Je supporte de plus en plus mal le comportement des gens dans la rue. Je ne peux pas expliquer pourquoi mais je ne tolère plus le simple manque d'attention, de considération. Depuis que j'ai le bras en écharpe, cela me frappe encore plus et me met encore plus en rogne.
Je ne compte plus le nombre de ceux qui traversent devant votre voiture sans le moindre signe de main, d'yeux ou luxe suprême un petit sourire, de ceux qui vous croisent dans la rue et qui regardent au sol, alors qu'on travaille dans le même bâtiment et pour le même employeur, de ceux à qui vous tenez la porte et qui passent en vous ignorant majestueusement, de ceux qui se glissent subrepticement devant vous dans un magasin ou dans une file, l'air de rien.
Je peux me consoler en pensant que ces comportements ne sont pas intentionnels. Les gens sont distraits, la tête ailleurs. Mais je pense plutôt que l'individualisme prend de plus en plus d'ampleur. L'autre n'existe pas.
Il y a quelques temps, Maïté et Quentin ont fait une petite expérience. Ils ont marché dans la rue sur le mode "je suis seul au monde". Et pour une fois dans leur vie, ils ont vu les personnes qui les croisaient s'écarter et leur laisser toute la place du monde. Ils marchaient les yeux au sol ou dans le vague mais ils étaient les rois du monde. Et ils en sont revenus choqués.
Moi qui passe mon temps à accrocher les regards des autres, je vis très mal ce refus du contact visuel. Jouer la femme invisible de temps en temps, ce peut être amusant mais au quotidien, ça use.

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