Avant de partir ensemble là où la sérénité du lieu nous rabiboche avec la beauté du monde, nous nous sommes disputés pendant un bon 48 heures. C’est très long pour nous aujourd’hui. Cela ne l’était pas au début de nous deux, ce qui nous a permis de mettre les choses au clair assez rapidement. Très peu de concessions unilatérales, des mises au point régulières, des disputes bien senties nous ont permis d’adopter un modus vivendi et amandi parfaitement rodé. Et depuis, tout roule ou presque.
Mais ces derniers jours, mon mode opératoire dans la gestion de mes relations aux autres s’est heurté de plein fouet à son ras-le-bol d’être pris pour un pigeon. Il a vu beaucoup de malveillance de la part de proches, là où moi, je ne voyais que mauvaise communication. Et j’ai plutôt mal supporté. Tant de le voir souffrir vraiment que de le voir croire en la malveillance de ceux que j’aime.
Il vit avec moi depuis cinquante ans et il appris à composer de manière à garder l’église au milieu du village, puisque tel est mon credo. Alors que le sien est de ne rien laisser passer. D’accord, je suis née avec une sainte horreur du conflit et c’est sans doute ce qui motive mon besoin viscéral de remettre la chapelle à sa place. C’est sans doute ce qui lui a permis de rester en bons termes avec sa propre famille. Et plus encore avec la mienne. Il sait que je suis intransigeante sur la question.
Mais à chaque fois que ce sujet devient brûlant, je me pose la question: est-ce que j’ai raison d’excuser à tout prix ? Cette fois, plus encore que jamais, j’ai décidé une fois pour toutes que je ne changerais pas de cap. Il n’est pas question ici de me laisser marcher sur les pieds. Mais envers et contre tout, je partirai du principe que la plupart de ceux que je chéris sont bons, n’ont pas de mauvaise intention, ont quelquefois de sérieux problèmes de communication et que toutes les difficultés relationnelles viennent de là.
Pendant longtemps, j’ai affiché dans mon bureau la phrase de Bernard Werber: » Entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis, ce que vous avez envie d’entendre, ce que vous entendez, ce que vous comprenez… il y a dix possibilités qu’on ait des difficultés à communiquer. Mais essayons quand même…«
On a fêté les 20 ans de Clara, ma nièce, la fille de Sis’Cile. Je me souviens avec précision du moment où on m’a annoncé sa naissance. Je sortais de la banque italienne à Parme où je venais de clôturer mon compte. J’avais en main ma carte de banque coupée en deux sur laquelle il y avait un angelot. Je l’ai gardée en souvenir de ce moment. Ce qui m’échappe, c’est pourquoi j’ai clôturé mon compte fin janvier alors que je quittais Parme fin juin mais bon, ça c’est une autre histoire. Bref, on a fêté Clara tous ensemble et on lui a offert un match de foot Real Madrid-Atletico fin mars à Madrid. C’est Swiss Sis et Swiss mari qui s’y collent parce que personne n’est fan de foot dans la famille à part Clara. Elle est fan fan fan.
J’ai été invitée chez une ex-collègue pour le lunch. Elle est bipolaire avec tous les écarts d’émotions que cela suppose, pro-Poutine, et donc pas facile à gérer dans mon équipe mais je l’aimais bien. Et son invitation m’a fait plaisir. Elle avait mis les petits plats dans les grands, elle a tenu à me préparer un Spritz (parce que nous partageons la même passion pour la Sérénissime) alors qu’elle est aux abonnés absents côté alcool et elle m’a touchée.
J’ai pris un dernier café avec cet ancien collègue d’une autre vie pour ainsi dire. Il quitte Bruxelles après 35 ans ici pour Lugano en Suisse. Lui aussi est compliqué. Bellâtre grec (mais beau quand même), totalement centré sur lui-même, en couple pendant quelques années avec une de mes proches amies qui n’a finalement pas tenu le coup face à cet égocentrique assumé. Mais je l’aime quand même. Et cela m’a vraiment attristée qu’il parte. Il y a peu de chances que l’on se revoie et je l’ai quitté avec beaucoup d’émotions.
On a fêté les 70 ans d’un ami d’univ, que je n’avais plus vu depuis bien longtemps (l’Homme l’a revu plus régulièrement parce qu’il est devenu notre courtier d’assurances) et j’ai eu vraiment beaucoup de plaisir à retrouver cette bouille rieuse d’Italo-Belge et ses yeux pétillants comme quand on avait 20 ans.
On a aussi fêté les 8 ans de Jules. Le chauffage d’Anaïs et Simon venait de tomber en panne et il faisait vachement froid. Heureusement la température a légèrement augmenté vu le nombre de personnes présentes. La chaleur humaine, y’a que ça de vrai.
J’ai retrouvé Véro à Paris pour une journée. Elle m’a emmenée dans un très joli resto et on a pris le temps de voir deux expos. L’une sur les sculptures de carton de Eva Jospin représentant la Domus Aurea. J’adore son travail, je l’avais découverte à Venise et cette nouvelle expo n’avait rien à envier à la première. Juste à côté, il y avait une exposition de Claire Tabouret qui présentait le travail préparatoire à la confection de nouveaux vitraux pour Notre Dame (ils seront installés fin 2026) et c’était juste magnifique.
On a fait notre aller-retour annuel en Champagne pour approvisionner toute la famille et les amis en bulles festives. Mais au fur et à mesure des années, c’est la rencontre avec Thierry, le vigneron, qui devient festive. C’est un plaisir attendu de le retrouver et d’aller manger un bout avec lui.
Le lendemain, on a passé la journée avec Jules pour son anniversaire, lui seul et nous. Une expo le matin au musée des Sciences Naturelles sur les vols des oiseaux et des avions. Cela ne l’a pas trop branché. Un spaghetti bolo et une crème brûlée au resto où il était prêt à donner toutes les étoiles possibles, tellement il était enchanté. Puis une visite au musée de l’aviation et de l’armée qu’il a adorée. Passer une journée avec lui est un pur bonheur. Il est drôle, intelligent, vif. Et je jure que je suis la plus objective des grands-mères.
Le soir, j’ai appris le décès de ma gynécologue adorée, la maman des mamans.
Le dimanche, on a reçu les amis de Claude et on a passé toute l’après-midi avec eux avant de voir arriver les trois premiers locataires pour la première semaine de vacances scolaires.
Les filles de Maïté sont arrivées le lendemain matin et on a passé une semaine avec ces cinq là, entre jeux, bricolages, déguisements, spectacles, dessins animés (peu) .
On a appris le cancer de l’estomac du papa de Kerya et cela nous a bouleversés. C’est l’autre grand-père de deux des pioux et c’est comme s’il était de notre famille. On les a retrouvés le dimanche pour les deux ans de Oona et on a pu parler assez sereinement. Il commençait la chimio le lendemain.
Swiss Sis est arrivée entretemps pour passer 4 jours avec Maman et pour une fois, elle a pu assister à un anniversaire de pioux.
On est partis le soir même pour la maison-jardin avec six pioux cette fois et on a rempilé pour un programme similaire à la première semaine, jardin en plus.
On a ramené tout le monde le vendredi soir pour fêter Anaïs le samedi et on est repartis passer le dimanche à nettoyer la maison-jardin pour les suivants. Comme à chaque fois, une boule me monte à la gorge dès que je rentre dans cette maison vide de leurs cris, de leurs rires et de leurs bouilles d’amour.
Mois court mais intense, n’est-il pas ? Fêtes, anniversaires, amis, claques, pioux, pioux et encore pioux.
Maintenant mars s’annonce. A nous l’Afrique du Sud et le Botswana. Aventures à suivre.
Le temps glisse comme le traineau du Père Noël au-dessus des cheminées. A peine rentrés de Turquie, nous avons accueilli le Grand Saint qui n’a pas pris le même avion que nous, même s’il vient de là lui aussi. Il préfère toujours prendre la mer puis un cheval aux Pays Bas et plus modestement un âne en Belgique.
La fête du Grand Saint prend chez nous des allures de pré-Noël en famille restreinte – si tant est que 15 à table est encore considéré comme un nombre restreint – et on y prend toujours autant de plaisir.
Puis clairement, on rentre dans l’avant Noël: cadeaux à choisir, commander, aller chercher, aider ceux qui n’ont plus l’énergie, le temps ou même l’envie. Anaïs est ma partner in crime dans ce parcours de Sherlock parce que nous, on aime ça.
Quelques lunches avec d’anciens collègues, toujours en activité ou plus du tout, un dîner divin chez des amis où on prépare un séjour en Roumanie et où on finit la soirée autour d’un Karaoké improvisé et où les pâtes, les oranges siciliennes et le parmesan de la filière italienne passent d’un coffre à l’autre pour le plus grand bonheur de nos papilles et celles de nos enfants. Un dîner au resto pour l’anniversaire de ma chère belle-soeur duquel on est revenus en ligne pas très droite, bien malades dès le seuil de la maison passé et pour couronner l’ivresse, se rendre compte, un rien hébétés, qu’on patauge dans l’eau dans la salle de bains. Manquait plus qu’une inondation pour arroser ce repas bien ….arrosé.
Et voilà, ce soir, on va chercher Swiss’Sis et son mari à l’aéroport, Noël peut commencer.
Jouer les Parisiennes pendant deux jours et trois nuits, maman, Sis’Cile et moi pour fêter les 60 ans de Swiss’Sis.
Arrivée un peu plus tôt que nous à la gare de Lyon, la jubilaire est venue nous chercher à la gare du Nord. De là, on a rejoint nos pénates louées pour trois nuits au pied de la Tour Eiffel, un appartement au sixième étage d’un vieil immeuble. L’ascenseur ne peut emmener qu’une personne et une valise à la fois. Si on contrevient à la règle, c’est 500€ d’amende, ça commence fort. On s’installe vite fait et on trouve notre cantine dès le premier soir, une brasserie super sympa où on mange vraiment bien et où l’ambiance est très détendue. Sis’Cile décrète qu’on reviendra manger là les soirs suivants. Un des garçons a dû lire dans ses pensées et nous a dit « A demain ».
Expo Greuze au Petit Palais, découverte de la nouvelle Notre Dame, expo Rock and drôle d’Antoine de Caunes au Bon Marché (tiens c’est bizarre, m’aurait-il volé mon titre ?), expo photos Vanessa Paradis, près de deux heures dans la Grande Epicerie (excitées comme des poules sans tête dans les rayons), un thé chez The Caddy Tea avec des scones et tout et tout, juste à côté de Shakespeare and Company, la Seine, les quais, le Marais, marcher, marcher, marcher, monter (surtout) et descendre les escaliers du métro parisien (bravo Maman !), grignoter des sandwiches au pâté (maman a vidé son frigo) sur des bancs publics en se foutant pas mal du regard oblique, soleil et ciel bleu tout le temps, une pièce de théâtre un soir avec Isabelle Carré et Bernard Campan (pur délice) et puis champagne et saumon fumé à l’appart.
Un joli programme. Je crois que Swiss’Sis a aimé son cadeau mais la plus ravie était sans conteste la maman de ces trois filles en goguette. Si ça ne tenait qu’à elle, on pourrait fêter tous les anniversaires à venir in Paris.
Ce mois de septembre qui se termine a été très riche. De douleurs, de douceurs, d’émotions, de tendresse.
Il y a eu l’enterrement de ce cousin tant aimé qui, comme souvent, a coïncidé avec des retrouvailles de toute une partie de la famille qu’on voit moins mais qu’on revoit toujours avec un plaisir non dissimulé.
Une de mes sorcières bien-aimées a perdu sa maman et sa détresse m’a désarçonnée. Sa maman n’était plus présente au monde depuis quelques années et pourtant c’est quand elle est partie physiquement que le chagrin s’est enfin manifesté.
J’ai enfin sauté le pas et j’ai rejoint un cours de danses grecques. Cela faisait si longtemps que j’en rêvais. J’ai enfin trouvé l’endroit et le temps d’y aller. Pour le moment, il n’y a pas de débutant et pas de cours approprié mais on m’accueille dans le groupe des dégourdis avec beaucoup de chaleur et de gentillesse et je me débrouille vaille que vaille. Et je suis aux anges.
Anaïs m’a demandé son aide pour emmener ses trois enfants au premier cours de piscine extra-scolaire. La piscine a plus de 100 ans et est magnifiquement restaurée. Et c’est la piscine où j’allais enfant, dans le cadre scolaire. Rien que de mettre les pieds dans ce lieu culte – où je n’ai pourtant rien appris – a soulevé tout un tas d’émotions. Et de voir Amalia, paniquée dans ce monde inconnu, alors qu’elle adore l’eau et n’en est pas à son premier contact avec une piscine, m’a serré le coeur en souvenir de la petite moi. Heureusement, le deuxième essai a été plus concluant.
Vacances enfin. Venise bien sûr mais un « petit » crochet par Nuremberg. Pour la deuxième fois consécutive (en 30 ans tout de même), nous ne verrons rien de cette magnifique vieille ville. Au siècle dernier, c’était moi qui me suis réveillée avec 40 de fièvre et nous sommes rentrés dare-dare et cette fois, c’était l’Homme qui grelottait et qui a dormi 14 heures d’affilée. Le lendemain nous avons rejoint l’Autriche où je tenais absolument à retrouver le camp de prisonniers où mon grand-père avait été conduit dès le début de la guerre avant de rejoindre une ferme non loin de là comme prisonnier mis au travail. J’avais pris sa plaque d’immatriculation avec moi comme un talisman. Mais sur place, il n’y a plus rien. Juste un panneau d’artiste à chaque coin de l’espace vert là où se trouvait le camp. Un bien piètre devoir de mémoire. Le soir, nous dormions à Vienne où nous avons flâné la journée du lendemain avant d’assister à un concert de mon chanteur grec préféré dans la Konzerthaus, là où se donne chaque année le concert du Nouvel-An. Double plaisir.
Et puis direction Venise. Cette année, le soleil ne nous a pas beaucoup gâtés et la pluie était souvent au rendez-vous. Les expos en cours, nous les avions déjà vues pour la plupart en avril et les flâneries sans but dans Venise sous la pluie, c’est nettement moins drôle. Et l’Homme est retombé malade. Aujourd’hui, il a dormi toute la journée. C’est sans aucun doute le meilleur des traitements mais cela rajoute une petite pointe de déception à ce séjour. Il nous reste encore trois jours pour en profiter.
En fait, c’est mon petit cousin. Le cousin de ma maman. Sa maman à lui était la soeur de ma grand-mère. C’est comme ça dans les grandes familles. Une maman peut accoucher trois mois avant sa nièce.
Des cousins, j’en ai eu cinq. Mais l’aîné est arrivé quand j’avais 9 ans. Alors forcément, j’ai plus été leur baby-sitter que leur partenaire de jeux.
Alors, oui, avec ses trois mois de différence avec moi, c’est ce que j’appelle un vrai cousin (au sens où mes propres petits enfants vivent leur cousinade).
Pourtant curieusement, on ne s’est pas beaucoup vus enfants. Nous n’habitions pas la même ville, nos parents n’étaient pas de la même génération, bref. Seule ma grand-mère m’emmenait parfois lorsqu’elle allait rendre visite à ses soeurs, toutes vivant dans les cantons germanophones de la Belgique. Mais j’ai des souvenirs très précis de ces rares moments. Ce cousin était très drôle et j’aimais beaucoup rire.
Ce n’est qu’à l’âge adulte que nous nous sommes vus plus souvent et que nous nous sommes découvert bien plus d’affinités encore que pendant l’enfance. Nous nous sommes invités à nos mariages respectifs et à partir de là, nous nous somme retrouvés bien plus régulièrement. Il est devenu le parrain de mon fils et l’Homme est devenu le parrain d’un des siens.
Il est parti le dernier dimanche d’août, après une longue bataille de 6 mois. J’ai eu beaucoup de mal à y croire. Difficile d’imaginer ne plus l’entendre rire, difficile de penser qu’il ne m’amènerait plus de boîtes de 20 bâtons de chocolat à la banane (même si cela fait belle lurette que je n’aime plus ça – et d’ailleurs la chocolaterie à côté de chez lui a fermé) ni 6 tartes au riz, spécialité de sa région (mais t’inquiète, ça se surgèle !). Difficile d’accepter qu’un pan de vie se termine.
Ma belle-cousine est magnifique de résilience. Elle force le respect. Elle a dit qu’elle était l’ombre et lui l’éclat. C’est vrai qu’il était lumineux. Mais elle n’est pas l’ombre. Elle est un soleil d’hiver qui réchauffe le coeur et fait tellement de bien quand on a froid.
* Je suis allée manger avec "les garçons". Mon équipe était essentiellement féminine à l'exception de ces trois là. La dernière fois qu'on avait déjeuné ensemble, il y a déjà plus d'un an, on était beaucoup plus nombreux et je n'ai pas pu "profiter" d'eux comme je l'aurais voulu. Là, nous n'étions que nous quatre et c'était parfait. C'était les collègues les plus bas de l"échelle mais les plus dévoués, les plus orientés solution, les plus vrais et disons-le, les moins chiants. Le dernier jour, quand j'ai quitté pour de bon le bâtiment, en larmes, l'un deux m'a aidée à amener le reste de tout mon bazar à la voiture de l'Homme qui m'attendait en bas et a crié "je t'aime" quand la voiture a démarré. Dit comme ça, ça peut paraître très chelou mais c'était juste un cri du coeur spontané et sincère. J'ai passé un très bon moment avec eux et je ne veux plus attendre un an avant de les revoir.
* On a visité une maison du XVIIème siècle, à l'origine entrepôt le long des quais de la Senne à Bruxelles. On est bien où on est mais il y a quelques bémols. Le parking précaire, l'âge avancé de notre voisin qui occupe la maison arrière et dont les yeux plongent directement dans notre cuisine – il peut me dire par exemple qu'on mange vraiment beaucoup de fruits (sic) -. Le jour où il nous quittera, on ne sait pas qui comptera nos calories. Et quelques autres fausses notes mais rien de trop compliqué jusqu'ici. Cette maison cochait en théorie les bonnes cases concernant ces bémols. Un garage, un jardin, pas de voisin plongeant. Elle offrait en plus beaucoup de lumière, et un salon sous une charpente de bien dix mètres de haut. Magnifique. Mais des escaliers que mes genoux ont tout de suite détestés et des travaux d'embellissement que ma patience a tout de suite refusés. Dommage, pour une fois qu'on trouvait quelque chose qui nous permettait de rester à Bruxelles.
* On a continué à vider quelque peu les armoires de Mamy L. Le plus dur a été d'éliminer les vêtements. L'Homme voulait faire vite pour ne pas s'appesantir. Ce que j'ai fait évidemment. Et les larmes sont montées. La robe qu'elle portait à notre mariage, celles qu'elle portait à telle ou telle occasion, son manteau en fourrure synthétique mais qui faisait tellement d'effet et qu'elle m'avait prêté pour un bal russe…. L'Homme avait raison, il valait mieux faire vite.
* Swiss Sis est revenue pour dix jours de vacances et a ramené deux demi-roues de fromage. On a rassemblé tout le monde autour d'une raclette d'été. Un vrai régal dans tous les sens du terme. On a terminé la soirée autour d'un brasero et d'un verre de rhum ou de whisky selon affinités. Tout le monde a apprécié.
* On est retourné dans ce petit resto qui monte, qui monte délicieusement. Il est installé dans une ancienne boucherie des années 40-50, classée, magnifique, qui se trouve être la boucherie où allaient mes grands-parents, dans le même pâté de maison. Ma marraine, leur fille cadette était très amie avec la fille du boucher. Moi, petite, je m'accoudais à la fenêtre de la cuisine de ma grand-mère pour guetter ma marraine et sa copine dans le jardin du boucher. Ce soir, je me suis échappée un instant aux toilettes et la fenêtre sur le jardin était ouverte. Je suis restée bouche bée et yeux écarquillés sur la fenêtre de la cuisine de ma grand-mère. J'aurais pu rester là des heures. Mais j'ai bien dû redescendre rejoindre les autres convives. Alors j'ai vite pris une photo pour garder ma grand-mère encore un peu avec moi.
Je n'ai pas vu le temps passer. Depuis mon dernier billet, j'ai subi une intervention chirurgicale. Sans gravité au final mais je suis toujours stressée dans les moments qui précèdent. J'ai une gratitude infinie pour l'infirmière qui m'a pris la main quelques instants avant l'anesthésie. Elle a perçu mon angoisse que j'essayais de maîtriser, sans pour autant la nier. Mais on n'imagine pas à quel point un petit geste comme celui-là peut faire la différence. Tout s'est bien passé et j'attends maintenant les résultats de l'anapathologie.
Les travaux dans la cuisine se poursuivent tant bien que mal. L'Homme fait et défait et refait jusqu'à ce qu'il soit satisfait et ça prend du temps.
Mon cousin a commencé une semaine de radiothérapie et je pense à lui tout le temps.
On a fêté notre anniversaire de mariage dans un restaurant gastronomique. Des places se sont libérées et nous avons prévenu J et S. Ils habitent juste à côté et ils nous ont rejoints au pied levé. C'était inespéré et très sympa.
Et puis, on a vécu un weekend pascal enchanteur. L'anniversaire de l'Homme d'abord qu'il a voulu fêter toute la journée. La chasse aux oeufs ensuite, entre deux averses.
Le soir-même, on est rentrés à la maison faire nos valises pour Venise.
Et voilà, on y est enfin. Depuis mardi soir. On recharge nos batteries en terrasse et bouquins avant de se mettre en route en mode expo, crapahutage et restos. Le bonheur.
Lundi: Réveil tôt ce matin. L'entreprise qui avait réalisé les travaux de façade de l'immeuble vient enfin réaliser les finitions. Ces petits détails que personne ne voit mais qui n'échappent pas à l'oeil de lynx de l'Homme qui, bien sûr, ne laisse rien passer. Je l'abandonne à midi et part déjeuner avec Yasmina. Je continue à proposer à une quinzaine de collègues de se retrouver le temps d'un lunch, pour se mettre à jour et pour le plaisir de les voir encore. Bien sûr, ces déjeuners s'espacent un peu, vu notre agenda chargé de pensionnés heureux, mais je les revois toujours avec délices. Et je crois qu'elle aussi parce qu'elle a joué les prolongations au mépris des horaires habituels. Puis je suis allée faire cette prise de sang de contrôle, histoire de voir si mon immunité s'est renforcée suite au deuxième vaccin de protection contre la pneumonie. Et le soir, nous avons ouvert l'été avec un premier barbecue de l'année chez Anne et Guido. Par contre, je n'avais plus autant mangé depuis longtemps.
Mardi: Maïté est venue télétravailler à la maison puisque Katia était là nous faire de jolies mains et jolis pieds couleur d'été avant de prendre des vacances bien méritées avec son fils et ses enfants qui arrivent demain du Brésil pour tout le mois. Elle était aux anges et moi pour elle. Le soir, j'ai enfin pris ce rendez-vous chez l'ostéopathe qui s'est penchée sur mon dos pendant plus d'une heure. Cela fait deux mois que je traîne ces douleurs lombaires qui m'épuisent. J'espère qu'elle m'aura aidée. L'Homme m'a patiemment attendue et nous avons pris la route de la maison-jardin.
Mercredi: Comme toujours lorsque nous sommes là, nous avons travaillé dans le jardin et dans la maison sans vraiment prendre le temps de s'asseoir. J'ai cueilli les framboises qui ne demandaient que ça et je les ai transformées en coulis pour les yaourts et les glaces éventuelles de la semaine prochaine. Nous avons également pris contact avec un médecin des arbres qui va venir ausculter le noyer centenaire que nous aimons tant mais qui se creuse de plus en plus et dont le risque potentiel de chute fait peur à tout le monde. Si ce médecin pense qu'il ne sert à rien de faire de l'acharnement thérapeutique, on se résoudra à l'abattre mais la mort dans l'âme. Des larmes en perspective.
Jeudi: Une matinée encore sur place et retour à Bruxelles pour le dîner d'anniversaire de Cat dans un resto spécialisé en viande. Dîner au jardin très sympa, très bon. Dommage qu'à nouveau l'Homme ait réagi de manière violente lors d'une altercation avec Joséphine sur ….. le bien-fondé des statines. Franchement, il y a des fois où je ne comprends pas la nécessité de se gâcher la soirée pour des sujets aussi peu importants.
Vendredi: Une journée d'entretien: fitness en salle où j'ai le plaisir de retrouver mes filles qui terminent leur séance au moment où j'arrive et petit café avec le coach, fils de l'une, frère des deux autres et coach des trois. Il ne manquait que le père récalcitrant aux salles de sport. Dommage, il ne sait pas ce qu'il rate. Après-midi soin visage, couleur et brushing et soirée à l'opéra pour la dernière de la saison: Turandot de Puccini. Pas le grand enthousiasme mais pas moche non plus. Mes problèmes de dos sont descendus dans la jambe. Je suppose qu'ils suivent le tracé du nerf sciatique.
Samedi: Anniversaire de la jolie Sappho. Sept ans déjà. Tout le monde au complet autour d'elle, elle a soufflé ses bougies et ouvert chaque cadeau avec un sourire radieux. Retour à la maison et repos.
Dimanche: La saison des pioux est ouverte. Dès demain, on accueille pour commencer Sam Sam, Amalia et Lémoni et dès mardi, on emmène ce petit monde à la maison-jardin. Les autres pioux suivront au gré des allers et venues pendant les trois semaines qui viennent. L"été est enfin là.
S'il n'y avait pas eu le départ douloureux de Michèle, cette année aura été tellement belle !
Elle a commencé toute en merveille avec l'arrivée d'Amalia, pour tout dire la sixième merveille du monde, le 3 janvier.
J'ai passé le mois de janvier comme un hamster sur une roue pour essayer de finir tout ce que je voulais finir et jusqu'à la dernière seconde, j'ai donné le meilleur de moi-même. Et puis j'ai clôturé 40 ans de carrière, l'estomac noué, le coeur serré, les yeux noyés.
Et la nouvelle vie a commencé. Il m'a fallu une ou deux semaines d'adaptation, surtout en termes de cohabitation permanente avec l'Homme, mais une fois les compteurs ajustés, un nouveau bonheur s'est installé. Je crois que ce qui m'a fait et me fait encore aujourd'hui le plus plaisir dans le nouveau format, c'est le droit de dormir longtemps. Alors bien sûr, pas tous les jours, selon les impératifs du calendrier, mais souvent. Et au bout de quelques semaines, je me suis surprise à ne plus répondre à la sempiternelle question "Comment vas-tu ?" " Bien mais fatiguée" au point que je m'énervais moi-même de cette réponse invariable. C'est fini, je ne réponds plus jamais en fonction de mon besoin de sieste. Et je trouve ça très luxueux.
L'autre luxe est de pouvoir partir en vacances quand on veut ou presque et autant qu'on veut ou presque. Et cette année-ci, nous n'avons pas lésiné sur les kilomètres qui nous ont amenés quatre fois en Italie, seuls ou entre amis. La montagne, par deux fois, un grand étoilé transalpin, autre grand plaisir de l'année écoulée, et Venise l'incontournable.
Et puis le coup de folie, le concert de Stavros Xarchakos, sous l'Acropole à Athènes, sans doute un des plus beaux moments de l'année si pas de ma vie, dans ce registre.
Mais sans doute ce que je chéris le plus au monde, ce sont les moments avec les pioux, seuls ou en groupe, ces deux mois d'été avec eux, un peu, beaucoup, à la campagne, à la mer ou à Disneyland Paris. Je peux regarder inlassablement les photos sur mon téléphone ou relire les billets de ce blog qui les concernent avec délectation pour revivre ces moments-là.
Octobre a vu ma reprise en main en termes d'activité physique et j'ai le meilleur coach de la planète. Ce n'est pas parce que c'est mon fils que je le dis mais il est le meilleur pédagogue qui soit. Et je n'ai pas l'intention de m'arrêter en si bon chemin. Dommage que son père ne soit pas aussi discipliné et disposé à passer le seuil d'une salle de sport.
En somme, une année sous le signe de la famille, de ma tribu, de mes pioux, des amis, de la musique, du soleil, des vacances, des bouquins…. S'il n'y avait pas les petits bobos insignifiants à la main, aux genoux, aux poumons et le reste du monde qui part en sucette, 2023 a été une année magnifique !