Auteur/autrice : Myosotis

  • La farfadette a trois ans

     

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    Crédit photo: Cécile

     

    Cette petite bouille d'amour aux yeux ensorcelants peut se transformer en véritable boule colérique inconsolable. Il suffit de trois fois rien. Une chaussette à la couture inconfortable, un biscuit plus petit que les autres, une peluche de persil sur la purée ou un peu de pâte à modeler qui colle au doigt. La moindre contrariété la transforme en dragon. Elle aime les princesses autant que les sorcières ou les méchants. Elle vénère les Maléfique, Jafar, sorcières et autres dragons que tous les autres enfants craignent les deux mains sur les yeux. Mais elle ressemble à une poupée. Elle est une merveille déconcertante….

    Aujourd'hui elle a trois ans. Sa maman lui a dit qu'il y aurait des cadeaux. Elle répond "Non, des gâteaux". "Oui mais aussi des cadeaux". "Oui mais aussi un gâteau". Elle a un palais en forme de sucre d'orge. 

    Et elle a eu des gâteaux et des cadeaux. Et surtout ses cousins venus la fêter. Ses yeux ont brillé toute la journée. Mais ils ont pétillé encore un peu plus fort quand Sam Sam est arrivé et qu'il lui a dit "Bonjour Lémoni" avec tout son charme de crooner. Et quand tout le monde a chanté "Joyeux anniversaire Lémoni", Sam Sam a dit "On a oublié Hip Hip Hip Hourra !". 

    Je crois bien que pour la première fois, elle a réalisé qu'elle était la reine de la fête. Et que rien ne pouvait la rendre plus heureuse.

  • Et ça continue

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    Lundi: Je poursuis l'entrainement avec Quentin et je suis super fière et contente à la fois.J'enchaîne avec le repas du soir de Mamy parce que l"Homme est retenu dans une assemblée générale de copropriété pour ma maman. Chacun s'occupe de la mère de l'autre en d'autres termes. C'est plutôt inédit mais c'est pas mal non plus. Il est un fait indéniable qu'il a des compétences bien supérieures dans le domaine de gestion de copropriété. Et je ne suis pas trop mauvaise en empathie quatrième âge.

    Mardi: C'est une journée pour moi ou du moins une bonne partie de journée. Je rejoins petite Anne pour un lunch précédé d'un massage dont elle a le secret. Moi qui ne suis pas fan, voire même plutôt réticente à confier mon corps aux mains expertes en la matière, je ne sais pas pourquoi mais avec elle, tout cela parait simple. Elle doit avoir un don. Elle a commencé par un massage de la voûte plantaire et elle a mis – c'est le cas de le dire – tout de suite le doigt sur une zone sensible. Quand je lui ai demandé à quoi cela correspondait, elle m'a pointé le côlon. Et quelle est la partie de mon corps la plus sensible ? En plein dans le mille !

    Mercredi: Après-midi Jules et Samuel. L'Homme est allé me les chercher à l'école et me les ramener avant de filer chez sa maman. Ils ont mangé puis joué. Sappho les a rejoint après la piscine. On les a emmenés manger une glace tellement il faisait encore beau. J'ai découvert que le marchand de glaces habite la maison où Verlaine a tiré sur Rimbaud. C'était à l'époque un hôtel à deux pas de la Grand Place mais les murs sont toujours identiques. Sur la Grand Place justement, les lauréats de l'Université Libre de Bruxelles fêtaient leur réussite en toge et toque de remise de diplôme. Les questions allaient bon train et c'était amusant de les voir se projeter dans cet avenir un peu lointain tout de même.

    Jeudi: Lunch avec six de mes anciens collègues que je n'avais plus vus depuis mon départ le 1 février. Un pur bonheur. Je les ai retrouvés comme si c'était hier et je regrette que les lunches passent si vite. Et je pense qu'eux aussi étaient contents de me revoir. Soirée théâtre avec J. et S.. Pièce peu convaincante malgré le plaisir de les voir.

    Vendredi, samedi, dimanche: Courses, repassage, s'occuper de sa maman, prendre en charge l'un ou l'autre petit pendant quelques heures, une journée entière ou une nuit, notre routine de weekend "calme". 

    Lundi: Dîner chez J et S, trois fois rien et mille fois tout ou l'art de prendre trois ingrédients et d'en faire une merveille. Chez elle, c'est un don…. Et puis soudain ce nouvel attentat terroriste dans la soirée. Mon portable vibre deux fois et malgré les bonnes manières à table, je sens que je dois le sortir de mon sac. L'un vient de Swiss'Sis qui se demande "si tout va bien pour nous ?" et l'autre d'Anaïs beaucoup plus en mode panique "C'est quoi ce bordel place Sainctelette ?". Cet attentat qui ravive chez elle tout ce contre quoi elle lutte pour garder le niveau de ses angoisses dans des limites acceptables lui permettant de fonctionner au quotidien. Le travail immense qu'elle accomplit sur elle-même pour grignoter du terrain sur son anxiété est pulvérisé en deux coups d'arme à feu. Et je désespère de ne pouvoir l'aider.

    Mercredi: Aller chercher les garçons à l'école, les ramener à leur mère, filer chez sa maman puis rendez-vous chez l'ophtalmo pour tous les deux. Le verdict attendu est tombé, mon oeil qui voit de loin est toujours dans les mêmes dispositions, mon oeil qui voit de près se presbytise un peu et me voilà bien obligée de faire comme tout le monde (ou presque) et chausser des lunettes sur le nez si je veux encore lire avec plaisir le soir (seulement le soir, si si). Bon ben, j'aurai tenu 20 ans de plus que la moyenne, c'est déjà pas si mal. J'aurai un truc en plus à chercher un peu partout dans la maison, outre le téléphone et les clés.

    Jeudi: Petite intervention chirurgicale chez la dermato. J'ai le choix: on enlève tout tout de suite et 4 points de suture ou on fait une biopsie avec un seul point puis on analyse et on voit. Evidemment, pas trop courageuse, j'opte pour la biopsie. Je pense surtout que j'ai les deux filles le soir même pour 4 nuits, vu le déménagement de leurs parents dans leur nouvelle maison, dont une petite farfadette qui se fait porter comme un poids mort pour un oui ou pour un non. Et ce sera encore moins compatible avec 4 points.

    Vendredi, samedi: Et voilà c'est le weekend du grand déménagement. Ils l'auront attendue cette maison-là. Ils sont "dessus" depuis avril et aucune embûche ne leur aura été épargnée. Ils sont contents. J'ai emmené les filles voir l'appartement vide, je pense que c'était important de faire la transition, surtout pour la farfadette. Et le samedi, découvrir la nouvelle maison, mais encore gonflée de caisses et de cartons. Difficile pour un petit bout de se projeter là. Au moins elle a vu que Coton le chat était là. 

    Dimanche: Maïté a soufflé ses 36 chandelles chez nous avec le clan et ça leur a fait du bien, je pense, malgré l'immense fatigue. Ce soir, les filles rentrent dans leur nouveau nid et ce sont les garçons qui prennent la relève pour la première semaine des vacances de Toussaint. 

  • La reprise en octobre

     

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    Lundi: Après avoir passé une nuit à l'hôtel "Swiss Sis", toujours aussi bien tenu, on a repris la route. Dernière ligne droite avant la fin de ces merveilleuses vacances et une rentrée sur les chapeaux de roue. Le fait de faire tout ce trajet en voiture a un effet quelque peu thérapeutique. On métabolise tout le bonheur engrangé et on prend des forces mentales pour les semaines chargées à venir. Au fil de la remontée vers le nord, le paysage change graduellement, le temps aussi – bien que quelque peu cette fois -, et on enfile mentalement nos tenues de parents, grands-parents, enfants, amis, gestionnaires de 1001 détails. Sur la route, Maïté nous invite à venir manger chez eux et nous acceptons, contents de les revoir eux et les filles. 

    Mardi: Prise de sang à la première heure. Retour à la maison pour un petit café et je prends mon courage à deux mains pour rejoindre mon coach de fils à la salle de sport. Je lui ai promis qu'au retour de vacances, je me reprendrais moi aussi en main. A ma grande surprise, je ne suis pas aussi découragée que je ne le craignais et je me surprends même à aimer courir sur un tapis qui ne mène nulle part. L'Homme vient me chercher et on file remplir le frigo avant mon rendez-vous chez la kiné pour une nouvelle série de séances de mobilisation du doigt. Et on finit la journée par un concert du dernier survivant du Buenavista Social Club, Eliades Ochoa. Pur plaisir.  Si ça, c'est pas une reprise d'enfer…..

    Mercredi: Katia venait à la maison pour la séance mensuelle de manucure pédicure. On devait être trois, l'Homme, Maïté et moi. On s'est retrouvés à 11. Quentin, Kerya et Maoh ont débarqué dès le  matin. Quentin est allé chercher Jules et Sam à l'école parce que les grands-parents bis étaient partis plus tôt que prévu en vacances. Du coup Sappho nous a rejoints après la piscine. Et comme Amalia avait de la température, Anaïs est venue avec elle dès le matin, rejoindre la troupe des télétravailleuses aux mains et pieds soignés. Swiss Sis avait débarqué le matin même à Bruxelles pour une formation de trois jours et je lui avais proposé de passer à la maison entre la fin de la formation et le dîner organisé à deux pas de chez nous. Elle pensait se poser dans un endroit un peu calme, c'était pas tout à fait ce qu'elle avait imaginé mais en même temps, voir le temps d'une petite heure cette petite troupe remuante ne devrait pas lui avoir déplu.

    Jeudi: Nouvelles séances avec Quentin et avec la kiné. Journée plus calme en apparence. J'en profite pour repasser la montagne de linge post-vacances. 

    Vendredi: C'est au tour de ma belle-soeur de partir en vacances. L'Homme la conduit elle, le chien et des bagages pour 3 mois à la mer. Il s'occupera de sa maman pendant les deux semaines qui viennent. Matin, midi et soir. Mais c'est moi qui, après les rendez-vous esthéticienne et coiffeur (faut ce qu'il faut), ouvre le feu ce soir puisqu'il ne sera pas de retour. Je reste auprès d'elle une petite heure puis rejoint maman, Swiss Sis et Sis'Cile pour un repas un peu festif avant le retour de Swiss Sis vers son Vaud et son mari.

    Samedi: Quentin, Kerya et Maoh ont fait quelques courses en ville et sont venus déjeuner. Plus tard dans l'après-midi, Maïté et JD sont passés avec les filles. Ces moments que j'aime. Le soir, l'Homme a ramenés les premiers avant de filer chez sa maman et moi je suis partie retrouver la mienne pour un concert de musique baroque.

    Dimanche: J'ai accompagné l'Homme pour le petit déjeuner de sa maman, puis nous avons été prendre un cappuccino chez J et S avant de rejoindre tout le clan chez Anaïs et Simon qui nous invitaient pour un brunch. Rien que du bonheur. Quentin a remplacé son père chez Mamy le midi, histoire de le laisser souffler un peu. 

    Et voilà comment cette première semaine a filé. Dans un tourbillon dont, pour rien au monde, je ne me plaindrais.

     

  • Veni etiam

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    Mais que j'aime cette ville. Je ne l'ai pas encore quittée que je pense déjà à organiser nos retrouvailles. Veni etiam, viens encore. Il ne faudra pas me le répéter deux fois. Je reviens dès que je peux. A chaque séjour, je suis un peu plus amoureuse. De l'eau, de la lagune, du soleil qui scintille sur l'eau, des ponts, des ruelles sombres, des campi déserts puis résonnant de cris d'enfants, du va et vient des vaporetti, du bruit qu'ils font quand ils freinent et accostent, des petites vieilles et leurs caddies, ….

    On a retrouvé nos restaurants favoris, on a pris le temps de faire deux-trois expos, on a marché, marché, marché, on a découvert une nouvelle île, San Servolo, si sereine, on s'est reposés sur notre altana, on a lu, on a ri, on a aimé chaque instant. 

    J'ai enfin fait découvrir à l'Homme le musée Fortuny, dans sa maison, le Palazzo Pesaro degli Orfei, transformé en atelier par Mariano Fortuny et sa femme Henriette, lui Espagnol, elle Française et eux deux amoureux de Venise.  Fortuny se consacrait aux nombreuses disciplines qui le passionnaient: de la photographie à la peinture, en passant par l’éclairage théâtral et domestique et le couple fabriquait à la main des tissus et des vêtements et c'est surtout cette activité là qui est passée à la postérité. 

    Comme il pleuvait, on s'est engouffré dans un second musée présentant une expo sur 70 ans de photographies de Vogue de 1910 à 1980. Une sorte de chronorama qui traverse presque tout un siècle par le biais de près de 400 photos connues, moins connues ou totalement inédites. Impressionnant.

    Quelques jours plus tard, j'ai voulu voir une expo de photographies prises par Nikos Aliagas, "Regards Vénitiens" que je n'ai pas aimée mais qui nous a permis de découvrir dans le même bâtiment une autre exposition sur le Marco Polo de l'Inde, Nicolo Manucci. Et là j'ai adoré. Comme quoi, ne jamais hésiter, une expo peut en cacher une autre.
     
    A part ça, on a dormi comme des marmottes, il a préparé des petits déjeuners succulents, on a pris son temps pour tout, on a mangé des glaces chaque jour, la dernière à la truffe blanche, à tomber, on a regardé des films bêtes et moins bêtes, on a regardé la lune grossir jour après jour au-dessus du canal, enfin bref, deux semaines idylliques. 

     

  • Rentrée des pioux, sortie pour nous

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    Rentrée des classes pour quatre des pioux dont une à l'école primaire, l'autre à l'école maternelle. Une rentrée toute en douceur. Petit bémol tout de même: après deux semaines, Le meilleur ami de Sappho, dont elle est inséparable depuis leur entrée à la crèche, a changé d'école du jour au lendemain, sans signe avant-coureur, sans même avoir eu le temps de dire au revoir. Ce n'est pas comme s'ils n'allaient plus se voir du tout mais le choc est grand malgré tout quand le matin on arrive à l'école et il n'est plus là. Et même si Sappho ne montre pas trop de désarroi, on ne sait pas ce qu'il se passe derrière ses beaux yeux bleus un peu perdus….

    Sortie pour nous, maintenant que nous avons rendu nos tabliers de grands-parents d'été. Alors en route pour la Bourgogne pour retrouver Gérard et Martine que nous n'avons plus vus depuis 15 ans pour lui, 20 ans pour elle. On s'est rencontrés en Italie, lui et moi comme collègues, elle et l'Homme au cours d'italien. Elle a vite trouvé un boulot d'institutrice au Lycée Français et Quentin l'a adorée dès le premier jour. Après cinq ans, nos chemins se sont séparés, nous sommes rentrés en Belgique, eux ont encore fait un petit tour de deux ans en Jordanie avant de rentrer dans leur Bourgogne. Les retrouver a été un pur plaisir. Deux nuits chez eux, deux journées enivrantes dans tous les sens du terme.

    Puis nous avons mis le cap sur l'Italie. Après une nuit dans un agritourisme absolument délicieux, nous avons pris le bateau à Ancône vers la Grèce. Trois petits jours dans Athènes la magnifique avant d'assister à ce concert tant attendu. Concert inoubliable dans un endroit magique, l'Odéon d'Hérode Atticus, juste sous l'aile de l'Acropole. Je n'en reviens toujours pas d'avoir vécu ce moment. 

    Seul bémol, une bronchite bien malvenue m'a empêchée de profiter comme j'aurais voulu de ces 3 jours à Athènes. 

    Retour à la maison pour une petite semaine, le temps de fêter avec retard nos amis lions, de retrouver les enfants et les pioux et de convertir le cadeau de mes collègues en 2 billets d'avion pour le Sud de l'Inde. Et de refaire les valises pour Venise !

    Elle est pas belle la vie de pensionnés ?

  • Petit lion

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    Maoh a fêté ses deux ans. Je n'en reviens pas comme le temps a passé. Il est devenu si grand, si beau, si drôle. Il parle tout le temps et de mieux en mieux. Il oublie un peu de nous taper sa grand-mère maternelle et moi, ce qui n'est pas fait pour me déplaire. Difficile de rentrer en contact avec un enfant qui vous repousse si sa maman est à moins de 3 mètres. Les tantes sont moins impactées, les grands-pères et les oncles encore moins. Ce sont les grands-mères, peut-être trop en attente d'affection, peut-être trop proches du modèle maternel en termes de "je te boufferais tout cru tellement je t'aime" qui le hérissent. Mais là, il semble nous avoir enfin acceptées. J'aime bien dire "nous", ça me rassure qu'il n'y ait pas que moi :-).

    C'est un petit lion comme son père et il combine le charme et le sourire de ses deux parents. J'ai adoré le voir parmi les cousins pendant cette semaine à la mer.  Et je crois que lui aussi y a pris beaucoup de plaisir. 

    On a fêté ses deux ans chez ses grands-parents maternels comme l'année dernière et comme chaque fois, l'accueil des parents de Kerya a été on ne peut plus chaleureux. On se sent chez eux comme chez soi. C'est rare que j'aime enlever mes chaussures quand je suis invitée chez quelqu'un mais là cela me semble la chose la plus naturelle du monde. Je sais qu'ils voudraient qu'on se voie plus souvent mais nous sommes toujours par monts et par vaux et sollicités de toutes parts.

    Le petit lion va être promu au rang de grand frère et peut-être cela multipliera l'occasion de nous voir….. 

     

  • L’été des pioux

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    On aura passé tout l'été avec un peu, beaucoup de pioux, passionnément, à la folie et jamais pas du tout. On aura commencé le début des vacances à la maison-jardin avec Lémoni seule, exemptée de crèche avant la rentrée en maternelle en septembre. C'était à peu près la seule semaine de juillet où il a fait vraiment beau. N'avoir qu'elle était du pur bonheur. Elle a partagé son temps entre la coquille piscine, les bulles de savon, la musique et la chasse aux cossinnelles et aux mouches.

    Après un stage à la ferme, sa soeur l'a rejointe la deuxième semaine. Mamy est venue aussi pour quelques jours. Le temps de participer à la fête des noces d'or de F. et P. et de faire quelques pots de gelée de cassis, avec l'aide des deux filles. 

    Les garçons et mini Amalia étaient au Pays de Galles pour deux semaines. Maoh ne quitte pas encore ses parents.

    Après un court retour à Bruxelles, on a repris les garçons cette fois, à leur retour d'Angleterre et Maïté et JD nous ont ramené les filles le lendemain. Malheureusement le beau temps n'a plus été de la partie et la gestion des quatre a été quelquefois plus difficile puis Anaïs est arrivée en renfort avec Amalia puis Simon quelques jours plus tard, même si en télétravail comme Maïté. 

    Nouvelle parenthèse à Bruxelles pour fêter les deux ans de Maoh puis les 93 ans de Mamy L. et départ pour un séjour à la mer d'une semaine. Cette fois, tous les enfants étaient là et cette semaine a été tellement intense tant en termes de fatigue que de bonheur absolu qu'au retour j'ai pleuré pendant une petite heure comme un enfant qui pleure parce que c'est déjà fini….. 

    On termine ces vacances comme on les a commencées, avec les deux filles, à la maison-jardin où il fait à nouveau plein soleil. On rentre mardi prochain et tout le monde se prépare à la rentrée. L'entrée en primaire pour Sappho et l'entrée en maternelle pour Lémoni. 

    Après nous partirons en vacances tous les deux et j'adorerai ce moment là aussi. Mais tant qu'ils voudront passer des vacances avec nous, moi je signe des deux mains pour l'été prochain.

    Que fait l'Homme pendant que j'écris ce billet ? Il surfe sur des sites immobiliers à la recherche d'une maison à la mer en Belgique…. Lui qui jurait qu'il n'y mettrait plus jamais les pieds, il faut croire que ces vacances lui ont tourné la tête.

  • Le cadeau

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    Je l'ai déjà dit à plusieurs reprises, dans une autre vie, j'ai dû être grecque. Cela fait quarante ans que je vibre au son de la langue grecque et de la musique grecque, rebêtiko en particulier. 

    Et voilà que début juillet, j'ai découvert, totalement par hasard, un compositeur et chef d'orchestre grec aussi connu que Mikis Theodorakis dans son pays mais très peu hors Grèce. J'ai regardé en boucle des concerts qu'il a dirigés et où la majorité des morceaux joués étaient ceux que j'aimais depuis 40 ans, réalisant par la force des choses que c'est cet homme là qui a composé tous ces fabuleux  morceaux. Le regarder diriger les musiciens et les chanteurs était juste du pur bonheur. Je peux même dire qu'il était fringamment séduisant malgré son âge avancé.

    De fil en aiguille, j'apprends qu'il donne un concert le 3 septembre qui s'annonce "Stavros Xarchakos. Rebêtiko, 40 ans après". C'est comme si une boucle se bouclait. Pistache sur le baklava, ce concert se donne en plein air sur le flanc de la colline qui mène à l'Acropole, dans l'Odeon d'Hérode Atticus. Il y a 4 ans, en redescendant de l'Acropole, je me suis arrêtée pour écouter et regarder les répétitions d'un concert prévu le soir. J'ai regretté depuis ce moment de n'avoir pas cédé à l'envie de prendre des places pour être là, même sans savoir vraiment qui donnait un concert ce soir là, tellement l'endroit est magique.

    La billetterie ouvre le 10 juillet. La nuit, l'idée surgit. Et pourquoi pas en fait ? Si je ne cède pas à mes envies maintenant, quand le ferais-je ?

    Il y a ce cadeau qu'ils m'ont offert pour mes 60 ans. Un voyage au choix que je n'ai jamais eu l'occasion de choisir because of Covid. Et si je choisissais pour destination Athènes pour quelques jours début septembre ? Oui mais. Oui mais on descend à Venise mi-septembre, c'est un peu exagéré. Oui mais j'ai une intervention prévue chez la dermato. Oui mais on a un rendez-vous chez l'ophtalmo. Oui mais on est invité chez Anne et Guido. Oui mais on descend en Bourgogne chez Gérard et Martine fin août. 

    Mais la pulsion est très forte. J'en parle à l'Homme, pensant qu'il me ramènerait les pieds sur terre. Il a répondu: "ok, on prend le bateau à Ancône". 

    Le 10 juillet à midi, j'avais deux places à l'Odéon. On a mis quelques jours à trouver encore des places sur un bateau, un hôtel à Athènes, on a reporté l'ophtalmo et la dermato, réorganisé les rendez-vous avec les amis. 

    Je n'en reviens toujours pas. Mon excitation s'est un peu calmée mais je suis comme un enfant qui attend Noël. Je crois que je ferais bien d'avoir des coups de folie plus souvent. De toute manière, c'est maintenant ou jamais. 

  • Première semaine de vacances

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    Je dis çà mais c'est une vue de l'esprit. La première semaine de juillet n'est plus vraiment la première semaine de vacances. Nous, on est maintenant en vacances toute l'année. Et nos pioux scolarisés ne sont même plus en vacances dès le 30 juin, ils se trainent une dernière semaine jusqu'au 7 juillet. Dans certaines écoles, ils poussent le bouchon jusqu'à leur donner congé l'après-midi pour que les maîtresses puissent ranger les classes mais par contre, pas question de partir en vacances dès le 1 juillet.

    Mais ceci dit, nous on a bien commencé le mois de juillet.

    Samedi: on a passé la journée en cuisine tous les deux pour recevoir les "amis du badminton", ceux avec qui les plaisirs de la table sont les plus intenses et ce fut une bien belle soirée. Exquise tant dans l'assiette (en toute modestie 😉 ) qu'autour de la table. Ma jolie nappe malgache de Noël n'a pas apprécié par contre la tache de vin dont on l'a gratifiée. On a tout de suite couvert la tache avec du gros sel mais j'ai appris ensuite que c'est la dernière chose à faire car le sel fixe les pigments. Après dix lavages, la tache est toujours là…. 🙁

    Dimanche: Sappho fête son anniversaire avec ses copains cette fois et Lémoni est donc venue chez nous avec Sam Sam, Amalia et leurs parents. Et le soir, Sappho, ses parents et Jules nous ont rejoints pour terminer le boeuf bourguignon de la veille. Inutile de dire que même si je n'avais dormi que 5 heures la nuit précédente, je raffole de ces moments-là. Il ne manquait que Quentin, Kerya et Maoh.

    Lundi: Lunch avec petite Anne, toujours le même bonheur de la retrouver. On s'est demandé à quel moment on s'était retrouvées, des années après la fin de nos études, et on n'est pas parvenues à mettre une date, une période sur ce moment-là. Mais toujours est-il que cela fait bien 20 ans que l'on se retrouve toutes les 4-6 semaines pour un lunch voire plus. Après le lunch, la fatigue était si forte que j'ai lâché prise et accepté de faire une exceptionnelle petite sieste.

    Mardi: Rendez-vous le matin avec la dame de l'agence immobilière pour régler les derniers détails de la mission de vente de l'appartement de maman que nous lui confions. J'espère que cette fois-ci ça marchera. A midi, nouveau lunch, cette fois avec deux ex-collègues et j'ai passé un moment délicieux. Le boulot ne me manque vraiment pas mais les collègues, oui, vraiment.

    Mercredi: Soldes pour l'Homme. Il se contente d'une belle paire de chaussures. Il faut dire qu'on a fait le plein de chemises il y a à peine un mois. Soirée déclaration d'impôts pour maman. Tout ce que j'aime 🙁

    Jeudi: Soldes pour Madame. Moi je dévalise le magasin. L'Homme m'accompagne. Je m'étonne toujours de le voir accepter tous ces essayages pendant plus d'une heure. Mais lui m'assure qu'il aime ça. Du moins dans une boutique où les vêtements sont encore bien pendus sur des cintres et pas roulés en boule au sol et où il y a peu de monde. Fin d'après-midi, Quentin, Kerya et Maoh nous ont rejoints et sont restés manger pour notre plus grand plaisir. 

    Vendredi: Canicule en vue. Dernier jour de crèche pour Lémoni qu'on emmène un jour plus tôt à la campagne pour une durée indéterminée. Une première semaine seule puis sa soeur et ses cousins suivront au gré de leurs vacances, stages et autres besoins des parents. Et je ne vais pas bouder mon bonheur.

  • Ceci est une première

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    Dans la famille des Chicoufs, je demande l'aînée. Six ans, toutes ses dents de lait, des yeux malicieux, un rire qui me fait fondre. Six ans, c'est l'âge où j'ai décidé qu'ils pouvaient décemment passer une journée avec Nonno et Bonnie. Elle ouvre donc le grand cycle des sorties où le temps leur est totalement consacré sans cousin, sans cousine, sans soeur et sans frère.

    Nous avions prévu d'aller la chercher à l'école à midi et de l'emmener d'abord au restaurant. Nonno a eu un imprévu et nous y sommes allées sans lui. Epreuve resto réussie: elle se tient bien, elle dit merci et surtout surtout elle enroule ses spaghetti autour de la fourchette bien mieux que tous les adultes présents dans la salle. A défaut de l'avoir dans le sang, elle a appris l'Italie comme on l'aime. Elle s'est même fendue d'un timide "grazie" qui lui a valu un "arrivederci signorina" en partant. On a ramené un plat à emporter à Nonno qui mourait de faim à la maison puis nous sommes montés – avec lui cette fois – vers le musée Magritte. 

    C'était peut-être un peu tôt pour elle – le temps de contemplation devant chaque tableau n'a pas dépassé la minute et demie – mais elle en aura retenu l'essentiel. Bien sûr elle a dit "Mais si, c'est une pipe !" avant qu'on ne lui explique la Trahison des images. Elle a aimé le trou de serrure qui laisse apercevoir une …. clé et je lui ai montré mes deux préférés, l'Empire des Lumières et le Domaine d'Arnheim. Mais quand, à la sortie, je lui ai proposé de choisir 3 cartes postales en souvenir, elle a choisi des tableaux tout à fait inattendus. Par contre, à peine sortie du musée, elle avait déjà oublié le nom du peintre alors qu'elle identifiait sa signature sur chaque tableau. Quand l'Homme a voulu l'aider et lui a dit que son nom ressemblait un peu à une petite fleur au coeur jaune et pétales blanches, on a évité de justesse le René Pâquerette !

    On a terminé l'après-midi au parc où on a pu admirer, nous pour la première fois, elle pour la seconde, les sculptures du Chat de Geluck !

    Je crois qu'elle a aimé cette journée, moi j'ai adoré et j'ai déjà envie de fêter les six ans et demi pour ne pas devoir attendre les sept.