Catégorie : Les pioux

  • Deuzan

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    Tu es juste incroyable. Deuzan déjà. Et déjà une personnalité bien trempée. Séduisante sans en faire trop, charmeuse naturelle, il suffit que tu souries, coquine, pour que tous les coeurs s'ouvrent. Tes petites dents de perle et l'eau de mer capturée dans tes yeux font fondre les plus endurcis.Tu sais exactement ce que tu veux et surtout ce que tu ne veux pas. 

    Tu cours comme un joueur de rugby, tu joues au ballon avec les pieds et avec la tête (enfin, sans le faire exprès vraiment), pas avec les mains. Il faut dire qu'à la crèche, il y a une majorité de petits mecs autour de toi.

    Je pourrais te regarder jouer à faire semblant toute la journée, je ne m'en lasse pas. Et tu parles, tu parles, tu parles, un vrai moulin. Certains pourraient s'en lasser, moi non. Je me repasse en boucle les quelques videos prises au vol où tu te racontes des histoires.

    Tu aimes faire tout toute seule et je dois dire que tu te débrouilles vraiment bien pour t'habiller et te déshabiller, pour manger et boire proprement. Tes petites mains sont d'une précision assez étonnante pour une petite fille de ton âge.

    J'adore te lire des histoires et t'écouter reconnaître ce que tu as retenu ou même me faire découvrir de petits détails qui m'avaient, à moi, complètement échappé.

    Tu chantes "Le monde entier est un cactus" de Jacques Citron et tu imites la Piaf à s'y méprendre. Tu chantes et tu m'enchantes. 

    Tu es drôle, tu me fais rire, tu as l'âge que je préfère par-dessus tout, tu as deuzan.

  • Déjà juin

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    Vendredi: Weekend de l'Ascension à la campagne avec Princesse Sappho. Toujours un vrai plaisir d'être avec elle. Sage et drôle à la fois. Et pourtant cette fois, elle n'a pas voulu s'éloigner de moi, voire décoller de mes bras. On ne sait toujours pas ce qui l'a inquiétée. Le bruit des tracteurs, des motos, le vent dans les feuilles des arbres, même le coq qui chantait deux maisons plus loin, tout semblait source d'inquiétude. Un seul instant, elle a essayé de vaincre sa peur et de traverser la grande pelouse qui séparait son nonno de moi et passés les dix premiers pas, elle s'est mise à courir en pleurant. Espérons que fin juillet, elle sera moins craintive. Je compte sur Jules pour lui faire oublier tous les bruits.

    Samedi: Journée en cuisine pour recevoir Anne et Guido. Soirée de plein été chaude et mémorable. Ces deux-là sont juste incroyables. C'est la parfaite réussite du couple mixte des deux principales cultures belges, elle pure francophone, lui bruxellois néerlandophone, la parfaite réussite de la famille recomposée, trois enfants séparément, un petit dernier en cerise sur le gâteau, pas mal de difficultés pour nouer les deux bouts mais toujours prêts à faire la fête avec trois bouts de ficelle et une bonne bouteille de vin, généreux, aimants, merveilleux même dans l'adversité la plus terrible comme la perte d'un neveu de onze ans. Je les adore. Nous sommes amies depuis l'âge de 12 ans et nous le serons probablement jusqu'à la mort.

    Lundi: Concert avec Mamy B. de Yuja Wang, pianiste magicienne, virtuose hors pair et incroyablement….. sexy. Elle m'a subjuguée pendant deux heures trente. J'ai rarement vu une technique pareille doublée d'une sensibilité extraordinaire. Et d'une beauté sensuelle à couper le souffle. Du coup, j'ai appris que cette artiste particulièrement exceptionnelle était vertement critiquée, non pas pour son jeu incomparable mais pour ….. ses tenues de concert. Après coup, j'ai lu toute une série d'articles où une brochette de critiques musicaux, tous plus guindés les uns que les autres, la descendent en flammes parce que non, vraiment, ça ne se fait pas de jouer Chopin ou Beethoven en tenue sexy. J'en suis restée sur mon …. 

    Mardi: Première injection de ce nouveau traitement en test aveugle pour l'Homme pour essayer de venir à bout de ces 6 mois de papules urticantes et surtout tenter de mettre un terme à son traitement d'antihistaminiques divers et de cortisone. Le tout lui aura pris toute une journée entre prise de sang, re-prise de sang, injection difficile à faire, questionnaires à remplir et temps d'attente interminables entre chaque étape. Croisons les doigts.

    Jeudi:  Cadeau de ma belle-soeur à l'Homme pour son anniversaire, un spectacle intitulé Les Franglaises. Pas particulièrement motivés, plutôt méfiants parce que "repérés à la télé" – exactement ce qu'il ne faut pas nous dire -, on a été complètement bluffés. On a ri du début à la fin, de ce rire qu'on ne contrôle plus vraiment tant il est répétitif. Cette troupe d'une quinzaine d'artistes polyvalents est partie du principe que nous sommes très nombreux à fredonner des airs méga connus sans trop réaliser ce que nous chantons vraiment. En partant de textes de chansons traduits via Google Translation, ils ont interprété ces morceaux anglais dans leur traduction française littérale et hilarante. Entre Pourpre Pluie, Il pleut des hommes et J'aime le pierre et roule, on a passé un moment super frais 😉

     

  • Prem de dix

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    Weekend à dix. Sous prétexte de célébrer tous ensemble les 30 ans d'Anaïs, on s'est tous retrouvés en Touraine chez Véro et Olivier et nous avons squatté leur gîte et chambres d'hôtes troglodytes pendant deux nuits. Pour Anaïs, cela comptait vraiment puisqu'elle a passé là trois mois de stage pendant son bachelor en gestion hôtelière et que ces deux-là ont été sa deuxième famille pendant tout ce temps. Un séjour là est une parenthèse de bonheur tranquille et paisible. On retrouve pour quelques jours une espèce de sérénité.

    Même le soleil a pointé le bout de ses rayons et la journée s'est écoulée entre une petite promenade dans Amboise, la préparation d'un dîner d'anniversaire digne de son nom, une sieste au soleil, quelques parties de ping pong et quelques verres de champagne.

    Bien sûr, six heures de route aller et six heures de route retour c'est beaucoup sur un weekend. Particulièrement pour une petite fille qui a le mal des transports. Heureusement, après chaque retour de marchandise, elle était joyeuse comme un pinson et ne semblait pas plus affectée que cela. Mais au retour, c'est Quentin qui a voyagé à ses côtés et qui l'a amusée sans fléchir pendant les six heures de trajet, ce qui lui a évité tous ces déboires. Quentin peut envisager une reconversion s'il s'ennuie dans son boulot. Clown anti-émétique.

    J'espère que ce weekend sera le premier d'une longue série. J'aime les regarder vivre, les entendre rire, les écouter chanter, les voir s'aimer. C'est probablement un des mes plus grands bonheurs.

     

  • 30 ans et autres considérations

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    Voilà, la deuxième a eu 30 ans. Son bébé a eu un an. Comme elle a fêté son premier anniversaire, un mois après mes 30 ans. La roue tourne. Je suis rentrée dans ma soixantième année et je me demande encore où sont passées toutes ces années. 

    On aura passé la journée ensemble pour fêter ça et le soleil nous a accompagnées toute la journée. Une petite coupe chez le coiffeur, quelques boutiques pour la rhabiller, la première glace de l'année, un petit tour dans une boutique de papiers et crayons et la journée était déjà finie. Nous sommes allées chercher petit Jules et son papa à la crèche et retour à la case départ pour une petite coupe flûte de champagne avec ceux qui nous attendaient là. Coup de coeur pour Sappho qui se précipite dans nos bras quand on arrive. On peut dire ce qu'on veut, ça fait un bien fou. Ils ne sont pas restés bien longtemps, les uns devaient partir le lendemain matin pour Carcassonne et Quentin devait se lever tôt le lendemain. On s'est fait une petite pâte à quatre avec Anaïs et Simon pendant que petit Jules dormait tranquillement.

    Samedi tranquille et occupé à la fois, petites courses, visite à Mamy L.,  un petit tour en cuisine et soirée chahutée. Je voulais aller voir le Brussels Light Festival, l'Homme m'a accompagnée et n'a pas arrêté de tout critiquer. "Toutes ces installations électriques à l'heure du zéro déchet, zéro consommation, protection de la planète, éteignez les lumières, etc…. Faire un son et lumière de ouf sur une façade en ruine totale, tout le monde vient voir et applaudit et de jour, personne ne regarde cette façade totalement décrépite". Il m'a tellement dégoûtée que je l'ai planté là, de fort méchante humeur et je suis allée me calmer devant une installation encore plus magique que les autres pendant qu'il rentrait seul à la maison en maugréant de plus belle. 

    Dimanche à la maison. Petite heure au balcon pour profiter du soleil incroyable, d'un cigare et d'un petit rhum. Puis manucure-pédicure avec Katia et Anaïs et petit Jules qui nous ont rejoints. Essayage de jupe-top de mariée pour Anaïs. Jolie jupe mais trop large, top trop petit et trop grand à la fois. Quelques ajustements et ça devrait le faire. Elle sera jolie ma fille…..

    Aujourd'hui Lagerfeld est mort et je le découvre seulement maintenant beau garçon en son temps, drôle et charmant. Je reprendrais bien à mon compte une des manières dont il se décrit : "Je suis un concierge culturel"…. J'aime assez.

    Comme je le disais, je commence par les 30 ans d'Anaïs et je finis par n'importe quoi. 

  • Le petit Prince

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    Le petit Prince a eu un an aujourd'hui. Il a soufflé sa première bougie posée sur un joli gâzoo. Un ours, une girafe, un faon et un renard. Mais ce n'est pas un renard qui a apprivoisé mon petit Prince à moi, non, c'est une oie sauvage dont petit Jules est tombé amoureux.  

    Olga, c'est le nom de cette migrante annuelle, a séduit le petit Prince dès le premier regard. Il l'emmène partout avec lui, la traîne par la patte et quelquefois lui fait du bouche à bec. Si par inadvertance, il la lâche, il opère illico un demi-tour de ses quatre pattes motrices et la récupère sans même couper le moteur.

    Bientôt, le petit Prince marchera de ses propres ailes et son petit monde ne s'arrêtera plus aux frontières de l'astéroïde B612 et Olga ne parviendra plus à le suivre dans son exploration du monde. Mais elle restera probablement dans un coin de son coeur pour l'éternité.

     

  • Et janvier a filé

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    Le lâcher prise, c'est bien mais à force, on perd un peu pied sur tous les tableaux. Un peu comme les apprentis nageurs, quand on accepte de lâcher la perche ou le bord de la piscine là où on n'a pas pied, il faut aussi apprendre à ne pas paniquer et essayer de garder la tête hors de l'eau. Moi, à force de lâcher prise, je perds un peu le contrôle de tout. Ce blog est négligé, peu entretenu, je ne trouve plus le temps. Et pourtant j'ai tant à dire. Ma pile de livres à lire menace de s'écrouler, je ne trouve plus le temps. Et pourtant j'ai tant à lire. Voilà bientôt un an que je me suis offert le mercredi après-midi en me jurant de prendre du temps pour moi. Combien d'expos aurais-je vu en un an ? Deux ? Trois ? Grand maximum. Mais à quoi passé-je donc mon temps ? Et pourquoi file-t'il si vite ?

    Qu'avons-nous fait de ce janvier ? A part les éruptions urticantes de l'Homme qui ne sont toujours pas résolues et qui occupent nos conversations un jour sur deux, le mois s'est à nouveau écoulé entre délicieux moments, nouvelles joyeuses et nouvelles tristes à pleurer, jolis spectacles, réflexions hautement philosophiques et routines rassurantes.

    Un moment sublime et délicieux dans tous les sens du terme dans ce restaurant 2 étoiles incomparable, indécemment cher mais bluffant, en compagnie non moins délicieuse.

    Un essai de guimauve, pas mauvais mais esthétiquement perfectible.

    De nouveaux draps tellement tellement agréables.

    Ce foutu pèse-ma-personne qui me balance un chiffre indécent. Janvier, je te déteste !

    Une soirée d'hommage à Nat King Cole, pas déplaisante mais trop fatiguée pour en profiter vraiment.

    L'annonce de la mort d'un enfant de onze ans, que ses parents ont quitté sur un quai de gare, tout joyeux de partir à la neige. Il mourrait le lendemain, victime d'une rupture d'anévrisme insoupçonnée. Je sais que chaque jour tant d'enfants meurent mais quand ce drame touche des amis qui vous sont proches, je suis chaque fois plus bouleversée que je ne le voudrais.

    Un petit moment tout court avec Jules, le temps d'aller le chercher à la crèche et de le ramener à sa maman. Un petit moment très court mais pendant lequel j'aurais pu le manger tout cru dix fois.

    Des moments plus longs avec Mademoiselle Sappho, de plus en plus loquace et si charmante.

    Trois petites heures à la maison-jardin, le temps de récupérer quelques bûches. Arrivés en presque fin d'après-midi, à cette heure mi-figue mi-raisin qu'on dit entre chien et loup, une fois la chaleur revenue dans la maison, le simple fait de passer la porte et de rentrer dans la cuisine réchauffée vous envoie au visage un parfum chaud particulier qui n'appartient qu'à cette maison et qui fait revivre instantanément mon papa. Et j'ai furtivement essuyé les quelques larmes glissant sur mes joues et mon nez qui n'a pas résisté à se plonger dans son écharpe accrochée au porte-manteau.

     

  • 2018

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    L'année a commencé dans une belle bouffée de bonheur avec l'arrivée de Petit Jules qui a confirmé notre état de grands-parents si jamais on ne l'avait pas encore vraiment intégré. Bonheur qui se renouvelle chaque semaine, lorsque l'un ou l'autre – ou les deux – nous rendent visite. On oublie le planning, on remonte les escaliers et on enlève le manteau si on était sur le point de sortir, plus rien ne compte que ces deux-là. Sans compter qu'ils nous amènent leurs parents respectifs, ce qui n'est pas le moindre de nos plaisirs.

    C'est l'année des 80 ans de Maman, un anniversaire à la fois joyeux et teinté d'émotions, en l'absence du Hibou. 

    Mais c'est aussi une année de gestion de la succession, clôturer les comptes, vendre la voiture, résilier l'immatriculation, transférer les assurances, les services et autres plaisanteries au nom de Maman, écrire ou téléphoner à gauche et à droite. Aider Maman chaque semaine dans une gestion administrative qui est loin d'être sa tasse de thé. Toutes ces démarches qui m'obligent à contenir les larmes à l'intérieur des glandes lacrymales. Jusqu'à ce premier anniversaire où je me suis calfeutrée chez moi pour hurler et pleurer tout mon saoûl. 

    2018, c'est aussi l'année où j'ai pris une décision que j'aurais dû prendre il y a si longtemps. Je me suis offert le mercredi après-midi et cela m'a fait un bien fou. Peut-être plus au début qu'à la fin de l'année où j'ai bousillé une bonne partie de mes mercredis en rendez-vous médicaux ou consacré en chasse aux cadeaux de St Nicolas ou Noël. 

    La fin de l'année aura été riche en maux d'hiver et variés, parfois peu symptomatiques, du genre "le médecin tâtonne", une pneumonie chacun, des trucs peu compréhensibles mais ce qui est certain c'est que nous finissons 2018 dans un état de fatigue rarement aussi parfait.

    Il y aura aussi eu la Normandie, Rome, Preggio, l'Algarve avec Anaïs, Simon, Kerya, Quentin et Petit Jules. Il y aura eu Lyon et bien sûr Venise. Pas de grands voyages mais de bien beaux moments.

    Et puis il y aura eu ces 3 jours avec Petit Jules et ces 3 semaines avec Sappho. Que du bonheur à l'état pur.

    Une année entre grisaille et soleil éblouissant. Une année belge, quoi !

    Dommage de la finir sur la mort d'un ami, aussi brutale qu'inattendue, et que je n'arrive pas à bien intégrer encore. Mais comme le disait la dernière phrase du dernier mail que nous avons échangé: "A part ça, tout va mon capitaine ! "

     

     

     

  • Vous avez dit Noël ?

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    Pas le temps d'y penser vraiment. Le temps file et Noël se profile à l'horizon, paraît-il.

    Lundi: A nouveau confinée à la maison. Même pas en congé maladie mais en télétravail, histoire de ne pas sortir par ce temps pluvieux et de faire une sieste, une vraie, à la pause déjeuner. Je suis vraiment sur les rotules et la toux a repris de plus belle. Nous voilà à nouveau, l'Homme (dans un état tout aussi lamentable) dans le cabinet du médecin pour la quatrième fois en cinq semaines. Le médecin se décide enfin à m'envoyer faire un scanner des poumons. Une prise de sang en prime.

    Mardi: Retour au boulot, c'est plus fort que moi.Il faut croire que je suis devenue workaholic. Difficile de lâcher prise. Et pourtant, je suis si fatiguée. Et je ne suis pas prête non plus à renoncer aux activités culturelles du soir. Très belle pièce un peu fantastique. Le porteur d'histoire. Les histoires sont emboîtées les unes dans les autres à la manière de poupées russes, les personnages sont nombreux et on voyage à la fois dans le temps, de l'Antiquité à nos jours, et dans l'espace (de l'Algérie au Canada en passant et repassant par la France.

    Mercredi: Encore une journée bien chargée. Rendez-vous tôt le matin pour un scanner des poumons. Dose de stress déjà suffisante pour la journée: non seulement j'arrive avec 20 minutes de retard parce que j'ai un sens de l'orientation d'une poule sans tête et que l'hôpital a le chic pour changer son entrée principale justement ce jour-là mais aussi le technicien ne trouve pas une bonne veine pour injecter le produit et doit donc s'y reprendre à deux fois. Tout ce que j'aime. Après-midi de congé pour finaliser les achats de St Nicolas, récupérer les colis commandés sur Internet, décharger mes bras et ma vessie par un bref passage à la maison, repartir chercher ce qui me manque et filer chez Maman pour notre rendez-vous du mercredi. Heureusement le badminton était annulé pour cette fois. Sinon, je ne sais pas comment j'aurais survécu à cette journée.

    Jeudi: Le médecin m'appelle pour me donner les résultats du scanner: pas de tumeur (ah bon, on cherchait ça aussi ?), pas d'embolie, par contre toujours un foyer de pneumonie (Yeah !) et accessoirement des bronches en tuyau de pipe (bon, parait que presque tout le monde a ça à un certain âge). Par contre, pas de nouvelles de la prise de sang. Il faut donc attendre pour savoir comment traiter. Le soir, réception en grande pompe pour les employés qui ont 20 ans de carrière. Photo de famille où on voit bien que j'adore ce genre d'événement. On m'avait dit que je verrais, que j'adorerais, que je retrouverais des tas de gens plus vus depuis longtemps. Et bien non, je n'ai pas adoré, je n'ai retrouvé que des gens que je n'avais pas envie de voir sauf une amie que j'ai entrevue cinq minutes et qui s'est carapatée aussi vite que possible. Les ronds de jambe et le pied de grue, un verre de champagne à la main, ce n'est vraiment pas ma tasse de thé.

    Vendredi: Déjà la dernière journée de la semaine qui passe en un éclair. Le soir, pas d'activité prévue. Un vendredi soir sans programme équivaut neuf fois sur dix à une sortie restaurant à nous deux. Cette habitude nous est venue depuis que nous ne sommes plus que deux. Mais elle reste plutôt rare et garde ce caractère un peu festif. Ce soir donc, on pourrait. Mais il propose de manière très vague, je réponds tout aussi vaguement. Je ne mange rien dans l'attente d'une décision. Plus précisément, j'attends qu'il décide. Mais lui ne sait pas trop ce qu'il veut et en l'absence d'un enthousiasme délirant de ma part, reste indécis. Au final, une occasion manquée, une atmosphère grincheuse et grinçante à la fois, une soirée gâchée et …. un estomac vide.

    Samedi: Dernière ligne droite avant la visite de St Nicolas. Derniers achats. Après-midi en cuisine sans lambiner pour être sûrs d'être prêts pour demain. Concert Bartok et Dvorak le soir avec Mamy et retour au pas de course à la maison pour ouvrir la cheminée au Grand Saint et mettre la table.

    Dimanche: Today is the day. Probablement le plus beau jour de l'année pour moi, à l'exception du premier jour des vacances d'été. Ce jour où je gâte mes enfants, les originaux, les beaux et les petits, au-delà du raisonnable mais rien ne pourrait m'arrêter. Ce jour où ils nous gâtent aussi avec une mise en scène toujours si jolie et des cadeaux tellement bien pensés et qui me vont droit au coeur. Ce jour où ils sont tous réunis autour de la table, heureux de l'être et me donnant ce sentiment fabuleux d'être la personne la plus comblée au monde.

  • Lettre pour quand tu sauras lire

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    Parce qu'aujourd'hui tu ne peux bien évidemment pas lire mais surtout tu ne peux pas te souvenir. Ou du moins ta mémoire est encore très limitée dans le temps. Tout ce qui se sera passé avant tes deux-trois ans n'aura pas d'existence dans ton album de souvenirs.

    Alors je te raconte ces trois semaines que nous avons passées ensemble. Ta maman a eu trente ans et nous lui avons offert un voyage. Ton papa et elle ont choisi de partir en Thaïlande. Ils ont bien hésité à t'emmener mais est-ce vraiment une bonne idée de te faire commencer ta vie de touriste par un voyage de 17 heures, dérégler ta routine enfantine par des déplacements sur place en avion, des changements d'hôtels, des visites dont tu ne retiendras rien de toute façon. Oui mais te quitter pendant près de trois semaines était aussi un déchirement. Leur décision n'a pas été facile à prendre mais ils savaient qu'on prendrait soin de toi comme ils le faisaient et cette pensée les a aidés à faire leur choix. Ces vacances leur ont fait beaucoup de bien mais tes vacances chez nous nous ont fait beaucoup de bien aussi.

    Tu as été une petite fille adorable. Souriante, drôle, parfois plaintive, jamais longtemps. T'observer jouer a été un de mes passe-temps favoris. Regarder les enfants découvrir, essayer, recommencer, tâtonner puis trouver est une source de plaisir toujours renouvelé. T'observer manger, découvrir de nouvelles saveurs – tu peux imaginer qu'on s'en est donné à coeur joie ici -. T'observer dormir surtout m'a ravi le coeur. 

    On a passé trois semaines en plein ravissement. Oh bien sûr, ce ne fut pas de tout repos. On a été malade tous les deux, ce n'était pas vraiment prévu au programme, on a revu nos priorités au niveau du boulot, on a annulé ou reporté toutes nos activités culturelles et sportives. Toutes mes petites routines ont été suspendues. Tout a tourné autour de toi et exclusivement autour de toi. 

    Ce matin, ton papa et ta maman sont revenus. Tellement émus de te retrouver. Tu leur as d'abord offert un sourire poli – je pense bien vous connaître et vous m'êtes plutot sympathiques – puis très vite, tu as retrouvé leurs bras et leurs câlins.

    Ce soir, la maison est vide, mes yeux tombent par hasard sur les petites pantoufles abandonnées et j'ai le blues. Tu me manques déjà. Je retrouve la télécommande que tu as cachée dans une de mes chaussures et je sors les petits canards de la baignoire qui vont retrouver le chemin de l'étagère.

     

  • Premiers frimas

     

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    Lundi: Info du matin. La commune de Ganshoren inaugure une statue d'un artiste flamand érigée en l'hommage d'une maman juive qui, dans le train qui l'emmène elle et son fils vers  Auschwicz, a la préscience de ce qui les attend et pousse son fils hors du train pour qu'il échappe à cette fin certaine. Cette histoire, qui n'est ni la première ni la dernière du genre, m'émeut au plus haut point. Je pense que jamais je n'aurais eu ce courage, cette abnégation dans l'amour. Mon côté mère poule me pousserait à ne pas lever l'aile d'une plume et j'en suis désolée. Je trouve cette mère extraordinaire au-delà de l'imaginable.

    Mardi:  15 ans plus tard, ils les ont enfin démasqués  ! Un couple diabolique qui m'avait mené une vie d'enfer il y a 15 ans, m'avait envoyé des lettres de menace anonymes, m'avait trainée devant l'organisme s'occupant des fraudes, suite à une autre lettre anonyme signée Gérard Manvusa, alléguant que je donnais dans le népotisme et fraudais en quelque sorte le contribuable européen. Eux par contre ne se gênaient pas pour se faire engager avec de faux diplômes, de faux certificats d'emploi puis se faisaient porter pâles pendant des années durant. Je l'ai dit, on ne m'a pas écoutée. D'autres ont été plus persévérants que moi et n'ont eu de cesse qu'ils soient pincés. C'est enfin chose faite. C'est un entrefilet dans la presse qui aurait pu passer inaperçu qui l'a annoncé. Et en une semaine, je recevais cette information une bonne douzaine de fois de mes anciens collègues tout aussi étonnés et ravis que moi. Enfin, probablement pas autant que moi.

    Mercredi: Premier jour des vacances de Sappho chez Bonnie et PapiNonno. Nous sommes allés la chercher à la crèche ensemble, un peu stressés. Dès qu'elle nous a vus, elle a tendu les bras, ça commençait plutôt bien. Elle a souri d'un petit air entendu. Où sont mes esclaves habituels ? Ils ne sont pas là ? C'est vous les intérims ? Mmmmh, ça risque d'être amusant. Arrivés à la maison, elle a enlevé ses chaussures et a tout de suite entrepris de mettre de l'ordre dans ses jouets. Je crois que ça va bien se passer.

    Jeudi: J'avais oublié ou je ne me souviens pas, c'est l'un ou l'autre. Ces petits esclavagistes sont sans pitié. Ils exigent votre présence à tous les instants, vous demandent de les suivre, vous indiquent le plus clairement possible ce qu'ils veulent, du raisin, du pain, mettre leurs chaussures, le jouet qui a roulé 2 mètres plus loin et qu'ils préféreraient que vous alliez chercher plutôt que de lever leurs petites fesses rebondies ou vous signifient d'un quart de tour de visage que le repas est terminé.

    Vendredi: l'Homme et le fils sont partis pour la journée pour rapatrier les bûches qui nous réchaufferont cet hiver. Je suis seule avec la Princesse. Et là, tout est revenu. Mes souvenirs de maman de deux petites filles distantes de 16 mois ne me trompaient pas. Oui, la vie était facile avec ces enfants-là, oui, je pouvais cuisiner tout un plat un rien sophistiqué, passer l'aspirateur et repasser sans que cela ne pose problème. Il suffisait de ne pas les perdre de vue et surtout de ne pas disparaître de leur vue, leur parler ou ne rien dire selon le moment ou l'instant et la journée se déroulait sans heurts. J'étais souvent seule avec elles puisque l'Homme travaillait souvent à des heures autres que les miennes. Et aujourd'hui, seule avec la Princesse, tout a roulé comme sur des roulettes. Et du fin fond de Bangkok, Maïté m'a confirmé qu'en effet, en binôme, ça fonctionne super bien. Quand on est deux, on est forcément moins concentré sur l'enfant d'une part et l'enfant se rend compte qu'il n'est plus le seul centre d'attraction. Et ça change la dynamique.

    Samedi: Première séance chez le coiffeur pour la princesse. Cette petite tête anarchique commençait à me faire peine à voir. Mais avant de l'emmener, j'ai demandé l'autorisation à la maman. Je me souviens que Sis'Cile n'avait pas trop apprécié l'initiative de Mamy B. qui avait emmené Clara chez le coiffeur sans rien dire. Une Bonnie avertie en vaut deux. Mais comme la maman n'avait rien contre, je ne me suis pas fait prier. Chez le coiffeur, elle a fait son petit sourire timide, se demandant où elle était tombée. Mais elle est restée sagement sur mes genoux pendant que les ciseaux du coiffeur mettait un peu d'ordre sur cette petite tête. Les seuls moments où elle a bougé, c'était pour se pencher ou se tordre le cou pour mieux regarder les autres clientes. Sappho ma curieuse. Elle a été si sage que le coiffeur lui a offert la coupe. Et ma petite garçonne est ressortie souriante et jolie comme un coeur.

    Dimanche: Dernière journée de ce long weekend avec Sappho. Quentin et Kerya sont venus déjeuner avec nous. Une Sappho plus grincheuse aujourd'hui, vu le manque de sommeil de la nuit dernière. Il faut dire que les nuisances sonores sur le boulevard sont devenues totalement insupportables. Il n'y a plus de voiture sur le plus grand piétonnier d'Europe mais il y a tous les fêtards du samedi soir, les dealers au coin de la rue et les allumés du café d'en face, tous s'interpellant en hurlant les uns les autres jusqu'à six heures du mat'. Demain reprise du rythme crèche, métro, boulot, crèche, bain, biberon, dodo. Va falloir être organisé.