Catégorie : Friends

  • Décembre donc

    B00a589b-7a1e-4591-a1bb-35df1807f368

     

    Lundi: Sur un long weekend de 4 jours à la campagne, avec l'intention de tailler la glycine avant qu'elle ne nous échappe au printemps, petite escapade d'un jour Lille-Paris pour aller retrouver Véronique. On a bien failli rater nos trains respectifs, mais par je ne sais quel miracle, on est arrivées toutes les deux à la même heure à la Gare du Nord. Chouette journée à nous deux, malgré la pluie. Cappuccino, petit tour au Bon Marché pour un petit bain de luxe, resto chinois choisi au hasard des gouttes et jolie découverte, expo au musée Maillol: l'expo permanente de Maillol et dans un style complètement différent, une expo temporaire cette fois dédiée au peintre congolais Chéri Samba. Un peu déconcertante mais moi j'ai aimé. Et point d'orgue de la journée papote, l'apéro au Bar Hemingway du Ritz. Avant de repartir vers nos pénates respectives. 

    Mardi: Dernier jour à la campagne, on l'a  fait courte, la campagne sous la pluie, cela n'a jamais été notre tasse de thé. J'en ai profité pour ranger une étagère de la bibliothèque de notre chambre et emmener un Charles Dickens pour nos soirées au coin du feu.

    Mercredi: Lunch avec T. Elle me raconte qu'elle partira une dizaine de jours à la mer au printemps, comme elle le fait chaque année. Elle va toujours au même endroit, à Coxyde, dans un appartement face à la mer. L'immeuble a  déjà une bonne cinquantaine d'années et c'est le seul de cette plage à abriter une piscine intérieure. Mon coeur bat la chamade. C'est l'immeuble dans lequel les parents de ma meilleure amie d'enfance avaient un appartement et où bien sûr, nous avons passé des moments merveilleux, connu nos premières amours et profité de la piscine. Le temps d'un instant, j'ai perdu 50 ans et je me suis retrouvée là-bas, avec elle, nous avions 15 ans puis 16 ans. Et c'est là aussi qu'une voiture l'a fauchée à vélo, à quelques semaines de son mariage, à 21 ans…..

    Jeudi: rendez-vous chez le kiné pour ces satanés genoux. J'avoue que je suis un peu découragée, je ne vois pas vraiment d'amélioration. Mais lui a l'air optimiste. 

    Vendredi:Séance manucure-pédicure avec mes deux filles et Jules et Samuel à nouveau en congé pour cause de conférence pédagogique. Ces deux-là jouent ensemble ou séparément pendant des heures et c'est un pur bonheur de les avoir.

    Samedi: Dîner d'anniversaire pour Joséphine chez M. et C. C'est toujours un plaisir de nous retrouver tous les six. C'est parfois aussi houleux. Et ça n'a pas raté, dans le contexte de la situation au Moyen-Orient, le ton est monté. Pour une fois, ce n'est pas trop l'Homme qui l'a ramené mais M et S qui ont défendu des points de vue je suppose différents. Je dis "je suppose" parce que c'est plus fort que moi, dès que les décibels grimpent, que les joues s'enflamment, je ferme les écoutilles, voire mieux si je peux, je quitte la table. J'ai rejoint C dans la cuisine qui préparait le dessert. Joséphine a suivi. Et quand la vague est passée, nous sommes revenues à table avec les desserts. Dieu que je déteste les prises de bec de ce type. Le pire, c'est que je n'ai aucun avis sur la question, je ne vois que des gens qui souffrent et je me fous éperdument de donner raison à l'un ou tort à l'autre ou encore d'essayer d'expliquer le pourquoi du comment de ces situations. 

    Dimanche: C'est le jour du Grand Saint. A nouveau le plaisir était au rendez-vous. Même les deux grands qui nous donnent l'impression de douter de son existence m'ont tout l'air d'avoir complètement rangé leurs doutes au placard pour ces quelques jours où St Nicolas a visité toutes les maisons qui l'attendaient. Et pour l'Homme et moi, le plaisir d'accueillir tous nos enfants autour de la table. 

    Jules, Sam et Maoh sont restés dormir pour passer la journée de lundi chez nous. 

    Pas de bol, en fin de journée, l'Homme donnait des signes de fièvre du dimanche soir. Et le lendemain, se testait positif au Covid. Bonheur !

  • Et ça continue

    IMG_1191

     

    Lundi: Je poursuis l'entrainement avec Quentin et je suis super fière et contente à la fois.J'enchaîne avec le repas du soir de Mamy parce que l"Homme est retenu dans une assemblée générale de copropriété pour ma maman. Chacun s'occupe de la mère de l'autre en d'autres termes. C'est plutôt inédit mais c'est pas mal non plus. Il est un fait indéniable qu'il a des compétences bien supérieures dans le domaine de gestion de copropriété. Et je ne suis pas trop mauvaise en empathie quatrième âge.

    Mardi: C'est une journée pour moi ou du moins une bonne partie de journée. Je rejoins petite Anne pour un lunch précédé d'un massage dont elle a le secret. Moi qui ne suis pas fan, voire même plutôt réticente à confier mon corps aux mains expertes en la matière, je ne sais pas pourquoi mais avec elle, tout cela parait simple. Elle doit avoir un don. Elle a commencé par un massage de la voûte plantaire et elle a mis – c'est le cas de le dire – tout de suite le doigt sur une zone sensible. Quand je lui ai demandé à quoi cela correspondait, elle m'a pointé le côlon. Et quelle est la partie de mon corps la plus sensible ? En plein dans le mille !

    Mercredi: Après-midi Jules et Samuel. L'Homme est allé me les chercher à l'école et me les ramener avant de filer chez sa maman. Ils ont mangé puis joué. Sappho les a rejoint après la piscine. On les a emmenés manger une glace tellement il faisait encore beau. J'ai découvert que le marchand de glaces habite la maison où Verlaine a tiré sur Rimbaud. C'était à l'époque un hôtel à deux pas de la Grand Place mais les murs sont toujours identiques. Sur la Grand Place justement, les lauréats de l'Université Libre de Bruxelles fêtaient leur réussite en toge et toque de remise de diplôme. Les questions allaient bon train et c'était amusant de les voir se projeter dans cet avenir un peu lointain tout de même.

    Jeudi: Lunch avec six de mes anciens collègues que je n'avais plus vus depuis mon départ le 1 février. Un pur bonheur. Je les ai retrouvés comme si c'était hier et je regrette que les lunches passent si vite. Et je pense qu'eux aussi étaient contents de me revoir. Soirée théâtre avec J. et S.. Pièce peu convaincante malgré le plaisir de les voir.

    Vendredi, samedi, dimanche: Courses, repassage, s'occuper de sa maman, prendre en charge l'un ou l'autre petit pendant quelques heures, une journée entière ou une nuit, notre routine de weekend "calme". 

    Lundi: Dîner chez J et S, trois fois rien et mille fois tout ou l'art de prendre trois ingrédients et d'en faire une merveille. Chez elle, c'est un don…. Et puis soudain ce nouvel attentat terroriste dans la soirée. Mon portable vibre deux fois et malgré les bonnes manières à table, je sens que je dois le sortir de mon sac. L'un vient de Swiss'Sis qui se demande "si tout va bien pour nous ?" et l'autre d'Anaïs beaucoup plus en mode panique "C'est quoi ce bordel place Sainctelette ?". Cet attentat qui ravive chez elle tout ce contre quoi elle lutte pour garder le niveau de ses angoisses dans des limites acceptables lui permettant de fonctionner au quotidien. Le travail immense qu'elle accomplit sur elle-même pour grignoter du terrain sur son anxiété est pulvérisé en deux coups d'arme à feu. Et je désespère de ne pouvoir l'aider.

    Mercredi: Aller chercher les garçons à l'école, les ramener à leur mère, filer chez sa maman puis rendez-vous chez l'ophtalmo pour tous les deux. Le verdict attendu est tombé, mon oeil qui voit de loin est toujours dans les mêmes dispositions, mon oeil qui voit de près se presbytise un peu et me voilà bien obligée de faire comme tout le monde (ou presque) et chausser des lunettes sur le nez si je veux encore lire avec plaisir le soir (seulement le soir, si si). Bon ben, j'aurai tenu 20 ans de plus que la moyenne, c'est déjà pas si mal. J'aurai un truc en plus à chercher un peu partout dans la maison, outre le téléphone et les clés.

    Jeudi: Petite intervention chirurgicale chez la dermato. J'ai le choix: on enlève tout tout de suite et 4 points de suture ou on fait une biopsie avec un seul point puis on analyse et on voit. Evidemment, pas trop courageuse, j'opte pour la biopsie. Je pense surtout que j'ai les deux filles le soir même pour 4 nuits, vu le déménagement de leurs parents dans leur nouvelle maison, dont une petite farfadette qui se fait porter comme un poids mort pour un oui ou pour un non. Et ce sera encore moins compatible avec 4 points.

    Vendredi, samedi: Et voilà c'est le weekend du grand déménagement. Ils l'auront attendue cette maison-là. Ils sont "dessus" depuis avril et aucune embûche ne leur aura été épargnée. Ils sont contents. J'ai emmené les filles voir l'appartement vide, je pense que c'était important de faire la transition, surtout pour la farfadette. Et le samedi, découvrir la nouvelle maison, mais encore gonflée de caisses et de cartons. Difficile pour un petit bout de se projeter là. Au moins elle a vu que Coton le chat était là. 

    Dimanche: Maïté a soufflé ses 36 chandelles chez nous avec le clan et ça leur a fait du bien, je pense, malgré l'immense fatigue. Ce soir, les filles rentrent dans leur nouveau nid et ce sont les garçons qui prennent la relève pour la première semaine des vacances de Toussaint. 

  • Rentrée des pioux, sortie pour nous

    7148363c-0602-42fb-92cf-50593ef928db

    Rentrée des classes pour quatre des pioux dont une à l'école primaire, l'autre à l'école maternelle. Une rentrée toute en douceur. Petit bémol tout de même: après deux semaines, Le meilleur ami de Sappho, dont elle est inséparable depuis leur entrée à la crèche, a changé d'école du jour au lendemain, sans signe avant-coureur, sans même avoir eu le temps de dire au revoir. Ce n'est pas comme s'ils n'allaient plus se voir du tout mais le choc est grand malgré tout quand le matin on arrive à l'école et il n'est plus là. Et même si Sappho ne montre pas trop de désarroi, on ne sait pas ce qu'il se passe derrière ses beaux yeux bleus un peu perdus….

    Sortie pour nous, maintenant que nous avons rendu nos tabliers de grands-parents d'été. Alors en route pour la Bourgogne pour retrouver Gérard et Martine que nous n'avons plus vus depuis 15 ans pour lui, 20 ans pour elle. On s'est rencontrés en Italie, lui et moi comme collègues, elle et l'Homme au cours d'italien. Elle a vite trouvé un boulot d'institutrice au Lycée Français et Quentin l'a adorée dès le premier jour. Après cinq ans, nos chemins se sont séparés, nous sommes rentrés en Belgique, eux ont encore fait un petit tour de deux ans en Jordanie avant de rentrer dans leur Bourgogne. Les retrouver a été un pur plaisir. Deux nuits chez eux, deux journées enivrantes dans tous les sens du terme.

    Puis nous avons mis le cap sur l'Italie. Après une nuit dans un agritourisme absolument délicieux, nous avons pris le bateau à Ancône vers la Grèce. Trois petits jours dans Athènes la magnifique avant d'assister à ce concert tant attendu. Concert inoubliable dans un endroit magique, l'Odéon d'Hérode Atticus, juste sous l'aile de l'Acropole. Je n'en reviens toujours pas d'avoir vécu ce moment. 

    Seul bémol, une bronchite bien malvenue m'a empêchée de profiter comme j'aurais voulu de ces 3 jours à Athènes. 

    Retour à la maison pour une petite semaine, le temps de fêter avec retard nos amis lions, de retrouver les enfants et les pioux et de convertir le cadeau de mes collègues en 2 billets d'avion pour le Sud de l'Inde. Et de refaire les valises pour Venise !

    Elle est pas belle la vie de pensionnés ?

  • Première semaine de vacances

    IMG_9435

     

    Je dis çà mais c'est une vue de l'esprit. La première semaine de juillet n'est plus vraiment la première semaine de vacances. Nous, on est maintenant en vacances toute l'année. Et nos pioux scolarisés ne sont même plus en vacances dès le 30 juin, ils se trainent une dernière semaine jusqu'au 7 juillet. Dans certaines écoles, ils poussent le bouchon jusqu'à leur donner congé l'après-midi pour que les maîtresses puissent ranger les classes mais par contre, pas question de partir en vacances dès le 1 juillet.

    Mais ceci dit, nous on a bien commencé le mois de juillet.

    Samedi: on a passé la journée en cuisine tous les deux pour recevoir les "amis du badminton", ceux avec qui les plaisirs de la table sont les plus intenses et ce fut une bien belle soirée. Exquise tant dans l'assiette (en toute modestie 😉 ) qu'autour de la table. Ma jolie nappe malgache de Noël n'a pas apprécié par contre la tache de vin dont on l'a gratifiée. On a tout de suite couvert la tache avec du gros sel mais j'ai appris ensuite que c'est la dernière chose à faire car le sel fixe les pigments. Après dix lavages, la tache est toujours là…. 🙁

    Dimanche: Sappho fête son anniversaire avec ses copains cette fois et Lémoni est donc venue chez nous avec Sam Sam, Amalia et leurs parents. Et le soir, Sappho, ses parents et Jules nous ont rejoints pour terminer le boeuf bourguignon de la veille. Inutile de dire que même si je n'avais dormi que 5 heures la nuit précédente, je raffole de ces moments-là. Il ne manquait que Quentin, Kerya et Maoh.

    Lundi: Lunch avec petite Anne, toujours le même bonheur de la retrouver. On s'est demandé à quel moment on s'était retrouvées, des années après la fin de nos études, et on n'est pas parvenues à mettre une date, une période sur ce moment-là. Mais toujours est-il que cela fait bien 20 ans que l'on se retrouve toutes les 4-6 semaines pour un lunch voire plus. Après le lunch, la fatigue était si forte que j'ai lâché prise et accepté de faire une exceptionnelle petite sieste.

    Mardi: Rendez-vous le matin avec la dame de l'agence immobilière pour régler les derniers détails de la mission de vente de l'appartement de maman que nous lui confions. J'espère que cette fois-ci ça marchera. A midi, nouveau lunch, cette fois avec deux ex-collègues et j'ai passé un moment délicieux. Le boulot ne me manque vraiment pas mais les collègues, oui, vraiment.

    Mercredi: Soldes pour l'Homme. Il se contente d'une belle paire de chaussures. Il faut dire qu'on a fait le plein de chemises il y a à peine un mois. Soirée déclaration d'impôts pour maman. Tout ce que j'aime 🙁

    Jeudi: Soldes pour Madame. Moi je dévalise le magasin. L'Homme m'accompagne. Je m'étonne toujours de le voir accepter tous ces essayages pendant plus d'une heure. Mais lui m'assure qu'il aime ça. Du moins dans une boutique où les vêtements sont encore bien pendus sur des cintres et pas roulés en boule au sol et où il y a peu de monde. Fin d'après-midi, Quentin, Kerya et Maoh nous ont rejoints et sont restés manger pour notre plus grand plaisir. 

    Vendredi: Canicule en vue. Dernier jour de crèche pour Lémoni qu'on emmène un jour plus tôt à la campagne pour une durée indéterminée. Une première semaine seule puis sa soeur et ses cousins suivront au gré de leurs vacances, stages et autres besoins des parents. Et je ne vais pas bouder mon bonheur.

  • Italie 2023 – Acte 3 – Scène 2

    IMG_9295

     

    Lundi: Le ciel est à nouveau gris… Seule la perspective de retrouver Kristien et Kristof à Turin ce soir maintient mon moral à un niveau acceptable. En attendant, je dévore "Trois". On prend la route vers 16h toujours sous la pluie pour arriver à Turin sous un ciel plombé, sans pluie mais lourd d'humidité maximale. L'orage s'annonce ici. On trouve quand même le temps de prendre l'apéro dehors avant d'aller manger chez eux. Il est très rare que l'on se retrouve à quatre et c'est une soirée exceptionnelle que nous passons avec eux. 

    Mardi, mercredi: Cette fois la coupe est pleine. Il pleut sans discontinuer toute la journée. A mon tour de vouloir plier bagages et de rentrer. Mais la perspective de trois jours de soleil pousse l'Homme à m'encourager à rester. Impossible de sortir se promener, il fait marécageux partout. Donc on se résigne à lire et à regarder des séries. Et en fait, c'est bien aussi. 

    Jeudi, vendredi, samedi: Enfin le soleil est revenu ! On profite un maximum de ces 3 jours qu'il nous reste. Et on passe encore une dernière soirée avec les Turinois.

    Dimanche: On quitte cette magnifique maison, encore une fois à regrets en ce qui me concerne. Mais contents d'avoir passé ces deux semaines ensemble, presque rien qu'à nous deux. 

  • Italie 2023 – acte 2

     

     

    Ce2953a3-998b-4b8f-9979-66748e4ec216

    J'ai longtemps hésité. Je ne savais plus si je voulais rester ou partir. Je suis allée la voir le mercredi et je savais en partant que je lui disais au revoir pour la dernière fois. Elle était si faible mais en même temps toujours si présente. Mais je suis partie le lendemain à nouveau pour l'Italie. J'ai pleuré une bonne partie du trajet. Nous avons fait étape à Pontarlier et fatiguée d'avoir pleuré, je suis allée dormir tôt. Sis'Cile a appelé vers 23 heures, je dormais et n'ai pas entendu. Evidemment, je me suis réveillée comme souvent à 1 heure du matin et j'ai vu le message. Elle était partie. Je n'ai pas réveillé l'Homme, cela ne servait à rien. Il y avait des lits pour enfants dans la chambre d'hôte, je m'y suis réfugiée pour pleurer en silence.

    Le lendemain, nous traversions les Alpes. J'étais plus sereine, je savais qu'elle ne souffrait plus. Mais j'étais triste, tellement. J'ai installé l'Homme dans un magnifique refuge de montagne et il m'a amenée à Turin retrouver mes sorcières bien-aimées. Elles m'ont portée tout le weekend et j'ai pu sourire et rire malgré tout. On s'est promenées dans les Langhe, à Alba, à Monforte. On a découvert une église sur une place tout en haut du village. C'était juste magique. Un haut parleur diffusait de la musique de jazz, de blues, de reggae. Un instant, il a passé "Every little thing gonna be all right" de Bob Marley. On a pris une video selfie de nous en train de chanter sur la musique. On chantait faux, on riait mais c'était tellement bien. On s'est passé et repassé la video et on se l'est partagée. Elle restera mythique et quand l'une ou l'autre flanchera, on se l'enverra. 

    Après un weekend d'amitié éternelle, j'ai rejoint l'Homme dans son refuge et on s'est promené en montagne pendant deux jours sous la neige; on a rencontré des bouquetins, des chamois, des marmottes à une distance inimaginable, on aurait presque pu prendre les marmottes dans nos bras et toucher les cornes des bouquetins. C'était fou. Et si on a rencontré dix personnes sur ces deux jours, c'est beaucoup. Un moment hors du temps.

    On est rentrés trois jours plus tôt pour les funérailles mais pendant ces quelques jours en Italie, j'ai fait ce qu'elle m'aurait dit de faire: profiter de chaque instant. 

     

  • Italie 2023 – acte 1

    Deea955b-7e0f-436d-b506-f983d29da958

    Ceci n'est pas une poire

    Cette première année de retraite, on va en Italie, puis en Italie, puis encore en Italie et enfin en Italie. Et on ne dira pas non à un cinquième tour si l'occasion se présente. 

    Donc premier acte: 5 jours fin mars. Virée gastronomique à six. Toujours les mêmes six gourmets gourmands. Ceux avec qui manger est un acte sacré. Alors forcément, l'Italie…. Qui plus est avec un Italien pur jus, sa femme pas italienne mais qui cuisine mieux que toutes les mammas de la péninsule et les quatre autres belges ou anglais qui ont passé quand même plus de cinq ans de leur vie sous la botte du slow food.

    Et tout le séjour nous a enchanté le coeur, les papilles, les pupilles et les oreilles. Et même si le but initial du voyage était d'enfin s'asseoir à la table du plus grand 3 étoiles d'Italie, à l'Osteria Francescana de Massimo Bottura, où le menu dégustation était un voyage à lui tout seul, nous avons aussi mangé avec un plaisir tout aussi grand, même si différent, dans une ou deux petites trattorias à Parme.

    Retour à Parme pour trois d'entre nous qui y avons travaillé et retour pour moi surtout dans l'hôtel qui m'a hébergée pendant un an, face au Duomo, sur la plus belle place de Parme. J'ai retrouvé, intacts, le parfum madeleine de Proust des chambres et surtout, par chance saisonnière, le parfum inégalable de leur glycine couleur…. parme.

    A la descente, nous nous sommes arrêtés à Lausanne chez Swiss Sis qui, elle aussi, nous reçoit autour d'une table qui vous met aussi des étoiles dans les yeux. Et à la remontée, arrêt en Champagne pour faire le plein pour l'année qui vient. 

    On dirait un billet de luxe mais en fait ce n'est qu'un billet d'épicuriens bien décidés à en profiter tant que la vie nous l'offre.

  • Un mois déjà

    IMG_8288

    Quatre petites semaines de retraite passées en deux temps trois mouvements. Il y a un mois, je quittais en pleurant et sous les applaudissements tous mes chers collègues. Je suis allée les voir aujourd'hui pour la première fois. On a mangé tous ensemble dans un espace aménagé à cet effet, un coin fauteuils, tables basses et machine à café très sympa. Cela m'a fait un plaisir fou de les retrouver le temps d'un lunch. Elles ont accroché au mur la photo de mon départ et cela m'a émue.

    Je commence à me calmer un peu. La semaine passée au vert avec les deux petits derniers, leurs mamans, leurs chiens et Quentin ont bridé mon impatience. J'ai pris le temps de faire connaissance avec cette merveilleuse petite dernière, d'apprivoiser un peu plus Maoh. Anaïs m'a accompagnée dans le yoga du matin et je l'ai accompagnée dans ses promenades avec le chien dans les sentiers boueux que je n'avais plus empruntés depuis mes 15 ans au temps où je pédalais encore avec plaisir. On est passées à plusieurs reprises devant des lieux très chers à mon enfance, le magasin de mon grand père, la ferme du voisin où j'accompagnais la fille du fermier tout en haut des bottes de foin remisées pour l'hiver, et d'autres lieux que je ne leur ai pas montrés de peur de ressembler à une vieille qui rabâche ses souvenirs d'enfant.

    Mais cette coupure avec le quotidien m'a redonné des forces pour la suite. 

    On est revenus le vendredi soir, les filles sont rentrées de leur semaine de vacances à Tours, chez leur autre grand-mère, et j'ai fait le plein d'elles le weekend. Il n'y a que les garçons que je n'aurai pas vus mais ils viennent passer deux jours ici demain et Sappho les rejoindra pour passer la nuit ici aussi.

    Vendredi, on part pour le weekend à Rotterdam. On va revoir en concert ce chanteur grec que j'adore et visiter ce port que je ne connais pas.

    Tout est bien. 

  • Halloween, olives et contrariétés

    IMG_7358

     

    Halloween, olives et contrariétés, le menu de ces deux dernières semaines. 

    Nous n'avons jamais vraiment fêté Halloween dans notre famille mais depuis que les pioux sont en âge de pouvoir y prendre plaisir, leurs mamans organisent un programme ensorcelé. Anaïs la première avait commencé sur un mode très soft, déguisement gentil, confection de biscuits à thème, activités diaboludiques. Mais cette année, les pioux grandissant, elles se sont lancées à deux dans une préparation démoniaque à grande échelle. Maison playmobil bombée en mauve et orange, personnages de maison hantée, confection de chauve-souris, citrouilles décorées, grand apéro de serpents en pâte feuilletée, de Babybel grimaçants, de seringues de sirop de groseille, confection de biscuits, de tartes aux pommes et surtout grand moment de déguisements, qui en vampire, qui en dragon, en sorcière, en Cruella ou en citrouille. Difficile pour les pioux d'accepter que la fête se termine. C'était tellement ensorcelant !

    Nous sommes partis une semaine rejoindre des amis en Italie pour les aider à la cueillette des olives. Hormis le fait que j'avais opté plutôt pour une semaine de télétravail à l'étranger, compte tenu de mon doigt toujours pas réparé, et laissant à l'Homme le soin d'apporter son aide à la cueillette, c'était une semaine très sympa. Se retrouver tous ensemble, les amis, leurs autres amis qu'on ne connaissait pas, d'autres amis d'amis encore qui nous avaient invités pour un repas chez eux, toutes ces nouvelles rencontres que j'appréhende toujours un peu avant se révèlent neuf fois sur dix tellement enrichissantes. Et la nature, là, au milieu de nulle part, est juste époustouflante.

    Mais cette belle semaine a été gâchée par une gorge en feu, une bouche en ébullition, et la tête pleine de contrariétés nées la veille du départ d'une dispute encore plus stupide qu'inutile avec ma maman. Je n'avais absolument rien à me reprocher – et pour que moi, la meaculpiste née, je le dise, ce doit certainement être vrai – et elle m'a blessée inutilement. Nous avons donc somatisé notre rancoeur mutuelle pendant toute la semaine pour finir par baisser les armes et sécher les larmes.

    Mais une chose est sûre, essayer de contenter tout le monde et de ne blesser personne, c'est se perdre soi-même en chemin. Et je n'ai plus vraiment le temps de me perdre. 

  • En avril, je perds le fil

    DSC_2797 2

     

    Voilà à nouveau six semaines de passées. Je m'étais pourtant efforcée d'être plus assidue ici. Mais le temps m'échappe. Quoi de neuf, donc ?

    On arrive tout doucement à la fin des travaux de rénovation de la façade, ce qui veut dire qu'ils vont bientôt démonter l'échafaudage et la bâche sous laquelle nous étions enfouis depuis septembre dernier. Il était temps, la déprime nous guette en l'absence de lumière. Et je ne parle même pas du nombre de fois où l'appartement s'est recouvert d'une fine couche de poussière de travaux. 

    Pâques a enfin pu inviter les cloches au jardin et c'était quand même bien plus sympa qu'en appartement ou en confinement. J'ai adoré voir les deux grands s'entr'aider pour attraper des oeufs arrêtés dans leur chute au creux d'arbres ou sur des branches hautes. Ils se sont fait la courte échelle, ils ont grimpé sur le dos de Nonno, et se sont même occupé des plus petits, dont c'était la première chasse aux oeufs?

    Nous sommes allés au mariage du fils de mon amie d'enfance et c'était bien. La retrouver elle, la voir émue au bras de son petit dernier, et tout simplement s'amuser comme on s'amuse dans un mariage où on est invité, sans être partie prenante. Il y avait longtemps.

    J'ai vu trois concerts: Marisa, diva du fado, un hommage à Toots Thielemans et dans la foulée Goran Bregovic dans le cadre de Balkan Trafic. Très éclectique mais tellement bien !

    J'ai invité mon mari au restaurant pour son anniversaire à la toute dernière minute, genre "Tu fais quelque chose ce midi ?" à 11h30. Je l'ai amené chez un petit Italien, où Cat m'avait emmenée pour mes 60 ans, et il a adoré. Le patron, un peu dingo, les plats qu'on ne choisit pas (le chef décide si toi tu mangeras de la viande ou du poisson), le vin que tu ne choisis pas (pour le coup, il était un peu déconcerté et sur la défensive, difficile pour un homme qui décide tout de se laisser guider). Il avait au départ un lunch avec des copains, moi avec une collègue. Son lunch a été annulé, en trois clics, j'ai annulé le mien, demandé congé l'après-midi et réservé une table. 

    Et last but not least, j'ai envoyé ma demande de mise à la retraite.