinaigre balsamique sur un nid de crème anglaise au mascarpone 

    – une tarte au chocolat, glace à la réglisse et crème aux fèves tonka

    Après cela, bien sûr, on déguste. Trois desserts l'un derrière l'autre. Alors moi, qui suis au régime sans sucre (rapides) depuis deux mois, j'ai eu l'impression de m'injecter du sucre à l'état pur en intraveineuse. Doux au palais mais dur dur pour l'organisme.

    Vendredi et samedi: Bruxelles termine le mois de mai en beauté avec le traditionnel Jazz Marathon. Trois jours de jazz outdoor et indoor, partout dans la ville. Le jazz sous toutes ses formes.  Nous nous sommes concentrés sur trois concerts particulièrement sympas: deux guitaristes qui jouaient du jazz manouche, Magic Swing, puis les Big Easy Cats à l'hôtel Méridien et enfin, Renaud Patigny au Grand café, et ses ragtime exceptionnels qui ont fait le bonheur de mon anniversaire. Il faut croire que le jazz a un effet tendresse sur ceux qui l'écoutent. En observant les spectateurs autour de moi, je n'ai vu que des gestes de tendresse et de douceur: ici une belle-fille qui caresse le genou de sa belle-mère et serre la main de son beau-père, là, une jeune fille qui entoure les épaules de sa maman, plus loin une dame âgée ajuste tendrement le col de la chemise de son mari, et là une jeune femme donne sa main gauche à son mari et pose affectueusement la main droite sur l'épaule de son papa devant elle. All that jazz….

  • Carnaval de Bruxelles

    Bruxelles n'avait pas de carnaval. Elle en a un depuis 10 ans. La Zinneke parade. Tous les deux ans, les habitants, les associations de quartier, les artistes, les écoles, les collectifs issus des différents quartiers de Bruxelles rivalisent d'imagination et de créativité. 

    Zinneke, en bruxellois, signifie à la fois "petite Senne" – la Senne est à Bruxelles ce que la Seine est à Paris sauf que nous, on la cache sous terre – et "chien bâtard". Par extension, le zinneke est celui qui a des origines multiples, symbole du caractère cosmopolite et multiculturel de Bruxelles. 

    Cette année, sur le thème "A table", sous le soleil, la Zinneke a, à nouveau, enchanté petits et grands par une créativité sans limites et une bonne humeur contagieuse. 

    C'est toujours le coeur en fête mais avec une pointe de nostalgie qu'on referme la porte du balcon: il faudra à nouveau attendre deux ans.

  • Un peu de tout

     

    • Un concert comme je les aime. Ce n'est jamais que la dixième fois que je vais le voir mais c'est un peu comme un rendez-vous que je ne peux absolument pas manquer. Il concentre à lui seul ma fibre grecque et mes années de jeune mariée: les moments délicieux avec l'Homme dans le resto dont nous avions fait notre QG et où le patron nous faisait toujours une petite place, même si nous ne consommions que du vin ou un dessert et où nous refaisions le monde avec Yanni guitare et Yanni bouzouki entre deux prestations; les moments délicieux sans l'Homme où je passais en boucle de la musique grecque captée avec toutes les peines du monde sur Radio Campus, une des seules radios libres des années 80 qui passait ce que l'on retrouve sans problème aujourd'hui sur Internet sous le vocable "Musiques du Monde". Dalaras, c'est tout ça pour moi et je ne m'en lasserai jamais.
    • Une petite intervention chirurgicale de rien du tout sous anesthésie locale. Totalement sans douleur. Même si l'infirmière en a fortement douté au vu des grimaces de souffrance crispée que je lui adressais. "Vous avez mal ?" "Non, pas du tout mais j'anticipe !". Elle a dû me prendre pour une de ces cinglées….
    • Un lunch avec deux amis métis que je connaissais séparément et qui travaillent maintenant ensemble et une discussion extraordinaire sur leur perception de l'Afrique et de son fonctionnement. J'ai fini par me sentir plus Africaine qu'eux dans la tolérance à l'à peu-près et au lâcher prise. Mais bien sûr, je la comprends quand elle me dit que la coiffeuse la plante en plein milieu de son soin, demi-tête faite et l'autre pas, en disant "Revenez demain, je dois absolument partir…" .
    • Une pièce de théâtre impromptue (Mamy B. avait gagné deux places) assez interpellante et très bien jouée sur l'impact des chatrooms sur les zados et dans ce cas bien précis sur les envies de – ou les pousse au – suicide. Sur le potentiel malveillant qu'il y a en chacun de nous aussi. Brrrr !
    • Un bouquin passionnant, une brique de 750 pages mais que je retrouve avec délice tous les soirs (et les matins de ce long weekend): Le club des incorrigibles optimistes de Jean-Michel Guenassia. Le portrait d'une génération, celle de mes parents, mais en France, la fin de la guerre, la libération, l'Algérie et les exilés de l'Est, passés définitivement à l'Ouest, abandonnant derrière eux femme et enfants. Poignant mais toujours l'humour, toujours l'humour.
  • Les trois froids

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    Après Melchior, Gaspard et Balthazar, voici Mamert, Pancrace et Servais, les trois saints de glace. Ils sont fêtés respectivement les 11, 12 et 13 mai et se sont particulièrement fait remarquer cette année, vous vous en êtes rendu compte, non ? Ici, à Bruxelles, le thermomètre flirte avec les 5-6 degrés. Toutes mes collègues qui pratiquent l'alternance de dressing ont dû ressortir les pulls, les doudounes, les moufles, écharpes et autres collants de laine qu'elles avaient amoureusement lavés, contre-mités et emballés jusqu"à l'hiver prochain. Elles râlent doublement: non seulement il fait frigo mais en plus, il faudra recommencer l'exercice.

    Les trois saints glaciaux ont la vie dure. En effet, ils ne sont plus fêtés depuis 1960. Ils ont été excommuniés du calendrier par l'Eglise, officiellement pour mettre fin aux réminiscences de paganisme (les agriculteurs implorant traditionnellement ces trois-là pour éviter l'effet de la baisse de température classique à cette période de l'année allant même jusqu'à ramener une période de gel, phénomène connu sous le nom de phénomène de la lune rousse), officieusement parce que l'Eglise n'échappe pas à ce constat purement terre à terre de la condition humaine: on se les gèle ! Et l'Eglise d'introniser Estelle, Achille et Roland aux noms beaucoup moins glamour mais plus neutres d'un point de vue météorologique.

    Cette mini-vague de froid s'explique scientifiquement par un phénomène astronomique coïncidant à cette période de trois jours de chaque année où l'orbite de la terre est amenée à traverser un disque de poussières extrêmement diffus dans le système solaire; pendant quelques heures, la poussière fait très légèrement obstacle aux rayonnements solaires (effet de serre inversé).

    Alors, si Eyjafjallajökull s'en mêle, je vous dis pas l'effet de "serre les fesses et remonte ton capuchon" !

  • Tu peux compter sur moi

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    Entre eux et moi, une histoire de "je t'aime moi non plus". J'ai aimé et j'aime le calcul, je n'aime pas trop les mathématiques. J'aime les plus, les moins, les multipliés et les divisés. Je n'aime pas les formules, les graphes, les abscisses et les ordonnées.

    Pendant mes études, j'occupais chaque moment creux en inventant des calculs écrits à l'infini; une addition suivie d'une soustraction, puis d'une multiplication et enfin d'une division. En calcul mental, j'étais imbattable et encore aujourd'hui, je suis généralement la plus rapide à ce genre d'exercice.

    Mais depuis peu, depuis quatre ans plus exactement, enfin disons depuis que j'ai un Directeur, ex-ingénieur en informatique, qui ne jure que par les balances carrées, j'ai acquis une réputation de nulle en chiffres. Je suis parfaite pour tout mais pour les chiffres, alors là ! "Ma petite N. vous savez que je vous aime bien, mais je n'ose pas imaginer vous confier le département Finances, même dans mes pires cauchemars". Charmant. D'abord, je ne lui ai rien demandé de tel, suis pas folle. Ensuite, d'accord, je me suis trompée une ou deux fois au début, mais maintenant, je vis le syndrome du cancre dans le fond de la classe qui se comporte comme on le considère.

    Et c'est sûr, je ne m'applique pas assez sans doute. Si je lui rapporte qu'au 31 mars, on était 425 membres du personnel, et qu'en fait on était 427, il avale sa calculette de travers. Alors que pour moi, c'est pas grave si en réalité on est 427. Quand il y en a pour 425, c'est pas deux couverts en plus qui vont faire la différence. C'est pas comme si j'avais dit qu'on est 143 non plus. Mais je ne sais pas pourquoi, dès que je tourne le dos à mon ordinateur, les formules de mon tableau Excel se modifient à mon insu. Juste un peu de sorte que je ne me rend compte de rien.

    Mais je sais moi que je ne suis pas nulle en chiffres. 

    • J'ai tenu les comptes du ménage au centime près bien avant l'arrivée d'internet à la maison, dans un joli carnet à carreaux. 
    • J'ai économisé sou après sou de quoi s'offrir un micro-ondes à une époque où cet achat représentait une montagne. 
    • A quelques exceptions près, je ne me suis jamais trompée dans mes règles de trois pour préparer un gâteau. 
    • J'ai travaillé 6 ans dans une banque et je comptais les billets à la main et je tombais presque toujours juste. 
    • Je connaissais par coeur les comptes bancaires de la plupart des clients. (D'accord, un jour, j'ai, par inadvertance, balancé un chèque de 15 millions de francs belges à la poubelle mais ça, c'est pas une erreur de calcul :-)). 
    • Je n'ai jamais perdu un enfant quand on organisait un anniversaire avec 14 petits copains. 
    • Je peux compter les calories mieux que n'importe qui. 
    • C'est souvent moi qui compte les points au Scrabble. 
    • Quand on part en weekend à plusieurs, c'est à moi qu'on confie la cagnotte et les comptes à la fin du séjour. 
    • Et je suis passée maître en comptage de moutons la nuit.

    Alors, qu'est-ce qu'il ra-compte, ce Directeur binaire ?

  • Bon sang de bon suaire

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    Il y a dans la presse d'aujourd'hui quelque chose qui m'intrigue. Benoît XVI s'est rendu à Turin pour rendre hommage au Saint Suaire. Voilà un peu plus de dix ans qu'on n'avait plus aéré le saint drap et le voilà à nouveau présenté au public depuis le 10 avril. 

    Il y a un peu plus de dix ans, nous, on y vivait à Turin et comme tout le monde, je suis allée voir le Saint Suaire que l'Eglise n'avait pas l'intention de ressortir de sitôt. Moi, j'ai une foi de charbonnier et je ne me pose pas 36 questions. Donc si on me dit que le Saint Suaire est le linceul qui a enveloppé le Christ dans son tombeau et que l'image du corps et du visage imprimée dans le tissu est celle du Christ, j'y crois sans plus de réflexion. Et cette visite m'avait beaucoup émue.

    Je me suis ensuite intéressée à l'aspect scientifique de cette relique éminemment controversée mais aucun détracteur ne m'a vraiment convaincue. Sans doute, même certainement, parce que je n'y comprends pas grand-chose. 

    Mais quand je lis que l'Eglise, qui ne s'est jamais prononcée sur l'authenticité de ce drap de lin, a accepté les résultats de l'analyse au carbone 14 effectuée en 1988 qui conclut que le linceul date de l'époque médiévale, je ne comprends plus rien. Pourquoi vient-il vénérer et rendre hommage à un bout de tissu dont il reconnaît l'inauthenticité ?

    Je peux être tout à fait irrationnelle mais j'ai parfois des accès de rationalité qui ne souffre aucune contradiction.

  • Muguet pas gai

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    Le premier mai, c'est pas gai, 

    Je trime a dit le muguet,

    Dix fois plus que d'habitude,

    Regrettable servitude.

    Muguet, ne sois pas chicaneur,

    Car tu donnes du bonheur

    Pas cher à tout un chacun,

    Brin d'muguet, t'es quelqu'un !

    Georges Brassens


    Ce premier mai n'est pas joyeux dans bon nombre de pays européens. La crise est passée par là et les manifestations d'aujourd'hui en Grèce, en Allemagne, en France et en Espagne ne sont pas particulièrement réjouissantes. Les images de violence me crispent et les remontées des extrêmes ne sont pas faites pour rassurer. 

    Dans le langage des fleurs, le muguet signifie "Retour du bonheur" et transmet le message : "Raccommodons-nous !". Je nous souhaite à nous, Belges d'Ostende à Eupen en passant par St Josse et Uccle, de nous raccommoder au plus vite.

    Ici, l'Homme, anti-muguet – parce que c'est commerciaaaal ! – m'a offert des lilas mauves ("Mon coeur est à vous – M'aimez-vous encore ?" Cette question !

    Et comme je le disais à Delphine ce soir, le myosotis crie de sa toute petite taille bleue: "Ne m'oubliez pas !" 🙂

  • Vivre le jour

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    Voilà dix jours que nous sommes rentrés de ce voyage hors du temps, de ce rêve à peine espéré. Les jours se suivent depuis et ne se ressemblent pas. On croit que le temps nous échappe, qu'il nous file entre les doigts. Ce n'est pas faux mais en même temps tant de choses se passent.

    – On est allé voir un spectacle de marionnettes chez Toone, une institution pour nous, Bruxellois. Cela faisait des années que je voulais y aller sans jamais vraiment prendre l'initiative. Il a fallu que G. et C. nous en parlent pour concrétiser. Pour en profiter pleinement, il faut comprendre un peu le bruxellois. Ce n'est qu'alors qu'on en goûte toute sa saveur. Par chance, on y a rencontré Thomas qui manipulait quelques unes des marionnettes et qui nous a fait visiter les coulisses après le spectacle. J'adore voir l'envers du décor.

    – On a fêté l'anniversaire de l'Homme chez sa maman. Pas de bougies, il a passé l'âge. De gros gâteaux à la crème fraîche comme on ne les aime pas mais qu'on mange quand même pour être polis et qui nous restent sur l'estomac tout l'après-midi. Je pense à tous les goûters d'anniversaire de mes enfants où toute la famille s'est farcie des gâteaux d'anniversaire, certes très beaux, mais parfaitement indigestes qu'ils ont mangé quand même pour être polis et qui leur sont restés sur l'estomac toute l'après-midi.

    – J'ai eu mon évaluation annuelle et j'ai été abasourdie quand ma chef m'a dit que j'abattais une quantité de travail énorme et qu'elle n'avait jamais vu quelqu'un qui avait une telle capacité de travail. Et moi qui ai réduit mon rythme si pas de moitié, au moins d'un tiers. J'étais tellement surprise que je suis restée un moment la bouche ouverte. Mais tant mieux si c'est l'impression que je lui donne. 

    – J'ai participé pendant une journée à l'évaluation de candidatures de stagiaires pour l'automne prochain. Je n'en reviens pas de deux choses: d'une part, j'ai expérimenté de mon propre chef les conclusions d'un article scientifique que j'avais lu quelques jours avant: nous sommes terriblement manipulables et souvent à notre insu. Et je me suis rendu compte qu'effectivement, certains éléments dans les candidatures attiraient mon attention plus que d'autres: une date de naissance similaire à celles d'un proche, un nom ou un prénom italien ou grec, un diplôme d'une école que je connais, un loisir qui me parle. Comme si ces rapprochements donnaient plus de poids à la candidature. D'autre part, la plupart des candidatures provenaient de jeunes nés entre 1985 et 1987 et certains avaient l'âge de ma fille aînée. Et ils sont prêts à être lancés sur le marché du travail. Et cela m'a interpellée. Sans que je parvienne à définir le sentiment qui m'a habitée.

    – J'ai retrouvé une bonne partie de mon sommeil grâce aux fleurs de Bach et je ne peux pas expliquer aux autres à quel point c'est un soulagement teinté d'un réel bonheur. Les bras de Morphée sont un élément essentiel de mon équilibre et de ma survie. Et ses infidélités de ces deux dernières années m'ont été très néfastes. Ah, le traître !

    – Hier, Mamy L. a fait un petit accident vasculaire cérébral très léger et passager. Le brouillard qui l'a enveloppée pendant quelques heures s'est dissipé comme il est venu et pendant son séjour aux urgences, son oeil a retrouvé son pétillant et son débit est revenu à la normale. Ce matin, elle était gaie comme un pinson, contente d'être sortie d'un épisode dont elle n'a pas pris vraiment conscience non plus. On respire un peu mieux mais l'état de vigilance est déclaré.

    – En vue de son prochain examen de cuisine, Anaïs nous a préparé une truite en poussant des cris d'orfraie. Le simple contact avec la peau glissante de la bête la dégoûtait au plus haut point malgré les gants qu'elle a absolument voulu enfiler. Je prie le ciel pour qu'elle tire un autre plat le jour de l'examen. 

    – Le reste du weekend s'est passé dans l'ordre et le rangement. On a remisé l'échafaudage qui gênait ma vue dans la cuisine et rangé quelques caisses à outils que l'Homme s'obstinait à vouloir garder sous la main plutôt que d'aller chercher les dits outils huit marches plus bas à l'entresol. 

    – Et j'ai terminé Zola Jackson de Gilles Leroy. Sublime. A lire.