Auteur/autrice : Myosotis

  • On me mène en pause

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    Hum, je crois que je comprends ce qui m'arrive. Cela m'est tout d'un coup apparu comme une évidence.

    • Plus aucun régime ne fonctionne. Moi qui ne sais pas nager, je me retrouve affublée d'une petite bouée autour de la taille. Ok, moi qui ne sais pas nager, ça peut me servir si je tombe à l'eau mais quand je travaille ou quand je me promène en ville, je préfère l'enlever, c'est plus seyant. Et bien non, cette bouée semble incrustée à moi plus sûrement qu'une moule à un brise-lames.
    • Le soir, j'ai l'impression, ô cruelle ironie, d'être enceinte de 5 mois.
    • Je ne reconnais plus mon visage, je m'étais préparée aux rides, à l'attraction terrestre (merci mon cher Newton), pas à cet aspect bouffi.
    • La nuit, je visite en rêve tous les saunas de la Finlande et tous les hammams de la Méditerranée. Et même si mes relations avec Morphée se sont améliorées, ce n'est pas non plus comme si on était devenus les meilleurs amis du monde.  
    • J'ai le moral dans les chaussettes et même si je stimule quotidiennement mes zygomatiques, le coeur n'y est pas vraiment.

    Bon Dieu, mais c'est bien sûr…! C'est elle la coupable. C'est la pause midi. La mise en faillite de ma petite entreprise (artisanat de bébés – pièces uniques). Liquidation totale avant fermeture définitive. Fin de stock.

    Ce serait plus simple si on pouvait fermer, glisser la clé sous le paillasson et passer à autre chose. Mais non, il faut en passer par là.

    Il parait que ça peut durer de 5 à 10 ans. Je sens que ça ne va pas être possible. Il me faut absolument passer à la contre-attaque.

     

     

     

     

  • Grumble pour des prunes

    Importance of Fruits In Diet

    Voilà deux semaines que je grommelle en mon moi-même. Je suis de mauvaise humeur interne. C'est une des raisons de mon absence de ce blog, bien plus longue qu'à mon habitude. Au contraire des grands artistes romantiques qui ne trouvent l'inspiration que dans la peine, moi j'ai besoin d'avoir un minimum de pêche pour écrire. 

    Et là, rien, je boude. Pour des queues de cerise d'accord mais je n'arrive pas à croquer la pomme. La montée de la sève du printemps ne me réussit pas. Et pourtant TOUT va bien. Mais:

    – je m'ennuie. Je sais que je passe pour la reine des busy bees. Je viens d'avoir mon rapport d'évaluation 2010 et une des appréciations majeures que je reçois est la quantité phénoménale de travail que j'abats. Mais qu'est-ce qu'elle aurait dit il y a 5 ans ? Moi je trouve que j'ai sérieusement levé le pied. J'essaye d'aller au yoga, au Pilates, si je n'y vais pas c'est que je travaille, je suis des tables de conversation en grec tous les mardis. Je suis tout le temps occupée, je lis trois livres en même temps, on va au théâtre une semaine sur deux, au badminton toutes les semaines, on remplit le frigo, on le vide (ben oui, ça prend du temps), on trie, on lave, on repasse. Etc, etc… Mais je m'ennuie. Est-ce normal docteur ? Je sens bien que j'ai besoin d'autres projets mais rien ne bouge, rien ne me fait bouger.

    – je dors un peu plus mais pas vraiment mieux. Cela n'arrange pas à mon humeur mi-figue mi-raisin.

    – j'ai des petits bobos qui minent. Une espèce de tendinite à l'avant-bras qui m'empêche de soulever quoi que ce soit sans avoir mal. Et je ne parle pas de soulever 6 litres d'eau ou de lait mais simplement soulever mon sac (d'accord, ça vaut au moins 3 litres d'eau) ou sortir le linge de la machine à laver. Je devrais consulter mais pffffff….. 

    – l'Homme n'est pas du genre à faire dérider ma pauvre pomme, il est lui-même d'humeur assez citron. Il grince sur tout. Et ce n'est pas à son boulot qu'il se fend la poire.

    – Et cerise sur le gâteau, voilà six semaines que je me fais suivre par une diététicienne et six semaines que rien ne bouge. C'est peut-être encore ce qui me démoralise le plus. J'aurais tout aussi bien pu me lancer dans un régime de bananes, l'effet eut été le même. 

    – je voudrais rester dans mon lit, la tête sous la couette, et ne plus voir personne. Mais évidemment, on n'hiberne pas au début du printemps….. 

    Et pendant ce temps-là, au Japon…. Je ferais mieux d'arrêter de marmonner….

     

     

  • Glacial dehors, doux dedans

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    Weekend polaire et solaire à la fois. Un ciel d'azur vendredi et dimanche. 

    Puisque Bruxelles est en grève ce vendredi, l'Homme et moi avons demandé à télétravailler exceptionnellement. C'était assez agréable d'être là tous les deux, l'un en bas, l'autre en haut dans la mezzanine, mais il suffisait de tourner les yeux, moi vers la droite et vers le bas, lui vers la gauche et vers le haut pour se rencontrer d'un sourire. Pour le reste, on n'a pas parlé de toute la journée à l'exception de la pause déjeuner où nous sommes sortis prendre l'air, finir de remplir le frigo, le panier à fruits et la corbeille à pain. Mais même en travaillant pour ainsi dire sans lever le nez de toute la journée, on a quand même l'impression d'être déjà en weekend. 

    Nous avons passé le samedi à la campagne où Quentin a tondu toute l'après-midi. Visiblement, l'exercice lui a donné chaud, lui qui s'était habillé comme un oignon, il s'est épluché au fur et à mesure de l'après-midi. Moi, bien au chaud à l'intérieur, je me les suis gelés (je ne sais pas si je dois mettre un "e" parce qu'en fait je ne sais pas très bien ce qu'on se gèle exactement…). J'ai eu beau passé l'aspirateur et m'activer un peu, ça ne m'a pas réchauffée. On a fait un tour par la déchetterie pour évacuer toute une série d'encombrants et j'ai eu un peu le coeur gros quand j'ai vu mon vieux matelas basculer dans la benne à "encombrants divers". Il a accueilli les grands-parents maternels de l'Homme, il nous a bercés les vingt premières années de notre mariage, il a supporté sans broncher les sauts de trampoline de nos enfants. Pendant toutes ces années, sa laine a été battue et rebattue, il a enfilé de nouvelles toiles pour chaque fois reprendre du service et de la fraîcheur. Il a fini sa longue vie en deux pièces superposées qui séparaient Quentin du sol. Et vraiment, même si c'est un peu ridicule, j'ai eu le coeur serré de le voir partir.

    Plus tard en fin d'après-midi, les parents sont arrivés et nous avons passé une chouette soirée ensemble. Mais nous sommes repartis pour dormir à Bruxelles. L'Homme ne se sentait pas le courage d'affronter le lit froid (il m'a confié le soir que quand il fait si froid, il ne parvient même pas à lire au lit – il faut sortir les bras (moi, je ne sors que les mains) -) et Quentin rêvait de retrouver son grand copain (traduisez son nouveau lit de 160 s/200 dans lequel il peut "même dormir en diagonale, maman!"). Dommage, moi, je serais bien restée la nuit pour le plaisir de prendre le petit déjeuner avec ma maman 🙂 !

    Ceci dit, le dimanche était bien agréable aussi. Pour la première fois depuis des lunes, je me suis recouchée après le coup de Skype hebdomadaire avec Swiss'Sis en espérant secrètement que l'Homme se lève et me laisse le lit pour moi toute seule. Non pas pour "dormir en diagonale, maman!" mais parce que je ne dors jamais aussi bien que dans le silence total. Et à côté de l'Homme, c'est clair, ce n'est jamais "total". Mais je n'ai pas profité longtemps de ce plaisir, l'heure était bien trop tardive.

    Après une petite pasta, Quentin est parti avec ses copains à la recherche de plantes et nous avons enfilé écharpe et parka pour marcher pendant deux bonnes heures dans un froid de canard, en zigzaguant à la recherche des tâches de soleil. Mais dès que quelques rayons s'invitent, Bruxelles est bien jolie…. 

  • Février

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    C'est le mois le plus court de l'année et comme toujours il n'a pas failli à sa réputation. Il a filé comme le vent d'hiver, je ne l'ai pas vu passer. 

    C'est le mois de l'anniversaire d'Anaïs et de notre traditionnelle journée ensemble qui fut probablement une des plus jolies journées de ce mois.

    C'est le mois de la Chandeleur et pour rien au monde je ne renoncerais à faire des crèpes ce jour-là. 

    C'est le mois où on commence à sérieusement s'inquiéter des vacances d'été et où règne une certaine incertitude tant qu'on n'a rien réservé. Quand on arrive à la fin du mois de février et qu'on ne sait toujours pas où on va en été, je fais la grimace.

    Dans la foulée, c'est le mois où je commence à m'inquiéter de la surcharge que j'inflige à ma balance et où je me reprends en main avec ou sans aide.

    C'est le dernier mois de l'hiver, même si mars a forcément encore son mot à dire pendant 3 semaines. Mais je suis moins tolérante aux frimas en mars. 

    C'est le mois de la St Valentin et franchement, ça me laisse assez indifférente. Je préfère la St Valontan toute l'année.

    C'est le mois du carnaval et cela fait longtemps que je n'en ai plus fêté un. A vrai dire, je n'ai jamais fêté un vrai carnaval digne de ce nom que ce soit à Binche, Nice, Venise ou Rio. Dommage, j'ai l'impression de rater quelque chose. 

    C'est le mois de la settimana bianca mais là aussi, cela fait bien bien longtemps que je n'ai plus mis les pieds sur des skis.

    C'est le mois des perce-neige, le printemps approche et tous les espoirs sont permis…. 

     

     

  • Maïté, Morphée et moi

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    Je commence tout doucement à émerger de semaines, voire de mois interminables d'insomnie.

    Moi qui ai toujours dormi comme un bébé marmotte les quarante premières années de ma vie, j'ai commencé un recensement de moutons il y a une dizaine d'années maintenant. Parfois, il y a pénurie de moutons, plus un seul ovidé à compter et je dors mieux. 

    Mais ces derniers mois, j'ai repris du service en tant que bergère de nuit. Maïté, qui sortait déjà beaucoup et fort tard (traduisez: rentrait fort tôt), a encore intensifié son rythme de croisière. Et fidèle à elle-même, elle est totalement incapable de donner une heure de retour. Ou si elle s'efforce de nous faire plaisir et promet de rentrer à une certaine heure, elle est parfaitement dénuée de toute notion du temps. 

    Et quand elle est sortie, je ne dors pas. Ou si je m'endors confiante, je me réveille au milieu de la nuit comme un pantin sort de sa boîte pour constater qu'elle n'est toujours pas rentrée et me visser instantanément l'oeil au réveille-matin. Je regarde passer les minutes qui s'éloignent l'une après l'autre de l'heure à laquelle elle a plus ou moins promis de rentrer, j'écoute les sirènes passer dans la rue, je l'imagine allongée sur un passage pour piétons, renversée par une voiture, je l'appelle pour vérifier, elle ne répond jamais, elle n'entend pas son portable, elle n'a jamais le moindre sou pour m'appeler ou me laisser un message. Plus les heures passent, plus je file la laine des moutons et je tisse des scenarii tragiques. Immanquablement, je finis par réveiller l'Homme qui devient très vite ronchon et pas content.

    Quand enfin elle glisse la clé dans la serrure, je peux rendre mon tablier de bergère et me glisser dans les bras de Morphée mais souvent l'aube pointe, même s'il fait encore nuit et je vis alors dans l'angoisse de ne pas entendre le réveille-matin. Et je n'ose m'endormir.

    On a bien sûr tout essayé pour raisonner la chouette génératrice d'angoisses maternelles mais rien n'y fit. Elle a compati tout son soûl, a promis, a essayé, a quelquefois (quand plus riche de quelques sous) prévenu de retard prévu, mais toujours elle a insisté pour que je dorme, pour que je ne m'inquiète pas, pour que je me raisonne moi aussi. Elle n'a pas cédé d'un pouce. On a même envisagé de fermer la porte à clé, une fois dépassée l'heure fixée par elle. Bien entendu, cette nuit-là, je ne me suis même pas endormie et j'ai attendu le moment où elle se retrouverait devant porte close. Je n'ai pas tenu une demi-minute et j'ai sommé l'Homme d'aller lui ouvrir. Je ne suis absolument pas parvenue à accepter l'idée de la retrouver le lendemain matin, endormie sur le paillasson.

    Face à cette résistance (consciente ou inconsciente, allez savoir) somme toute assez passive mais épuisante, j'ai capitulé. Il fallait absolument que je dorme et pour me débarrasser du sentiment d'inquiétude maternelle assez légitime, je me suis consciemment déconnectée de toute préoccupation de cet ordre. Je me suis convaincue que si elle n'habitait plus sous mon toit, je ne m'inquiéterais qu'après quelques jours sans nouvelles sollicitées. Je me suis persuadée que s'il lui arrivait effectivement quelque chose la nuit, soit elle serait en état de me prévenir soit je n'en saurais rien avant un bon bout de temps et que ma veille forcée n'y changerait rien.

    Aujourd'hui, je me congratule de mon bel effort de lâcher prise tout en culpabilisant à mort d'une certaine forme de désintérêt.

    Mais je dors au moins deux nuits sur trois. Et mon coeur de marmotte soupire d'aise sous la couette.

     

  • Double semainier

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    Le temps me file entre les mains et je trouve moins de temps pour venir dans ma cabane au fond du jardin.

    Le temps me glisse entre les doigts mais je ne m'ennuie pas pour autant. La frénésie est toujours au rendez-vous. 

    Février a commencé en fanfare et violons. Nous nous étions promis de ne plus y retourner tant notre déception était grande l'année dernière mais l'envie de valser a été la plus forte. Grand mal nous en a pris, c'était pire que l'année dernière. Pas moyen de valser au delà de un, un, un deux, un, un…. Si c'est pour hoqueter de cette manière, autant rester chez soi. On a essayé un petit boogie woogie mais là encore, j'ai servi de cible à un type qui jouait au jokari avec sa partenaire. Le bal russe a vraiment perdu tous ses charmes. On doit trouver d'autres moyens de sortir le smoking et les escarpins !

    Après les balalaïkas, un petit tour par les bouzoukis et notre traditionnel rendez-vous au restaurant grec pour l'anniversaire de ma (grande) filleule dont on a fêté les 24 charmants printemps. Nous sommes arrivés un rien avant eux et lorsque nous avons demandé la table réservée à leur nom, on nous a installés à une table de 14 personnes. J'avais un peu perdu de vue que tout ce petit monde grandit et que les jeunes "pièces rapportées" se joignent au festin. Et que dans une famille recomposée, ça double la mise. Mais l'ambiance était bonne et les mezzés savoureux.

    Après les balalaïkas et les bouzoukis, les grands orchestres. Concert avec Mamy B. et le ténor péruvien Juan Diego Florez pour la première fois en Belgique. Absolument magique. Décidément, j'adore l'opéra. Je suis aussi fan de Verdi, Rossini et comparses que d'Elvis, Fats ou Johnny Cash. 

    Voilà pour le weekend dernier.

    J'ai commencé la semaine par une visite chez la diététicienne programmée depuis quelques semaines. Je suis imbattable en quizz diététique mais totalement dénuée de volonté. J'ai donc périodiquement (une fois tous les deux ans à peu près) besoin d'une maîtresse d'école qui me concocte un programme et à qui je dois remettre mes déboires une fois par mois. J'ai besoin qu'on me mette les points sur les i et qu'on me remette dans le droit chemin.

    Vendredi, j'ai pris congé pour la traditiannuelle journée avec Anaïs pour son anniversaire. Malgré la pluie incessante, nous avons passé une charmante journée mère-fille. J'ai épuisé ses petits pieds délicats tant nous avons marché. Magasin de matériel de cuisine, de vêtements, de petits cadeaux jolis, lunch et salon de thé en fin de journée. Pas d'expo cette année mais une très belle journée.

    Le soir, soirée cinéma avec l'Homme. Les émotifs anonymes. Film charmant dont seuls sans doute les vrais émotifs anonymes, qu'ils soient profonds, légers ou moyennement atteints, peuvent s'émouvoir. Nous, on s'y est retrouvés à plus d'une prise.

    Samedi, concert de djembé de Quentin. Rendez-vous annuel au Sénégal. Comme toujours, on aime cette ambiance bon enfant et ces percussions envoûtantes. Et puis Quentin, ah Quentin, mon dernier bébé plus bébé pour deux sous.

    Et on termine le weekend par un resto pour célébrer les 22 ans d'Anaïs, avec notre première pièce rapportée qui commence à trouver sa place dans ce quintette d'enfer.

     

  • Vivre dans le « boum »

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     On la trouvait sévère, revêche, colérique. Elle était surtout théâtrale, dramatique, tragédienne. L'école avait déniché je ne sais où cette passionnée des planches dans la ferme intention de relever le niveau des pièces de théâtre des Fancy Fair annuelles. Elle a fait de moi une "femme savante", une "précieuse ridicule" puis une marquise à perruque blonde au temps de la Révolution française, pauvre de moi. Contrairement à la majorité des étudiantes, j'ai vite revu mon jugement hâtif sur ce petit bout de femme extravagant. J'aimais ses emportements exubérants, sa diction idyllique, sa main élégamment levée.

    A 18 ans, j'ai quitté l'école et je ne l'ai revue qu'à de très rares occasions. A 40 ans, j'ai emménagé dans l'immeuble que j'habite aujourd'hui et …. je l'ai retrouvée dans l'escalier. Elle se souvenait parfaitement de moi et nous a accueilli le plus joliment du monde. Elle nous a vanté les agréments de la vie en plein centre ville: "Vous verrez, c'est formidable de vivre dans le boum !". A près de 75 ans, je lui enviais son dynamisme et me sentais contaminée par son enthousiasme.

    Pendant les dix années où sa voix de cristal et son caractère enjoué ont éclairé le hall d'entrée, nous lui avons décerné le Molière de la top voisine. La seule qui se fendait d'une lettre dithyrambique pour nous remercier des petits biscuits offerts chaque Noël, la seule qui s'extasiait exagérément et ne tarissait pas d'éloges chaque fois qu'elle nous rencontrait, nous qui avions bien sûr les enfants les plus beaux, les mieux éduqués, les plus charmants de toute la planète.

    Elle a fait ses adieux à la scène de la vie d'un seul coup, baisser de rideau sans appel, sans rappel. Et tant mieux. Les lamentations n'étaient pas pour elle. On s'était embrassées deux jours avant. Elle m'avait demandé avec emphase: "Dansez-vous la valse ?" et comme je lui rétorquais qu'elle ne pensait pas si bien dire, elle m'a dit: "Cest bien. Continuez à danser, toujours".

    Je suivrai vos recommandations, chère Mademoiselle Thilgès, je continuerai à vivre dans le "boum" et à valser, toujours.

  • Janvier

     Le-choix 

     

    Janvier a beau être le mois de mon anniversaire, c'est rarement le meilleur mois de l'année. Et cette année ne fait pas exception à la règle.

    Il fait froid et les fêtes passées, il n'y a plus de perspectives scintillantes pour nous aider à passer l'hiver. On veut du printemps, des jonquilles, des bourgeons, quelques rayons de soleil, des oiseaux, des couleurs gaies. Rien ne nous retient en janvier ou en février. On ne part plus au ski depuis belle lurette – on avait la "domenica bianca" quand on vivait à 100 km des pistes mais depuis… -, on ne part jamais au soleil en hiver, quoique….

    Quoique. Guy et Catherine nous ont proposé à brûle-pourpoint de partir avec eux en mars à Cuba. On venait d'en parler le weekend avec les enfants comme une destination possible pour l'été. Mais ce n'est pas la bonne saison pour partir là-bas, les billets d'avion sont bien plus chers, et l'idée est restée en suspens… Alors quand cette proposition est arrivée… Mais il fallait se décider en 3 heures. Comment faire pour décider en 3 heures si nous pouvons réorganiser toutes les réunions professionnelles que nous avons pendant ces 12 jours, pour décider si nous pouvons nous permettre d'amputer le budget vacances d'été sacré pour nous, décider si nous pouvons laisser pendant 12 jours nos enfants si prompts à faire la fête, si peu disciplinés en matière d'assiduité scolaire ? Nous qui mettons des plombes à nous décider pour la moindre bricole. On a donc renoncé. Et je le regrette déjà. Où est passé le petit grain de folie qui nous a habité quelquefois, où est passé mon bélier de mari qui fonçait parfois tête baissée en se disant "on verra après" et qui aujourd'hui hésite profondément par crainte aussi d'être déçu ?

    Dans le registre "décision à prendre", alors que je viens d'obtenir mon contrat à durée indéterminée, je me morfonds et rumine une nouvelle proposition d'emploi bien intéressante, plus près de chez moi et un rien mieux payée mais trois fois hélas limitée à 6 ans. Ce qui me ramène sur le marché de l'emploi à 57 ans. Je ne serai évidemment plus de première fraîcheur. Décision très difficile.

    Tout cela ne contribue pas à améliorer la qualité du sommeil, l'alimentation équilibrée et l'attitude zen.

  • Cinq sorcières sur la Canebière

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    Cinq sorcières

    Sur la Canebière

    Venues faire le plein de soleil

    A Marseille

    Cinq sorcières

    Bonne Mère

    Pleines d'allégresse

    Autour de la bouillabaisse

    Se brouillent

    Avec la rouille

    Se chamaillent

    Avec l'ail

    Fêtent les quarante ans

    Epatants

    De la benjamine 

    Kristien

    Marchandent

    Des savons à la lavande

    Achètent

    Des navettes

    Sans oublier

    Du mimosa par brassées

    Cinq sorcières

    Sur la canebière

    Se sont retrouvées

    Comme chaque année

    Pour leur congrès annuel

    Leur weekend pluri-elles. 

     

  • Alerte à ma lipo

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    Après les fêtes, c'est encore ma fête. Naître en janvier n'est vraiment pas bon pour la ligne. Tous mes efforts depuis mai dernier pour perdre péniblement deux malheureux kilos ont été anéantis par six semaines de célébrations diverses et variées.

    On ouvre le feu fin novembre avec l'anniversaire de Joséphine et de ma belle-soeur. Et décembre s'ouvre sur la St Nicolas, se poursuit par les drinks, lunches, dîners de bureau, entre collègues, entre amis, en anticipation de Noël. Puis viennent "les Noëls" en famille, re-famille et entre amis. Et les rogatons des lendemains. Le Jour de l'an ne veut pas se trouver en reste et les voeux s'accompagnent de douceurs sucrées ici, salées là mais toujours caloriques. 

    On croirait en être quittes mais non, les Rois Mages rappliquent avec l'or, la myrrhe, l'encens et…. la galette étouffe-chrétien. Trois jours plus tard, je referme le chapitre de mes 50 ans. Et re-célébration en double ou triple exemplaire.

    Ouf, ce samedi clôturait cette période de bombance. On est tranquille jusqu'à la Chandeleur. Mais il en faudra bien plus pour perdre ces deux satanés kilos – qui ne sont d'ailleurs qu'un petit rabais sur ce qui devrait disparaître.