Auteur/autrice : Myosotis

  • La luna

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    Josiane et moi avons toujours été fascinées par la lune. Ce week end, nous nous sommes posées la question de savoir si la lune était pleine en même temps à chaque coin de la planète. Les paris ont été ouverts. Avant de nous ranger à l’avis des plus convaincants. Et de nous faire expliquer, en deux puis trois dimensions, le comment du pourquoi, par les plus scientifiques des maris.

    Oui, la lune est pleine en Belgique ou en Italie en même temps qu’en Nouvelle Zélande.

    Le plus curieux, c’est que Maurine, au bout du monde, se posait la même question aujourd’hui.

    Comme quoi, même sur les blogs, les esprits lunatiques se rencontrent 🙂

    Maurine, as-tu aussi remarqué, comme Josiane et moi (toutes surprises) que la lune disparaît aussi pendant une partie de la nuit ?

  • Slow time

    Arrêt sur images. Trois jours durant. Cinq hommes, cinq femmes, dix personnalités peu communes pour fêter l’entrée dans la cinquième décennie de Stefano (si si Stefano è cosi !). Trois jours au ralenti, slow down, au pays du slow food, tous en slow motion.

    Trois jours au soleil de l’Ombrie, à l’ombre de nos soucis quotidiens. Déconnexion totale. Même pas de réseau d’ailleurs (au grand dam des mamans, inquiètes juste le temps nécessaire, avant de replonger dans la félicité du week end sans enfants).

    Pur bonheur de grands enfants de presque 40 à un peu plus de 50 ans, drôles, intelligents, caustiques ici, tendres là, ne se connaissant pas tous et chacun trouvant pourtant immédiatement sa place dans un ballet orchestré sans avoir l’air d’y toucher par Josiane et Stefano.

    Cinq couples, cinq nationalités mélangées, venus d’horizons différents, une explosion de richesses d’expériences, de vie, de coeur.

    Autant dire que j’ai passé un week end au paradis. Dommage qu’il faille revenir sur terre. Et quand on rentre par Ryanair, autant dire qu’on atterrit brutalement de son nuage avant même d’avoir décollé.

    Heureusement, même si le charme était bel et bien rompu à notre retour à la maison, juste après minuit, nos deux Cendrillons et leur Gusgus avaient fait en sorte de prolonger un peu la magie en nous rendant la maison dans un état plus que parfait.

  • Snob coincée

    Chanel_paris_mediumJe n’ai pas l’habitude du grand luxe. Mais comme beaucoup, sans doute, il m’attire parfois. Mais comme ce n’est pas mon vrai moi, je coince souvent.

    Il y a ainsi des boutiques où je n’ai jamais osé mettre les pieds. Parce que si je passe devant et que je pourrais prendre un peu de temps pour y entrer, je ne suis absoluuument pas habillée pour prétendre jouer les clientes. Prenons Natan: Jamais je n’en ai franchi le seuil. Primo, j’attends de faire du shopping avec Josiane qui est la seule personne que je considère digne d’entrer dans ce genre de boutique et que, dans son ombre, je devrais pouvoir passer inaperçue. Deuxio, il faut que je planifie d’y aller et que je m’habille en conséquence. J’arrive pas à me dire que je peux y aller en jeans sans avoir l’air plouc. Inconcevable pour le lobe snob de mon cerveau.  Mais paradoxalement, je trouve les potiches de ces boutiques parfaitement antipathiques et plus snob que snob.

    Il en est d’autres où je peux passer la porte plus ou moins sereinement. GenL_par5011re "Senteurs d’ailleurs", la plus snobissime des boutiques de parfums fragrances. N’espérez pas y trouver du Lancôme ou du Guerlain, on n’y vend que du Diptyque, Penhaligon’s ou Santa Maria Novella. Bien sûr là, je prends un air de grand air, je minaude (sauf si Cécile est avec nous (Françoise et moi), j’ose pas trop). Et j’avoue que j’adore ces parfums mais je sors toujours de ce palais suprêmement agacée des courbettes suaves que l’on m’a prodiguées.

    Ou encore la petite boutique de Nicolas Woit que j’aime tant: je parviens à y rentrer une fois sur dix, même que la dernière fois, j’ai poussé l’audace jusqu’à essayer deux trois robes. Si bien que je ne voyais pas comment sortir de là sans rien acheter. C’est vrai quoi, j’avais pris une demi-heure du temps d’un grand créateur – qui n’a forcément qu’une seule cabine d’essayage -. Il a fallu que je perçoive l’indignation et le reproche poliment étouffés de Maïté pour me conduire en mère bon exemple et sortir en remerciant, mais les mains vides.

    Rue_cambon_picture Le plus bel exercice du genre, ce fut de rentrer 22 rue Cambon – je n’ai pas vraiment eu le choix, je voulais du n°22 et y’a que là qu’on peut le trouver. J’ai réussi à jouer la grande dame chic, touriste à Paris mais habituée du lieu – enfin, c’est ce que j’ai cru sur le moment mais je suis sûre que les petites vendeuses hyper classe n’étaient pas dupes – et acheter deux bouteilles de n°22 (une pour moi, une pour un cadeau). Jusqu’à ce que mes copines sorcières me rejoignent, pas discrètes pour deux sous (surtout Cat et Kristien) et qui ont poussé l’audace jusqu’à se faire maquiller, essayer plein de trucs et finir par n’acheter qu’un peutit anti-cernes et un minuscule chéplukoi.

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    Et oui, j’ai gardé le sac en papier chic chic Chanel et le camelia en souvenir. En vraie petite snob….

  • Week end en sucre

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    Week end sucré. On a fêté l’anniversaire de Catherine. Le demi-siècle. Je trouvais dommage qu’elle (qui fait de fabuleux gâteaux pour les anniversaires des autres) ne soit pas fêtée au moins par un gâteau qui la représente. Mais comme d’habitude quand je reçois, j’en ai fait trop. Ou plutôt, j’en ai trop "goûté". J’ai la détestable habitude de tout goûter 36 fois quand je prépare à manger. Et quand je fais des desserts, je double la mise, je goûte 72 fois.

    Résultat, je déborde de sucre, de pâte chocolat-amandes pas encore cuite, déjà cuite, de massepain de couverture, de nougat (pour les cases-lettres du Scrabble), de chocolat fondu. Je dégouline du petit dessert en plus – financiers aux pistaches et neige de Bailey’s (fallait bien que je montre que j’avais appris à utiliser le siphon à émulsions !).

    Img20070915_0015Comme un malheur n’arrive jamais seul, Anaïs est revenue de chez Malgorzata avec un assortiment de gâteaux polonais lourdingues et Catherine a cru bon d’amener une tarte aux fraises qu’elle avait initialement préparé pour fêter la moitié de son centenaire avec ses collègues. Résultat, on en mange le soir même, le lendemain matin, le midi en dessert et le soir "pour finir et pas jeter (ah, l’indécrottable hérédité !)".

    Et pour m’achever, on a pré-fêté les 40 ans de Stefano au champagne et aux petits choux cet après-midi !

    Ecoeurement total, jeans pas content et balance en préavis de grève. Faut que je me reprenne, faut que je me reprenne.

  • Fashion design

    Pfioouuuu ! Admise ! Et bien, on a eu chaud. Elle y croyait dur comme fer à la fin de la première semaine, elle était beaucoup moins confiante après la dernière épreuve de mardi dernier. Mais après des heures d’attente angoissante (l’école a promis de publier les résultats sur leur site web après les délibérations du jury vendredi matin et Maïté n’a quasi pas lâché la souris d’un pouce….), samedi midi, la liste était publiée.

    17 reçus sur 95 candidats ! Sélection dur dur. Et malgré notre immense fierté et notre joie pour Maïté, nous avons un pincement au coeur pour tous ceux qui voient leur rêve s’envoler.

    Reste plus qu’à bosser maintenant. Mais je lui fais confiance, elle aime tellement ça, elle bossera. Par contre, là où je suis moins sûre d’elle, c’est dans sa capacité à s’organiser dans le temps. Et j’ai pas trop envie d’essuyer les angoisses du manque d’inspiration ("l’angoisse du tissu blanc" en langage styliste) les veilles de remise de travaux. Anspach_027

  • A mes actes manqués

    A nos actes manqués

    Jean-Jacques Goldman

    A tous mes loupés (un peu), mes ratés (beaucoup), mes vrais soleils
    Tous les chemins qui me sont passés à côté
    (pas tant que ça)
    A tous mes bateaux manqués
    (aucun), mes mauvais sommeils (souvent)
    A tous ceux que je n’ai pas été
    (innombrables)

    Aux malentendus (finalement pas tant que ça), aux mensonges (si peu), à nos silences
    A tous ces moments que j’avais cru partager
    Aux phrases qu’on dit trop vite et sans qu’on les pense
    (yep)
    A celles que je n’ai pas osées
    (de moins en moins)
    A nos actes manqués

    Aux années perdues à tenter de ressembler (alors là,…. no comment)
    A tous les murs que je n’aurais pas su briser
    (mon vrai regret mais tout n’est pas perdu)
    A tout c’que j’ai pas vu tout près, juste à côté
    (disons que j’ai vu mais que j’ai pas osé regarder)
    Tout c’que j’aurais mieux fait d’ignorer
    (vraiment ?)

       

     

    Au monde, à ses douleurs qui ne me touchent plus (hélas, elles me touchent toujours et même plus que jamais)
    Aux notes, aux solos que je n’ai pas inventés

    Tous ces mots que d’autres ont fait rimer et qui me tuent
    Comme autant d’enfants jamais portés
    A nos actes manqués

    Aux amours échouées de s’être trop aimé (?)

    Visages et dentelles croisés justes frôlés (??)
    Aux trahisons que j’ai pas vraiment regrettées
    (jamais)
    Aux vivants qu’il aurait fallu tuer
    (par principe, aucun)

    A tout ce qui nous arrive enfin, mais trop tard (jamais trop tard)
    A tous les masques qu’il aura fallu porter
    (grande erreur)
    A nos faiblesses
    (hélas), à nos oublis, nos désespoirs (inutiles)
    Aux peurs impossibles à échanger
    (dommage)

    A nos actes manqués 

    Chemin

        

       

    Montre-moi le chemin © Nada Ayoub @ De A à Zed

  • La vita è bella

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    Je vais bien. Hanka m’a dit hier: "Je persiste à dire à tout le monde ici (càd à mes ex-collègues à Parme que j’ai quittés la mort dans l’âme) que tu vas bien. J’ai raison, non ?".

    Oui, elle a raison. Je vais très bien. Un an plus tard, j’ai enfin métabolisé mon départ de Parme. Accepté la perte de niveau de responsabilité (sans trop de difficultés) et la perte de salaire très relative finalement (avec beaucoup plus de difficultés mais maintenant ça va – il faut dire que Maïté n’est plus une onéreuse étudiante à Londres…). Accepté la séparation d’avec une équipe en or, d’avec des personnes qui m’étaient me sont toujours très chères, Hanka la première. Accepté d’avoir quitté mon Italie chérie. De ne plus prendre l’avion toutes les semaines. D’avoir quitté mon lit de princesse pour moi toute seule trois nuits par semaine.

    Je me sens bien à la maison, toute la famille réunie, je veux en profiter au maximum. J’ai trouvé un rythme de croisière au bureau. J’ai perdu cette impression de ne pas pouvoir tout assurer, mes rôles de femme, de maman, de fille, de soeur, de chef, d’amie.

    Je me sens mieux dans ma tête, mieux dans mon jeans, mieux dans mes escarpins.

    J’ai l’intention de profiter de cet état de grâce aussi longtemps qu’il durera.

  • Parent de la balle

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    Kathy m’avait bien prévenue: un enfant artiste, c’est pas la vie en rose. Et nous, on n’en est qu’aux examens d’entrée. Sept jours particulièrement éprouvants (sic le directeur de La Cambre dans une interview publiée dans le Elle Belgique de septembre) au terme duquel une moyenne de 15 candidats sur 200 seront retenus. Cette année, ils ne sont "que" 95 à se présenter. Faut-il en déduire que 7 seulement seront retenus ? Suspense.

    En attendant, chaque jour est un défi. Composer un mini magazine; se présenter en une dizaine de portraits photos ("ce que j’ai fait est nul, j’ai vu les portraits allégoriques de C., c’est troop bien, je veux tout recommencer"); présenter son portfolio ("je vais leur montrer ça, ça et ça, je vais "dééééchirer" – ah ben oui, la veille à minuit, elle déchire au sens propre tout un sketchbook pour ne garder que les dessins valables, càd de moins en moins au fur et à mesure que le temps passe); recevoir le matin 2m10 de calicot blanc et concevoir pour le lendemain une impression sur textile; utiliser ce calicot imprimé et une robe achetée aux puces pour créer un nouveau vêtement; défiler avec sa création; préparer un chapeau à partir de papier collant; écrire une dissertation sur un sujet/article donné; dessiner un nu; passer un entretien de motivation. Oufff !

    "Eprouvant" assurait le directeur ? Il ne pensait pas si bien dire. Et pas uniquement pour les candidats d’ailleurs. Non seulement Maïté n’a jamais été aussi fatiguée de sa vie (je pense aussi que je ne l’ai jamais vu autant travailler) mais son moral a joué au yoyo pendant toute la semaine. Au rythme de ses éclairs de génie et de ses manques d’inspiration. Et nous, on a épousé les vagues en sens contraire. On l’a ramenée sur terre quand elle se trouvait mégalo-grandiose et on a regonflé son ballon chaque fois que le soufflé retombait.

    Le jour de l’impression sur textile, elle n’a trouvé l’inspiration qu’en fin de journée: écrire sur toute la longueur du calicot en caractères d’imprimerie la phrase "Je n’aime pas les impressions sur textile". Bien sûr, à dix heures du soir, elle était loin d’avoir couvert tout le calicot. On a donc coupé la poire le calicot en deux et je me suis mise à ne pas aimer les impressions sur textile.

    Le lendemain, c’est le père qui s’y est collé. Maïté a toujours du génie (malheureusement aussi jamais très tôt le matin) mais elle est nulle techniquement (un peu comme moi et les gâteaux – sans lui je ne suis rien). Heureusement que son père est là pour lui rappeler qu’une manche n’est pas simplement un tube de tissu.

    Ceci dit, la réalisation était superbe et le calicot imprimé était génial de provocation. Elle a plu. Elle est préselectionnée. Restent encore la dissertation et le nu. On ne sortira le champagne que lorsqu’elle sera vraiment reçue. Mais on est déjà très fiers de ce qu’on elle a fait.

    Et vaguement effrayés par l’année scolaire qui nous attend. Kathy parlait de "nuits entières". Aaaargh, nous qui voulions cinq enfants et qui nous sommes arrêtés parce que nous ne voulions plus passer de nuits blanches.

  • Bon anniversaire Papy

    J’aime pas

    • quand il râle
    • quand il pontifie
    • quand il a son regard mauvais
    • quand il s’habille plouc (costume chic et baskets pourries)
    • quand il se fâche sur mes enfants (c’est comme si c’était sur moi, brrrrr)
    • quand il me montre sa limace (pour les esprits mal tournés, je parle de la cicatrice cheloïde qui lui reste d’un vilain souvenir de coeur)
    • quand il nous prend pour de jeunes cultivateurs ignares (et qu’il faut écouter son expérience de vieux cultivateur)

    J’adore

    • quand il fait son oeil de hibou circonflexe (enfin, seulement quand c’est pour rire, sinon pas)
    • quand il rit en silence comme Satanas
    • quand il papote au téléphone comme une piplette
    • ses jeux de mots à la con
    • son écriture  extraordinaire
    • sa recette de pain grillé
    • son bolo
    • les rares fois où il m’emmène faire le tour de son jardin (même si je n’en ai pas l’air)
    • son côté terriblement, érotiquement, fou-rirement amoureux de maman

    Je l’aime tout court, quoi !

    Item

  • Un an au pays des blogs

    H_3_ill_652682_05052208_blogsx1pe_wDéjà un an ! Je n’imaginais pas pouvoir tenir aussi longtemps. Je n’imaginais pas y trouver autant de plaisir. Plus le temps passe et plus j’ai de choses à dire. Je n’ai d’ailleurs pas assez de temps pour coucher sur le papier tout ce qui se bouscule dans ma tête. Le matin au réveil, dans le bus le soir, chaque fois que mon esprit s’évade.

    Je ne pensais pas non plus que Bloggy Wonderland était habité par tant de monde. Que de toiles de mots tissés en photos collées serrées, on passe de blog en blog préféré les uns des autres et on découvre chaque jour une nouvelle personnalité, un nouveau style, un autre ton, d’autres idées. De commentaires en e-mails peut même naître une certaine solidarité, voire de l’amitié pour certains.

    Ceux que j’aime reflètent inévitablement un petit bout de ma personnalité:

    Christie bien sûr, l’initiatrice, pour moi comme pour tant d’autres. Prümtiersen pour ces photos tellement émouvantes et la beauté de ses textes. Anne-So pour son ton futile et drôlissime. Pascale parce que c’est elle qui l’a fait. Maurine parce que la Nouvelle Zélande et pour rien, juste j’aime bien. Capucine parce qu’elle est hilarante et si juste. Et bien sûr bien sûr Lola qui dit toujours ce que j’aurais dit et à qui, à chaque fois, j’ai envie de dire "moi aussi" (je n’ose plus d’ailleurs, cela devient lassant).

    Last but not least, mon Anaïs aux si jolies photos et the cherry on the cake Sis’Cile, la plus drôle qui invente les plus beaux mots et qui dit les sentiments si Renaudement.

    Je re-signe pour un an.