Catégorie : Fa mi à do ré

  • Ne remets pas à demain ce que tu peux faire après-demain *

    La procrastination est la caractéristique majeure qui unit les membres de cette famille. Demain est autre jour. Fans de Scarlett, levez-vous ! Ne faites pas aujourd'hui ce que vous pourriez remettre à demain.

    Quentin et Maïté sont passés orfèvres en la matière. La simple idée de s'avancer dans son boulot stresse Quentin. Qui sait si le prof ne déciderait pas à la dernière minute d'annuler tel ou tel devoir, ce serait vraiment trop bête d'avoir fait quelque chose pour rien.

    Maïté elle, ne peut fonctionner que sous stress. L'adrénaline de la dernière minute.  Jusque là, elle cogite à la manière de faire ou de ne pas faire.

    Anaïs est moins régulière mais a quelques jolis essais à son actif. Tous trois n'ont qu'un mot à la bouche: "Attends", "Tout de suite" (traduire: PAS tout de suite), "je finis un truc et j'arrive".

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    Ceci dit, ils ne sont probablement pas tombés loin du nid. Et celui des deux qui n'aura pas l'honnêteté de le reconnaître n'est certainement pas le moins procrastinateur des deux.

    Nous parvenons d'ailleurs à rendre fou un couple de nos amis dont la devise "Ne pas remettre à demain…" est appliquée à la lettre. A l'extrême. Au point, lorsqu'ils nous reçoivent, de débarrasser la table COMPLETEMENT dès le dernier café poussé (càd, le bouquet de fleurs d'origine à nouveau déposé sur ladite table et la cuisine nickel chrome comme sortie d'un magazine). Alors que chez nous, ce rangement post-bonne soirée peut bien attendre le lendemain. Mais au moins, on ne donne pas à nos invités l'impression que la soirée est terminée et qu'ils feraient bien de lever le camp.

    Ces amis-là ne comprennent pas qu'on mette plus d'un an à peindre une porte, changer une lampe ou réparer un robinet. Moi non plus, en principe, mais j'ai déjà tellement la réputation d'une emm… pour les 4 qui doivent vivre avec moi que je me modère, quoi qu'ils en pensent.

    Moi, je vis la procrastination surtout au bureau. Tout ce que je ne fais pas bien, je reporte au lendemain, au surlendemain, à la semaine suivante et ainsi de suite. Jusqu'à être acculée. Et de finalement mal faire ce fichu rapport ou ce foutu document.

    Il paraît que cette tendance affecte particulièrement les personnes atteintes de perfectionnisme. A y regarder de plus près, je dois bien avouer que ce n'est pas faux. Et que, chez nous, quand on s'y met, on vise le top. Et en général, on peut dire que si ce n'est pas LE top, c'est top quand même. Maïté dans ses créations, Anaïs et moi dans l'art de recevoir et la cuisine, les hommes dans tant et tant de disciplines différentes que c'en est écoeurant.

    Mais comme il est rare d'atteindre la perfection autrement que par essais et erreurs et que nous vivons mal l'idée de faire une erreur, on contourne le problème en ne faisant rien. Enfin, façon de parler. On fait mille et une autres choses que ce que l'on devrait faire.  

    Dernières procrastinactions du moment:

    • Les bouteilles vides attendent un trajet vers la bulle à verre depuis au moins 6 mois

    • Les chaussures d'été attendent toujours d'être rangées

    • Cela fait 15 jours que je dois répondre au mail de V.

    • Cela fait plus de trois mois que je devrais équiper Quentin en draps, taies et housses de couette

    • On pense commander un nouveau four qu'on a déjà identifié depuis juillet

    Je continue ?

    PS: Ce billet est en construction depuis le 14 août.

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    * Alphonse Allais

  • Briser la clarapace

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    Ca y est. La glace est brisée. Il nous aura fallu deux ans et demi mais cela en valait vraiment la peine. Je savais bien que derrière son impassibilité mutiste, elle cachait une personnalité de petit lutin, gai, mutin et coquin (ses parents, d'alleurs, ne la connaissaient pas autrement). Elle ne pense qu'à rire, à nous faire tourner autour d'elle et à faire le pître. 

    On n'a rien fait de plus ou de moins pour la conquérir. C'est elle qui nous a admis, elle qui nous a ouvert son cercle et nous nous y sommes glissés pour notre plus grand plaisir.

    Clarrément génial !

  • En passant par …. l’Alsace.

    Week end en Alsace pour fêter les 70 ans de Maman…..

  • Heartstorm

    Je suis au coeur d’une tempête au sein de mon coeur et de ma tête. Les jours se suivent et les événements se bousculent et je ne suis plus. Pendant que petit à petit, on apprend à vivre Papy L. autrement que de son vivant, d’autres tsunamis s’abattent sur ceux qui nous sont très proches et on en ressent les ondes de choc plus ou moins intensément selon les personnalités (ce qui veut dire, moi beaucoup). Monsieur F. renie Sis’Cile pour la troisième fois (on entend dans le lointain le chant du coq en pâte) et prive par la même occasion Clara de son papa à temps plein. Janek, le frère de Hanka nous quitte cette semaine à presque 52 ans.

    Et pendant ce temps-là, Quentin nous emmène dans l’oeil du cyclone. Pour avoir démoli, sur un "cap’, pas cap’", trois casiers à l’école et l’avoir ensuite nié catégoriquement – même s’il s’est rétracté le soir-même -, il se voit infligé la sanction suprême: l’exclusion définitive de l’école.

    Même si nous étions les premiers à souhaiter une punition suffisamment sévère et drastique, les naïfs que nous sommes n’ont jamais imaginé cette mesure extrême, ce scenario-catastrophe et le fait accompli de la décision du Conseil de Discipline nous a pris par surprise. Et du jour au lendemain, Quentin se retrouve exclu. Fini les copains au sein de l’école, fini les profs qu’on aime et qu’on apprécie, même pas le temps de leur dire au moins au revoir. L’élan de solidarité (tant d’élèves que de professeurs) qui s’est immédiatement constitué autour de lui met en évidence la disproportion de la mesure. Même si certains professeurs ou parents trouvent néanmoins la mesure éducative.

    N513258917_383211_466 Et je vis cela mal, tellement mal. Il m’a fallu quelques jours pour comprendre pourquoi.

    D’abord, je me projette dans cette exclusion. Comme si c’était moi qu’on virait. Qui ne verrais plus mes amis tous les jours, qui ne cotoyerais plus ces professeurs appréciés, ces locaux où j’ai vécu de si bons moments. Moi et mon fameux syndrôme de la porte définitivement fermée. Quand on sait à quel point j’ai déjà eu du mal à quitter mon école à la date prévue (donc prévisible) !

    Puis, j’ai aussi beaucoup de peine à comprendre comment mon agneau a pu faire une connerie pareille. "Les hormones", soutient un de ses profs. "Tous ces ados ont des choses à prouver", etc… Ah, ça me fait une belle jambe.

    Et last but not least, je sais qu’il s’en veut de sa connerie, qu’il est meurtri par la conséquence qu’elle a eue, d’autant plus encore qu’il ne s’y attendait pas du tout et qu’il souffre sans oser l’avouer.

    Et quand son propre enfant souffre….

    J’imagine que Papy et Mamy B. ont quelques difficultés à digérer ces temps-ci où deux de leurs filles vivent des "heartquakes" d’intensité variable….

  • Entre deux averses de pluie ou de neige, l’incontournable chasse aux oeufs…..

  • Faits de fin d’hiver du week end

    Img_2104Long fleuve pas tranquille comme d’hab’. On espère poursuivre les travaux "rénovation de parquet", tranquilos ce week end. Ah pas de bol, belle-soeur unique déclare une appendicite aiguë vendredi après-midi. Youpie, bien sûr, on réorganise le week end un peu en fonction, vu que c’est pas non plus le moment de laisser Mamy L. toute seule.

    Ceci dit, ça ne m’empêche pas d’aller chez le coiffeur, c’est bien. Ni les enfants de sortir vendredi soir ou samedi soir selon les uns et les autres. Une de ces enfants, d’ailleurs, qui, généralement, n’hésite pas à vous appeler à 3 heures du mat’ pour dire que "finalement, elle ira dormir chez D. ou X. ou Z. au lieu de rentrer comme prévu" (je reconnais que j’insiste pour être prévenue, quelle que soit l’heure, mais j’aurais aimé une filofaxée qui connaît son programme en début de soirée et pas qui, girouettement, suit le vent), cette même enfant donc hésite à appeler à la même heure matinale lorsqu’elle a eu un accident de voiture. D’accord, elle s’en sort avec quelques contusions et ses co-voitureurs pareil. Lesquels compagnons d’infortune s’étaient ensardinés à six dans une Smart. D’accord, pas une Smart Fortwo, une Smart Forfour. Mais la Smart Forsix, je connais pas. Ah !

    Enfin, tout cela ne nous a pas empêchés de terminer la chambre de Quentin et de commencer à vider la chambre des filles. Et cela m’a permis d’entendre ce charmant dialogue entre l’Homme et Fille cadette, occupés à déplacer un meuble ensemble:

    – Plus à droite, mais nooon pas par là, maais tu vois pas que ça passe paaas ??

    – Parle-moi en français, pas en langage codé !!!

    Et moi de jubiler, pour une fois que ce n’est pas moi qui ne comprend rien à rien aux instructions tacites de l’Homme. Pendant ce temps-là, Fille Aînée regarde l’action, nonchalamment assise "Mais, Anaïs, il ne te parle pas en langage codé….". Et quand c’est le petit d’Homme qui s’y colle, pas de problème, lui comprend le langage codé, le langage d’hommes, de la logique masculine disons.

    Les hommes viennent de chez Brico, les femmes de chez Carrefour….

  • Duo pour Clarinette

    Deux ans déjà !P1040049 C’est une petite fille que j’adore, que je ne me lasse pas de regarder, tant elle est jolie à croquer, une petite fille aux yeux sublimes, maligne comme tout et au caractère bien trempé.

    C’est une petite fille qui me snobe. Alors que sa maman disait pas plus tard qu’il y a deux semaines que tous ceux qui m’approchent tombent sous le charme. Ah oui ? Et bien pas Clara. Je l’approche, elle tourne la tête. Je lui prends la main, elle la retire. Technique de dragueuse. Elle sait que j’attend, que je quémande un sourire. En essayant de ne pas le montrer. Mais la petite souris n’est pas dupe. Je devrais peut-être la kidnapper et après une journée passée avec moi, elle finirait bien par me trouver quelque chose d’intéressant. "Je devrais à chaque instant la surprendre", comme dit "Clara veut la lune".

    Peut-être me trouve-t-elle une vilaine et vieille copie fanée de sa maman ? Oui, évidemment, là, je ne peux pas concourir sur ce terrain-là, sa môman aura toujours 10 ans de gagnés.

    Peut-être ne suis-je qu’une "fille", elle qui affiche effrontément sa préférence pour les messieurs ?

    Peut-être teste-t-elle son pouvoir, déjà ?

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    Elle me fait attendre, la petite clarinette, flûte et reflûte. Mais peut-être qu’un beau jour, sans tambour ni trompettes, on finira bien piano piano par accorder nos violons.

    Bon anniversaire, jolie poupée.

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  • Quitter le nid

    09090641 Les familles soudées et unies, c’est toujours agréable à regarder de l’extérieur et c’est encore plus merveilleux à vivre de l’intérieur. Mais cette harmonie a son envers du décor. Difficile pour certains enfants de prendre leur envol de ces cocons douillets où tout est bien.

    Claude, le réaliste, se méfie depuis longtemps de cette image d’Epinal que nous renvoyons autour de nous, les amis, les proches, les amis des enfants qui les envient et s’approprieraient bien notre famille s’ils le pouvaient. Moi, non, bien sûr, je me réjouis de ce bonheur-là parce qu’il est exactement ce que je voulais faire de ma vie et je veux l’entretenir comme un joli jardin.

    Oui mais….

    C’est parfois plus dur à vivre qu’on ne pense pour certains. D’autant que cet aspect fédérateur de la famille est une constante par-delà les générations, des deux côtés de la branche par dessus-le marché. On a vu, pas plus tard que ces dernières semaines autour de Papy L., se resserrer tout le clan VW autour de lui. Chez moi, les filles P. se retrouvent avec beaucoup de plaisir, dès qu’elles le peuvent autour des parents, au moins une fois par an à Pâques et plus si possible.

    Françoise m’a dit récemment qu’elle aussi avait eu beaucoup de mal à quitter la maison, accrochée toutes griffes dehors aux brindilles du nid et que son départ en Suisse l’avait beaucoup aidée. Cécile est partie plus facilement parce que plus rebelle mais elle n’a pas tardé à rebobiner le fil qu’elle avait négligemment laissé traîner par là. Et moi, je suis partie le coeur gros, même si j’avais très envie de jouer à la dînette dans mon chez-moi. Il n’empêche qu’à la première chaussette sale au bord du lit, j’ai voulu rentrer à la maison.

    Peut-être que ce qui m’a aidée, c’est l’anecdote suivante:

    Le soir du mariage, lorsque nous avons quitté la fête, nous avons repris notre voiture que les copains s’étaient amusés à décorer de mousse à raser. La mousse à raser ne fait pas bon ménage avec les costumes de jeune marié et le brand new spoiled husband s’est emporté, comme il sait si bien le faire, encore plus exaspéré par mon hilarité. Le bruit des casseroles attachées à l’arrière de la voiture n’a rien fait pour arranger les choses.

    Quelques kilomètres enragés plus loin, j’ai commencé à la trouver saumâtre et me suis un chouia énervée et il n’a rien trouvé de mieux que de me proposer de me ramener chez mes parents. Ce que, de colère, j’ai aussitôt accepté.

    Arrivés chez mes parents, il a déposé son paquet et c’est sans doute l’humour inaltérable de mon père qui a sauvé la situation et m’a obligé à suivre ce muffle que j’adore. Il lui a illico rendu son colis en lui disant: "La maison ne fait pas de service après-vente."

    Thank God !

  • Tout en douceur et tendresse

    ItemDernier au revoir hier. Il a eu la messe d’adieu qu’il méritait, belle, sobre et élégante. Des petits paquets d’amour de dernière minute (un peu comme quand on quitte Ovronnaz et que Mamy B. nous dit "Vous aurez bien encore une petite place… ?"): le magnifique portrait que Maïté avait fait de lui, les messages de Claude, Marie-Chantal, Anaïs, pleins d’émotion, le morceau de djembé joué par Quentin en souvenir de tous les mardis soirs où Papy l’aura accompagné inlassablement au cours, le ciao ciao de la main de Cilou.

    Les amis de toujours autour de nous et de Mamy L., tous les proches et les moins proches, ceux venus de loin et de très loin, des présences surprise, les cousins de Claude que l’on n’a plus vus depuis le dernier mariage en date – et ça date – et qu’Anaïs découvre avec étonnement ("quelqu’un de la famille, dont on voit de toute évidence qu’ils sont de la famille, physiquement, dans les attitudes, etc… mais qu’on ne connaît pas, sensation bizarre") et beaucoup de douceur et de tendresse autour de cet enterrement. On en revient plus serein même si le vide reste énorme.

    En attendant, Claude et moi on somatise. A plein régime. Lui a maintenant la crève, tousse et dort. Moi, je traîne ce fichu abcès dentaire depuis avant Noël que deux boîtes d’antibiotiques ne parviennent pas à guérir. Et ce dentiste en congé depuis 15 jours qui ne rentre pas avant lundi.

    On va retourner au boulot en super forme, nous. Où on nous attend au rendement. Et on n’en a vraiment rien à cirer pour une fois.

  • Ciao bello

    Malgré tout l'amour dont on l'a entouré ces dernières semaines, malgré les bougies allumées un peu partout, dans les églises, dans les cuisines des Mamy, malgré les "beat it" passés en boucle, les poings serrés derrière le dos, les pensées magiques, les encouragements silencieux devant les indicateurs respiratoires qui remontaient illusoirement de temps en temps, les prières à Dieu et à différents saints choisis au hasard, les pensées tournées vers lui d'un peu partout, les petits coeurs dans les sapins, malgré tous les soins prodigués, la volonté médicale de trouver un germe, une bactérie, n'importe quoi qui aurait pu justifier son état, autrement que par la simple dégradation de ses poumons, malgré enfin et surtout toute sa volonté à lui, sa ténacité pour continuer, rester, se battre, malgré tout cela, il est parti.

    Je sais qu'il a senti la présence de son clan tout au long de ces semaines et surtout cette dernière après-midi, à la fois si longue et si courte, où nous étions là tous les sept, accompagnés de Mamy B. dont la présence pratique et terre à terre a été providentielle pendant cette douloureuse et merveilleuse après-midi.

    Je suis sûre qu'il ne s'imaginait pas être aussi aimé et je le vois sourire d'étonnement surpris. Il a emporté avec lui dans ses valises tout ce paquet d'amour et à mon avis il a a dû payer une fameuse surcharge au moment de l'enregistrement des bagages. J'espère aussi qu'il a retrouvé son papa avec lequel il attendait impatiemment les retrouvailles. Mais nous, il nous laisse bien seuls, je crois qu'aucun de nous ne réalise encore à quel point il va nous manquer…..