Auteur/autrice : myosottises

  • Quelle semaine !

    Vendredi: On est arrivés hier soir sur notre île. On s’est installés et on est heureux. Ce sont les vacances. Et on est rabibochés. Tout roule. Mais ce matin, on est sur le pied de guerre. Lors du déjeuner de Pâques, les filles se sont mis en tête d’aller au concert de Céline Dion. Ce qu’on a pris pour une plaisanterie de fin de repas arrosé et où le répertoire de Céline, du moins celui de sa collaboration avec Jean-Jacques – celui-là même qu’on a hurlé dans la voiture des dizaines de fois de Turin à Bruxelles et de Turin à Bruxelles quand on habitait l’Italie – c’est donc bien un mythe familial) a été réinterprété en chœur du dessert à la fin de la vaisselle, est devenu un challenge assumé. On ira où elle ira et on va tout faire pour avoir des places. Swiss’Sis a proposé ses services informatiques pour multiplier les chances. On était donc cinq ordinateurs dans trois villes différentes à attendre une possibilité d’arracher 4 places à des prix décents. Sans vraiment d’espoir mais avec beaucoup de ferveur. Et le miracle a eu lieu. Avec un travail d’équipe de ouf. C’est Maïté qui a eu l’ouverture pour les places. Mais Anaïs n’était plus là pour donner sa carte de crédit. Maïté nous a appelés en Italie, je lui ai donné le numéro de ma carte, elle m’a renvoyé une photo du QR code et on a validé le paiement à 1000 km de distance. Et ça a marché. Personne n’y croyait et c’était un peu la fête. On espère juste que ce sera encore la fête à Paris et qu’elle chantera tout son répertoire de Bruxelles à Turin.

    Comme la chance était avec nous, j’ai appris que mon compositeur grec préféré redonnait un concert à l’Odeon Herode Atticus, juste en dessous de l’Acropole, alors que ce site devait fermer pour trois ans de travaux. La fermeture a été retardée, mon merveilleux compositeur a 87 ans, je n’allais pas rater cette opportunité. Et dans la foulée de Céline, on a réservé ce concert pour juin.

    Samedi: Longue promenade sur l’île de la Pellestrina. Un peu déçus. Ça nous aura pris la journée et on n’a pas adoré.

    Dimanche: Retrouvailles dans notre restaurant préféré sur l’île de Torcello. L’accueil est toujours aussi chaleureux. « C’est une belle journée aujourd’hui, vous savez pourquoi ? Parce que vous êtes arrivés. » Comment voulez-vous que je ne craque pas.

    Lundi: Première expo: les vedute et les caprices de Francesco Guardi. Les vedute ce sont ces représentations minutieuses et pittoresques de Venise où la lumière joue un rôle prédominant et les caprices sont les mêmes tableaux auxquels le peintre rajoute des éléments qui ne correspondent pas du tout à la réalité.

    Mardi: Jour de pluie. Nouvelle expo, cette fois d’un photographe du magazine Vogue, Horst P. Horst. Magnifiques photographies. J’ai adoré.

    Mercredi: Encore quelques expos puisque le temps n’est pas idéal et parce que de toute façon, on aime ça. Et puis, ô surprise, au retour vers notre nid, on a rencontré Mimmo, le dauphin qui squatte dans le bassin de St Marc depuis un an et demi. Ils ont bien essayé de le ramener vers la mer pour le protéger mais rien n’y a fait, Mimmo est revenu dans le bassin. Il est comme nous, la lagune lui manque et il revient. Mais quelle joie de le voir enfin.

    Jeudi: Chaque jour, on prend un peu de temps pour lire. J’ai emmené avec moi un livre de Ryoko Sekiguchi, une auteure franco-japonaise que j’adore et qui vient de sortir un livre sur Venise, « Venise, mille fleurs« . Ce livre me fascine. Il y a des livres comme ça où chaque page nous parle, chaque paragraphe nous interpelle et nous invite à regarder les choses autrement.

    Et par hasard, je découvre qu’elle est à Venise en même temps que nous et que surtout, elle va donner une conférence dans le cadre d’un événement littéraire organisé par l’université de Venise. Je me suis inscrite et j’y suis allée. J’ai aimé ce moment un peu particulier. Elle m’a dédicacé son livre, sachant très bien qui j’étais au vu des échanges que nous avions eus sur Instagram dans les jours qui ont précédé.

    Je n’en reviens pas de la richesse de cette semaine. Il ne nous reste plus que quelques jours mais cette semaine m’a donné une énergie fabuleuse, bien au-delà de tout ce qu’une semaine de repos aurait pu m’apporter.

    Et les semaines qui viennent s’annoncent encore bien riches en petits bonheurs. La vita è cosi bella.

  • Gentille ou hypocrite, naïve ou pigeon

    Avant de partir ensemble là où la sérénité du lieu nous rabiboche avec la beauté du monde, nous nous sommes disputés pendant un bon 48 heures. C’est très long pour nous aujourd’hui. Cela ne l’était pas au début de nous deux, ce qui nous a permis de mettre les choses au clair assez rapidement. Très peu de concessions unilatérales, des mises au point régulières, des disputes bien senties nous ont permis d’adopter un modus vivendi et amandi parfaitement rodé. Et depuis, tout roule ou presque.

    Mais ces derniers jours, mon mode opératoire dans la gestion de mes relations aux autres s’est heurté de plein fouet à son ras-le-bol d’être pris pour un pigeon. Il a vu beaucoup de malveillance de la part de proches, là où moi, je ne voyais que mauvaise communication. Et j’ai plutôt mal supporté. Tant de le voir souffrir vraiment que de le voir croire en la malveillance de ceux que j’aime.

    Il vit avec moi depuis cinquante ans et il appris à composer de manière à garder l’église au milieu du village, puisque tel est mon credo. Alors que le sien est de ne rien laisser passer. D’accord, je suis née avec une sainte horreur du conflit et c’est sans doute ce qui motive mon besoin viscéral de remettre la chapelle à sa place. C’est sans doute ce qui lui a permis de rester en bons termes avec sa propre famille. Et plus encore avec la mienne. Il sait que je suis intransigeante sur la question.

    Mais à chaque fois que ce sujet devient brûlant, je me pose la question: est-ce que j’ai raison d’excuser à tout prix ? Cette fois, plus encore que jamais, j’ai décidé une fois pour toutes que je ne changerais pas de cap. Il n’est pas question ici de me laisser marcher sur les pieds. Mais envers et contre tout, je partirai du principe que la plupart de ceux que je chéris sont bons, n’ont pas de mauvaise intention, ont quelquefois de sérieux problèmes de communication et que toutes les difficultés relationnelles viennent de là.

    Pendant longtemps, j’ai affiché dans mon bureau la phrase de Bernard Werber:  » Entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis, ce que vous avez envie d’entendre, ce que vous entendez, ce que vous comprenez… il y a dix possibilités qu’on ait des difficultés à communiquer. Mais essayons quand même…« 

    Alors essayons…..

  • Expérience de rêve

    Voilà, on a enfin mis le pied sur ce continent dont je rêvais depuis si longtemps.

    25 safaris en 20 jours, pas le plus reposant des voyages. Mais quelles merveilles !

    Pas le plus reposant non. Le scénario était toujours le même: lever à 4h30, départ à 5h30 pour le safari du matin, retour vers 9h30 pour le petit déjeuner et lunch à 12h30. Sieste si possible et départ pour le safari du soir à 16h30. Moi qui, une fois à la retraite, m’étais jurée de ne plus jamais me lever tôt, j’étais plutôt d’humeur grognon chaque matin. Mais une fois dans la jeep, le visage fouetté par le vent du matin, ma mauvaise humeur se dissipait. On en a pris plein les mirettes. Des éléphants majestueux, seuls, en bande, en famille, en patrouille, des lions, affalés, repus, des lionnes en famille, en chasse, les élégantes chorégraphies des girafes, les chamailleries des zèbres, des buffles, des rhinocéros, des guépards, des léopards, des crocodiles, des hippopotames, des gnous, des phacochères, des hyènes, des chacals, des mangoustes, des babouins, et puis des oiseaux, tellement d’oiseaux, plus beaux les uns que les autres. Des paysages à couper le souffle, surtout au lever ou au coucher du soleil.

    Six jours en Afrique du Sud, dix jours au Botswana et trois jours en Zambie. Ces trois jours n’étaient pas prévus mais les inondations dans le delta de l’Okavongo nous ont obligés à modifier légèrement le programme. Et ce sont sans doute ces trois jours là, sur le Zambèze dont le nom signifie « seuls ceux qui connaissent le fleuve peuvent y nager« , qui m’ont le plus subjuguée. Les chutes Victoria m’ont littéralement fascinée. Je crois que c’est une des plus belles merveilles de la nature que j’ai vues de ma vie.

    Si on m’avait dit qu’en plus, ce jour-là, on allait prendre le petit déjeuner en Afrique du Sud, le lunch au Botswana, l’apéro au Zimbabwe et le dîner en Zambie, je ne l’aurais pas cru. Surtout avec mes connaissances plutôt désastreuses en géographie.

    Et puis, plus que tout, j’ai adoré les rencontres avec toute une série de mammifères humains, les compagnons de safari, les guides, le staff des lodges, les petites filles qui ont glissé leur main dans la mienne au cours d’une promenade, tous ces sourires et toutes ces accolades à la fin de chaque séjour ont rempli mon coeur.

    L’Homme a pris son pied, surtout celui qui sert à immobiliser l’appareil photo, et est revenu avec des milliers de souvenirs digitaux.

    Moi, je reviens avec un ruban de prénoms dans la tête: Rajuan, Melo, Bornwell, Bridget, Philip, Claudia, Nala, Justina, Bernadette, Taylor, Kelly, Chester…..

  • Février

    Mois court mais intense.

    On a fêté les 20 ans de Clara, ma nièce, la fille de Sis’Cile. Je me souviens avec précision du moment où on m’a annoncé sa naissance. Je sortais de la banque italienne à Parme où je venais de clôturer mon compte. J’avais en main ma carte de banque coupée en deux sur laquelle il y avait un angelot. Je l’ai gardée en souvenir de ce moment. Ce qui m’échappe, c’est pourquoi j’ai clôturé mon compte fin janvier alors que je quittais Parme fin juin mais bon, ça c’est une autre histoire. Bref, on a fêté Clara tous ensemble et on lui a offert un match de foot Real Madrid-Atletico fin mars à Madrid. C’est Swiss Sis et Swiss mari qui s’y collent parce que personne n’est fan de foot dans la famille à part Clara. Elle est fan fan fan.

    J’ai été invitée chez une ex-collègue pour le lunch. Elle est bipolaire avec tous les écarts d’émotions que cela suppose, pro-Poutine, et donc pas facile à gérer dans mon équipe mais je l’aimais bien. Et son invitation m’a fait plaisir. Elle avait mis les petits plats dans les grands, elle a tenu à me préparer un Spritz (parce que nous partageons la même passion pour la Sérénissime) alors qu’elle est aux abonnés absents côté alcool et elle m’a touchée.

    J’ai pris un dernier café avec cet ancien collègue d’une autre vie pour ainsi dire. Il quitte Bruxelles après 35 ans ici pour Lugano en Suisse. Lui aussi est compliqué. Bellâtre grec (mais beau quand même), totalement centré sur lui-même, en couple pendant quelques années avec une de mes proches amies qui n’a finalement pas tenu le coup face à cet égocentrique assumé. Mais je l’aime quand même. Et cela m’a vraiment attristée qu’il parte. Il y a peu de chances que l’on se revoie et je l’ai quitté avec beaucoup d’émotions.

    On a fêté les 70 ans d’un ami d’univ, que je n’avais plus vu depuis bien longtemps (l’Homme l’a revu plus régulièrement parce qu’il est devenu notre courtier d’assurances) et j’ai eu vraiment beaucoup de plaisir à retrouver cette bouille rieuse d’Italo-Belge et ses yeux pétillants comme quand on avait 20 ans.

    On a aussi fêté les 8 ans de Jules. Le chauffage d’Anaïs et Simon venait de tomber en panne et il faisait vachement froid. Heureusement la température a légèrement augmenté vu le nombre de personnes présentes. La chaleur humaine, y’a que ça de vrai.

    J’ai retrouvé Véro à Paris pour une journée. Elle m’a emmenée dans un très joli resto et on a pris le temps de voir deux expos. L’une sur les sculptures de carton de Eva Jospin représentant la Domus Aurea. J’adore son travail, je l’avais découverte à Venise et cette nouvelle expo n’avait rien à envier à la première. Juste à côté, il y avait une exposition de Claire Tabouret qui présentait le travail préparatoire à la confection de nouveaux vitraux pour Notre Dame (ils seront installés fin 2026) et c’était juste magnifique.

    On a fait notre aller-retour annuel en Champagne pour approvisionner toute la famille et les amis en bulles festives. Mais au fur et à mesure des années, c’est la rencontre avec Thierry, le vigneron, qui devient festive. C’est un plaisir attendu de le retrouver et d’aller manger un bout avec lui.

    Le lendemain, on a passé la journée avec Jules pour son anniversaire, lui seul et nous. Une expo le matin au musée des Sciences Naturelles sur les vols des oiseaux et des avions. Cela ne l’a pas trop branché. Un spaghetti bolo et une crème brûlée au resto où il était prêt à donner toutes les étoiles possibles, tellement il était enchanté. Puis une visite au musée de l’aviation et de l’armée qu’il a adorée. Passer une journée avec lui est un pur bonheur. Il est drôle, intelligent, vif. Et je jure que je suis la plus objective des grands-mères.

    Le soir, j’ai appris le décès de ma gynécologue adorée, la maman des mamans.

    Le dimanche, on a reçu les amis de Claude et on a passé toute l’après-midi avec eux avant de voir arriver les trois premiers locataires pour la première semaine de vacances scolaires.

    Les filles de Maïté sont arrivées le lendemain matin et on a passé une semaine avec ces cinq là, entre jeux, bricolages, déguisements, spectacles, dessins animés (peu) .

    On a appris le cancer de l’estomac du papa de Kerya et cela nous a bouleversés. C’est l’autre grand-père de deux des pioux et c’est comme s’il était de notre famille. On les a retrouvés le dimanche pour les deux ans de Oona et on a pu parler assez sereinement. Il commençait la chimio le lendemain.

    Swiss Sis est arrivée entretemps pour passer 4 jours avec Maman et pour une fois, elle a pu assister à un anniversaire de pioux.

    On est partis le soir même pour la maison-jardin avec six pioux cette fois et on a rempilé pour un programme similaire à la première semaine, jardin en plus.

    On a ramené tout le monde le vendredi soir pour fêter Anaïs le samedi et on est repartis passer le dimanche à nettoyer la maison-jardin pour les suivants. Comme à chaque fois, une boule me monte à la gorge dès que je rentre dans cette maison vide de leurs cris, de leurs rires et de leurs bouilles d’amour.

    Mois court mais intense, n’est-il pas ? Fêtes, anniversaires, amis, claques, pioux, pioux et encore pioux.

    Maintenant mars s’annonce. A nous l’Afrique du Sud et le Botswana. Aventures à suivre.

  • Dans la peau d’Argan, moi ?

    Je refuse qu’on me traite d’hypochondriaque. L’Homme a décidé de reformuler: « Tu es à l’écoute de ton corps » avec un petit sourire en coin. Ben non, je ne suis pas d’accord, je n’aime pas cette connotation « bobo qui n’a que ça à penser« .

    Alors oui, je suis atteinte du syndrome de la bonne élève qui fait sa prise de sang annuelle, qui se préoccupe de rectifier les taux anormaux, qui prend ses rendez-vous annuels ou bisannuels chez le généraliste, la gynéco, le dentiste, la cardiologue, l’ophtalmologue, la gastro-entérologue, la dermatologue pour le contrôle des grains de beauté. Je prend même les rendez-vous pour ceux qui le souhaitent.

    Alors oui, quand quelque chose ne tourne pas rond, je consulte. Vite. Je n’aime pas quand la machine s’enraye. Je fais les examens qu’on me demande de faire. Je découvre parfois des choses que je ne pensais pas avoir. Des polypes, de l’arthrose, une rotule plus haute que l’autre, un oeil qui voit loin et un oeil qui voit près, une protéine caractéristique des familles à hérédité de maladies cardio-vasculaires, facteur de risque supplémentaire, un rétrécissement du canal lacrymal…. Qui cherche trouve. Indeed.

    Mais hypochondriaque, non.

    Par contre, je me soupçonne d’être un chouia superstitieuse et de me dire que tant que j’ai ces petits maux (même s’ils commencent à s’accumuler), je suis protégée d’une bonne grosse maladie, genre saleté à pinces. Tout en étant parfaitement consciente que je me mets bien le doigt dans l’oeil.

    Sur ce, je vais réchauffer et poser mon masque pour soigner ma blépharite. Forcément.

  • Blue Monday

    Une agence de voyage a inventé au début des années 2000 le concept du Blue Monday afin d’inciter les météo-dépendants (comme moi) à faire leurs valises et d’aller voir ailleurs si le ciel est plus bleu. Un départ avant ou après le troisième lundi de janvier était bien entendu autorisé. C’est juste un concept cette histoire de Blue Monday. Encore que…. il semble bien que la période qui s’étend de mi-janvier à mi-février soit effectivement propice à la déprime ambiante. Les fêtes sont finies, les guirlandes lumineuses sont éteintes, le sapin est défait, les soldes nous ont ruinés, les kilos en trop s’incrustent, les bonnes résolutions s’effilochent. Bien sûr, les jours s’allongent mais notre cerveau n’a pas encore enregistré l’info.

    Moi, ça va, je ne vois pas la vie en bleu. La fête n’est jamais finie, il y a au moins deux anniversaires par mois, les guirlandes lumineuses clignotent encore toujours dans ma rue, je n’ai pas fait les soldes, les kilos en trop fondront certainement bientôt et les bonnes résolutions ne datent pas du 1 janvier.

    Autour de nous, l’ami qui était hospitalisé pour une pancréatite depuis décembre et dont on ne donnait pas cher sort demain. L’ami qui a subi un pontage en urgence il y a dix jours est déjà au volant de sa voiture. D’accord, ce n’est pas sérieux. Mais il n’est pas sérieux, on le sait.

    Par contre, pour l’ami qui est parti hier en Italie parce que sa maman est dans le coma et que son papa ne sait plus qui est sa femme ni son fils, la couleur est au bleu, c’est sûr. Je suis triste pour lui parce qu’on sait que pour sa maman, c’est la fin, pour son papa, c’est le début d’une autre vie.

  • 2025

    L’année s’est écoulée entre moments tristes comme le départ de la maman de l’Homme et de mon cousin ou comme le pénible tri de l’appartement de Mamy L. qui n’en finit pas, heureux comme toutes les fois où mes enfants m’ont confié les pioux pendant les vacances ou le long weekend à Paris avec maman et mes soeurs pour fêter les 60 ans de Swiss Sis, délicieux (trois jours dans les Langhe, une des multiples régions d’Italie riches en saveurs, un restaurant gastronomique à Bâle pour les 60 ans de mon Swiss beau-frère), douloureux (j’ai promis de ne plus parler de mes petits bobos mais j’aimerais parfois oublier que j’ai des genoux et un dos), pénibles comme les travaux de la cuisine qui se sont éternisés pendant 5 mois.

    Et puis ce fut une année de déménagements (Anaïs et Simon, Quentin et Kerya et la soeur de l’Homme), une année de petits voyages bien sympas (Venise bien sûr, l’Autriche sur les traces de mon grand-père, Vienne, la Turquie dans un format improbable mais au final très drôle et la découverte merveilleuse de l’île de Groix).

    Et puis ces retrouvailles improbables avec mes copines de primaire et secondaire lorsque mon école a fêté ses 130 ans avant de fermer définitivement sa section secondaire. Nostalgie, nostalgie.

    Au final, encore une très belle année envers et contre tout.

  • Bloody mari Christmas

    Les habituels perturbateurs noëliens se sont tenus plutôt à carreaux cette année mais pas de chance, cette fois c’est la personne que j’aime le plus au monde qui m’aura bien gâché mon Noël. Je m’étais pourtant bien juré l’année dernière que j’aurais lâché prise cette année mais il aura tout fait pour que je n’y arrive pas. Enfin, c’est surtout lui qui s’est trouvé incapable de lâcher prise.

    Il voulait que tout soit parfait. Il veut d’ailleurs toujours que tout soit parfait. Et au quotidien, je ne vais pas m’en plaindre. J’aime ça et je suis bien moins douée que lui pour atteindre un résultat proche de la perfection. Mais quand c’est Noël, qu’on a la chance de réunir la seule racine qu’il nous reste, quelques vieilles branches, les feuilles et sept petits bourgeons, avec un esprit de famille non négligeable, vouloir jouer à Top Chef en cuisine pour 21 convives, relève de l’indécence.

    Il râlait sur tout, les carottes pas calibrées, les dés de betterave coupés trop gros, les verrines réorganisées en dernière minute, les lumignons qui gênent les verres à eau sur la table, etc, etc…. Garnir 21 assiettes avec le ruban de poivron enroulé à midi, la purée de topinambour à 6 heures, les carottes (2 rouges, 2 jaunes, 2 violettes) à 3heures, la dinde, la farce à 9 heures, oui Chef, bien Chef. Et au final, on mange tiède. Il a poussé Swiss’Sis à bout, alors qu’elle vient nous aider depuis 30 ans la veille et le jour de Noël, et encore elle s’est contenue.

    Je déteste quand il est comme ça. Je n’ai pas décoléré pendant 3 jours. Il a ressassé sa frustration pendant 3 jours. Et à nouveau, Noël m’a mis dans un état de stress pas possible alors que je voulais juste en profiter.

    L’année prochaine, raclette et hot dogs !

  • Next stop: Christmas

    Le temps glisse comme le traineau du Père Noël au-dessus des cheminées. A peine rentrés de Turquie, nous avons accueilli le Grand Saint qui n’a pas pris le même avion que nous, même s’il vient de là lui aussi. Il préfère toujours prendre la mer puis un cheval aux Pays Bas et plus modestement un âne en Belgique.

    La fête du Grand Saint prend chez nous des allures de pré-Noël en famille restreinte – si tant est que 15 à table est encore considéré comme un nombre restreint – et on y prend toujours autant de plaisir.

    Puis clairement, on rentre dans l’avant Noël: cadeaux à choisir, commander, aller chercher, aider ceux qui n’ont plus l’énergie, le temps ou même l’envie. Anaïs est ma partner in crime dans ce parcours de Sherlock parce que nous, on aime ça.

    Quelques lunches avec d’anciens collègues, toujours en activité ou plus du tout, un dîner divin chez des amis où on prépare un séjour en Roumanie et où on finit la soirée autour d’un Karaoké improvisé et où les pâtes, les oranges siciliennes et le parmesan de la filière italienne passent d’un coffre à l’autre pour le plus grand bonheur de nos papilles et celles de nos enfants. Un dîner au resto pour l’anniversaire de ma chère belle-soeur duquel on est revenus en ligne pas très droite, bien malades dès le seuil de la maison passé et pour couronner l’ivresse, se rendre compte, un rien hébétés, qu’on patauge dans l’eau dans la salle de bains. Manquait plus qu’une inondation pour arroser ce repas bien ….arrosé.

    Et voilà, ce soir, on va chercher Swiss’Sis et son mari à l’aéroport, Noël peut commencer.

  • Turkish delights

    Nous n’aurions sans doute jamais choisi ce format de voyage. Organisé, en car, format retraités et plus, avec arrêts sur sites archéologiques, sur musées, sur bazars, sur mosquées, sur ateliers d’artisans de tapis, bijoux ou cuir, arrêts chronométrés et réglementés. C’est clair que cela nous a demandé un certain lâcher prise. Bien sûr , il y a eu des moments plus tendus, quand on serait bien restés une ou deux heures de plus sur le site de Pergame ou de l’ancienne ville de Troie ou encore au musée de Topkapi, quand on est passé à côté de Sainte Sophie et qu’on n’a pas pu y mettre un pied parce que pas au programme ou quand on nous emmène chez des marchands de tapis, bijoux et cuir et où une armée de vendeurs vous encerclent pendant la courte présentation et vous assaillent tout de suite après pour ne plus vous lâcher jusqu’à ce que vous achetiez un tapis, un bijou ou une veste en cuir. 

    Mais il y a eu aussi des moments vraiment lumineux. L’ambiance dans le car était vraiment sympa. Un bon paquet de troisième âge, d’éclopés, de cannes, d’appareils auditifs mais une joie de vivre et de l’optimisme à revendre. Des visites même raccourcies de sites époustouflants, du mythique Topkapi, de la mosquée bleue, de bazars et marchés éclatants de couleurs et de parfums, des petits cafés turcs en terrasse. Un tour en bateau dans la Corne d’Or, une rencontre inattendue avec un habitant qui nous a offert un thé à Gallipoli, un aperçu de dix minutes sur les impressionnantes terrasses de calcaire de Pamukkale, une cérémonie de derviches tourneurs (probablement spéciale touristes mais majestueuse néanmoins).

    Puis la deuxième semaine, on a laissé nos petits copains de car dans un hôtel all-in, on a loué une voiture et visité – à notre rythme cette fois – d’autres sites comme Ephèse, Priène, Didyme et Milet. On a poussé jusqu’à Bodrum où l’on est resté deux nuits. Le château de Bodrum est une pure merveille et abrite, grain de grenade sur le baklava, un musée d’archéologie sous-marine vraiment époustouflant.

    En deux semaines, j’ai appris un nombre incroyable de choses, j’ai rencontré une foule d’individus humainement très intéressants et attachants, j’ai vu beaucoup de beauté, en bref, il n’est pas impossible que je réitère l’expérience.

    Petite anecdote qui a bien fait rire tout le monde de ma naïveté: bien sûr, je connaissais Ataturk mais je n’avais jamais poussé la curiosité à savoir à quoi il ressemblait. Il se trouve qu’en Turquie, son portrait apparait partout. Mais vraiment partout. A chaque coin de rue, dans chaque magasin, devant chaque hôtel, etc…. Lorsque j’ai découvert un portrait grandeur poster devant notre premier hôtel, j’ai cru que le propriétaire de l’hôtel venait de mourir et qu’on lui rendait hommage à l’entrée. On m’a vite fait comprendre ma méprise et à chaque portrait rencontré, je suis devenue la mignonne petite tête de Turc du groupe.