Catégorie : Cordon ombrellical

  • En attendant le printemps

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    Lundi: Retour au bureau après un weekend mouvementé qui suivait une sérieuse altercation avec mon chef. Pour la première fois de ma vie, vendredi, j'ai crié sur ce chef. Je n'imaginais même pas que c'était possible. Mais ses accès de colère répétés, initiés à partir d'un petit rien, un petit grain de sable dans l'engrenage de sa paranoïa – et moi qui me trouve toujours quelque part sur un des crans de cet engrenage – ont brisé en éclats de voix mon self contrôle légendaire. Bien sûr, je ne m'en suis pas remise de toute la journée, de tout le weekend. Je n'ai pas dormi ou très peu, j'ai même réveillé l'Homme en pleine nuit après un cauchemar dont je ne me souviens plus. J'ai rédigé des lettres mentales pour demander ma démission, puis ma mutation. J'ai envisagé la semaine off pour ne plus retourner au bureau le lundi. Et puis voilà, on ne se refait pas. Lundi matin, j'étais là, fidèle au poste, prête à redémarrer une nouvelle semaine. Et lui, et bien, comme si de rien n'était, comme si rien ne s'était passé. Ce n'est pas "on efface tout et on recommence", non, c'est "rien à effacer, page blanche, on continue….".

     Mardi: "And by the way, I apologise for Friday". Voilà, fin de journée, mardi, les excuses sont arrivées. Comme si de rien n'était. Je ne le changerai pas. Il est trop âgé pour cela. Je n'ai même pas pu en placer une pour lui faire prendre conscience du ridicule de sa réaction mais surtout de l'impact que cela peut avoir sur moi et dont il n'a pas la moindre idée; il était tellement occupé à noyer ses excuses sous un flot de paroles marmonnées que j'ai abandonné l'idée même.

    Le soir, Le Jeu des Cigognes, une pièce de théâtre extraordinaire, plutôt mal reçue par la critique et tièdement accueillie par le public, mais que nous, unaniment, nous avons adoré. Le jeu de l'actrice qui jouait une personne atteinte de dysphasie sémantique-pragmatique était époustouflant. Une des meilleures pièces de la saison.

    Mercredi: Ils m'ont fait un cadeau tout simplement extraordinaire. La carte qui accompagnait le cadeau disait: "Bytes volant, scripta manent". Voilà quelques années que je vis dans la crainte que le site qui héberge mon bien-aimé blog se plante, mette la clé sous le paillasson ou disparaisse soudainement de la toile. L'impression de mes pages et photos fait partie de ma to-do-list mais l'ampleur de la tâche, croissante au fur et à mesure des années, imprime un mouvement de coucou suisse à cette tâche qui revient périodiquement en haut de la liste. Mais ils l'ont fait ! Ils m'ont offert pour mon anniversaire un premier recueil des années 2006-2007 de Myosottises. C'est tout simplement magique. Relire ces articles qui ont déjà sept ans comme on lit une histoire et se dire que cette histoire c'est la vôtre a quelque chose de particulièrement émouvant. Ils n'imaginent même pas à quel point leur cadeau m'a touchée en plein coeur.

    Jeudi: Nos amis ont eu un jour des bébés. Et voilà que ces bébés font des bébés eux aussi. Avons-nous déjà passé la main ? Où est passé le temps béni où, pleins d'énergie, nous tenions trois petites mains à la fois ? La naissance du petit Gabriel m'a laissé des sentiments mélangés, empreints à la fois de joie et de nostalgie.

    Vendredi: Le matin, je rappelle à mon chef la vanité des titres que l'on nous donne dans l'administration et dont certains se rengorgent: "What's in a name ?". Qu'avons-nous à faire d'un titre, d'un nom ? Le midi, je déjeune avec H., trois mois après le début de sa chimiothérapie et cela m'a fait du bien de la retrouver même si ce n'était que pour le temps d'un déjeuner. On discute de tout et un moment, la discussion dévie sur l'importance ou non des patronymes, les enfants qui portent le nom du papa ou de la maman, et elle me (ré)cite: "What's in a name? that which we call a rose, By any other name would smell as sweet;" Je me rends compte que je connais ce vers mais mes classiques m'échappent. Le soir, nous assistons à une représentation de Romeo et Juliette où les Capulet sont francophones et les Montaigu néerlandophones. Et là, "Wat stelt een naam voor? Een roos zou met een andere naam net zo zoet geuren." Et voilà, la boucle était bouclée, les classiques ont retrouvé leur place dans leur tiroir de mon cerveau. Et j'ai souri de tant de coïncidences.

    Samedi: Une journée comme je les aime: petit marché le matin, deux menus nouveaux testés sur la journée et plutôt réussis, une expo visitée à deux – c'est si rare – quelques belles oeuvres d'art, de celles qui vous vont droit au coeur; et une soirée poker avec les enfants. Pur bonheur.

    Dimanche: Repas de dimanche, sept services, à table de midi à vingt heures. Chez et avec uniquement des collègues de l'Homme et leurs femmes. Epuisée. Mais contente de voir l'Homme dans un autre contexte. Très rare. 

    Les jours se suivent et ne se ressemblent pas du tout. Et pendant ce temps-là, imperceptiblement, les jours rallongent, l'hiver s'éloigne et le printemps se prépare….

     

     

  • Si elle était….

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     Si elle était

    une saison, elle serait l'automne

    un pays, elle serait l'Italie

    une fleur, elle serait un réséda

    un oiseau, elle serait un rossignol

    un animal, elle serait une huître perlière

    une héroïne, elle serait Alice au Pays des Merveilles

    une couleur, elle serait noire à petits pois

    un instrument de musique, elle serait un grelot

    une odeur, elle serait la fumée d'une cigarette

    une boisson, elle serait un cappucino

    un nombre, elle serait le 22

    un jeu, elle serait un jeu de rôle

    un arbre, elle serait un sapin de Noël

    un moment, elle serait le matin du premier jour

    un fruit, elle serait une orange

    un légume, elle serait un petit chou de Bruxelles

    un dessert, elle serait des yukimi daifuku 

    un film, elle serait Autant en emporte le vent

    une chanson, elle serait la mélodie du bonheur

    un livre, elle serait celui où il demande de lui dessiner un mouton

    un vêtement, elle serait une écharpe

    un élément, elle serait l'air comme sa tête…

    un enfant, elle serait ma fille, mon premier bébé

    un âge, elle aurait 26 ans aujourd'hui…

     

     

  • Le moulin

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    Il n'y a plus personne à temps plein dans ma maison, à part l'Homme et moi évidemment. Le nid s'est vidé assez rapidement. Même si le petit dernier revient au bercail pour l'année scolaire suivante, il y a fort à parier qu'il ne sera pas souvent là. 

    Nous avons mis quelque temps, l'homme et moi, à retrouver nos marques, à trouver simplement des sujets de conversation lors de nos dîners en tête-à-tête (ça n'a l'air de rien mais quand les 25 années qui viennent de s'écouler ont été rythmées par des babillages d'enfants, des conversations de petites filles, des récriminations d'adolescents et des échanges entre adultes en devenir, il y a un certain rééquilibrage à effectuer).

    Le rythme a changé, la géométrie est devenue très variable, on peut être deux, trois ou cinq ou sept à table. C'est selon l'arrivage du jour. Mon côté planning préfère savoir combien on sera le soir même mais je ne vais pas faire ma difficile si je veux garder l'esprit portes ouvertes que je revendique haut et fort.

    Alors, ma maison est devenue un moulin.

    Un moulin à vents: ils entrent et sortent comme des courants d'air. "Je ne fais que passer", "Je passe en vitesse".

    Un moulin à cafés: Ca c'est surtout quand Maïté débarque. Et encore plus avec son Jidé. Il a vécu trois mois avec nous et c'était sa "charge" de préparer les cafés à la fin du repas. Et quand il est là, il reprend spontanément son costume de barista et nous prépare les ristretto bien serrés.

    Un moulin à paroles: puisqu'on se voit moins, il y a tant de choses à se raconter. Et quand ils sont repartis, je me rends compte que j'ai oublié la moitié de ce que je voulais leur dire ou leur demander.

    Un moulin qui me donne des ailes, un moulin rouge amour, où les allées et venues de mes petits meuniers font que mon coeur que mon coeur bat trop vite, que mon coeur que mon coeur bat trop fort….

     

  • Les petits plaisirs de la rentrée

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    • La rentrée est, depuis quelques années, synonyme de la fin des examens de seconde sess'. Et donc, on peut enfin respirer voire même faire un peu de bruit et, plaisir suprême, écouter de la musique tout son soul (non, non, ce n'est pas une fôte d'ortografe, c'est voulu…). Et profiter toute la journée de toute la musique que j'aime au volume que je veux et dans toutes les pièces si je veux.

     

    • La rentrée c'est le retour au théâtre et la première pièce de l'année nous a mis en appétit. Race fait écho à l'affaire DSK et pourtant cette pièce a été écrite deux ans avant l'affaire. Elle nous bouscule dans nos idées préconçues sur le racisme et la discrimination. Elle nous confronte à nos préjugés ou nos a priori. Tous nos préjugés, ceux des blancs envers les noirs, ceux des noirs à l'égard des blancs mais aussi la culpabilité, la honte et la mauvaise conscience des uns et des autres. Remuant. 

     

    • La rentrée, c'est faire un saut à La Glanerie tondre une dernière fois les pelouses avant le retour des parents. Cueillir les mûres du bout des doigts pour éviter les épines des ronces, les araignées et… les taches. Cueillir les reines-claude parfaitement à point. Rentrer, nettoyer la bassine en cuivre et se lancer dans une confiture de reines-claude; préparer aussi une compote de prunes et de mûres parfumée à la cardamone et finalement décider de tout mélanger. Résultat exquis.

     

    • La rentrée, c'est se faire inviter par les enfants à une partie de bowling et en profiter pleinement. 

     

    • La rentrée, c'est se retrouver sans enfants et décider d'une sortie au restaurant rien qu'à nous deux. Je crois bien que la dernière fois, c'était il y a … presque sept ans.

     

    • La rentrée, c'est fêter l'anniversaire de Papy tous ensemble à La Glanerie sous le soleil à nouveau. Pouvoir sortir les transats et profiter un moment de la chaleur. Admirer le pommier à reinettes au soleil couchant qui donne l'impression d'être déjà à Noël. Enfin, presque. 

     

  • Transition

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    Samedi: Nous avons quitté la Normandie. Comme toujours, je ressens ce serrement de coeur proche du désespoir quand nous quittons un endroit. Nous n'y avons pourtant vécu que 3 semaines mais je m'attache très vite à ces décors qui sont les témoins de moments de bonheurs en famille. Le soleil nous a accompagnés pendant ces 3 semaines sans faillir et il est loin d'être étranger au plaisir que nous avons eu. Plaisir de retrouver les filles et leurs valeurs ajoutées et se retrouver tous ensemble au resto pour fêter avec un peu d'avance les 22 ans de Quentin.

    Dimanche: Jour de grande lessive, de valises à vider, de valises à remplir, de visites à Mamy L. qui meurt de chaud dans ce Bruxelles peu habitué aux grandes chaleurs, à Mamy B. qui a enfin reçu le feu vert de l'orthopédiste pour partir en vacances après le "débrochage" de son poignet. Et conduire Quentin pour une semaine de blocus assisté en résidence. Je sais que c'est pour son bien et qu'il en retirera plein bénéfice mais j'ai le coeur gros malgré tout et le sentiment de l'abandonner alors que nous partons encore une semaine en Suisse. Et que pour la première fois, nous ne serons pas ensemble pour son anniversaire.

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    Lundi: Valises bouclées, nous voilà repartis à la montagne. Avec Anaïs seulement et la ferme intention de lui donner une vraie semaine de vacances, elle qui a rongé son frein touristique pendant les 3 semaines de Normandie, par solidarité avec sa cigale de frère. On retrouve Papy et Mamy B. partis la veille et arrivés quelques heures avant nous. On retrouve cet appartement qu'on ne pensait plus revoir et c'est un pur bonheur. On s'endort contents et avides de la mini-semaine qui s'annonce et dont on compte bien profiter pleinement. Anaïs a fait le programme: shopping à Lausanne, un minimum de deux randonnées sérieuses et une meringue aux fruits rouges. Au moins ça, Maman.

    Mardi: Le baromètre est en hausse pour toute la semaine. Alors on commence par la journée shopping à Lausanne. Et on emmène Mamy B.. Une journée shopping comme je les aime parce que en un temps record, je trouve tout ce que je cherche: l'imperméable essayé en Normandie mais cette fois trouvé dans la bonne taille et… en soldes; un cadeau pour l'anniversaire de Mamy L., un autre pour G., un livre de recettes de quinoa, du matériel scolaire pour Anaïs – des bics, des post it, une trousse -, encore un cadeau pour Sis'Cile et Clara, et un passage obligé à l'épicerie fine de chez Globus, sans lequel le shopping à Lausanne ne serait qu'une pâle copie d'une journée shopping à Bruxelles. 

     
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    Mercredi: Première randonnée un peu sérieuse où l'on découvre que le chemin si souvent emprunté par le passé n'est plus couru du tout – la nature reprend tout doucement ses droits sur le sentier et on ne rencontre pas le moindre promeneur. Au bout de la randonnée, une meringue aux fruits rouges pour Anaïs et moi et un chaud-froid aux fruits des bois pour l'Homme. Et deux heures de retour pour éliminer. Si un jour ce relais des chasseurs devait fermer boutique ou rayer de la carte ces deux desserts mythiques, qu'il nous prévienne AVANT que l'on commence la balade ! 

    Jeudi: Swiss'Sis et Thierry sont arrivés hier soir et les retrouver fait partie de ces plaisirs d'été. On pensait se reposer de la promenade de la veille et éventuellement aller voir l'expo sur Modigliani à la Fondation Giannadda à Martigny mais Thierry a lui aussi ses envies de promenade. Qu'à cela ne tienne, on l'accompagne tous pour une ballade plus "plate" puisque Mamy  nous accompagne mais suffisamment sérieuse pour mériter une fondue en ce jour de fête nationale suisse.

    Vendredi: On la lui avait promise, on la fera envers et contre tout, cette grande randonnée qui grimpe qui grimpe et c'était tellement bien de retrouver toute cette beauté qui nous avait bien manqué ces trois dernières années. Oh oui, que la montagne est belle….. Et tout ce beau nous servira d'antidote contre le blues de la rentrée de ce lundi….

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  • Une semaine pseudo-printanière


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    Lundi: Le weekend pascal se termine et les lapins se dispersent, retournent dans leurs tanières respectives. Maïté est déjà repartie la veille. Swiss'Sis part la première, la route est longue et elle ne retrouvera pas son Swiss Rabbit avant le soir. Puis Simon emmène Anaïs à Lille pour qu'elle reprenne le train de Tours. Le temps d'un déjeuner plus frugal que les jours précédents, et c'est à notre tour de partir. Sis'Cile et monsieur F. suivront de près, laissant Clara en compagnie de ses grands-parents pour deux semaines. 

    Mardi: Retour au boulot après 5 jours d'absence. Une grande partie des collègues est en vacances et il fait bien calme au bureau. J'adore ces périodes de non stress où on peut ranger son bureau, jeter ce qui doit l'être, finir ce qu'on a envie de finir, sans être dérangé, travailler au ralenti et surtout trouver le temps de flâner sur Internet. Cette semaine, j'aurai épluché tout le site de Pierre Rabhi et le site de Raoni. Et foisonner d'idées après la lecture de ces deux sites.

    Mercredi: Retrouver, après deux mois d'absence, Katia qui me fait les plus jolies mains que j'ai jamais eues et y trouver un plaisir bien plus grand que celui des jolies mains. Retrouver son rire, sa chaleur, sa voix chantante qui me raconte en franco-brésilien l'accouchement de sa fille et surtout surtout le bonheur inégalable d'avoir passé six semaines avec sa première petite fille. Partager aussi sa tristesse d'être rentrée et de ne pas pouvoir retourner au Brésil avant Noël. Il va lui falloir en faire des jolies mains avant de pouvoir se payer à nouveau un billet d'avion. Je sens que je serai plus assidue que jamais….

    Jeudi: Arrêter de procrastiner et finir par prendre rendez-vous pour se faire vacciner contre la fièvre jaune. L'aventure péruvienne approche à grands pas.

    Vendredi: Avoir le plaisir de se faire offrir une demi-journée de congé par un chef content, comme ça, gratuitement, pour me laisser prendre la route vers Anaïs en Touraine. Abandonner Quentin avec un petit pincement au coeur. Je n'aime pas le laisser quand je sais qu'il doit étudier et qu'il aime trouver quelqu'un à qui parler quand il sort de sa tanière. Mais partir quand même parce qu'Anaïs attend impatiemment. Travailler malgré tout à côté de l'Homme qui conduit, contre-signer les justificatifs de toutes les demandes de congé octroyées au cours de ces derniers mois et voir défiler au gré des signatures la vie de dizaines des 500 collègues, les décès de parents, les enfants malades, les congés de maternité, les mariages et les déménagements, la vie quoi…. Puis se plonger dans un livre passionnant.

    Samedi: Passer la journée avec Anaïs et Véro, Olivier, Lucas et Olivia. Etre fière d'Anaïs, toute dans son élément et être infiniment reconnaissante envers Véro qui l'accueille comme sa fille dans sa maison et son boulot. Me dire que j'ai des amis formidables. Me dire que j'ai une fille splendide. Et profiter de tout. Me remplir les yeux de tant de beauté, le coeur de tant de tendresse, le palais de tant de saveurs et vivre le moment présent.

    Dimanche: Passer encore une matinée de tendresse et puis reprendre la route avec un petit pincement au coeur en sachant que je ne reverrai pas Anaïs avant fin mai, quand on rentrera de vacances. Se plonger pendant tout le trajet dans un premier guide sur le Pérou et se passionner pour ce qu'on lit. Ecouter en même temps une émission sur Moby Dick et une autre sur Schlomo Sand. Retrouver Quentin avec plaisir, qui nous accueille avec son premier pain de viande, préparé tout seul pour ses parents prodigues. 

    Encore une jolie semaine, ma foi ….

  • Une famille de lapins qui se pose

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    Chaque année, on attend ce moment avec une joie gourmande. De moins en moins gourmette – finis les grands repas de Pâques entrée, plat, fromages, dessert – mais gourmande du bonheur d'être ensemble. 

    Rien de particulier, juste ça, ces petits moments de tendresse. Pudiquement manifestée mais non moins profonde. 

    – l'Homme qui fait l'aller-retour le jeudi soir pour nous conduire Mamy et moi après un concert, rien que pour que nous puissions profiter de Swiss'Sis déjà arrivée et récupérée à Lille par Papy.

    – les petits déjeuners sur le lit de la Reine-Mère Lapin, rendez-vous attendu et immanquable des trois filles lapins. Seul le Père Lapin a le droit d'être présent, à condition qu'il serve le café.

    – la toilette sommaire (vu le temps particulièrement frisquet de ce début de printemps) du jardin en vue de la visite des grosses cloches.

    – l'arrivée au compte-gouttes de chaque carrosse, la Berlingo de  Clara et ses parents, la Pijôt de l'Homme et de Quentin, puis le lendemain les retrouvailles avec Anaïs et Simon et enfin le dimanche de Pâques le train de Maïté sans JD cette fois.

    – la chasse aux oeufs, organisée par l'Homme qui n'envisageait pas Pâques sans cloches et par sa comparse suisse et savamment orchestrée par le même, qui n'a pas son pareil pour réussir à faire concourir deux équipes totalement disproportionnées à première vue (mini-Clara et maxi-Anaïs vs méga-Simon et giga-Quentin) en handicapant les plus grands par une obligation de se comporter en frères siamois, interdits de se lâcher pendant toute la durée de l'exercice.

    – l'apéro-anniversaires de février et de mars pour les retardataires et d'avril pour fêter anticipativement les trois quarts de siècles de Mamy. Toute la sagrada familia en weekend à Barcelone en septembre prochain, Guëll programme !

    – deux parties de Time 's Up hilarantes aux larmes, où mimer le lac Titicaca prend soudainement des allures plutôt scatologiques.

    – les petits riens laissés sur le lit par Swiss'Sis, douceurs de son pays qu'elle sait appréciées par nous.

    – les dessins de Clara qui nous représentent tous en couple avec nos bizarreries et nos défauts, "parfois un peu exagérés, Clara, vraiment….. :-)"

    Enfin, tous ces petits moments qui font que l'on n'a besoin de rien d'autre pour être juste bien…..

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  • Et la vie va…

     
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    Fille aînée a été sélectionnée pour exposer à l'Affordable Art Fair, un événement de 4 jours qui accueille une grande diversité d'oeuvres d'art contemporain; cette foire offre un tremplin aux jeunes talents dont elle fait partie. Un sponsor automobile offre un prix à l'artiste qui obtiendra le plus grand nombre de "like" sur Face de bouc. Ce n'est pas à franchement parler un gage de succès réel de l'artiste mais puisque c'est le jeu, autant jouer à fond la carte des "copains". Quentin et moi – et Anaïs un peu -, on s'est pris au jeu du lobby et comme dans un QG avant élections, on a passé des soirées à envoyer des messages personnalisés un peu partout sur la toile pour récolter des voix. Et à surveiller les concurrents de très près. "On" ne gagnera sans doute pas, à moins d'un apport massif de voix avant le 20 février, mais au moins on se sera amusé et moi, j'aurai repris langue avec tous mes contacts. 

    Fille cadette est partie pour trois mois dans la Loire pour son stage de fin d'études et mène la vie de château dans un endroit sublime où elle s'initie à la gestion de chambres d'hôtes. Elle est soignée aux petits oignons et compense l'éloignement de sa môman et de son Simon en s'épanouissant pleinement dans un environnement fait pour elle. Elle a fêté ses 24 printemps hier, loin de nous, mais entourée comme une princesse.

    Et monsieur fils s'est offert une belle grippe aplatissante pour clôturer sa semaine de congés post-examens. Il est à nouveau sur pied et tout sourire. Mon fils, quoi ! 🙂

    Et malgré l'épisode assez détestable dont j'ai fait part dans un billet précédent, très peu élégant – qui ne me ressemble pas – aux dires de monsieur mon mari, l'ambiance au boulot s'est particulièrement détendue et je retrouve enfin des conditions de travail sereines même si toujours intensives. Mais le calme revenu fait toute la différence.

    Et puis, le printemps ne saurait tarder. Je crois bien qu'il n'aura jamais été tant attendu.

     

     

  • Semaine de passages

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    Passage de l'été indien à l'automne, passage à l'heure d'hiver, passage d'une famille de cinq à un couple de… deux, passage du virtuel au réel…

    C'est une semaine de passages….

    Samedi: Ma plus ancienne amie d'école marie sa fille. Le mariage a lieu dans cette église où elle-même s'est mariée il y a presque 30 ans, où j'étais là comme témoin de ce mariage malheureusement trop vite échoué. Même ambiance festive, musicale, 30 ans plus tard. Je croise les doigts pour que ces deux-ci aient plus de chance. Parce que, quand même, la chance y est pour beaucoup. On quitte juste après la cérémonie religieuse parce que nous, on déménage notre fille aînée. Elle boucle ses dernières caisses, en chantant sur la musique. Il n'en faut pas plus pour me faire craquer, j'ai toujours tant aimé l'entendre chanter. Je fond en larmes. A son interrogation, je lui avoue que je ne veux pas qu'elle parte. Elle pleure aussi dans mes bras et me dit "Dis-moi de ne pas partir et je ne pars pas !". Ah non, surtout pas, tu dois partir. Je m'en veux de l'avoir encore freinée. On finit par en rire. Et on continue d'empaqueter. 

    Dimanche: On poursuit et termine le déménagement. Cette fois-ci tout est parti, il ne reste que le lit qu'elle n'emmène pas tant qu'ils n'auront pas déménagé dans plus grand. A moins que ce ne soit Anaïs qui l'emmène…. Je ne peux pas rentrer dans cette chambre vide. Peut-être plus tard…. Anaïs, elle, est à Cambridge pour le weekend et n'est pas là pour voir sa soeur partir.

    Lundi: Pas de cours de portugais, c'est la semaine de congé de Toussaint. Pour une fois je rentre tôt. Anaïs rentre super enthousiaste, prête à aller vivre en Angleterre, séduite par le savoir-vivre britannique. 

    Mardi: Premier rendez-vous avec Maïté depuis qu'elle est partie (une éternité ! 🙂 ). Puisqu'on aime ça toutes les deux, on va se retrouver toutes les 3-4 semaines à la cinémathèque. Premier essai: Le Silence de Bergman. Déroutant, particulier mais moi, j'ai beaucoup aimé. Surtout certains plans absolument fantastiques. Elle est revenue manger à la maison et c'était bien.

    Mercredi: Dernier jour d'une petite semaine. Notre ami Guy s'est ramassé à moto et a l'épaule en puzzle. Le chirurgien va pouvoir s'amuser aujourd'hui à recoller les morceaux.

    Jeudi: Pour une fois, faire la grasse mat'. Faire traîner le reste de la matinée. Aller voir Guy à l'hôpital. Passer à la librairie. Se préparer à demain.

    Vendredi: Paris. Célestine. Pluie dehors, soleil dedans. Mais ça, c'est un autre billet.

  • 25 ans

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    Quatre heures du matin. Je rêve qu'on joue aux ballons d'eau et que l'un d'entre eux vient de m'éclater sur les genoux. J'ouvre un oeil, j'ai tout d'un coup l'impression que je ne suis pas dans le bon rêve. J'ouvre le deuxième oeil et je réalise que je ne rêve pas, que je suis dans mon lit et que ça m'a bien tout l'air de la fameuse "perte des eaux". 

    Oh bien, si ce n'est que ça, la belle affaire, même pas mal ! C'est quoi ces mauviettes qui ont accouché avant moi et qui m'ont bien prévenue des affres qui m'attendent ? Je savais que moi, je serais bien plus vaillante, hé hé ! Je ne vais pas réveiller le futur papa pour si peu. Je prends le Laurence Pernoud pour vérifier la marche à suivre et j'attends patiemment le sourire aux lèvres. C'est ce que je fais depuis neuf mois, ceci dit.

    L'homme ouvre un oeil et comprend vite. A l'exception de mon absence totale de stress. Il prend le relais d'ailleurs. Non pas qu'il stresse vraiment mais en homme prudent, il préfère me voir entre les mains de "ceux qui savent" plutôt que de rester là à attendre une accélération du processus en pleine heure de pointe. J'avoue que je n'ai pas envisagé les choses sous cet angle. Mais je ne me presse pas, je rassemble mes dernières petites affaires, j'embarque mon tricot, pensant terminer le dernier petit bout de manche qu'il me reste pendant les quelques heures d'inoccupation à attendre la princesse.

    J'arrive à la maternité, encore tout sourire. Pas un instant je n'ai imaginé, même dans mes pires cauchemars, le tsunami qui m'attendait. La tempête n'est pas venue tout de suite évidemment. Ce ne fut d'abord qu'une légère brise, presque imperceptible, venant rider la surface de la mer(e). Puis de petites vaguelettes se sont formées, me soulevant des sourcils légèrement inquiets. Puis les vaguelettes se sont intensifiées, elles ont grossi lentement mais sûrement, se gonflant au rythme des marées et de la lune, prenant de la puissance à chaque mouvement et me collant au tapis à chaque ressac. Cent fois j'ai cru y laisser ma peau, cent fois j'ai demandé grâce, souhaité que tout s'arrête, convaincue que je n'y arriverais jamais. Seize heures dans l'oeil du cyclone.

    Autant dire que le tricot est resté sagement dans la valise. Il faisait comme aujourd'hui, un soleil splendide, 22 degrés à l'extérieur. L'homme a regardé, un nombre indécent de fois, par la fenêtre en soupirant. Il avait organisé une journée dans les bois avec ses gamins et il ne se représenterait plus une aussi belle journée avant le printemps prochain.

    Pas un instant je n'ai imaginé, même dans mes rêves les plus beaux, qu'après la tempête, je tiendrais dans mes bras la plus jolie des petites filles, si zen et si détendue qu'elle en a oublié de pousser le cri primal, tellement si belle que je suis restée éveillée toute la nuit pour la regarder dormir.

    Ce matin, elle dormait encore quand nous lui avons souhaité bon anniversaire en partant. Dans un demi-sommeil, elle nous a répondu "Bon anniversaire" comme on répond "Bonne journée". Elle ne pense pas si bien dire: c'est aussi notre anniversaire à tous les deux, celui de la rencontre avec le plus merveilleux des premiers bébés.

    Le pull au tricot est resté manchot et je n'ai plus jamais touché d'aiguilles de ma vie….