Catégorie : Voyages

  • Turkish delights

    Nous n’aurions sans doute jamais choisi ce format de voyage. Organisé, en car, format retraités et plus, avec arrêts sur sites archéologiques, sur musées, sur bazars, sur mosquées, sur ateliers d’artisans de tapis, bijoux ou cuir, arrêts chronométrés et réglementés. C’est clair que cela nous a demandé un certain lâcher prise. Bien sûr , il y a eu des moments plus tendus, quand on serait bien restés une ou deux heures de plus sur le site de Pergame ou de l’ancienne ville de Troie ou encore au musée de Topkapi, quand on est passé à côté de Sainte Sophie et qu’on n’a pas pu y mettre un pied parce que pas au programme ou quand on nous emmène chez des marchands de tapis, bijoux et cuir et où une armée de vendeurs vous encerclent pendant la courte présentation et vous assaillent tout de suite après pour ne plus vous lâcher jusqu’à ce que vous achetiez un tapis, un bijou ou une veste en cuir. 

    Mais il y a eu aussi des moments vraiment lumineux. L’ambiance dans le car était vraiment sympa. Un bon paquet de troisième âge, d’éclopés, de cannes, d’appareils auditifs mais une joie de vivre et de l’optimisme à revendre. Des visites même raccourcies de sites époustouflants, du mythique Topkapi, de la mosquée bleue, de bazars et marchés éclatants de couleurs et de parfums, des petits cafés turcs en terrasse. Un tour en bateau dans la Corne d’Or, une rencontre inattendue avec un habitant qui nous a offert un thé à Gallipoli, un aperçu de dix minutes sur les impressionnantes terrasses de calcaire de Pamukkale, une cérémonie de derviches tourneurs (probablement spéciale touristes mais majestueuse néanmoins).

    Puis la deuxième semaine, on a laissé nos petits copains de car dans un hôtel all-in, on a loué une voiture et visité – à notre rythme cette fois – d’autres sites comme Ephèse, Priène, Didyme et Milet. On a poussé jusqu’à Bodrum où l’on est resté deux nuits. Le château de Bodrum est une pure merveille et abrite, grain de grenade sur le baklava, un musée d’archéologie sous-marine vraiment époustouflant.

    En deux semaines, j’ai appris un nombre incroyable de choses, j’ai rencontré une foule d’individus humainement très intéressants et attachants, j’ai vu beaucoup de beauté, en bref, il n’est pas impossible que je réitère l’expérience.

    Petite anecdote qui a bien fait rire tout le monde de ma naïveté: bien sûr, je connaissais Ataturk mais je n’avais jamais poussé la curiosité à savoir à quoi il ressemblait. Il se trouve qu’en Turquie, son portrait apparait partout. Mais vraiment partout. A chaque coin de rue, dans chaque magasin, devant chaque hôtel, etc…. Lorsque j’ai découvert un portrait grandeur poster devant notre premier hôtel, j’ai cru que le propriétaire de l’hôtel venait de mourir et qu’on lui rendait hommage à l’entrée. On m’a vite fait comprendre ma méprise et à chaque portrait rencontré, je suis devenue la mignonne petite tête de Turc du groupe.

  • Septendrement

    Ce mois de septembre qui se termine a été très riche. De douleurs, de douceurs, d’émotions, de tendresse.

    Il y a eu l’enterrement de ce cousin tant aimé qui, comme souvent, a coïncidé avec des retrouvailles de toute une partie de la famille qu’on voit moins mais qu’on revoit toujours avec un plaisir non dissimulé.

    Une de mes sorcières bien-aimées a perdu sa maman et sa détresse m’a désarçonnée. Sa maman n’était plus présente au monde depuis quelques années et pourtant c’est quand elle est partie physiquement que le chagrin s’est enfin manifesté.

    J’ai enfin sauté le pas et j’ai rejoint un cours de danses grecques. Cela faisait si longtemps que j’en rêvais. J’ai enfin trouvé l’endroit et le temps d’y aller. Pour le moment, il n’y a pas de débutant et pas de cours approprié mais on m’accueille dans le groupe des dégourdis avec beaucoup de chaleur et de gentillesse et je me débrouille vaille que vaille. Et je suis aux anges.

    Anaïs m’a demandé son aide pour emmener ses trois enfants au premier cours de piscine extra-scolaire. La piscine a plus de 100 ans et est magnifiquement restaurée. Et c’est la piscine où j’allais enfant, dans le cadre scolaire. Rien que de mettre les pieds dans ce lieu culte – où je n’ai pourtant rien appris – a soulevé tout un tas d’émotions. Et de voir Amalia, paniquée dans ce monde inconnu, alors qu’elle adore l’eau et n’en est pas à son premier contact avec une piscine, m’a serré le coeur en souvenir de la petite moi. Heureusement, le deuxième essai a été plus concluant.

    Vacances enfin. Venise bien sûr mais un « petit » crochet par Nuremberg. Pour la deuxième fois consécutive (en 30 ans tout de même), nous ne verrons rien de cette magnifique vieille ville. Au siècle dernier, c’était moi qui me suis réveillée avec 40 de fièvre et nous sommes rentrés dare-dare et cette fois, c’était l’Homme qui grelottait et qui a dormi 14 heures d’affilée. Le lendemain nous avons rejoint l’Autriche où je tenais absolument à retrouver le camp de prisonniers où mon grand-père avait été conduit dès le début de la guerre avant de rejoindre une ferme non loin de là comme prisonnier mis au travail. J’avais pris sa plaque d’immatriculation avec moi comme un talisman. Mais sur place, il n’y a plus rien. Juste un panneau d’artiste à chaque coin de l’espace vert là où se trouvait le camp. Un bien piètre devoir de mémoire. Le soir, nous dormions à Vienne où nous avons flâné la journée du lendemain avant d’assister à un concert de mon chanteur grec préféré dans la Konzerthaus, là où se donne chaque année le concert du Nouvel-An. Double plaisir.

    Et puis direction Venise. Cette année, le soleil ne nous a pas beaucoup gâtés et la pluie était souvent au rendez-vous. Les expos en cours, nous les avions déjà vues pour la plupart en avril et les flâneries sans but dans Venise sous la pluie, c’est nettement moins drôle. Et l’Homme est retombé malade. Aujourd’hui, il a dormi toute la journée. C’est sans aucun doute le meilleur des traitements mais cela rajoute une petite pointe de déception à ce séjour. Il nous reste encore trois jours pour en profiter.

  • Go, go, go !

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    Lundi: Petite virée annuelle en Champagne pour ramener pour nous, pour nos enfants et un peu pour nos amis un nombre assez important de caisses de champagne. Chaque année, c'est le même rituel. On part tôt le matin, on arrive chez Thierry qui nous accueille en nous faisant déguster les dernières mises en bouteille, tout en restant au café en ce qui le concerne. Ensuite, il nous invite à déjeuner dans un petit bistrot sympa et on revient charger la voiture. Chaque année, l'ombre de Renaud, son frère, flotte entre nous. Renaud était mon collègue et il est décédé il y a bientôt 9 ans. C'était lui qui nous a fait connaître le champagne de son frère et depuis sa mort, je me suis fait un devoir puis un plaisir d'aller jusque chez lui, près de Reims, pour faire le plein. Il y a toujours un moment où on parle de lui en riant. Au début, c'était un peu douloureux pour Thierry, un peu gênant pour moi mais avec le temps, on a apprivoisé sa présence et on en parle avec beaucoup de tendresse. On a repris la route pour la Belgique et on a encore pris deux heures pour faire la livraison des caisses à chacun.

    Mardi: Je dors déjà. Ces derniers temps, je tousse beaucoup et vers 22h, je suis à la ramasse. Quentin m'appelle pour demander si on peut garder Maoh demain. Mais je n'entends pas. Il appelle son père qui, lui, ne dort pas. Par contre, sa voix me réveille. J'ouvre un oeil, puis deux, en jette un sur mon téléphone et je vois effectivement que mon fils m'a appelée, puis je les écarquille un peu plus quand je vois que Maman aussi a essayé de m'appeler. Il est 23h mais je la rappelle. Sans succès. J'essaye le fixe, le portable. Rien. Je suis pour le coup bien réveillée. Je panique un peu. J'appelle ma soeur qui n'a pas été appelée, elle. Maman me rappelle enfin et prétend mordicus ne pas m'avoir appelée. Bien sûr, elle a fait une fausse manoeuvre et ne s'en est pas rendu compte. Mais ces dix minutes de cache-cache ont fait grimper mon adrénaline et mon angoisse bien plus que je n'aurais imaginé. J'ai eu un peu plus de difficultés à me rendormir.

    Mercredi: C'est l'anniversaire de Paul aujourd'hui. Paul c'est le mari de ma marraine, décédée il y a bientôt deux ans. Quand il a appelé au secours en mars 2023 parce qu'elle était tellement mal et qu'il n'en pouvait plus, on n'a pas hésité une seconde à faire les 150 km de route pour les rejoindre et la convaincre de rentrer à l'hôpital.  Pendant sa longue agonie, on a vu Paul à peu près tous les deux jours. Et depuis l'enterrement, on ne l'a plus vu une seule fois. La vie est bizarre. D'accord, il habite loin mais quand même, du jour au lendemain, on ne s'est plus vu. J'aimerais l'inviter avec maman, son frère et sa belle-soeur, avant qu'il ne soit trop tard. Mais je procrastine, je procrastine.

    Jeudi: Guy nous appelle pour nous proposer de les accompagner en Afrique du Sud, de passer quelques jours avec eux à Johannesburg puis de continuer notre route dans ce vaste pays pendant qu'eux rejoignent le Botswana pour se consacrer uniquement à des safaris. L'Afrique du Sud, ils connaissent, ils l'ont déjà faite en long, en large et en travers. Ceci dit, nous sommes les bienvenus au Botswana mais c'est un autre budget et ils ne veulent pas nous imposer ça. Belle proposition, on doit mûrir tout ça.

    Vendredi: Dans notre capharnaüm qui n'en finit pas d'en finir, j'ai invité trois copines que je vois une fois par an. Trois veuves. L'Homme prend donc la poudre d'escampette pour ne pas jouer à cherchez l'intrus. C'est toujours un plaisir de les voir. Cette fois, on a comparé nos maux divers, pour la plupart, dos, genoux, épaules. Exactement comme avec mes sorcières sauf que ces bien-aimées sont franchement plus jeunes que moi alors que mes veuves sont un peu plus âgées que moi. Je finis par me demander si je ne suis pas tout simplement dans la moyenne et que je n'ai aucune raison de me plaindre. Mmmmmh…. Le soir, pièce de théâtre amateur jouée, entre autres, par le frère de maman et sa belle-soeur. Près de 170 ans à eux deux tout de même. La démarche un peu hésitante mais la mémoire du texte intacte. Chapeau. L'occasion aussi de revoir deux de mes cousins et deux de mes petits-cousins, ce qui n'arrive vraiment pas souvent. Envie d'organiser une cousinade. Mais je procrastine, je procrastine.

    Samedi: Concert de jazz avec maman, cadeau de Noël de Sis'Cile. Très chouette soirée, même si la fatigue commence à vraiment me peser. Et puis, on a décidé qu'on allait s'offrir le Botswana et les safaris un peu luxueux. Tant pis, c'est pas comme si on avait encore toute la vie devant nous. Au diable les varices !

    Dimanche: Journée à Gand, pour soutenir Simon qui court son premier semi-marathon et surtout aider Anaïs à occuper trois enfants pendant les quelques heures que prennent l'inscription, la préparation et la course elle-même. Vu que Simon est une gazelle (1h26, c'est vraiment top!), on n'a pas trop galéré pour les faire marcher puis patienter du point de départ où ils ont encouragé leur papa à grands cris jusqu'au point d'arrivée où ils l'ont accueilli avec un enthousiasme tout excité. Maoh et Quentin étaient aussi de la partie. 

    Et entre deux, on continue les travaux dans la cuisine…..

  • 2024

     

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    Démarrer l'année en prenant un vol pour l'autre bout du monde, il y a pire. Cela faisait plus de 10 ans que nous n'avions plus pris un long courrier ni fait un long voyage. Et quel voyage ! J'avais déjà été séduite par la Nouvelle Zélande et le Pérou mais je m'y attendais. L'Inde, ce fut la surprise ! Jamais je n'aurais imaginé que ce pays me marquerait autant. Je n'ai qu'une envie, c'est d'y retourner.

    Le temps d'atterrir et de se poser, nous voilà éblouis par l'arrivée de la septième merveille du monde, la princesse Oona. Belle comme un coeur, elle vient compléter l'équipe qui grandit aussi, chacun à sa manière. Sappho perd sa première dent et Amalia fait ses premiers pas.

    Deux séjours au printemps et à la fin de l'été dans notre Sérénissime adorée dont un a bien failli tomber dans la lagune quand l'Homme m'a fait un choc anaphylactique (et même un choc tout court) le matin du départ. Réaction violente à la pénicilline qu'il avait pourtant l"habitude de prendre. Il aura fallu toutefois plus de 9 mois pour confirmer cette hypothèse. 

    Une semaine en Ombrie et deux-trois jours à Pantelleria où le meilleur du séjour aura été à chaque fois la rencontre avec d'autres amis des amis qui sont tous autant qu'ils sont de belles personnes avec qui on peut échanger vraiment.

    Trois semaines de pioux à géométrie variable à la campagne et deux semaines en Algarve, invités par Anaïs et Simon, avec tous les pioux. Rien que du bonheur. Et pendant notre séjour en Algarve, ce concert tellement improbable de ce bon vieux Tom Jones qui m'a ensorcelée comme à mes 15 ans. 

    Un séjour à Disneyland Paris, prévu pour 2025, mais quand on aime à ce point, on ne compte plus et au diable les varices !

    Un weekend en Ardennes avec toute la tribu pour fêter nos 40 ans de mariage. Un puzzle de mille petits morceaux de nous, un pestacle sur notre histoire et une video reprenant des petits et grands bouts de films HI8 de notre mariage et de notre vie de jeune parents. J'ai dit qu'après ce weekend, je pouvais mourir. Réflexion faite, je ne suis pas si pressée.

    Et terminer l'année sur un anniversaire incroyable, celui de la Fondation où j'ai travaillé pendant 5 ans à Turin. Retrouver tous les anciens avec une émotion non simulée pour la plupart d'entre nous et une joie tellement vraie.

    Tout cela a l'air – et est – idyllique. Mais bien sûr, il y a eu la vente de l'appartement qui nous a vu vivre nos dix premières années de vie commune à deux, puis à trois, quatre et cinq. J'en ai versé des torrents de larmes. Bien sûr, il y a eu l'abattage du noyer qui a vu naître mon papa, jouer mes soeurs et moi, nos enfants et nos petits enfants. Et ce n'est passé sans mal. Et bien sûr, il y a tous ces problèmes de santé qui me minent le moral, les problèmes mécaniques, de genoux, de hanche, de dos qui me font enrager et ces soucis de défense immunitaire très déficiente qui me rendent très suspicieuse au moindre éternuement et à la moindre toux d'autrui. Mais il y a pire et je pense que je peux m'estimer heureuse qu'après tout "ce n'est que çà".

    Au final, une année merveilleuse sur le plan personnel et je mesure ma chance quand je vois tous ceux dont la vie est ruinée par la folie de certains débiles mentaux. 

     

  • Les petits plaisirs

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    Après tout un été de pioux, dix jours rien qu'à nous deux. Enfin presque. Voilà quelque temps que J et S insistent pour qu'on passe quelques jours avec eux dans cette île au large de la Sicile, plutôt difficile d'accès. Ils y ont loué un dammuso pour une dizaine de jours pour y convier quelques amis. Le hic, c'est qu'ils ont réservé aux mêmes dates où nous avons déjà depuis longtemps notre réservation dans notre sacro-sainte Venise. Et donc, un peu de guerre lasse, un peu pour ne pas les vexer, nous avons fini par amputer notre séjour à Venise de 3 jours, pris nos billets d'avion Venise-Palerme, Palerme-Pantelleria et Pantelleria-Venise. Et nous nous sommes embarqués, un peu la moue boudeuse. A tort, comme toujours, quand nous chaussons nos souliers de plomb. L'île est belle, même si nous ne la voyons pas avec les mêmes yeux amoureux que J. – mais nous pouvons comprendre puisque nous vivons cet amour inconditionnel avec la Sérénissime – mais surtout ils ont invité des amis que nous ne connaissions pas à l'exception d'un couple. Et c'est là que souvent la magie opère. Tous plus sympas les uns que les autres, de belles personnes, drôles aussi. Un couple de Romains, un couple de Roumains, un Napolitain et une Néerlandaise. Un arc en ciel d'horizons différents. Et on en repart plus riches qu'avant.

    Retour à Venise où nous avions laissé la voiture, changement de valises et nous voilà à nouveau dans la ville du bonheur. On retrouve notre sous-toiture, notre terrasse sur le toit. Et c'est parti pour dix jours d'expos, de restos et de journées lecture en mode lézard. Je suis toujours émerveillée de voir qu'on peut passer dix jours ensemble H24 sans jamais s'ennuyer ou avoir envie de souffler. Je suis bien avec lui et il me semble bien avec moi.

    J'ai dévoré trois livres: Limonov d'Emmanuel Carrère; la Danse de la Mouette d'Andrea Camilleri; et Pierre-Auguste Renoir, mon père de Jean Renoir. A la descente, on s'était arrêté pour voir une expo sur les Regards Croisés de Renoir et Cézanne. Et j'ai acheté le livre pour poursuivre cette plongée dans la magie de Renoir.

    On s'est offert cinq expos tout aussi différentes qu'intéressantes:

    • Une installation d'Eva Jospin assez féérique, une forêt faite de tableaux brodés et de cartons finement ciselés. Un magnifique travail et une impression de toute beauté.
    • Une rétrospective sur l'oeuvre de Robert Indiana, connu surtout pour sa sculpture du mot LOVE, reprise sous des dizaines de forme, mais qui a créé bien plus que ça en grand maître du pop art. J'ai adoré.
    • Une installation complètement folle reconstituant un soi-disant mont de piété à l'endroit même de l'ancien Mont de Piété de Venise, devenu la Fondation Prada (!), un amoncellement d'objets totalement disparates, des piles de journaux, des outils, des collections de luges, des vélos, des bijoux de pacotille par  centaines, des civières de la Croix-Rouge, des monceaux de vêtements, j'en passe autant que j'en oublie. 
    • Une exposition sur l'artiste de rue Ernest Pignon-Ernest, des portraits magnifiques dessinés au fusain de Pasolini, Alma Akhmatova ou Forough Farrokzhad, poétesses l'une russe, l'autre iranienne, faisant écho à mes lectures toutes récentes. Je ne les connaissais pas avant de les lire cette année et je les retrouve par hasard – mais est-ce un hasard ? – dans  cette expo.
    • Une grande foire d'artisanat du monde entier organisée sur le thème de la vie à la mort. Beaucoup de belles choses en peu de temps.

     

    Et last but not least, on s'est régalé dans quelques restaurants, connus ou découverts, mais pour la plupart exquis dans l'assiette et dans le verre.

    Bref, encore un séjour haut en bonheur. 

     

  • Un voyage haut en couleurs

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    Après avoir terminé l'année 2023 et commencé 2024 sur les chapeaux de roue, nous avons pris l'avion le 2 janvier pour une destination inattendue. Bien sûr, on savait où on allait mais ce n'est sans doute pas le premier pays que j'aurais choisi pour fêter un an de retraite. Mais G. et C. nous ont proposé de partir en Inde, et contre toute attente, l'Homme a dit "Pourquoi pas ?". Dans ces conditions, je n'ai pas chipoté sur la destination et j'ai signé des deux mains. 

    Il me restait malgré tout quelques appréhensions mais celles-ci se sont complètement évanouies dès que j'ai posé le pied sur le sol indien. J'ai dans un premier temps été étourdie par le concert ininterrompu de klaxons et la densité de circulation mais petit à petit, je me suis détendue tant la circulation était fluide. En 3 semaines, je n'ai pas vu un seul accident ni le moindre accrochage. Après l'oreille, ce sont mes yeux qui en pris plein la vue. Jusqu'au dernier jour, j'ai été éblouie par l'arc-en-ciel de saris colorés et chatoyants et l'élégance dont ce vêtement habille chaque femme, quelle que soit sa morphologie. 

    Notre voyage avait la forme d'un sourire. De Chennai, ancienne Madras, à Goa, en passant par Pondichéry, Tanjore, Ooty, Cochin, Hampi et tant d'autres étapes aussi variées que dépaysantes. 

    J'ai tout aimé: le vert inédit des rizières, les plantations de thé comme autant de petits coussins verts, les temples époustouflants, les uns creusés à même la roche, les autres construits en énormes blocs de pierres, la dévotion incroyable des Hindous – j'ai moins aimé toutefois me déchausser les jours de pluie, marcher dans la boue et remettre mes baskets sans avoir l'occasion de me laver les pieds mais bon, sortir de sa zone de confort, cela ne peut pas faire de mal parfois -, je suis devenue une spécialiste de la mythologie indienne – bon, niveau 1, mais quand même, je ne m'en sortais pas trop mal -, la visite d'Auroville, cette utopie des années 70, la découverte des banyans, la soirée de mon anniversaire dans un ancien palais de riches commerçants Chettyar, la fête de Pongal, les kolams devant les maisons, ces magnifiques symétries dessinées par les femmes chaque matin, les visites de palais plutôt pas laids, la visite d'un jardin de plantes ayurvédiques, la journée en bateau sur les backwaters au milieu des jacinthes sauvages et des lotus, les deux safaris dont l'un à 6 heures du matin qui nous a permis de voir, chose très rare, un éléphant dormir couché près de son bébé de quelques semaines (normalement les éléphants dorment debout pour éviter de prendre trop de temps à lever leur lourde carcasse en cas de danger et ne s'autorisent à dormir couchés que lorsqu'ils se sentent en confiance), le magnifique site de Hampi, la cuisine indienne malgré le côté parfois fort fort épicé et surtout surtout j'ai été conquise par les Indiens, leur sourire, leur gentillesse et leur permanente envie d'être photographiés avec nous.

     Une semaine après notre retour, je suis toujours sous le charme. Je pourrais y retourner demain. Sans doute à un autre rythme. Mais cette Inde-là, celle du Sud, m'a définitivement séduite. 

     

     

  • Le cadeau

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    Je l'ai déjà dit à plusieurs reprises, dans une autre vie, j'ai dû être grecque. Cela fait quarante ans que je vibre au son de la langue grecque et de la musique grecque, rebêtiko en particulier. 

    Et voilà que début juillet, j'ai découvert, totalement par hasard, un compositeur et chef d'orchestre grec aussi connu que Mikis Theodorakis dans son pays mais très peu hors Grèce. J'ai regardé en boucle des concerts qu'il a dirigés et où la majorité des morceaux joués étaient ceux que j'aimais depuis 40 ans, réalisant par la force des choses que c'est cet homme là qui a composé tous ces fabuleux  morceaux. Le regarder diriger les musiciens et les chanteurs était juste du pur bonheur. Je peux même dire qu'il était fringamment séduisant malgré son âge avancé.

    De fil en aiguille, j'apprends qu'il donne un concert le 3 septembre qui s'annonce "Stavros Xarchakos. Rebêtiko, 40 ans après". C'est comme si une boucle se bouclait. Pistache sur le baklava, ce concert se donne en plein air sur le flanc de la colline qui mène à l'Acropole, dans l'Odeon d'Hérode Atticus. Il y a 4 ans, en redescendant de l'Acropole, je me suis arrêtée pour écouter et regarder les répétitions d'un concert prévu le soir. J'ai regretté depuis ce moment de n'avoir pas cédé à l'envie de prendre des places pour être là, même sans savoir vraiment qui donnait un concert ce soir là, tellement l'endroit est magique.

    La billetterie ouvre le 10 juillet. La nuit, l'idée surgit. Et pourquoi pas en fait ? Si je ne cède pas à mes envies maintenant, quand le ferais-je ?

    Il y a ce cadeau qu'ils m'ont offert pour mes 60 ans. Un voyage au choix que je n'ai jamais eu l'occasion de choisir because of Covid. Et si je choisissais pour destination Athènes pour quelques jours début septembre ? Oui mais. Oui mais on descend à Venise mi-septembre, c'est un peu exagéré. Oui mais j'ai une intervention prévue chez la dermato. Oui mais on a un rendez-vous chez l'ophtalmo. Oui mais on est invité chez Anne et Guido. Oui mais on descend en Bourgogne chez Gérard et Martine fin août. 

    Mais la pulsion est très forte. J'en parle à l'Homme, pensant qu'il me ramènerait les pieds sur terre. Il a répondu: "ok, on prend le bateau à Ancône". 

    Le 10 juillet à midi, j'avais deux places à l'Odéon. On a mis quelques jours à trouver encore des places sur un bateau, un hôtel à Athènes, on a reporté l'ophtalmo et la dermato, réorganisé les rendez-vous avec les amis. 

    Je n'en reviens toujours pas. Mon excitation s'est un peu calmée mais je suis comme un enfant qui attend Noël. Je crois que je ferais bien d'avoir des coups de folie plus souvent. De toute manière, c'est maintenant ou jamais. 

  • Attaquer Mars

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    Mercredi: Petit moment manucure-pédicure-vernis avec les filles, l'une en télétravail, l'autre en congé de maternité. Sappho, Jules et Sam Sam  sont venus aussi puisque les écoles étaient en congé. Enfin pour Sam Sam, c'était une semaine de congé transition entre la crèche et l'école. Puis j'ai emmené les deux aînés chez le coiffeur, ils ont adoré ça. Non seulement aller chez le coiffeur mais surtout y aller à deux. Ils se tenaient la main au bac à shampooing et souriaient béatement. Ils ont dormi tous les trois à la maison et c'était bien.

    Jeudi: Journée avec les mêmes. Ils ont joué toute la journée sans s'ennuyer un seul moment, Jules et Sappho ensemble, Sam Sam tout seul. Et même si c'est difficile à croire, il n'y a pas eu un seul moment de dispute. On a même eu des scrupules à interrompre leurs jeux pour les emmener voir Manneken-Pis et sa soeur Jeanneke-Pis, moins connue, et à vrai dire, moins élégante. Et terminer la promenade glaciale par une bonne gaufre de Bruxelles. 

    Vendredi: Départ tranquille pour Rotterdam dans cette voiture flambant neuve qui vient d'arriver. Chambre d'hôtel au 20 ème étage avec une vue à couper le souffle et même à donner un peu le vertige. Concert de Dalaras le soir, juste tellement bien. Tant qu'il pourra encore donner des concerts, j'irai le voir. Ma fibre hellène vibre sans faiblir depuis tant d'années quand je l'entends et surtout surtout quand je l'entends en public alors que tous ses fans chantent à l'unisson. C'est un plaisir inégalé depuis 40 ans que je le connais.

    Samedi: Touristes dans une Rotterdam glaciale et bruineuse. On a marché pendant des heures sans toutefois jamais s'ennuyer. Entre le vieux port, les parcs, la rue Witte de With, les drôles de maisons cubiques, le Markthal, explosion de couleurs et de parfums et tant d'autres chemins de traverse. On a grignoté quelques marrons chauds puis on est rentré frigorifiés se réchauffer au bar autour d'un ou deux cocktails.

    Dimanche: On a repris la route en passant par les moulins à vent de Kinderdijk et on est rentrés en passant par les cases belle-mère et supermarché. Puis on a passé le restant de la journée à cuisiner ensemble en réécoutant Dalaras et en trinquant au bonheur d'être là tous les deux.

    Lundi: Sam Sam est donc rentré à l'école et ces moments-là m'émeuvent toujours. Pendant ce temps, nous, on a rangé ensemble un meuble, vidé, lavé ce qui pouvait l'être, fait le tri de ce qu'on ne gardait plus, et réorganiser intelligemment. On a retrouvé des trésors, des objets qu'on pensait perdus, des trucs démodés, et il a ciré le meuble. J'adore  ce type de journée.

    Mardi: Petit soin visage le matin. L'esthéticienne me propose un soin régénérant. En gros, elle me perce la peau du visage avec de toutes petites aiguilles pour agresser la peau et l'obliger à se régénérer. J'accepte avant de connaitre le processus, puis subst. Elle y est allée assez fort et je le sens passer. Je regrette de ne pas avoir demandé un soin doux et gentil comme d'habitude s'il vous plait, merci. Je sors de là rouge pivoine comme si j'avais abusé du premier soleil de printemps sans protection. A mon retour, l'Homme s'effraie de mon teint et me demande si c'est normal d'être plus moche après qu'avant un soin visage. Je crois que c'était la première et dernière fois.

    Mercredi: Ma peau se régénère donc. Je passe le mercredi seule et ça me va aussi. Je continue les rangements, je cuisine, je télécharge du Dalaras à la pelle, je repasse, je suis bien. En fin d'après-midi, je rejoins Maman et Sis'Cile comme tous les mercredis. Au moment de partir, le beau-frère de Maman l'appelle pour dire que sa soeur, ma marraine, est au plus mal et qu'il faut envisager de venir lui dire au revoir. On sait qu'elle se bat "contre une vilaine maladie" mais Maman l'appelle tous les jours et elle n'avait pas cette impression, ces derniers jours. Il est vrai qu'elle n'arrive plus à s'alimenter cette dernière semaine. L'Homme, venu nous chercher, ne tergiverse pas et nous enjoint à sauter dans sa voiture et nous voilà partis à 150 km de là. Arrivés vers 21h30, on ne peut que constater qu'elle est dans un état de faiblesse immense. Elle refuse de voir un médecin autre que son médecin traitant, malheureusement parti skier. On parvient finalement à la convaincre de se rendre à l'hôpital le lendemain matin.  Le Covid a frappé et pour quelqu'un dont le système immunitaire est au plus bas, c'est un coup sérieux. Elle va donc rester hospitalisée le temps nécessaire à guérir et reprendre des forces. On y croit.

     

  • Abba road

     

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    C'était mon cadeau de Noël de l'année passée, offert par l'autre Abbamaniaque de la famille. On l'a serti dans un city trip à quatre à Londres: l'Homme, les deux filles et moi. Quentin n'a pas pu être de la partie. Les papas ont été sympas comme tout de garder leurs enfants respectifs pendant 4 jours dont un weekend entier tout de même.

    Et ce fut un weekend de rêve. Que du bonheur ! On a trouvé une petite maison à Greenwich, juste assez grande pour dormir, se faire à manger et passer quelques moments au calme. 

    Anaïs et moi, on avait une belle soirée en perspective et on n'a pensé à rien d'autre avant de partir. Maïté, elle, avait bien préparé ses highlights. Elle nous a emmenés dans un salon de thé installé au milieu de pépinières près de Richmond (à une petite heure de route de Londres). Après une magnifique ballade dans les marais et les bois, nous nous sommes installées pour un sublime afternoon tea. Le truc à trois étages, surmonté d'un joli bouquet de fleurs, garni de petits sandwiches salés et de bouchées sucrées, le tout à tomber. Et quand on croit que c'est terminé, on vous amène les scones, la clotted cream et la confiture de framboises. What a treat !

    Elle nous avait aussi réservé une entrée au Tate Modern pour une installation de Yayoi Kusama "Infinity Mirror Rooms". Très court mais magnifique. 

    On a passé un peu de temps chez Liberty, chez Harrod's – dont on s'est assez vite enfuis tant la clientèle est dégoulinante de luxe et de manque de goût – et chez Fortnum & Mason où on a acheté les meilleurs Scottish eggs ever. 

    On s'est promenés le dernier jour dans le parc de Greenwich et Anaïs tenait absolument à manger un "pie & mashed potato" dans un pub avant de reprendre la route pour Folkestone et le tunnel sous la manche.

    Mais le clou du weekend, c'était ce pour quoi on était venus: le concert d'Abba, tout en hologrammes. Bluffant. Ma première et unique expérience d'hologramme, c'était la Callas sur la scène de Bozar qui avançait de manière mécanique et saccadée en chantant. Complètement décevant. Mais là, on est restées bouche bée devant la prestation. On avait beau savoir que c'était des hologrammes, il a fallu à plusieurs reprises recadrer son cerveau pour qu'il enregistre bien la réalité "non tu n'es pas revenue 40 ans en arrière et non, ils ne sont pas sur scène". C'était un spectacle incroyable extrêmement bien ficelé et très diversifié. Pas une seconde de répit pour l'émerveillement et l'éblouissement. 

    Et pour ne rien gâcher, 4 jours de beau temps à Londres, le luxe suprême.

    Un weekend plus que parfait !

  • Vacances enfin !

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    Jamais en 30 ans, nous n'avons laissé passer le mois de juillet sans partir en vacances, même en Belgique. Nous sommes des juillettistes convaincus. Et voilà qu'un petit bébé, même pas encore né, nous a fait revoir tous nos plans. Et on a bien fait puisqu'il est arrivé… le 1 août.

    Nous avons donc dû attendre la fin d'un été qui n'en finissait d'ailleurs pas d'arriver pour enfin partir à notre tour.

    Direction Venise, pour changer. Mais cette fois, fini de se laisser mener l'agenda par le bout du nez des avions ou plutôt des compagnies aériennes. L'Homme a décidé de descendre en voiture. Et finalement, comme souvent, ce fut une bonne idée. Les deux jours pour descendre m'ont permis de décompresser doucement. On s'est arrêté dans le Valais, là où on a passé plus de 30 ans d'une partie de nos étés et on a mangé tous nos souvenirs sur la carte, de quoi ne pas se sentir trop bien au sortir de table. Puis on a passé les Alpes et nous nous sommes arrêtés à Bergame où on a retrouvé un restaurant qui n'était, lui, plus tout à fait comme dans nos souvenirs, mais où nous étions bien malgré tout.

    Et au troisième jour, Venise fut. On a retrouvé "notre" sous-toiture et sa petite terrasse. Deux jours de soleil pour commencer, deux jours de farniente. Puis retrouver nos différents restaurants préférés de gros gourmets. A force d'aller toujours aux mêmes endroits, on finit par connaître beaucoup de monde et on arrive même à comprendre les liens entre les uns et les autres et se rendre compte que, comme toujours, le monde est vraiment petit. 

    Retrouver J et S pour 3 jours qui deviennent, comme nous, des habitués des lieux. 

    Découvrir Sant'Erasmo, l'île qui sert de potager à toute la lagune et sa petite plage improbable. 

    Et partir à reculons en souhaitant revenir au plus vite.

    Retour à la maison pour découvrir avec horreur l'appartement ensablé. Les travaux de sablage de la façade ont démarré et les vitres n'ont pas été bien protégées. Le sable s'est infiltré partout et en moins de temps qu'il ne faut pour le dire, tout, absolument tout l'appartement s'est transformé en plage. De quoi ruiner quinze jours de détente totale.

    Mais on a tout laissé en l'état puisque deux petites frimousses nous attendaient avec leurs mamans pour prendre la route de Disneyland Paris. 

    Deux jours dans ce monde totalement féérique où on oublie tout, même les appartements sahariens. 30 ans plus tard, la magie opère toujours et j'ai savouré chaque minute.

    Voilà, les vacances tant attendues sont finies. On rentre à la plage, je la laisse à l'Homme et je m'en vais garder sa mer maman pendant que sa soeur prend ses vacances à la côte belge ;-).