Je suis plutôt du genre à ne pas me poser trop de questions. J’avance et je ne réfléchis pas trop. Surtout pas au sens de ma vie, au sens de la vie en général. Je me souviens d’ailleurs avoir choqué lors d’une conversation autour de la table familiale lorsque j’ai osé dire que je ne m’étais jamais posé cette question.
J’essaie de faire le mieux que je peux, dans tous les domaines, quoi qu’en aient dit tous mes professeurs depuis mon plus jeune âge. Je suis perfectionniste dans mon boulot, dans ma vie privée, je veux du top niveau ou rien. Je ne prétends pas y arriver, bien sûr, mais c’est ce que je veux. D’où un certain nombre d’insatisfactions.
Je fais, je donne, j’aime, je pousse, je tire, mais je ne sais pas POURQUOI.
Et puis, l’autre jour, pour la première fois, je me suis posée LA fameuse question. J’étais prise comme cela m’arrive souvent dans le tourbillon de mes pensées multidirectionnelles. En quinze minutes, je pense à
- la présentation à préparer pour lundi
- prendre rendez-vous chez le coiffeur
- quel cadeau je pourrais bien offrir à ma belle-soeur pour son anniversaire
- comment retrouver cette prof de gym géniale, maintenant que le club de fitness a fait faillite sans crier gare
- tout ce que je pourrais faire pour éviter le relâchement de la chair avec lequel N. m’a terrorisée l’autre jour
- ce temps qui passe et m’empêche de visiter, lire, écouter, admirer, danser
Et LA question s’est imposée sans crier gare. Pourquoi tout ça ? Pourquoi se stresser autant pour mon boulot, pour le faire au mieux, pour ne pas être prise en défaut surtout ? Ca me mène où ? Bien sûr, je ne suis pas idiote, je sais que j’ai un rôle, que je permets à une organisation de fonctionner au même titre que les autres pions de l’échiquier. Mais à quoi sert l’organisation elle-même ? Elle permet de promouvoir l’enseignement, la culture, l’audiovisuel ? Et alors ? A quoi sert tout cela ?
A quoi sert de prendre rendez-vous chez le coiffeur ? A quoi sert de lutter contre les cheveux gris, contre la pesanteur qui ne m’évitera pas de perdre petit à petit ma fermeté, de friper, de rider, de vieillir puis de mourir ?
A quoi sert de vouloir tout lire, tout visiter, voir toutes les expos, voyager inlassablement ? Une fois que j’aurai fait le plein de livres, d’expos, de paysages, de chansons, je n’emporterai pourtant rien.
Même si j’avais une vie moins orientée vers moi et plus axée vers le soutien aux autres, à quoi cela servirait-il ? Aider les autres à vivre mieux, d’accord, mais leur vie également n’est que passagère. A quoi donc servons-nous ?
Et j’ai été prise d’un gros gros vertige. J’ai fermé les yeux et j’ai à nouveau chassé la question pour retrouver la terre ferme.
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