Catégorie : Country

  • Février

    Mois court mais intense.

    On a fêté les 20 ans de Clara, ma nièce, la fille de Sis’Cile. Je me souviens avec précision du moment où on m’a annoncé sa naissance. Je sortais de la banque italienne à Parme où je venais de clôturer mon compte. J’avais en main ma carte de banque coupée en deux sur laquelle il y avait un angelot. Je l’ai gardée en souvenir de ce moment. Ce qui m’échappe, c’est pourquoi j’ai clôturé mon compte fin janvier alors que je quittais Parme fin juin mais bon, ça c’est une autre histoire. Bref, on a fêté Clara tous ensemble et on lui a offert un match de foot Real Madrid-Atletico fin mars à Madrid. C’est Swiss Sis et Swiss mari qui s’y collent parce que personne n’est fan de foot dans la famille à part Clara. Elle est fan fan fan.

    J’ai été invitée chez une ex-collègue pour le lunch. Elle est bipolaire avec tous les écarts d’émotions que cela suppose, pro-Poutine, et donc pas facile à gérer dans mon équipe mais je l’aimais bien. Et son invitation m’a fait plaisir. Elle avait mis les petits plats dans les grands, elle a tenu à me préparer un Spritz (parce que nous partageons la même passion pour la Sérénissime) alors qu’elle est aux abonnés absents côté alcool et elle m’a touchée.

    J’ai pris un dernier café avec cet ancien collègue d’une autre vie pour ainsi dire. Il quitte Bruxelles après 35 ans ici pour Lugano en Suisse. Lui aussi est compliqué. Bellâtre grec (mais beau quand même), totalement centré sur lui-même, en couple pendant quelques années avec une de mes proches amies qui n’a finalement pas tenu le coup face à cet égocentrique assumé. Mais je l’aime quand même. Et cela m’a vraiment attristée qu’il parte. Il y a peu de chances que l’on se revoie et je l’ai quitté avec beaucoup d’émotions.

    On a fêté les 70 ans d’un ami d’univ, que je n’avais plus vu depuis bien longtemps (l’Homme l’a revu plus régulièrement parce qu’il est devenu notre courtier d’assurances) et j’ai eu vraiment beaucoup de plaisir à retrouver cette bouille rieuse d’Italo-Belge et ses yeux pétillants comme quand on avait 20 ans.

    On a aussi fêté les 8 ans de Jules. Le chauffage d’Anaïs et Simon venait de tomber en panne et il faisait vachement froid. Heureusement la température a légèrement augmenté vu le nombre de personnes présentes. La chaleur humaine, y’a que ça de vrai.

    J’ai retrouvé Véro à Paris pour une journée. Elle m’a emmenée dans un très joli resto et on a pris le temps de voir deux expos. L’une sur les sculptures de carton de Eva Jospin représentant la Domus Aurea. J’adore son travail, je l’avais découverte à Venise et cette nouvelle expo n’avait rien à envier à la première. Juste à côté, il y avait une exposition de Claire Tabouret qui présentait le travail préparatoire à la confection de nouveaux vitraux pour Notre Dame (ils seront installés fin 2026) et c’était juste magnifique.

    On a fait notre aller-retour annuel en Champagne pour approvisionner toute la famille et les amis en bulles festives. Mais au fur et à mesure des années, c’est la rencontre avec Thierry, le vigneron, qui devient festive. C’est un plaisir attendu de le retrouver et d’aller manger un bout avec lui.

    Le lendemain, on a passé la journée avec Jules pour son anniversaire, lui seul et nous. Une expo le matin au musée des Sciences Naturelles sur les vols des oiseaux et des avions. Cela ne l’a pas trop branché. Un spaghetti bolo et une crème brûlée au resto où il était prêt à donner toutes les étoiles possibles, tellement il était enchanté. Puis une visite au musée de l’aviation et de l’armée qu’il a adorée. Passer une journée avec lui est un pur bonheur. Il est drôle, intelligent, vif. Et je jure que je suis la plus objective des grands-mères.

    Le soir, j’ai appris le décès de ma gynécologue adorée, la maman des mamans.

    Le dimanche, on a reçu les amis de Claude et on a passé toute l’après-midi avec eux avant de voir arriver les trois premiers locataires pour la première semaine de vacances scolaires.

    Les filles de Maïté sont arrivées le lendemain matin et on a passé une semaine avec ces cinq là, entre jeux, bricolages, déguisements, spectacles, dessins animés (peu) .

    On a appris le cancer de l’estomac du papa de Kerya et cela nous a bouleversés. C’est l’autre grand-père de deux des pioux et c’est comme s’il était de notre famille. On les a retrouvés le dimanche pour les deux ans de Oona et on a pu parler assez sereinement. Il commençait la chimio le lendemain.

    Swiss Sis est arrivée entretemps pour passer 4 jours avec Maman et pour une fois, elle a pu assister à un anniversaire de pioux.

    On est partis le soir même pour la maison-jardin avec six pioux cette fois et on a rempilé pour un programme similaire à la première semaine, jardin en plus.

    On a ramené tout le monde le vendredi soir pour fêter Anaïs le samedi et on est repartis passer le dimanche à nettoyer la maison-jardin pour les suivants. Comme à chaque fois, une boule me monte à la gorge dès que je rentre dans cette maison vide de leurs cris, de leurs rires et de leurs bouilles d’amour.

    Mois court mais intense, n’est-il pas ? Fêtes, anniversaires, amis, claques, pioux, pioux et encore pioux.

    Maintenant mars s’annonce. A nous l’Afrique du Sud et le Botswana. Aventures à suivre.

  • Tourbillons d’automne

    Après un weekend d’Halloween où on a eu la chance de réunir tout le monde, où tous les enfants et quelques adultes in the mood se sont déguisés – la citrouille d’or revenant à la famille de Quentin en personnages de Vaiana -, un apéro festif, une mini soirée dansante, après une semaine avec cinq enfants, deux mamans en télétravail, un papa en allers-retours successifs pour diverses raisons et une arrière grand-mère venue prendre un bain de jouvence au sein de toute cette troupe, après ce premier tourbillon, retour à la maison.

    Tourbillon des activités habituelles, petit tour chez l’ophtalmo pour essayer de déboucher le canal lacrymal, sans succès malheureusement. Je continuerai de pleurer à grosses larmes mais pour rien. Vaccin contre la grippe et l’hépatite B chez le médecin, kiné pour faire le point.

    Tourbillon de 4 jours de Lémoni et Sappho, pendant que les parents sont à Lisbonne. Mais tourbillon très calme. Elles ont été exemplaires. La recherche de bottes pour l’hiver pour Lémoni aurait pu tourner au drame mais à ma grande surprise, on s’en est sorties sans casse. Mais c’était pas gagné. Elle s’arrêtait sur tout ce qui brillait, vernis ou paillettes, je m’extasiais plutôt sur des bottes en nubuck fourrées qu’elle rejetait sans appel. Je ne saurai jamais si c’est le modèle nubuck où la fourrure blanche et douce comme la queue d’un petit lapin faisait un joli bord ou si c’est le ras-le-bol qui l’a fait arrêter son choix communément au mien. J’ai pourtant bien cru que j’allais rentrer bredouille.

    Encore une semaine de tourbillons à venir et puis Turquie here we come.

  • Venise, Bâle, les pioux et back to business

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    Elle nous avait dit "Prenez des pulls, on ne dépasse pas les 17 degrés à Venise pour le moment". Elle, c'est Elodie, celle qui nous loue depuis tant d'années son flat mansardé à Murano. C'était sans compter sans ma chance habituelle que j'emmène partout avec moi. Il a fait super beau. Ni trop ni trop peu. De quoi s'allonger en terrasse avec quelques bouquins pendant quelques jours et d'alterner avec des promenades dans Venise, quelques expos et quelques bonnes tables. Tout ce qu'on aime. 

    Venise, c'est vraiment un moment de déconnexion totale. Pas de voitures, pas de vélos, pas de trottinette au-delà de 8 ans. Juste des piétons. Et quand on évite les gros flux touristiques, on peut se promener sans stress. En général, on ne s'en rend vraiment compte que quand on revient à Bruxelles. Pas d'horaires non plus. Sauf, à la limite, quand on a réservé une table. Pour le reste, on fait comme on veut quand on veut. Et savoir qu'on y retourne en septembre est un luxe incroyable. Je suis tellement reconnaissante de vivre ces moments-là.

    Début mai, on a repris la route pour s'arrêter à Bâle où Swiss Sis et Swiss Beauf (au sens littéral s'entend) nous attendaient pour fêter les 60 ans de ce dernier dans un restaurant gastronomique. L'Homme qui a toujours ses petits préjugés pas très malins (resto en Suisse allemande, je me méfie, etc…) a dû revoir sa copie. C'était juste incroyable. Une cuisine fine, inventive, explosive en saveurs, trois étoiles depuis 10 ans, c'est assez inhabituel. Et une petite journée à Bâle qui valait le détour. C'est une ville charmante où il fait joliment vivre. 

    Ensuite on est rentrés à la maison vider les valises et en refaire d'autres pour emmener trois pioux à la maison-jardin pour la deuxième semaine de vacances scolaires. On a largement perdu 10 à 12 degrés mais on a quand même réussi à jouer un peu dans le jardin. Pour le reste, on a réalisé quelques bricolages, joué à des jeux de société, joué tout court. Sappho a essayé mes vieilles échasses mais après quelques tentatives couronnées de succès, les échasses se sont effondrées, le temps et la vermoulure ayant eu raison de leur solidité. Maoh a voulu jouer à un jeu où on doit courir, se toucher puis essayer de "délibérer" les autres. Lémoni a appris à boutonner son pyjama sans trop rechigner mais coince encore sur l'enfilage des chaussettes.

    On les a ramenés le vendredi soir à leurs parents. Le samedi, on a fêté l'anniversaire de Simon autour d'un verre dans leur toute nouvelle maison et leur chouette jardin. Puis on est repartis tous les deux passer une journée tout seuls dans la maison-jardin. Et le vide d'enfants m'a repris à la gorge. J'ai réussi à ne pas pleurer cette fois mais c'est fou comme après avoir passé du temps avec eux, ils me manquent instantanément. Heureusement que je vis avec un homme extraordinaire et avec qui j'aime passer du temps seuls à seuls , sinon je lui en voudrais d'être là et pas eux. 

    Nous voilà back to business: continuer les travaux de la cuisine, retourner à la salle de sport et au yoga, vider l'appartement de belle-maman, finaliser la succession, fêter les 130 ans de mon ancienne école et sans doute retrouver des visages d'enfance, des parfums, des souvenirs.

    La suite au prochain numéro 🙂

  • Et j’ai pleuré, pleuré, pour qu’ils reviennent

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    Voilà deux semaines intenses qui viennent de s’écouler. Deux semaines avec de cinq à six petits pioux de 2 à 7 ans pendant les vacances scolaires. Ah oui, bien sûr, c’est fatigant, bien sûr, il m’arrive de perdre patience de et de hausser le ton au point de m’érailler la voix, bien sûr, mes nuits sont plus trouées qu’une tranche d’Emmental, bien sûr le manque de sommeil m’achève à la fin du séjour mais je le dis haut et fort – au cas où mes enfants me lisent – : je donnerais volontiers un an de ma vie (à décompter si possible à partir de 95 ans disons) pour qu’on ne me retire pas ce privilège de les avoir tous ensemble pendant les vacances scolaires au lieu de les envoyer en stage. Le retour sur investissement pour la grand-mère est mille fois supérieur à celui d’une éventuelle sociabilisation des enfants en stage.

    Je ne peux pas dire – comme on le lit souvent – que j’aime encore plus mes pioux que mes propres enfants. Vraiment pas. J’aime mes enfants comme Picsou aime ses pépites, un peu sauvagement comme une louve, et ils me le rendent infiniment. Mais ces petits là me ramènent à ce monde fascinant de l’enfance et je profite de chaque minute.

    C’était la première fois aussi que Maoh s’éloignait de ses parents plus d’une nuit et ce fut une réussite. Il a adoré faire partie de la bande de cousins pendant tout ce temps. Sappho s’est collée à lui la nuit pour qu’il soit rassuré, pas une seule fois elle n’a rechigné parce qu’elle ne dormait pas au troisième étage des lits superposés, privilège lié au droit d’ainesse. Mais elle a souvent mené les jeux pendant la journée, quitte à décider pour tout le monde les rôles assignés, sans laisser d’espace à celui qui avait quelques velléités de choix.

    Jules a été super calme. Il nous a quittés quelques jours pour un weekend à Londres avec ses parents et n’a eu de cesse de ramener un cadeau pour chacun des cousins.

    Samuel a mangé comme un bébé ogre, ce qui n’était pas gagné. Il me fait rire comme personne.

    Lémoni s’est chopé la varicelle et s’est laissé prêter aux soins à la pâte d’argile avec une patience d’ange (facilitée par quelques extraits de dessins animés tout de même).

    Amalia est arrivée en deuxième semaine et je suis fière de comprendre tout son charabia, ce qui n’était pas gagné non plus. Elle oscille entre le NON des terrible twos et le charme des enfants qui connaissent bien leur pouvoir.

    Oona n’a pas encore fait partie du clan des sept mais elle est venue les weekends avec ses parents. Elle a démarré la marche et ça c’est aussi une merveille.

    La maison été remplie de leurs jeux, de leurs cris, de leurs rires, de leurs chansons, de leurs disputes, de leurs pleurs pendant deux semaines. Le dernier jour, l’Homme s’est subitement payé une belle gastro et s’est retrouvé cloué à l’oreiller. Tous les parents ont rembarqué leurs enfants sauf Sappho et Lémoni qui devaient rentrer avec nous. Je les ai donc ramenées en train et suis revenue illico au chevet du malade. Mais en arrivant, j’ai trouvé la maison propre et rangée (merci les enfants) mais surtout horriblement vide. Et j’ai pleuré comme une madeleine le manque d’eux. C’était un peu ridicule mais incontrôlable. En fait, le terme chicouf ne me correspond pas vraiment…..

  • Première semaine de vacances

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    Je dis çà mais c'est une vue de l'esprit. La première semaine de juillet n'est plus vraiment la première semaine de vacances. Nous, on est maintenant en vacances toute l'année. Et nos pioux scolarisés ne sont même plus en vacances dès le 30 juin, ils se trainent une dernière semaine jusqu'au 7 juillet. Dans certaines écoles, ils poussent le bouchon jusqu'à leur donner congé l'après-midi pour que les maîtresses puissent ranger les classes mais par contre, pas question de partir en vacances dès le 1 juillet.

    Mais ceci dit, nous on a bien commencé le mois de juillet.

    Samedi: on a passé la journée en cuisine tous les deux pour recevoir les "amis du badminton", ceux avec qui les plaisirs de la table sont les plus intenses et ce fut une bien belle soirée. Exquise tant dans l'assiette (en toute modestie 😉 ) qu'autour de la table. Ma jolie nappe malgache de Noël n'a pas apprécié par contre la tache de vin dont on l'a gratifiée. On a tout de suite couvert la tache avec du gros sel mais j'ai appris ensuite que c'est la dernière chose à faire car le sel fixe les pigments. Après dix lavages, la tache est toujours là…. 🙁

    Dimanche: Sappho fête son anniversaire avec ses copains cette fois et Lémoni est donc venue chez nous avec Sam Sam, Amalia et leurs parents. Et le soir, Sappho, ses parents et Jules nous ont rejoints pour terminer le boeuf bourguignon de la veille. Inutile de dire que même si je n'avais dormi que 5 heures la nuit précédente, je raffole de ces moments-là. Il ne manquait que Quentin, Kerya et Maoh.

    Lundi: Lunch avec petite Anne, toujours le même bonheur de la retrouver. On s'est demandé à quel moment on s'était retrouvées, des années après la fin de nos études, et on n'est pas parvenues à mettre une date, une période sur ce moment-là. Mais toujours est-il que cela fait bien 20 ans que l'on se retrouve toutes les 4-6 semaines pour un lunch voire plus. Après le lunch, la fatigue était si forte que j'ai lâché prise et accepté de faire une exceptionnelle petite sieste.

    Mardi: Rendez-vous le matin avec la dame de l'agence immobilière pour régler les derniers détails de la mission de vente de l'appartement de maman que nous lui confions. J'espère que cette fois-ci ça marchera. A midi, nouveau lunch, cette fois avec deux ex-collègues et j'ai passé un moment délicieux. Le boulot ne me manque vraiment pas mais les collègues, oui, vraiment.

    Mercredi: Soldes pour l'Homme. Il se contente d'une belle paire de chaussures. Il faut dire qu'on a fait le plein de chemises il y a à peine un mois. Soirée déclaration d'impôts pour maman. Tout ce que j'aime 🙁

    Jeudi: Soldes pour Madame. Moi je dévalise le magasin. L'Homme m'accompagne. Je m'étonne toujours de le voir accepter tous ces essayages pendant plus d'une heure. Mais lui m'assure qu'il aime ça. Du moins dans une boutique où les vêtements sont encore bien pendus sur des cintres et pas roulés en boule au sol et où il y a peu de monde. Fin d'après-midi, Quentin, Kerya et Maoh nous ont rejoints et sont restés manger pour notre plus grand plaisir. 

    Vendredi: Canicule en vue. Dernier jour de crèche pour Lémoni qu'on emmène un jour plus tôt à la campagne pour une durée indéterminée. Une première semaine seule puis sa soeur et ses cousins suivront au gré de leurs vacances, stages et autres besoins des parents. Et je ne vais pas bouder mon bonheur.

  • Un mois déjà

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    Quatre petites semaines de retraite passées en deux temps trois mouvements. Il y a un mois, je quittais en pleurant et sous les applaudissements tous mes chers collègues. Je suis allée les voir aujourd'hui pour la première fois. On a mangé tous ensemble dans un espace aménagé à cet effet, un coin fauteuils, tables basses et machine à café très sympa. Cela m'a fait un plaisir fou de les retrouver le temps d'un lunch. Elles ont accroché au mur la photo de mon départ et cela m'a émue.

    Je commence à me calmer un peu. La semaine passée au vert avec les deux petits derniers, leurs mamans, leurs chiens et Quentin ont bridé mon impatience. J'ai pris le temps de faire connaissance avec cette merveilleuse petite dernière, d'apprivoiser un peu plus Maoh. Anaïs m'a accompagnée dans le yoga du matin et je l'ai accompagnée dans ses promenades avec le chien dans les sentiers boueux que je n'avais plus empruntés depuis mes 15 ans au temps où je pédalais encore avec plaisir. On est passées à plusieurs reprises devant des lieux très chers à mon enfance, le magasin de mon grand père, la ferme du voisin où j'accompagnais la fille du fermier tout en haut des bottes de foin remisées pour l'hiver, et d'autres lieux que je ne leur ai pas montrés de peur de ressembler à une vieille qui rabâche ses souvenirs d'enfant.

    Mais cette coupure avec le quotidien m'a redonné des forces pour la suite. 

    On est revenus le vendredi soir, les filles sont rentrées de leur semaine de vacances à Tours, chez leur autre grand-mère, et j'ai fait le plein d'elles le weekend. Il n'y a que les garçons que je n'aurai pas vus mais ils viennent passer deux jours ici demain et Sappho les rejoindra pour passer la nuit ici aussi.

    Vendredi, on part pour le weekend à Rotterdam. On va revoir en concert ce chanteur grec que j'adore et visiter ce port que je ne connais pas.

    Tout est bien. 

  • Une pincée de printemps

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    On le sent, il arrive. Mais le froid pique bien.  N'empêche, ce ciel bleu bleu panse un peu les coeurs chamboulés.

    On a pris l'air à la maison-jardin mais il fallait vraiment bien s'emmitoufler. Quelques enfants et chicoufs nous ont rejoints le dimanche en un petit aller-retour avant-coureur. 

    Au bureau aussi, il souffle un petit air de printemps, on nous force maintenant à retourner au moins deux jours par semaine. Au début, c'est un peu dur de sortir le bout du nez de son hibernation mais une fois sur place, il y a quelque chose de frais dans toutes ces retrouvailles. On dirait de jeunes oiseaux qui se déplient et battent des ailes et pépient avec une joie timide mais non feinte. Je crois qu'on est contents de se retrouver. 

    Ceci dit, hier soir, un collègue fêtait son anniversaire et son départ à la retraite et nous a réunis autour d'un verre et des discours et tous ces anciens combattants qui ne s'étaient plus vus depuis mille ans n'ont pas résisté aux grandes embrassades et je suis partie beaucoup trop tôt, tant la crainte de la contagion m'a gâchée la soirée. Je n'étais pas la dernière à résister aux accolades et passé le moment d'euphorie, je m'en suis mordue le masque.

    Le printemps arrive mais il fait encore très nuageux sur bien des régions où les bombardements laissent une poussière grise terriblement envahissante. 

    Et ce soir, j'ai fait le plein de rires avec 3 amies d'univ, qui n'ont pas vraiment changé; nos vies ont pris des chemins différents et pendant longtemps on ne s'est plus vues. Mais l'amitié n'a pas faibli et nos rires n'ont pas vraiment changé eux non plus depuis 40 ans. 

     

  • Grognon ascendant déprime

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    Trois semaines de ce régime et je n'en peux déjà plus. Rien à dire, nous sommes vraiment privilégiés. Nous avons gardé notre boulot, payés 100%. Nous télétravaillons dans des conditions optimales, nous ne sommes que deux, pas de petit bout dont d'occuper chacun à notre tour. Nous nous entendons bien et nous n'avons pas la moindre envie de nous étriper l'un l'autre. Tout va bien. 

    On parvient même à voir quatre de nos enfants et les petits pioux à tour de rôle et ma maman, à distance et masquées. 

    Pas de chance, Kerya a plus que probablement chopé la bête et bien qu'elle aille enfin mieux, le souci ne s'envole pas puisque Quentin attend la vague.

    Alors, pourquoi je me sens si mal ? 

    Je ne me débarrasse pas de ce pressentiment qui m'a envahi bien avant que cette saloperie ne gagne l'Europe. Dès son arrivée en Chine – ou du moins dès que l'on en a été informé – j'ai été submergée par une angoisse toute nouvelle pour moi. Ni H1N1 ni Ebola ni le SRAS ne m'ont pas plus ébranlée que ça mais là je ne sais pas pourquoi, ça me stresse.

    Et puis Pâques approche. En 30 ans, nous n'avons jamais manqué ce rendez-vous familial par excellence. Et je ne me résous pas à l'idée que non seulement nous ne serons pas réunis mais qu'aussi, on rate l'émerveillement de deux petits de deux et trois ans, à cet âge où la magie est pure et totale.

    En gros, j'enrage d'une colère bouillonnante et le trop plein sort par les yeux. Je ne supporte pas les apéros virtuels où chacun donne son avis, ses conseils, ses recettes pour bien gérer le confinement. J'ai peur de perdre mes amis tellement ils m'horripilent pendant ces pseudo-retrouvailles.

    Bref, le confinement ne me va pas du tout.

  • Deux semaines avec les pioux

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    Voilà bien deux semaines dont la perspective nous réjouissait. Deux semaines à la maison-jardin avec les pioux. Deux semaines à géométrie variable où nous étions les seuls permanents au milieu des allées et venues des petits, avec ou sans leur maman, et Mamy B. Tout était bien agencé et voilà que nous nous sommes retrouvés tous les deux au tapis, incapables même de soulever ces poids plume. Tellement KO qu'on en aurait pleuré. Enfin moi, surtout. L'Homme ne pleure pas. Gastro-entérite pour l'un, broncho-pneumonie pour l'autre. Fille cadette, exaspérée de nous voir non seulement totalement inopérationnels mais surtout inaptes à l'apéro festif sur l'herbe, nous a intimé l'ordre d'aller chez le médecin. On ne s'est pas trop fait prier, ce qui est un signe assez évident de notre lamentable état.

    Antibiotiques aidant, on a vite repris pied, suffisamment du moins pour être un peu plus vifs et pour pouvoir profiter un peu plus de ces deux petites croquettes d'amour. Jeux de mini-piscine, jeux d'eau, de brouette, de bulles et de ballon, découvertes, goûters, livres, deux semaines de vacances de petits cousins à la campagne. Je pense qu'ils ont aimé ça. Mais probablement pas autant que nous. On rempilera volontiers l'été prochain.

  • Déjà juin

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    Vendredi: Weekend de l'Ascension à la campagne avec Princesse Sappho. Toujours un vrai plaisir d'être avec elle. Sage et drôle à la fois. Et pourtant cette fois, elle n'a pas voulu s'éloigner de moi, voire décoller de mes bras. On ne sait toujours pas ce qui l'a inquiétée. Le bruit des tracteurs, des motos, le vent dans les feuilles des arbres, même le coq qui chantait deux maisons plus loin, tout semblait source d'inquiétude. Un seul instant, elle a essayé de vaincre sa peur et de traverser la grande pelouse qui séparait son nonno de moi et passés les dix premiers pas, elle s'est mise à courir en pleurant. Espérons que fin juillet, elle sera moins craintive. Je compte sur Jules pour lui faire oublier tous les bruits.

    Samedi: Journée en cuisine pour recevoir Anne et Guido. Soirée de plein été chaude et mémorable. Ces deux-là sont juste incroyables. C'est la parfaite réussite du couple mixte des deux principales cultures belges, elle pure francophone, lui bruxellois néerlandophone, la parfaite réussite de la famille recomposée, trois enfants séparément, un petit dernier en cerise sur le gâteau, pas mal de difficultés pour nouer les deux bouts mais toujours prêts à faire la fête avec trois bouts de ficelle et une bonne bouteille de vin, généreux, aimants, merveilleux même dans l'adversité la plus terrible comme la perte d'un neveu de onze ans. Je les adore. Nous sommes amies depuis l'âge de 12 ans et nous le serons probablement jusqu'à la mort.

    Lundi: Concert avec Mamy B. de Yuja Wang, pianiste magicienne, virtuose hors pair et incroyablement….. sexy. Elle m'a subjuguée pendant deux heures trente. J'ai rarement vu une technique pareille doublée d'une sensibilité extraordinaire. Et d'une beauté sensuelle à couper le souffle. Du coup, j'ai appris que cette artiste particulièrement exceptionnelle était vertement critiquée, non pas pour son jeu incomparable mais pour ….. ses tenues de concert. Après coup, j'ai lu toute une série d'articles où une brochette de critiques musicaux, tous plus guindés les uns que les autres, la descendent en flammes parce que non, vraiment, ça ne se fait pas de jouer Chopin ou Beethoven en tenue sexy. J'en suis restée sur mon …. 

    Mardi: Première injection de ce nouveau traitement en test aveugle pour l'Homme pour essayer de venir à bout de ces 6 mois de papules urticantes et surtout tenter de mettre un terme à son traitement d'antihistaminiques divers et de cortisone. Le tout lui aura pris toute une journée entre prise de sang, re-prise de sang, injection difficile à faire, questionnaires à remplir et temps d'attente interminables entre chaque étape. Croisons les doigts.

    Jeudi:  Cadeau de ma belle-soeur à l'Homme pour son anniversaire, un spectacle intitulé Les Franglaises. Pas particulièrement motivés, plutôt méfiants parce que "repérés à la télé" – exactement ce qu'il ne faut pas nous dire -, on a été complètement bluffés. On a ri du début à la fin, de ce rire qu'on ne contrôle plus vraiment tant il est répétitif. Cette troupe d'une quinzaine d'artistes polyvalents est partie du principe que nous sommes très nombreux à fredonner des airs méga connus sans trop réaliser ce que nous chantons vraiment. En partant de textes de chansons traduits via Google Translation, ils ont interprété ces morceaux anglais dans leur traduction française littérale et hilarante. Entre Pourpre Pluie, Il pleut des hommes et J'aime le pierre et roule, on a passé un moment super frais 😉