Auteur/autrice : Myosotis

  • Coups de blues

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    Certains jours, je ne pense quasi plus à toi et je ne comprends pas comment c'est possible. Je trouve ça presque insultant à ta mémoire, presque honteux. Ainsi donc, on est si vite oublié ? Ceux qu'on aimait et qu'on croyait nous aimer peuvent déjà rire et vivre si facilement sans nous ? J'en ressens comme une espèce d'incrédulité, voire d'effarement. La vie au quotidien m'a rattrapée.

    Les lendemains de ces jours-là, j'en veux à la terre entière de m'avoir fait oublier ta mort. Ceux qui me font travailler jusqu'à m'épuiser, ceux qui me distraient, ceux qui me font rire. Et je ressens une colère immense, non pas tant contre tous ceux-là mais contre moi qui les laisse occuper mon esprit par autre chose que toi.

    Et puis, il y a les jours comme aujourd'hui où c'est toi qui me rattrapes en grosses larmes au coin des yeux. Parce que j'ai vu ta  dernière photo avec Sappho, parce que j'ai retrouvé ta wishlist de cadeaux de Noël de l'année dernière en cherchant celle des autres, parce que j'ai fait la bêtise de regarder la video où tu ris de ce rire inimitable qui me faisait tant rire et aujourd'hui me fait pleurer.

  • Expression libre

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    Cela fait longtemps que j'y pense, quelquefois que j'en parle mais chaque fois je cale, je coince. On n'efface pas si facilement 50 ans de compromis, de concessions, de recentrage d'église au milieu du village. Mes silences polis, mon sourire bêta, communément appelé dans la famille "sourire d'infirmière" par celles qui le pratiquent professionnellement, me reviennent en pleine poire. A force de ne rien dire, de ne pas faire état de ses états d'âme, le reste du monde pense que je n'en ai pas, que je suis forcément toujours contente de ce qui m'entoure et de ce qui m'arrive, que tout va bien.

    Cela vaut pour tous les cas de figure. Quand on fait une embolie pulmonaire en faisant croire que c'est un petit rhume des foins, il ne faut pas s'étonner que personne n'en fasse grand cas. Quand on se laisse insulter sans réagir sous prétexte que le pauvre énergumène en face est bipolaire et que ce n'est pas sa faute, il ne faut pas s'étonner que d'autres s'imaginent en droit de faire pareil. Quand on dit oui alors qu'on voudrait dire non parce qu'on se dit qu'il faut toujours se forcer un peu et que c'est pour faire plaisir, il ne faut pas s'étonner qu'on s'adresse toujours à vous plutôt qu'à quelqu'un d'autre.

    Alors, voilà, aujourd'hui, je le dis. Non, je n'ai pas envie de fêter Noël sans mon papa. Je voudrais partir au bout du monde pour ne pas sentir sa présence ce soir-là dans ma maison, voir son sourcil levé dans l'un ou l'autre des fauteuils (il les a tous essayés), un livre en main parce que forcément on lui aurait offert des livres, l'imaginer regarder Mamy avec tendresse et tenir sa flûte de champagne pendant qu'elle déballe son cadeau. Non je n'ai pas envie. Et je n'ai pas envie non plus d'entendre que moi, j'aime fêter Noël, alors on viendra pour me faire plaisir. Aujourd'hui, je le dis: malgré tout ce qu'on pourrait croire à la lumière de ce que je dis ou ce que j'écris sous le prisme de mon côté positif, Noël est pour moi une source de stress immense. J'aime les préparatifs en cuisine parce que je profite de ma Swiss'Sis, qu'on s'amuse en cuisinant, qu'on peut écouter de la musique de Noël sans être raillé et que c'est un bon moment. Mais dès que je passe ma robe et que la soirée approche, je sens monter l'angoisse insupportable de savoir qui ce soir va me gâcher cette fête pseudo pacifique. Souvent la même, je le sais, mais pas toujours. Et c'est pour cette angoisse là qui dure jusqu'au moment où la fête se termine que je me suis mise à ne plus aimer Noël.

    Mais voilà, malgré toutes mes réticences, je le fêterai quand même, pour ma maman, pour mes enfants, pour Clara et pour Sappho dont ce sera le premier. Celle qui prend plaisir à me le ruiner a décidé de ne plus participer aux réunions de famille, j'aurais donc pu m'en réjouir. Mais non, le coeur ne sera pas à la fête de toute façon.

  • Reprendre la plume

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    Long long silence parce que les mots restent prisonniers dans la plume, les larmes dans la gorge et les envies réduites à se cacher sous la couette, la tête enfouie sous l'oreiller pour toujours.

    Depuis mon dernier billet, Vovo s'est finalement endormi, Mamy L. est finalement rentrée chez elle parce que plus personne n'en voulait, ni l'hôpital (plus assez malade), ni la maison de repos (pas assez vaillante ni autonome, seule place possible chez les déments séniles, ce qu'elle n'est pas non plus), ni les soins palliatifs (en fin de vie, mais pas assez mourante). Sa fille a décidé de la ramener à la maison puisque tel était son souhait, au grand dam de l'Homme qui ni'maginait pas l'entreprise possible. A tort, puisqu'elle semble même aller beaucoup mieux chez elle.

    Mais si je n'écris plus depuis tout ce temps, c'est que l'impensable est arrivé. On s'attendait à d'autres départs, pas au sien. Bien sûr, il a tiré la sonnette d'alarme quand il a été hospitalisé pour un oedème pulmonaire lié à une insuffisance rénale maximale. On savait que la dialyse lui pendait au nez. Lui l'a un peu nié mais mis devant le fait accompli, il a bien dû s'y résoudre. Après quelques séances pendant son hospitalisation, il est rentré à la maison le vendredi pour commencer ses allers-retours trois fois par semaine à l'hôpital le lundi suivant. Son coeur fatigué s'est endormi dans le taxi de retour le premier lundi. Le Samu a bien essayé de le réanimer mais quand nous sommes arrivées, Sis'Cile et moi, ils venaient d'arrêter d'essayer. 

    Il n'y a rien à dire. Tous ceux qui sont passés par là savent de quoi je parle. Tous ceux qui ne le sont pas, le sauront assez tôt. Les semaines qui se sont écoulées nous ont assommées physiquement et psychologiquement. On croit que la vie va s'arrêter et elle ne s'arrête pas. On voudrait que la vie s'arrête pour vivre les derniers moments – même s'il est déjà mort – au ralenti, le regarder encore et encore, pouvoir toucher ses mains, son visage encore et encore une dernière fois, mais la vie ne s'arrête pas. Les visites au funérarium sont réglementées, limitées, facturées, l'heure c'est l'heure. Le temps ne s'arrête pas, il faut se presser si on veut lui préparer une belle cérémonie d'au revoir, choisir parmi toutes les photos de lui celles qui nous parlent le plus, écrire un texte, des mots pour parler de lui, faire les démarches obligatoires, le temps ne s'arrête pas, pas le temps de pleurer tout le temps qu'on voudrait, pas le temps de penser à ce qui nous arrive. Il faut rester debout, vaillants petits soldats et assurer, toujours assurer. 

    Puisque je lui ai dédié ce blog, j'ai bien pensé arrêter d'écrire ici. Mais je me sens un devoir d'écriture vis-à-vis de je ne sais trop qui, lui, moi, les petits-enfants qui sont là, je ne sais. 

    Mais je lui dédie cette tentative de reprise de plumes. 

     

     

     

  • Semaines de reprise

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    Nous revoilà donc à la maison et au bureau. Je ne trouve plus le temps de venir ici. Mais l'envie est toujours présente.

    Nouvelles du front en vrac:

    Mamy L. est toujours à l'hôpital. On l'a retrouvée samedi en bonne forme, avec une petite dizaine de kilos en plus, avec une sortie programmée pour le mardi matin. Et puis patatras, le lundi, retour à la case départ, the bacteria strikes back. Sortie annulée, la revoilà isolée, les visiteurs tenus de se déguiser en grands tabliers jaunes, et les bébés et femmes enceintes priés de ne plus se présenter à la porte de sa chambre. Après une semaine d'antibiotiques killers, elle peut enfin quitter l'hôpital pour un centre de revalidation où elle suivra un entraînement intensif pour retrouver des forces suffisantes pour rentrer chez elle. Mais la bactérie est tapie dans l'ombre et n'attend qu'une petite faiblesse pour sévir à nouveau. Et puis bingo, retour à la case départ en passant par les urgences. Décompensation cardiaque, eau dans les poumons et on repart à zéro. Une partie du poids gagné est perdue, l'appétit est au plus bas, chaque bouchée est le prix de négociations. Un pas en avant, deux pas en arrière.

    Vovo, le grand-père de Simon, a été admis en soins palliatifs et n'arrive ni à vivre ni à mourir, dans cet entre-deux si difficile à vivre pour lui certainement mais aussi pour tous ceux qui l'aiment et souffrent de le voir souffrir, à la fois toujours là et déjà parti.

    On a fêté l'anniversaire du petit dernier. C'était l'occasion de les retrouver tous les huit autour de la table et on n'a pas boudé notre plaisir. 

    On a eu l'occasion de faire notre premier baby sitting. Pendant une courte période d'éveil, nous nous sommes retrouvés tous les deux face à face, à table, en train d'admirer – et de gagatiser surtout – la petite merveillle qui pédalait sur le dos entre nous. Un pur bonheur.

    Anaïs s'arrondit tout doucement au rythme où Maïté perd ses rondeurs. Le petit cousin de Sappho est en bonne voie et la dernière échographie a confirmé qu'il avait tout ce qu'il faut, là où il faut.

    Retour au bureau où j'étais à nouveau attendue à bras ouverts. Et pour un mois d'août, il y a un travail de ouf ! Même pas le temps de ranger un peu.

    Ce mois d'août s'étire en clair-obscur, au sens propre comme au sens figuré. Petite lumière dans ce paysage un peu sombre, il semblerait que la préparation magistrale à base de mélatonine et de valériane que m'a prescrite le médecin finisse par avoir raison de mes insomnies. Depuis le temps que ça dure, cela valait la peine d'être mentionné. Et la dernière scintigraphie des poumons montre qu'il reste encore quelques traces de l'embolie mais avec une légère amélioration malgré tout. Que demander de plus ?

  • Le vrai soleil était dans un berceau

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    Les deux rats des villes que nous sommes, qui vivons onze mois par an dans un appartement magnifique mais sombre, situé sur le plus grand mais aussi le plus moche et le plus sale piétonnier d’Europe, sans le moindre brin de vert autour de nous, ont un besoin colossal de vacances annuelles au ciel bleu, au soleil et au chaud. Nous avons un besoin vital de recharger nos batteries en nous branchant le corps à l’astre solaire et la tête à une pile de bouquins.

    Pour la première fois en quinze ans – on ne va donc pas en faire tout un camembert mais tout de même -, on a eu trois jours de soleil et douze jours de pluie comme vaches normandes qui pissent ou de temps couvert type édredon. La Normandie nous avait déjà offert deux étés de plein soleil, elle a estimé qu'il était temps de ne pas faillir à sa réputation de temps pourri, comme en attestent les cartes postales ironiques vendues dans tous les kiosques. 

     

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    Alors, c'est sûr, je n'avais déjà pas le moral au beau fixe, on ne peut pas dire que les nuages plombés de ces quinze jours aient remonté le baromètre. 

    Mais il y a eu malgré tout beaucoup de chaleur au sens propre – l'homme frileux a fait un feu dans la cheminée à peu près chaque jour, de manière un rien frénétique d'ailleurs, sans doute pour compenser le manque de soleil au dehors – comme au figuré – la présence de Maïté et JD avec nous était une nouvelle expérience de vacances plutôt réussie à mon goût. 

    Il y a eu une jolie éclaircie en milieu de séjour quand Anaïs et Simon nous ont rejoints pour le long weekend du 21 juillet.

    Il y a eu quelques échappées vers Dinard où JD a présenté avec fierté la mer à sa fille – ou était-ce l'inverse ? -, un passage au large du Mont St Michel où j'ai eu une pensée émue pour Hanka et un retour à Carteret, histoire de revoir la grande plage et l'épicerie fine qui nous avait laissé un souvenir délicieux.

    Et puis il y a eu le petit soleil portatif, comme l'appelle Sis'Cile, qui a fait la pluie et le beau temps pendant ces vacances. J'ai pu voir grandir ce petit rayon de soleil pendant deux semaines et cela m'a ravi. La promener pour l'endormir en chantant, entre autres, "Il pleut, il pleut, bergère" ou "Singing in the rain" a été un de mes plaisirs quotidiens. Découvrir ses sourires grandissants a réchauffé mes journées. 

    Enfin bon, c'est pas tout ça, mais l'année prochaine, cap sur le Sud !

  • Quelle semaine !

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    Dimanche: Ce si long dimanche s'est terminée par l'arrivée sur terre de Sappho, quelques minutes avant minuit, telle Cendrillon. Cette journée n'en finissait pas et j'ai fini par m'inquiéter pour Maïté qui n'en finissait pas elle d'accoucher. Finalement, le message tant attendu est arrivé. Impossible de s'endormir ensuite. Tellement soulagée, tellement heureuse, tellement excitée. Le bonheur agit comme une dose de caféine amphétaminée. Maïté de son côté n'a pas dormi non plus et a pensé ne plus jamais vouloir dormir pour ne pas perdre une miette de cette poussière d'étoile descendue sur terre.

    Lundi: J'ai passé la journée sur une autre planète et j'ai quitté le boulot plus tôt pour aller voir cette merveille. Et embrasser Maïté, mon ex-bébé. Pour l'instant, je n'arrive pas à me sentir grand-mère. Sappho est juste un autre bébé à aimer, infiniment, sans être le mien, mais en même temps si proche. Difficile à expliquer. Peut-être que le statut viendra lorsque sa petite bouche en coeur le formulera.

    Mardi: Aujourd'hui, Mamy L. rentre à l'hôpital. Elle ne pèse plus grand-chose, ne se nourrit plus – tout a un goût de sable dans sa bouche – et ressemble à un petit oiseau tombé du nid. Il est plus que temps de prendre les choses au sérieux. Sa peur de l'hôpital et son refus de toute investigation nous ont freinés bien à tort. Le médecin a brandi la menace de "non assistance à personne en danger" et l'électrochoc a fonctionné. Après le dentiste, je suis retournée voir en coup de vent la septième merveille du monde.

    Mercredi: La septième merveille du monde est rentrée chez elle. Déjà. Elle nous invite vendredi pour fêter ça. On a diagnostiqué déjà une oesophagite de stade 3 chez Mamy L. Qui pourrait expliquer l'altération du goût. Et on a arrêté la moitié des médicaments qu'elle prenait, ce qui la rend tout de suite plus vive et plus alerte. Il est assez fou d'imaginer que les médecins continuent à empiler les médicaments sans se rendre compte que l'accumulation peut être parfois plus néfaste que bénéfique.

    Jeudi: Visite de contrôle chez la pneumologue. Je pensais que tout allait bien mais elle, à l'auscultation, me demande si je suis allergique. Non, je ne l'ai jamais été. Elle insiste et me demande si je fume. Non. Elle entend un sifflement comme si j'avais installé mon bureau au milieu de la rue de la Loi, l'artère la plus polluée de Bruxelles. Se pourrait-il que cette rue que je remonte chaque jour sur 200 mètres depuis janvier puisse avoir déposé tant de particules dans mes poumons ? A suivre.

    Vendredi: Cette semaine riche en émotions se termine au champagne chez la princesse. Elle est tout simplement fascinante.

    Samedi: Point d'orgue de la semaine. Maïté a voulu présenter Sappho à Mamy L. et la rencontre a été magique. Mamy avait les yeux pétillants et n'a pas quitté des yeux ce nouveau bébé endormi dans ses bras pendant une heure et demie. Dommage que ma belle-soeur était dans un de ces horribles mauvais jours et qu'elle nous a gâché le plaisir de cette rencontre au sommet par des flèches vitriolées et chargées d'un poison qui polluent les pensées des heures durant, longtemps après la rencontre.

     

  • Un si long dimanche

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    Crédit photo: http://myartblog.canalblog.com/archives/2010/07/23/18649749.html

     

    C'est le dimanche le plus long de toute ma vie. Réveillée à 6 heures pour me rendre compte que Maïté nous a envoyé un message à 3 heures du matin pour se rendre à la maternité. Elle me rappelle vers 8 heures pour me dire qu'on l'envoie se promener un peu, histoire de faire progresser ce travail qui s'annonce plutôt lent. Bien sûr, Maïté n'est pas du genre à se promener si elle a mal, même pour la bonne cause. Elle prend donc illico un taxi à la sortie de la maternité pour rentrer chez elle. 

    Deux heures plus tard, elle retourne à la maternité mais rien ne bouge. Et toute la journée s'écoule ainsi, entre messages et appels téléphoniques, contractions et moments de répit, excitation et découragement.

    Toute la journée, j'ai vaqué à mes activités dominicales, entre cuisine, repassage et rangement, la tête et le coeur pleins d'une ex-petite fille en train de donner le jour à sa propre petite fille. C'est une sensation étrange d'être impuissante à soulager son enfant et surtout de ne pas être là pour la soutenir parce que là n'est pas ma place.

    Lâcher prise, couper le cordon…. 

  • Analyse grandmaticale

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    Un nouveau sujet arrive bientôt dans la tribu. Du genre féminin. Singulier. Comment conjuguer ce nouveau statut de grand-mère avec mon ressenti d'adolescente attardée ? Allons-nous nous accorder ? Serai-je possessive ? Sera-t-elle démonstrative ? Me donnera-t-elle un diminutif ?

    Je l'aimerai inconditionnellement, infinitivement. Nous ferons la liaison entre les genres. Je lui raconterai son passé, simple ou composé, elle construira mon futur. Elle est d'ores et déjà un magnifique présent. Elle est déjà plus-que-parfaite.

    Ensemble, nous réécrirons la concordance des temps. Je lui dirai d'oublier le négatif et d'encourager le pluriel. Je lui démontrerai qu'être est tellement plus riche qu'avoir. Je mettrai l'accent sur ce qui est important, je lui ferai connaître le Bon Usage de toute chose, je lui apprendrai la voix active et non la voix passive.

    Son père lui enseignera le vocabulaire, son grand-père l'accord du subjonctif, son arrière-grand-père, lui qui s'est un jour spontanément rebaptisé M. Grévisse, la rhétorique et l'orthographe.

    Sa maman lui chantera la chanson douce qu'est la grammaire de M. Orsenna et moi, je lui enseignerai les mots-valises et je lui confierai les centaines de billets que j'ai écrits ici ces dix dernières années pour elle, ses frères, soeurs, cousins, cousines.

    On fera des balades en tous lieux et par tous les temps. Aujourd'hui, il pleut épithète que demain il fera beau.

    Mais surtout, on conjuguera le verbe aimer dans toutes les langues. Et le monde s'ouvre sur d'infinis possibles.

     

     

  • Sorcières au château

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    Cette année, le congrès des sorcières s'est tenu au château. La classe !

    Plein d'envies nous sont passées par la tête. J'avais proposé Lisbonne ou Barcelone, Cat revenait d'un long weekend à Marrakech et séduite, nous avait fait l'article. Marrakech remportait tous les suffrages mais la difficulté récurrente est de rallier l'endroit, tout de rêve soit-il. Pour les deux sorcières bruxelloises, les moyens de transport sont assez variés et faciles; pour la sorcière turinoise, ce n'est pas simple déjà mais alors pour la sorcière tourangelle, c'est carrément galère.

    Finalement, c'est elle qui a déclaré forfait, non seulement vu l'accès difficile mais aussi parce que pour elle et ses chambres d'hôtes au château, la saison bat son plein et cette année, elle n'a trouvé personne pour la remplacer.

    Alors, qu'à cela ne tienne, si la châtelaine ne peut venir à nous, nous irons à la châtelaine. 

    Et c'était parfait. Elle nous a réservé le gîte où on peut dormir à quatre, elle nous a réservé un super bon restaurant pour le premier soir. Papotes sans fin, shopping à tout va à Tours et à Amboise, petits déjeuners délices, apéros à gogo et partages de vie de filles.

    Comme le dimanche, c'était le deuxième tour des élections, on a vécu l'intronisation du messie Macron et j'avoue que moi qui étais plutôt mitigée, je me suis laissé gagner par la fièvre de Vero et Cat, complètement gaga devant le phénomène Emmanuel. On a fini la soirée sur le slogan débile "Je suis Brigitte".

    Le lundi, on a visité le château de Chaumont et une exposition Flower Power très séduisante. On a pris la pose pour une photo et inconsciemment, on s'est positionnées de façon à laisser une place bien à elle à l'absente, symboliquement devant une fenêtre ouverte. On aurait voulu le faire exprès qu'un n'aurait pas fait mieux.

    Puis les deux Bruxelloises ont repris le Thalys à Paris, quelques heures avant que la Gare du Nord ne soit complètement évacuée pour un nouveau risque d'attentat. Quelle chance pour moi, qui ne voyageais pas avec la plus sereine des sorcières.

    Et nous avons retrouvé nos foyers respectifs, gonflées à bloc de cette amitié si riche. 

  • Sexygénaire

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    Il a eu exactement la fête qu'il voulait: ses enfants et quelques amis, bons vivants, aimant cuisiner, manger et déguster un bon vin. Il a eu la chance d'avoir un cadre de rêve qui s'est offert à lui. Véronique et Olivier ont fermé pour lui leurs chambres d'hôtes et il a pu, grâce à eux, mener la vie de château en pays de Loire. 

    Il a désigné deux chefs en cuisine: une fille pour une brigade de filles en charge de l'entrée, un garçon pour une brigade de garçons pour le plat principal. Et une oeuvre commune pour le dessert. 

    Toujours avec l'aide précieuse de Véro et Olivier, on a coordonné l'approvisionnement des matières premières, la location de la vaisselle, la visite d'un château et de ses caves pour le samedi matin, un grand jeu de devinettes pour l'après-midi et un concert de sonneurs de cors pour le soleil couchant. 

    Les filles dans une cuisine, les garçons dans l'autre se sont activés autour de courgettes poêlées aux amandes fraîches, poudre de curry, menthe poivrée et Serrano, d'une crème de petits pois frais et de St Jacques juste tièdes, beurre au citron vert pour les unes et d'un navarin d'agneau aux petits légumes de printemps pour les autres. Et la mousse au chocolat parfumée au thé matcha, le semifreddo au gingembre et la soupe de rhubarbe ont complété le tout avec délice.

    Il était vraiment heureux. Et malgré le stress lié à toute cette organisation, j'ai fini par profiter du moment et du bonheur de mon sexy.