Auteur/autrice : Myosotis

  • Encore un joli weekend

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    En général, je rechigne un peu quand on m'invite à déjeuner le weekend. Un samedi ou un dimanche midi, cela me donne l'impression de bousiller un temps précieux. C'est encore l'ancienne moi, celle d'avant mai 2016 qui veut rentabiliser le temps, qui se réveille. Et donc ce samedi, il a fallu se lever tôt pour faire malgré tout un rapide petit marché avant de prendre la route pour un petit village près de Liège où vit une de mes plus vieilles amies, celles de l'école primaire, ce qui fait déjà un fameux bail. On ne s'est plus vus depuis 3 ans déjà mais c'était comme si c'était hier. C'est un couple d'éternels amoureux, heureux de ce qu'ils ont et pas compliqués. Pourtant la vie ne les a pas gâtés. Deux enfants morts quelques mois après la naissance, un troisième souffrant d'une malformation cardiaque congénitale et une quatrième en pleine santé jusqu'à il y a deux ans où on lui a détecté un cancer du côlon à 30 ans. Sous contrôle depuis mais sous stress toujours. Rien d'étonnant donc que cette amie ait sombré dans une dépression longue et pénible et qu'elle ait évité de voir beaucoup de monde. Mais comme chaque fois, nous avons passé une après-midi agréable, drôle et pleine de tendresse. 

    Le soir, Maïté et JD nous attendaient à la maison. Ils étaient venus chercher une valise pour leur départ au Japon lundi prochain. Ils sont repartis avec quelques polars pour la grimpette du Mont Fuji programmée pendant ces vacances. J'espère sincèrement qu'ils pourront mettre leur projet à exécution parce que le temps annoncé n'est pas fameux fameux et encore moins propice à l'ascension de cette merveille. Comme toujours, quand mes enfants partent loin, j'ai un petit pincement au coeur mais je suppose que ce sera toujours comme ça, quel que soit leur âge.

    Ce dimanche, malgré la pluie, l'Homme m'a obligée à sortir au marché faire le plein de framboises et de myrtilles. Je l'ai tellement bassiné cet été à vanter les mérites anti-oxydants de toute une série de fruits et légumes qu'il se fait un devoir maintenant de me pousser à poursuivre ce régime anti-rouille. Puis, on a passé l'après-midi en cuisine, confitures et tarte aux reines-claudes cueillies le weekend dernier.

    Ce lundi matin, réveil mitigé: Toots Thielemans est décédé cette nuit et Mindulle le typhon accoste au Japon. What !? Mais ma fille et JD partent ce soir. Plus de 500 vols sont annulés et ils ont évacué la tour de contrôle vu les vents de 180 km/heure. Et il faut voir les trombes d'eau. Malgré tout, leur avion a décollé ce soir; je sens que la nuit va encore être tranquille, tiens…..

  • Finir les vacances en beauté

     

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    J'aime changer d'endroit de vacances chaque année, histoire de voir d'autres cieux, d'autres soleils, d'autres cultures. Et nous n'avons pas de "maison de vacances". Mais chaque année, mes parents louent le même appartement dans le même chalet en Suisse et chaque année depuis presque 30 ans, nous les rejoignons une semaine, voire deux, en clôture de nos vacances d'été. 

    Et chaque fois, quand je rentre dans ce chalet, le même parfum m'accueille. C'est un parfum indéfinissable, mélange de propre, d'huiles essentielles remontant du sauna et de lessive remontant de la buanderie. Un parfum chaud qui m'enveloppe chaque fois que je passe cette porte. Alors oui, chaque fois je me dis que ce serait bien d'avoir une maison de vacances où on retrouve tous ses repères, où on refait les mêmes choses parce qu'on aime ça, qu'on se souvient de l'année passée, et de l'année d'avant et d'il y a dix ans.

    Parce que chaque année, on a exactement le même programme. On se fait au moins deux ou trois journées de marche en montagne et en général, on refait les mêmes circuits, on suit les mêmes sentiers, on rejoint les mêmes crevasses, on s'assied sur les mêmes bancs, on rencontre les mêmes familles de marmottes. On se souvient de tout ce qui s'est passé au cours des 30 promenades précédentes, on fait les mêmes commentaires au détour de chaque caillou, on radote, quoi.

    On se fait une journée shopping d'enfer à Lausanne parce que, c'est sûr, on ne trouve pas les mêmes choses que chez nous. On ramène des spätzli, du fromage, des gendarmes, du chocolat et des fruits séchés.  

    On se fait l'expo à la Fondation Gianadda et cette année on a rendu hommage à Jacqueline, la dernière muse de Picasso.

    En général, on se fait aussi une raclette, un chaud-froid ou une meringue aux fruits rouges mais cette fois-ci on a fait l'impasse.

    C'est la semaine de fin de vacances, le petit oignon sur le fromage fondu.

  • 25 ans

     

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    On a pensé que c'était une folie. On pensait qu'on n'avait pas les moyens financiers d'avoir un petit troisième. Qu'on devait déjà s'estimer heureux d'avoir deux princesses. J'étais un peu gênée de l'annoncer mais en même temps secrètement sûre de moi (Je ne vois vraiment pas pourquoi ça ne marcherait pas, quand il y en a pour deux, il y en a pour trois – sauf que des mains, on n'en a que deux mais bon, ça c'est une autre histoire….). Et puis j'en voulais cinq de toutes façons. 

    A peine enceinte, j'ai pris le risque de quitter la stabilité du monde bancaire, du moins c'est ce qu'on s'imaginait à l'époque – et puis c'était la banque de Papa. Je ne lui ai jamais dit que j'ai donné ma démission avant même d'avoir signé de l'autre côté. Chez ceux qui m'ont engagée me sachant enceinte de 4 mois. Rien que pour ça, j'aurais tout quitté. Depuis que je suis de l'autre côté de la barrière d'ailleurs, je me fais un devoir de ne jamais refuser de recruter une femme enceinte sous ce seul critère. J'ai commencé à travailler le 16 avril pour m'arrêter le 16 juillet. Et reprendre le 1 octobre.

    Entretemps, le petit lion est arrivé à l'aube du 30 juillet. C'est sans doute la seule fois de sa vie où il aura été aussi matinal. Sauf peut-être un jour d'examen mémorable. 

    Un roi après deux princesses. Un roi pour tout le monde, premier fils, premier petit-fils dans un monde très féminin. Un roi pour ses soeurs, quoi qu'elles en disent aujourd'hui. Elles l'ont protégé envers et contre tout, malgré tout ce qu'il a pu leur faire endurer. Elles l'adorent et il ne saurait s'en passer. 

    Cinq jours après sa naissance, on emmenait ce mini-colosse à la mer, à 4 semaines à la montagne et à 6 semaines en Provence. A trois ans et demi, il s'expatriait avec nous en Italie. En réaction à ces voyages un peu précoces sans doute, il a gardé un attachement viscéral à sa maison, au point de nous interdire de la vendre et, si vraiment besoin était, d'attendre qu'il puisse la racheter. Attachement encore plus tenace à son lit qu'il a un jour qualifié de "son meilleur ami". 

    Il a fait la fierté des ses grands-parents paternels puisque c'était et c'est encore le portrait craché de son père. Mais j'y retrouve mes gènes malgré tout puisque – même si dans l'absolu, il le dépasse - il n'a pas hérité des longues jambes interminables de son père que ce dernier a préféré léguer à sa fille aînée mais plutôt des miennes, de mon sourire et d'un humour tiré par les cheveux selon ceux qui ne nous comprennent pas toujours et d'un amour des jeux de mots parfois vraiment tordus, on le reconnaît.

    Il est horripilant de procrastination et plus avare qu'Harpagon. Et il discutaille pour un oui ou pour un non avec un aplomb et une argumentation pas toujours facile à démonter. Mais il vous embobine avec un charme et une affection à nuls autres pareils. 

    Et pour ne rien gâcher, je suis fière de lui. Comme je le suis de ses deux aînées. 

    Pour la deuxième fois en 25 ans, on ne passera pas son anniversaire avec lui et j'en suis plus désolée que je n'essaie de le montrer. Je suis prête à remonter en Belgique avant de redescendre vers la Suisse mais je ne peux pas demander à l'Homme, qui n'en est pourtant pas à un coup d'accélérateur près, de faire 900 km dans un sens puis 700 dans l'autre, un jour noir de noir sur la piste de Bison Futé. Alors qu'il n'en faut pas 400 pour rejoindre la deuxième étape de nos vacances.

    Il aurait pu être ici mais l'amour en a décidé autrement. Mais alors ce serait ses soeurs qui n'auraient pas été là. Alors aujourd'hui, je le leur laisse et elles le fêteront dignement. Et c'est un beau cadeau pour moi aussi.

  • Vraiment en mode vacances

     

     

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    En mode vacances à deux et farniente total. Exactement ce dont j'avais besoin. Il me fallait simplement l'admettre. 

    C'est un peu le monde à l'envers, c'est l'Homme qui propose de faire une petite excursion dans la région, ce n'est plus moi qui trépigne le Routard dans une main, le Géoguide dans l'autre. Moi, je veux juste le soleil, les pieds dans l'eau de la piscine pour réguler la température si nécessaire, et des bouquins. Y inclus le Routard et le Géoguide que j'épluche de A à Z. Parce que, tout de même, je ne vais pas mourir idiote. Des romans en français, un roman en espagnol et mon premier livre en portugais. Et un livre sur comment mieux vieillir, comme à Okinawa, passionnant. Quelques chapitres de chaque livre chaque jour. Je suis au paradis. 

    On se prend l'apéro, on se fait de bonnes petites salades ou je mets en pratique certains principes d'Okinawa – un max de fruits et de légumes surtout et du soja. Les algues et le poisson, ce sera pour après les vacances.

    On se fume des havanes en regardant la pleine lune et on discute avec le voisin culture de châtaignes et aberrations européennes pour les petits producteurs.

    L'Homme fait ses longueurs dans la piscine, moi je reprends le Pilates. Et je me sens bien. J'essaye des figures de hip hop complètement improbables et totalement impossibles pour moi mais qui n'essaye rien…..

    Après une nuit d'orages insensés, on s'est quand même offert une virée resto à Avignon dont on rêvait depuis deux ans, deux heures et demie aller et idem retour pour un oeuf mollet à l'huile de truffe sur une brandade de morue. Mais une vraie tuerie !

    Et aujourd'hui, on s'est baladés sur la corniche des gorges de l'Ardèche. Splendide. Malheureusement, il n'y avait pas que nous qui trouvions cela splendide. 

    Ces vacances sont une bénédiction.

     

  • Sissi était une schöne brune….

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    On va croire que je ne fais que voyager. Un long weekend en Roumanie, quelques jours à Porto et maintenant un city trip à Vienne. Trois jours trois nuits. Valse à trois temps dans une ville majestueuse. Une ville où on se sent tout de suite chez soi, une ville dont Bruxelles aurait beaucoup à apprendre pour accueillir les touristes ou tout simplement garder ses concitoyens. 

    Par chance, je me sentais mieux qu'à Porto et j'ai pu profiter pleinement de cette belle élégante. Tout m'a plu. Son architecture Jugendstil, précurseur de l'Art Nouveau, les vestiges de la splendeur austro-hongroise – j'ai avalé du Sissi jusqu'à plus soif, de la Hofburg à Schönbrunn c'est ce que je voulais mais force est de constater qu'on est loin des mièvreries de Sissi-Romy impératrice, au final, c'était plutôt l'histoire d'une gamine mariée contre son gré à l'empire, privée de ses enfants, contrainte dans tous ses faits et gestes au point d'en devenir anorexique pour maintenir son seul pouvoir qu'était sa beauté sans pareil -, et l'architecture en spirales colorées de Hundertwasser où rien n'est droit et que j'ai adorée.

    J'ai fait un tour dans la grande roue mythique du Troisième Homme au Prater et trois petits tours enchantés dans le plus vieux parc de Vienne où une statuette dorée de Strauss semble ressusciter une valse viennoise.

    J'ai mangé des Wienerschnitzels et des saucisses viennoises qui m'ont remise d'aplomb après les marches interminables dans cette ville magique. 

    J'ai longé le Danube en pensant à mon grand-père, prisonnier-travailleur dans une ferme en Autriche pendant la deuxième guerre mondiale et qui me parlait du Danube "qui n'était pas bleu"….

    J'ai vu la Bibliothèque nationale, sublime.

    On aurait pu faire plein d'expositions, mais le temps était si beau qu'on s'est contenté de flâner et de flâner encore.

    Et c'était bien.

     

  • Lever le pied

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    C'est donc le mot clé pour le moment. Je ne suis pas très douée. Mais j'essaye, je m'applique. 

    On a commencé le weekend par les petites courses du matin, poisson, baguettes, asperges, cerises, ail frais…. On a fait l'impasse sur le déjeuner mais on s'est partagé un havane, un café et un petit sol y sombra sur le balcon. 

    On est partis malgré la pluie chacun sous son parapluie pour une fois faire le plein de guides de voyage pour l'été et de produits solaires. Puis il est parti voir sa maman et j'ai rejoint Joséphine pour se mettre en quête des cadeaux d'anniversaire de Cat et de Claudia. On a pris un thé au jasmin dans les Galeries St Hubert.  En fin d'après-midi, lui et moi sommes ressortis pour s'offrir une glace, ce qu'on ne fait jamais en dehors des périodes de vacances. Yuzu et citron zestes pour moi, caramel beurre salé et yaourt pour lui.

    Il a regardé un film idiot, moi j'ai fait le tour du blog et bouquiné.

    Le dimanche, après le skype hebdomadaire avec Swiss Sis, on a préparé le déjeuner pour nos invités de marque, Anaïs et Simon, cabillaud asperges sauce citron, et des petits muffins à la farine de quinoa et graines de pavot. Et pour le dessert, retour chez le glacier Gaston, gaga de glaces: yaourt et banane vanille graines de sésame. Un délice.

    Simon est parti rejoindre un copain et Anaïs m'a aidée toute l'après-midi à préparer un album photos sur notre escapade en Transylvanie pour l'anniversaire de Claudia. Merci ma fille ! 

    En gros, je n'ai rien fait de ce qui fait mes weekends, rien rangé ou à peine, rien nettoyé. Je ne peux pas dire que cela m'est insupportable mais j'ai dû contrôler mes pulsions maniaques à plusieurs reprises pendant ces deux jours doigts de pied en éventail. C'était très agréable, rendu plus facile par l'absence de Quentin et de son mètre quatre-vingt cinq à nourrir et de toute obligation sociale. Mais je ne suis pas sûre que je pourrais répéter tous les weekends sur ce modèle zen. 

     

     

     

     

     

  • Une larme de Porto

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    Quatre jours, cinq nuits rien que pour nous deux. Dans une ville à découvrir. City trip à Porto. A priori le paradis. 

    Mais où est passée la moi d'avant, la moi "en avant", la moi "vive l'aventure", la moi qui veut tout voir encore et encore, jusqu'à ce qu'on ait épuisé toutes les propositions du petit routard ou du petit futé ? Elle s'est noyée dans une épaule en reconstruction, des attentats meurtriers, deux petites embolies et une thyroïde sous haute surveillance. Et c'est une moi, ralentie, sans envies, en larmes totalement sans raison certains jours que l'Homme déstabilisé a dû traîner derrière lui.

    Et pourtant, c'était bien. Vraiment bien. On a dormi dans un superbe vieux monastère transformé en hôtel plutôt luxueux, on y a mangé chaque soir divinement bien. On s'est promené dans Porto à un rythme de sénateur, on a grimpé les rues pentues, visité des églises baroquissimes, admiré des azulejos absolument magnifiques, retrouvé les vagues extraordinaires de l'Atlantique, fait une dégustation fabuleuse de 4 Portos secs et 4 Portos doux, on s'est promenés dans la vallée du Douro toute une journée, on s'est arrêtés dans des endroits improbables, j'ai pu tester les bénéfices des quatre ans de cours de portugais et surtout surtout j'ai acheté mon premier livre de portugais dans une des plus belles librairies anciennes d'Europe. Fière comme un petit paõ.

    Porto est vraiment une belle ville, jeune et dynamique et je voudrais bien y retourner avec un esprit plus joyeux et un peu plus d'énergie. Si je peux dire ça, c'est qu'il reste une petite flamme au fond de moi qui ne demande qu'à redevenir feu follet.

     

  • Ah ma santé !

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    Chez les catholiques, on dirait que j'ai commis le péché d'orgueil. Je me suis crue éternelle. Bien sûr, je savais et je sais que je ne le suis pas mais j'ai voulu ignorer que je ne l'étais pas. J'ai eu la chance d'être en grande forme physique jusqu'à aujourd'hui. Mais l'année 2016 me rappelle à l'ordre.

    L'intervention chirurgicale de l'épaule en janvier, un problème à la thyroïde à identifier (kyste ? tumeur bénigne ? maligne ?), l'épisode oxygène low cost qui s'avère finalement une embolie pulmonaire au niveau des artères périphériques des poumons, tout cela commence à faire lourd.

    En une semaine, j'ai fait plus d'examens qu'en une année. Une journée aux urgences, un rendez-vous prolongé chez la pneumologue et la suspicion est devenue réalité. J'avoue que j'ai pris une claque. Surtout quand j'ai demandé si je pouvais aller chercher les médicaments à la pharmacie le lendemain matin, vu l'heure, et qu'elle m'a répondu: "NON, MAINTENANT !". Gloups !

    Me voilà sous anti-coagulants pour une année à venir. Le premier qui me touche sera responsable d'hématomes géants. Les prochains saignements de nez dont je suis coutumière ces derniers temps vont m'obliger à consommer les Kleenex par boîtes entières. Mais tout plutôt que de vivre avec cette menace du caillot baladeur. 

    Deux examens encore cette semaine pour essayer de débusquer le thrombus d'origine mais rien n'est moins sûr. Espérons qu'où qu'il soit, il se liquéfie de peur.

    En attendant, je me sens comme une terroriste qui balade une bombe dans son corps. Une bombe pour moi seule. 

  • Sorcières à Paris

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    Dix ans plus tard, nous revoilà à Paris. A quatre malheureusement, même si cette fois encore, elle était bien parmi nous. Quel joli weekend ! 

    J'adore retrouver au moins une fois par an ces adorables sorcières. Nos retrouvailles sont chaque fois un vrai bonheur et il est difficile d'imaginer qu'une année se soit passée sans que l'on se retrouve toutes les quatre. On amène toutes nos soucis, on les partage, et puis on les oublie le temps du weekend. 

    Véro nous avait tout organisé: un airbnb dans le Marais, un petit salon de thé pour le lunch où je recommande la salade de lentilles au saumon fumé, divine, et une visite guidée du Quartier Latin. J'adore ce genre de visite, surtout quand la guide est géniale. J'ai appris plein de choses, vu de très jolies choses et passé un moment délicieux. 

    Le petit bistro où on a reposé nos jambes fatiguées mais pas nos langues, jamais fatiguées, était lui aussi une découverte. Simple mais divinement bon. 

    Le dimanche après la visite guidée, on s'est posées au soleil sur une péniche, moment de complicité enivrée dont on ne ressort pas toutes dignes et droites. Le soir, trop fatiguées pour trouver un resto, on s'est fait livrer un thaï bof bof, juste de quoi absorber les deux caipirinhas de l'après-midi. 

    Et c'était déjà la fin; le temps nous a filé entre les doigts mais il était si riche de moments intenses qu'une nouvelle fois, ce weekend de sorcières restera gravé dans nos mémoires.

     

     

     

  • Au-delà des forêts

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    Petit tour en Transylvanie, à la frontière ukrainienne, entre amis (4 couples, 6 enfants), dans les montagnes du Muramures. Cinq jours de dépaysement total. 

    Le voyage n'a pourtant pas trop bien commencé: après une demi-heure de vol, je me suis réveillée d'un assoupissement léger par une sensation d'étouffement. Le temps de toucher du pied la jambe de l'homme, lui aussi assoupi, et je m'évanouis une petite minute. Le moins qu'on puisse dire, c'est que ni lui ni moi n'étions rassurés. Le docteur Loulou qui faisait partie de notre petite bande est tout de suite venu, m'a fait allonger et a demandé une bonbonne d'oxygène que j'ai gardé sur le nez pendant toute la durée du vol. Pouls faible, pas moyen de respirer normalement, un chouia de panique (on ne fait pas venir l'ambulance en plein vol, on fait quoi alors ?), un rien sceptique quant à la suite du séjour, un peu ennuyée pour les autres aussi. Diagnostic apporté par l'ingénieur aéronautique: les compagnies low-cost réduisent l'apport en oxygène dans les avions pour réduire les coûts. Seule énigme: pourquoi moi et pas tout l'avion ? Mais une fois sur la terre ferme, les couleurs me sont revenues progressivement et l'épisode a été vite oublié.

    Pendant cinq jours, on a voyagé dans ce paysage sublime, de tous les verts possibles. Dr Loulou et Claudia nous ont partagé leur terre natale avec un enthousiasme très contagieux. En deux temps, trois mouvements, on s'est mis au roumain de base, on comprenait la moitié de ce qui se disait ou se lisait, fastoche pour des italophones comme nous tous.

    L'enthousiasme du Dr Loulou passait surtout par la table et il aurait voulu nous faire goûter tout ce qu'il aime en même temps. Chaque repas est devenu une orgie de ses saveurs d'enfance. On a partagé ses souvenirs gustatifs jusqu'à l'indigestion. Truites, sarmales (feuilles de chou farcies de riz et de viande), mamaliga (polenta), patates et re-patates, lard grillé, fromage, beurre, crème,  les ciorba (soupes) de tripes, les saucisses, enfin le paradis du cholestérol quoi, les papanasi, délicieux beignets à la crème fraîche et à la confiture de myrtilles. Et pour tout digérer, la palinca, eau-de-vie de prune qui se boit cul sec en retournant son verre sur la table. Après çà, on revient plus lourd d'au moins 2 à 4 kilos, selon le laisser aller à la gourmandise. 

    L'enthousiasme de Claudia pétillait plus pour les lieux de son enfance, l'appartement où elle a vécu heureuse avec sa grand-mère ou avec ses parents, ses jeux d'enfant, les montagnes, les églises en bois, le cimetière joyeux où les tombes sont toutes décorées par un artiste local qui peint et raconte en quelques lignes la vie du défunt. Et cette profusion de croix colorées et naïves donne une impression de joie et de vies joliment vécues pour la plupart. Les vieilles églises en bois, magnifiques, en particulier celle qu'une vieille paysanne nous ouvre rien que pour nous et qui de fil en aiguille finit par montrer à Dr Loulou son genou où une vieille prothèse toute déglinguée la fait terriblement souffrir et par découvrir qu'elle jouait enfant avec les parents de Dr Loulou. Le mémorial aux deux millions de victimes recensées du communisme, à Sighetu où on retrouve une photo du papa de Dr Loulou. Les promenades dans les collines de Ruscova, à quelques pas de l'Ukraine. La surprise du groupe de danses folkloriques rien que pour nous, qui m'émeut aux larmes, allez savoir pourquoi. Le voyage en train à vapeur jusqu'au bout de nulle part dans la montagne, moment juste inoubliable. 

    Chaque moment était précieux, chaque jour, nous en avons pris plein les yeux d'une merveilleuse nature, d'une région restée encore très attachée à ses traditions, d'une explosion de couleurs partout. Jamais nous ne serions allés spontanément dans cette contrée au milieu de nulle part et nous serions passés à côté d'un petit bijou au coeur même de l'Europe au sens géographique du terme. 

    Ils ont tout organisé, nous n'avions qu'à nous laisser porter. Jamais un tour opérateur ne nous ferait vivre tout l'amour porté à sa terre natale de cette manière.

    Multumesc Liviu et Claudia, c'était totalement romanesque !

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