Chaud, chaud la météo. Comme tout le monde, la canicule nous aura bien assommés. Pendant 5 jours, nous avons été incapables de fonctionner normalement. Impossible de cuisiner, de repasser, de bouger simplement. Pendant 5 jours on s’est contenté du minimum syndical. J’ai trié mes boites de souvenirs en tout genre, toujours sous le souffle du ventilateur. Petits mots doux des enfants, souvenirs de vacances, petits mots doux des collègues d’un peu partout, premier salaire, faire-part de naissance, de décès d’êtres chers, etc…. Une rétrospective de toute une vie par 33 degrés à l’ombre dans la cuisine.
Chaud chaud le bowling en famille pour l’anniversaire de Sappho. C’était son souhait et c’était super chouette. On était tous les 15 réunis autour de trois pistes et j’ai vraiment passé un bon moment malgré la chaleur.
Chaud chaud les derniers jours à récupérer encore ce qu’on pouvait chez Mamy L. avant le passage du vide-maison. Très dur pour moi de fermer une dernière fois la porte de l’appartement encore visuellement et olfactivement « habité ». J’ai versé ma petite larme au lieu de soutenir l’Homme qui n’en menait pas plus large.
Chaud chaud la Coupe du Monde. On avait dit qu’on ne regarderait pas et puis la canicule l’empêchant de dormir, l’Homme a commencé à regarder ces matches nocturnes et s’est pris au jeu. Chaud chaud le dernier match de la Belgique contre le Sénégal où au moment où tous les Belges se sont dit « 2-0 et il reste 5 minutes, laisse tomber, on va dormir« , les Diables ont marqué deux buts en 3 minutes puis un troisième pendant les prolongations. Foot nous ? Ben non pourtant.
Chaud chaud la semaine où on a aidé Quentin et Kerya pour amener Maoh à l’école et Oona à la crèche, pour soulager Kerya surtout. On s’est levé tous les jours à 6h30 et il y a longtemps que ça ne nous était plus arrivé. Mais c’était chouette de découvrir l’école et la crèche. Et d’être un peu plus avec eux.
Mais à déguster tièdes, notre premier essai de feuilles de vigne farcies avec une petite sauce au citron. Pas mécontents de nous.
Demain les vacances scolaires commencent et on est chaud !
Lundi: Retour d’un weekend extraordinaire. On est partis vendredi soir pour Athènes. J’avoue, cette année, mon empreinte carbone a explosé, je ne suis pas très contente de moi et je me sens très égoïste. Mais en même temps, mon bonheur a été immense ces trois jours. On a eu la chance inespérée de revoir mon compositeur grec préféré dans l’amphithéâtre de Hérode Atticus, juste en dessous de l’Acropole. Revivre cette magie était tout simplement incroyable. Et puis cette ville que l’on aime tellement tous les deux. L’Homme a dit « j‘aime l’odeur de cette ville » et c’est tout à fait ça.
Mardi: Ce soir, récital de piano de Sappho. Hier, c’était hautbois, mais vu les trois heures de retard de l’avion, on n’a pas pu y assister. Aujourd’hui, l’Homme ne peut pas, il a dentiste mais moi je peux. Une vingtaine d’enfants attendaient leur tour pour s’installer au piano le temps de deux mélodies d’une à deux minutes chacune. Leur stress était palpable et j’avais pitié d’eux. Mais une fois devant le clavier, ils donnaient le meilleur d’eux-mêmes. Sappho n’a pas dérogé à la règle et a très bien joué. Et même si moi, je ne suis pas objective, la prof, elle, lui a discerné une distinction.
Mercredi: Mamy et Grand-Père sont partis au Portugal et c’est donc nous qui prenons la relève pour Jules, Samuel et Amalia, tout le mois de juin. Mais cette fois, Jules est en classe verte (Amalia décrète qu’elle, elle ira en classe rose) et ils ne sont que deux. Enfin, jusqu’à ce que Sappho et Lémoni les rejoignent pour l’après-midi.
Jeudi: On continue l’exercice de vente en ligne des menus trésors de Mamy L. Anaïs photographie, met en ligne, fixe le prix et gère les contacts avec les acheteurs (elle répond aux questions, négocie les rabais éventuels, etc.) et l’Homme et moi nous chargeons de la logistique (emballage, étiquettes, envoi). Curieusement, les bondieuseries ont un succès fou. Et les chapelets, images pieuses, missels, crucifix, médailles, et autres Vierges en plâtre quittent Bruxelles pour partir en mission vers d’autres horizons.
Vendredi: Le musée d’Orsay consacre une exposition à Renoir et la modernité heureuse. J’ai une véritable passion pour ce peintre et j’ai convaincu l’Homme de m’accompagner en train aller-retour. Je me faisais une joie de passer cette journée avec lui. Mais il a éternué une bonne partie de la nuit et s’est réveillé épuisé et tout fiévreux. Je suis donc partie seule, à mon grand regret, vers la Ville-Lumière. J’ai passé toute la matinée dans le musée d’Orsay avec beaucoup de plaisir mais après, j’ai trouvé l’après-midi beaucoup moins drôle. Je n’avais pas vraiment envie de m’asseoir seule dans un restaurant donc, j’ai fait l’impasse. J’ai marché, marché dans Paris jusqu’à épuisement et je me suis endormie sur un banc dans un parc. Je n’avais vraiment pas vu les choses comme ça.
Samedi: A partir de 6 ans, ils ont tous droit à une journée avec nous. Resto, musée, etc. Aujourd’hui, c’était le tour de Samuel. On a commencé par le musée Magritte qu’il aurait bien fait au pas de course. Succès très relatif. Puis un tour dans la grande roue – à sa demande – mais là aussi, c’était moins chouette que lors de sa première expérience. Puis resto italien. D’abord assez enthousiaste, il a fini par décréter que le restaurant où il va parfois avec son autre grand-mère était meilleur. On a donc croisé les doigts pour que l’après-midi ait plus de succès que le matin plutôt décevant. Ouf, l’achat de sa première montre flik flak pour apprendre à lire l’heure et le musée des illusions nous ont permis de mieux finir la journée.
Dimanche: Les filles sont passées nous voir en coup de vent et incroyable mais vrai, Lémoni est venue à vélo, alors que je désespérais qu’elle puisse un jour pédaler. C’était le petit miracle du jour.
Les vacances scolaires se sont terminées en apothéose chez Disney. Cadeau familial de Noël à tous les cousins. Et donc première fois que les sept nains se retrouvent ensemble chez Mickey. Deux nuits, trois jours de dépaysement complet. Il y a dans cette famille trois inconditionnelles de ce monde parallèle, qui vivent le retour dans la vraie vie comme un véritable crash après une dose massive de drogue mais je reviendrai sur la question dans un autre billet.
Puis nous sommes partis en Roumanie pendant 5 jours, en Bucovine, célèbre pour ses églises peintes à l’extérieur, datant des XVème et XVIème siècles), très rares en Europe et à nouveau dans le Maramures, la région la plus authentique et traditionnelle de Roumanie. Maisons en bois sculpté, portails monumentaux, villages figés dans le temps et surtout des pensions familiales incroyablement authentiques. Cerise sur le gâteau pour moi, une partie du groupe a fait une randonnée de trois heures dans la forêt et ça grimpait pas mal. Je suis ravie d’avoir pu la faire, malgré les bobos divers, surtout dans la perspective des vacances d’été à la montagne.
Kong Kong, l’autre grand père de Maoh et Oona s’est fait enlever l’estomac et a pu sortir de l’hôpital fin du mois, à notre grand soulagement. J’avoue que j’ai bien stressé pour lui. Il va lui falloir maintenant beaucoup de patience pour reprendre une alimentation fragmentée et peu « agressive ».
On a enfin un nouveau frigo et on n’est plus obligé de supporter les caprices du précédent. Une fois je souffle froid, une fois je souffle chaud.
On a enfin programmé la date de l’opération « vide-maison » pour l’appartement de la maman de l’Homme. On pensait que le brocanteur récupérerait quelques pièces mais ce n’est absolument pas le cas, tout va à la poubelle. Anaïs a donc pris les choses en main et entrepris de vendre sur Vinted un maximum de choses qu’on n’imaginait même pas trouver preneur. On fait cet exercice ensemble, c’est toujours plus sympa à deux et ça roule bien.
Dans un mois, ce seront les vacances d’été, on a un peu de mal à y croire. Le temps file incroyablement vite.
Je sais que le monde va mal et je m’en voudrais presque d’aller si bien. Je traque les petites parcelles de bonheur et je vais de l’une à l’autre.
Après cette extraordinaire semaine à Venise, nous voilà rentrés par le chemin des plaisirs. Un arrêt à Gorizia pour offrir à l’Homme un cadeau d’anniversaire inattendu: une visite de vignes totalement naturelles, une production de vins macérés en amphores en très petites quantités. Je connaissais leur vin, j’ai été subjuguée par leurs méthodes et leur respect de la nature. Soirée chez Swiss Sis, ce qui est aussi toujours un pur bonheur.
Retour à la maison. Lunch avec petite Anne qui me demande d’être témoin de sa déclaration de souhaits à respecter pour le jour où elle ne sera plus lucide. Je me suis sentie très honorée mais aussi très émue de ses dispositions qu’elle prend aujourd’hui pour un futur éventuellement grisâtre. Et cela m’a fait réfléchir.
Mariage de ma filleule où je me rendais un peu réticente et où l’amour des jeunes mariés certes, mais aussi des soeurs de la maman que nous avons tant aimés, de tous ces cousins que nous avons vu grandir, était très contagieux.
Le lendemain, je suis partie très tôt à Milan rejoindre mes sorcières adorées pour quelques jours. Là aussi, l’amitié qui nous unit nous fait énormément de bien à toutes les quatre. Surtout quand l’une ne va pas bien du tout et se bat contre l’anorexie inquiétante d’une de ses filles.
Et nous voilà en vacances scolaires avec Sappho et Lémoni d’abord auxquelles Maoh et Oona viendront se joindre demain avant le grand départ tous ensemble pour Disneyland.
Vendredi: On est arrivés hier soir sur notre île. On s’est installés et on est heureux. Ce sont les vacances. Et on est rabibochés. Tout roule. Mais ce matin, on est sur le pied de guerre. Lors du déjeuner de Pâques, les filles se sont mis en tête d’aller au concert de Céline Dion. Ce qu’on a pris pour une plaisanterie de fin de repas arrosé et où le répertoire de Céline, du moins celui de sa collaboration avec Jean-Jacques – celui-là même qu’on a hurlé dans la voiture des dizaines de fois de Turin à Bruxelles et de Turin à Bruxelles quand on habitait l’Italie – c’est donc bien un mythe familial) a été réinterprété en chœur du dessert à la fin de la vaisselle, est devenu un challenge assumé. On ira où elle ira et on va tout faire pour avoir des places. Swiss’Sis a proposé ses services informatiques pour multiplier les chances. On était donc cinq ordinateurs dans trois villes différentes à attendre une possibilité d’arracher 4 places à des prix décents. Sans vraiment d’espoir mais avec beaucoup de ferveur. Et le miracle a eu lieu. Avec un travail d’équipe de ouf. C’est Maïté qui a eu l’ouverture pour les places. Mais Anaïs n’était plus là pour donner sa carte de crédit. Maïté nous a appelés en Italie, je lui ai donné le numéro de ma carte, elle m’a renvoyé une photo du QR code et on a validé le paiement à 1000 km de distance. Et ça a marché. Personne n’y croyait et c’était un peu la fête. On espère juste que ce sera encore la fête à Paris et qu’elle chantera tout son répertoire de Bruxelles à Turin.
Comme la chance était avec nous, j’ai appris que mon compositeur grec préféré redonnait un concert à l’Odeon Herode Atticus, juste en dessous de l’Acropole, alors que ce site devait fermer pour trois ans de travaux. La fermeture a été retardée, mon merveilleux compositeur a 87 ans, je n’allais pas rater cette opportunité. Et dans la foulée de Céline, on a réservé ce concert pour juin.
Samedi: Longue promenade sur l’île de la Pellestrina. Un peu déçus. Ça nous aura pris la journée et on n’a pas adoré.
Dimanche: Retrouvailles dans notre restaurant préféré sur l’île de Torcello. L’accueil est toujours aussi chaleureux. « C’est une belle journée aujourd’hui, vous savez pourquoi ? Parce que vous êtes arrivés. » Comment voulez-vous que je ne craque pas.
Lundi: Première expo: les vedute et les caprices de Francesco Guardi. Les vedute ce sont ces représentations minutieuses et pittoresques de Venise où la lumière joue un rôle prédominant et les caprices sont les mêmes tableaux auxquels le peintre rajoute des éléments qui ne correspondent pas du tout à la réalité.
Mardi: Jour de pluie. Nouvelle expo, cette fois d’un photographe du magazine Vogue, Horst P. Horst. Magnifiques photographies. J’ai adoré.
Mercredi: Encore quelques expos puisque le temps n’est pas idéal et parce que de toute façon, on aime ça. Et puis, ô surprise, au retour vers notre nid, on a rencontré Mimmo, le dauphin qui squatte dans le bassin de St Marc depuis un an et demi. Ils ont bien essayé de le ramener vers la mer pour le protéger mais rien n’y a fait, Mimmo est revenu dans le bassin. Il est comme nous, la lagune lui manque et il revient. Mais quelle joie de le voir enfin.
Jeudi: Chaque jour, on prend un peu de temps pour lire. J’ai emmené avec moi un livre de Ryoko Sekiguchi, une auteure franco-japonaise que j’adore et qui vient de sortir un livre sur Venise, « Venise, mille fleurs« . Ce livre me fascine. Il y a des livres comme ça où chaque page nous parle, chaque paragraphe nous interpelle et nous invite à regarder les choses autrement.
Et par hasard, je découvre qu’elle est à Venise en même temps que nous et que surtout, elle va donner une conférence dans le cadre d’un événement littéraire organisé par l’université de Venise. Je me suis inscrite et j’y suis allée. J’ai aimé ce moment un peu particulier. Elle m’a dédicacé son livre, sachant très bien qui j’étais au vu des échanges que nous avions eus sur Instagram dans les jours qui ont précédé.
Je n’en reviens pas de la richesse de cette semaine. Il ne nous reste plus que quelques jours mais cette semaine m’a donné une énergie fabuleuse, bien au-delà de tout ce qu’une semaine de repos aurait pu m’apporter.
Et les semaines qui viennent s’annoncent encore bien riches en petits bonheurs. La vita è cosi bella.
Avant de partir ensemble là où la sérénité du lieu nous rabiboche avec la beauté du monde, nous nous sommes disputés pendant un bon 48 heures. C’est très long pour nous aujourd’hui. Cela ne l’était pas au début de nous deux, ce qui nous a permis de mettre les choses au clair assez rapidement. Très peu de concessions unilatérales, des mises au point régulières, des disputes bien senties nous ont permis d’adopter un modus vivendi et amandi parfaitement rodé. Et depuis, tout roule ou presque.
Mais ces derniers jours, mon mode opératoire dans la gestion de mes relations aux autres s’est heurté de plein fouet à son ras-le-bol d’être pris pour un pigeon. Il a vu beaucoup de malveillance de la part de proches, là où moi, je ne voyais que mauvaise communication. Et j’ai plutôt mal supporté. Tant de le voir souffrir vraiment que de le voir croire en la malveillance de ceux que j’aime.
Il vit avec moi depuis cinquante ans et il appris à composer de manière à garder l’église au milieu du village, puisque tel est mon credo. Alors que le sien est de ne rien laisser passer. D’accord, je suis née avec une sainte horreur du conflit et c’est sans doute ce qui motive mon besoin viscéral de remettre la chapelle à sa place. C’est sans doute ce qui lui a permis de rester en bons termes avec sa propre famille. Et plus encore avec la mienne. Il sait que je suis intransigeante sur la question.
Mais à chaque fois que ce sujet devient brûlant, je me pose la question: est-ce que j’ai raison d’excuser à tout prix ? Cette fois, plus encore que jamais, j’ai décidé une fois pour toutes que je ne changerais pas de cap. Il n’est pas question ici de me laisser marcher sur les pieds. Mais envers et contre tout, je partirai du principe que la plupart de ceux que je chéris sont bons, n’ont pas de mauvaise intention, ont quelquefois de sérieux problèmes de communication et que toutes les difficultés relationnelles viennent de là.
Pendant longtemps, j’ai affiché dans mon bureau la phrase de Bernard Werber: » Entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis, ce que vous avez envie d’entendre, ce que vous entendez, ce que vous comprenez… il y a dix possibilités qu’on ait des difficultés à communiquer. Mais essayons quand même…«
Voilà, on a enfin mis le pied sur ce continent dont je rêvais depuis si longtemps.
25 safaris en 20 jours, pas le plus reposant des voyages. Mais quelles merveilles !
Pas le plus reposant non. Le scénario était toujours le même: lever à 4h30, départ à 5h30 pour le safari du matin, retour vers 9h30 pour le petit déjeuner et lunch à 12h30. Sieste si possible et départ pour le safari du soir à 16h30. Moi qui, une fois à la retraite, m’étais jurée de ne plus jamais me lever tôt, j’étais plutôt d’humeur grognon chaque matin. Mais une fois dans la jeep, le visage fouetté par le vent du matin, ma mauvaise humeur se dissipait. On en a pris plein les mirettes. Des éléphants majestueux, seuls, en bande, en famille, en patrouille, des lions, affalés, repus, des lionnes en famille, en chasse, les élégantes chorégraphies des girafes, les chamailleries des zèbres, des buffles, des rhinocéros, des guépards, des léopards, des crocodiles, des hippopotames, des gnous, des phacochères, des hyènes, des chacals, des mangoustes, des babouins, et puis des oiseaux, tellement d’oiseaux, plus beaux les uns que les autres. Des paysages à couper le souffle, surtout au lever ou au coucher du soleil.
Six jours en Afrique du Sud, dix jours au Botswana et trois jours en Zambie. Ces trois jours n’étaient pas prévus mais les inondations dans le delta de l’Okavongo nous ont obligés à modifier légèrement le programme. Et ce sont sans doute ces trois jours là, sur le Zambèze dont le nom signifie « seuls ceux qui connaissent le fleuve peuvent y nager« , qui m’ont le plus subjuguée. Les chutes Victoria m’ont littéralement fascinée. Je crois que c’est une des plus belles merveilles de la nature que j’ai vues de ma vie.
Si on m’avait dit qu’en plus, ce jour-là, on allait prendre le petit déjeuner en Afrique du Sud, le lunch au Botswana, l’apéro au Zimbabwe et le dîner en Zambie, je ne l’aurais pas cru. Surtout avec mes connaissances plutôt désastreuses en géographie.
Et puis, plus que tout, j’ai adoré les rencontres avec toute une série de mammifères humains, les compagnons de safari, les guides, le staff des lodges, les petites filles qui ont glissé leur main dans la mienne au cours d’une promenade, tous ces sourires et toutes ces accolades à la fin de chaque séjour ont rempli mon coeur.
L’Homme a pris son pied, surtout celui qui sert à immobiliser l’appareil photo, et est revenu avec des milliers de souvenirs digitaux.
Moi, je reviens avec un ruban de prénoms dans la tête: Rajuan, Melo, Bornwell, Bridget, Philip, Claudia, Nala, Justina, Bernadette, Taylor, Kelly, Chester…..
On a fêté les 20 ans de Clara, ma nièce, la fille de Sis’Cile. Je me souviens avec précision du moment où on m’a annoncé sa naissance. Je sortais de la banque italienne à Parme où je venais de clôturer mon compte. J’avais en main ma carte de banque coupée en deux sur laquelle il y avait un angelot. Je l’ai gardée en souvenir de ce moment. Ce qui m’échappe, c’est pourquoi j’ai clôturé mon compte fin janvier alors que je quittais Parme fin juin mais bon, ça c’est une autre histoire. Bref, on a fêté Clara tous ensemble et on lui a offert un match de foot Real Madrid-Atletico fin mars à Madrid. C’est Swiss Sis et Swiss mari qui s’y collent parce que personne n’est fan de foot dans la famille à part Clara. Elle est fan fan fan.
J’ai été invitée chez une ex-collègue pour le lunch. Elle est bipolaire avec tous les écarts d’émotions que cela suppose, pro-Poutine, et donc pas facile à gérer dans mon équipe mais je l’aimais bien. Et son invitation m’a fait plaisir. Elle avait mis les petits plats dans les grands, elle a tenu à me préparer un Spritz (parce que nous partageons la même passion pour la Sérénissime) alors qu’elle est aux abonnés absents côté alcool et elle m’a touchée.
J’ai pris un dernier café avec cet ancien collègue d’une autre vie pour ainsi dire. Il quitte Bruxelles après 35 ans ici pour Lugano en Suisse. Lui aussi est compliqué. Bellâtre grec (mais beau quand même), totalement centré sur lui-même, en couple pendant quelques années avec une de mes proches amies qui n’a finalement pas tenu le coup face à cet égocentrique assumé. Mais je l’aime quand même. Et cela m’a vraiment attristée qu’il parte. Il y a peu de chances que l’on se revoie et je l’ai quitté avec beaucoup d’émotions.
On a fêté les 70 ans d’un ami d’univ, que je n’avais plus vu depuis bien longtemps (l’Homme l’a revu plus régulièrement parce qu’il est devenu notre courtier d’assurances) et j’ai eu vraiment beaucoup de plaisir à retrouver cette bouille rieuse d’Italo-Belge et ses yeux pétillants comme quand on avait 20 ans.
On a aussi fêté les 8 ans de Jules. Le chauffage d’Anaïs et Simon venait de tomber en panne et il faisait vachement froid. Heureusement la température a légèrement augmenté vu le nombre de personnes présentes. La chaleur humaine, y’a que ça de vrai.
J’ai retrouvé Véro à Paris pour une journée. Elle m’a emmenée dans un très joli resto et on a pris le temps de voir deux expos. L’une sur les sculptures de carton de Eva Jospin représentant la Domus Aurea. J’adore son travail, je l’avais découverte à Venise et cette nouvelle expo n’avait rien à envier à la première. Juste à côté, il y avait une exposition de Claire Tabouret qui présentait le travail préparatoire à la confection de nouveaux vitraux pour Notre Dame (ils seront installés fin 2026) et c’était juste magnifique.
On a fait notre aller-retour annuel en Champagne pour approvisionner toute la famille et les amis en bulles festives. Mais au fur et à mesure des années, c’est la rencontre avec Thierry, le vigneron, qui devient festive. C’est un plaisir attendu de le retrouver et d’aller manger un bout avec lui.
Le lendemain, on a passé la journée avec Jules pour son anniversaire, lui seul et nous. Une expo le matin au musée des Sciences Naturelles sur les vols des oiseaux et des avions. Cela ne l’a pas trop branché. Un spaghetti bolo et une crème brûlée au resto où il était prêt à donner toutes les étoiles possibles, tellement il était enchanté. Puis une visite au musée de l’aviation et de l’armée qu’il a adorée. Passer une journée avec lui est un pur bonheur. Il est drôle, intelligent, vif. Et je jure que je suis la plus objective des grands-mères.
Le soir, j’ai appris le décès de ma gynécologue adorée, la maman des mamans.
Le dimanche, on a reçu les amis de Claude et on a passé toute l’après-midi avec eux avant de voir arriver les trois premiers locataires pour la première semaine de vacances scolaires.
Les filles de Maïté sont arrivées le lendemain matin et on a passé une semaine avec ces cinq là, entre jeux, bricolages, déguisements, spectacles, dessins animés (peu) .
On a appris le cancer de l’estomac du papa de Kerya et cela nous a bouleversés. C’est l’autre grand-père de deux des pioux et c’est comme s’il était de notre famille. On les a retrouvés le dimanche pour les deux ans de Oona et on a pu parler assez sereinement. Il commençait la chimio le lendemain.
Swiss Sis est arrivée entretemps pour passer 4 jours avec Maman et pour une fois, elle a pu assister à un anniversaire de pioux.
On est partis le soir même pour la maison-jardin avec six pioux cette fois et on a rempilé pour un programme similaire à la première semaine, jardin en plus.
On a ramené tout le monde le vendredi soir pour fêter Anaïs le samedi et on est repartis passer le dimanche à nettoyer la maison-jardin pour les suivants. Comme à chaque fois, une boule me monte à la gorge dès que je rentre dans cette maison vide de leurs cris, de leurs rires et de leurs bouilles d’amour.
Mois court mais intense, n’est-il pas ? Fêtes, anniversaires, amis, claques, pioux, pioux et encore pioux.
Maintenant mars s’annonce. A nous l’Afrique du Sud et le Botswana. Aventures à suivre.
Je refuse qu’on me traite d’hypochondriaque. L’Homme a décidé de reformuler: « Tu es à l’écoute de ton corps » avec un petit sourire en coin. Ben non, je ne suis pas d’accord, je n’aime pas cette connotation « bobo qui n’a que ça à penser« .
Alors oui, je suis atteinte du syndrome de la bonne élève qui fait sa prise de sang annuelle, qui se préoccupe de rectifier les taux anormaux, qui prend ses rendez-vous annuels ou bisannuels chez le généraliste, la gynéco, le dentiste, la cardiologue, l’ophtalmologue, la gastro-entérologue, la dermatologue pour le contrôle des grains de beauté. Je prend même les rendez-vous pour ceux qui le souhaitent.
Alors oui, quand quelque chose ne tourne pas rond, je consulte. Vite. Je n’aime pas quand la machine s’enraye. Je fais les examens qu’on me demande de faire. Je découvre parfois des choses que je ne pensais pas avoir. Des polypes, de l’arthrose, une rotule plus haute que l’autre, un oeil qui voit loin et un oeil qui voit près, une protéine caractéristique des familles à hérédité de maladies cardio-vasculaires, facteur de risque supplémentaire, un rétrécissement du canal lacrymal…. Qui cherche trouve. Indeed.
Mais hypochondriaque, non.
Par contre, je me soupçonne d’être un chouia superstitieuse et de me dire que tant que j’ai ces petits maux (même s’ils commencent à s’accumuler), je suis protégée d’une bonne grosse maladie, genre saleté à pinces. Tout en étant parfaitement consciente que je me mets bien le doigt dans l’oeil.
Sur ce, je vais réchauffer et poser mon masque pour soigner ma blépharite. Forcément.
Une agence de voyage a inventé au début des années 2000 le concept du Blue Monday afin d’inciter les météo-dépendants (comme moi) à faire leurs valises et d’aller voir ailleurs si le ciel est plus bleu. Un départ avant ou après le troisième lundi de janvier était bien entendu autorisé. C’est juste un concept cette histoire de Blue Monday. Encore que…. il semble bien que la période qui s’étend de mi-janvier à mi-février soit effectivement propice à la déprime ambiante. Les fêtes sont finies, les guirlandes lumineuses sont éteintes, le sapin est défait, les soldes nous ont ruinés, les kilos en trop s’incrustent, les bonnes résolutions s’effilochent. Bien sûr, les jours s’allongent mais notre cerveau n’a pas encore enregistré l’info.
Moi, ça va, je ne vois pas la vie en bleu. La fête n’est jamais finie, il y a au moins deux anniversaires par mois, les guirlandes lumineuses clignotent encore toujours dans ma rue, je n’ai pas fait les soldes, les kilos en trop fondront certainement bientôt et les bonnes résolutions ne datent pas du 1 janvier.
Autour de nous, l’ami qui était hospitalisé pour une pancréatite depuis décembre et dont on ne donnait pas cher sort demain. L’ami qui a subi un pontage en urgence il y a dix jours est déjà au volant de sa voiture. D’accord, ce n’est pas sérieux. Mais il n’est pas sérieux, on le sait.
Par contre, pour l’ami qui est parti hier en Italie parce que sa maman est dans le coma et que son papa ne sait plus qui est sa femme ni son fils, la couleur est au bleu, c’est sûr. Je suis triste pour lui parce qu’on sait que pour sa maman, c’est la fin, pour son papa, c’est le début d’une autre vie.