J'ai une passion pour les mots, ce n'est pas la première fois que j'en parle. J'ai aussi une grande affection pour les dictionnaires. Très tôt, j'ai passé des heures à voyager dans les dictionnaires et les encyclopédies à des jeux de cascade. Je partais d'un mot et je traversais le dictionnaire en sautillant comme sur un gué d'un mot à l'autre pour arriver à une "destination" finale. C'était plus amusant encore avec les noms propres. Je finissais par établir un lien de loin en loin entre Napoléon Ier et Eole, ou entre Michel Ange et Bermude II le Goutteux (même si ce dernier est fooort peu connu).
Un jour, j'ai même entrepris de recopier le dictionnaire mais là, ma paresse a vite eu raison de mon assiduité et je me suis arrêtée dès abysse. Mais j'aurais peut-être dû montrer plus de persévérance parce que 35 ans plus tard, je sais toujours ce qu'est un abat-son (vous savez, vous ?) et une abaisse.
Aujourd'hui, je joue aux mêmes jeux avec Wikipedia et autres encyclopédies de la toile. Oh, bien sûr, je ne prend pas pour argent comptant tout ce que ces mines nous content. Mais avec un peu de discernement pour un tant soit peu de crédibilité, j'y trouve mon compte.
Et ce qui me laisse perplexe, c'est le peu d'intérêt que mes enfants montrent pour ce genre d'outils. Et en période de tests ou d'examens, ils me prennent pour la Rousse (remarquez, c'est toujours mieux que de me prendre pour une blonde) et me bombardent de "Qu'est ce que c'est ?" et " Ca veut dire quoi ?" comme lorsque, petits, ils me saoulaient de "Pourquoi ?". Et ils croient mon vocabulaire inépuisable. Mais moi, je n'ai jamais entendu le mot "subsumer" et je ne retiens jamais la signification de "congruent".
Je ne vois pas d'inconvénient à enrichir encore mon vocabulaire par leur truchement mais tout de même, j'aurais aimé leur inoculer le gêne du dictionnaire.

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