Catégorie : Cordon ombrellical

  • De cinq à sept

     

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    Insensiblement, nous sommes passés de cinq à sept. Pendant plus de 20 ans, nous avons été cinq. Comme les cinq doigts de la main. Parfois croisés, parfois fermés en poing serré, parfois dissociés par deux ou par trois.

    Puis l'un derrière l'autre, ils se sont infiltrés dans le poing serré pour s'enrouler comme un anneau autour d'un doigt puis l'autre. Et comme deux pierres précieuses, ils font briller de mille feux nos deux filles.

    Et de club des cinq, nous sommes devenus clan des sept.

    En bons accros à la technologie, nous avons tous sur nos téléphones "intelligents" un calendrier partagé qui s'intitule "les sept" où nous fixons les rendez-vous que nous avons ensemble, comme le déménagement de JD et Maïté ou la St Nicolas.

    Cette année, nous leur avons offert un cours de cuisine à consommer à cinq. Je suis curieuse de savoir quel cours ils choisiront, entre la cuisine portugaise, italienne, coréenne ou brésilienne….

    Tous les parents rêvent secrètement que leurs enfants s'entendent au-delà de leurs différences comme des mousquetaires. Un pour tous et tous pour un. Mais si cette entente s'étend aux valeurs ajoutées, c'est une valeur exponentielle.

    Et là, pour le moment, nous sommes comblés.

    Sept notes de musique… Il ne manque plus que l'octave. Mais chaque chanson en son temps.

  • Panne de plume

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    Ce n'est pas que je n'aie plus rien à dire, c'est juste que je n'ai plus le temps de le dire. Plus que jamais, je tiens à ce blog, il est mon "journal extime", ma mémoire écrite, mes mémoires à l'intention – peut-être un jour – de mes petits-enfants. La plupart de mes copines de blog ont jeté la plume, ou ont sérieusement ralenti le jet d'encre à l'exception de Célestine, réglée comme du papier à musique, princesse des notes, Vivaldi des mots. Moi, je ne veux pas arrêter mais le temps me manque.

    Je ne sais pas pourquoi d'ailleurs. Peut-être ce bloody Candy Crush ? Peut-être les filles qui ont quitté la maison et que paradoxalement je vois plus profondément qu'avant ? Avant quand elles habitaient encore ici, elles prenaient leur repas en famille et puis rejoignaient vite leur chambre pour retrouver leur monde, sortaient retrouver leur amour, disparaissaient de mon champ de vision et d'oreille. Aujourd'hui, elles passent de temps en temps, viennent manger et s'attardent autour de la table. Peut-être que je sors trop ? Encore que je ne pense pas sortir plus que les années précédentes.

    Toujours est-il que je délaisse un peu "ma cabane au fond du jardin"….

    Que s'est-il passé ces deux dernières semaines ? Nous en sommes maintenant à une overdose de crabe. JD a perdu son papa en 15 jours et nous sommes restés désemparés devant la brutalité de cette disparition et l'immense tristesse de JD que nous ne savions pas comment adoucir. Il est rentré d'une semaine très difficile, juste à temps pour déménager avec Maïté dans un magnifique appartement et j'espère que l'installation dans son nouveau nid va l'aider à retrouver son sourire d'ange. 

    Ce déménagement nous a donné à nouveau l'occasion de nous retrouver tous les sept, toujours prêts quand il s'agit d'aider un du clan, et finir, fatigués mais heureux, autour d'un sandwich et d'un mini clafoutis, histoire de reprendre des forces après l'effort. Et tous heureux de les voir enfin quitter leur nid d'aigle, tellement bourré comme un oeuf qu'ils auraient fini par se brouiller.

    Chez nous, les travaux n'avancent pas, ou pour être plus honnête, ils avancent de dimanche en dimanche. Et j'aimerais bien rappeler à l'Homme que jusqu'à Noël, il ne reste que cinq dimanche dont un où nous serons à Venise, que j'aimerais remonter dormir dans ma chambre et que Maïté et JD pourraient maintenant accueillir le bureau et le lit qui attendaient leur nouvel espace pour quitter l'ancienne chambre des filles où on les a entreposés mais où nous dormons aussi pendant les travaux.

    On a tiré au sort les deux heureux bénéficiaires de nos cadeaux de Noël et c'est parti pour la chasse aux cadeaux emballés du plaisir de faire plaisir. Dans la plupart des cas.

    Entretemps, on prépare la St Nicolas, prochaine étape de retrouvailles à sept où cette fois, les cadeaux sont échangés au pied de la cheminée et le brunch est attendu avec une impatience non dissimulée par certaines.

    Demain, la semaine démarre par une visite annuelle de contrôle chez le médecin pour tous les deux, puis petite semaine de boulot et dès jeudi soir, à nous Venise en amoureux !

     

  • Panier de crabe

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    Allez, le crabe a encore frappé. Cette fois, ce n'est pas une amie mais une autre femme d'exception que j'admirais beaucoup. Même âge, même signe, même sens aigu des couleurs, même rayonnement que Hanka. C'est elle qui m'a appris à superposer les parfums, à détourner les objets, c'est elle qui a inventé notre cuisine, notre salle de bains, nos bibliothèques, notre dressing. Sa patte est partout chez nous. On l'enterre demain. J'espère que là-haut, elles auront l'occasion de se rencontrer, on peut toujours rêver. 

    Et pendant ce temps-là, la vie se poursuit.

    Maïté et JD ont trouvé un appartement, sublime (en tout cas, en photos), trois fois plus grand que leur mouchoir de poche actuel et Maïté a l'impression qu'elle va emménager dans un palais.

    Anaïs et Simon ont adopté un petit chat absolument adorable. 

    Quentin a l'air de se plaire dans son nouvel environnement, je n'ai plus qu'à croiser les doigts pour qu'il y trouve son bonheur plus que du plaisir.

    Nous, on continue les travaux de réfection de notre chambre, tant bien que mal, entre les cours de portugais, les soirées théâtre et concert, le badminton et le boulot.

    L'eau continue de couler sous les ponts, les saisons se poursuivent, le temps poursuit sa course et rien ne peut l'arrêter. Ces départs successifs me rendent la vie à la fois plus précieuse et plus fragile. 

    Et le vertige me reprend…..

  • Semaine de fin d’été

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    Lundi: Visite trimestrielle chez le médecin, histoire de vérifier si l'hypertension est toujours bien maîtrisée. Il est content, moi aussi. Il trouve que mon pantalon aurait besoin de bretelles et me fait monter sur la balance. J'ai effectivement perdu un ou deux kilos mais je ne lui dis pas que le tissu de ce pantalon se distend au fur et à mesure que je le porte. J'ai ma fierté. Il nous recommande, à moi et à l'Homme, de faire le vaccin contre la grippe. C'est la première fois qu'on me dit ça. Signe du temps qui passe. Je fais la moue…

    Mardi: C'est la fin de l'été et la chute des pommes. On a ramené ce weekend deux caisses de petites reinettes bien rouges et ce n'est que le début. On compote à qui mieux mieux. Anaïs et Simon viennent manger ce soir et je m'en réjouis. On passe une charmante soirée à quatre, Quentin retenu chez des copains.

    Mercredi: Elle m'a dit qu'elle ne serait plus là dans quelques mois, voire quelques semaines. Elle m'a délégué la tâche d'informer les autres sorcières bien-aimées. J'ai tourné les mots pour le dire, sept fois dans ma tête avant d'accoucher d'un e-mail froid et clinique, dont j'essaie d'éliminer tout pathos mais entre les lignes duquel les trois chéries auront lu toute l'émotion que j'essaie d'endiguer. Elles sont toutes les trois atterrées et désemparées chacune à leur manière.

    Jeudi: Journée riche en émotions diverses. Déjeuner avec l'Homme, son filleul et sa copine. La communication entre filleul et parrain est quasi inexistante mais l'affection est présente même si jamais manifestée. Et là, tout d'un coup, le filleul prend l'initiative d'un "allons déjeuner" et comme par magie, ils se parlent comme si cela leur avait toujours été totalement naturel et spontané et cette heure passe comme un enchantement.  Nous passons, l'Homme et moi, le reste de l'après-midi avec elle, ma sorcière qui a pris son aller simple pour le paradis. Elle veut ranger ses papiers, mettre de l'ordre avant de partir et tout cela me semble si naturel. Je veux passer le plus de temps possible avec elle, engranger encore quelques petits bouts d'elle qui feront un chapelet de souvenirs intenses et qui ajouteront encore quelques perles au collier qu'elle a fait de moi. Mais je suis immensément triste et les quatre heures d'opéra qui ont suivi cette après-midi ont pris une couleur différente et la musique n'a jamais été aussi consolante que ce soir.

    Vendredi: Maïté part ce matin pour le Japon et mon petit coeur se serre. C'est la première fois qu'un de mes enfants part si loin (sans nous). A son âge, "meno male". Mais voilà, on ne se refait pas. Profite mon grand bébé, enjoy Japan et reviens-moi la tête pleine d'images et l'appareil photo plein d'arguments pour convaincre ton père de m'y emmener aussi.

    Samedi: Enfin un weekend sec qui s'annonce. On va pouvoir donner cette deuxième couche de peinture tant attendue par les volets de la maison là-bas. Avec les parents qui assurent l'intendance. Que du bonheur !

    Dimanche: On est arrivés au bout et il ne reste plus que le portail à peindre. On repart le coffre plein d'une nouvelle cargaison de reinettes et on emmène maman voir Joan Baez en concert. Une grande dame septantenaire, exquisement classe et belle, à la voix toujours aussi extraordinaire. Elle l'a chanté hier mais cette semaine encore, plus que jamais, "gracias a la vida que me ha dado tanto…."

  • Long weekend fruité

    Reines-claudes

    Je ne le dirai jamais assez, j'adooooore les weekends de 3 jours. Je trouve qu'ils devraient tous être de 3 jours, d'ailleurs. On travaillerait nos 40 heures semaine sur 4 jours – ça ne changerait déjà pas grand chose à la réalité, ou alors à peine – et on aurait 3 jours de weekend ! Un jour pour faire tout ce qu'on DOIT faire (les courses, la lessive, le repassage, etc….) , un jour pour faire tout ce qu'on VOUDRAIT faire (une expo, un cinéma, une ballade, une soirée entre amis, ….) et un jour pour ne RIEN faire. Vraiment rien. Le jour qui permet de vraiment décompresser.

    On dit ça et puis finalement….

    Vendredi: on a fait l'aller-retour à LG pour cueillir 4 cageots pleins de reines-claudes et un grand ravier de mûres. Ce ne fut pas long mais ces deux heures au vert m'ont complètement déstressée. Retour à la maison pour  soutenir celui qui étudie encore et toujours (je pense que j'en ai plus marre que lui….). Et première soirée confitures.

    Samedi: marché, supermarché, lessives, shopping cadeaux d'anniversaire à venir, et surtout surtout soirée avec tous les enfants. Je me répète, je me répète mais j'adore ces soirées-là. A me lire, on va finir par croire que je ne vis plus que dans l'attente de ces moments-là mais ce n'est pas le cas. J'aime aussi les soirées en famille réduite avec le petit rescapé, j'aime les têtes à têtes avec l'Homme, j'aime les soirées entre amis. Mais forcément, quand on est jeunes parents, on donnerait n'importe quoi pour une soirée en amoureux; et quand on n'est plus parents à temps plein, on aspire à ces moments de retrouvailles. Et je suis clairement et franchement dans cette phase-là. Et je pousse un peu tous les éléments dans la bonne direction: "Anaïs et Simon vont passer et ils resteront sans doute manger, si ça vous dit…", "J'achèterai du poulet rôti et je ferai une tarte…", "Oui, bien sûr, tu peux faire une petite lessive….".

    Dimanche: Anaïs m'a apporté ses pots de confiture parce que j'ai épuisé ma réserve et la bassine à confitures reprend du service. On vide l'armoire de l'Homme, on élimine, Quentin hérite de pulls et de T-shirts, moi de chemises d'homme et le reste est prêt à être donné. Il déteste faire ça, mais il a fait bonne figure et c'est nickel chrome. Je suis sûre qu'il est ravi d'avoir une armoire bien rangée mais il ne l'avouera jamais.

    Résultat de ce long weekend fruité: 40 pots de confiture, 3 litres de compote, 2 tartes géantes. Et nous ne sommes pas arrivés au bout des quatre cageots de fruits récoltés vendredi.

  • Vacances en clair-obscur

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    Obscur:

    – Quinze jours seulement. D'accord, je ne devrais pas me plaindre, il y en a qui en rêveraient de mes quinze jours. Et puis ce n'est pas tout à fait vrai, les quinze jours sont suivis d'une semaine à la montagne. Mais quinze jours seulement de farniente, soleil, bouquins.  A mon âge (c'est la nouvelle excuse), j'ai besoin de trois semaines. Parce que….

    – Le soleil n'a pas été au rendez-vous TOUS les jours. Je vous le dis, je deviens de plus en plus difficile. Un jour de temps maussade et je me mets au diapason. A mon âge, j'ai besoin de beaucoup de soleil pour synthétiser la vitamine D et fixer le calcium dont j'ai besoin pour mes os.

    – La piscine était froide (forcément) et toutes mes résolutions pour aller apprendre à nager sont tombées à l'eau.

    – L'accident de la route juste au-dessus de la voie de chemin de fer qui longe la maison et dont le fracas m'a fait croire qu'un train déraillait dans le jardin (comme dit l'Homme, je n'ai jamais entendu le bruit d'un train qui déraille. Pourquoi, lui oui ?) était un accident mortel et quand on entend en surplomb "Le gars, il est mort !", on passe quelques jours à y penser et l'ambiance est tristounette. Mais de quoi je me plains donc avec ces vacances ?

     

    Clair:

    – J'ai lu tout mon saoûl et j'ai aimé tout ce que j'ai lu. Et je me réjouis d'avoir eu tout ce temps pour lire.

    – J'ai tenu ma résolution de faire 45 minutes de Pilates et yoga tous les jours (ou presque) et j'ai apprécié les résultats; je ne me lève presque plus comme une petite vieille au saut du lit.

    – On a visité la Camargue et même si je n'en ai pas vraiment profité (les flamants roses, les chevaux et les hérons et autres oiseaux sans jumelles, c'est pas très grand et poireauter pendant que Mr Nikon Big Zoom s'en donnait à coeur joie, dans la voiture parce que je n'aime pas les jours de grand vent et lui il adooooore), je suis malgré tout contente d'y avoir été et d'avoir vu les Saintes Maries de la Mer.

    – On a découvert un resto absolument sublime avec des amis de l'Homme et on y est retourné avec les enfants pour notre plus grand bonheur papillesque.

    – Et surtout surtout, on a passé 4 jours à cinq. Comme avant. J'aurais apprécié la présence des valeurs ajoutées des deux filles mais ils n'ont pas pu se libérer. Alors, on a fait comme si on revenait quelques années en arrière. On a beaucoup ri, beaucoup parlé, on a joué (le jeu des intros musicales, notre favori, reste un des meilleurs moments comme toujours) , pris l'apéro, fêté l'anniversaire de Quentin. Et ces moments de bonheur pur (qui, en fait, effacent tout ce qui fut soi-disant obscur) nous ont donné l'envie de nous retrouver tous ensemble l'été prochain à l'endroit que nous avons élu à l'unanimité le plus bel endroit de nos dix années de vacances ensemble. Et cette fois avec les valeurs ajoutées, si possible.

  • T’inquiète, je gère

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    "Tkt je gère !" Ils me l'ont tous dit avec un aplomb auquel j'ai cru. J'aurais dû traduire "Mayday mayday, je gère pas du tout !". Mais ils m'ont bien bluffée.

    Bienheureux les parents des enfants qui gèrent tout seuls, se stressent juste ce qu'il faut pour se discipliner sans la moindre nécessité d'intervention. Quel est leur secret à ces enfants-là ? Auto-discipline innée ? Peur du ridicule ? Honte de l'échec ? Désir de plaire ? Réelle motivation ?

    Je n'en sais rien. Je sais juste que je viens d'une fratrie de ce modèle-là mais que visiblement ces gênes-là ne sont pas passés à travers le tamis.

    Alors bien sûr, on me balance: "Oui, mais toi, tu aimes étudier !". Mais non, je n'aime pas ça. Pas du tout. J'aime apprendre du neuf, ça oui, mais ce n'est pas pareil.

    Et donc non, à part Anaïs qui, par amour ?, par fierté ?, par électrochoc post-échecs ?, s'est ressaisie avec brio, les deux autres n'ont pas le feu sacré des études. Ils écoutent les mauvais conseilleurs, ne croient pas en leur valeur, ou à l'inverse surestiment leurs forces, procrastinent à outrance et fuient la réalité.

    Attention, ce sont tous les trois des personnes fabuleuses, aux qualités inestimables, qui deviendront encore plus extraordinaires avec la maturité s'ils veulent toutefois s'en donner la peine. Mais sur les bancs d'école, ils n'usent certainement pas le fonds de leurs jeans et quand par hasard ils y sont, rêvassent au fond de la classe.

    Souvent, je me demande ce que nous avons raté dans notre éducation, dans notre approche de leur scolarité. Avons-nous été trop présents, trop absents, avons-nous trop "géré" à leur place, empêchant une prise d'autonomie, les avons-nous laissés trop libres, avons-nous été trop sévères, trop exigeants, pas assez stricts ? Je suis bien incapable de le dire. J'ai envie de dire que nous avons été et fait tout cela à la fois. Et donc ?

    Je suppose que dans une dizaine d'années, ces considérations seront bien futiles à nos yeux, au vu des belles personnes qu'ils seront restés mais aujourd'hui, je ne peux m'empêcher de me remettre en cause.

  • Fin juin

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    crédit dessin: http://toujoursrienaditmonsieurlouis.blogspot.be

     

    Lundi: Tout moi est fatigué. Ma tête, mon corps, ma peau, mes cheveux. Onze mois que je n'ai plus pris de vacances et chaque année qui passe, je le sens un peu plus. Je n'ai plus d'énergie, je pleure pour un rien, je désespère de voir Quentin étudier fructueusement, je ne vois pas le bout du tunnel. Fatigue, donc. 

    Mardi: Pour une fois, j'ai quitté le bureau plus tôt et j'ai retrouvé mes deux filles chéries pour une petite heure de shopping. Un moment délicieux. Rien que nous trois, le temps de les renipper pour mon plus grand plaisir.

    Mercredi: La session d'examens de Quentin n'en finit pas. 4 semaines de tension tant pour lui que pour nous pour finalement un résultat très peu gratifiant. Et on est là, à se demander où est l'erreur, qu'avons-nous raté dans notre approche aux études pour nos enfants. Avons-nous trop poussé, pas assez, trop peu encouragé à l'autonomie, trop aidé, trop pensé à leur place ? Impossible d'éviter ces questionnements lourds dans nos coeurs fatigués. 

    Jeudi: Fin de l'année scolaire. Anaïs a fait mouche, Quentin est sur la touche et Maïté s'est pris une douche. End of the story. Joker. No comments. Question suivante svp.

    Vendredi: Ambiance bac à sable au bureau. Le matin, le Directeur envoie mon chef d'unité à une réunion à laquelle ce dernier n'a aucune envie d'aller. Il s'exécute mais l'après-midi, il boude et refuse de m'accompagner à la réunion bi-mensuelle qu'il a avec le Directeur et où je suis conviée invariablement depuis 8 ans. Je vais donc seule et à ma grande surprise, le Directeur refuse de tenir la réunion avec moi seule. Dans sa colère, il invoque le fait que ces réunions-là sont prévues avec les chefs d'unité. Ce n'est pas à moi qu'il en veut, je le sais, mais il n'empêche que je me vexe en mon for intérieur: Je suis quoi moi, une sous-fifre insignifiante ? Dans une autre vie monsieur, moi, j'étais Directeur, au moins sur mes cartes de visite. What's in a name, pauv' cloche ? Mais bon, je retourne chez mon chef à qui je transmets l'annulation de la réunion en l'absence de la "bonne personne". Et l'autre cloche de me demander: "Mais pourquoi tu ne m'as pas appelé ?". On est où là ?

    Le soir, Tiken Jah Fakoly et Puggy à Couleur Café et un mojito m'ont consolée malgré la pluie.

    Samedi: L'absence de Simon pendant toute cette semaine et celle de JD pour un long weekend m'ont offert le plaisir d'avoir mes filles un peu plus sous les yeux qu'en temps normal. Que du bonheur. Les circonstances  ont fait qu'il n'a pas été possible de se retrouver à cinq le temps d'un repas ou l'autre mais toutes ces rencontres à géométrie variable ont été bien agréables et réconfortantes. Une fois n'est pas coutume, j'ai rempli (un peu) leur frigo et nous avons emmené Maïté au resto. 

    Dimanche: Journée tranquille avec chaque enfant à tour de rôle et puis plus qu'à nous deux en fin de journée. Un peu de cuisine, un peu de musique, un peu de repassage, un peu de foot, un peu de blog, un peu de tout….

  • Sans souci

    Soucis

    C'est le nom de la rue où Anaïs va emménager dans un mois. Ca y est, numéro deux quitte la maison pour de bon. J'ai cru naïvement que le départ de numéro une me faciliterait le départ de la deuxième. J'ai pensé que l'éloignement d'Anaïs au cinquième étage me rendrait plus serein son véritable envol. Mais non, je me suis bercée d'illusions. Ce n'est pas serein du tout. Ni pour elle, ni pour moi. Oh, on donne le change, pas de souci. Mais nous savons bien toutes les deux que le premier mai ne sera pas un jour de fête. Bien sûr, cela ira mieux après, une fois la porte franchie, les larmes versées et les sanglots ravalés. Mais c'est cette porte à ouvrir et à refermer qui va nous sembler extrêmement lourde.

    La fatigue persistante n'arrange rien. Cet hiver si doux ne m'a pas été si bénéfique que ça. Moi qui ne suis jamais malade, j'ai enchaîné grippe et pneumonie, sans pour autant rester dans mon lit. Il faut dire que la pneumonie est passée pour ainsi dire inaperçue. Mais il faut croire que l'organisme investit beaucoup d'énergie à sa défense et que la fatigue est donc insidieusement bien réelle. Je m'endors donc un peu partout dès que je suis cinq minutes en mode pause. On dirait une jeune maman en début de grossesse. Illusions, illusions perdues comme de grandes bouffées de chaleur intempestives se chargent de me le rappeler.

    Pendant ce temps, la vie continue. Mes projets de pré-retraite se dégonflent à la mesure de ce que seraient les rentrées mensuelles. Et tant que les traites de l'appartement ne sont pas terminées, tant que numéro trois étudie à son rythme d'escargot et tant que je rêverai de voyager, je peux oublier ce souhait si profond. On continue de bosser et on étouffe ses envies d'autre chose. S'occuper de ceux qu'on aime, beaucoup; s'occuper de soi, un peu; dormir; vivre plus lentement mais plus intensément. Ce sera pour plus tard. Même si ceux qu'on aime ont peut-être besoin de vous maintenant.

    Mais je ne me plains pas, la vie m'a gâtée et même si la fatigue ombre un peu ce billet de printemps, tout va bien. Pas de souci.

     

  • Quart de siècle

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    Voilà donc la deuxième qui atteint le quart de siècle. Après Maïté, il y a 16 mois, c'est Anaïs qui coupe le siècle en quatre. Pour ne pas faillir à la tradition, nous passons la journée ensemble. C'est notre journée. Après tout, elle fête son arrivée sur cette planète mais ensemble, nous fêtons un moment qui n'a appartenu qu'à nous. Un moment de douleur indicible et de bonheur inimaginable avant de le vivre. La fusion de deux sentiments totalement contradictoires dont la mémoire ne garde finalement que le deuxième.

    La veille de son arrivée, je confectionnais amoureusement des coeurs en carton de toutes tailles et de toutes couleurs et je les suspendais dans un bouquet de branches nues pour célébrer la St Valentin. Sa naissance était prévue pour le 11 février. Elle avait un peu de retard et je la souhaitais – un peu bêbêtement – pour le 14. Mais elle a frappé discrètement à la porte le soir du 12. Je me suis précipitée dans un bain, pensant naïvement freiner ses ardeurs pendant 24 heures. Je ne voulais pas y aller, je ne voulais plus sortir de ce bain, au grand dam et stress du papa qui a déployé le peu de diplomatie dont il est capable pour sortir sa baleine bien-aimée de la baignoire.

    Je suis arrivée en boudant à la clinique. On a passé la nuit à l'attendre et au petit matin, à l'heure où tout le monde se lève pour aller travailler, elle s'est présentée au monde, de fort méchante humeur ou, pour le moins, déjà en râlant. 

    Fatiguées toutes les deux de cette longue nuit difficile, nous avons dormi une bonne partie de la journée. Moi, j'aurais bien dormi la nuit suivante aussi mais elle, elle ne l'entendait pas de cette oreille et elle a adopté un rythme qui ne correspondait pas vraiment au mien. Nous avons vécu toutes les deux sur ce mode asynchrone pendant quelques mois et nos deux hypersensibilités combinées n'ont pas amélioré le tableau.

    Mais quand les tempêtes se sont apaisées au bout de quatre mois, l'attachement viscéral qui nous lie est devenu indestructible et je n'en reviens pas que nous ayons déjà passé 25 ans ensemble, tant le temps nous a filé entre les doigts. 

    Dans quelques mois, elle quittera le nid et ne vivra plus sous mon "moi" mais d'un coup d'"elle", on saura où se trouver.