Myosottises

  • Rentrée des pioux, sortie pour nous

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    Rentrée des classes pour quatre des pioux dont une à l'école primaire, l'autre à l'école maternelle. Une rentrée toute en douceur. Petit bémol tout de même: après deux semaines, Le meilleur ami de Sappho, dont elle est inséparable depuis leur entrée à la crèche, a changé d'école du jour au lendemain, sans signe avant-coureur, sans même avoir eu le temps de dire au revoir. Ce n'est pas comme s'ils n'allaient plus se voir du tout mais le choc est grand malgré tout quand le matin on arrive à l'école et il n'est plus là. Et même si Sappho ne montre pas trop de désarroi, on ne sait pas ce qu'il se passe derrière ses beaux yeux bleus un peu perdus….

    Sortie pour nous, maintenant que nous avons rendu nos tabliers de grands-parents d'été. Alors en route pour la Bourgogne pour retrouver Gérard et Martine que nous n'avons plus vus depuis 15 ans pour lui, 20 ans pour elle. On s'est rencontrés en Italie, lui et moi comme collègues, elle et l'Homme au cours d'italien. Elle a vite trouvé un boulot d'institutrice au Lycée Français et Quentin l'a adorée dès le premier jour. Après cinq ans, nos chemins se sont séparés, nous sommes rentrés en Belgique, eux ont encore fait un petit tour de deux ans en Jordanie avant de rentrer dans leur Bourgogne. Les retrouver a été un pur plaisir. Deux nuits chez eux, deux journées enivrantes dans tous les sens du terme.

    Puis nous avons mis le cap sur l'Italie. Après une nuit dans un agritourisme absolument délicieux, nous avons pris le bateau à Ancône vers la Grèce. Trois petits jours dans Athènes la magnifique avant d'assister à ce concert tant attendu. Concert inoubliable dans un endroit magique, l'Odéon d'Hérode Atticus, juste sous l'aile de l'Acropole. Je n'en reviens toujours pas d'avoir vécu ce moment. 

    Seul bémol, une bronchite bien malvenue m'a empêchée de profiter comme j'aurais voulu de ces 3 jours à Athènes. 

    Retour à la maison pour une petite semaine, le temps de fêter avec retard nos amis lions, de retrouver les enfants et les pioux et de convertir le cadeau de mes collègues en 2 billets d'avion pour le Sud de l'Inde. Et de refaire les valises pour Venise !

    Elle est pas belle la vie de pensionnés ?

  • Petit lion

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    Maoh a fêté ses deux ans. Je n'en reviens pas comme le temps a passé. Il est devenu si grand, si beau, si drôle. Il parle tout le temps et de mieux en mieux. Il oublie un peu de nous taper sa grand-mère maternelle et moi, ce qui n'est pas fait pour me déplaire. Difficile de rentrer en contact avec un enfant qui vous repousse si sa maman est à moins de 3 mètres. Les tantes sont moins impactées, les grands-pères et les oncles encore moins. Ce sont les grands-mères, peut-être trop en attente d'affection, peut-être trop proches du modèle maternel en termes de "je te boufferais tout cru tellement je t'aime" qui le hérissent. Mais là, il semble nous avoir enfin acceptées. J'aime bien dire "nous", ça me rassure qu'il n'y ait pas que moi :-).

    C'est un petit lion comme son père et il combine le charme et le sourire de ses deux parents. J'ai adoré le voir parmi les cousins pendant cette semaine à la mer.  Et je crois que lui aussi y a pris beaucoup de plaisir. 

    On a fêté ses deux ans chez ses grands-parents maternels comme l'année dernière et comme chaque fois, l'accueil des parents de Kerya a été on ne peut plus chaleureux. On se sent chez eux comme chez soi. C'est rare que j'aime enlever mes chaussures quand je suis invitée chez quelqu'un mais là cela me semble la chose la plus naturelle du monde. Je sais qu'ils voudraient qu'on se voie plus souvent mais nous sommes toujours par monts et par vaux et sollicités de toutes parts.

    Le petit lion va être promu au rang de grand frère et peut-être cela multipliera l'occasion de nous voir….. 

     

  • L’été des pioux

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    On aura passé tout l'été avec un peu, beaucoup de pioux, passionnément, à la folie et jamais pas du tout. On aura commencé le début des vacances à la maison-jardin avec Lémoni seule, exemptée de crèche avant la rentrée en maternelle en septembre. C'était à peu près la seule semaine de juillet où il a fait vraiment beau. N'avoir qu'elle était du pur bonheur. Elle a partagé son temps entre la coquille piscine, les bulles de savon, la musique et la chasse aux cossinnelles et aux mouches.

    Après un stage à la ferme, sa soeur l'a rejointe la deuxième semaine. Mamy est venue aussi pour quelques jours. Le temps de participer à la fête des noces d'or de F. et P. et de faire quelques pots de gelée de cassis, avec l'aide des deux filles. 

    Les garçons et mini Amalia étaient au Pays de Galles pour deux semaines. Maoh ne quitte pas encore ses parents.

    Après un court retour à Bruxelles, on a repris les garçons cette fois, à leur retour d'Angleterre et Maïté et JD nous ont ramené les filles le lendemain. Malheureusement le beau temps n'a plus été de la partie et la gestion des quatre a été quelquefois plus difficile puis Anaïs est arrivée en renfort avec Amalia puis Simon quelques jours plus tard, même si en télétravail comme Maïté. 

    Nouvelle parenthèse à Bruxelles pour fêter les deux ans de Maoh puis les 93 ans de Mamy L. et départ pour un séjour à la mer d'une semaine. Cette fois, tous les enfants étaient là et cette semaine a été tellement intense tant en termes de fatigue que de bonheur absolu qu'au retour j'ai pleuré pendant une petite heure comme un enfant qui pleure parce que c'est déjà fini….. 

    On termine ces vacances comme on les a commencées, avec les deux filles, à la maison-jardin où il fait à nouveau plein soleil. On rentre mardi prochain et tout le monde se prépare à la rentrée. L'entrée en primaire pour Sappho et l'entrée en maternelle pour Lémoni. 

    Après nous partirons en vacances tous les deux et j'adorerai ce moment là aussi. Mais tant qu'ils voudront passer des vacances avec nous, moi je signe des deux mains pour l'été prochain.

    Que fait l'Homme pendant que j'écris ce billet ? Il surfe sur des sites immobiliers à la recherche d'une maison à la mer en Belgique…. Lui qui jurait qu'il n'y mettrait plus jamais les pieds, il faut croire que ces vacances lui ont tourné la tête.

  • Le cadeau

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    Je l'ai déjà dit à plusieurs reprises, dans une autre vie, j'ai dû être grecque. Cela fait quarante ans que je vibre au son de la langue grecque et de la musique grecque, rebêtiko en particulier. 

    Et voilà que début juillet, j'ai découvert, totalement par hasard, un compositeur et chef d'orchestre grec aussi connu que Mikis Theodorakis dans son pays mais très peu hors Grèce. J'ai regardé en boucle des concerts qu'il a dirigés et où la majorité des morceaux joués étaient ceux que j'aimais depuis 40 ans, réalisant par la force des choses que c'est cet homme là qui a composé tous ces fabuleux  morceaux. Le regarder diriger les musiciens et les chanteurs était juste du pur bonheur. Je peux même dire qu'il était fringamment séduisant malgré son âge avancé.

    De fil en aiguille, j'apprends qu'il donne un concert le 3 septembre qui s'annonce "Stavros Xarchakos. Rebêtiko, 40 ans après". C'est comme si une boucle se bouclait. Pistache sur le baklava, ce concert se donne en plein air sur le flanc de la colline qui mène à l'Acropole, dans l'Odeon d'Hérode Atticus. Il y a 4 ans, en redescendant de l'Acropole, je me suis arrêtée pour écouter et regarder les répétitions d'un concert prévu le soir. J'ai regretté depuis ce moment de n'avoir pas cédé à l'envie de prendre des places pour être là, même sans savoir vraiment qui donnait un concert ce soir là, tellement l'endroit est magique.

    La billetterie ouvre le 10 juillet. La nuit, l'idée surgit. Et pourquoi pas en fait ? Si je ne cède pas à mes envies maintenant, quand le ferais-je ?

    Il y a ce cadeau qu'ils m'ont offert pour mes 60 ans. Un voyage au choix que je n'ai jamais eu l'occasion de choisir because of Covid. Et si je choisissais pour destination Athènes pour quelques jours début septembre ? Oui mais. Oui mais on descend à Venise mi-septembre, c'est un peu exagéré. Oui mais j'ai une intervention prévue chez la dermato. Oui mais on a un rendez-vous chez l'ophtalmo. Oui mais on est invité chez Anne et Guido. Oui mais on descend en Bourgogne chez Gérard et Martine fin août. 

    Mais la pulsion est très forte. J'en parle à l'Homme, pensant qu'il me ramènerait les pieds sur terre. Il a répondu: "ok, on prend le bateau à Ancône". 

    Le 10 juillet à midi, j'avais deux places à l'Odéon. On a mis quelques jours à trouver encore des places sur un bateau, un hôtel à Athènes, on a reporté l'ophtalmo et la dermato, réorganisé les rendez-vous avec les amis. 

    Je n'en reviens toujours pas. Mon excitation s'est un peu calmée mais je suis comme un enfant qui attend Noël. Je crois que je ferais bien d'avoir des coups de folie plus souvent. De toute manière, c'est maintenant ou jamais. 

  • Première semaine de vacances

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    Je dis çà mais c'est une vue de l'esprit. La première semaine de juillet n'est plus vraiment la première semaine de vacances. Nous, on est maintenant en vacances toute l'année. Et nos pioux scolarisés ne sont même plus en vacances dès le 30 juin, ils se trainent une dernière semaine jusqu'au 7 juillet. Dans certaines écoles, ils poussent le bouchon jusqu'à leur donner congé l'après-midi pour que les maîtresses puissent ranger les classes mais par contre, pas question de partir en vacances dès le 1 juillet.

    Mais ceci dit, nous on a bien commencé le mois de juillet.

    Samedi: on a passé la journée en cuisine tous les deux pour recevoir les "amis du badminton", ceux avec qui les plaisirs de la table sont les plus intenses et ce fut une bien belle soirée. Exquise tant dans l'assiette (en toute modestie 😉 ) qu'autour de la table. Ma jolie nappe malgache de Noël n'a pas apprécié par contre la tache de vin dont on l'a gratifiée. On a tout de suite couvert la tache avec du gros sel mais j'ai appris ensuite que c'est la dernière chose à faire car le sel fixe les pigments. Après dix lavages, la tache est toujours là…. 🙁

    Dimanche: Sappho fête son anniversaire avec ses copains cette fois et Lémoni est donc venue chez nous avec Sam Sam, Amalia et leurs parents. Et le soir, Sappho, ses parents et Jules nous ont rejoints pour terminer le boeuf bourguignon de la veille. Inutile de dire que même si je n'avais dormi que 5 heures la nuit précédente, je raffole de ces moments-là. Il ne manquait que Quentin, Kerya et Maoh.

    Lundi: Lunch avec petite Anne, toujours le même bonheur de la retrouver. On s'est demandé à quel moment on s'était retrouvées, des années après la fin de nos études, et on n'est pas parvenues à mettre une date, une période sur ce moment-là. Mais toujours est-il que cela fait bien 20 ans que l'on se retrouve toutes les 4-6 semaines pour un lunch voire plus. Après le lunch, la fatigue était si forte que j'ai lâché prise et accepté de faire une exceptionnelle petite sieste.

    Mardi: Rendez-vous le matin avec la dame de l'agence immobilière pour régler les derniers détails de la mission de vente de l'appartement de maman que nous lui confions. J'espère que cette fois-ci ça marchera. A midi, nouveau lunch, cette fois avec deux ex-collègues et j'ai passé un moment délicieux. Le boulot ne me manque vraiment pas mais les collègues, oui, vraiment.

    Mercredi: Soldes pour l'Homme. Il se contente d'une belle paire de chaussures. Il faut dire qu'on a fait le plein de chemises il y a à peine un mois. Soirée déclaration d'impôts pour maman. Tout ce que j'aime 🙁

    Jeudi: Soldes pour Madame. Moi je dévalise le magasin. L'Homme m'accompagne. Je m'étonne toujours de le voir accepter tous ces essayages pendant plus d'une heure. Mais lui m'assure qu'il aime ça. Du moins dans une boutique où les vêtements sont encore bien pendus sur des cintres et pas roulés en boule au sol et où il y a peu de monde. Fin d'après-midi, Quentin, Kerya et Maoh nous ont rejoints et sont restés manger pour notre plus grand plaisir. 

    Vendredi: Canicule en vue. Dernier jour de crèche pour Lémoni qu'on emmène un jour plus tôt à la campagne pour une durée indéterminée. Une première semaine seule puis sa soeur et ses cousins suivront au gré de leurs vacances, stages et autres besoins des parents. Et je ne vais pas bouder mon bonheur.

  • Ceci est une première

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    Dans la famille des Chicoufs, je demande l'aînée. Six ans, toutes ses dents de lait, des yeux malicieux, un rire qui me fait fondre. Six ans, c'est l'âge où j'ai décidé qu'ils pouvaient décemment passer une journée avec Nonno et Bonnie. Elle ouvre donc le grand cycle des sorties où le temps leur est totalement consacré sans cousin, sans cousine, sans soeur et sans frère.

    Nous avions prévu d'aller la chercher à l'école à midi et de l'emmener d'abord au restaurant. Nonno a eu un imprévu et nous y sommes allées sans lui. Epreuve resto réussie: elle se tient bien, elle dit merci et surtout surtout elle enroule ses spaghetti autour de la fourchette bien mieux que tous les adultes présents dans la salle. A défaut de l'avoir dans le sang, elle a appris l'Italie comme on l'aime. Elle s'est même fendue d'un timide "grazie" qui lui a valu un "arrivederci signorina" en partant. On a ramené un plat à emporter à Nonno qui mourait de faim à la maison puis nous sommes montés – avec lui cette fois – vers le musée Magritte. 

    C'était peut-être un peu tôt pour elle – le temps de contemplation devant chaque tableau n'a pas dépassé la minute et demie – mais elle en aura retenu l'essentiel. Bien sûr elle a dit "Mais si, c'est une pipe !" avant qu'on ne lui explique la Trahison des images. Elle a aimé le trou de serrure qui laisse apercevoir une …. clé et je lui ai montré mes deux préférés, l'Empire des Lumières et le Domaine d'Arnheim. Mais quand, à la sortie, je lui ai proposé de choisir 3 cartes postales en souvenir, elle a choisi des tableaux tout à fait inattendus. Par contre, à peine sortie du musée, elle avait déjà oublié le nom du peintre alors qu'elle identifiait sa signature sur chaque tableau. Quand l'Homme a voulu l'aider et lui a dit que son nom ressemblait un peu à une petite fleur au coeur jaune et pétales blanches, on a évité de justesse le René Pâquerette !

    On a terminé l'après-midi au parc où on a pu admirer, nous pour la première fois, elle pour la seconde, les sculptures du Chat de Geluck !

    Je crois qu'elle a aimé cette journée, moi j'ai adoré et j'ai déjà envie de fêter les six ans et demi pour ne pas devoir attendre les sept.

     

     

  • Italie 2023 – Acte 3 – Scène 2

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    Lundi: Le ciel est à nouveau gris… Seule la perspective de retrouver Kristien et Kristof à Turin ce soir maintient mon moral à un niveau acceptable. En attendant, je dévore "Trois". On prend la route vers 16h toujours sous la pluie pour arriver à Turin sous un ciel plombé, sans pluie mais lourd d'humidité maximale. L'orage s'annonce ici. On trouve quand même le temps de prendre l'apéro dehors avant d'aller manger chez eux. Il est très rare que l'on se retrouve à quatre et c'est une soirée exceptionnelle que nous passons avec eux. 

    Mardi, mercredi: Cette fois la coupe est pleine. Il pleut sans discontinuer toute la journée. A mon tour de vouloir plier bagages et de rentrer. Mais la perspective de trois jours de soleil pousse l'Homme à m'encourager à rester. Impossible de sortir se promener, il fait marécageux partout. Donc on se résigne à lire et à regarder des séries. Et en fait, c'est bien aussi. 

    Jeudi, vendredi, samedi: Enfin le soleil est revenu ! On profite un maximum de ces 3 jours qu'il nous reste. Et on passe encore une dernière soirée avec les Turinois.

    Dimanche: On quitte cette magnifique maison, encore une fois à regrets en ce qui me concerne. Mais contents d'avoir passé ces deux semaines ensemble, presque rien qu'à nous deux. 

  • Italie 2023 – Acte 3 – Scène 1

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    Lundi: Nous voilà repartis pour un tour. Toujours les Alpes italiennes, toujours la montagne mais cette fois en Piémont et non plus dans un petit refuge minuscule pour deux mais dans une vieille maison du XIXème prévue pour héberger 12 personnes. Au départ, l'idée était d'y passer quelques semaines en été avec toute la tribu mais les calendriers ne se sont pas accordés cette année. Qu'à cela ne tienne, on a décidé de "tester" la maison en juin, rien qu'à nous deux, les grands espaces ne nous ont jamais fait peur, bien au contraire. Ce soir, on s'arrête à Pontarlier, dans la même maison d'hôtes qu'en avril. Même chambre. J'appréhendais un peu de me retrouver dans le même lit où j'ai appris dans la nuit la mort de Michèle mais j'ai dormi sans me réveiller et mes craintes se sont envolées.

    Mardi: Le soleil brille, on passe le col du Grand St Bernard, enfin ouvert, et on descend vers l'Italie. Arrivée sans encombres, sauf le portail de la maison où, bêtement, l'Homme inflige à la voiture sa première griffe. Il fulmine intérieurement tout en faisant bonne figure auprès de la dame qui nous accueille. La maison est magnifique, le jardin aussi, tout en étages. Mais tout est détrempé. Il pleut depuis des semaines ici. Et cela n'a pas l'air de vouloir s'arrêter. Notre enthousiasme pâlit un peu mais on s'installe dans ce douze pièces.

    Mercredi: Le temps est nuageux et le soleil perce timidement de temps à autre. On tente une petite lecture au jardin. L'après-midi, on décide de remplir le frigo pour les dix prochains jours et on descend vers la plaine où la température monte de 10 degrés et le soleil brille de tous ses rayons. On reprend bêtement espoir mais de retour au bercail, le temps est à nouveau bien gris et l'Homme parle déjà de rentrer à la maison.

    Jeudi: On passe la journée en mode farniente et on réussit malgré tout à profiter de ce que le soleil nous offre entre de gros nuages blancs ou gris. Je vais même jusqu'à enlever mes ballerines. Bien mal m'en prit, une abeille passant par là a pris mes orteils pour une fleur et s'apercevant de sa méprise, s'est vengée en me faisant cadeau de son dard, paix à son âme. J'ai maintenant un coussinet tout gonflé sous le pied et je marche sur des oeufs.

    Vendredi: Journée pluie. C'est déprimant au possible. J'ai beau essayé, je n'aime définitivement pas la pluie. Je dois déployer beaucoup d'arguments pour empêcher l'Homme de refaire les valises. On a tenté une balade en montagne mais la pluie nous a fait rebrousser chemin. Heureusement, il y a des livres et des séries sur Arte.

    Samedi: Toujours un ciel plombé et des pluies drues intermittentes. Journée déprimante à souhait. Heureusement j'ai trouvé dans la bibliothèque de cette jolie maison un livre français traduit en italien. Trois de Valérie Perrin. J'adore. 

    Dimanche: Enfin le soleil est sorti. Les lézards bibliophiles sont contents. On n'aime rien tant que de rester allongés au soleil à bouquiner. C'est l'élément central de nos vacances farniente. Bien sûr, l'orage a grondé vers 16 heures mais c'était déjà bien mieux que rien. On reprend des couleurs au sens propre comme au sens figuré.

  • Le monde des urgences

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    Jeudi, j'ai fait un petit tour aux urgences. Rien de grave, juste un doute (est-ce que je ne suis pas en train de faire une nouvelle pneumonie, moi ?), un médecin traitant en vacances au Mexique, un autre médecin qui n'accepte plus de nouveaux patients (bon, tant pis), et un départ en vacances le lundi suivant. Pas vraiment d'autre choix que d'oser encombrer les urgences. Mais personne ne me l'a reproché sur place, il faut bien le dire.

    J'y suis restée une longue après-midi et une soirée, le temps de faire une kyrielle d'examens (la petite dame a quand même déjà fait une petite embolie et on préfère ne pas passer à côté d'une récidive) et d'en attendre les résultats qui ont bien entendu confirmé mon petit doute.

    Et ce long moment de patience m'a donné l'occasion d'observer mes congénères humains. Le monde des urgences est un microcosme en soi. 

    Il y avait une maman africaine qui accompagnait son mari qui s'était foulé voire cassé la cheville et qui l'attendait dans la salle d'attente avec son bébé de 8-9 mois. Elle avait deux portables, un pour elle avec lequel elle a enchaîné conversation sur conversation et un autre pour son bébé qui regardait (déjà) une video "Dans sa maison, un grand cerf regardait par la fenêtre…..". Je ne suis pas restée longtemps dans la salle d'attente (par chance!) et je ne saurai jamais combien de temps elle a pu tenir ce rythme.

    Il y avait ce jeune Espagnol accompagné d'un copain qui lui faisait la conversation après un épisode de choc anaphylactique, visiblement après avoir mangé du poisson. Ce devait sans doute être la première fois que cela lui arrivait et il devait avoir eu la frousse de sa vie. Son copain essayait de le détendre un peu en lui faisant la liste "googuelisée" de tous les aliments qui pouvaient lui être fatals. L'autre riait d'un jaune nerveux et passait en revue tout ce qu'il avait mangé depuis le début de la semaine.

    Il y avait cette petite dame portugaise qui s'était fait renverser par un vélo et qui s'était fracturé le coude. L'infirmière lui a demandé si elle tenait beaucoup à son joli petit gilet orange et la dame a dit oui. Mais quand on lui a expliqué que ce serait sans doute douloureux de lui enlever son gilet normalement, elle a accepté vaillamment qu'on découpe la manche aux ciseaux: "Bah, un gilet, ça se remplace…." Son mari est arrivé une heure plus tard, elle n'était toujours pas embarquée pour la salle d'op et elle lui a répété, en portugais cette fois "Bah, un gilet, ça se remplace…"

    Il y avait cet Anglais qui ne tenait plus sur ses jambes parce que les 5 grammes d'alcool qu'il avait dans le sang rendait sa marche on ne peut plus instable. Sa femme est arrivée à peu près en même temps que lui et n'a cessé de se fâcher sur lui. Elle le traitait de tous les noms d'oiseaux ivres et lui, plus imbibé que dix babas au rhum, lui répondait avec autant de verve pâteuse. Les Espagnols ont cessé de faire des listes alimentaires pour rire sous cape dans le box voisin. L'Anglais voulait absolument aller aux toilettes, le médecin refusait qu'il se lève et l'enjoignait à utiliser le bocal ad hoc. L'Anglais essayait de se lever, sa femme le replaquait au lit avec une force insoupçonnée. Il a fini par accepter le bocal mais bien entendu n'a pas su viser et quelques litres d'alcool ont arrosé le sol, au grand dam des infirmières. Les Espagnols ne se tenaient plus.

    Je suis rentrée tard le soir et j'ai eu une pensée particulière pour tous ces soignants qui vivent cette réalité jour après jour, nuit après nuit. 

  • Threenager

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    Crédit photo @Sis'Cile

    C'est le mot que sa maman a trouvé pour qualifier "cet enfant de mai qui ne fait que ce qui lui plait". Elle ne pouvait pas mieux trouver.  Ce petit bout d'homme, pas plus haut que trois pommes, a un sourire et des yeux enjôleurs. Il vous susurre "je t'aime" comme personne parce qu'il a compris qu'il vous fait fondre comme une boule chocolat sur un cornet tenu par un enfant gourmet, pas gourmand. Il murmure "non" avec la même candeur et la même douceur, dès que vous lui demandez de faire quelque chose ou tout simplement d'obéir. Il connait aussi toutes les ficelles pour vous faire rire et détourner votre attention de ses bêtises.

    Il est indépendant et ne veut rien faire comme les autres. Il ne cherche pas à être meilleur. Si son frère, qui lui n'aspire qu'à cela, crie "J'ai gagné ! ", il crie avec le même enthousiasme et la même jubilation "j'ai perdu !". 

    Alors quand sa maman a décidé d'organiser son anniversaire sur le thème de Peter Pan, il n'a pas du tout aspiré à endosser la tenue du petit garçon qui ne voulait pas grandir, il a voulu se déguiser en Michel, le petit dernier de la famille Darling, celui qui traine son nounours partout derrière lui.

    C'était le plus réussi des anniversaires, tant tout le monde a mis du sien pour réussir les costumes de Peter Pan, Capitaine Crochet, Michel, Monsieur Mouche et l'enfant perdu, pour faire de trois planches, une couverture et un vieux drap, un bateau fantastique, et pour couronner le tout un gâteau merveilleux. 

    C'était magique ! Happy 3 mon Sam Sam !