Excursion à l’intérieur des terres, deux heures de route dont une partie dans des lacets de montagne. On n’aime pas trop ça mais on s’accroche. On pense déboucher sur un petit village de montagne, blanc et sauvage, qui nous récompensera de ce trajet un peu nauséeux et à notre grand dépit, au détour d’un virage, une ville, une vraie ville tout ce qu’il y a de plus moderne nous saute au visage. Je sens les soupirs se gonfler dans l’habitacle. Heureusement, quelques kilomètrs plus loin, le vieux centre de la ville se fait pardonner ses abords trompeurs.
Un vieux pont enjambe à 100 mètres de hauteur une gorge impressionnante qui coupe la ville en deux. On frissonne à l’idée que durant la guerre civile, les opposants au régime de Franco étaient jetés vivants de haut de ce pont. C’est ce que raconte Hemingway dans son roman « Pour qui sonne le glas ». Ce cher Ernest qui adorait ce coin d’Espagne et plus encore ses arènes spectaculaires. C’est vrai qu’elles sont belles et comptent parmi les plus belles d’Espagne voire du monde. Le sable ocre se marie à merveille avec les barrières en bois et la pierre des tribunes. Elles font en tout cas partie des plus anciennes et des plus respectées. Orson Welles, adorateur des corridas, demanda à ce que ses cendres soient dispersées dans cette arène mais ce lui fut refusé et c’est finalement sur les terres d’Ordonez, torero adulé en Espagne qu’elles le furent. J’ai beau être totalement hermétique à l’art de la tauromachie, je n’ai pu m’empêcher d'être totalement impressionnée par la visite de ces lieux particuliers.



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