Catégorie : Livres

  • Les Martine

     

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    Je les ai tous aimés. En tout cas, ceux de mon enfance:

    Martine à la ferme: j'adorais les poules, les petits lapins, la vie à la ferme avec la poupée Cacao. 

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    Martine en voyage: J'aimais cette idée de fugue avec Cacao, j'étais tout aussi ennuyée qu'elle lorsqu'elle s'était assise sur un banc fraîchement peint en vert, aussi désespérée qu'elle lorsque la nuit tombe et que le dernier train est parti…., et je bénissais le lapin qui les aide à rentrer.

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    Martine au cirque: j'adorais son déguisement de prestidigitatrice, la manière dont elle roulait à vélo avec Patapouf en poirier sur son guidon, son numéro de dompteuse de fauves, j'aurais voulu être à sa place, même en vendeuse de bonbons à l'entracte, j'aimais jusqu''à son petit lapin qui baille au petit matin quand elle se réveillait de ce rêve magnifique.

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    Martine à l'école: j'adorais sa conversation avec les moineaux, jusqu'à la couleur vermeille des cerises, les parties de cache-cache sur le chemin de retour…

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    Martine fait du théâtre: je rêvais de son grenier où s'empilaient dans un magnifique coffre des déguisements tout aussi beaux les uns que les autres, j'adorais la manière dont elle organisait un rideau de fortune et comment tous ensemble ils revisitaient la Belle au Bois Dormant.

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    Martine à la maison: mon préféré, bien que ce soit le plus ancré dans la séparation des rôles homme-femme. Mais j'aimais jusqu'au mousseux de la brosse à faire la vaisselle. J'adorais la salle de jeu qui me faisait rêver et j'aurais tant voulu être capable de faire des profiteroles comme elle.

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    Martine en bateau: le plus glamour, j'adorais sa position alanguie dans une chaise longue sur le pont supérieur, la visite de la salle des machines, les jeux de ballons dans la piscine du paquebot, les bêtises de Patapouf et l'orage qui m'effrayait. Je trouvais Miss Daisy terriblement sexy et je trouvais leur arrivée à New York de la plus grande classe.

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    Martine en avion: le plus classe, première s'entend, où on ne mangeait pas dans une barquette une bouillie infâme sur-réchauffée et insipide et où les hôtesses, plus jolies les unes que les autres venaient vous raconter des histoires pour faire passer le temps de vol.

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    J'ai adoré Martine et sa vie de petite fille modèle, heureuse, naïve et super-active. Il doit m'en être resté quelque chose…..

  • Feuilles d’automne

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    Le cri des pierres – Gilbert Sinoué

    Ce sont les exigences qui tuent. Les gens amoureux exigent toujours trop l’un de l’autre. En vérité, ils n’aiment que le reflet qu’ils dégagent dans le regard de celui qui leur fait face et, surtout, manquent d’amitié. C’est essentiel, l’amitié.

    ***

    Un arbrisseau ne peut tenir contre la tempête. Seul un olivier en est capable. Nous serons cet olivier.

     

    Mort dans l'après-midi – Ernest Hemingway

    Dans tous les arts, le plaisir croit avec la connaissance que l’on a d’eux.

     

    Le kiosque – Olga Krushin

    Allant et venant au travers de son sommeil, comme une aiguille d'argent racommodant vivement le tissu de l'obscurité, la voix cousait les heures ensemble, unissant d'une couture invisible ses histoires à ses propres rêves, ses propres pensées, de sorte qu'il se réveillait souvent la tête envahie d'un flot bourdonnant de visions, en se demandant s'il les avait bien toutes conçues lui-même – sirènes sirotant des boissons mousseuses dans de délicates petites tasses à des terrasses de cafés, cachant leur queue sous des jupes plissées à la coupe complexe; chansons extraites à l'aide d'une cuiller spéciale, incurvée, des spires rosées de coquillages vendus dans des marchés dissimulés au fond des ruelles; poissons rouges languides progressant dans des membres de mannequins de verre aux vitrines luxueuses de quelque grande ville – cette ville lointaine, fantastique, fantasmagorique que la voix hantait toujours, quand elle s'infiltrait dans ses nuits par les fissures les plus infimes.

     

    Pour un jour de plus – Mitch Albom

    Mais derrière chaque détail se cache une histoire. Celle qui fait qu'une peinture est accrochée sur un mur, ou une cicatrice sur un visage. Parfois, les histoires sont simples, et parfois, elles sont dures et vous brisent le coeur. Mais derrière toutes vos histoires, il y aura toujours celle de votre mère, parce que c'est tout bonnement avec la sienne que la vôtre commence.

     

     Les désorientés - Amin Maalouf

    Je ne juge pas? Si, je juge, je passe mon temps à juger. Ils m'irritent profondément ceux qui vous demandent, les yeux faussement horrifiés : "Ne seriez-vous pas en train de me juger?" Si, bien sûr, je vous juge, je n'arrête pas de vous juger. Tout être doté d'une conscience à l'obligation de juger. Mais les sentences que je prononce n'affectent pas l'existence des "prévenus". J'accorde mon estime ou je la retire, je dose mon affabilité, je suspends mon amitié en attendant un complément de preuves, je m'éloigne, je me rapproche, je me détourne, j'accorde un sursis, je passe l'éponge -ou je fais semblant. La plupart des intéressés ne s'en rendent même pas compte. Je ne communique pas mes jugements, je ne suis pas un donneur de leçons, l'observation du monde ne suscite chez moi qu-un dialogue intérieur, un interminable dialogue avec moi-même.

    ***

    Mais la seule chose importante, pour moi comme pour tous les humains, c'est d'être venu au monde. Au monde ! Naître, c'est venir au monde, pas dans tel ou tel pays, pas dans telle ou telle maison.

     

  • Extraits choisis de cet été

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    L'année de la pensée magique de Joan Didion 

    La vie change vite.
    La vie change dans l'instant.
    On s'apprête à dîner et la vie telle qu'on la connaît s'arrête.
    La question de l'apitoiement.
    Tels étaient les premiers mots que j'avais écrits après l'événement. […]
     
     
    Une journée particulière de Anne-Dauphine Julliand
     
    La plupart d'entre nous restent interdits devant la détresse de l'autre. Muets et paralysés. Une chose est sûre, toute parole vaut mieux que le silence gêné, toute attitude vaut mieux que la distance confuse. Parce qu'il n'y a pas de pire épreuve que celle qui engendre la solitude.
     
     
    Les fleurs de lune de Jetta Carleton
     
    Une feuille bougea. Mais non, on l'avait imaginé ! Mais si, elle bougeait ! Un léger spasme vint agiter le long bouton. Lentement d'abord, puis de plus en plus vite, le cornet vert s'ouvrit et le blanc des pétales commença à apparaître, puis à s'arrondir et à s'élargir jusqu'au moment où, enfin, fut complètement déployée, lumineuse et parfaite, la fleur de lune.
     
     
    L'homme-joie de Christian Bobin
     
    Deux choses importantes sont arrivées aujourd’hui. J’ai tout de suite su qu’il n’y en aurait pas d’autres. A deux heures de l’après-midi, c’était plié. Deux émerveillements c’est beaucoup pour un seul jour, non ? Le premier miracle c’était la tête du cheval brun chocolat enfoncée dans l’herbe haute noyée de boutons d’or.
     
     
    La nacre et le rocher de Robert Misrahi
      
    Le sujet libre (cet individu quelconque de la quotidienneté) est créateur de sens. L'individu dans l'instant présent et concret de son activité est non seulement libre de sa décision, mais encore il est "constituant", créteur de sens. Ce n'est pas un paradoxe, ni une proclamation idéaliste. C'est la simple reconnaissance de la totalité d'un acte, fût-il le plus quotidien le plus simple: faire l'acquisition d'un objet, définir un itinéraire, choisir un menu, élire un candidat, choisir un livre, soutenir une cause, c'est toujours à la fois constituer un sens, créer une situation et choisir une possibilité parmi d'autres. Le sujet "constitue" càd définit lui-même (avec d'autres souvent) ce qu'est un menu de terroir, un itinéraire commode, un candidat ami, une cause juste. Chacun en a sa propre idée. Le sujet (chaque jour, tout un chacun) est la source des choses et des situations, et il est aussi, dans le même temps, la source des valeurs et des hirarchies par lesquelles il justifie son action, càd ses choix.

  • Une semaine pseudo-printanière


    Nazelles

    Lundi: Le weekend pascal se termine et les lapins se dispersent, retournent dans leurs tanières respectives. Maïté est déjà repartie la veille. Swiss'Sis part la première, la route est longue et elle ne retrouvera pas son Swiss Rabbit avant le soir. Puis Simon emmène Anaïs à Lille pour qu'elle reprenne le train de Tours. Le temps d'un déjeuner plus frugal que les jours précédents, et c'est à notre tour de partir. Sis'Cile et monsieur F. suivront de près, laissant Clara en compagnie de ses grands-parents pour deux semaines. 

    Mardi: Retour au boulot après 5 jours d'absence. Une grande partie des collègues est en vacances et il fait bien calme au bureau. J'adore ces périodes de non stress où on peut ranger son bureau, jeter ce qui doit l'être, finir ce qu'on a envie de finir, sans être dérangé, travailler au ralenti et surtout trouver le temps de flâner sur Internet. Cette semaine, j'aurai épluché tout le site de Pierre Rabhi et le site de Raoni. Et foisonner d'idées après la lecture de ces deux sites.

    Mercredi: Retrouver, après deux mois d'absence, Katia qui me fait les plus jolies mains que j'ai jamais eues et y trouver un plaisir bien plus grand que celui des jolies mains. Retrouver son rire, sa chaleur, sa voix chantante qui me raconte en franco-brésilien l'accouchement de sa fille et surtout surtout le bonheur inégalable d'avoir passé six semaines avec sa première petite fille. Partager aussi sa tristesse d'être rentrée et de ne pas pouvoir retourner au Brésil avant Noël. Il va lui falloir en faire des jolies mains avant de pouvoir se payer à nouveau un billet d'avion. Je sens que je serai plus assidue que jamais….

    Jeudi: Arrêter de procrastiner et finir par prendre rendez-vous pour se faire vacciner contre la fièvre jaune. L'aventure péruvienne approche à grands pas.

    Vendredi: Avoir le plaisir de se faire offrir une demi-journée de congé par un chef content, comme ça, gratuitement, pour me laisser prendre la route vers Anaïs en Touraine. Abandonner Quentin avec un petit pincement au coeur. Je n'aime pas le laisser quand je sais qu'il doit étudier et qu'il aime trouver quelqu'un à qui parler quand il sort de sa tanière. Mais partir quand même parce qu'Anaïs attend impatiemment. Travailler malgré tout à côté de l'Homme qui conduit, contre-signer les justificatifs de toutes les demandes de congé octroyées au cours de ces derniers mois et voir défiler au gré des signatures la vie de dizaines des 500 collègues, les décès de parents, les enfants malades, les congés de maternité, les mariages et les déménagements, la vie quoi…. Puis se plonger dans un livre passionnant.

    Samedi: Passer la journée avec Anaïs et Véro, Olivier, Lucas et Olivia. Etre fière d'Anaïs, toute dans son élément et être infiniment reconnaissante envers Véro qui l'accueille comme sa fille dans sa maison et son boulot. Me dire que j'ai des amis formidables. Me dire que j'ai une fille splendide. Et profiter de tout. Me remplir les yeux de tant de beauté, le coeur de tant de tendresse, le palais de tant de saveurs et vivre le moment présent.

    Dimanche: Passer encore une matinée de tendresse et puis reprendre la route avec un petit pincement au coeur en sachant que je ne reverrai pas Anaïs avant fin mai, quand on rentrera de vacances. Se plonger pendant tout le trajet dans un premier guide sur le Pérou et se passionner pour ce qu'on lit. Ecouter en même temps une émission sur Moby Dick et une autre sur Schlomo Sand. Retrouver Quentin avec plaisir, qui nous accueille avec son premier pain de viande, préparé tout seul pour ses parents prodigues. 

    Encore une jolie semaine, ma foi ….

  • Non fuggite lieti istanti della mia felicità….*

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    * Ne fuyez pas, doux instants de bonheur… (Le barbier de Séville de Rossini).

    Toute une semaine de moments de bonheur les uns après les autres. Des moments de plaisir des sens, des moments de chaleur humaine, des moments de douceur de vivre…. Comment ne pas se réjouir à chaque instant d'être en vie, en bonne santé, tout comme ceux qui nous entourent, comment ne pas profiter pleinement de tout ce qui nous est offert ?

    Samedi: Je vais m'acheter une paire de chaussures (enfin deux), toujours les mêmes mais dans d'autres couleurs, dans ce magasin qui vend tout au long de l'année les mêmes chaussures tellement confortables qu'une fois essayées, elles sont adoptées et qu'il devient difficile d'acheter autre chose. J'en suis à ma sixième paire. Toutefois, la dernière paire s'est mise à bailler à la semelle après peu de temps. La propriétaire de la boutique, d'habitude plutôt peu aimable, s'est montrée charmante et m'a offert de remplacer la paire fatiguée et défectueuse par une paire identique toute neuve. Elle a fait ma journée….

    Dimanche: Parmi les livres de la tournée de 12 livres que l'on se partage à 12 en un an, j'ai reçu pour le mois de mai la biographie de Marie Laurencin. Et j'attends chaque jour avec impatience le moment du coucher où je vais retrouver pour quelques instants la butte Montmartre, le Bateau-Lavoir et le Lapin Agile avec Marie, Guillaume, Pablo, Fernande, le Douanier, Gertrude et Alice, tous ces jeunes fous qui vivaient de rien, de couleurs et de fêtes et qui me fascinent aujourd'hui. Parmi les multiples époques où j'aurais aimé vivre, je pense que ce Paris-là m'aurait infiniment séduite.

    Lundi: L'arbre qui se trouve devant l'entrée du bureau où je travaille est sublime. Il est entré dans le printemps tout en bourgeons roses qui se sont ensuite épanouis en magnifiques fleurs blanches. Il verdit lentement jour après jour. Il est tout simplement splendide. Il me fascine et si j'avais le temps je m'arrêterais chaque jour un instant pour l'admirer plus longuement.

    Mardi: Réjouissances festives entre amis pour célébrer l'anniversaire de l'Homme autour d'une table malgache. Une cuisine divine, tout en saveurs et parfums. Le ravitoto, plat traditionnel national est un pur régal: une cassolette de porc longtemps mijotée aux feuilles de manioc pilées et au gingembre accompagnée de riz parfumé au coco et d'une salade de tomates à la coriandre et au kumbava. Un vrai délice. Le tout arrosé au rhum, arrangé ou non. Et cerise sur le gâteau, le couple qui a ouvert récemment ce tout premier restaurant malgache à Bruxelles est exquis de gentillesse, de sourires et d'attentions. Une soirée délicieuse.

    Mercredi: Non contents de l'avoir entouré la veille, les amis lui ont offert des billets pour le concert organisé au Bozar pour célébrer les 90 ans de Toots Thielemans. Ce fabuleux artiste bruxellois nous a époustouflés. Deux heures ininterrompues de morceaux hyper connus mais revus au son de son harmonica légendaire. Deux heures sans même boire une goutte d'eau. Quel souffle ! Il aurait pu aisément éteindre ses 90 bougies ! Le public en délire lui a manifesté haut et fort son enthousiasme et son amour. L'émotion était vraiment palpable et nous, les filles, nous avons essuyé notre petite larme.

     

    Jeudi: Toutes les semaines ne sont pas aussi chargées mais le rendez-vous était fixé depuis longtemps. Soirée à nous deux, cette fois. Deuxième séance cinéma-opéra de l'année et cette fois c'est Figaro qui nous a enchanté les oreilles. On m'aurait dit il y a 30 ans que j'adorerais ça, j'aurais été plus que sceptique et pourtant nous sommes tous les deux de plus en plus enthousiastes. Cette fois, le Barbier de Séville était retransmis du Teatro Regio de Parme, ce qui ajoutait un brin de nostalgie à l'événement, pour moi, la Parmiggiana d'une année. Morceaux archi-connus ou moins connus, prestation enjouée, trois heures de plaisir non dissimulé. 

     

    Je ne voudrais pas avoir l'air d'un papillon écervelé, je sais qu'autour de moi, proches et moins proches vivent une souffrance, que ce soit une maladie soudaine, un divorce difficile, un deuil violent ou les effets sournois de la crise. Je vois les montées d'extrêmes un peu partout, la peur qui grandit. Je ne suis ni hermétique ni aveugle. J'apporte ce que je peux, même si c'est si peu, dans le réconfort. Mais je ne peux pas m'empêcher de souligner ici, dans la bulle qui m'appartient, les moments de plaisir que l'on peut trouver un peu partout.

  • Livre comme l’air

    The Fantastic Flying Books of Mr. Morris Lessmore

    Je voulais juste partager ceci avec vous….C'est un peu long mais tellement beau.

  • Ma rentrée littéraire

    Pendant les vacances, je suis bibliophage. Dès septembre, je suis au régime plutôt sec. Je n'ai lu que 6 livres depuis la fin des vacances. Allez, je vous fais une petite revue de presse:

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    Seule Venise de Claudie Gallay

    Isa me l'avait prêté début août et je ne l'ai commencé qu'un mois plus tard. Elle savait que j'avais lu les Déferlantes et que j'aimais Venise. Il n'en a pas fallu plus pour qu'elle pense à moi. J'ai aimé plus que tout l'atmosphère de ce livre: Venise en hiver quand elle n'appartient plus qu'aux Vénitiens. Tout le livre est nimbé de cette brume fantasmagorique. Je me suis imprégnée de l'ambiance de cette pension de famille où cette jeune femme a trouvé refuge après avoir tout quitté. j'ai adoré ce vieil aristocrate russe qui au soir de sa vie, vit à Venise dans le seul espoir de retrouver son premier amour (tragique amour impossible avec la fille de sa nounou). Et tout au long du récit de ce séjour pour oublier une rupture dans une Venise insolite, c'est encore et toujours Venise qui me séduit.

     

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    La vie d'une autre de Frédérique Deghelt

    Un livre que m'avait offert avant l'été Petite Anne. Une histoire un peu abracadabrante d'une jeune femme de 25 ans qui se réveille, le lendemain de sa rencontre avec un garçon qui deviendra son mari, 12 ans plus tard, avec ledit mari et 3 enfants en prime. Entre les deux, un trou noir, une absence, une amnésie de 12 ans. J'ai eu un peu de mal à y croire. D'autant qu'elle fait comme si de rien n'était et parvient à tromper son monde sur son amnésie. Un peu fou. Mais pour finir on y croit et on souhaite ardemment savoir ce qui a provoqué ce black-out. Et on finit par le lire comme un policier.

     

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    L'enfant à l'endroit, l'enfant à l'envers de Nicole Versailles

    Un des livres de Coumarine.  Un livre très émouvant où je me suis à plusieurs reprises retrouvée d'une manière ou d'une autre dans les traces de Coumarine. C'est l'histoire personnelle de cette autre Nicole, de sa mère et de sa grand-mère, qu'elle n'a pas connu et à qui elle s'adresse. C'est l'histoire d'une enfance un peu sévère, un peu triste, un peu bridée mais revisitée par une adulte qui ne manque pas d'humour et d'indulgence. Un livre pour se réconcilier avec l'enfant que l'on était et que l'on est toujours.  

     

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    Le lièvre de Patagonie de Claude Lanzmann

    Mon coup de coeur de cet automne. Livre "imposé" par la tournante de livres pour ce mois d'octobre. Une vraie découverte. Ce sont les mémoires de Claude Lanzmann, qui a vécu mille vies et non des moindres: Juif non religieux, adolescent résistant pendant la seconde guerre mondiale en Auvergne, jeune journaliste indépendant rédigeant tant pour Les Temps modernes, fondés par Sartre que pour le Elle de Lazareff, amant pendant 10 ans de Simone de Beauvoir, le Castor (du coup, je me suis achetée deux de ses livres, tellement elle m'est apparue sympathique), engagé pendant la guerre  d'Algérie, réalisateur du film fleuve "Shoah", frère du Jacques Lanzmann, lui-même papa du mythique "Paris s'éveille", etc…. Je suis tout simplement fascinée. 

     

    9782714442598

    Quitter le monde de Douglas Kennedy

    J'aime très moyennement le style de Douglas Kennedy et pourtant je finis toujours par aller jusqu'au bout de ses livres. Cela démarre toujours lentement et je suis toujours sur le point de laisser tomber et puis soudain, sans jamais vraiment accrocher, je veux aller jusqu'au bout. Toute l'intrigue est basée sur le thème de la culpabilité de l'héroïne: les reproches de sa mère qui croit mordicus que son mari l'a quittée parce que sa petite fille de 13 ans a un jour lâché qu'elle ne se marierait jamais et n'aurait jamais d'enfant, la culpabilité de ne pas avoir pu empêcher son professeur de littérature dont elle était la maîtresse de se suicider suite à un échec littéraire, la culpabilité d'être la fille d'un minable escroc, la culpabilité d'avoir elle-même épousé un autre minable escroc et finalement la terrible culpabilité de n'avoir pu sauver sa petite fille de 3 ans des roues d'un camion. Somme toute très déprimant, ce bouquin.

     

    9782226188441

     

    Le fait du Prince d'Amélie Nothomb

    Amélie Nothomb a vraiment le don pour écrire des histoires abracadabrantes. Cette fois, elle nous raconte l'histoire d'un homme qui usurpe l'identité d'un inconnu venu inopinément et effrontément mourir chez lui.  Il s'insinue dans sa vie, dans sa maison et partage la vie de sa femme qui ne semble pas s'inquiéter outre mesure que son mari ne donne plus signe de… vie. L'écriture est toujours aussi piquante mais à part ça, cette histoire ne tient absolument pas la route et se termine en eau de boudin.

     Prochaine revue littéraire au printemps. 

  • Futilités et contrariétés de la semaine

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    Lundi (contrariée): 

    Lui: J'aurai jamais fini de peindre cette fichue cuisine ! Dis à la dame (raccourci pour "la dame qui vient nettoyer chez nous") de ne pas venir demain, c'est trop le bazar (j'édulcore) et elle va rien pouvoir faire.

    Moi: Faut vraiment ?

    Lui: Ben oui, je vais quand même pas la payer à ne rien faire.

    Moi: Ok, ok.

    Moi (in petto): Je déteste faire ça. C'est comme si je la privais de son boulot. Mais je sens bien que ce n'est pas la peine de discuter. Je sais pertinemment bien qu'elle ne travaille jamais que 2/3 de ses heures et que l'Homme n'est absolument pas dupe.

    Mardi (contrariée, enfin pas tant que ça, j'ai l'habitude): 

    – Moi: Regarde le monsieur là, comme il est beau et élégant, tout vêtu de blanc. Il se rend sûrement à la mosquée pour la fête de l'Aïd

    – Lui: Mouais, c'est pas une raison pour lâcher sa voiture, comme ça, sur le trottoir.

    – Moi: Regarde le camion là; il remonte des Villos et renfloue les stations démunies. C'est futé, puisque souvent les gens préfèrent pédaler en descente et les stations du haut de la ville sont souvent dégarnies.

    – Lui: Ouais, et tu trouves ça écolo ces gros camions polluants ? Ca valait bien la peine d'installer des vélos.

    Je continue ?

     Mercredi (futile, enfin pas tant que ça): Lire dans le métro est un plaisir totalement déconnectant. J'oublie tout, je ne suis dans une rame, sur un quai, dans un escalator, je suis là où l'auteur m'emmène. Plus rien d'autre n'existe. Et quand j'arrive en haut de l'escalier, devant la porte de l'appartement, mon boulot est déjà loin. Je suis passée par un sas de décompression en papier.

    Jeudi (futile): Quoi ? Kate Middleton, future reine d'Angleterre (un jour) porte la bague fiançailles de Lady Di ? Mais c'est totalement indécent ! Lady Di vient à peine de mourir. Comment ça, ça fait déjà 13 ans ? Ah bon ? Oui, mais c'était SA bague de fiançailles. Je sais, c'est futile mais ça me contrarie…. 🙂

    Vendredi (très contrariée): J'en ai marre que les gens que je croise dans la rue, au bureau même parfois, au supermarché (même quand ils marchent sur mes pieds avec leur caddie), dans le bus ou le métro (je sais, je sais, je lis – mais je regarde aussi autour de moi), j'en ai marre donc qu'ils ne vous jettent aucun regard, ne fût-ce que pour vous saluer des yeux, pour remercier, s'excuser ou accepter des excuses. Rien, nous sommes transparents. Ce n'est pas futile et ça me contrarie.

     

     

  • Lire au soleil

    Revue littéraire de ces vacances (à la demande d'Isa):

    Comme d'habitude, j'en ai emmené beaucoup trop mais cela ne fait rien, les piles de livres sont là pour me rassurer tout comme pour me permettre de choisir.

    Cet été, j'ai lu:

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    L'art de l'essentiel de Dominique Loreau: J'avais déjà lu "L'art de la frugalité et de la volupté" avec un tel enthousiasme que dans la foulée, j'ai acheté les 3 suivants: l'art de l'essentiel, l'art de la simplicité et l'art des listes. L'art de l'essentiel est plus répétitif et une fois qu'on a compris l'idée (à savoir vider, jeter "l'inutile et le superflu pour faire de l'espace autour de soi"), le livre a un peu de mal à nous tenir en haleine. On pourrait presque lui reprocher ne pas aller à…. l'essentiel. Mais en même temps, comme l'idée me parlait beaucoup, cela ne m'a pas trop dérangé de la lire à toutes les sauces. Je n'ai pas adhéré à tout mais il reste suffisamment parlant pour que je vous le recommande. 


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    Le Cercle littéraire des Amateurs d'épluchures de patates de Mary Ann Schafer: Un très joli roman, au nom très rigolo, construit sur le mode épistolaire, plein de charme, de tendresse, d'humour plutôt anglais. Des personnages attachants. Le tout sur l'île de Guernesey, tellement bien décrite qu'elle a rejoint ma liste d'endroits A VOIR ABSOLUMENT. Des références littéraires multiples qui donnent envie de lire les grosses pointures des siècles derniers, ce qui, en ce qui en me concerne, est un exploit (j'aurais plutôt tendance à zapper la littérature ancienne). A lire. Vraiment. En un jour, maximum deux. 

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    Filles de nos mères, mères de nos filles de Sandrine Dury: Très bof bof. J'avais acheté le livre au mois de mai pour la fête des mères et puis, je me suis ravisée, Dieu merci, en me disant qu'il valait mieux lire avant d'offrir. On ne sait jamais des fois que ce serait c…. Et bien ça l'était. Je me suis efforcée de le lire jusqu'au bout, fidèle à mon habitude, et je ne suis pas parvenue à trouver la moindre ligne qui m'ait parlé ou qui m'ait appris quelque chose. Rien, nada. Jamais un livre n'a transité si peu de temps entre mes mains. Il est déjà sur les rayons d'une bouquinerie. J'espère qu'ils ne le revendront pas trop cher. Rien de tel qu'une journée à Paris avec sa môman pour la fête des mères !

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    La deuxième lune de miel de Joanna Trollope: Tout tourne autour du syndrome Tanguy. Une famille standard, un couple qui s'aime, trois enfants adultes dont deux déjà partis et le petit dernier qui vient de fermer la porte. Evidemment, j'ai accroché tout de suite, pas difficile pour moi de me projeter dans le coeur de cette maman, couchée sur le lit, même pas refait, de son dernier enfant, revivant les 25 dernières années où ils formaient "une famille". Le sentiment de ne plus exister, de ne plus avoir de rôle, que ressent cette maman, ne m'est pas aussi familier mais je la comprend. Le père qui ne voit dans ce dernier départ que l'occasion rêvée de récupérer sa femme pour lui et de démarrer une "deuxième lune de miel" est très touchant, surtout quand l'un après l'autre les enfants reviennent, à son corps défendant, demander asile sous le toit familial suite à différents déboires financiers, sentimentaux ou relationnels. Roman un peu facile mais agréable et rapide à lire.


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    Autobiographie d'Alice Toklas de Gertrude Stein: C'était pas un livre à moi, c'était un livre que Maïté lisait. Je le trouve super mal écrit, voire super mal traduit, mais il paraît que c'est un style qui plait. Mais je l'ai lu malgré tout non sans un certain plaisir. Gertrude Stein était un écrivain américain vivant à Paris et grande collectionneuse de tableaux, amie proche de Picasso, Cézanne, Matisse et d'autres peintres de cette époque. Alice Toklas était son amie et secrétaire et l'autobiographie de cette dernière n'est finalement rien d'autre que la biographie de la dite Gertrude. L'intérêt majeur que j'y ai trouvé c'est le récit de la vie dans ce milieu-là à cette époque-là de 1905 à 1920, la montée en puissance de ces peintres, la naissance du cubisme et toute la révolution artistique du début du siècle. Finalement, assez passionnant.

       

    Unaccustomed_earth 

    Unaccustomed heart de Jhumpa Lahiri: J'ai tout simplement adoré. Huit nouvelles racontant toutes l'histoire personnelle d'immigrants bengalis aux Etats-Unis, généralement de seconde génération et particulièrement bien intégrés mais qui vivent, chacun à leur manière, le décalage entre leur vie "occidentale" et un certain ancrage accepté ou non dans la tradition bengali, qu'elle soit naturelle ou imposée par des parents soucieux de maintenir les racines. Conflits et déchirements de personnalités fragiles et fortes à la fois. De belles histoires, parfois douloureuses, toujours tendres, avec en filigrane l'amour sur plusieurs gammes: un fils pour sa mère, une soeur pour son frère, une femme pour un homme, un homme pour sa femme, une fille pour son père, un père pour sa fille, …. Cadeau de Lola, migrante de première génération, tiraillée entre ses racines ici et sa vie et ses enfants là-bas….

     
     

  • Un peu de tout

     

    • Un concert comme je les aime. Ce n'est jamais que la dixième fois que je vais le voir mais c'est un peu comme un rendez-vous que je ne peux absolument pas manquer. Il concentre à lui seul ma fibre grecque et mes années de jeune mariée: les moments délicieux avec l'Homme dans le resto dont nous avions fait notre QG et où le patron nous faisait toujours une petite place, même si nous ne consommions que du vin ou un dessert et où nous refaisions le monde avec Yanni guitare et Yanni bouzouki entre deux prestations; les moments délicieux sans l'Homme où je passais en boucle de la musique grecque captée avec toutes les peines du monde sur Radio Campus, une des seules radios libres des années 80 qui passait ce que l'on retrouve sans problème aujourd'hui sur Internet sous le vocable "Musiques du Monde". Dalaras, c'est tout ça pour moi et je ne m'en lasserai jamais.
    • Une petite intervention chirurgicale de rien du tout sous anesthésie locale. Totalement sans douleur. Même si l'infirmière en a fortement douté au vu des grimaces de souffrance crispée que je lui adressais. "Vous avez mal ?" "Non, pas du tout mais j'anticipe !". Elle a dû me prendre pour une de ces cinglées….
    • Un lunch avec deux amis métis que je connaissais séparément et qui travaillent maintenant ensemble et une discussion extraordinaire sur leur perception de l'Afrique et de son fonctionnement. J'ai fini par me sentir plus Africaine qu'eux dans la tolérance à l'à peu-près et au lâcher prise. Mais bien sûr, je la comprends quand elle me dit que la coiffeuse la plante en plein milieu de son soin, demi-tête faite et l'autre pas, en disant "Revenez demain, je dois absolument partir…" .
    • Une pièce de théâtre impromptue (Mamy B. avait gagné deux places) assez interpellante et très bien jouée sur l'impact des chatrooms sur les zados et dans ce cas bien précis sur les envies de – ou les pousse au – suicide. Sur le potentiel malveillant qu'il y a en chacun de nous aussi. Brrrr !
    • Un bouquin passionnant, une brique de 750 pages mais que je retrouve avec délice tous les soirs (et les matins de ce long weekend): Le club des incorrigibles optimistes de Jean-Michel Guenassia. Le portrait d'une génération, celle de mes parents, mais en France, la fin de la guerre, la libération, l'Algérie et les exilés de l'Est, passés définitivement à l'Ouest, abandonnant derrière eux femme et enfants. Poignant mais toujours l'humour, toujours l'humour.