La Belgique s'est réveillée incrédule et abasourdie ce mercredi matin à l'annonce de l'accident de Sierre. Des dizaines de mamans, des dizaines de papas, de frères et soeurs, de grand-parents se sont réveillés anéantis, détruits. Nous avons vécu l'estomac noué toute cette journée de mercredi et celles qui ont suivi. Eux sont passés du choc au refus d'y croire, à l'espoir d'une erreur, d'un réveil de leur cauchemar, à l'abattement total et au désespoir.
Cela méritait certainement une journée de deuil national. Même si tous les enfants qui meurent dans notre pays après une longue et inacceptable maladie, ou des suites d'un accident domestique ou de la route, ne font pas l'objet du moindre entrefilet dans la presse, il est normal qu'un drame à cette échelle fasse l'objet d'une manifestation de respect au niveau national.
Mais au-delà de toute l'empathie que j'ai pu ressentir ces derniers jours, je suis profondément en colère contre une certaine presse – qui n'est pas la presse à sensation dont on n'attend rien de moins mais bien la presse courante – qui semblait n'avoir rien d'autre à se mettre sous le micro et qui nous a donné les détails les plus sordides. Je suis enragée contre ces journalistes qui se sont empressés d'interroger n'importe qui pouvait nous arracher une larme, jusqu'à des enfants sur le point de partir en classe de neige pour savoir ce que "ça leur faisait ?" et "s'ils avaient peur de partir la semaine prochaine ?".
Une presse intrusive au point de se déguiser en infirmiers pour pouvoir photographier les familles au chevet des enfants encore hospitalisés. Le droit d'informer ne leur donne pas tous les droits. Le sensationnel et le tragique font vendre, on le sait. Mais la notion de déontologie devrait peut-être être remise au goût du jour pour rappeler aux media le respect de la vie privée, en particulier vis-à-vis de ceux qui se trouvent en situation de grande vulnérabilité.

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