J’ai passé
des heures à regarder les vagues. Le matin quand elles hésitent encore entre gris et bleu
foncé, le soleil ne les éclairant pas encore vraiment, l’après-midi quand le soleil les
illumine et qu’elles sont transparentes et vert émeraude et le soir quand leur
transparence se colore d’or et de rose, reflet du soleil couchant.
De vraies
vagues, des vagues d’océan, pas des méditerranéennes languides et douces, des
rouleaux sauvages, des tonnes d’eaux qui s’abattent d’un seul coup en un fracas
assourdissant, des hordes de chevaux qui déferlent au galop et se transforment
en des milliers de petits lapins qui courent sur la plage.
Des vagues
puissantes, impressionnantes et sans pitié. Pas un seul jour de drapeau vert,
deux jours de drapeau jaune et 15 jours de drapeau rouge. Ce sont des vagues de
porcelaine dans un magasin d’éléphants de mer. On peut regarder jusqu’à plus
soif mais pas toucher. Ou alors jusqu’aux genoux, pas plus. Les maîtres-nageurs vivent sur les
dents de la mer les jours rouges.
Surtout les
jours qui ont suivi ce soir où la mer a bien voulu rendre – avec leur aide – le
corps inanimé d’une touriste imprudente et passée entre les mailles de leur
vigilance. On ne saura jamais ce
qu’il est advenu de cette dame, emmenée par le Samu accouru sur la plage, mais
j’ai pensé à elle tous les jours qui ont suivi en contemplant cette mer
possessive et attirante.


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