Auteur/autrice : Myosotis

  • Douze

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    Douze coups de minuit

    Douze heures

    Douze mois pour une année

    Douze apôtres

    Douze étoiles pour un drapeau

    Douze signes du zodiaque

    Douze tribus d'Israël

    Douze salopards

    Douze syllabes pour un alexandrin

    Douze hommes en colère

    Douze travaux d'Hercule

    Douze nuit

    Belgique douze points

     

  • Plein de petits plaisirs

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    Un mois d'absence presque. Mais où reste-t-elle ? Je me fais rare parce que je suis débordée. Débordée de petits plaisirs. 

    Après le weekend suisse, on a enchaîné les concerts, les pièces de théâtre et les moments précieux. 

    Au théâtre un de ces soirs :

    Antigone d'Anouilh, mise en scène très moderne, pas mal du tout. Seul bémol, c'est le genre de pièces où forcément une bonne partie du public est adolescent, généralement obligé d'être là et peu concerné. C'est normal et de leur âge, ce n'est que bien plus tard que l'on y prend intérêt, voire goût. Mais du coup, ça dérange pas mal le public qui a mûri et qui écoute cette pièce très sérieusement. 

    Sur la grande toile:

    Le premier film de Polanski, à la cinémathèque avec Maïté, "Le couteau dans l'eau" en V.O. et donc encore en polonais. Très spécial mais j'ai aimé. Même si ce que j'ai préféré c'est le passage où la seule femme du film chante.

     Sur scène:

    Six concerts:

    Cécilia Bartoli qui, elle, chante comme personne. Elle est juste inimitable. Elle est chaleureuse, généreuse, théâtrale, drôle et une soirée avec elle tient presque de la soirée entre amis. Cette fois, c'est Mamy B. qui nous avait invités et qui avait également invité Mamy L. Elles ont passé la soirée ensemble, Mamy L. était ravie et j'ai entendu pour la première fois ma maman tutoyer ma belle-maman.

    Dans la catégorie rock'n roll années 70, un concert de Status Quo à Paris avec l'Homme. Que des vieux comme nous mais ça déménageait bien. On est sortis de là, complètement sourds mais heureux. Sans compter que la journée, je l'avais passée avec Véro et que ces journées là sont toujours des petits bulles de bonheur dans ma "routine" (bon, d'accord, je ne devrais pas utiliser ce mot, je sais…)

    Dans la catégorie rock'n roll années 60, notre traditionnelle virée à Anvers pour assister au concert des Golden Years. Chaque année, depuis plus de 20 ans, on rempile pour une nouvelle édition. Au programme cette fois: the Tremeloes, Peter Noone (vous savez "No milk today, my love has gone away"), Dave Berry, The Searchers, Chris Andrews, Chris Montez, Dozy, Beaky, Mick and Tich. Comme ça, ça ne vous dit peut-être rien mais c'est sûr vous connaissez tous au moins un morceau de chaque groupe. Testez sur YouTube ! Forcément, à force d'y aller chaque année depuis 20 ans, le poil se raréfie, le muscle se ramollit, tant sur scène que sur les gradins d'ailleurs mais côté scène, la voix n'a rien perdu et le coeur y est toujours. 

    Cette année encore une fois, retrouver Renaud Patigny, qui avait animé une partie de mes 50 ans. Un peu plus déçus que les autres fois peut-être mais sans doute l'année dernière nous avait par trop émerveillés.

    Et puis la découverte de l'année: Charles Berling chante aussi. Ce spectacle était le deuxième d'un abonnement de six spectacles hétéroclites et la surprise était bien agréable. Non content de nous séduire entre charme et charisme, l'acteur écrit des chansons et les chante. C'est tout simplement très bon. A découvrir si le coeur vous en dit sur Internet. Il vendait son CD 10 € à la sortie et le dédicaçait de quelques fleurs et d'un sourire désarmant.

    En fin dans la catégorie lyrique, La flûte enchantée de Wolfgang avec Mamy et la chauve-souris de Johan avec l'Homme. Deux plaisirs allemands différents mais tout aussi enchanteurs.

    Un débat: 

    La présentation du livre "Debout l'Europe" de Guy Verhofstadt et Daniel Cohn-Bendit sous forme d'entretien avec deux journalistes belges et un journaliste français. Ces deux-là ont beau être controversés, ils ont l'art de soulever l'enthousiasme et de ranimer la flamme en cette Europe en laquelle nous croyons depuis toujours. Et ils donnent envie de se réveiller et de se lever.

    Dans les musées:

    Deux expos aussi, toutes deux à Paris, pendant ma petite escapade de deux jours. L'une avec Véro: "Cheveux chéris" au quai Branly . Le cheveu, élément de frivolité, de coquetteries, matériau humain à modeler, symbole de beauté, du temps qui passe, relique, talisman, objet magique, trophée. Le cheveu à tout crin, sous toutes ses formes.

    L'autre avec l'Homme: une exposition consacrée à la veduta dont Canaletto et Guardi sont les peintres de prédilection. La veduta est un genre artistique du XVIIIème siècle qui rassemble des tableaux, grands ou petits, représentant principalement Venise, commandés par les jeunes fortunés de l'époque qui voyageaient à travers l'Europe et souhaitaient ramener chez eux l'équivalent grand format de nos cartes postales. Venise à toutes les sauces, fantaisistes ou réalistes, notre Venise présente partout partout dans ce magnifique hôtel de maître qu'est le musée Jacquemart-André. Trois heures de pur bonheur.

    Et puis aussi, un anniversaire surprise organisé pour Joséphine, une soirée de Thanksgiving chez Hanka, un dîner chez C et P, un cours de cuisine "Grand Bluff" entre filles. 

    Le tout saupoudré hebdomadairement de badminton et de cours de portugais. Et un super stage de yoga un dimanche matin.

    Alors voilà, je suis toujours là et je vais reprendre la souris bientôt. Parce que j'ai encore plein de choses à raconter, entre la St Nicolas des enfants, le discours de départ de ma chef à préparer, le repassage, le ménage, la cuisine et le boulot, il y aurait de quoi tenir la plume pendant des heures.

    Un merci tout particulier à celles qui se sont gentiment inquiétées de mon silence inhabituel 🙂

  • Sisters’ Swiss weekend

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    We are family, I got all my sisters and me, We are family, Get up everybody and sing, Everyone can see we are together when we walk on by, I won't tell no lie, All of the people around us they say, Can they be that close ?, We are giving love in a family does, ……

    Après un weekend de soeurs à Bruxelles l'année passée, un Swiss sisters' weekend à Lausanne cette fois chez Swiss'Sis. 

    On a profité de chaque minute passée ensemble. Du vendredi 4 heures au dimanche 11h. Avec une petite parenthèse pour Sis'Cile qui retrouvait une amie fraîchement expatriée en Suisse. Il a plu tout le samedi presque sans discontinuer et cela nous a obligées à nous réfugier dans les magasins toute la journée. Pas grave, c'est pas long une journée dans les magasins…. On a d'ailleurs été sages toute la journée, sauf à la librairie en début de parcours et à la fin, au rayon Epicerie fine de chez Glo*bus, où d'un seul coup on s'est lâchés;  au masculin pluriel, parce que notre chauffeur attitré s'est joint à l'orgie de plaisirs du palais: pépins de grenade, poivre de Jamaïque, gressinis, mini-figues sèches d'Espagne, étoiles à la cannelle, grappa de Sassicaia, spätzli, flûtes suisses, chocolat, bonbons à la violette, pétales de rose cristallisés, pâtes de coing, marrons glacés, pommes et poires séchées, flocons de piment, …. Tout cela valait bien une petite robe, non ?

    Heureusement, les magasins suisses ferment à six heures tapantes. On a bien été obligés de sortir. Quand on est rentrés, Swiss brother-in-law a été effaré de voir tous ces cornets (en Suisse, on ne remplit pas des sacs de courses mais bien des cornets !) dans son hall d'entrée. On aurait dit Noël. 

    Weekend beaucoup trop court mais délicieux dans tous les sens du terme.

     

  • Le bord du voile

    Voile rose

    J'ai soulevé un coin du voile.

    Le voile qui ne me laissait connaître de Célestine que les yeux. Ces yeux extraordinaires que connaissent tous ceux qui la lisent avec délices. J'ai découvert tout ce qu'il y avait sous les yeux. Un bon mètre de jambes et un bon 60 cm entre les yeux et les jambes. De jolies mains en partie cachées sous des mitaines de chat. Elle enlève méticuleusement les peluches de ses mitaines quand elle parle. Moi, je fais tourner mes bagues autour de mes doigts. 

    J'ai soulevé un coin du voile.

    Le "voile rose" dont elle recouvre tout ce qu'elle voit, tout ce qu'elle vit, tout ce qu'elle dit. Mes yeux de curieuse ont subrepticement jeté un regard sous le voile rose. Et bien, je suis au regret de vous dire que Célestine est tout à fait normale, vraiment tout ce qu'il y a de plus normal. Elle a les mêmes soucis que nous, elle a les mêmes périodes d'abattement, de manque de magnesium, de coups de mou, elle peste et enrage comme nous, elle peut même être désagréable avec les très mal élevés (ceux qui ne saluent pas les femmes de ménage, par exemple). Elle a juste opté pour le port du voile… rose. Celui qui fait qu'après tout, les petites contrariétés, les petits désagréments, les coups de barre, tout cela n'est pas bien grave, ça ira mieux demain. Et même ce soir. Et pourquoi pas tout de suite, en fait ?

    J'ai soulevé un coin du voile.

    Celui qui nous manque dans les relations virtuelles, comme autrefois dans les correspondances épistolaires de notre enfance. On connait beaucoup de l'autre, du moins ce qu'il veut bien nous dire, mais il nous manque la voix. Et la voix donne une toute autre dimension à l'autre. Une musique particulière. Je ne m'attendais à rien ou alors peut-être à une voix légèrement sud-chantante. Mais la voix céleste n'est pas particulièrement méditerranéenne. Elle chante plutôt comme une poussière d'étoiles, c'est une voix qui alterne les pointes légères de rire et les poussées graves de sérieux avec les tremolos de l'émotion. Une aussi jolie voix que les yeux qui la parlent.


     Le ciel aussi a soulevé un coin du voile.

    Cette journée à Paris a été toute entière sous le signe de la pluie dehors, soleil dedans. On n'a pas arrêté de parler, deux heures au café de la gare, deux heures à Bercy village en déjeûnant, puis petite marche digestive sous un parapluie et à nouveau autour d'un thé au café Pouchkine du Printemps. Et on aurait pu encore parler des heures. En fin de journée, le ciel a soulevé un coin du voile. Juste de quoi tailler la culotte à un gendarme, comme disait la grand-mère de Célestine. Et c'était beau.

     
    Nuages

     

     

  • Semaine de passages

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    Passage de l'été indien à l'automne, passage à l'heure d'hiver, passage d'une famille de cinq à un couple de… deux, passage du virtuel au réel…

    C'est une semaine de passages….

    Samedi: Ma plus ancienne amie d'école marie sa fille. Le mariage a lieu dans cette église où elle-même s'est mariée il y a presque 30 ans, où j'étais là comme témoin de ce mariage malheureusement trop vite échoué. Même ambiance festive, musicale, 30 ans plus tard. Je croise les doigts pour que ces deux-ci aient plus de chance. Parce que, quand même, la chance y est pour beaucoup. On quitte juste après la cérémonie religieuse parce que nous, on déménage notre fille aînée. Elle boucle ses dernières caisses, en chantant sur la musique. Il n'en faut pas plus pour me faire craquer, j'ai toujours tant aimé l'entendre chanter. Je fond en larmes. A son interrogation, je lui avoue que je ne veux pas qu'elle parte. Elle pleure aussi dans mes bras et me dit "Dis-moi de ne pas partir et je ne pars pas !". Ah non, surtout pas, tu dois partir. Je m'en veux de l'avoir encore freinée. On finit par en rire. Et on continue d'empaqueter. 

    Dimanche: On poursuit et termine le déménagement. Cette fois-ci tout est parti, il ne reste que le lit qu'elle n'emmène pas tant qu'ils n'auront pas déménagé dans plus grand. A moins que ce ne soit Anaïs qui l'emmène…. Je ne peux pas rentrer dans cette chambre vide. Peut-être plus tard…. Anaïs, elle, est à Cambridge pour le weekend et n'est pas là pour voir sa soeur partir.

    Lundi: Pas de cours de portugais, c'est la semaine de congé de Toussaint. Pour une fois je rentre tôt. Anaïs rentre super enthousiaste, prête à aller vivre en Angleterre, séduite par le savoir-vivre britannique. 

    Mardi: Premier rendez-vous avec Maïté depuis qu'elle est partie (une éternité ! 🙂 ). Puisqu'on aime ça toutes les deux, on va se retrouver toutes les 3-4 semaines à la cinémathèque. Premier essai: Le Silence de Bergman. Déroutant, particulier mais moi, j'ai beaucoup aimé. Surtout certains plans absolument fantastiques. Elle est revenue manger à la maison et c'était bien.

    Mercredi: Dernier jour d'une petite semaine. Notre ami Guy s'est ramassé à moto et a l'épaule en puzzle. Le chirurgien va pouvoir s'amuser aujourd'hui à recoller les morceaux.

    Jeudi: Pour une fois, faire la grasse mat'. Faire traîner le reste de la matinée. Aller voir Guy à l'hôpital. Passer à la librairie. Se préparer à demain.

    Vendredi: Paris. Célestine. Pluie dehors, soleil dedans. Mais ça, c'est un autre billet.

  • Bleu

     

    Bleu

    BLEU

    la couleur du ciel

    la couleur de la mer

    la couleur de la Prusse

    la couleur de la Bresse

    la couleur de la nuit

    la couleur de l'escarpin de Cendrillon

    la couleur du cobalt

    la couleur du méthylène

    la couleur du froid

    la couleur du manteau de la Vierge

    la couleur des veines

    la couleur des idées noires

    la couleur des casques de paix

    la couleur d'un train de nuit roulant vers le Sud

    la couleur de petites pilules amidonnantes

    la couleur du steak saignant

    la couleur des cordons fins cuisiniers

    la couleur des Touaregs du Sahara

    la couleur des débutants

    la couleur des Gauloises

    la couleur des jeunes filles en fleur

    la couleur de la peur

    la couleur des ecchymoses

    la couleur d'un certain lotus

    la couleur des Schtroumpfs

    la couleur d'une note 

    la couleur des mots de Christophe

    la couleur du Beau Danube

    la couleur du roi

    la couleur du myosotis

     

  • 25 ans

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    Quatre heures du matin. Je rêve qu'on joue aux ballons d'eau et que l'un d'entre eux vient de m'éclater sur les genoux. J'ouvre un oeil, j'ai tout d'un coup l'impression que je ne suis pas dans le bon rêve. J'ouvre le deuxième oeil et je réalise que je ne rêve pas, que je suis dans mon lit et que ça m'a bien tout l'air de la fameuse "perte des eaux". 

    Oh bien, si ce n'est que ça, la belle affaire, même pas mal ! C'est quoi ces mauviettes qui ont accouché avant moi et qui m'ont bien prévenue des affres qui m'attendent ? Je savais que moi, je serais bien plus vaillante, hé hé ! Je ne vais pas réveiller le futur papa pour si peu. Je prends le Laurence Pernoud pour vérifier la marche à suivre et j'attends patiemment le sourire aux lèvres. C'est ce que je fais depuis neuf mois, ceci dit.

    L'homme ouvre un oeil et comprend vite. A l'exception de mon absence totale de stress. Il prend le relais d'ailleurs. Non pas qu'il stresse vraiment mais en homme prudent, il préfère me voir entre les mains de "ceux qui savent" plutôt que de rester là à attendre une accélération du processus en pleine heure de pointe. J'avoue que je n'ai pas envisagé les choses sous cet angle. Mais je ne me presse pas, je rassemble mes dernières petites affaires, j'embarque mon tricot, pensant terminer le dernier petit bout de manche qu'il me reste pendant les quelques heures d'inoccupation à attendre la princesse.

    J'arrive à la maternité, encore tout sourire. Pas un instant je n'ai imaginé, même dans mes pires cauchemars, le tsunami qui m'attendait. La tempête n'est pas venue tout de suite évidemment. Ce ne fut d'abord qu'une légère brise, presque imperceptible, venant rider la surface de la mer(e). Puis de petites vaguelettes se sont formées, me soulevant des sourcils légèrement inquiets. Puis les vaguelettes se sont intensifiées, elles ont grossi lentement mais sûrement, se gonflant au rythme des marées et de la lune, prenant de la puissance à chaque mouvement et me collant au tapis à chaque ressac. Cent fois j'ai cru y laisser ma peau, cent fois j'ai demandé grâce, souhaité que tout s'arrête, convaincue que je n'y arriverais jamais. Seize heures dans l'oeil du cyclone.

    Autant dire que le tricot est resté sagement dans la valise. Il faisait comme aujourd'hui, un soleil splendide, 22 degrés à l'extérieur. L'homme a regardé, un nombre indécent de fois, par la fenêtre en soupirant. Il avait organisé une journée dans les bois avec ses gamins et il ne se représenterait plus une aussi belle journée avant le printemps prochain.

    Pas un instant je n'ai imaginé, même dans mes rêves les plus beaux, qu'après la tempête, je tiendrais dans mes bras la plus jolie des petites filles, si zen et si détendue qu'elle en a oublié de pousser le cri primal, tellement si belle que je suis restée éveillée toute la nuit pour la regarder dormir.

    Ce matin, elle dormait encore quand nous lui avons souhaité bon anniversaire en partant. Dans un demi-sommeil, elle nous a répondu "Bon anniversaire" comme on répond "Bonne journée". Elle ne pense pas si bien dire: c'est aussi notre anniversaire à tous les deux, celui de la rencontre avec le plus merveilleux des premiers bébés.

    Le pull au tricot est resté manchot et je n'ai plus jamais touché d'aiguilles de ma vie….

  • Big bisou

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    Petite escapade à Rome le seul weekend de l'année où il pleut. Où il pleut même sérieusement. Pas tout le temps mais quand ce sont des cordes qui tombent, il est inutile de lever le nez en l'air. Alors pour compenser cette météo grincheuse, nous nous sommes réfugiés, sans aucunement nous forcer, à l'exposition sur Robert Doisneau. 

    Agencée non pas chronologiquement mais plutôt par thèmes (les baisers, les enfants, le monde de la mode, les Halles, etc…), l'exposition met magnifiquement en valeur les photos de ce poète de l'incongru.

    Le Baiser de l'hôtel de ville est sans doute sa photo la plus connue. Mais ce n'est pas, de loin, ma préférée. Je me suis toujours demandée si ces deux amoureux s'étaient rendus compte qu'ils étaient photographiés. J'ai trouvé rapidement la réponse à ma question et bien plus encore. Je vous le partage ici:

    Prise en 1950 à proximité de l'hôtel de ville de Paris,il s'agit d'une scène posée réalisée dans le cadre d'un travail de l'auteur pour le magazine Life avec la complicité des deux étudiants en théâtre, Françoise et son petit ami Jacques. Doisneau les avait rencontrés dans un café parisien et, les ayant vu s'embrasser, leur avait proposé une séance de prise de vue en pleine rue, moyennant une rétribution de 500 FF. L'idendité des deux protagoniste fut longtemps inconnue, y compris de l'auteur lui-même.

    Cette photographie est devenue particulièrement célèbre avec la commercialisation, en 1986, de 410 000 exemplaires d'un tirage en format poster, un record mondial.

    Ce cliché a été au cœur de nombreux contentieux, dont un procès retentissant du vivant de Robert Doisneau. En 1992, le couple Lavergne revendique être les amants de l’hôtel de ville, et réclament 500 000 FF au photographe pour violation de sa vie privée. Ce procès fait resurgir Françoise qui se fait connaître de Robert Doisneau et fournit, pour prouver qu'elle est bien l'un des protagonistes, un cliché original et numéroté que le photographe avait donné aux amants après la séance photo. Françoise fait, elle aussi, un procès et réclame 100 000 FF de rémunération complémentaire, ainsi qu'un pourcentage sur les bénéfices commerciaux. Depuis la prise du cliché, les amants se sont séparés. Jacques refuse quant à lui de se joindre à la démarche, refusant de "transformer cette histoire photographique en histoire de fric". Le 2 juin 1993, le Tribunal de grande Instance de Paris déboute en appel les trois demandeurs. Les époux Lavergne n'ont pas réussi – et pour cause – à prouver qu'il s'agissait bien d'eux sur le cliché. Quant à Françoise, Robert Doisneau lui même la reconnaît comme étant la protagoniste. Mais le tribunal considère qu'elle ne peut se prévaloir d'un droit à l'image n'étant, du fait de sa position, pas reconnaissable sur le cliché.

    Françoise va, en revanche, mettre en vente son cliché original. Le 25 avril 2005, il est mis à prix à 10 000 € chez Artcurial à Paris ; il sera adjugé 150 000 € en présence de sa propriétaire.(source: Wikipedia: le baiser de l'hotel de ville)

    Mais ma photo préférée n'est pas le Baiser de l'hôtel de ville. Moi j'ai craqué pour les 3 petits chaperons blancs.


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    Et puis celle-ci, qui ne faisait pas partie de l'expo mais que j'aime beaucoup. Le reconnaissez-vous ?

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  • Perfect jive

    On dit que l'Homme et moi, on danse bien. Le jour où j'arrive à cette perfection, on en reparlera. C'est tout simplement époustouflant. 

    Et je cherche une copine intéressée à nous accompagner…. 🙂

     

  • L’immense chance….

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    J'ai pris congé vendredi dernier. L'homme est parti travailler et moi j'avais rendez-vous à 10 heures chez le coiffeur. J'avais deux heures à passer seule à la maison. Je ne suis jamais seule à la maison ou alors très rarement. Je cherchais une paire de ciseaux et j'ai poussé la porte de la chambre de ma fille. Et un seau de larmes m'est tombé sur la tête. Je sais pertinemment bien qu'elle s'en va, que le 1 novembre elle déménage définitivement, mais quand j'ai vu les caisses remplies, la bibliothèque à moitié vide, les petits trésors accumulés pendant l'enfance et l'adolescence triés entre "je prends", "je jette", "je donne", une grosse bouffée de chagrin inconsolable m'a pris le coeur. 

    Pour arrêter tout de suite cet apitoiement insupportable, je me suis donnée une bonne claque mentale. J'ai pensé à ceux qui n'ont pas d'enfants à pousser hors du nid, ou pire encore à ceux qui ont perdu leur enfant d'une manière ou d'une autre. Mes enfants s'en vont certes, mais ils sont heureux, en pleine santé et pleins d'avenir. Et j'ai pensé à l'immense chance que j'ai.

    Nous sommes allés samedi fêter les soixante ans d'une amie. Elle a pris la parole pour remercier tous ses amis d'être là autour d'elle pour passer le cap de la soixantaine et elle nous a rappelé que le jour de la fête de ses 50 ans, il y avait près d'elle une petite fille qui aimait aussi beaucoup parler dans un micro. Que malheureusement aujourd'hui, elle n'était plus là. Et j'ai repensé à l'immense chance que j'ai.

    J'ai passé la soirée à côté d'un vieux monsieur de 92 ans, absolument charmant. Il nous a regardés valser et danser à plusieurs reprises et m'a murmuré à mon retour à côté de lui : "Comme je vous envie, madame ! Dansez tant que vous pouvez". Et j'ai repensé à l'immense chance que j'ai.