Auteur/autrice : Myosotis

  • Trop plein

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    Là, ça commence à bien faire. Je suis submergée de boulot. Révision budgétaire pour le dernier trimestre. Préparation de tests écrits pour une sélection de candidats. Préparation d'une présentation des activités Ressources humaines par une équipe qui déteste parler en public. Lancement des exercices de promotion. Réorganisation de la moitié des fonctions de l'équipe. Tout ça avec des échéances simultanées et immédiates. Vient se greffer là-dessus un exercice de crise et de continuité des opérations, lancé par définition à l'improviste comme les exercices incendie – sauf que ça dure deux jours -. Comme si on n'avait vraiment rien d'autre à faire. Et un vol de portefeuille dans les transports en commun, mercredi soir, pour couronner le tout. Découvert vers 23h30 seulement quand le fils se souvient soudainement qu'il aurait besoin de quelques euros. 

    Je suis vidée, lessivée, mon corps crie grâce et pouce. Mais je lui intime le silence. Et je me dis que si j'arrive à tenir comme ça, c'est probablement et d'une part parce que ma vie familiale est plutôt stable – un de mes collègues est en train de divorcer et n'arrive pas à vraiment travailler; je me projette dans sa situation et je sais que je serais totalement incapable de fonctionner ne fût-ce que normalement au boulot – et d'autre part parce que je suis une totale optimiste, une adepte du verre à moitié plein, une Scarlett – demain est un autre jour – et que je sais que demain ça ira mieux.

     

  • Les derniers jours de septembre

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    Comment ? Le mois de septembre est déjà fini ? Est-ce possible ? Il vient pourtant de commencer, non ?

    Vendredi: La première belle journée de soleil à Majorque. Nous avons bien fait d'accepter cette invitation pour quelques jours dans leur maison de vacances. Malgré le temps couvert les deux premiers jours, le soleil de vendredi nous a requinqués tous les deux. Je n'imaginais pas que 6 semaines à peine après le retour de vacances d'été, je serais déjà aussi vidée. Il faut dire que la rentrée avait été plutôt pénible, la cheffe difficile et l'ambiance assez déplorable suite à des départs et des désistements imprévus. Si l'on ajoute l'épée de Damoclès sous forme d'examen qui dansait lugubrement au-dessus de ma tête et les rebondissements scolaires d'Anaïs, mon état de fatigue, plus mentale que physique, n'avait rien d'anormal. Mais ces quatre jours m'ont vraiment reboostée.

    Samedi: Grand nettoyage pour les aider à fermer leur maison de vacances, derniers rayons de soleil et retour au bercail. Les enfants s'en sont donné à coeur joie: copains à profusion, films sur grand écran, matelas partout, le tout jusqu'aux petites heures du matin. Mais maison proprette pour le retour des parents. 

    Dimanche: Reprise en douceur. Reprise de contact avec des enfants passablement endormis. Lessives. Dégel du surgélateur. Tour du blog. 

    Lundi: Retour au boulot avec un chouia d'anxiété tout de même. Tant et tant à faire. 

    Mardi: Visite médicale annuelle. Bons points. Probablement trop de cholesterol mais j'attends les résultats. Le médecin en profite pour me dire que manger des oeufs Columbus, sensés être moins riches en cholesterol, relève de la fumisterie. Il serait plus sage de manger des oeufs de caille. Bof…. Première table de conversation en grec. J'adore. On n'est que deux participantes et les échanges n'en sont que plus riches.

    Mercredi: Reprise du télétravail. Pour une fois, nous télétravaillions tous les deux pour cause de grande manifestion européenne à Bruxelles. Pas la peine d'aller s'enfermer dans les embouteillages. Et nous ne nous sommes pour ainsi dire pas parlé de la journée. Fou, non ?

    Jeudi: Reprise de la saison théâtrale avec une pièce sublime, émouvante et interactive. Du beau théâtre. Sincèrement

    Et voilà, l'été est fini, septembre se referme déjà. Et je n'en reviens toujours pas.

  • Faux amis

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    Elle a vexé des amis à elle, moins "anciens", en nous présentant les uns aux autres et en nous désignant comme étant "nos amis de toujours". Elle voulait dire "nos plus anciens amis", ils ont compris "nos vrais amis". 

    Ils nous ont invité pour 4 jours dans leur appartement à Majorque et on y a retrouvé le temps d'un dîner leurs amis de vacances. Je pense que nous avons réussi à atténuer quelque peu l'antipathie immédiate que son impair avait dû faire naître à notre égard.

    Pourtant, elle avait raison, nous sommes leurs amis de toujours. Toujours remonte aux amphithéâtres de l'univ où l'Homme et elle ont passé des heures et des soirées entières à refaire le monde. Et on peut dire qu'ils s'y entendent encore toujours tous les deux à réorganiser virtuellement et verbalement la planète entière. 

    Puis elle a rencontré son futur chirurgien bricoleur, ravaleur de façades et de larmes de détresse. L'Homme m'a rencontré moi. Et nous ne nous sommes plus vraiment quittés. On s'est mariés deux par deux, à un mois d'intervalle. On a pleuré, prié, espéré ensemble ces bébés qui ne voulaient pas venir. Nos espoirs ont été comblés à un an d'intervalle et tout naturellement elle est devenue la marraine de Maïté et l'Homme est devenu le parrain de leur Caroline. Quatre mois plus tard naissait Anaïs et nos deux fils sont nés en juin et juillet de la même année. 

    On a fêté des dizaines d'anniversaire ensemble, rivalisé dans la confection des plus beaux gâteaux, passé des mois de dimanche après-midi, l'été dans leur jardin, l'hiver dans nos quatre murs d'appartement. 

    On a passé tant de vacances à neuf. 

    Aujourd'hui, de loin en loin, on part en city trip ensemble. Mais l'âge accentue ce qui nous séparait déjà il y a 20 ans. Nous n'avons absolument pas le même rythme. Un peu comme la fable du lièvre et de la tortue revue et corrigée où ce serait le lièvre qui gagnerait la course. C'est le couple le plus rapide de la planète, "dépêche-toi" est leur prière, "vite" leur code secret. J'en ai déjà parlé dans un billet précédent

    Lui organise des voyages extraordinaires, ils ont déjà visité la moitié de la terre et toujours ils nous invitent à les accompagner. Et souvent, nous refusons. D'une part, parce que je pars difficilement en "beau" voyage sans pouvoir le partager avec mes enfants et que forcément, le prix pour cinq n'est pas celui pour deux. Mais d'autre part et surtout parce que le rythme effréné auquel ils visitent un pays est aux antipodes de lenteur Nikonesque de l'Homme-tryclope, doté d'un troisième oeil en mode zoom. Lui ne comprend pas ces arrêts sur image permanents et est totalement incapable de ronger son frein. Du coup, c'est l'Homme qui freine nos escapades communes.

    Mais malgré nos divergences de sablier, l'amitié qui nous lie reste indéfectible. Elle est enracinée dans le terreau si riche de nos vingt ans, quand on croyait que le monde nous appartenait et qu'on avait toute la vie devant nous. 

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    Le bogato qu'elle a confectionné pour les 50 ans de l'Homme 

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    Nos voeux réalisés en toute beauté.

  • Rentrés

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    Ca y est, ils ont tous les trois repris le chemin des étudiants. 

    Maïté entame sa troisième année en illustrations. Elle ne s'épanche pas beaucoup mais ce n'est que la première semaine et je sais aussi qu'elle cogite déjà beaucoup sur son projet de fin d'études. Elle parlait de prendre des cours de reliure en cours du soir mais elle attend de voir les disponibilités de son horaire.

    Anaïs attend lundi pour savoir si elle obtient une dérogation pour recommencer son année mais elle assiste déjà aux quelques (5) cours qu'elle doit recommencer. Lorsque/si elle obtient cette dérogation, elle devra encore négocier pour pouvoir suivre des cours de deuxième.

    Quentin est rentré lundi pour une première année de bio-ingénieur. Il se lève à l'aube pour prendre le train de 6h37. 40 minutes de train et 5 minutes de vélo. Il est crevé mais heureux. J'essaie de résister à son enthousiasme. Pour l'avoir trop bien vécu avec les deux filles et pour avoir déchanté quelques semaines plus tard, je ne veux plus me laisser entraîner dans cette euphorie des débuts. Mais le naturel me rattrape au pas de course et je me laisse conter la vie des feuilles et des insectes. Est-ce que tu savais, maman, que la mine de crayon et le diamant ont la même provenance, c'est juste une question de pression différente ?

    Et moi, demain, je passe ce fichu examen qui m'ouvrira – ou non – les portes du contrat à durée indéterminée. Je ne devrais d'ailleurs pas être ici à traîner sur les blogs…..

     

  • Gris anthracite

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    La semaine qui vient de s'écouler était une semaine gris anthracite. Il y avait bien sûr moyen de faire plus noir mais personne n'est mort ni malade, donc la vie est belle. Mais Dieu, qu'elle était lourde de nuages, de larmes et de colère !

    Mardi: Ma chef rentre après trois semaines de vacances et pense retrouver une table rase de problèmes et de soucis. Comment pouvait-elle ne pas imaginer que dans les ressources humaines, le mois d'août étant effectivement et traditionnellement oisif dans les autres départements, les problèmes et les questions ne s'arrêtent pas pendant les vacances ? Elle est revenue et sa première question a été: "C'est toujours le même chaos après les vacances ?" avec un tel découragement mêlé de reproche que j'ai entendu "Mais qu'est-ce que tu as fichu pendant mes vacances ?". Bien sûr, elle n'a pas noté que les problèmes à résoudre n'étaient plus ceux qu'elle m'avait transmis avant de partir mais bien de nouveaux, tout frais tout neufs. Et pour la première fois depuis bien longtemps, j'ai eu envie de tout planter là et de rentrer chez moi.

    Mercredi: Anaïs est rentrée de Malaga et s'est rendue directement à l'école chercher ses points de deuxième session. Les semaines d'étude intensive pendant l'été ont porté leurs fruits, parfois même avec brio comme en comptabilité ou en droit, mais l'échec cuisant en statistiques aura eu raison de son passage en deuxième. Elle me l'annonce en pleurs au téléphone et je suis à la fois triste et déçue pour elle. Je l'envoie se renseigner pour la suite à donner puisqu'en principe elle ne peut, sauf dérogation, poursuivre des études supérieures. En Belgique, l'école peut refuser l'inscription d'un étudiant qui a raté trois premières années consécutives. Entretemps, je compare ses points de juin et je me rends compte qu'il y a quelque chose qui cloche. Je la rappelle, persuadée que l'école a fait une erreur de calcul mais le temps qu'elle me réponde, l'idée m'effleure qu'elle m'a peut-être à nouveau menti en juin et qu'elle a gonflé ses points pour ne pas nous décevoir encore plus. Son silence à l'autre bout du fil puis son aveu me confirment mon pressentiment. Et d'un seul coup la colère éclate et explose comme un volcan. Je n'ai plus décoléré pendant deux jours, je ne voulais plus qu'on me parle d'elle, les collègues bienveillantes s'enquérant des résultats n'ont pas compris ma réaction démesurée, moi qu'ils encensent pour mon calme olympien (face à l'autre furie notamment). Mais ma colère a sans doute été salutaire pour mon enfant-caramel mou, gentille comme un coeur, molle et avachie dans ses études et collée à son noyau familial comme une mouchette engluée dans les fils de la toile tendrement tissée par sa mère. Bon, il y aurait de quoi écrire un long billet sur le sujet mais ce sera pour une autre fois.

    Le mercredi après-midi, j'ai dû reprendre mes esprits et prononcer le discours d'adieu à Samy, le petit chouchou de mon équipe, adoré de tous, que d'autres aventures professionnelles appellent à… Taïwan. J'ai fait de mon mieux, le coeur serré tout à la fois de tristesse, de stress (sa cote de popularité au boulot étant telle qu'au lieu d'une petite équipe c'est devant une centaine de personnes que j'ai dû prononcer mon petit speech, moi qui déteste parler en public) et de colère rentrée.

    Jeudi: La colère déversée à grands cris et grands pleurs le soir précédent a accentué considérablement mon état grippal qui menaçait les jours précédents (yeux de grenouille, gorge en feu, nez bouché, tête dans un étau). J'ai passé la journée dans un état comateux et les critiques distillées de ma chef n'ont rien arrangé. En fin de journée, un collègue contrarié par une décision que j'avais prise et qui l'agréait peu, m'a agressée verbalement pour exprimer son mécontentement. Je le connais et je l'adore. Je sais qu'il est parfaitement incapable d'exprimer sa rogne autrement que sur le mode "orage" et que ce n'est jamais dirigé contre moi. Mais là, je n'avais plus la distance nécessaire. Nous étions en public, j'ai senti les larmes monter et je l'ai prévenu qu'il fallait arrêter tout de suite, sinon…. Bien sûr, on n'arrête pas un Grec remonté. Bien sûr, j'ai fondu en larmes et j'ai quitté la cafeteria. Bien sûr, il m'a suivie, confus, consterné et contrit, et s'est confondu en excuses. Mais c'était la goutte qui a fait déborder la coupe trop pleine. 

    Heureusement, dans cette semaine grise, trois éclaircies ont illuminé mon horizon: les retrouvailles avec Jaume et Meri, la première rencontre avec Delphine, très (trop) rapide mais très intense et les livres de Coumarine arrivés ce vendredi dans ma boîte aux lettres. 

    J'attends de la semaine qui vient des conditions "Rainbow" !

  • Septembre

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    C'est le mois:

    de la rentrée: ça y est, c'est reparti, les enfants se sont à nouveau transformés en tortues, transportant leur maison sur le dos. Les bénévoles ont repris leur place aux passages pour piétons devant les écoles et veillent à faire traverser les petits canards en toute sécurité. Le trafic a repris dans toute sa splendeur et il faut partir 15 à 20 minutes plus tôt. 

    des prunes, pommes, poires et fruits secs, des figues et du raisin: Sis'cile m'a ramené une caisse de prunes de La Glanerie et c'est reparti pour les compotes. Le raisin, grain par grain, se mange sans faim et sans fin.

    des braderies et des brocantes: j'adore chiner mais j'achète rarement.

    des anniversaires de Swiss Sis et de Papa. Et accessoirement, les 4 ans de ce blog. 

    des deuxièmes sessions: heureusement Anaïs a fini mais la longue semaine d'attente des résultats commence…. Bon, elle va ronger son frein à Malaga avec deux copines, y'a pire.

    des examens pour moi: examens médicaux annuels – j'espère que j'aurai des bons points – et examen en vue d'obtenir un CDI – et c'est pas gagné, parce que je n'étudie pas.

    des retrouvailles: plein de déjeuners avec les copines pas vues pendant ces deux mois de vacances, le temps de remettre à jour nos "Dis, qui, pedia" et un déjeuner surprise avec l'une d'entre vous, mes e-potes.

    de la remise en selle: les activités sportives reprennent, yoga, Pilates, badminton. 

    des bonnes résolutions bis: on prend des bonnes résolutions deux fois l'an chez nous: le 1 janvier et le 1 septembre. Cette fois, j'ai ajouté sur ma liste de souhaits/projets: apprendre à nager, reprendre le volant, prendre des cours de guitare et… entrer en politique (au niveau communal, histoire de participer à la vie du quartier de manière plus concrète). Je suis curieuse de voir ce que j'aurais fait de ces (bonnes) résolutions…

     Septembre, c'est le mois où l'on se remet en mouvement, dans tous les sens du terme. C'est un joli mois, pas encore tout à fait la fin de l'été, mais déjà un sérieux parfum d'automne. 

     

  • Voca People

    Vous faites probablement partie des six millions d'internautes qui, comme moi, les ont découvert sur la toile. Mais les admirer en live est encore plus fascinant. Ils sont tout simplement fantastiques. Dommage que cela n'ait duré que 20 minutes, et sous la pluie de surcroît. Mais bon, rien que ce gros quart d'heure valait le déplacement, la pluie, le froid, tout ça, tout ça.

    A part eux, cette édition 2010 de la Nuit des Choeurs ne cassait pas la baraque. Bien sans plus.

  • TGV en vue

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    Depuis notre retour de vacances la première semaine d'août, la vie est encore douce. Oh, on ne chôme pas. Au boulot, je suis presque seule à bord et j'assure pour les absents – normal, ils ont bossé en juillet pendant que je me prélassais au soleil -. Mais l'ambiance est nettement plus détendue, on se permet un café-tchatche le matin et on ose partir à 17h30. A la maison, les enfants sont en vacances – hormis Anaïs qui planche sur sa seconde session – et cela se sent. Ici aussi, l'ambiance est plus détendue même si on a mis un chantier décapage de portes et peinture en route.

    Mais j'entends sourdement le TGV entrer en gare et il ne restera pas longtemps à quai, je le sais. Très vite, il va ébranler sa lourde masse et prendre de la vitesse. Et je vais me retrouver prise dans le tourbillon du quotidien:

     - faire face au stress permanent au boulot

    – assurer le quotidien

    – remplir le frigo

    – faire tourner les machines

    – faire en sorte de poursuivre les chantiers entrepris ( = scier les côtes de l'Homme)

    – passer mon examen en septembre pour avoir droit au CDI

    – postuler pour aller travailler ailleurs

    – partir à Majorque avec G. et C.

    – partir à Prague avec toute la grande famille pour les 50 ans de mariage des parents et les 40 ans de Sis'Cile

    – passer une journée à Paris avec Anaïs et Maïté et avec Véro et avec l'Homme (ça fait 3 en tout)

    – passer un weekend on ne sait pas encore où mais on sait avec qui

    – organiser le congrès de sorcières

    – assister à une dizaine de pièces de théâtre

    – faire le tour des blogs

    – suivre des cours de cuisine avec Anaïs

    – fêter tous les anniversaires d'automne

    – aller plus souvent à La Glanerie

    – m'inscrire à des tables de conversation

    – poursuivre assidûment la barre à terre, le Pilates, le yoga et le badminton

    – entreprendre des grands nettoyages maison

    – préparer Noël

    – assister à des concerts avec Mamy B.

    – ne pas oublier la couleur chez le coiffeur, l'épilation et la pédicure et le soin lift chez l'esthéticienne (oui tout ça !)

    – lire la presse d'un peu partout sans oublier la presse futile

    – me promener sur Wikipedia

    Est-ce que je vais encore trouver du temps pour mon petit blog chéri ?

  • La « maman » des mamans

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    Tableau de Denise Rafenomanjato
     

    Elle m'a prise par surprise. Je savais qu'elle avait dix ans de plus que moi mais comme j'oublie que j'en ai 50, j'ai oublié qu'elle allait avoir 60 ans en décembre. Lors de notre rendez-vous la semaine dernière, elle m'annonce l'impensable: c'est notre dernier rendez-vous, elle arrête à la fin de l'année. Elle ne travaillera plus qu'à mi-temps et se consacrera exclusivement à sa passion: la stérilité. J'ai du mal à y croire. Je lui souris et plaisante mais le coeur n'y est pas, le sentiment d'abandon est immense. Je me sens redevenir une petite fille. 

    Depuis toujours, j'entretiens avec les médecins une relation privilégiée. Dès le premier rendez-vous, ça passe ou ça casse. Si nous ne devenons pas tout de suite amis pour la vie, je ne reviens plus. Mais ouiiii, j'exagère. Mais pas beaucoup.

    En général, on y va même en couple, voire carrément en famille. Oserais-je l'avouer mais nos enfants ont été chez le pédiatre tous les ans pour une simple visite de routine jusqu'à 14-15 ans. On aimait bien y aller, c'est tout. Et on y allait à 5 pour la visite d'un seul à la fin. Simplement pour aller dire bonjour à celui que tous les enfants appelaient Tonton Clément.

    Chez le dentiste (par ailleurs, mari de la gynéco – le concept de famille est assez large), même scénario, on débarque à cinq dans le cabinet. Il jure ses grands dieux qu'il ne connaît que nous qui venions en tribu. 

    Chez la gynéco, on va en couple. D'abord parce que ce n'est pas à côté de la porte mais surtout parce que cela permet à l'Homme de la voir. Ce n'était pas une amie au départ, elle l'est devenue.

    C'est elle qui m'a rendu l'espoir d'avoir des enfants, quand je n'y croyais plus, c'est elle qui les a mis au monde dans la douceur la plus totale, c'est elle qui vous caresse la joue quand vous avez bien travaillé. Elle est la douceur personnifiée, elle a toujours deux heures de retard dans son planning de rendez-vous parce qu'elle double systématiquement son temps de consultation avec ses patientes mais elles sont toutes prêtes à patienter deux ou trois heures s'il le faut plutôt que de changer. Personne ne veut renoncer à cette douceur si rassurante. On doit donc être des centaines à se retrouver démunies. Perdues sans la "maman" des mamans.

  • Lire au soleil

    Revue littéraire de ces vacances (à la demande d'Isa):

    Comme d'habitude, j'en ai emmené beaucoup trop mais cela ne fait rien, les piles de livres sont là pour me rassurer tout comme pour me permettre de choisir.

    Cet été, j'ai lu:

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    L'art de l'essentiel de Dominique Loreau: J'avais déjà lu "L'art de la frugalité et de la volupté" avec un tel enthousiasme que dans la foulée, j'ai acheté les 3 suivants: l'art de l'essentiel, l'art de la simplicité et l'art des listes. L'art de l'essentiel est plus répétitif et une fois qu'on a compris l'idée (à savoir vider, jeter "l'inutile et le superflu pour faire de l'espace autour de soi"), le livre a un peu de mal à nous tenir en haleine. On pourrait presque lui reprocher ne pas aller à…. l'essentiel. Mais en même temps, comme l'idée me parlait beaucoup, cela ne m'a pas trop dérangé de la lire à toutes les sauces. Je n'ai pas adhéré à tout mais il reste suffisamment parlant pour que je vous le recommande. 


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    Le Cercle littéraire des Amateurs d'épluchures de patates de Mary Ann Schafer: Un très joli roman, au nom très rigolo, construit sur le mode épistolaire, plein de charme, de tendresse, d'humour plutôt anglais. Des personnages attachants. Le tout sur l'île de Guernesey, tellement bien décrite qu'elle a rejoint ma liste d'endroits A VOIR ABSOLUMENT. Des références littéraires multiples qui donnent envie de lire les grosses pointures des siècles derniers, ce qui, en ce qui en me concerne, est un exploit (j'aurais plutôt tendance à zapper la littérature ancienne). A lire. Vraiment. En un jour, maximum deux. 

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    Filles de nos mères, mères de nos filles de Sandrine Dury: Très bof bof. J'avais acheté le livre au mois de mai pour la fête des mères et puis, je me suis ravisée, Dieu merci, en me disant qu'il valait mieux lire avant d'offrir. On ne sait jamais des fois que ce serait c…. Et bien ça l'était. Je me suis efforcée de le lire jusqu'au bout, fidèle à mon habitude, et je ne suis pas parvenue à trouver la moindre ligne qui m'ait parlé ou qui m'ait appris quelque chose. Rien, nada. Jamais un livre n'a transité si peu de temps entre mes mains. Il est déjà sur les rayons d'une bouquinerie. J'espère qu'ils ne le revendront pas trop cher. Rien de tel qu'une journée à Paris avec sa môman pour la fête des mères !

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    La deuxième lune de miel de Joanna Trollope: Tout tourne autour du syndrome Tanguy. Une famille standard, un couple qui s'aime, trois enfants adultes dont deux déjà partis et le petit dernier qui vient de fermer la porte. Evidemment, j'ai accroché tout de suite, pas difficile pour moi de me projeter dans le coeur de cette maman, couchée sur le lit, même pas refait, de son dernier enfant, revivant les 25 dernières années où ils formaient "une famille". Le sentiment de ne plus exister, de ne plus avoir de rôle, que ressent cette maman, ne m'est pas aussi familier mais je la comprend. Le père qui ne voit dans ce dernier départ que l'occasion rêvée de récupérer sa femme pour lui et de démarrer une "deuxième lune de miel" est très touchant, surtout quand l'un après l'autre les enfants reviennent, à son corps défendant, demander asile sous le toit familial suite à différents déboires financiers, sentimentaux ou relationnels. Roman un peu facile mais agréable et rapide à lire.


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    Autobiographie d'Alice Toklas de Gertrude Stein: C'était pas un livre à moi, c'était un livre que Maïté lisait. Je le trouve super mal écrit, voire super mal traduit, mais il paraît que c'est un style qui plait. Mais je l'ai lu malgré tout non sans un certain plaisir. Gertrude Stein était un écrivain américain vivant à Paris et grande collectionneuse de tableaux, amie proche de Picasso, Cézanne, Matisse et d'autres peintres de cette époque. Alice Toklas était son amie et secrétaire et l'autobiographie de cette dernière n'est finalement rien d'autre que la biographie de la dite Gertrude. L'intérêt majeur que j'y ai trouvé c'est le récit de la vie dans ce milieu-là à cette époque-là de 1905 à 1920, la montée en puissance de ces peintres, la naissance du cubisme et toute la révolution artistique du début du siècle. Finalement, assez passionnant.

       

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    Unaccustomed heart de Jhumpa Lahiri: J'ai tout simplement adoré. Huit nouvelles racontant toutes l'histoire personnelle d'immigrants bengalis aux Etats-Unis, généralement de seconde génération et particulièrement bien intégrés mais qui vivent, chacun à leur manière, le décalage entre leur vie "occidentale" et un certain ancrage accepté ou non dans la tradition bengali, qu'elle soit naturelle ou imposée par des parents soucieux de maintenir les racines. Conflits et déchirements de personnalités fragiles et fortes à la fois. De belles histoires, parfois douloureuses, toujours tendres, avec en filigrane l'amour sur plusieurs gammes: un fils pour sa mère, une soeur pour son frère, une femme pour un homme, un homme pour sa femme, une fille pour son père, un père pour sa fille, …. Cadeau de Lola, migrante de première génération, tiraillée entre ses racines ici et sa vie et ses enfants là-bas….