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  • Semaine de fin d’été

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    Lundi: Visite trimestrielle chez le médecin, histoire de vérifier si l'hypertension est toujours bien maîtrisée. Il est content, moi aussi. Il trouve que mon pantalon aurait besoin de bretelles et me fait monter sur la balance. J'ai effectivement perdu un ou deux kilos mais je ne lui dis pas que le tissu de ce pantalon se distend au fur et à mesure que je le porte. J'ai ma fierté. Il nous recommande, à moi et à l'Homme, de faire le vaccin contre la grippe. C'est la première fois qu'on me dit ça. Signe du temps qui passe. Je fais la moue…

    Mardi: C'est la fin de l'été et la chute des pommes. On a ramené ce weekend deux caisses de petites reinettes bien rouges et ce n'est que le début. On compote à qui mieux mieux. Anaïs et Simon viennent manger ce soir et je m'en réjouis. On passe une charmante soirée à quatre, Quentin retenu chez des copains.

    Mercredi: Elle m'a dit qu'elle ne serait plus là dans quelques mois, voire quelques semaines. Elle m'a délégué la tâche d'informer les autres sorcières bien-aimées. J'ai tourné les mots pour le dire, sept fois dans ma tête avant d'accoucher d'un e-mail froid et clinique, dont j'essaie d'éliminer tout pathos mais entre les lignes duquel les trois chéries auront lu toute l'émotion que j'essaie d'endiguer. Elles sont toutes les trois atterrées et désemparées chacune à leur manière.

    Jeudi: Journée riche en émotions diverses. Déjeuner avec l'Homme, son filleul et sa copine. La communication entre filleul et parrain est quasi inexistante mais l'affection est présente même si jamais manifestée. Et là, tout d'un coup, le filleul prend l'initiative d'un "allons déjeuner" et comme par magie, ils se parlent comme si cela leur avait toujours été totalement naturel et spontané et cette heure passe comme un enchantement.  Nous passons, l'Homme et moi, le reste de l'après-midi avec elle, ma sorcière qui a pris son aller simple pour le paradis. Elle veut ranger ses papiers, mettre de l'ordre avant de partir et tout cela me semble si naturel. Je veux passer le plus de temps possible avec elle, engranger encore quelques petits bouts d'elle qui feront un chapelet de souvenirs intenses et qui ajouteront encore quelques perles au collier qu'elle a fait de moi. Mais je suis immensément triste et les quatre heures d'opéra qui ont suivi cette après-midi ont pris une couleur différente et la musique n'a jamais été aussi consolante que ce soir.

    Vendredi: Maïté part ce matin pour le Japon et mon petit coeur se serre. C'est la première fois qu'un de mes enfants part si loin (sans nous). A son âge, "meno male". Mais voilà, on ne se refait pas. Profite mon grand bébé, enjoy Japan et reviens-moi la tête pleine d'images et l'appareil photo plein d'arguments pour convaincre ton père de m'y emmener aussi.

    Samedi: Enfin un weekend sec qui s'annonce. On va pouvoir donner cette deuxième couche de peinture tant attendue par les volets de la maison là-bas. Avec les parents qui assurent l'intendance. Que du bonheur !

    Dimanche: On est arrivés au bout et il ne reste plus que le portail à peindre. On repart le coffre plein d'une nouvelle cargaison de reinettes et on emmène maman voir Joan Baez en concert. Une grande dame septantenaire, exquisement classe et belle, à la voix toujours aussi extraordinaire. Elle l'a chanté hier mais cette semaine encore, plus que jamais, "gracias a la vida que me ha dado tanto…."

  • Long weekend fruité

    Reines-claudes

    Je ne le dirai jamais assez, j'adooooore les weekends de 3 jours. Je trouve qu'ils devraient tous être de 3 jours, d'ailleurs. On travaillerait nos 40 heures semaine sur 4 jours – ça ne changerait déjà pas grand chose à la réalité, ou alors à peine – et on aurait 3 jours de weekend ! Un jour pour faire tout ce qu'on DOIT faire (les courses, la lessive, le repassage, etc….) , un jour pour faire tout ce qu'on VOUDRAIT faire (une expo, un cinéma, une ballade, une soirée entre amis, ….) et un jour pour ne RIEN faire. Vraiment rien. Le jour qui permet de vraiment décompresser.

    On dit ça et puis finalement….

    Vendredi: on a fait l'aller-retour à LG pour cueillir 4 cageots pleins de reines-claudes et un grand ravier de mûres. Ce ne fut pas long mais ces deux heures au vert m'ont complètement déstressée. Retour à la maison pour  soutenir celui qui étudie encore et toujours (je pense que j'en ai plus marre que lui….). Et première soirée confitures.

    Samedi: marché, supermarché, lessives, shopping cadeaux d'anniversaire à venir, et surtout surtout soirée avec tous les enfants. Je me répète, je me répète mais j'adore ces soirées-là. A me lire, on va finir par croire que je ne vis plus que dans l'attente de ces moments-là mais ce n'est pas le cas. J'aime aussi les soirées en famille réduite avec le petit rescapé, j'aime les têtes à têtes avec l'Homme, j'aime les soirées entre amis. Mais forcément, quand on est jeunes parents, on donnerait n'importe quoi pour une soirée en amoureux; et quand on n'est plus parents à temps plein, on aspire à ces moments de retrouvailles. Et je suis clairement et franchement dans cette phase-là. Et je pousse un peu tous les éléments dans la bonne direction: "Anaïs et Simon vont passer et ils resteront sans doute manger, si ça vous dit…", "J'achèterai du poulet rôti et je ferai une tarte…", "Oui, bien sûr, tu peux faire une petite lessive….".

    Dimanche: Anaïs m'a apporté ses pots de confiture parce que j'ai épuisé ma réserve et la bassine à confitures reprend du service. On vide l'armoire de l'Homme, on élimine, Quentin hérite de pulls et de T-shirts, moi de chemises d'homme et le reste est prêt à être donné. Il déteste faire ça, mais il a fait bonne figure et c'est nickel chrome. Je suis sûre qu'il est ravi d'avoir une armoire bien rangée mais il ne l'avouera jamais.

    Résultat de ce long weekend fruité: 40 pots de confiture, 3 litres de compote, 2 tartes géantes. Et nous ne sommes pas arrivés au bout des quatre cageots de fruits récoltés vendredi.

  • La loco loca

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     Ma soeur est une locomotive. C'est la petite blonde là, en haut à droite. Dans la famille de cinq, c'est la loco loca qui mène tout son monde à la baguette, parents y compris. Et c'est vrai depuis toujours. Toute petite, elle faisait déjà tourner tout le monde autour de son petit doigt. Par ses sourires, ses larmes attendrissantes, sa gentillesse naturelle et son sens inné du devoir.

    C'est pourtant moi l'aînée, mais aussi loin que je remonte, elle a toujours assuré l'intendance, préparé le repas du soir pour toute la famille, donné un coup de main au repassage ou relevé ses manches pour nettoyer. Moi, j'avais plutôt le rôle de chorégraphe pour les spectacles de fêtes des mères, des pères et de fin d'année. J'avoue, ça me convient beaucoup mieux.

    Ce long weekend de l'Ascension, elle était en Belgique depuis une semaine et quand nous sommes arrivées à LG, elle avait déjà organisé la trouée de deux arches dans la haie de sapin, tondu tous azimuts, blanco-tornadé le garage et bien d'autres choses dont je n'ai pas idée et qu'on ne m'a pas signalées. Le vendredi, profitant de notre présence, elle a organisé le transfert de quatre chargements vers la déchetterie – exit les vélos d'enfants à moitié démontés, les grillages inutiles, les pièces de bois pourries et les outils rouillés. Puis elle a décidé qu'on attaquerait le nettoyage de la réserve à mazout. Gloups ! Personne n'a jamais nettoyé cette pièce depuis plus de 40 ans. A nous les sacs de 50 kg de sable et de ciment que les souris ont colonisés et grignotés par le fond pour que tout le contenu des sacs s'écoule quand on les soulève, à nous les briques entassées à sortir de là, la vieille brouette en bois, la balance antique et la machine à laver à l'ancienne. On a vidé, brossé, aspiré, rangé, nous les petits wagons derrière la loco loca. Il y a bien un wagon plus gros que les autres qui a essayé de prendre la place de la loco mais les deux locos ont collaboré plutôt que collisionné. 

    Puis nous nous sommes échappés sommes partis, appelés à d'autres tâches plus "moi" (organiser un dîner "alla grande") et la loco ne s'est pas reposée pour autant: elle a encore tondu une dernière fois toutes les surfaces tondables, nettoyé la cuisine et préparé un gratin dauphinois.

    Quand elle repart pour sa Suisse proprette, c'est Maman qui souffle: "La tornade blanche est passée, à moi le cheni* !"

     

    * désordre en français de Suisse 

  • Camaïoeufs de Pâques

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    Bleu, le ciel qui nous a accompagnés ces cinq jours de bonheur pascal. Peu importe les quelques gros cumulus et les petites gouttes de pluie du dimanche de Pâques, on n'a retenu que le bleu soleil.

    Bleues et mauves les fleurs du jardin, couleurs fétiches du jardinier en chef. Iris, lilas, glycine, bleuets, campanules, muscaris, myosotis (!) et tant d'autres dont je ne connais même pas le nom.

    Vert, ah le vert, couleur dominante de ce moment "au vert". Tonte, coupe, taille, jeunes pousses…. le jardin a apprécié les soins esthétiques et la cure de rajeunissement dont il avait vraiment besoin et que les jardiniers d'un weekend lui ont amoureusement offerts.

    Bleus, verts, roses, les oeufs durs colorés et cachés dans le jardin pour les grands et la petite.

    Verte la vieille pompe dans laquelle les mésanges réservent chaque année la même chambre.

    Bleue la chambre côté rue, rose la chambre côté jardin, blanches les autres chambres. Les hôtes d'un jour, deux jours ou quatre jours s'accommodent des conditions sommaires de ces chambres fort encombrées qui ne ressemblent en rien à des chambres d'hôtes à la campagne. Les plus accommodants se contentent d'un canapé-lit dans le salon.

    Bleue la nappe, vertes les assiettes, sur la table qui rassemble cinq, huit ou treize convives selon les arrivées et les départs successifs. Repas à géométrie variable.

    Je vis toujours ces weekends de Pâques qui rassemblent toute la famille comme posée sur un arc-en-ciel. Je suis certainement fleur bleue mais on ne m'enlèvera pas du coeur ces moments de pure douceur.

     

     

  • Une semaine pseudo-printanière


    Nazelles

    Lundi: Le weekend pascal se termine et les lapins se dispersent, retournent dans leurs tanières respectives. Maïté est déjà repartie la veille. Swiss'Sis part la première, la route est longue et elle ne retrouvera pas son Swiss Rabbit avant le soir. Puis Simon emmène Anaïs à Lille pour qu'elle reprenne le train de Tours. Le temps d'un déjeuner plus frugal que les jours précédents, et c'est à notre tour de partir. Sis'Cile et monsieur F. suivront de près, laissant Clara en compagnie de ses grands-parents pour deux semaines. 

    Mardi: Retour au boulot après 5 jours d'absence. Une grande partie des collègues est en vacances et il fait bien calme au bureau. J'adore ces périodes de non stress où on peut ranger son bureau, jeter ce qui doit l'être, finir ce qu'on a envie de finir, sans être dérangé, travailler au ralenti et surtout trouver le temps de flâner sur Internet. Cette semaine, j'aurai épluché tout le site de Pierre Rabhi et le site de Raoni. Et foisonner d'idées après la lecture de ces deux sites.

    Mercredi: Retrouver, après deux mois d'absence, Katia qui me fait les plus jolies mains que j'ai jamais eues et y trouver un plaisir bien plus grand que celui des jolies mains. Retrouver son rire, sa chaleur, sa voix chantante qui me raconte en franco-brésilien l'accouchement de sa fille et surtout surtout le bonheur inégalable d'avoir passé six semaines avec sa première petite fille. Partager aussi sa tristesse d'être rentrée et de ne pas pouvoir retourner au Brésil avant Noël. Il va lui falloir en faire des jolies mains avant de pouvoir se payer à nouveau un billet d'avion. Je sens que je serai plus assidue que jamais….

    Jeudi: Arrêter de procrastiner et finir par prendre rendez-vous pour se faire vacciner contre la fièvre jaune. L'aventure péruvienne approche à grands pas.

    Vendredi: Avoir le plaisir de se faire offrir une demi-journée de congé par un chef content, comme ça, gratuitement, pour me laisser prendre la route vers Anaïs en Touraine. Abandonner Quentin avec un petit pincement au coeur. Je n'aime pas le laisser quand je sais qu'il doit étudier et qu'il aime trouver quelqu'un à qui parler quand il sort de sa tanière. Mais partir quand même parce qu'Anaïs attend impatiemment. Travailler malgré tout à côté de l'Homme qui conduit, contre-signer les justificatifs de toutes les demandes de congé octroyées au cours de ces derniers mois et voir défiler au gré des signatures la vie de dizaines des 500 collègues, les décès de parents, les enfants malades, les congés de maternité, les mariages et les déménagements, la vie quoi…. Puis se plonger dans un livre passionnant.

    Samedi: Passer la journée avec Anaïs et Véro, Olivier, Lucas et Olivia. Etre fière d'Anaïs, toute dans son élément et être infiniment reconnaissante envers Véro qui l'accueille comme sa fille dans sa maison et son boulot. Me dire que j'ai des amis formidables. Me dire que j'ai une fille splendide. Et profiter de tout. Me remplir les yeux de tant de beauté, le coeur de tant de tendresse, le palais de tant de saveurs et vivre le moment présent.

    Dimanche: Passer encore une matinée de tendresse et puis reprendre la route avec un petit pincement au coeur en sachant que je ne reverrai pas Anaïs avant fin mai, quand on rentrera de vacances. Se plonger pendant tout le trajet dans un premier guide sur le Pérou et se passionner pour ce qu'on lit. Ecouter en même temps une émission sur Moby Dick et une autre sur Schlomo Sand. Retrouver Quentin avec plaisir, qui nous accueille avec son premier pain de viande, préparé tout seul pour ses parents prodigues. 

    Encore une jolie semaine, ma foi ….

  • Une famille de lapins qui se pose

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    Chaque année, on attend ce moment avec une joie gourmande. De moins en moins gourmette – finis les grands repas de Pâques entrée, plat, fromages, dessert – mais gourmande du bonheur d'être ensemble. 

    Rien de particulier, juste ça, ces petits moments de tendresse. Pudiquement manifestée mais non moins profonde. 

    – l'Homme qui fait l'aller-retour le jeudi soir pour nous conduire Mamy et moi après un concert, rien que pour que nous puissions profiter de Swiss'Sis déjà arrivée et récupérée à Lille par Papy.

    – les petits déjeuners sur le lit de la Reine-Mère Lapin, rendez-vous attendu et immanquable des trois filles lapins. Seul le Père Lapin a le droit d'être présent, à condition qu'il serve le café.

    – la toilette sommaire (vu le temps particulièrement frisquet de ce début de printemps) du jardin en vue de la visite des grosses cloches.

    – l'arrivée au compte-gouttes de chaque carrosse, la Berlingo de  Clara et ses parents, la Pijôt de l'Homme et de Quentin, puis le lendemain les retrouvailles avec Anaïs et Simon et enfin le dimanche de Pâques le train de Maïté sans JD cette fois.

    – la chasse aux oeufs, organisée par l'Homme qui n'envisageait pas Pâques sans cloches et par sa comparse suisse et savamment orchestrée par le même, qui n'a pas son pareil pour réussir à faire concourir deux équipes totalement disproportionnées à première vue (mini-Clara et maxi-Anaïs vs méga-Simon et giga-Quentin) en handicapant les plus grands par une obligation de se comporter en frères siamois, interdits de se lâcher pendant toute la durée de l'exercice.

    – l'apéro-anniversaires de février et de mars pour les retardataires et d'avril pour fêter anticipativement les trois quarts de siècles de Mamy. Toute la sagrada familia en weekend à Barcelone en septembre prochain, Guëll programme !

    – deux parties de Time 's Up hilarantes aux larmes, où mimer le lac Titicaca prend soudainement des allures plutôt scatologiques.

    – les petits riens laissés sur le lit par Swiss'Sis, douceurs de son pays qu'elle sait appréciées par nous.

    – les dessins de Clara qui nous représentent tous en couple avec nos bizarreries et nos défauts, "parfois un peu exagérés, Clara, vraiment….. :-)"

    Enfin, tous ces petits moments qui font que l'on n'a besoin de rien d'autre pour être juste bien…..

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  • Et septembre déjà s’enfuit…

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    Vendredi: Ils sont là tous les trois ce soir, sans "pièces rapportées" – je les aime bien, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, "pièces rapportées" est un terme affectueux -. Nous sommes cinq ce soir et cela mérite bien de marquer le coup. Pourquoi pas un petit resto ? Justement, nous n'avons pas encore fêté l'anniversaire de Quentin au resto cette année. Et ce fut une soirée sous le signe du fou rire et de l'amour fou (ben oui, c'est comme ça) !

    Samedi: Encore une journée sous le signe de l'amour. Pas top down mais bottom up cette fois. Une après-midi à la campagne, le temps de tondre tout le jardin avant la saison d'hiver, même si l'automne vient à peine de commencer. Le temps de ramasser quelques pommes, le temps d'arracher quelques mauvaises herbes mais uniquement là où il y a des taches de soleil, le temps de tailler quelques plantes et de perdre le ressort du sécateur fétiche de Papy – qu'il a retrouvé comme une aiguille dans un paquet d'herbe tondue, le temps de repasser le linge de maman – sinon elle va encore mettre des plombes à le faire -, le temps de papotiner un peu avec elle et nous sommes repartis, avec des provisions de vert dans les veines et de bleu dans le coeur.

    Dimanche: Requiem de Brahms avec Mamy. Un concert de toute beauté. Apprendre – parfois je suis vraiment blonde – que tous les requiems, celui de Verdi, de Mozart, de Berlioz, sont tous écrits autour des mêmes paroles. Qu'ils sont la plupart du temps des messes d'enterrement qui commencent avec la prière des morts "Seigneur donnez leur le repos éternel" mais que celui de Brahms met plutôt l'accent sur les vivants "Béni soit leur chagrin – qu'ils en soient soulagés". 

    Lundi: Le nid se vide. Quentin est parti hier soir pour la semaine. Mais je sais qu'il revient le weekend et cela m'aide un peu. Par contre, quand j'ai vu que Maïté vidait petit à petit ses armoires, j'ai réalisé qu'en ce qui la concernait, c'était pour du bon. Elle me parle d'achat d'aspirateur, de fer et de table à repasser. A chaque oiseau qui s'envole, je vais y laisser quelques plumes…. 

    Mardi: Déjeûner avec K. que je n'avais plus vue depuis de longs mois. Et elle raconte tout ce qu'elle vient de vivre de tragique avant de finalement attendre une petite fille pour dans 3 mois. Je réalise avec effroi que l'on peut passer à côté d'événements terribles qui arrivent à ceux que vous aimez mais que vous ne voyez pas tous les jours ou toutes les semaines. Ces amis qui vous sont proches mais que vous ne cotoyez pas aussi ou plus aussi souvent pour qu'ils jugent nécessaire de vous informer des drames qu'ils vivent. Que savons-nous finalement de ceux que nous aimons ?

    Mercredi: On prépare activement l'anniversaire de S. J'ai prêté notre espace pour l'occasion à J. qui a invité une cinquantaine de personnes pour une soirée dansante à l'occasion des 45 ans de son mari. La surprise est toujours bien gardée mais nous avons de plus en plus de mal à ne pas laisser échapper une petite phrase qui vendrait la mèche ou allumerait un soupçon dans l'esprit de cet homme si attentif. Vigilance donc…

    Jeudi: Le jour qu'elle redoutait tant est arrivé: elle part à la retraite. Cette collègue, dont j'ai découvert – ô petitesse du monde – qu'elle était la maman de la meilleure amie de ma fille, ne vient plus travailler depuis 1 an et demi, histoire de se battre vaillamment contre une saloperie de cancer du sein, et cette pré-retraite contrainte et forcée l'a empêchée de terminer en beauté. Elle est donc revenue le dernier jour nous faire ses adieux. Elle était resplendissante et nous a fait un discours émouvant dont quelques paroles m'étaient adressées et m'ont fait chaud au coeur. Je ne suis pas restée en reste et je lui ai lu un discours longuement pensé et préparé. Je deviens d'ailleurs la reine du discours d'adieu au bureau au point que certains passent commande pour leur départ éventuel… Mais je ne peux écrire ces au revoir que si j'ai ressenti quelque chose pour ceux qui partent….

     

  • Demi-teintes

     

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    Je sais que j'ai une propension surdimensionnée à voir le joli côté des choses, à me comporter comme une "ravie de la crèche", expression que j'adore et que m'a fait découvrir Célestine. Je ne dois même pas me forcer, je suis naturellement contente. Je n'irai pas jusqu'à dire que je suis née comme cela parce qu'on me rappelera vite fait que, petite, je boudais beaucoup. Mais de toute évidence, cela m'est passé.

    Ce soir, après un weekend heureux, dans les Ardennes cette fois, avec J. et S. et C. et M., je vais essayer de râler un peu et de trouver les petits nuages de ces deux jours. Je me force, je me force….

    – La chambre de l'hôtel était super obscure. Le pire, c'était que c'était voulu, lumière hyper tamisée, bougies partout, murs foncés… Le soir, c'est joli, la journée, ça l'est beaucoup moins. A force, cela devient déprimant…

    – La cheminée dans le salon de l'hôtel refoulait. On a beau être en Ardennes, être parfumée au jambon fumé, très peu pour moi….

    -Il n'a pas arrêté de pleuvoir. On a visité l'abbaye d'Orval sous la pluie, marché deux heures le dimanche sous la pluie et dans la gadoue. Je n'ai quasi rien vu de la promenade, tant j'étais concentrée à regarder où je posais les bottines.

    – Ca m'énerve qu'on suppose que je n'ai pas pris mes chaussures de marche sous prétexte que je ne suis pas une sportive. Alors quand l'Homme utilise mes genoux douloureux pour éviter de faire une promenade juste avant le retour, au lieu de dire qu'il n'a pas envie qu'on rentre tout crasseux dans sa voiture, c'est lui qui se prend mes yeux revolver.

    – J'ai passé la première nuit à essayer de garder tout ce que mon estomac aurait préféré évacuer. A mon avis, les épinards n'étaient pas frais.

    – Un sms professionnel est venu me gâcher une partie du weekend à l'idée que lundi matin, il faudrait préparer des documents en urgence, avant 9 heures. Stress garanti pour débuter la semaine.

     

    Mais voilà, chassez le naturel, il revient au galop:

    – Le lit était moelleux, confortable et tout et tout. La baignoire était super profonde et quand même les bougies dans la salle de bains, c'est joli.

    – Malgré la pluie, l'abbaye d'Orval valait le détour, sans compter la bière et les excellentes tartines au fromage et au jambon d'Ardenne après la promenade.

    – La cueillette du gui par la druidesse J. valait toute la promenade.

    – On n'a pas arrêté une seconde de parler, des bienfaits de l'alimentation bio aux voeux de chasteté des moines, de l'enseignement des mathématiques aux souvenirs de ski, des avantages et inconvénients d'Apple, des i-phones et des tablettes aux plaisirs de la table.

    – J'ai passé deux jours avec des amis avec lesquels je ne m'ennuie jamais et le temps avec eux passe toujours trop vite.

    – On a vraiment des maris exceptionnels. Ou alors, on a vraiment été bien inspirées le jour où on a croisé leur chemin…

    – Le coup de fil d'Anaïs après son premier cours de harpe "Maman, c'est trop trop trop bien !" était une explosion de bonheur qui a fait office de rayon de soleil pour le weekend.

     

  • Sous vertfusion

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    Quand on habite en ville, on manque cruellement de vert. Et même si Bruxelles est une ville verte, entourée d'une forêt, émaillée de parcs, d'espaces verts ouverts au public, de multiples jardins, là où j'habite, le vert est totalement absent. A l'avant, un balcon qui donne sur un grand axe, à l'arrière, le mur à la peinture écaillée d'une arrière-maison. De petits coins de ciel parfois bleu quand on lève la tête bien haut. Mais à part du vert-de-gris, rien, pas de vert hormis celui de quelques plantes en pot qui se languissent de soleil. 

    Au bureau, c'est encore pire, nos fenêtres donnent soit sur des bouches d'aération, soit sur…. l'autoroute. Un vrai bonheur.

    Alors, c'est sûr, les (trop) rares weekends où nous filons nous mettre au vert à la campagne, on a l'impression d'être mis sous vertfusion. La sève se transfuse littéralement dans nos artères et on se sent vraiment revivre. 

    Pourtant, j'ai passé presque tout le weekend à éliminer du vert, j'ai arraché jusqu'à l'obsession toutes les mauvaises herbes qui me tombaient sous la main. A la fin, papa a dû me retenir s'il voulait protéger ses nouvelles plantations, je ne faisais plus vraiment la différence. 

    Pendant ce temps, Quentin et Anaïs étudiaient vaille que vaille, Mamy vaquait en cuisine, surveillant d'un oeil Papy aux vert-èbres particulièrement douloureuses.

    Par bonheur, Clarinette, ma petite assistante de 5 ans, m'a aidée avec beaucoup d'enthousiasme, ses parents s'étant eux-mêmes offert un weekend au vert dans les Ardennes. Calme sans enfants garanti.

    Comme toujours, je reviens de là, complètement détendue. Comme toujours, je me dis que j'y retourne dès que possible. Et demain, je vais encore me faire manger toute crue par la vie citadine métro-boulot-dodo. 

  • Nice br’egg

     

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    Cinq jours de pause on ne peut plus bienvenus. Du jeudi saint au lundi de Pâques, cinq jours si doux. Allez, soyons honnêtes, quatre jours doux et un jour – le dernier – nettement moins. 

    Jeudi: J'adore être en congé en même temps que tous mes collègues – en d'autres termes, ils ne remplissent pas votre boîte mail en votre absence – alors que le reste de la ville travaille. Comme un samedi en semaine. Si en plus, le soleil est de la partie. On a fait le marché et nourri les fauves. Ensuite, l'Homme a emmené Anaïs choisir un bonsaï pour l'anniversaire de son Simon pendant qu'ils me "lâchaient" dans un magasin pour acheter des chaussures. Je suis ressortie avec des chaussures, une robe, trois pantalons, deux tops et le cadeau pour l'anniversaire de Maman. Ils m'ont lâchée, je me suis lâchée. J'aurais bien acheté tout le magasin. 

    Vendredi: Départ dans l'après-midi pour La Glanerie avec Quentin. Les filles nous rejoindront le lendemain. Les parents étaient déjà là, le jardin resplendissait, papa aussi bronzé qu'après deux mois de vacances – le jardinage, même à l'ombre, ça burine – et maman entre blanc farine et rose rhubarbe. Sis'Cile, monsieur F. et Clarinette nous ont rejoints une heure plus tard. Il ne manquait, à notre grand regret, que Swiss'Sis retenue pour vacances grecques. Dîner au jardin. Effluves de parfum de glycine, roucoulements de ramiers et soleil couchant. Ce soir, c'est moi qui raconte l'histoire à Clara et rien n'est plus doux qu'un petit corps chaud abandonné sur les genoux et le parfum des cheveux d'enfant sur le visage.

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    Samedi: Rituel du lever de la Reine-mère, assises en tailleur sur son lit, papote du jour, café servi par le Roi-père, devenu Roger the Butler le temps du petit déjeuner. Toilette tirée en longueur, rien ne presse. Journée qui s'étire entre cuisine et jardin, entre pommes de terre épluchées au soleil et mauvaises herbes patiemment arrachées, entre préparatifs du lendemain et jeux de cache-cache ou de "j'ai perdu mon mouchoir-e tout au bord du trottoir-e" au grand plaisir de Clara, entre lessive et chaises longues, entre arrivée des filles et anniversaire de Mamy. Que du doux.

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    Dimanche: Sis'Cile a remplacé Swiss'Sis dans son rôle annuel de co-cloche et l'Homme l'a trouvée parfaitement à la hauteur. Sa seule erreur de débutante c'est d'avoir oublié – à 7h30 du matin – de mettre ses lentilles et de ne plus se rappeler où elle avait caché les oeufs deux heures plus tard, faute de visualiser correctement ses cachettes. Chasse aux oeufs sous un soleil déjà très présent et une Clara concentrée sur un balayage systématique du paysage. Après une heure de chasse, branle-bas de combat pour préparer le grand barbecue et l'arrivée des guest stars du jour, la soeur de maman et son mari et…. super top guest star, LE Simon d'Anaïs. La pluie nous a obligés à activer le plan B pour le repas mais la tarte à la rhubarbe et les fraises à la crème ont repris le chemin du jardin et le soleil ne nous a plus quittés de l'après-midi. Chaises longues, cache-cache et autres jeux et le temps s'est étiré tout doucement. Retour à regret en fin de soirée vers la ville mais les examens de Quentin mardi ne souffrent plus de retard.

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    Lundi: Studieux pour les uns, maussade pour les autres. Dispute échafaudée sur des malentendus nés de mots véritablement "mal entendus". Quand "ça va tes photos ?" (L'homme se plaignait de la mauvaise qualité de ses dernières photos et s'inquiétait de ce que donnerait la nouvelle fournée pascale) devient "ça te va les faucons ?" (J'avais proposé en début de journée d'aller voir les bébés faucons nés la semaine dernière à la cathédrale et l'Homme a cru que je proposais d'y aller à ce moment-là), cela donne un quiproquo épique, un homme qui s'habille pour sortir, une femme qui se demande où il va mais ne le demande pas et un homme qui ne comprend pas pourquoi sa femme continue d'aller et venir dans la maison sans se préparer pour sortir. Il nous en faut moins que ça pour bouder des heures. Ou comment mal terminer un weekend idyllique.