Auteur/autrice : Myosotis

  • Tchèque liste

     L'Art nouveau (à tous les coins de balcon)

    La Becherowska (l'eau-de-vie typique)

    Le Château (à peine entrevu, vu l'heure)

    Dvoràk au petit déjeuner (grandiose, comme le petit déjeuner)

    La petite soeur de la Tour Eiffel (presque copie conforme)

    Le Funiculaire (qu'on n'a pas pris)

    La cathédrale Saint Guy (aux vitraux impressionnants)

    L'Horloge astronomique (un peu décevante)

     L'Incontournable Taupek (la star du dessin animé tchèque)

    Le Jacobin de Dvoràk au Théâtre National (et vivent les sous-titres en tchèque et en anglais !)

    Les Knedlyki (boulettes de farine, accompagnant un rôti de porc et du chou pour obtenir le plat national)

    La Laterna Magika (qu'on n'aura pas eu le temps de voir)

    Le musée Mucha (très bel homme ce Mucha)

    L'église St Nicolas (baroque rococo, j'aime)

    Un soir à l'Opéra (rien de tel qu'une soirée à l'opéra lors d'un city trip)

    Le Pont Charles (débordant de touristes)

    Le Quartier juif (et l'horloge qui tourne à l'envers)

    Le Restaurant italien (Stefano, tu es incorrigible..)

    La vieille Synagogue (impressionnante)

    Les Trdelnik (des gâteaux creux qui se vendent à tous les coins de rue, un pur bonheur, un goût de trop peu)

    Un moment Unique (dans une ville unique)

    La Valtva (ah, les fleuves dans les villes)

    Un Weekend inoubliable (avec des amis formidables)

    XYZ: Dobry dén, Nashlédanou et Dikuji (bonjour, au revoir et merci !)

     

  • L’élasticité du cordon

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    Il fut un temps pas si lointain où l'une de mes soeurs me faisait remarquer que si mes enfants ne quittaient pas le nid, c'était principalement dû au fait que je ne les laissais pas partir. Ou pour être plus juste, que tout mon langage corporel leur disait "Si vous partez, je serai siiii malheureuse !". (Dans la série "langage corporel", une petite vidéo de fin de vacances filmée par Maïté où je dis, des larmes plein les yeux: "J'ai passé de très belles vacances, j'ai profité de chaque instant parce que c'était certainement les dernières !".). Un petit peu vexée, je n'en ai pas moins introspecté mon moi-même et j'ai bien dû reconnaître qu'elle avait raison sur les puissants décibels de mes non-dits. Par contre, je ne suis pas si sûre que ce soit la raison profonde de leur attachement au nid. Je crois surtout que le confort du nid – dans tous les sens du terme – joue un bien plus grand rôle. Mais tout cela n'est pas l'objet de mon billet du jour.

    Non, la grande nouveauté de cette année, c'est le départ d'Anaïs. Oh, pas bien loin. Elle émigre au….. 5ème étage. Quand je pense que parmi vous, certains enfants sont partis dans un autre pays ou encore quand je pense à une de mes copines qui m'a annoncé que son fils partait en Nouvelle-Calédonie, je ne peux pas franchement dire qu'Anaïs ait coupé le cordon ombilical. Disons plutôt qu'on a testé l'élasticité du cordon.

    La formule nous convient bien à toutes les deux. Et sans doute aussi aux trois autres membres du clan. Elle a son chez elle, travaille pour le financer en partie, mais partage encore nos repas. Elle s'est meublée de 3 fois rien, un divan-lit prêté par des amis, une table de cuisine glanée chez une grand-mère, des verres offerts par l'autre grand-mère, une étagère récupérée chez nous.

    Aujourd'hui, ce qui me manque le plus, peut-être, c'est de les entendre rire ensemble dans la chambre commune. Ce n'est pas non plus que cela arrivait tous les jours, loin s'en faut, mais tout de même, c'est un petit rien qui comptait beaucoup.

     

     

  • Eté indien

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    Il fait absolument magnifique. Le mois d'août est enfin arrivé. Le hic, c'est la rentrée aussi. Cherchez l'erreur ! Allez un petit semainier pour fêter le soleil !

    Lundi: Dîner de rentrée avec Cat et Joséfine. Juste un peu de bonheur entre filles.

    Mardi: C'est l'anniversaire de ma meilleure amie d'enfance. Elle aurait aujourd'hui 52 ans. Elle me précédait de quelques mois. Chaque année, j'y pense à la même date, mais je ne sais pas pourquoi cette année encore plus que d'autres. Je repense à ce matin d'avril quand le (futur) Homme est venu me chercher à la gare, à la joie de le revoir, brisée en éclats en un instant quand il m'a annoncé l'impensable. 21 ans, un vélo à la mer, une voiture, un vol plané, la mort instantanée. 

    Mercredi: Nouveau rendez-vous chez la diététicienne. Cette pèse-personne se fait un poids d'or si elle traite toutes les clientes comme moi. Je rentre, je monte sur la balance, elle note le verdict, me dit de continuer comme ça et allège mon porte-feuille. Et rendez-vous pour dans un ou deux mois. Ca me revient à ce jour à peu près à 60 euros le kilo (perdu). Je sais, c'est cher payé, mais finalement, ça marche lentement mais sûrement. Alors, tout compte fait, autant la payer elle que d'investir dans des poudres hyper-protéinées ou autres cochonneries allégeantes.

    Jeudi: Première pièce de théâtre de la saison. Manneke. On ne peut pas faire plus belge. Tendre et émouvant, l'histoire de l'auteur-acteur lui-même, celle d'un enfant transbahuté par une mère extravagante entre Liège et Bruxelles, entre sa grand-mère et les hommes de passage de sa mère. Mais drôle, émouvant, bouleversant.

    Vendredi: Soirée cinéma en amoureux dans ce cinéma menacé d'expropriation. Le dernier Nanni Moretti "Habemus Papam". Du bon Moretti, de l'Italie, des curés, de la tendresse, un Michel Piccoli absolument superbe d'angoisses. 

    Samedi et Dimanche: Enfin un weekend à la maison. Et malgré le beau ciel bleu, nous sommes restés entre nos 4 murs à les uns coller des plaques de gyproc sur le mur de la cuisine et les autres ranger à grande échelle. Vu de l'extérieur, ce n'est pas très drôle mais moi j'aime les weekends "chantier".

    Et youpie, on nous promet cet été indien pour encore une semaine !

     

     

  • Maison libre

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    Cette fois,ça y est, on est vraiment rentrés. On s'est offert encore une petite semaine pour faire le plein de lumière et de soleil avant l'hiver. Et même si les légers tiraillements entre les deux amis avec lesquels nous sommes partis ne nous ont pas permis de vivre cette semaine aussi sereinement qu'on l'aurait voulu, cela nous a malgré tout fait beaucoup de bien.

    Dommage que pendant ce temps-là, on laisse la maison "libre" aux enfants. Quand on rentre le samedi soir et qu'on trouve devant sa porte un sac rempli de cadavres de bouteilles de vodka et de vin rouge (dont deux bouteilles à nous, soi dit en passant), on avale légèrement de travers. Avant même de passer la porte, on s'interroge devant les deux options qui nous sont laissées: soit, ils étaient trèèèès nombreux à fêter les échecs scolaires et c'est trèèès peu rassurant sur l'état potentiel de l'appartement; soit, ils étaient peu nombreux et c'est encore moins rassurant pour l'état des neurones imbibés de tant d'alcool.

    Ils ont la gentillesse de nous prévenir qu'ils ne seraient pas là pour nous accueillir, d'autres activités joyeuses les attendant ailleurs. Qu'à cela ne tienne, on ose introduire la clé dans la serrure, de toute façon, on ne va pas passer la nuit sur le paillasson. L'odeur de tabac froid qui flotte dans l'appartement n'a rien de réconfortant et j'allume illico une bougie. Le reste de l'appartement a l'air plus ou moins d'avoir survécu à la semaine de "maison libre".

    Mais nous nous couchons passablement contrariés. Je veux à tout prix ne pas perdre le bénéfice de cette semaine de repos mais je dois lutter pour ne pas jouer les trouble-fête. Demain est un autre jour. 

  • Remettre à demain

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    Je l’ai déjà dit, la procrastination est un trait de famille. Mais dans certains cas, elle coûte bien cher. Cette année scolaire en est à nouveau un cuisant exemple.

    Si Anaïs a repris brillamment les choses en main  cette année, prouvant à tous mais surtout à elle-même qu’elle pouvait nager au-dessus de la mêlée, on n’en dira pas autant des deux « self-confident ». 

    Cette année, c’est Quentin qui n’a, en aucune façon, réussi à mettre le bout de son nez à la surface de l’eau. A force d’attendre demain pour collectionner 50 insectes, à force de laisser la vingtaine de bourdons, papillons, criquets et autres scarabées congelés dans MON congélateur, de ne pas se donner la peine de donner un coup de lustre aux insectes précédemment collectionnés par S., à force de remettre à demain la mise en herbier de plantes et fleurs cueillies, reçues déjà séchées, prêtes à l’emploi, à force de se dire « demain, je m’y mets », l’atterrissage a été brutal. J’ai voulu participer à l’effort de guerre pendant les vacances d’été mais gagner une bataille n’a jamais équivalu à gagner la guerre. Septembre a mis en exergue l’ampleur des dégâts et c’est  une année quasi complète qu’il doit recommencer. Autant dire que la partie est loin d’être gagnée. Un procrastinateur devient rarement une bête de travail. Et on aura beau le mettre sous surveillance étroite, je sais pertinemment bien que notre vigilance faiblira à un moment ou à un autre. 

    Et Maïté qui a clamé haut et fort que son année était dans la poche s’est pris une belle claque. On ne peut pas ignorer purement et simplement les décisions, certes arbitraires, du pouvoir enseignant. Si un stage est obligatoire et ne peut pas être remplacé par le stage facultatif, même si ce dernier est beaucoup plus adapté à l’étudiant, c’est comme ça. Et sauf argumentation jusqu’à avoir gain de cause, il est illusoire d’ignorer le refus et de se dire qu’on verra bien à la fin de l’année. C’est ainsi qu’on se retrouve bien cuit et obligé de recommencer l’année, faute de stage obligatoire accompli. Même si toute l’année est réussie et même si on est autorisé à suivre tous les cours de l’année de Master.

    Quand peut-on considérer que l’on ne doit plus intervenir dans la vie de nos enfants et qu’ils sont les acteurs de leur propre vie ? Alors qu’on veut pour eux le meilleur et qu’on ne désire qu’une seule chose, les armer pour la vie qui est devant eux. J'ai l'impression qu'on n'en finit jamais d'être parent.

     

     

  • Trois quarts de siècle

    Trois quarts de siècle, ça se fête dignement. Avec ses enfants et ses petits-enfants. Et si les enfants habitent à 800 km les uns des autres, qu'à cela ne tienne, on se retrouve à mi-chemin. La dernière fois, on s'est retrouvés en Alsace, cette fois, c'est le pays de Bade en Allemagne qui nous a réunis. 

    Une journée magnifiquement ensoleillée passée dans un jardin botanico-zoologique, chacun à son rythme ou au rythme de son Nikon, avec une pause pique-grignote près des flamants roses. 

    Un dîner au jardin, sans pull – même pas besoin – au gré d'un menu choisi un rien à l'aveuglette, la carte était en allemand sans traduction mais les bribes et restants de vocabulaire de chacun nous ont permis de nous y retrouver plus ou moins.

    Je l'écris parce que je ne le dirai jamais assez, on a une chance inouïe dans cette famille: rien à régler avec ses parents, des soeurs bien différentes mais parfaitement accordées, des beaufs pas beaufs du tout, et un quatuor de cousins pas du tout compétitifs: une gracieuse petite princesse face à deux ex-princesses devenues fées (l'une du logis, l'autre du joli) et un ex-petit prince devenu prince par trop charmant.

    Et ce sont ces journées-là qui nous injectent des petites piqûres de rappel. 

    Et s'il a 75 ans aujourd'hui, ce blog en a donc cinq. Car c'est à lui que j'ai dédié cette cabane au fond du jardin.

     

  • Non, non, rien n’a changé

     

    Suite au billet de FD de cette semaine sur les tubes "trop la honte" de notre jeunesse, j'avoue tout. Je connais par coeur les chansons de:

    – C. Jérôme (j'ai encore quelque part des photos découpées dans des Salut les Copains), Stone et Charden, Demis Roussos, Patrick Juvet, Mike Brant (Qui saura, qui saura, qui sauraaaaa ?), Danyel Gérard, Joe Dassin, Sylvie Vartan, Rika Zaraï, Frédéric François, Carlos, Il était une fois, Mort Shuman, Dalida, Claude François, Michel Sardou, Francis Cabrel, Gérard Lenorman, Dave, j'en passe et des meilleurs.

    – En version anglaise, Elvis, les Beatles, Barry White, Middle of the Road, Tom Jones, les Rubettes, Slade, Sweet, the Troggs, Suzi Quatro, Mungo Jerry, David Cassidy, Billy Swan, Status Quo, Boney M (aaaaargh !), Abba.

    Si un ou plusieurs de ces amours de jeunesse passe à ma portée, je vais les voir en concert, entourés de vieux croulants qui sont heureux comme des enfants. En version anglaise, je vais religieusement en pélérinage aux Golden Years chaque année, en version française je n'y suis allée qu'une seule fois

    Vendredi dernier, je suis allée voir les Poppys, si, si, c'est un groupe autorégénérant permanent. Et j'ai chanté à tue-tête "Non, non, rien n'a changé, tout tout a continué – é – é !". Avec conviction. En prime, il y avait the Voca People (extraordinaires), les Magic Platters (tout aussi autorégénérés) et les Choeurs de l'Armée Rouge (ben oui, j'aime aussi Kalinkakalinkakalia…).

    Je suis ultra-ringarde mais j'assume totalement. Rien ne peut me mettre de meilleure humeur que quelques notes d'intro d'un de ces vieux machins pourris.

     

    Hier 

     

    Aujourd'hui

     

  • La fin du monde

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    Bruxelles, 10 heures du matin.

    – J'ai appelé les enfants et j'ai dit à Quentin que "non, ce n'était pas la nuit, qu'il fallait absolument se lever".

    – J'ai appelé l'Homme à qui j'ai annoncé la fin du monde, lui qui ne se doutait de rien puisqu'il travaille sans vue sur le monde extérieur. Il m'a demandé si j'étais en règle avec le Très-Haut. J'ai répondu par l'affirmative et il m'a traité de présomptueuse.

    – J'ai appelé mes parents et papa m'a dit que maman était chez le coiffeur. Chacun ses priorités.

    Et tout ça, ma bonne dame, parce que les Chinois ont envoyé des fusées dans le ciel l'année dernière pour garantir des conditions climatiques exemplaires aux JO.

    Franchement, y'a d' l'abus là avec la météo, non ?

  • Semaine de retour

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    Lundi:  Après 4 semaines loin des dossiers, du PC, des collègues, le retour est toujours un peu appréhendé. Mais cette année, ma chef ne m'a pas accueillie d'un "Plus jamais 5 semaines !!" avant même de me dire bonjour. Normal je n'ai pris que 4 semaines…. Et j'avais un remplaçant…. et le mois de juillet 2011 a été moins pénible. Une matinée passée à faire le point avec elle, à saluer tout le monde (du moins ceux qui sont encore là), s'enquérir du temps "magnifique" que les aoûtistes ont eu en Belgique, se réjouir de leurs vacances à venir, être sûre que tout le monde va bien, c'est pas tout ça mais j'ai des mails à lire. 170. C'est moins que l'année passée. Mais qu'est-ce que je donnerais pour être ailleurs….

    Mardi: Rendez-vous chez la diététicienne. Je me demande pourquoi j'y vais, pourquoi je paie une consultation de dix minutes, le temps de monter sur sa balance, vérifier qu'elle est parfaitement d'accord avec la mienne (de balance), et m'entendre dire que c'est bien, qu'on est sur la bonne voie, qu'il faut continuer comme ça. C'est idiot mais c'est plus fort que moi, j'ai besoin de quelqu'un qui joue les "maîtresses d'école" et me donne des bons ou mauvais points. Seul bonus de cette pause-déjeuner: le passage par la librairie et l'achat de Gatsby le Magnifique que je ne me souviens pas d'avoir lu et que le livre de Gilles Leroy (Alabama Song) sur la vie de Zelda Fitzgerald m'a donné envie de lire.

    Mercredi: Mon collègue le plus rentable (rapport efficacité/rapidité) s'en va pour un avenir meilleur. Forcément ce sont toujours les meilleurs qui s'en vont. Je le regrette déjà. 

    Jeudi: C'est l'anniversaire de Mamy L. Comme avait l'habitude de plaisanter Papy L., on retourne les chiffres de son âge et ça lui fait un joli 18 ans. Du coup, je lui ai offert son premier rouge à lèvres Chanel et elle en avait les joues aussi roses qu'une jeune fille. Dommage que l'Homme ait gâché l'ambiance pour une sombre mais violente discussion avec ses enfants et plus particulièrement son fils sur la valeur du serment et celle de la parole donnée. J'étais assez désolée de la tournure que prenaient les choses mais visiblement Mamy L., contactée le lendemain et qui avait dormi comme un bébé, a trouvé qu'elle avait passé une excellente soirée. Elle est sans doute immunisée contre le verbe haut. Pourquoi je n'y arrive pas ? Je reçois pourtant des piqûres de rappel au moins hebdomadaires.

    Vendredi: Fin de cette première semaine de travail et j'ai l'impression de n'être jamais partie en vacances. Il faut croire que le rythme ne me convient pas. En me levant à 6h30, je devrais aller dormir au plus tard à 23 heures. mais c'est juste pas possible, je n'y arrive pas. Trop de choses à faire, trop d'envies, trop de tout. Comment apprendre à ralentir ?

    Samedi: Je suis allée porter un petit colis à la poste en compagnie de l'Homme. Témoins de loin d'une petite altercation entre un client et un employé, nous avons vu – sans entendre ce qui se disait – le geste honorifique de l'employé à l'aimable attention du client. Nous sommes sortis en même temps que le client furieux, vitupérant mais raccompagné par une charmante vigile, suivie très rapidement par le responsable du bureau de poste. Très vite, nous avons compris que le client était dans son droit et n'avait pas à tolérer les grossièretés proférées par le guichetier. Malheureusement, l'état de sobriété, l'accent étranger ainsi que la mise du pauvre hère n'allaient pas jouer en sa faveur si, comme il en menaçait la planète entière, il allait faire venir la maréchaussée. Ce que l'Homme a tenté de lui faire comprendre, de concert avec madame la vigile et monsieur le responsable, mais dans des termes que la fonction de ces derniers ne leur permettait pas d'utiliser et qui étaient certainement plus percutants pour ce bougre, pourtant bien Belge et fier d'avoir défendu la patrie, comme il s'est empressé de nous montrer les traces de balle sur tout son torse ("Tiens moi ça" et hop que je t'enlève mon T-shirt !). La vigile lui a proposé une cigarette, le responsable a promis qu'il ferait "le nécessaire pour que ça ne se reproduise plus" et son copain est arrivé et l'a emmené "boire un pot, c'est mon anniversaire, aujourd'hui !". Et nous on est repartis en rouvrant le débat sur la valeur des dires de personnes assermentées, sobres ou non.

    Dimanche: Après-midi et dîner chez un ancien copain de l'Homme qu'on voit à peu près une fois par an. Chaque année, je redoute cette rencontre et cette année n'a pas démérité: il n'a pas fallu cinq minutes pour que les conversations se scindent – comme dans les églises aux enterrements d'autrefois – entre hommes à gauche et femmes à droite. Je ne sais pas pourquoi mais c'est le seul couple avec lequel ça nous arrive. Et ce n'est pas ma copine, c'est la femme d'un copain "annuel". Parce que si c'était mes copines, ça irait, je pourrais parler des heures sans les hommes. Mais pas avec elle. Et pourtant elle est intelligente, elle dit pas de c… niaiseries, je ne peux vraiment rien lui reprocher. Alors, bien sûr, au retour, je peux comparer avec l'Homme nos conversations respectives et on a, au final, le double d'informations que si nous avions bavardé à quatre. Mais tandis que l'Homme m'informe sur les nouveaux programmes universitaires et de recherche en matière de sciences de l'éducation physique, moi je ne peux que le tenir au courant des nouveaux protocoles opératoires des colonoscopies (l'anesthésie générale permet maintenant de "faire d'une pierre deux coups, s'il y a un polype, on l'enlève tout de suite", youpie !). J'aimerais autant n'avoir que la moitié des infos et dormir sur le chemin du retour…

     

  • Valais de coeur

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    J'avais dix-douze ans, je devais faire un exposé sur une région d'Europe, au choix. Je n'ai pas la moindre idée du pourquoi j'ai choisi le Valais. Je n'y connaissais personne, je n'avais jamais mis un pied en Suisse, je n'avais rien lu qui puisse m'inciter à faire ce choix. Est-ce que la prémonition existe à cet âge-là ? J'étais de toute manière loin d'imaginer qu'une de mes soeurs émigrerait au bord du lac Léman et que j'y passerai une à deux semaines pendant 23 ans. Mes enfants, l'un après l'autre, y ont passé leur(s) première(s) semaine(s) de vacances – Quentin n'avait d'ailleurs que 4 semaines -, nous avons profité de mes parents pendant ces 23 ans, petit retour aux soins maternels le temps de se rappeler à quel point il est bon d'être enfant, de mon grand-père aussi pendant 10 ans, au grand plaisir des enfants.

    23 ans de plaisirs renouvelés auxquels a mis fin la combinaison de la vente de l'appartement loué – toujours le même – à d'autres propriétaires et le désir d'autre de chose de mes parents. Difficile de leur en vouloir, nous n'avons nous-mêmes jamais offert à nos enfants le bonheur simple d'une "maison de vacances". Nous avons toujours préféré changer chaque année de destination, découvrir d'autres horizons, ne pas se donner les contraintes de la seconde résidence ou se créer une routine familière en retournant systématiquement au même endroit. Facile, les parents l'ont fait pour nous. Les deux formules ont leurs avantages et leurs inconvénients. Rien ne remplace les souvenirs communs accumulés au même endroit mais la rupture avec ces madeleines-là est d'autant plus pénible.

    Cet été, en retraversant les Alpes, nous sommes forcément passés au pied de l'Ardevaz et il a fallu se concentrer sur la route pour ne pas pleurer.

    Pour nous aider à passer le cap, j'ai fait la liste de tous les petits cadeaux dont nous avons rempli nos valises au cours des deux décennies passées:

    – la montée vers la station, la plupart du temps avec la musique à fond, dernière ligne droite d'une longue route, le coeur qui bat un peu plus de retrouver ceux qu'on aime. Un petit sms avant d'entamer la montée: "Vous pouvez "lancer" le café ! On est là !"

    – la Fondation Gianadda où presque chaque année on a pu admirer l'exposition de l'un ou l'autre grand peintre (Picasso, Degas, les impressionnistes, Suzanne Valadon, Matisse, Courbet, …)

    – le traditionnel chaud froid de fruits rouges à Chiboz avec ou sans marche préalable

    – les piscines intérieure et extérieures du Thermalp, de 30 à 36°au choix

    – le barbecue en plein air

    – la raclette et/ou la fondue

    – les tartes aux fruits rouges

    – les feux du 1er août, les lampions avant 10 ans, les pétards après 10 ans, et les feux de bengale à partir d'un âge plus que de raison, le discours du maire, le petit bal musette, suisse en diable

    – les sacs à dos remplis de petits pains, gendarmes, choc, barres sucrées, fromage, pulls, k-ways, pansements, bouteilles d'eau

    – les petits pots "de merde" (appellation contrôlée depuis le jour où Maïté les a baptisés ici dans sa rébellion ras-le-bolique de ses 15 ans) destinés à la cueillette des mûres,framboises et fraises des bois 

    – les soirées confitures après immolation sur la plaque de cuisson des petits vers sortis des fruits (on ne connaissait pas bien le sadisme méticuleux de Mamy)

    – les étirements du champion de Swiss'Sis après son entraînement vélo en vue, au choix, d'un marathon, triathlon ou IronMan

    – les parties de Mah-Jong, Uno, Monopoly, manille, poker et de l'inusable Scrabble ("Quelqu'un peut me passer le dictionnaire du Scrabble ?"

    – le passage obligé chez Gollut

    – les promenades – le chemin des écureuils, Petit Pré, Grand Pré, Sorgno, Tsantonaire, la Passerelle de Farinet, la Seya, Odonne, Bougnone, la Pierre Avoi, la promenade des planètes à St Luc, à la Cabane Rambert. Ces noms chantent à nos oreilles comme autant de souvenirs joyeux.

    – la virée annuelle à Lausanne avec l'incontournable passage chez Globus, le roi de l'épicerie fine. 

    – les enfants portés comme des moutons sur les épaules, les enfants qui remplissent leurs poches de cailloux qui les alourdissent dangereusement, les enfants qui parlent à leur ami imaginaire pour passer le temps pendant la marche, les enfants qui marchent trop près du précipice et qu'on rattrape de justesse, les ados qui grimpent vite parce que c'est ch…. de marcher, les ados qui chassent les papillons et les sauterelles en marchant….

    23 ans de petits bonheurs suisses accumulés comme autant de barres d'Ovomaltine pour nous donner un maximum d'énergie pour les 20 ans à venir.

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