Auteur/autrice : Myosotis

  • Le moulin

    88384093

    Il n'y a plus personne à temps plein dans ma maison, à part l'Homme et moi évidemment. Le nid s'est vidé assez rapidement. Même si le petit dernier revient au bercail pour l'année scolaire suivante, il y a fort à parier qu'il ne sera pas souvent là. 

    Nous avons mis quelque temps, l'homme et moi, à retrouver nos marques, à trouver simplement des sujets de conversation lors de nos dîners en tête-à-tête (ça n'a l'air de rien mais quand les 25 années qui viennent de s'écouler ont été rythmées par des babillages d'enfants, des conversations de petites filles, des récriminations d'adolescents et des échanges entre adultes en devenir, il y a un certain rééquilibrage à effectuer).

    Le rythme a changé, la géométrie est devenue très variable, on peut être deux, trois ou cinq ou sept à table. C'est selon l'arrivage du jour. Mon côté planning préfère savoir combien on sera le soir même mais je ne vais pas faire ma difficile si je veux garder l'esprit portes ouvertes que je revendique haut et fort.

    Alors, ma maison est devenue un moulin.

    Un moulin à vents: ils entrent et sortent comme des courants d'air. "Je ne fais que passer", "Je passe en vitesse".

    Un moulin à cafés: Ca c'est surtout quand Maïté débarque. Et encore plus avec son Jidé. Il a vécu trois mois avec nous et c'était sa "charge" de préparer les cafés à la fin du repas. Et quand il est là, il reprend spontanément son costume de barista et nous prépare les ristretto bien serrés.

    Un moulin à paroles: puisqu'on se voit moins, il y a tant de choses à se raconter. Et quand ils sont repartis, je me rends compte que j'ai oublié la moitié de ce que je voulais leur dire ou leur demander.

    Un moulin qui me donne des ailes, un moulin rouge amour, où les allées et venues de mes petits meuniers font que mon coeur que mon coeur bat trop vite, que mon coeur que mon coeur bat trop fort….

     

  • Manifester son bonheur

    47790341

     

    «Manifester son bonheur est un devoir; être ouvertement heureux donne aux autres la preuve que le bonheur est possible.» Extrait de la Petite Philosophie à l’usage des non-philosophes – Albert Jacquard

    Cela fait sept ans que je m'y efforce ici et que c'est la principale raison d'être de ce blog. Sept ans déjà. Et je n'ai même pas vu passer la date anniversaire.

    L'inspiration n'est plus aussi fréquente qu'au début, les visiteurs peu nombreux à l'exception des fidèles, mais je n'ai nullement l'intention d'arrêter. J'écris moins voilà tout, je ne suis pas en quête d'audimat (si j'avais de nombreux commentateurs, je serais bien en peine de répondre à tout le monde et j'en serais frustrée parce qu'on m'a programmée pour être sinon aimable au moins polie). 

    Mais je continue. Ce journal extime est là pour souligner tous les petits plaisirs et grands bonheurs qui émaillent ma vie. La plupart du temps, je passe volontairement sous silence les petites contrariétés et les grandes frustations parce que cela n'apporte pas grand chose ni à ceux qui me lisent ni à moi qui me relis. Je dis ça, histoire de dire que malgré mes airs de ravie de la crèche, je suis comme tout le monde, y'a des jours avec et des jours sans. Mais je filtre, c'est tout.

  • Les petits plaisirs de la rentrée

    2013 09-0101-La Glanerie

    • La rentrée est, depuis quelques années, synonyme de la fin des examens de seconde sess'. Et donc, on peut enfin respirer voire même faire un peu de bruit et, plaisir suprême, écouter de la musique tout son soul (non, non, ce n'est pas une fôte d'ortografe, c'est voulu…). Et profiter toute la journée de toute la musique que j'aime au volume que je veux et dans toutes les pièces si je veux.

     

    • La rentrée c'est le retour au théâtre et la première pièce de l'année nous a mis en appétit. Race fait écho à l'affaire DSK et pourtant cette pièce a été écrite deux ans avant l'affaire. Elle nous bouscule dans nos idées préconçues sur le racisme et la discrimination. Elle nous confronte à nos préjugés ou nos a priori. Tous nos préjugés, ceux des blancs envers les noirs, ceux des noirs à l'égard des blancs mais aussi la culpabilité, la honte et la mauvaise conscience des uns et des autres. Remuant. 

     

    • La rentrée, c'est faire un saut à La Glanerie tondre une dernière fois les pelouses avant le retour des parents. Cueillir les mûres du bout des doigts pour éviter les épines des ronces, les araignées et… les taches. Cueillir les reines-claude parfaitement à point. Rentrer, nettoyer la bassine en cuivre et se lancer dans une confiture de reines-claude; préparer aussi une compote de prunes et de mûres parfumée à la cardamone et finalement décider de tout mélanger. Résultat exquis.

     

    • La rentrée, c'est se faire inviter par les enfants à une partie de bowling et en profiter pleinement. 

     

    • La rentrée, c'est se retrouver sans enfants et décider d'une sortie au restaurant rien qu'à nous deux. Je crois bien que la dernière fois, c'était il y a … presque sept ans.

     

    • La rentrée, c'est fêter l'anniversaire de Papy tous ensemble à La Glanerie sous le soleil à nouveau. Pouvoir sortir les transats et profiter un moment de la chaleur. Admirer le pommier à reinettes au soleil couchant qui donne l'impression d'être déjà à Noël. Enfin, presque. 

     

  • Opération escargot

    Avec la bande du badminton, on a décidé de garder la video pour ne pas oublier et de la rejouer tous les six dans 30 ans.

    Un vrai régal !

     

  • Extraits choisis de cet été

    Dsc-0473b

    L'année de la pensée magique de Joan Didion 

    La vie change vite.
    La vie change dans l'instant.
    On s'apprête à dîner et la vie telle qu'on la connaît s'arrête.
    La question de l'apitoiement.
    Tels étaient les premiers mots que j'avais écrits après l'événement. […]
     
     
    Une journée particulière de Anne-Dauphine Julliand
     
    La plupart d'entre nous restent interdits devant la détresse de l'autre. Muets et paralysés. Une chose est sûre, toute parole vaut mieux que le silence gêné, toute attitude vaut mieux que la distance confuse. Parce qu'il n'y a pas de pire épreuve que celle qui engendre la solitude.
     
     
    Les fleurs de lune de Jetta Carleton
     
    Une feuille bougea. Mais non, on l'avait imaginé ! Mais si, elle bougeait ! Un léger spasme vint agiter le long bouton. Lentement d'abord, puis de plus en plus vite, le cornet vert s'ouvrit et le blanc des pétales commença à apparaître, puis à s'arrondir et à s'élargir jusqu'au moment où, enfin, fut complètement déployée, lumineuse et parfaite, la fleur de lune.
     
     
    L'homme-joie de Christian Bobin
     
    Deux choses importantes sont arrivées aujourd’hui. J’ai tout de suite su qu’il n’y en aurait pas d’autres. A deux heures de l’après-midi, c’était plié. Deux émerveillements c’est beaucoup pour un seul jour, non ? Le premier miracle c’était la tête du cheval brun chocolat enfoncée dans l’herbe haute noyée de boutons d’or.
     
     
    La nacre et le rocher de Robert Misrahi
      
    Le sujet libre (cet individu quelconque de la quotidienneté) est créateur de sens. L'individu dans l'instant présent et concret de son activité est non seulement libre de sa décision, mais encore il est "constituant", créteur de sens. Ce n'est pas un paradoxe, ni une proclamation idéaliste. C'est la simple reconnaissance de la totalité d'un acte, fût-il le plus quotidien le plus simple: faire l'acquisition d'un objet, définir un itinéraire, choisir un menu, élire un candidat, choisir un livre, soutenir une cause, c'est toujours à la fois constituer un sens, créer une situation et choisir une possibilité parmi d'autres. Le sujet "constitue" càd définit lui-même (avec d'autres souvent) ce qu'est un menu de terroir, un itinéraire commode, un candidat ami, une cause juste. Chacun en a sa propre idée. Le sujet (chaque jour, tout un chacun) est la source des choses et des situations, et il est aussi, dans le même temps, la source des valeurs et des hirarchies par lesquelles il justifie son action, càd ses choix.

  • Régime à deux vitesses

     







    6a00d8341c4c1053ef01901ebd8ebf970b-800wi

     

    Chaque année, à des moments bien précis du calendrier – après les fêtes de fin d'année et avant l'été – ça me reprend. Je mesure l'épaisseur de la bouée et je me convainc pour la centième fois de ne pas m'y cramponner.

    La saison du régime est ouverte; j'ai connu les années hyperprotéinées qui vous donnent une haleine de phoque affamé, les années indices glycémiques qui maudissent les carottes crues et bénissent les cuites, les substituts en barres, les permis à points des Weight Watchers. Chaque année, mes efforts sont couronnés de succès mais le hic réside dans la continuité dans l'effort. Et il arrive toujours un moment où je rêve de carotte crue, je fantasme sur un shortbread, je désire ardemment (me) faire un Caprice des Dieux tout entier.

    Cet été, pour ne pas être obligée de faire l'impasse sur quoi que ce soit, j'ai décidé de ne rien me refuser à condition de jouer les princesses au petit poids. J'applique un principe mathématique: entrées supérieures aux sorties = énergie excédentaire = capitons et rondeurs gratis mais non grati.

    Et j'ai trouvé une partenaire de jeu. Anaïs s'est prise au défi et, avec le support d'une petite application bien futée, nous sommes devenues expertes en calculs de calories. Oh bien sûr, facile de peser 150 g de poulet ou 10 g de chocolat et de les convertir en calories mais essayez de savoir combien valent 200 g de linguine aux petits légumes (courgettes, poivrons, aubergines, tomates et olives). Ca n'est l'air de rien comme ça mais ça suppose une règle de trois, un calcul du pourcentage de chaque légume et une conversion en calories. On n'est pas trop de deux pour faire les calculs et malgré cela, le temps qu'on fasse tous nos encodages, les autres convives sarcastiques ont déjà fini leur première assiette quand on peut enfin commencer à manger. Pas grave, on a moins de regret de ne pas se resservir. 

    La petite appli calcule pour vous le nombre de calories autorisées pour un résultat x en un temps y. Le tout en fonction du sexe, de l'âge et de la taille. Anaïs et moi, on a la même taille, on part du même poids mais elle a 30 ans de moins la coquine. Pour arriver au même résultat que moi, elle a droit à 200 calories de plus que moi par jour. Et comme elle s'est mise à courir comme un lapin, elle reçoit un bonus par kilomètre avalé. Les résultats obtenus par Anaïs sont de loin plus gratifiants, l'"épatement" de son frère plus que valorisant et elle rayonne. Moi je peine à suivre et les épisodes de socialisation culinaire (comprenez "les petites bouffes entre amis) sont loin d'être positifs dans ce genre d'exercice. Difficile d'amener sa balance au resto ou de faire ses petits calculs d'apothicaire chez des amis qui ont mis les petits plats dans les grands.

    Mais je persévère, je sais que c'est la seule manière de rester léger et que plus encore que le moral dans les talons, c'est la santé après 50 ans qui est en jeu. Et comme quelque part, moi je trouve la formule plutôt ludique et qu'elle me convient, ça ne me …. pèse pas du tout et les gentils sarcasmes ou les sourires en coin, je m'en balance !

  • Transition

    DSC_9370

    Samedi: Nous avons quitté la Normandie. Comme toujours, je ressens ce serrement de coeur proche du désespoir quand nous quittons un endroit. Nous n'y avons pourtant vécu que 3 semaines mais je m'attache très vite à ces décors qui sont les témoins de moments de bonheurs en famille. Le soleil nous a accompagnés pendant ces 3 semaines sans faillir et il est loin d'être étranger au plaisir que nous avons eu. Plaisir de retrouver les filles et leurs valeurs ajoutées et se retrouver tous ensemble au resto pour fêter avec un peu d'avance les 22 ans de Quentin.

    Dimanche: Jour de grande lessive, de valises à vider, de valises à remplir, de visites à Mamy L. qui meurt de chaud dans ce Bruxelles peu habitué aux grandes chaleurs, à Mamy B. qui a enfin reçu le feu vert de l'orthopédiste pour partir en vacances après le "débrochage" de son poignet. Et conduire Quentin pour une semaine de blocus assisté en résidence. Je sais que c'est pour son bien et qu'il en retirera plein bénéfice mais j'ai le coeur gros malgré tout et le sentiment de l'abandonner alors que nous partons encore une semaine en Suisse. Et que pour la première fois, nous ne serons pas ensemble pour son anniversaire.

    DSC_0294

    Lundi: Valises bouclées, nous voilà repartis à la montagne. Avec Anaïs seulement et la ferme intention de lui donner une vraie semaine de vacances, elle qui a rongé son frein touristique pendant les 3 semaines de Normandie, par solidarité avec sa cigale de frère. On retrouve Papy et Mamy B. partis la veille et arrivés quelques heures avant nous. On retrouve cet appartement qu'on ne pensait plus revoir et c'est un pur bonheur. On s'endort contents et avides de la mini-semaine qui s'annonce et dont on compte bien profiter pleinement. Anaïs a fait le programme: shopping à Lausanne, un minimum de deux randonnées sérieuses et une meringue aux fruits rouges. Au moins ça, Maman.

    Mardi: Le baromètre est en hausse pour toute la semaine. Alors on commence par la journée shopping à Lausanne. Et on emmène Mamy B.. Une journée shopping comme je les aime parce que en un temps record, je trouve tout ce que je cherche: l'imperméable essayé en Normandie mais cette fois trouvé dans la bonne taille et… en soldes; un cadeau pour l'anniversaire de Mamy L., un autre pour G., un livre de recettes de quinoa, du matériel scolaire pour Anaïs – des bics, des post it, une trousse -, encore un cadeau pour Sis'Cile et Clara, et un passage obligé à l'épicerie fine de chez Globus, sans lequel le shopping à Lausanne ne serait qu'une pâle copie d'une journée shopping à Bruxelles. 

     
    DSC_0308

    Mercredi: Première randonnée un peu sérieuse où l'on découvre que le chemin si souvent emprunté par le passé n'est plus couru du tout – la nature reprend tout doucement ses droits sur le sentier et on ne rencontre pas le moindre promeneur. Au bout de la randonnée, une meringue aux fruits rouges pour Anaïs et moi et un chaud-froid aux fruits des bois pour l'Homme. Et deux heures de retour pour éliminer. Si un jour ce relais des chasseurs devait fermer boutique ou rayer de la carte ces deux desserts mythiques, qu'il nous prévienne AVANT que l'on commence la balade ! 

    Jeudi: Swiss'Sis et Thierry sont arrivés hier soir et les retrouver fait partie de ces plaisirs d'été. On pensait se reposer de la promenade de la veille et éventuellement aller voir l'expo sur Modigliani à la Fondation Giannadda à Martigny mais Thierry a lui aussi ses envies de promenade. Qu'à cela ne tienne, on l'accompagne tous pour une ballade plus "plate" puisque Mamy  nous accompagne mais suffisamment sérieuse pour mériter une fondue en ce jour de fête nationale suisse.

    Vendredi: On la lui avait promise, on la fera envers et contre tout, cette grande randonnée qui grimpe qui grimpe et c'était tellement bien de retrouver toute cette beauté qui nous avait bien manqué ces trois dernières années. Oh oui, que la montagne est belle….. Et tout ce beau nous servira d'antidote contre le blues de la rentrée de ce lundi….

    DSC_0608

  • Rouge

      COULEUR-ROUGE

    – la couleur de la muleta

    – la couleur du tapis qu'on déroule

    – la couleur qu'on voit en colère

    – la couleur de la grenadine

    – la couleur des poissons qui tournent en rond

    – la couleur du gros qui tâche

    – la couleur de la mer la plus salée qu'on peut traverser à pied sec dans certaines circonstances bibliques

    – la couleur des pommes d'amour

    – la couleur de l'interdiction et du danger

    – la couleur d'un Moulin à cancans

    – le vert des daltoniens

    – la couleur de bâbord

    – la couleur de l'eau à Cana

    – la couleur du carton qui sanctionne

    – la couleur de la croix qui sauve

    – la couleur des cabines téléphoniques of the Queen

    – la couleur du nez du clown

    – la couleur du Père Noël

    – la couleur du petit livre de Mao

    – la couleur du téléphone de guerre froide

    – la couleur d'une Armée qui chante en choeurs

    – la couleur de Rackam

    – la couleur de la lanterne des derniers

    – la couleur de la peau des Indiens d'Amérique

    – la couleur de la honte

    – la couleur du fer qui marque

    – la couleur d'une gorge qui chante joliment

    – la couleur des comptes en banque dégarnis

    – la couleur du feu qu'on grille

    – la couleur de mes "pas pas verts assez" préférés

    – la couleur d'une petite fille qui apportait des galettes à sa grand-mère

     

     

  • Le roi et moi

    679163096_B97769236Z.1_20130719143551_000_G2Q11O6T4.2-0

    Nous ne sommes pas le 6 janvier mais le 21 juillet. Et pourtant nous avons fêté les Rois. En une journée, nous avons eu un Roi, puis plus de roi, puis deux rois. Et au final trois reines. Une paire et un brelan. Un full, quoi.

    Ce fut une journée historique et nous avons suivi l'abdication et la prestation de serment du fond de notre Normandie provisoire. Je sais que cet attachement à la monarchie peut sembler puéril voire futile mais je n'y peux rien, j'aime cette couronne. 

    Il y a sans doute plusieurs raisons irrationnelles à cette affection bon enfant, très belge moyen en fait. Je garde des souvenirs d'enfant qui ne sont pas étrangers à cet engouement: mon nez dans la fourrure de Paola, encore princesse et maman d'un petit garçon de mon âge, assistant à un spectacle de marionnettes en hiver; à la sortie, je l'ai suivie dans le mouvement de foule et j'ai plongé mon nez dans son manteau pendant un moment suffisamment long pour m'en souvenir avec délice; et le baiser spontané de Fabiola à la sortie d'une pièce de théâtre alors que nous étions plusieurs jeunes adolescentes à l'attendre à la sortie.

    Puis je suis fleur bleue, comme tout le monde le sait, et bien plus que dans Voici, Paris-Match ou autres lectures de salon de coiffure, je me plonge plus volontiers dans la lecture de Point de vue-Images du monde et la vie des princesses et autres couronnées m'intéresse bien plus que celle des People les plus célèbres – j'attends d''ailleurs sous peu le faire-part de naissance du Royal Baby – . 

    Et plus sérieusement, je reste convaincue que la monarchie reste le seul élément fédérateur d'une Belgique tellement disloquée et presque en loques. Et cette Belgique, j'y tiens tant.

    Alors oui, j'ai aimé le discours d'abdication de ce fringant ex-Roi qui ponctue le discours tout fait d'un "gros kiss" à Paola, remercie pour une bouteille de pastis qui lui est offerte par un fervent admirateur en lui promettant de la boire à sa santé pendant les vacances enfin méritées qu'il va prendre dès ce soir. Et oui, j'ai aimé le discours du nouveau roi Philippe, dont on craignait le pire au vu de son tempérament introverti et de son manque de charisme médiatique mais qui est apparu détendu et surtout d'une fermeté de ton et d'attitude inattendue.

    Alors, bon courage à ce roi né la même année que moi, qui porte le nom qu'on m'aurait donné si j'avais été un garçon et qui commence une carrière à l'âge où moi je commence à décompter les années pour la retraite.

    Et à la belge, "un gros kiss" à Flupke !

    2124874307_B97755022Z.1_20130716141216_000_GHH118O6C.2-0

  • Made in Normandie

    DSC_0064

    Cette année, les hortensias ont remplacé les hibiscus et les bougainvillées, le cidre bouché, le poiré et le calva ont pris la place de l'apérol, des mojitos et du lambrusco, l'Atlantique tssst la Manche a supplanté la Méditerranée et le T-shirt marin a détrôné le pareo. Encore que…. Il semble qu'on ait beaucoup de chance: en principe, l'été commence (et finit) en août en Normandie et c'est la première fois depuis la canicule de 2003 que juillet est aussi ensoleillé dans le Cotentin.

    On a donc pris un risque majeur pour les vacances de l'été 2013. Mais cette première semaine nous a gâtés bien au-delà de nos espérances.

    Là où le bât blesse, c'est d'avoir à portée de roues la pointe de la Hague, Cherbourg, la maison de Millet, la maison de Prévert et le Mont St Michel, d'avoir à portée de voile les îles de Jersey et Guernesey, et d'être privés de ces excursions qui font la joie de nos vacances, en tout cas en ce qui nous concerne Anaïs et moi. Au lieu de profiter de ces plaisirs touristiques, nous soutenons l'effort (enfin, c'est pas trop tôt !) de méninges du petit dernier. Monsieur Cigale ayant glandé tout le mois de juin se trouve fort dépourvu quand l'été fut venu. Que faisait-il au temps chaud chaud boulettes ? Nuit et jour, il glandait, me déplaise. Il glandait ? Et bien bossez maintenant ! Oui, môman, mais pas tout seul. Et mère et fille, bonnes pâtes, lui préparent qui planning, qui répétitions, qui réveille-matin.

    Le père n'est pas en reste et prépare petits plats, petits cafés, petits encouragements. Et gros yeux lorsque mère et fille ruminent (sous influence des rousses, blanches et noires) le manque touristique.

    Alors pour lutter contre la rumination, je lis "L'homme-joie" de Bobin et "La nacre et le rocher" de Misrahi ou l'éloge de la joie de vivre et du bonheur. Et ça marche. Plus ou moins.

    Les journées s'étirent entre petit déjeuner, marché, déjeuner, transat dans le jardin, livres, une heure de plage, apéro, dîner et petite partie de Mah-jong ou d'Uno.

    La plage à six heures du soir quand tout le monde est parti – déjà grande en temps normal, elle est, vide et à marée basse, immenssisime -, cerf-volant ou Frisbee pour les hommes et… jogging pour les filles. Anaïs s'est mise en tête de participer en septembre à une course de 9 km à Bruxelles et pour elle, l'anti-sportive, qui n'a jamais couru plus de 100 mètres de sa vie, c'est un véritable défi à son manque de persévérance. Et elle est tout simplement bluffante. Pour ne pas la laisser seule et pour me tester un peu moi-même, je tente de l'accompagner. Sans succès puisque je ne la suis que sur les 100 premiers mètres mais je ne perds pas espoir.

    Alors ces vacances normandes, c'est bien ? Oui et non. Réponse de Normand oblige.