
J’aurais voulu que ça ne s’arrête pas. Pourtant je commençais à être fatiguée. J’avais moins de patience. J’étais moins résistante au bruit. Mais pour rien au monde, je n’aurais voulu écourter ces derniers jours avec eux. Du moins les cinq qui étaient là. Sappho et Lémoni étaient en vacances à l’île de Groix avec leurs parents. Mais Jules, Samuel, Maoh, Amalia et pour la première fois Oona étaient avec nous dans la maison-jardin. Maman aussi était là la dernière semaine. Ce n’est pas -loin de là – un sixième enfant mais quand même, il faut ménager la mère et les choux.
On a admiré l’éclipse avec trois d’entre eux – probablement la dernière éclipse de notre vie. Ils étaient clairement plus intéressés par l’apéro qu’on avait organisé pour eux ce soir-là et par le coq qui s’était perdu dans notre jardin que par le rendez-vous du soleil avec la lune.
Le dernier soir, j’ai fait une photo de chacun endormi dans leur lit. Je voulais garder encore un peu de cette innocence de l’enfance ensommeillée.
Le dernier jour, quand ils sont tous partis, j’ai réussi à garder l’oeil sec et puis quand j’ai défait les valises à la maison et que je suis tombée sur deux petits élastiques, l’un à Amalia, l’autre à Oona, j’ai fondu en larmes. Je ne peux pas m’en empêcher.
Le dimanche, je me suis demandé à quoi pouvaient bien rêver Samuel et Lémoni, la veille de leur rentrée en primaire et Oona la veille de son premier jour d’école.
Cette première semaine d’école est déjà finie. Moi, j’ai repris le chemin de la salle de sports pour deux-trois semaines puisqu’on part mi-septembre là où vous savez. Et j’ai pris la résolution de cuisiner tous les jours, histoire d’éviter de manger n’importe quoi à portée de main dans le frigo ou l’armoire. Ça prend du temps mais je vais essayer de m’y tenir.
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