Auteur/autrice : Myosotis
-
Le moment omelette
09/09/09 le moment omelette. D'accord, c'est neuneu et y'a pas de quoi en faire tout un plat mais ça n'arrive qu'une fois par siècle et j'avais envie de pondre quelque chose…. -
Tempus fugit
Faut-il que je l'aime cette amie pour me lever à 7h30 un dimanche matin (non, ce n'est pas mon heure le dimanche) pour passer avec elle sa journée d'anniversaire. Elle voulait fêter ses 50 ans en s'entourant de tous ses amis pour une longue balade le long de l'ancien canal Bruxelles-Charleroi, un pique-nique dans le jardin du château de Seneffe et une promenade dans ce même jardin en compagnie d'une conteuse qui nous raconte une belle histoire devant une sculpture végétale de Bob Verschueren.
On a passé une très très belle journée. Elle aussi je crois.J'étais la plusvieilleancienne de ses amies puisque nous nous connaissons depuis l'âge de 12 ans. Elle a été témoin de mon mariage, j'ai été témoin du sien. On s'est un peu perdues de vue un temps et on s'est retrouvées il y a une dizaine d'années avec plus de régularité.Malgré la beauté de cette journée, malgré le plaisir de retrouver aussi ses enfants, sa maman, ses soeurs, beaux-frères, neveux et nièces, il me reste ce soir un goût de mélancolie. La roue de la vie a tourné, nous avons pris la place de sa maman à l'époque où je la voyais plus souvent, ses enfants et mes enfants ont pris la place que nous avions quand nous étions très proches et jeunes amies et l'on se rend compte que le temps a passé sans que l'on en ait pris conscience. Et le billet d'@nn@ résonne curieusement en écho pour moi ce soir…. -
Multiplication de tables
Je prend de bonnes résolutions deux fois l'an: le 1 janvier, comme beaucoup, et juste après les vacances d'été. Une des bonnes résolutions récurrentes porte invariablement sur l'alimentation saine et la remise en forme.
Mais cette année-ci, la résolution tourne à l'obsession, à l'orthorexie – toute virtuelle malheureusement. Je passe des heures à penser mon alimentation, je planifie des menus plus sains (la planification des menus, ça c'est pas nouveau), je lis à n'en plus finir tout ce qui peut être lu en la matière. Je calcule mon indice de masse corporelle puis j'en fais tout un fromage.Je démarre la journée avec un pseudo-pancake de régime protéiné, j'emporte avec moi une pseudo-omelette protéinée. Puis je pense aux 5 portions de légumes et 5 portions de fruits par jour en n'oubliant pas un légume vert et un légume orangé chaque jour, que bien sûr je ne mange jamais sur une journée, le poisson deux fois par semaine pour les oméga-3, la poignée de fruits secs pour les minéraux et les vitamines, la banane pour le potassium, etc… Puis je joue à la table des calories tout en surfant sur la vague bio, cuisine vive et graines germées.J'écume avec plaisir les rayons des magasins bio et je veux tout essayer: les pâtes au kamut, la sauce tamari, le pain essénien (un pur délice), ….Et cerise sur le gâteau, je tiens absolument à m'inscrire à l'antenne locale du mouvement Slow Food – c'est sur ma liste de grands projets depuis au moins 3 ans -.Et puis toutes mes résolutions – et mes envies profondes, pour être honnête – retombent comme un soufflé devant:– les reine-claude ramassées au jardin qu'il faut absolument manger d'une manière ou d'une autre, càd en confitures, tartes ou clafoutis– les mûres en crumble– le collègue qui m'invite à raconter ses vacances devant une pizza– une soirée resto avec Josiane et Cat ou avec Véro- les petits chocolats et autres douceurs ramenés par les collègues de leurs différents lieux de vacances.– la baguette croquante– les cacahuètes sous mon nez– le sorbet de pommes crème à la cannelle qu'Anaïs a expérimenté– …..D'accord je veux le beurre et l'argent du beurre: la taille de guêpe et le teint de pêche mais sans renoncer aux plaisirs du palais. Je pédale dans la semoule et cette histoire va tourner au vinaigre. Je sens la moutarde monter au nez des diététiciens que je consulte et ils vont m'envoyer me faire cuire un oeuf. Ce sera bien fait pour ma pomme. J'arrête ici, je crois que je deviens franchement indigeste… -
Ephémérité des bulles
Entre le 31 août et le 1 septembre, le fossé a été énorme. Malgré le léger frémissement du téléphone et de la boîte à messages, l'atmosphère hier était encore détendue. Le retour de vacances des premières rentrées au boulot s'est fêté à grand renfort d'embrassades, de comparaisons de bronzage, de biscuits et chocolats rapportés des différents coins de l'Europe, de "raconte-moi comment se sont passées tes vacances ?", "Et toi, comment vas-tu ?", "Et ici comment c'était ?". Je suis toujours émerveillée de voir à quel point toute cette équipe est contente de se retrouver. Même la météo s'est mise au diapason et le soleil était vraiment radieux.
Et aujourd'hui, branle-bas de combat: le trafic a triplé, les petits enfants ont sur le dos un cartable si lourd que leurs yeux sont baissés et leur sourire s'affiche à l'envers. Le temps est maussade, la pluie s'annonce, et au bureau, le téléphone et la boîte mail explosent. On recommence à courir dans les couloirs, on laisse échapper des soupirs de trop plein, on déjeune sur le pouce, sur un coin de bureau, on enchaîne les réunions et les rendez-vous. Ca y est, ils sont tous de retour.Mes bulles d'août étaient bien éphémères….
-
Chauve qui peut
Ou Comment mettre sa mère de mauvais poil ?
Nous avons récupéré le petit dernier ce soir. Nous sommes allés l'attendre à l'aéroport et j'étais impatiente de le retrouver. On ne l'a pas vu sortir et il nous a appelés pour nous demander si on était là. Je ne comprenais pas comment sa sortie avait pu échapper à notre oeil vigilant. Quand on l'a repéré, j'ai enfin compris. On ne l'a tout simplement pas reconnu. Et mes cheveux se sont dressés sur ma tête. Mon lionceau tout bouclé n'a quasi plus un poil sur le caillou.
Il l'avait dit ("je vais le faire, j'ai envie d'essayer"), on n'a pas trop accordé d'importance à cette fanfaronnade (enfin, ce qu'on prenait pour une fanfaronnade). Et bien, il l'a fait.
Je n'arrivais même plus à le regarder. On a laissé partir un Jackson Five et on récupère un Prison Break. Comme toujours, il m'a caressée dans le sens du poil et j'ai arrêté de bouder. Au bout d'une heure, je me suis habituée mais j'attend avec impatience la repousse.
-
Semainier d’août
Dimanche: Quentin repart au Portugal. Je le confie à sa deuxième mère, comme il a eu l'outrecuidance d'appeler la maman de son copain Manu qui cuisine à merveille et comme chez ce petit ange d'amour, tout ce qui passe par les papilles et l'estomac fait office de visa pour la sympathie, elle n'a pas mis longtemps à faire valider son passeport.
Comme chaque fois qu'un de mes enfants prend l'avion, j'ai toujours un pincement au coeur, je chasse comme des mouches des images fugitives de type "c'est la dernière fois que je l'embrasse". Le seul avantage de ces quinze jours sans lui, c'est que nous allons pouvoir manger léger pendant que la deuxième mère – jusqu'ici nourricière – affinera sa séduction en lui épargnant les modalités pratiques de type "Tu as rangé ta chambre ? Tu as trouvé ta liste de bouquins pour la rentrée ? Tu pourrais mettre la table et couper le pain ?". Grrrrr !
Lundi: C'était il y a dix ans à Turin, c'était un collègue viennois, un peu excentrique. Il parlait couramment une dizaine de langues, il jouait du violoncelle et nous faisions partie de la même chorale organisée entre collègues pendant nos heures libres. Nous n'étions pas très proches mais nous avions la musique en commun et j'aimais son excentricité. Nos chemins se sont séparés. Nous avions repris contact à l'occasion d'un Noël il y a deux-trois ans puis plus rien. Il s'est marié fin juin de cette année. Une tumeur au cerveau l'a emporté cette semaine. Il avait 45 ans.
Mardi: Coiffeur pour se refaire une couleur, esthéticienne pour se refaire un pied décent, après-midi glamour, soirée pseudo glamour autour d'un Planteur dans un bar hyper branché de la capitale. Et je ne me suis pas sentie à ma place. Trop de glamoureuses autour de moi, parfois jolies, souvent non, mais tellement fausses de la tête aux pieds, des hommes gominés, roulant des mécaniques dans des costumes étriqués ou tape-à-l'oeil. Le Planteur n'était pas terrible, l'endroit était imposant mais froid et de là où l'on était (mal) assis, on voyait les poubelles. Le même glamour cache-misère que ceux qui m'entouraient. Je me suis sentie en décalage. J'aurais voulu retrouver J et S dans un cadre plus simple. C'est pourtant moi qui ai choisi sur recommandation d'une collègue.
Mercredi: Journée caniculaire. L'Homme a pris congé pour aller tondre le jardin des parents. J'étais vraiment tentée de l'accompagner et de prendre une journée de congé mais j'étais seule "in charge" et je n'ai pas osé. Ma conscience professionnelle m'encombre. Maigre revanche: pour une fois, je me suis occupée d'un dossier on ne peut plus personnel: remplir des papiers nécessaires à ma ….. retraite ! Pfffffff…..
Jeudi: J'ai envoyé un sms à mon fils qui n'a plus donné signe de vie depuis qu'il a passé la porte d'embarquement dimanche après-midi. "Nous aussi on va bien merci". Cet ingrat a daigné me répondre une heure plus tard "tt va tre b1 jmange b1 jbronze ! Jfai du bateau c super! Bizou a bientôt". Une petite phrase assassine pour chacun: il mange bien, grrrr dit la mère; il bronze, grrrr disent les soeurs; il fait du bateau, grrr fait le père.
Vendredi: Je n'ai jamais été aussi paresseuse que cette semaine. Il y a bien 15 ans que je n'ai plus bullé comme ça au bureau. Ce n'est pas qu'il n'y ait rien à faire; ce n'est pas non plus que je n'ai rien fait; mais j'ai travaillé comme au ralenti. Tout le monde est en vacances ou presque et je travaille sous pression zéro. Donc, je fais un peu mais pas trop. Je pars à 5h30 tous les jours. Et je surfe sur Internet 5 minutes toutes les demi-heures. Et je culpabilise.
Samedi: Et il fait toujours beau et chaud. J'aime Bruxelles sous le soleil. On a pris l'abonnement théâtre, cadeau d'anniversaire de Mamy L., commandé les nouvelles lunettes de l'Homme et d'Anaïs, commandé le cadeau de Swiss Sis', et je me suis achetée dans un magasin vintage des chaussures….. en serpent. Va falloir que je les mette et que j'assume.
-
Swiss air
Depuis 20 ans, invariablement, on termine les vacances d'été par une semaine en Suisse (quand on n'y a pas passé l'entièreté de nos vacances). Avec une soeur installée en Suisse et des parents qui louent tout le mois de juillet à la montagne, c'est un passage non pas obligé mais oblique vers le retour à la dure réalité.
En 20 ans, on a épuisé tout ce qui peut être fait sur place. Et on a fait le tri de ce qu'on aimait vraiment. On s'est donc concocté un vrai programme fourre-tout et pour tous les goûts:- une marche en montagne (bien moins longue que d'habitude, genou, cheville et mollet divers obligent)
- une visite à la Fondation Gianadda
- un barbecue le long d'un ruisseau
- une journée shopping à Lausanne
- un dîner au Repos des Chasseurs
- une après-midi aux bains thermes
Pour la première fois depuis 20 ans, on a fait l'impasse sur le feu d'artifice de la fête nationale. Par contre, on n'a pas échappé à la dispute annuelle autour du jeu de cartes.
-
Cheese caca
Le petit
dernier a 18 ans aujourd’hui. Je veux absolument marquer le coup, même si on
est loin de chez nous. Je n’ai pas arrêté de lui demander ce qui lui ferait
plaisir comme journée. Un resto ? Bof. Une journée particulière ? Non, pas
spécialement. Une sortie en boîte à Lisbonnne ? Encore moins. Une journée comme
les autres, plage et jeux de plage et jeux de cartes le soir.Je ne me
suis pas avouée vaincue et j’ai tenu néanmoins à ce qu’il ait au moins un
gâteau d’anniversaire. Mais faute de matériel, je me suis résignée à acheter un gâteau à préparer en 15 minutes et j'ai opté pour un cheese cake. J'ai complété mon achat de quelques meringues qui au Portugal portent le joli nom de "Soupirs". Je m'en suis sentie inspirée.Bien mal m'en pris. Inspiration foireuse.
Malaxer la poudre du sachet n°1 avec 50 grammes de beurre. Ecraser dans le fond du moule en plastique ad hoc. Jusque là, mouais, ça peut aller.
Mixer le contenu du sachet n°2 avec du lait. Pouah, ça sent la vache qui rit. Moi, je ris jaune. Mais je persiste en espérant que l'odeur va s'atténuer. C'est un CHEESE cake mais quand même j'ai quelques doutes. Verser la préparation sur la croûte en biscuit et faire prendre au frigo pendant 10 minutes.
Préparer la gelée de framboises pour la couverture. A cet effet, délayer la poudre rouge du dernier sachet dans un peu d'eau. Ca sent l'acide citrique dès l'ouverture du sachet et franchement c'est tout à fait immonde. Je décide que l'on se passera de la couverture framboise.
Le démoulage s'avère moins simple qu'annoncé sur la boîte. Au point où on en est, on masque l'effondrement de la masse informe par quelques meringues. On ne sait pas encore qu'elles sont franchement à "soupirer" elles aussi.
Avant de réveiller Quentin, on s'efforce d'enfoncer quelques bougies dans ce désastre et on s'obstine à les allumer sous le vent. Contraintes et forcées, on décide de rentrer à l'intérieur puis de ressortir déjeuner dehors dès que les bougies soufflées.
Quentin, bon public, remercie mais n'en reprendra pas, merci, sans façons.
-
Sous le signe du livre
Pour ne pas
faillir à la tradition, une vingtaine de livres occupent un sac de voyage.
C’est la période de l’année où je deviens bibliophage. Je dévore deux à trois
livres par semaine, voire un livre par jour si leur taille le permet. C’est
aussi la période de l’année où les filles, loin de Facebook ou Polyvore, lisent
un peu plus. Elles ont amené leur propre sélection mais elles piochent dans ma
“montagne” aussi. Ce qui nous permet d’échanger nos commentaires et nos points
de vue.Mais la
grande surprise de cette année, c’est
de voir Quentin finir un premier livre en trois jours et même bientôt un
deuxième, puis un troisième. Peut-être que ces vacances, il nous finira quatre livres. C’est l’événement
de l’année ! Lui qui n’a probablement jamais bouclé plus de deux livres dans sa
vie, et encore. Même l’essai avec Harry Potter ne s’est pas révélé concluant.J’avais
glissé l’Alchimiste dans nos bagages, sans raison particulière, si ce n’est
qu’il était recommandé dans un guide sur le Portugal – sans bonne raison
d’ailleurs – et c’est lui qui a opéré la magie là où Dumbledore et consorts ont
failli. -
Le vrai farniente
Nous sommes
tous les cinq des bêtes de plage. A des degrés divers. L’une aime à petites
doses et mélange la carpette et l’eau, d’autres sont des crèpes pur sucre et
dévorent les bouquins à l’horizontale, face puis pile et alternent de temps en
temps en position assise, d’autres encore n’arrêtent pas de bouger – frisbee,
ballon, raquettes, cerf-volant, plongeons – et ne s’allongent que très
rarement.Certaines
sont également plus sensibles que d’autres au vent. Quand d’aucuns y voient une
occasion rêvée de soumettre le cerf-volant à de nouvelles prouesses, d’aucunes
préfèrent ne pas mettre le nez… au vent.Une de ces journées dédiées à St Eole, je suis restée
l’après-midi entière à la maison et j’ai bullé, complètement bullé. Je n’en ai
pas profité pour repasser ni pour préparer l’un ou l’autre article, ni même
pour avancer dans le bouquin en cours. J’ai juste bullé. Ma bulle à moi, ce
jour-là, était de fantasmer sur des journées imaginaires pour les prochains
mois à venir: "alors on disait que toutes les six semaines, je partirais en
weekend et puis on disait que toutes les cinq semaines, j’organiserais un dîner
et puis…", etc… Comme quand j’étais petite fille et que j’imaginais ma vie
d’adulte. J’ai joué longtemps, très longtemps à ce petit jeu, aussi longtemps
que j’ai eu du temps pour buller. En gros, jusqu’à l’arrivée du premier bébé.
Se pourrait-il que le temps des bulles revienne ?













