Catégorie : Fa mi à do ré

  • Valais de coeur

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    J'avais dix-douze ans, je devais faire un exposé sur une région d'Europe, au choix. Je n'ai pas la moindre idée du pourquoi j'ai choisi le Valais. Je n'y connaissais personne, je n'avais jamais mis un pied en Suisse, je n'avais rien lu qui puisse m'inciter à faire ce choix. Est-ce que la prémonition existe à cet âge-là ? J'étais de toute manière loin d'imaginer qu'une de mes soeurs émigrerait au bord du lac Léman et que j'y passerai une à deux semaines pendant 23 ans. Mes enfants, l'un après l'autre, y ont passé leur(s) première(s) semaine(s) de vacances – Quentin n'avait d'ailleurs que 4 semaines -, nous avons profité de mes parents pendant ces 23 ans, petit retour aux soins maternels le temps de se rappeler à quel point il est bon d'être enfant, de mon grand-père aussi pendant 10 ans, au grand plaisir des enfants.

    23 ans de plaisirs renouvelés auxquels a mis fin la combinaison de la vente de l'appartement loué – toujours le même – à d'autres propriétaires et le désir d'autre de chose de mes parents. Difficile de leur en vouloir, nous n'avons nous-mêmes jamais offert à nos enfants le bonheur simple d'une "maison de vacances". Nous avons toujours préféré changer chaque année de destination, découvrir d'autres horizons, ne pas se donner les contraintes de la seconde résidence ou se créer une routine familière en retournant systématiquement au même endroit. Facile, les parents l'ont fait pour nous. Les deux formules ont leurs avantages et leurs inconvénients. Rien ne remplace les souvenirs communs accumulés au même endroit mais la rupture avec ces madeleines-là est d'autant plus pénible.

    Cet été, en retraversant les Alpes, nous sommes forcément passés au pied de l'Ardevaz et il a fallu se concentrer sur la route pour ne pas pleurer.

    Pour nous aider à passer le cap, j'ai fait la liste de tous les petits cadeaux dont nous avons rempli nos valises au cours des deux décennies passées:

    – la montée vers la station, la plupart du temps avec la musique à fond, dernière ligne droite d'une longue route, le coeur qui bat un peu plus de retrouver ceux qu'on aime. Un petit sms avant d'entamer la montée: "Vous pouvez "lancer" le café ! On est là !"

    – la Fondation Gianadda où presque chaque année on a pu admirer l'exposition de l'un ou l'autre grand peintre (Picasso, Degas, les impressionnistes, Suzanne Valadon, Matisse, Courbet, …)

    – le traditionnel chaud froid de fruits rouges à Chiboz avec ou sans marche préalable

    – les piscines intérieure et extérieures du Thermalp, de 30 à 36°au choix

    – le barbecue en plein air

    – la raclette et/ou la fondue

    – les tartes aux fruits rouges

    – les feux du 1er août, les lampions avant 10 ans, les pétards après 10 ans, et les feux de bengale à partir d'un âge plus que de raison, le discours du maire, le petit bal musette, suisse en diable

    – les sacs à dos remplis de petits pains, gendarmes, choc, barres sucrées, fromage, pulls, k-ways, pansements, bouteilles d'eau

    – les petits pots "de merde" (appellation contrôlée depuis le jour où Maïté les a baptisés ici dans sa rébellion ras-le-bolique de ses 15 ans) destinés à la cueillette des mûres,framboises et fraises des bois 

    – les soirées confitures après immolation sur la plaque de cuisson des petits vers sortis des fruits (on ne connaissait pas bien le sadisme méticuleux de Mamy)

    – les étirements du champion de Swiss'Sis après son entraînement vélo en vue, au choix, d'un marathon, triathlon ou IronMan

    – les parties de Mah-Jong, Uno, Monopoly, manille, poker et de l'inusable Scrabble ("Quelqu'un peut me passer le dictionnaire du Scrabble ?"

    – le passage obligé chez Gollut

    – les promenades – le chemin des écureuils, Petit Pré, Grand Pré, Sorgno, Tsantonaire, la Passerelle de Farinet, la Seya, Odonne, Bougnone, la Pierre Avoi, la promenade des planètes à St Luc, à la Cabane Rambert. Ces noms chantent à nos oreilles comme autant de souvenirs joyeux.

    – la virée annuelle à Lausanne avec l'incontournable passage chez Globus, le roi de l'épicerie fine. 

    – les enfants portés comme des moutons sur les épaules, les enfants qui remplissent leurs poches de cailloux qui les alourdissent dangereusement, les enfants qui parlent à leur ami imaginaire pour passer le temps pendant la marche, les enfants qui marchent trop près du précipice et qu'on rattrape de justesse, les ados qui grimpent vite parce que c'est ch…. de marcher, les ados qui chassent les papillons et les sauterelles en marchant….

    23 ans de petits bonheurs suisses accumulés comme autant de barres d'Ovomaltine pour nous donner un maximum d'énergie pour les 20 ans à venir.

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  • Nice br’egg

     

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    Cinq jours de pause on ne peut plus bienvenus. Du jeudi saint au lundi de Pâques, cinq jours si doux. Allez, soyons honnêtes, quatre jours doux et un jour – le dernier – nettement moins. 

    Jeudi: J'adore être en congé en même temps que tous mes collègues – en d'autres termes, ils ne remplissent pas votre boîte mail en votre absence – alors que le reste de la ville travaille. Comme un samedi en semaine. Si en plus, le soleil est de la partie. On a fait le marché et nourri les fauves. Ensuite, l'Homme a emmené Anaïs choisir un bonsaï pour l'anniversaire de son Simon pendant qu'ils me "lâchaient" dans un magasin pour acheter des chaussures. Je suis ressortie avec des chaussures, une robe, trois pantalons, deux tops et le cadeau pour l'anniversaire de Maman. Ils m'ont lâchée, je me suis lâchée. J'aurais bien acheté tout le magasin. 

    Vendredi: Départ dans l'après-midi pour La Glanerie avec Quentin. Les filles nous rejoindront le lendemain. Les parents étaient déjà là, le jardin resplendissait, papa aussi bronzé qu'après deux mois de vacances – le jardinage, même à l'ombre, ça burine – et maman entre blanc farine et rose rhubarbe. Sis'Cile, monsieur F. et Clarinette nous ont rejoints une heure plus tard. Il ne manquait, à notre grand regret, que Swiss'Sis retenue pour vacances grecques. Dîner au jardin. Effluves de parfum de glycine, roucoulements de ramiers et soleil couchant. Ce soir, c'est moi qui raconte l'histoire à Clara et rien n'est plus doux qu'un petit corps chaud abandonné sur les genoux et le parfum des cheveux d'enfant sur le visage.

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    Samedi: Rituel du lever de la Reine-mère, assises en tailleur sur son lit, papote du jour, café servi par le Roi-père, devenu Roger the Butler le temps du petit déjeuner. Toilette tirée en longueur, rien ne presse. Journée qui s'étire entre cuisine et jardin, entre pommes de terre épluchées au soleil et mauvaises herbes patiemment arrachées, entre préparatifs du lendemain et jeux de cache-cache ou de "j'ai perdu mon mouchoir-e tout au bord du trottoir-e" au grand plaisir de Clara, entre lessive et chaises longues, entre arrivée des filles et anniversaire de Mamy. Que du doux.

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    Dimanche: Sis'Cile a remplacé Swiss'Sis dans son rôle annuel de co-cloche et l'Homme l'a trouvée parfaitement à la hauteur. Sa seule erreur de débutante c'est d'avoir oublié – à 7h30 du matin – de mettre ses lentilles et de ne plus se rappeler où elle avait caché les oeufs deux heures plus tard, faute de visualiser correctement ses cachettes. Chasse aux oeufs sous un soleil déjà très présent et une Clara concentrée sur un balayage systématique du paysage. Après une heure de chasse, branle-bas de combat pour préparer le grand barbecue et l'arrivée des guest stars du jour, la soeur de maman et son mari et…. super top guest star, LE Simon d'Anaïs. La pluie nous a obligés à activer le plan B pour le repas mais la tarte à la rhubarbe et les fraises à la crème ont repris le chemin du jardin et le soleil ne nous a plus quittés de l'après-midi. Chaises longues, cache-cache et autres jeux et le temps s'est étiré tout doucement. Retour à regret en fin de soirée vers la ville mais les examens de Quentin mardi ne souffrent plus de retard.

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    Lundi: Studieux pour les uns, maussade pour les autres. Dispute échafaudée sur des malentendus nés de mots véritablement "mal entendus". Quand "ça va tes photos ?" (L'homme se plaignait de la mauvaise qualité de ses dernières photos et s'inquiétait de ce que donnerait la nouvelle fournée pascale) devient "ça te va les faucons ?" (J'avais proposé en début de journée d'aller voir les bébés faucons nés la semaine dernière à la cathédrale et l'Homme a cru que je proposais d'y aller à ce moment-là), cela donne un quiproquo épique, un homme qui s'habille pour sortir, une femme qui se demande où il va mais ne le demande pas et un homme qui ne comprend pas pourquoi sa femme continue d'aller et venir dans la maison sans se préparer pour sortir. Il nous en faut moins que ça pour bouder des heures. Ou comment mal terminer un weekend idyllique.

     

     

  • La première dinde

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    Non, je ne vais pas vous écrire un billet sur Carla, loin de moi cette idée saugrenue. Mais bien sur notre première dinde farcie de Noël. En 27 réveillons de Noël, jamais nous n'avons préparé de dinde. Et cette fois, nous avons sacrifié à la tradition. Bien nous en prit, le succès a été unanime. Les plus difficiles (traduisez, chez nous, ceux qui n'aiment pas du tout la sophistication) ont décerné l'Oscar du Noël dans la catégorie "papilles".

    Malgré l'affaire Tannenbaum, ce fut un beau Noël encore une fois. Ca a bien failli tourner à nouveau en purée de marrons à cause de cette brave dinde. L'homme a préparé la farce à sa façon et a cuit le restant avant de la mettre au four pour qu'on teste la dite farce. J'ai émis mon avis ("Est-ce que tu ne trouves pas qu'elle manque un peu de goût ? Ca ne va pas donner beaucoup de goût à la dinde ? Tu as mis des épices, cannelle, quatre-épices ? C'est même moins bon que ton pain de viande habituel...). Je me suis à nouveau fait traiter de manipulatrice par l'homme et les enfants qui trouvaient cette farce tout à fait digne. Il n'empêche que l'homme a récupéré sa farce, l'a retravaillée avec épices, cognac, etc… et que tout le monde a bien dû reconnaitre qu'il y a bien farce et farce. La bonne blague ! Et "on" a encore insinué que j'obtenais tout ce que je voulais. Mais bon, puisque c'est le rôle qu'"on" m'a attribuée dans ce couple, j'assume. Je suis le quality controller d'une équipe qui marche, alors pourquoi changer la formule ?

    Hormis la dinde, le plaisir était au rendez-vous. Le plaisir en cuisine pendant toute la journée du 24 avec Swiss'Sis, Anaïs et le champion de la dinde, le plaisir autour du sapin et au milieu des cadeaux, le plaisir des sourires heureux, le plaisir de réunir ceux qu'on aime, une pensée très émue pour Papy L. qui manque toujours autour de la table.

    Le plaisir encore le lendemain, à ranger les vestiges de la fête, le plaisir de découvrir plus au calme ses cadeaux (un flacon de Coco Mademoiselle, un soin Capture de Dior et "Le goût des pépins de pomme" de Katharina Hagena pour moi), le plaisir de traîner un peu sans trop rien faire pour une fois.

    J'espère que pour vous aussi, Noël a été source de joie et de bonheur en famille…

  • Douceur ensoleillée

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    On a profité d'un séjour de Swiss'Sis en Belgique pour passer une journée à Paris pour la fête des mères, Maman et ses trois filles. Exposition sur Yves Saint Laurent au petit Palais – très belle expo sur 40 ans de carrière, plein de robes parmi lesquelles on a choisi chacune sa préférée, parmi lesquelles on a repéré une dizaine de modèles dont on se souvient avoir vu une copie conforme sur Maman, une reproduction d'une touuuute petite partie du dressing de Miss Deneuve dont on s'est dit en voyant ses sublimes chaussures que soit elle ne transpirait jamais, soit elle ne les a jamais mises. Puis un petit tour au Nain Bleu, un grand tour à la Grande Epicerie, trois petits tours chez Gérard Mulot et puis s'en vont.

    On retrouve hommes et enfants à La Glanerie pour une journée de douceur ensoleillée, grandes tablées dans le jardin – exceptionnel en Belgique – siestes et papotes, rires et jeux, tendresse et complicité. Des moments pépites très précieux.

  • Vivre le jour

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    Voilà dix jours que nous sommes rentrés de ce voyage hors du temps, de ce rêve à peine espéré. Les jours se suivent depuis et ne se ressemblent pas. On croit que le temps nous échappe, qu'il nous file entre les doigts. Ce n'est pas faux mais en même temps tant de choses se passent.

    – On est allé voir un spectacle de marionnettes chez Toone, une institution pour nous, Bruxellois. Cela faisait des années que je voulais y aller sans jamais vraiment prendre l'initiative. Il a fallu que G. et C. nous en parlent pour concrétiser. Pour en profiter pleinement, il faut comprendre un peu le bruxellois. Ce n'est qu'alors qu'on en goûte toute sa saveur. Par chance, on y a rencontré Thomas qui manipulait quelques unes des marionnettes et qui nous a fait visiter les coulisses après le spectacle. J'adore voir l'envers du décor.

    – On a fêté l'anniversaire de l'Homme chez sa maman. Pas de bougies, il a passé l'âge. De gros gâteaux à la crème fraîche comme on ne les aime pas mais qu'on mange quand même pour être polis et qui nous restent sur l'estomac tout l'après-midi. Je pense à tous les goûters d'anniversaire de mes enfants où toute la famille s'est farcie des gâteaux d'anniversaire, certes très beaux, mais parfaitement indigestes qu'ils ont mangé quand même pour être polis et qui leur sont restés sur l'estomac toute l'après-midi.

    – J'ai eu mon évaluation annuelle et j'ai été abasourdie quand ma chef m'a dit que j'abattais une quantité de travail énorme et qu'elle n'avait jamais vu quelqu'un qui avait une telle capacité de travail. Et moi qui ai réduit mon rythme si pas de moitié, au moins d'un tiers. J'étais tellement surprise que je suis restée un moment la bouche ouverte. Mais tant mieux si c'est l'impression que je lui donne. 

    – J'ai participé pendant une journée à l'évaluation de candidatures de stagiaires pour l'automne prochain. Je n'en reviens pas de deux choses: d'une part, j'ai expérimenté de mon propre chef les conclusions d'un article scientifique que j'avais lu quelques jours avant: nous sommes terriblement manipulables et souvent à notre insu. Et je me suis rendu compte qu'effectivement, certains éléments dans les candidatures attiraient mon attention plus que d'autres: une date de naissance similaire à celles d'un proche, un nom ou un prénom italien ou grec, un diplôme d'une école que je connais, un loisir qui me parle. Comme si ces rapprochements donnaient plus de poids à la candidature. D'autre part, la plupart des candidatures provenaient de jeunes nés entre 1985 et 1987 et certains avaient l'âge de ma fille aînée. Et ils sont prêts à être lancés sur le marché du travail. Et cela m'a interpellée. Sans que je parvienne à définir le sentiment qui m'a habitée.

    – J'ai retrouvé une bonne partie de mon sommeil grâce aux fleurs de Bach et je ne peux pas expliquer aux autres à quel point c'est un soulagement teinté d'un réel bonheur. Les bras de Morphée sont un élément essentiel de mon équilibre et de ma survie. Et ses infidélités de ces deux dernières années m'ont été très néfastes. Ah, le traître !

    – Hier, Mamy L. a fait un petit accident vasculaire cérébral très léger et passager. Le brouillard qui l'a enveloppée pendant quelques heures s'est dissipé comme il est venu et pendant son séjour aux urgences, son oeil a retrouvé son pétillant et son débit est revenu à la normale. Ce matin, elle était gaie comme un pinson, contente d'être sortie d'un épisode dont elle n'a pas pris vraiment conscience non plus. On respire un peu mieux mais l'état de vigilance est déclaré.

    – En vue de son prochain examen de cuisine, Anaïs nous a préparé une truite en poussant des cris d'orfraie. Le simple contact avec la peau glissante de la bête la dégoûtait au plus haut point malgré les gants qu'elle a absolument voulu enfiler. Je prie le ciel pour qu'elle tire un autre plat le jour de l'examen. 

    – Le reste du weekend s'est passé dans l'ordre et le rangement. On a remisé l'échafaudage qui gênait ma vue dans la cuisine et rangé quelques caisses à outils que l'Homme s'obstinait à vouloir garder sous la main plutôt que d'aller chercher les dits outils huit marches plus bas à l'entresol. 

    – Et j'ai terminé Zola Jackson de Gilles Leroy. Sublime. A lire. 

  • Pluvi’oeufs, vent’oeufs mais heur’oeufs !

    Pâques, c'est LE rendez-vous familial au vert. 

    La Swiss'Sis vient de sa lointaine Lausanne, les deux soeurs bruxelloises quittent la ville et rejoignent la campagne pater-natale. Un long weekend sensé être vert. Cette année-ci ce fut plutôt gris à très gris. On a donc troqué les travaux de jardin contre les travaux de réaménagement intérieur à grands coups de bibliothèques, livres sortis des caisses, déplacements d'armoires et de tables diverses. On a remplacé les pistes d'atterrissage des cloches, généralement verdoyantes et fleuries par des dessus d'étagères, de lustres et de cadres. On a échangé le soleil contre de chouettes moments tous ensemble. 

    Et certains photographes ont le chic pour transformer une météo lugubre en merveilles de la nature.

  • Christmas three

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    Cadeaux de Noël:

    Vive les wish lists. Il faut les faire suffisamment longues pour garder l'élément de surprise et accepter aussi de sortir de la liste pour offrir de vraies surprises. Il y a les irréductibles aux listes qui ne veulent pas en faire. Ce sont généralement les mêmes qu'on n'arrive jamais à satisfaire. Ils attendent LE cadeau qui leur plaira ET qui les surprendra. Et généralement ne sont pas contents de ce qu'ils reçoivent ou, même si c'est le cas, mettent un point d'honneur à ne pas le montrer. Il y a ceux qui sont toujours contents ou du moins témoignent d'un plaisir, peut-être feint, mais qui fait chaud au coeur de ceux qui offrent. Et il y a ceux qui refusent absolument cette politesse qu'ils qualifient d'hypocrisie et préfèrent de loin la sincérité franche et montrent clairement que le cadeau ne leur plait pas. 

    Et puis il y a celle, pas plus haute que trois pommes, qui, au deuxième cadeau s'exclame, ravie: "Oh, j'ai DEUX cadeaux ?"

    Moi, j'ai aimé mes cadeaux: des livres de cuisine dont j'avais envie: "Mes desserts de sorcière" de Brigitte Bulard-Cordeau, "La cucina della mamma" et "Foood, petites récréations culinaires" de Christophe Spotti et Julie Rothhahn; le parfum Faubourg 24 de Hermès; de jolies tasses à thé couleur pastel et un collier et des boucles d'oreilles trèèèès jolis. 

    Dîner de Noël:

    Comme d'habitude, on s'est retrouvés Swiss Sis et moi en cuisine pour notre plus grand plaisir. Comme d'habitude, les hommes nous ont aidés. Mais cette fois, les enfants ont franchement mis la main à la pâte, Anaïs sans compter, Maïté sans faire de bruit et Quentin sans trop rechigner.

    Dans beaucoup de traditions, on ajoute une place à table pour l'invité de dernière minute. Et bien, cette année-ci, j'ai voulu innover en oubliant un couvert. Au moment où tout le monde était servi et que les petites mains qui s'agitaient en cuisine ont voulu prendre place, force a été de constater que, comme dans un jeu de chaises musicales, il manquait une chaise et un couvert pour quelqu'un. On s'est tous empressés de réorganiser la table, de rajouter chaise et couvert et de préparer une assiette supplémentaire. Je me suis rassise, penaude, sous les yeux furibonds de l'Homme qui "pour une fois que je ne recompte pas derrière toi !".

    Et puis il y a celle, pas plus haute que trois pommes, qui, après l'entrée, décrète: "Bon, je reviendrai pour les desserts!"

    Ambiance de Noël: 

    Il y a ceux qui ne peuvent pas s'empêcher de lancer des piques qui blessent inutilement et sont à mille lieues de s'en rendre compte; il y a ceux qui critiquent tout, tellement que c'en est lassant; il y a ceux qui sont toujours contents et dont rien n'entame la bonne humeur; il y a ceux pour qui l'absence de Papy L. pour la troisième fois à Noël est tout aussi pénible qu'au premier Noël. 

    Et puis il y a celle, pas plus haute que trois pommes, qui, jusqu'à une heure et demie du matin, est restée charmante et de bonne humeur, même pas fatiguée.

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  • Cousinade

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    Bonjour ma cousine,  Bonjour mon cousin germain
    On m'a dit que vous m'aimiez, Est-ce bien la vérité?
    Je n'm'en soucie guère, J'ai aut'chose à faire

    Passez par ici et moi par là, Au revoir ma cousine , Bonjour mon cousin germain…..

    Samedi soir, grande cousinade à la maison. Moi, j'avais appelé ça "Family Party" mais Papa m'a appris ce joli mot, qui ne se trouve pas chez Madame La Rousse ni chez Robert mais qui est repris au vocabulaire des généalogistes pour nommer de grandes réunions de familles sur plusieurs générations. Ce genre de réunions est toujours un événement à risque, on ne sait jamais qui est encore en brouille avec qui ou qui ne l'est plus, qui parle à qui, qui ne peut plus sentir qui. Mais le jeu en valait la chandelle ! A l'exception de deux cousins, retenus professionnellement en cuisine (forcément un samedi soir), tout le monde a répondu présent à l'appel. Même ceux de Lausanne et de Bâle. J'ai eu beaucoup de plaisir à retrouver les uns et les autres, même si je suis un peu frustrée de ne pas avoir pu échanger plus longtemps voire un petit peu seulement avec certains. Mais mon plus joli plaisir (je sais, je suis mûre pour être grand-mère, à mon grand dam !), ce fut de découvrir ces petites têtes blondes qu'on ne voit pas assez souvent et qui grandissent sans prévenir. Marie, Luna, Célestine, Adèle et Clara autour du cousin petit prince, trop vite couché à mon goût 🙂

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  • Oeufs doux, oeufs durs

    Ils n'ont plus vraiment l'âge pour cela. J'ai pensé téléphoner à Sis'Cile pour être sûre que Clara allait faire la chasse aux oeufs parce que les miens, franchement…. Puis j'ai laissé le temps passer, j'ai oublié de lui en parler et je me suis retrouvée dans le rayon chocolat avec l'Homme qui, trêve de discussions et d'états d'âme (pas de blancs, parce que je vais les manger et je vais encore grossir, pas trop de figurines parce que on va se retrouver avec plus d'oeufs que n'en produisent des poules de chocolaterie, des petits oui mais tu es sûr qu'il en faut tant ?), a déposé dans le chariot deux grosses boîtes de sujets en chocolat et deux sachets de petits oeufs.

    Finalement, fidèles aux traditions, l'Homme et Swiss'sis, les deux cloches de service, ont caché tous les oeufs dans le jardin ensoleillé pour la petite Clara, qui n'attendait rien et sous l'oeil en coin et la lippe mi-boudeuse, mi-dédaigneuse des grands lapins.

    Il y avait longtemps que nous n'avions plus fait de chasse (?!) aux oeufs aussi douce.

     

    Et puis, les jeunes lièvres n'en ont plus pu de ce train de sénateur et ont réclamé leur tour de piste. Et les deux cloches n'ont pas résisté à l'appel des trois lièvres, qui ne semblaient plus du tout brouillés avec les oeufs.

    Deuxième exercice de cache et deuxième chasse aux oeufs. Et le rythme sauvage des années sans Clara a repris, sans trop de bagarres toutefois. Ils grandissent en sagesse, on dirait, tout en restant des enfants. Tout est bien, non ?

     
  • Tempus fugit

    Cela fait 9 mois que je n'ai plus vu Tante Danielle. A 95 ans, ça compte. Cela fait deux mois et demi que je n'ai plus vu mon Papa. Bon, il n'habite pas outre Atlantique, il se trouve à 20-30 minutes de chez moi en bus. (Maman, je la vois, parce qu'on sort quelquefois ensemble, grâce à elle). Cela fait les mêmes deux mois et demi que je n'ai plus vu Sis'Cile et Clarinette. Elle n'habite pas plus loin. Plus vu Swiss'Sis depuis l'été, même si on se téléphone toutes les semaines. Ô temps suspens ton vol supersonique, je ne peux pas profiter de ceux que j'aime.

    J'ai beau me dire que ça ne tient qu'à moi mais je me sens comme piégée. Par la vie qu'on mène. Boulot, métro, galop et si peu dodo.

    Pourtant, je trouve le temps de faire un peu de sport, je trouve le temps de partir à Venise, Budapest et demain Lyon. J'en conclus que je me piège toute seule.

    Et je voudrais multiplier les soirées comme celles de lundi soir où nous étions tous les cinq, pour une fois détendus, sans tension aucune, une soirée où le dîner s'est prolongé près d'une heure après la fin du repas à discuter, rire, savourer nos calembours, être bien ensemble. Ces soirées-là, je les garde précieusement dans un coin de ma mémoire, je les thésaurise pour le futur, quand ils ne seront plus à la maison au quotidien.

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