Myosottises

  • Qu’est ce que tu veux faire plus tôt ?

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    Lors de notre descente à Turin, nous avons voyagé avec deux anciens comme nous de Tours à Turin. Une de mes sorcières bien-aimées et son mari. Nous avons parlé de tout et de rien tout au long du trajet, parfois somnolé (pas l'Homme au volant heureusement), grignoté, discuté. Au détour d'une de ces discussions, quelqu'un a demandé: "Et si tout était à refaire, vous auriez fait quoi comme boulot ?" Indépendamment de la contrainte alimentaire."

    Nos réponses étaient spontanées, on n'a pas trop réfléchi et c'était intéressant.

    Elle aurait voulu s'occuper d'animaux abandonnés, tenir un refuge. Elle a été comptable quelques années puis ils se sont lancés tous les deux dans la gestion d'une maison d'hôtes avec beaucoup de succès en Touraine. Aujourd'hui les clients devenus de plus en plus odieux (pas tous mais ceux qui le sont sont de plus en plus insupportables) la rendent folle et elle doit sans doute penser que les animaux seraient bien plus reconnaissants du mal qu'elle se donne. 

    L'Homme aurait été pilote d'avion de chasse. Sa maman n'a pas voulu, elle a sans doute craint qu'il ne meure trop jeune. Je savais qu'il avait regretté ne pas être passé outre mais pas qu'il le regrettait encore aujourd'hui. Enfin, bon, si on lui pose la question, comme ça, de but en blanc. Mais il a quand même reconnu qu'il n'aurait sans doute pas eu la même vie que celle qu'il a eue (sous entendu moi, les enfants, etc….) et que celle-là n'avait pas de prix. Pfiou….

    Lui aurait voulu travailler le bois. Etre un artisan. Ou mieux encore un compagnon. Ça m'a surpris, lui qui est un entrepreneur né, qui aime les investissements à risque, je ne le voyais pas dans une filière que je considère – peut-être à tort – comme très posée, très sage. 

    Et moi, moi, j'aurais aimé soit être comédienne, j'ai toujours aimé les planches, même si au-delà de mes vingt ans, je n'en ai plus guère eu l'occasion. Ou j'aurais aimé garder des enfants en bas âge. Je l'avais même sérieusement envisagé avant de rentrer vraiment dans la vie professionnelle mais l'Homme m'avait fermement découragée. Je suppose qu'il ne voulait pas rentrer chez lui et trébucher sur un train électrique ou glisser sur un ours en peluche. J'ai toujours un peu regretté. Rien d'étonnant donc que je suis aujourd'hui aux anges quand je garde quelques jours, ou plus si affinités, l'un ou l'autre de ces merveilleux pioux.

  • 30 ans

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    C'est un anniversaire un peu spécial. Du genre où on ne pense pas être invité. Et pourtant ils l'ont fait. 

    Il y a 30 ans le bureau pour lequel je travaille à Bruxelles ferme ses portes et déplace ses activités à Turin en Italie. On est 60 à choisir de suivre et de tenter l'aventure italienne. Je suis à peu près la seule à avoir des enfants et la moyenne d'âge de cette belle bande approche à peine les 30 ans. Pour moi, les neuf premiers mois de cette année 1995 sont sans doute les mois les plus durs de l'année; je laisse trois enfants de 3 à 7 ans à Bruxelles avec leur papa et même si je reviens tous les jeudis soirs pour repartir le dimanche après-midi, je souffre terriblement de cet éloignement. Même s'ils m'ont rejointe en Italie pour l'année scolaire suivante, cette séparation m'aura marquée à vie. 

    Par contre, les collègues célibataires ou pas se retrouvent comme au Club Med. Il faut préciser que l'hôtel où nous logeons tous les premières semaines, le temps de trouver un logement, est accolé au bureau et dès 17h30, tout le monde se retrouve chaque soir pour l'apéro et au fil du temps, plus si affinités. Et les liens se créent, les amitiés naissent. De celles qui durent pour l'éternité. C'est là que sont nées les sorcières et rien ne saurait rompre ce lien en acier (et caractère) trempé.

    Et voilà que ce bureau que nous avons quitté depuis bien longtemps pour certains décide de fêter ses 30 ans et d'inviter au-delà de son personnel actuel tous ceux qui ont travaillé là depuis le début. Oui mais, protection des données oblige, le bureau n'a pas pu garder les adresses de tous ces gens. Tout est parti de l'un ou de l'autre encore présent sur place qui connaissait encore untel qui avait encore l'adresse d'un autre et comme une boule de neige, le nombre de personnes contactées a grossi, grossi et chacun a appelé l'autre et comme un seul homme, un nombre considérable d'"anciens" a pris un billet d'avion, une réservation d'hôtel ou d'Airbnb pour Turin.

    C'était une vraie fête, des retrouvailles parfois très émouvantes, des cheveux blancs pour certains mais dès les premiers mots ou le premier rire, on retrouve le visage de 30 ans de moins. Pur bonheur, coeurs emplis de joie, oeil pétillant et pour reprendre les mots d'un ancien: contrats de travail devenus pactes d'amitié à vie.

    Je mesure la chance que j'ai eue non seulement de vivre une expérience professionnelle comme celle-là  mais aussi d'avoir eu l'occasion de fêter avec tous ceux là cette chance inouïe.

     

  • Weekend de rêve

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    L'autre jour, C. m'a dit "Mes enfants sont venus tous les deux ce weekend pour fêter l'anniversaire de J.; c'était le bonheur absolu. Après ça, je peux mourir". 

    Je pense que j'en pourrais dire autant après ce dernier weekend si je n'avais pas tant le désir de poursuivre encore l'aventure, voir grandir les pioux, rire avec les grands et les petits, danser et chanter avec les amis et fêter la vie chaque jour du temps qu'il me reste.

    Ce weekend était juste parfait. On avait loué un gîte dans les Ardennes pour fêter nos 40 ans de mariage avec toute la tribu. L'Homme a lâché prise sur l'organisation des repas et chaque couple a pris en charge un des trois repas. Déjà rien que ça, ça changeait toute la dynamique. plus de grand maître absolu en cuisine, plein de nouveautés et d'autres manières de faire, l'Homme disponible pour autre chose (une partie de billard avec les grands, une partie de babyfoot avec les plus petits, une concentration sur l'apéro, …). J'ai adoré. 

    Premier cadeau de la soirée: un puzzle de 1000 pièces représentant une photo de notre mariage. Chacun a bien essayé d'apporter sa petite pièce tout au long du weekend mais cela s'est avéré bien plus compliqué que prévu. Qu'à cela ne tienne, je me mets au défi de le terminer avant Noël. 

    Après le risotto marrons et champignons des bois, une gageure pour 15 un vendredi soir, une fois tous les enfants couchés, deuxième cadeau. Ils ont récupéré les vieilles cassettes HI8 de notre mariage, de leur enfance, à Bruxelles et à Turin et les ont converti en mp3 et préparé un montage de deux heures. Bonheur de replonger de 30 à 40 ans en arrière, de revivre ces moments heureux qui semblent avoir eu lieu hier, juste hier.

    Le lendemain, piscine, billard, babyfoot, puzzle et l'après-midi, longue promenade en forêt, les grands devant, les petits derrière, armés de bâtons magiques, motivés par un "glaçage" façon Reine des Neiges des sorcières, vampires et autres malfaisants de la forêt, ce qui suppose un arrêt tous les 50 mètres mais nous a évité de porter sur les épaules ces apprentis sorciers aux petites jambes. Retour au chaud et nouveau plongeon dans la piscine, apéro et délicieux coquelets-purée de chou-fleur.

    Dimanche, cerise sur le dernier cadeau: un pestacle tellement drôle et émouvant que j'en pleurais. Pièce en un seul acte et quatre scènes: le cours de danse, la demande en mariage, le mariage, le service après-vente. Pour rappel, nous nous sommes disputés après le mariage, j'ai voulu qu'il me ramène chez mes parents et mon père a voulu détendre l'atmosphère en déclarant qu'il était désolé et qu'il n'y avait pas de service après-vente. Samuel dans les baskets improbables de mon père était magnifique. Jules et Lémoni déguisés en nous deux étaient craquants et Sappho en maître de cérémonie était parfaite. 

    Dernier repas, gyozas, wontons et petites billes de riz gluant fourrées au sucre de palme, à tomber…..

    Et puis ce fut déjà l'heure de partir. J'ai réussi à verser quelques larmes avant de fermer la porte. Je n'y peux rien, le bonheur absolu me gonfle le coeur et il déborde par les yeux.

  • Une sainte horreur des adieux

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    Je dois l'avoir déjà consigné par ici, j'ai une sainte horreur des adieux. Je peux m'en rendre malade. Le simple fait de quitter un lieu de vacances que l'on a investi pendant 3 semaines et que j'imagine ne probablement plus jamais revoir me fait monter les larmes aux yeux. C'est en fait aux merveilleux moments que j'y ai passés que je dis adieu, je le sais bien mais ça ne change rien à l'affaire.

    Quitter la maison que nous avons habitée pendant 4 ans en Italie m'a arraché des sanglots indécents, assise par terre dans ma cuisine – plus une chaise, tout était dans le camion de déménagement, qui me narguait en bas de la maison – , complètement dévastée à l'idée de quitter cet endroit. Je crois bien, honte à moi, avoir pleuré là plus de larmes que je n'en ai versé aux différents enterrements auxquels j'ai assisté. Même de mes aimés. Mais c'est vrai qu'aux enterrements, je reste digne….. 

    Alors en ce mois de novembre bien gris, j'ai dit adieu cette semaine à un arbre. Celui qui domine de toute sa majesté la maison-jardin, celle qui a vu naître mon père, grandir mes soeurs et moi, jouer nos enfants et jusqu'à aujourd'hui mes petits enfants. Il s'est creusé dangereusement à la base, mangé par un vilain champignon et la mort dans l'âme, j'ai accepté qu'on l'abatte avant qu'il ne s'en charge tout seul sur la maison des voisins. J'ai même fait appel à une "docteur des arbres", qui se dit "pour l'acharnement thérapeutique" mais même elle a signé son arrêt de mort. J'ai quitté la maison-jardin en pleurant en lui jetant un dernier regard.

    Et ce mois aussi, maudit soit-il, je vais faire mes adieux à l'appartement qui a abrité notre amour à ses débuts, mon premier chez-moi, mon premier nid, où j'ai couvé trois petits, où j'ai vécu dix ans de bonheur absolu avant de partir pour l'Italie, en abandonnant l'appartement à ma soeur. Il a finalement été décidé de le vendre. Mais fermer une porte en sachant qu'on peut y retourner, même quelques instants, c'est très différent de fermer la porte pour toujours.

  • Les menus détails

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    Hier j'ai passé la journée seule. L'Homme devait s'absenter et j'en ai profité pour réduire un chouïa la to do list. Et quand je suis seule, je suis forcément moins distraite par tout ce que j'ai à raconter à l'Homme ou par tout ce qu'il me raconte lui et je suis beaucoup plus attentive et réceptive aux menus détails .

    Les petits riens qu'on ne remarque pas forcément mais qui changent tout. 

    Je suis allée chez le notaire porter nos testaments respectifs. On a voulu que le bien qui constituera le domicile conjugal au moment où l'un de nous tirera sa révérence revienne entièrement à l'autre. Pour cela, il fallait consigner cette volonté dans un testament. Il fallait aussi que celui-ci soit manuscrit et la veille, nous nous sommes prêtés tous les deux à l'exercice. Bien sûr, j'ai écrit le texte d'un seul jet et de ma belle écriture légendaire. L'Homme a dû s'y reprendre à plusieurs reprises et a chiffonné un certain nombre de débuts de copie en bougonnant haut et fort, pour une fois que je suis meilleure que lui. Lorsque j'ai déposé l'enveloppe ouverte avec nos deux copies au secrétariat du notaire, la gentille dame à l'accueil a jeté un oeil à l'intérieur de l'enveloppe et n'a pu s'empêcher de s'exclamer : "Oh quelle belle écriture !" et moi je n'ai pas pu réprimer un sourire de fierté et un petit "C'est la mienne !" de première de classe.

    Je suis allée à l'hôpital prendre rendez-vous pour une radio de mon dos et un scanner de ma hanche. L'orthopédiste est vraiment perplexe sur mes douleurs et ne comprend pas bien ce que j'ai. Ce qui bien sûr ne me rassure pas vraiment. J'ai patienté un petit quart d'heure que ce soit mon tour et j'avais en ligne de mire un gars qui accueillait les patients venus pour une IRM ou un PET-scan. Il avait un don inné pour les mettre à l'aise, demandait systématiquement s'ils étaient bien à jeun – ce qui n'était pas requis – et devant leur air ébahi et interrogateur, il les rassurait tout de suite en leur disant que c'était une blague. Les patients se détendaient illico et il enchainait en parlant de tout et de rien, du petit fromager ou du magnifique parc qu'il connaissait près de chez eux à la lecture de leur adresse. Et je me suis dit que ce type était vraiment cool et que tous ceux qui accueillaient les gens un peu stressés devraient en prendre de la graine.

    Je suis allée chercher deux poulets pour le weekend et la petite marchande de volailles était tellement chou. Elle a pesé les deux poulets et ils pesaient exactement le même poids à un gramme près. Elle a dit "je pense que ce sont des jumeaux". Je ne sais pas si elle y croyait ou si elle plaisantait mais elle était dans son histoire quand elle a ajouté "parfois les frères et soeurs se ressemblent moins que les cousins". Elle m'a fait rire. Et c'était bien.  

    Ce sont d'infimes petits riens mais qui peuvent changer la couleur du monde, quand on prend la peine de les distribuer et de les voir.

  • Les petits plaisirs

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    Après tout un été de pioux, dix jours rien qu'à nous deux. Enfin presque. Voilà quelque temps que J et S insistent pour qu'on passe quelques jours avec eux dans cette île au large de la Sicile, plutôt difficile d'accès. Ils y ont loué un dammuso pour une dizaine de jours pour y convier quelques amis. Le hic, c'est qu'ils ont réservé aux mêmes dates où nous avons déjà depuis longtemps notre réservation dans notre sacro-sainte Venise. Et donc, un peu de guerre lasse, un peu pour ne pas les vexer, nous avons fini par amputer notre séjour à Venise de 3 jours, pris nos billets d'avion Venise-Palerme, Palerme-Pantelleria et Pantelleria-Venise. Et nous nous sommes embarqués, un peu la moue boudeuse. A tort, comme toujours, quand nous chaussons nos souliers de plomb. L'île est belle, même si nous ne la voyons pas avec les mêmes yeux amoureux que J. – mais nous pouvons comprendre puisque nous vivons cet amour inconditionnel avec la Sérénissime – mais surtout ils ont invité des amis que nous ne connaissions pas à l'exception d'un couple. Et c'est là que souvent la magie opère. Tous plus sympas les uns que les autres, de belles personnes, drôles aussi. Un couple de Romains, un couple de Roumains, un Napolitain et une Néerlandaise. Un arc en ciel d'horizons différents. Et on en repart plus riches qu'avant.

    Retour à Venise où nous avions laissé la voiture, changement de valises et nous voilà à nouveau dans la ville du bonheur. On retrouve notre sous-toiture, notre terrasse sur le toit. Et c'est parti pour dix jours d'expos, de restos et de journées lecture en mode lézard. Je suis toujours émerveillée de voir qu'on peut passer dix jours ensemble H24 sans jamais s'ennuyer ou avoir envie de souffler. Je suis bien avec lui et il me semble bien avec moi.

    J'ai dévoré trois livres: Limonov d'Emmanuel Carrère; la Danse de la Mouette d'Andrea Camilleri; et Pierre-Auguste Renoir, mon père de Jean Renoir. A la descente, on s'était arrêté pour voir une expo sur les Regards Croisés de Renoir et Cézanne. Et j'ai acheté le livre pour poursuivre cette plongée dans la magie de Renoir.

    On s'est offert cinq expos tout aussi différentes qu'intéressantes:

    • Une installation d'Eva Jospin assez féérique, une forêt faite de tableaux brodés et de cartons finement ciselés. Un magnifique travail et une impression de toute beauté.
    • Une rétrospective sur l'oeuvre de Robert Indiana, connu surtout pour sa sculpture du mot LOVE, reprise sous des dizaines de forme, mais qui a créé bien plus que ça en grand maître du pop art. J'ai adoré.
    • Une installation complètement folle reconstituant un soi-disant mont de piété à l'endroit même de l'ancien Mont de Piété de Venise, devenu la Fondation Prada (!), un amoncellement d'objets totalement disparates, des piles de journaux, des outils, des collections de luges, des vélos, des bijoux de pacotille par  centaines, des civières de la Croix-Rouge, des monceaux de vêtements, j'en passe autant que j'en oublie. 
    • Une exposition sur l'artiste de rue Ernest Pignon-Ernest, des portraits magnifiques dessinés au fusain de Pasolini, Alma Akhmatova ou Forough Farrokzhad, poétesses l'une russe, l'autre iranienne, faisant écho à mes lectures toutes récentes. Je ne les connaissais pas avant de les lire cette année et je les retrouve par hasard – mais est-ce un hasard ? – dans  cette expo.
    • Une grande foire d'artisanat du monde entier organisée sur le thème de la vie à la mort. Beaucoup de belles choses en peu de temps.

     

    Et last but not least, on s'est régalé dans quelques restaurants, connus ou découverts, mais pour la plupart exquis dans l'assiette et dans le verre.

    Bref, encore un séjour haut en bonheur. 

     

  • Chaque minute compte

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    Déjà plus d'un mois que nous sommes rentrés du Portugal et le temps a à nouveau filé. On a repris le collier des retraités occupés. Le médecin m'a prescrit une échographie pour confirmer la trochantérite mais pas moyen d'avoir un rendez-vous avant un mois. Je vais donc traîner la patte pendant encore un moment. On a filé à la maison-jardin, seuls, pour mettre de l'ordre tant dans la maison que dans le jardin. 

    Pendant que mon fils/coach adoré est en vacances, je reprends le chemin de la salle de sport et je tente dans cette salle les cours de yoga et de Pilates. Essai approuvé. Cela me convient. Quand mon bien-aimé coach reviendra, j'essaierai de combiner le tout. 

    On a terminé l'été en beauté à Disneyland Paris avec presque tous les enfants, Amalia était encore trop petite pour en profiter vraiment et Oona était là mais plus parce qu'elle ne pouvait pas encore quitter sa maman pendant 3 jours d'affilée. Il y a ceux qui adorent et ceux qui détestent. On fait clairement partie des "Dingos de Disney", moi la première. Trois jours après notre retour, je pourrais y retourner sans me lasser. Une fois dans ce monde irréel, j'oublie tout. 

    On a rentré les bûches pour l'hiver et il fait tellement frisquet qu'on a déjà allumé un feu. 

    On a pris rendez-vous avec un notaire pour changer notre contrat de mariage et rédiger un testament chacun, à la fois pour protéger celui de nous deux qui aura le triste de privilège de survivre à l'autre et lui permettre de garder son domicile à 100% et pour éviter aux enfants de payer deux fois les droits de succession. C'est une démarche un peu anxiogène parce que c'est la première fois que, très implicitement en ce qui me me concerne, on admet que l'on va partir un jour sans retour. 

    J'accepte des invitations partout, concerts, dîners, voire un événement anniversaire, les 30 ans de la Fondation pour laquelle j'ai travaillé en Italie et qu'importe si cela signifie à nouveau une semaine d'absence. Je veux tout faire, ne rien rater. Je ressens comme un sentiment d'urgence. Ce n'est pas un mauvais pressentiment, loin de là, ou alors inconscient, mais je me rends compte que mourir à 20 ou 30 ans c'est une injustice – comme dit Jules, on n'a pas encore eu toute une belle vie, quand on part trop tôt – mais à 65-70, on est plus dans le registre de la statistique. 

    Alors chaque minute compte. Ce soir, j'écris ce billet dans une chambre d'hôtel à Aoste pendant que l'Homme cuve son gros rhume. Demain on roule vers Venise, s'envole vers Palerme. Mercredi, on s'envole vers Pantelleria et le samedi suivant, on revient se reposer dans notre Sérénissime. Là où, paradoxalement, le temps s'arrête et passe bien trop vite.

     

     

  • Cousinade en Algarve

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    Après ces trois semaines de pioux à géométrie variable, prolonger le plaisir en les rassemblant tous les sept en Algarve dans la maison de Mike et Filo, les parents de Simon. Anaïs et lui nous ont invités pour y passer deux semaines avec tous les cousins et leurs parents. Seuls Quentin et Kerya ont accepté l'invitation, Maïté et Jean-Didier n'avaient pas assez de congés. Qu'à cela ne tienne, nous avons embarqué leurs filles et nous sommes descendus au Portugal tous ensemble. Trois voitures, six adultes, sept enfants et un chien. 2200 km en trois étapes. Un peu plus sans doute puisqu'on a évité Paris pour cause de JO.

    Dès la première étape, les cousins se sont retrouvés avec grand plaisir. Enfin les cinq aînés, Amalia n'avait pas encore trouvé sa place et Oona est trop petite encore. Les trois jours de voiture se sont passés beaucoup mieux qu'on ne pouvait l'espérer. Entre siestes prolongées, boîtes à histoire, dessins animés pour certains, jeux divers, arrêts pipi, le temps ne leur a pas paru (trop) long. 

    Dès l'arrivée en Algarve, on s'est partagés les tâches d'installation, de ravitaillement et surveillance des enfants puis on a plongé dans la piscine pour signer le début des vacances. 

    Je suis arrivée encore malade, sous une deuxième salve d'antibiotiques avec interdiction de me mettre au soleil à moins de me tartiner de crème solaire indice 50 voire écran total, doublé d'une trochantérite qui m'aura bien pourri la vie mais rien ne pouvait me faire plus de bien que d'être avec presque tous mes enfants et cette incroyable bande de cousins. Les voir interagir, découvrir de nouveaux pans de leur personnalité au contact des autres, progresser de manière incroyable dans la piscine, écouter leurs conversations, avoir du temps pour les câlins, les petits bisous dans le cou, apprivoiser Amalia et Oona, je ne remercierai jamais assez Simon et Anaïs de m'avoir offert ces moments-là.

    Il nous reste les photos pour nous souvenir de tous ces moments de bonheur: la piscine, la plage et les bolinhas, le resto avec Fatima, Cecile et Claire, le resto chez Anna dans la montagne, les parties de Dobble, les courses relais à la tombée du jour, la cuisine de Nonno, le concert improbable de Tom Jones, le réveil le matin aux côtés d'Amalia qui se recouche dès qu'elle me voit, les chansons pour chacun le soir, Hey Jude demandé chaque soir par Sappho et remasterisé par Sam Sam, les apéros une fois les enfants couchés, la soirée avec Jill et Patrice, l'anniversaire de Maoh….

    Quentin, Kerya, Maoh et Oona nous ont quittés après une semaine pour rejoindre Manu à une heure de là. On a poursuivi sans eux pendant encore une semaine puis nous avons repris la route avec les filles jusqu'en Bretagne où Jean-Didier est venu les récupérer à l'embarcadère pour continuer leurs vacances à l'île de Groix. Et nous sommes rentrés tous les deux, le coeur gros mais bien rempli. 

     

     

  • Trois semaines de pioux

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    Et voilà ces trois semaines de pioux sont déjà passées. Tellement vite. 

    Une semaine avec Amalia, Samuel et Lémoni. Ce fut sans doute la semaine la plus intense. Un enfant de dix-huit mois, même si elle joue seule, a besoin d'être sous surveillance constante. Pas question de la lâcher d'une paupière. Surtout dans un si grand jardin. Quelques heures de sieste par jour laissent malgré tout un peu de temps pour les deux autres et de rapides rangements post-explosion de jouets. Mais cette petite accro à sa maman au point de ne pas vouloir que je la touche ni même que je la regarde, ne s'est plus préoccupée de sa maman qui n'était plus dans son champ de vision et j'ai pu faire office sans trop de mal. C'est une petite bouille d'amour. Les nuits sont relativement calmes mais Lémoni réclame malgré tout de l'eau une fois sur deux. Le matin, c'est plutôt rock and roll de se lever avec trois enfants et de leur servir le petit déjeuner en même temps. Le temps de prendre ma douche, c'est le seul moment où l'Homme les gère seul. Par contre, je ne prépare ni le déjeuner ni le diner. Il assure tout seul. 

    Tous les parents ainsi que Quentin, Kerya, Maoh et Oona nous ont rejoints pour le weekend. Y compris Mamy qui nous a rejoints le samedi et les deux chiens bien sûr. La seule qui manquait au bataillon, c'était Sappho, partie pour son premier camp de baladins. C'était un chouette weekend. Mais j'ai commencé à me sentir moins bien et je n'ai pas vraiment pu profiter d'eux le soir.

    Le dimanche soir, Anaïs a emmené Amalia et nous a laissé Jules à la place. Au moment de partir, Maoh a finalement demandé à rester avec ses cousins. Il a laissé partir ses parents sans broncher alors que c'est rarement le cas. Le soir, il s'est endormi dans son assiette et je n'ai donc pas eu de difficulté à le coucher. Par contre, il s'est réveillé tôt dans la nuit, inconsolable, réclamant sa maman et son papa à gros sanglots. Je ne suis pas parvenue à le raisonner, mais quand j'ai haussé le ton parce qu'il allait réveiller ses cousins tous endormis dans la même chambre, il a lui baissé d'un ton et il a pu entendre mes tentatives de consolation. Et on a dormi collés-serrés, en mode koala toute la nuit. 

    On a donc commencé la  deuxième semaine avec Jules, Samuel, Lémoni, Maoh et …. Mamy.  Sans doute la plus difficile à gérer. Enfin disons plutôt que l'occupation du territoire, principalement en cuisine, et les idées arrêtées de l'Homme et de sa belle-mère ne font pas nécessairement bon ménage. Et quand je me retrouve prise en étau entre les deux, je me sens à l'étroit. Surtout quand je suis de plus en plus fiévreuse et que je tousse de plus en plus vilainement.

    Maoh est reparti, bon gré mal gré avec l'Homme le mercredi, rentré voir sa maman. La semaine s'est poursuivie avec les trois autres. Anaïs, Simon et Amalia sont revenus le vendredi soir. Sappho est enfin revenue le samedi après-midi avec ses parents, des poux et des tiques. Sans compter une valise de vêtements crottés. Mais on était tous si heureux de la revoir. Surtout Jules qui l'attendait avec impatience et n'a pas pu attendre le passage par le bain, le shampooing anti-poux et l'étiquation. 

    Maïté et JD sont restés télétravailler le lundi, histoire de profiter un peu de leurs filles. Elles restent encore avec nous une semaine et après un weekend prolongé avec leurs parents, on les emmène au Portugal avec à nouveau tous les cousins. L'Homme s'étant lui aussi mis à tousser, on a profité du seul jour où on pouvait confier les enfants une petite heure à quelqu'un pour consulter un médecin. Bronchite et antibiotiques pour moi, pastilles pour la toux pour l'Homme.

    Mes filles sont inquiètes pour leur mère qui n'a plus la moindre protection immunitaire contre les maladies respiratoires et qui se chope le premier virus qui passe lorsqu'elle mouche des chandelles de trois petits nez indisciplinés à longueur de journée. Mais moi, je les supplie de ne pas me priver de ces moments-là qui sont ce que je chéris probablement le plus au monde pour le moment. A part peut-être Venise avec l'Homme. Et aussi les apéros avec mes propres enfants.

    Mais passer trois semaines à jouer au foot, à cache-cache, au magasin, au méchant loup, à la poupée, à construire des igloos, à se déguiser en pirates, au Loto avec Mamy, au circuit à bateaux, à la potion magique, aux fusils à eau, à chanter, à dessiner et à raconter des histoires, en un mot à les regarder grandir, c'est vraiment vraiment mon grand kif. 

  • Eté es-tu là ?

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    Lundi: Réveil tôt ce matin. L'entreprise qui avait réalisé les travaux de façade de l'immeuble vient enfin réaliser les finitions. Ces petits détails que personne ne voit mais qui n'échappent pas à l'oeil de lynx de  l'Homme qui, bien sûr, ne laisse rien passer. Je l'abandonne à midi et part déjeuner avec Yasmina. Je continue à proposer à une quinzaine de collègues de se retrouver le temps d'un lunch, pour se mettre à jour et pour le plaisir de les voir encore. Bien sûr, ces déjeuners s'espacent un peu, vu notre agenda chargé de pensionnés heureux, mais je les revois toujours avec délices. Et je crois qu'elle aussi parce qu'elle a joué les prolongations au mépris des horaires habituels. Puis je suis allée faire cette prise de sang de contrôle, histoire de voir si mon immunité s'est renforcée suite au deuxième vaccin de protection contre la pneumonie. Et le soir, nous avons ouvert l'été avec un premier barbecue de l'année chez Anne et Guido. Par contre, je n'avais plus autant mangé depuis longtemps.

    Mardi: Maïté est venue télétravailler à la maison puisque Katia était là nous faire de jolies mains et jolis pieds couleur d'été avant de prendre des vacances bien méritées avec son fils et ses enfants qui arrivent demain du Brésil pour tout le mois. Elle était aux anges et moi pour elle. Le soir, j'ai enfin pris ce rendez-vous chez l'ostéopathe qui s'est penchée sur mon dos pendant plus d'une heure. Cela fait deux mois que je traîne ces douleurs lombaires qui m'épuisent. J'espère qu'elle m'aura aidée. L'Homme m'a patiemment attendue et nous avons pris la route de la maison-jardin.

    Mercredi: Comme toujours lorsque nous sommes là, nous avons travaillé dans le jardin et dans la maison sans vraiment prendre le temps de s'asseoir. J'ai cueilli les framboises qui ne demandaient que ça et je les ai transformées en coulis pour les yaourts et les glaces éventuelles de la semaine prochaine. Nous avons également pris contact avec un médecin des arbres qui va venir ausculter le noyer centenaire que nous aimons tant mais qui se creuse de plus en plus et dont le risque potentiel de chute fait peur à tout le monde. Si ce médecin pense qu'il ne sert à rien de faire de l'acharnement thérapeutique, on se résoudra à l'abattre mais la mort dans l'âme. Des larmes en perspective.

    Jeudi: Une matinée encore sur place et retour à Bruxelles pour le dîner d'anniversaire de Cat dans un resto spécialisé en viande. Dîner au jardin très sympa, très bon. Dommage qu'à nouveau l'Homme ait réagi de manière violente lors d'une altercation avec Joséphine sur ….. le bien-fondé des statines. Franchement, il y a des fois où je ne comprends pas la nécessité de se gâcher la soirée pour des sujets aussi peu importants. 

    Vendredi: Une journée d'entretien: fitness en salle où j'ai le plaisir de retrouver mes filles qui terminent leur séance au moment où j'arrive et petit café avec le coach, fils de l'une, frère des deux autres et coach des trois. Il ne manquait que le père récalcitrant aux salles de sport. Dommage, il ne sait pas ce qu'il rate. Après-midi soin visage, couleur et brushing et soirée à l'opéra pour la dernière de la saison: Turandot de Puccini. Pas le grand enthousiasme mais pas moche non plus. Mes problèmes de dos sont descendus dans la jambe. Je suppose qu'ils suivent le tracé du nerf sciatique.

    Samedi: Anniversaire de la jolie Sappho. Sept ans déjà. Tout le monde au complet autour d'elle, elle a soufflé ses bougies et ouvert chaque cadeau avec un sourire radieux. Retour à la maison et repos.

    Dimanche: La saison des pioux est ouverte. Dès demain, on accueille pour commencer Sam Sam, Amalia et Lémoni et dès mardi, on emmène ce petit monde à la maison-jardin. Les autres pioux suivront au gré des allers et venues pendant les trois semaines qui viennent. L"été est enfin là.