Catégorie : Voyages

  • Le cadeau

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    Je l'ai déjà dit à plusieurs reprises, dans une autre vie, j'ai dû être grecque. Cela fait quarante ans que je vibre au son de la langue grecque et de la musique grecque, rebêtiko en particulier. 

    Et voilà que début juillet, j'ai découvert, totalement par hasard, un compositeur et chef d'orchestre grec aussi connu que Mikis Theodorakis dans son pays mais très peu hors Grèce. J'ai regardé en boucle des concerts qu'il a dirigés et où la majorité des morceaux joués étaient ceux que j'aimais depuis 40 ans, réalisant par la force des choses que c'est cet homme là qui a composé tous ces fabuleux  morceaux. Le regarder diriger les musiciens et les chanteurs était juste du pur bonheur. Je peux même dire qu'il était fringamment séduisant malgré son âge avancé.

    De fil en aiguille, j'apprends qu'il donne un concert le 3 septembre qui s'annonce "Stavros Xarchakos. Rebêtiko, 40 ans après". C'est comme si une boucle se bouclait. Pistache sur le baklava, ce concert se donne en plein air sur le flanc de la colline qui mène à l'Acropole, dans l'Odeon d'Hérode Atticus. Il y a 4 ans, en redescendant de l'Acropole, je me suis arrêtée pour écouter et regarder les répétitions d'un concert prévu le soir. J'ai regretté depuis ce moment de n'avoir pas cédé à l'envie de prendre des places pour être là, même sans savoir vraiment qui donnait un concert ce soir là, tellement l'endroit est magique.

    La billetterie ouvre le 10 juillet. La nuit, l'idée surgit. Et pourquoi pas en fait ? Si je ne cède pas à mes envies maintenant, quand le ferais-je ?

    Il y a ce cadeau qu'ils m'ont offert pour mes 60 ans. Un voyage au choix que je n'ai jamais eu l'occasion de choisir because of Covid. Et si je choisissais pour destination Athènes pour quelques jours début septembre ? Oui mais. Oui mais on descend à Venise mi-septembre, c'est un peu exagéré. Oui mais j'ai une intervention prévue chez la dermato. Oui mais on a un rendez-vous chez l'ophtalmo. Oui mais on est invité chez Anne et Guido. Oui mais on descend en Bourgogne chez Gérard et Martine fin août. 

    Mais la pulsion est très forte. J'en parle à l'Homme, pensant qu'il me ramènerait les pieds sur terre. Il a répondu: "ok, on prend le bateau à Ancône". 

    Le 10 juillet à midi, j'avais deux places à l'Odéon. On a mis quelques jours à trouver encore des places sur un bateau, un hôtel à Athènes, on a reporté l'ophtalmo et la dermato, réorganisé les rendez-vous avec les amis. 

    Je n'en reviens toujours pas. Mon excitation s'est un peu calmée mais je suis comme un enfant qui attend Noël. Je crois que je ferais bien d'avoir des coups de folie plus souvent. De toute manière, c'est maintenant ou jamais. 

  • Attaquer Mars

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    Mercredi: Petit moment manucure-pédicure-vernis avec les filles, l'une en télétravail, l'autre en congé de maternité. Sappho, Jules et Sam Sam  sont venus aussi puisque les écoles étaient en congé. Enfin pour Sam Sam, c'était une semaine de congé transition entre la crèche et l'école. Puis j'ai emmené les deux aînés chez le coiffeur, ils ont adoré ça. Non seulement aller chez le coiffeur mais surtout y aller à deux. Ils se tenaient la main au bac à shampooing et souriaient béatement. Ils ont dormi tous les trois à la maison et c'était bien.

    Jeudi: Journée avec les mêmes. Ils ont joué toute la journée sans s'ennuyer un seul moment, Jules et Sappho ensemble, Sam Sam tout seul. Et même si c'est difficile à croire, il n'y a pas eu un seul moment de dispute. On a même eu des scrupules à interrompre leurs jeux pour les emmener voir Manneken-Pis et sa soeur Jeanneke-Pis, moins connue, et à vrai dire, moins élégante. Et terminer la promenade glaciale par une bonne gaufre de Bruxelles. 

    Vendredi: Départ tranquille pour Rotterdam dans cette voiture flambant neuve qui vient d'arriver. Chambre d'hôtel au 20 ème étage avec une vue à couper le souffle et même à donner un peu le vertige. Concert de Dalaras le soir, juste tellement bien. Tant qu'il pourra encore donner des concerts, j'irai le voir. Ma fibre hellène vibre sans faiblir depuis tant d'années quand je l'entends et surtout surtout quand je l'entends en public alors que tous ses fans chantent à l'unisson. C'est un plaisir inégalé depuis 40 ans que je le connais.

    Samedi: Touristes dans une Rotterdam glaciale et bruineuse. On a marché pendant des heures sans toutefois jamais s'ennuyer. Entre le vieux port, les parcs, la rue Witte de With, les drôles de maisons cubiques, le Markthal, explosion de couleurs et de parfums et tant d'autres chemins de traverse. On a grignoté quelques marrons chauds puis on est rentré frigorifiés se réchauffer au bar autour d'un ou deux cocktails.

    Dimanche: On a repris la route en passant par les moulins à vent de Kinderdijk et on est rentrés en passant par les cases belle-mère et supermarché. Puis on a passé le restant de la journée à cuisiner ensemble en réécoutant Dalaras et en trinquant au bonheur d'être là tous les deux.

    Lundi: Sam Sam est donc rentré à l'école et ces moments-là m'émeuvent toujours. Pendant ce temps, nous, on a rangé ensemble un meuble, vidé, lavé ce qui pouvait l'être, fait le tri de ce qu'on ne gardait plus, et réorganiser intelligemment. On a retrouvé des trésors, des objets qu'on pensait perdus, des trucs démodés, et il a ciré le meuble. J'adore  ce type de journée.

    Mardi: Petit soin visage le matin. L'esthéticienne me propose un soin régénérant. En gros, elle me perce la peau du visage avec de toutes petites aiguilles pour agresser la peau et l'obliger à se régénérer. J'accepte avant de connaitre le processus, puis subst. Elle y est allée assez fort et je le sens passer. Je regrette de ne pas avoir demandé un soin doux et gentil comme d'habitude s'il vous plait, merci. Je sors de là rouge pivoine comme si j'avais abusé du premier soleil de printemps sans protection. A mon retour, l'Homme s'effraie de mon teint et me demande si c'est normal d'être plus moche après qu'avant un soin visage. Je crois que c'était la première et dernière fois.

    Mercredi: Ma peau se régénère donc. Je passe le mercredi seule et ça me va aussi. Je continue les rangements, je cuisine, je télécharge du Dalaras à la pelle, je repasse, je suis bien. En fin d'après-midi, je rejoins Maman et Sis'Cile comme tous les mercredis. Au moment de partir, le beau-frère de Maman l'appelle pour dire que sa soeur, ma marraine, est au plus mal et qu'il faut envisager de venir lui dire au revoir. On sait qu'elle se bat "contre une vilaine maladie" mais Maman l'appelle tous les jours et elle n'avait pas cette impression, ces derniers jours. Il est vrai qu'elle n'arrive plus à s'alimenter cette dernière semaine. L'Homme, venu nous chercher, ne tergiverse pas et nous enjoint à sauter dans sa voiture et nous voilà partis à 150 km de là. Arrivés vers 21h30, on ne peut que constater qu'elle est dans un état de faiblesse immense. Elle refuse de voir un médecin autre que son médecin traitant, malheureusement parti skier. On parvient finalement à la convaincre de se rendre à l'hôpital le lendemain matin.  Le Covid a frappé et pour quelqu'un dont le système immunitaire est au plus bas, c'est un coup sérieux. Elle va donc rester hospitalisée le temps nécessaire à guérir et reprendre des forces. On y croit.

     

  • Abba road

     

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    C'était mon cadeau de Noël de l'année passée, offert par l'autre Abbamaniaque de la famille. On l'a serti dans un city trip à quatre à Londres: l'Homme, les deux filles et moi. Quentin n'a pas pu être de la partie. Les papas ont été sympas comme tout de garder leurs enfants respectifs pendant 4 jours dont un weekend entier tout de même.

    Et ce fut un weekend de rêve. Que du bonheur ! On a trouvé une petite maison à Greenwich, juste assez grande pour dormir, se faire à manger et passer quelques moments au calme. 

    Anaïs et moi, on avait une belle soirée en perspective et on n'a pensé à rien d'autre avant de partir. Maïté, elle, avait bien préparé ses highlights. Elle nous a emmenés dans un salon de thé installé au milieu de pépinières près de Richmond (à une petite heure de route de Londres). Après une magnifique ballade dans les marais et les bois, nous nous sommes installées pour un sublime afternoon tea. Le truc à trois étages, surmonté d'un joli bouquet de fleurs, garni de petits sandwiches salés et de bouchées sucrées, le tout à tomber. Et quand on croit que c'est terminé, on vous amène les scones, la clotted cream et la confiture de framboises. What a treat !

    Elle nous avait aussi réservé une entrée au Tate Modern pour une installation de Yayoi Kusama "Infinity Mirror Rooms". Très court mais magnifique. 

    On a passé un peu de temps chez Liberty, chez Harrod's – dont on s'est assez vite enfuis tant la clientèle est dégoulinante de luxe et de manque de goût – et chez Fortnum & Mason où on a acheté les meilleurs Scottish eggs ever. 

    On s'est promenés le dernier jour dans le parc de Greenwich et Anaïs tenait absolument à manger un "pie & mashed potato" dans un pub avant de reprendre la route pour Folkestone et le tunnel sous la manche.

    Mais le clou du weekend, c'était ce pour quoi on était venus: le concert d'Abba, tout en hologrammes. Bluffant. Ma première et unique expérience d'hologramme, c'était la Callas sur la scène de Bozar qui avançait de manière mécanique et saccadée en chantant. Complètement décevant. Mais là, on est restées bouche bée devant la prestation. On avait beau savoir que c'était des hologrammes, il a fallu à plusieurs reprises recadrer son cerveau pour qu'il enregistre bien la réalité "non tu n'es pas revenue 40 ans en arrière et non, ils ne sont pas sur scène". C'était un spectacle incroyable extrêmement bien ficelé et très diversifié. Pas une seconde de répit pour l'émerveillement et l'éblouissement. 

    Et pour ne rien gâcher, 4 jours de beau temps à Londres, le luxe suprême.

    Un weekend plus que parfait !

  • Vacances enfin !

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    Jamais en 30 ans, nous n'avons laissé passer le mois de juillet sans partir en vacances, même en Belgique. Nous sommes des juillettistes convaincus. Et voilà qu'un petit bébé, même pas encore né, nous a fait revoir tous nos plans. Et on a bien fait puisqu'il est arrivé… le 1 août.

    Nous avons donc dû attendre la fin d'un été qui n'en finissait d'ailleurs pas d'arriver pour enfin partir à notre tour.

    Direction Venise, pour changer. Mais cette fois, fini de se laisser mener l'agenda par le bout du nez des avions ou plutôt des compagnies aériennes. L'Homme a décidé de descendre en voiture. Et finalement, comme souvent, ce fut une bonne idée. Les deux jours pour descendre m'ont permis de décompresser doucement. On s'est arrêté dans le Valais, là où on a passé plus de 30 ans d'une partie de nos étés et on a mangé tous nos souvenirs sur la carte, de quoi ne pas se sentir trop bien au sortir de table. Puis on a passé les Alpes et nous nous sommes arrêtés à Bergame où on a retrouvé un restaurant qui n'était, lui, plus tout à fait comme dans nos souvenirs, mais où nous étions bien malgré tout.

    Et au troisième jour, Venise fut. On a retrouvé "notre" sous-toiture et sa petite terrasse. Deux jours de soleil pour commencer, deux jours de farniente. Puis retrouver nos différents restaurants préférés de gros gourmets. A force d'aller toujours aux mêmes endroits, on finit par connaître beaucoup de monde et on arrive même à comprendre les liens entre les uns et les autres et se rendre compte que, comme toujours, le monde est vraiment petit. 

    Retrouver J et S pour 3 jours qui deviennent, comme nous, des habitués des lieux. 

    Découvrir Sant'Erasmo, l'île qui sert de potager à toute la lagune et sa petite plage improbable. 

    Et partir à reculons en souhaitant revenir au plus vite.

    Retour à la maison pour découvrir avec horreur l'appartement ensablé. Les travaux de sablage de la façade ont démarré et les vitres n'ont pas été bien protégées. Le sable s'est infiltré partout et en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, tout, absolument tout l'appartement s'est transformé en plage. De quoi ruiner quinze jours de détente totale.

    Mais on a tout laissé en l'état puisque deux petites frimousses nous attendaient avec leurs mamans pour prendre la route de Disneyland Paris. 

    Deux jours dans ce monde totalement féérique où on oublie tout, même les appartements sahariens. 30 ans plus tard, la magie opère toujours et j'ai savouré chaque minute.

    Voilà, les vacances tant attendues sont finies. On rentre à la plage, je la laisse à l'Homme et je m'en vais garder sa mer maman pendant que sa soeur prend ses vacances à la côte belge ;-).

     

  • Ici et ailleurs

     

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    Souvent je passe pour une hyperactive et j'essaye de démontrer le contraire. Mais il y a des semaines où j'aurais beaucoup de mal à démentir cette image. En particulier la semaine qui vient de s'écouler:

    Lundi: Dernier jour de vacances à Mykonos, un dernier petit tour par la plage, un dernier petit tour en ville, un dernier apéro, un dernier coucher de soleil. Ce soir, on dort encore à Mykonos. Je déteste les fins de vacances.

    Mardi: Les vacances sont finies, on boucle les valises, on fait un dernier tour d'inspection et nous voilà en route pour l'aéroport. Ce soir on dort à Athènes. On a passé l'après-midi à marcher dans la ville que nous n'avions plus vue depuis 35 ans, une éternité. On a découvert le Jardin Botanique, on est remonté jusqu'à l'Acropole au soleil finissant. Cette vieille dame a pris quelques rides, elle est liftée de partout et c'est dommage. Mais j'étais quand même contente de la revoir. Le soir, ballet d'ombres des evzones sur la façade du Parlement. Souvenirs.

    Mercredi: On referme les valises entrouvertes et retour à l'aéroport. Ce soir, on dort à Bruxelles. Retour à la maison. On devait passer par la case concert tout de suite après l'atterrissage mais ce dernier a été annulé pour des raisons de santé. Retrouvailles avec le chat, ranger les valises, lancer les machines, lire le courrier. Petit coup de froid et petit coup de blues.

    Jeudi: L'Homme reprend le chemin du boulot. Moi celui du coiffeur et de Mamy L. Je passe embrasser Anaïs aussi qui télétravaille. Et je rentre fissa à la maison pour l'étape repassage et préparation d'une nouvelle valise. Ce soir on joue au badminton et on dort encore à Bruxelles.

    Vendredi: Le matin tôt, je rejoins Mamy B. pour prendre le bus direction l'aéroport. Et rebelote, on s'envole pour Milan. Les Sis et moi, on lui a offert un opéra à la Scala et c'est moi qui l'accompagne. Ce soir on dort à la Scala à Milan.

    Samedi: On repart assez vite en début d'après-midi, fatiguées mais plutôt heureuses. Au retour, pas de passage par la case maison, on raccompagne Mamy et on file avec Quentin et Kerya sur Eupen pour fêter les 60 ans de mon cousin. Chaleureuses retrouvailles avec une toute une série de personnes que je n'avais plus vues depuis longtemps. Ce soir, je dors enfin dans mon lit mais on a bien failli dormir à Eupen.

    Dimanche: Un dimanche à la maison. Enfin. Et une après-midi avec deux petits qui m'avaient tellement manqués pendant ces presque 3 semaines. Ce soir, je m'endors fatiguée mais heureuse.

     

  • My Mykonos

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    On voulait revenir en Grèce. Près de dix ans depuis notre dernier séjour dans le Pélopponèse, il était temps pour nous. On s'est dit qu'on n'avait vraiment rien vu des Cyclades et on a hésité entre Santorin et Mykonos. Finalement, sur base de l'offre de logements, on a opté pour Mykonos. Pour moi, c'était l'"île aux moulins". Plus tard, quand on me demandait où j'allais, on me regardait avec des yeux ronds et des sourires entendus. Jamais je n'avais associé Mykonos à l'île de la jet set, du bling bling et de la fête de la nuit. C'est donc avec un peu d'appréhension que avons débarqué sur cette île aussi "réputée". 

    Nous sommes arrivés très fatigués, de toute une année sans vrai repos et d'une nuit blanche à l'aéroport d'Athènes en attendant le bateau du matin. Et je n'ai vu de la petite maison de pêcheurs joliment retapée, qui allait être notre repère pendant 12 jours, que les aspects négatifs, la terrasse à l'ombre jusqu'à fin d'après-midi, le parking en contrebas avant de reconnaître qu'on voit surtout la baie de Mykonos et la mer scintillante.

    Je devrais le savoir, c'est toujours comme ça, la fatigue me fait tout voir en gris clair et gris foncé. J'ai même dit à une amie qui me demandait si c'était bien que oui, c'est bien mais ce n'est l'endroit où je reviendrai. 

    Bien sûr qu'après douze jours, je ne demande qu'à revenir. J'ai adopté cette petite maison, parfaite pour nous, cette vue incroyable, surtout au coucher du soleil, j'ai adoré le mouvement incessant des bateaux, tous les bateaux: les barques de pêcheurs, les catamarans, les voiliers, les yachts – l'un d'eux portait le nom improbable de "Plan B", on se demande ce qu'est le plan A -, les paquebots de croisière, grands et moins grands, les navettes qui amènent les "croisiéristes" vers le port et les cars qui les attendent pour faire le tour de l'île.

    J'ai lu et relu tout ce qui me tombait sous la main sur cette île, un roman de Melpo Axioti – Mon île -, un recueil d'un auteur anglais sur tout ce qu'il a appris sur Mykonos, les informations glanées ici et là, et tout m'a plu. La vraie Mykonos, celle qui se fait petit à petit engloutir par le tourisme mais qui garde malgré tout quelques traces d'authenticité.

    Même le bling bling croisé le soir dans les rues m'a fait sourire ou rire comme un spectacle de one man ou one woman show muet, un carnaval de tenues plus voyantes les unes que les autres, des masques de clown(e)s botoxé(e)s comiques et tristes à la fois.

    Et quelques malheureux moulins, sans voiles, en piteux état, abandonnés aux selfies et aux grands angles. 

    Mais la Grèce, ma Grèce toujours…..

  • Vacances

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    Passer dix jours aux Pieux, y'a pas plus reposant ! Pour la première fois depuis longtemps, nous nous sommes retrouvés tous les deux en Normandie. Dix jours parfaits: quelques bouquins, un peu de soleil, quelques promenades sur la plage les jours plus couverts et le farniente le plus total. 

     

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    Passer quinze jours en Algarve, invités par Anaïs et Simon dans la maison des parents de Simon, en compagnie de Petit Jules. Descendre la France et l'Espagne en voiture avec Quentin et Kerya, passer du temps avec ces quatre là et surtout avec ce petit garçon de plus en plus sage, de plus en plus beau, de plus en plus drôle. Découvrir une région du Portugal encore inconnue, passer un moment de pur délice dans un petit restaurant cantine dans la montagne, lire au bord de la piscine, se promener avec petit Jules, faire des apéros géants, ne rien faire….

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    Passer une semaine de rêve à Venise, rien qu'à deux, pour terminer en beauté cette trilogie. Ce n'est jamais que la dixième fois qu'on y revient, inlassablement, mais tout nous appelle.  Toutes ces rues cachées, loin des hordes, ces surprises à chaque coin de ramo, le labyrinthe des canaux, toutes ces îles au large de la lagune, celles qu'on connaît déjà si bien, ce restaurant où ils nous demandent des nouvelles des enfants quand on y retourne, les îles qu'on découvre pour la première fois…… ces coins et recoins qu'on connaît par coeur et qui pourtant nous font encore découvrir d'autres facettes, c'est là toute la magie de Venise.

    Alors oui, nous avons passé de merveilleuses vacances cette année.

  • Cuba, salsa agridulce

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    Alors, c'était pas le Pérou, c'est sûr. On nous avait dit "Vous allez A-DO-RER !". Et en fait, non, on a juste BIEN-AI-ME. Mais une petite overdose d'arnaques et de gentils coups bas ont eu raison d'un enthousiasme probablement exacerbé. 

    Trop de chaud-froid peut-être: entre esthétisme et désolation, entre zéro analphabètes et liberté d'expression plus que réduite, entre système de santé gratuit et accès limité à l'eau potable, c'est un pays de contrastes à tous les niveaux.

    Oui l'architecture cubaine est magnifique, qu'elle soit coloniale, art déco ou classique, à La Havane ou à Trinidad, les patios, les balcons, les portes sont autant de plaisir pour l'oeil. Et puis, au détour d'une rue, ou vu du bar de la terrasse d'un hôtel luxueux, la désolation d'une ville qui tombe en ruines, un petit air de Beyrouth après la guerre et plus que tout, savoir que ces ruines sont habitées par un grand nombre de personnes.

    Oui les belles américaines dont les couleurs me rappellent tellement les voitures des manèges de mon enfance et sur lesquelles tout le monde s'extasie – à raison – sont rutilantes mais elles ne sont en fait que le résultat de l'ingéniosité des Cubains pour maintenir en état les seules voitures qui pouvaient être importées jusqu'à récemment si on tient compte des petites Made in China autorisées depuis peu.

    Oui, les Cubains sont chaleureux et nous avons fait de très belles rencontres, dans les casas particulares (chambres d'hôtes), dans la rue, en prenant en auto-stop les innombrables infatigables marcheurs en mal de transport en commun. Mais quand l'ouverture à l'autre et la générosité légendaires deviennent un subterfuge pour faire des pigeons voyageurs des voyageurs pigeons, je ris jaune, la moutarde me monte au nez puis je tourne au vinaigre. 

    Ceci dit, une fois rentrés à la maison, on relativise, on se dit que la prochaine fois, on prendra les choses moins au sérieux, on aura appris, on sera plus méfiants prudents et bientôt on en rira.

    On ne gardera en mémoire que les bons moments ensemble pendant 15 jours, 24 heures sur 24, à pied, en voiture, dans des chambres toutes drapées de satin mauve ou rose fuchsia, assis sur des bancs à contempler les lieux, autour d'un verre de daïquiri frappé ou de cuba libre.

    Et on ne regrette pas d'avoir cédé au mythe.

  • Cuba vamos a bailar la salsa ….

    Danseuse

     

    Et quand je reviens, promis, j'essaye d'être plus assidue….

  • Made in Normandie

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    Cette année, les hortensias ont remplacé les hibiscus et les bougainvillées, le cidre bouché, le poiré et le calva ont pris la place de l'apérol, des mojitos et du lambrusco, l'Atlantique tssst la Manche a supplanté la Méditerranée et le T-shirt marin a détrôné le pareo. Encore que…. Il semble qu'on ait beaucoup de chance: en principe, l'été commence (et finit) en août en Normandie et c'est la première fois depuis la canicule de 2003 que juillet est aussi ensoleillé dans le Cotentin.

    On a donc pris un risque majeur pour les vacances de l'été 2013. Mais cette première semaine nous a gâtés bien au-delà de nos espérances.

    Là où le bât blesse, c'est d'avoir à portée de roues la pointe de la Hague, Cherbourg, la maison de Millet, la maison de Prévert et le Mont St Michel, d'avoir à portée de voile les îles de Jersey et Guernesey, et d'être privés de ces excursions qui font la joie de nos vacances, en tout cas en ce qui nous concerne Anaïs et moi. Au lieu de profiter de ces plaisirs touristiques, nous soutenons l'effort (enfin, c'est pas trop tôt !) de méninges du petit dernier. Monsieur Cigale ayant glandé tout le mois de juin se trouve fort dépourvu quand l'été fut venu. Que faisait-il au temps chaud chaud boulettes ? Nuit et jour, il glandait, me déplaise. Il glandait ? Et bien bossez maintenant ! Oui, môman, mais pas tout seul. Et mère et fille, bonnes pâtes, lui préparent qui planning, qui répétitions, qui réveille-matin.

    Le père n'est pas en reste et prépare petits plats, petits cafés, petits encouragements. Et gros yeux lorsque mère et fille ruminent (sous influence des rousses, blanches et noires) le manque touristique.

    Alors pour lutter contre la rumination, je lis "L'homme-joie" de Bobin et "La nacre et le rocher" de Misrahi ou l'éloge de la joie de vivre et du bonheur. Et ça marche. Plus ou moins.

    Les journées s'étirent entre petit déjeuner, marché, déjeuner, transat dans le jardin, livres, une heure de plage, apéro, dîner et petite partie de Mah-jong ou d'Uno.

    La plage à six heures du soir quand tout le monde est parti – déjà grande en temps normal, elle est, vide et à marée basse, immenssisime -, cerf-volant ou Frisbee pour les hommes et… jogging pour les filles. Anaïs s'est mise en tête de participer en septembre à une course de 9 km à Bruxelles et pour elle, l'anti-sportive, qui n'a jamais couru plus de 100 mètres de sa vie, c'est un véritable défi à son manque de persévérance. Et elle est tout simplement bluffante. Pour ne pas la laisser seule et pour me tester un peu moi-même, je tente de l'accompagner. Sans succès puisque je ne la suis que sur les 100 premiers mètres mais je ne perds pas espoir.

    Alors ces vacances normandes, c'est bien ? Oui et non. Réponse de Normand oblige.