Catégorie : la vie des autres

  • See you one of these…..

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    Le matin, quand on se quitte, on pense se revoir le soir, a priori. On devrait parfois penser qu’après tout, ce n’est pas aussi sûr que cela. Loin de moi l’idée de vous faire tout un laïus sur le sujet en vous recommandant chaudement de ne jamais se quitter sur une dispute, un mauvais mot, une exaspération. Je serais plutôt mal placée, moi qui me fâche un jour sur trois lorsqu’on me demande, sur le pas de la porte, 2 euro pour un sandwich ou qu’on me supplie de signer le bulletin pendant que je me lave les dents.

    Non, là n’est pas mon propos. Mais je me suis pourtant fait cette réflexion vendredi dernier. Je suis allée déjeûner avec une collègue, devenue amie sur le tard – à vrai dire ses deux dernières semaines de présence au bureau -, collègue qui nous quitte et s’envole demain pour la…. Nouvelle-Zélande (Wellington). Au moment de se dire au revoir (au revoir ??, vraiment ??), on s’est rendu subitement compte qu’elle ne reviendrait plus en Belgique. Elle est Australienne, a épousé un Belge qui travaille à Hong-Kong, sa mère vit encore à Adélaïde et la dernière personne qui la retenait en Belgique était une tante de son mari qui vient de décéder. Elle ne reviendra donc probablement plus en Belgique et je n’ai aucune idée du jour où je retournerai en Nouvelle-Zélande (même si ce n’est pas l’envie qui manque).

    Et un peu prise de court, un peu nouée à la gorge, je lui ai dit en l’embrassant: "See you one of these days years…." Et je me demande si je la reverrai jamais….

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  • Faits de fin d’hiver du week end

    Img_2104Long fleuve pas tranquille comme d’hab’. On espère poursuivre les travaux "rénovation de parquet", tranquilos ce week end. Ah pas de bol, belle-soeur unique déclare une appendicite aiguë vendredi après-midi. Youpie, bien sûr, on réorganise le week end un peu en fonction, vu que c’est pas non plus le moment de laisser Mamy L. toute seule.

    Ceci dit, ça ne m’empêche pas d’aller chez le coiffeur, c’est bien. Ni les enfants de sortir vendredi soir ou samedi soir selon les uns et les autres. Une de ces enfants, d’ailleurs, qui, généralement, n’hésite pas à vous appeler à 3 heures du mat’ pour dire que "finalement, elle ira dormir chez D. ou X. ou Z. au lieu de rentrer comme prévu" (je reconnais que j’insiste pour être prévenue, quelle que soit l’heure, mais j’aurais aimé une filofaxée qui connaît son programme en début de soirée et pas qui, girouettement, suit le vent), cette même enfant donc hésite à appeler à la même heure matinale lorsqu’elle a eu un accident de voiture. D’accord, elle s’en sort avec quelques contusions et ses co-voitureurs pareil. Lesquels compagnons d’infortune s’étaient ensardinés à six dans une Smart. D’accord, pas une Smart Fortwo, une Smart Forfour. Mais la Smart Forsix, je connais pas. Ah !

    Enfin, tout cela ne nous a pas empêchés de terminer la chambre de Quentin et de commencer à vider la chambre des filles. Et cela m’a permis d’entendre ce charmant dialogue entre l’Homme et Fille cadette, occupés à déplacer un meuble ensemble:

    – Plus à droite, mais nooon pas par là, maais tu vois pas que ça passe paaas ??

    – Parle-moi en français, pas en langage codé !!!

    Et moi de jubiler, pour une fois que ce n’est pas moi qui ne comprend rien à rien aux instructions tacites de l’Homme. Pendant ce temps-là, Fille Aînée regarde l’action, nonchalamment assise "Mais, Anaïs, il ne te parle pas en langage codé….". Et quand c’est le petit d’Homme qui s’y colle, pas de problème, lui comprend le langage codé, le langage d’hommes, de la logique masculine disons.

    Les hommes viennent de chez Brico, les femmes de chez Carrefour….

  • Surchauffe

    Babel4 Ce matin, j’attendais le bus avec un groupe de jeunes stagiaires de la Commission européenne. Ils communiquaient entre eux en anglais – curieusement tous en US English – et je m’amusais à identifier au travers de leurs accents leur langue maternelle. Je me trompe rarement à ce genre d’exercice. J’ai pu le vérifier, une fois dans le bus. Nous nous sommes assis au fond et ils se sont regroupés par paire de même langue maternelle. Deux francophones devant moi, deux Grecs à ma gauche et deux hispanophones à ma droite. Entretemps, une jeune Italienne a rejoint les deux francophones.

    Et c’est là que mon cerveau a commencé à surchauffer. Fidèle à mes habitudes de curieuse/linguiste, je me suis mise à écouter les conversations. Mes deux oreilles essayaient de filtrer, pour obtenir un sens cohérent, la conversation des deux Grecs sur le conflit israelo-palestinien, l’échange des francophones avec l’italienne mi en anglais mi en français sur la comparaison entre l’italien et le français en matière de prononciation et d’orthographe, et des bribes de discussion entre les deux Espagnols qui parlaient de leur soirée d’hier. Pour couronner le tout, mes yeux s’efforçaient de lire un article en anglais sur le réchauffement planétaire. Je devais bien entendu relire chaque paragraphe deuxx à trois fois.

    Bien sûr, au milieu de tout ce Babel européen, je buvais du petit lait, mais mon cerveau, lui, pédalait dans le yaourt et battait le beurre.

    Après je m’étonne d’être fatiguée. Aiuto !

  • T’es dans la salle de bains ?

    Entendu dans le metro la semaine dernière:

    T’ES OU ?

    T’ES DANS LA SALLE DE BAINS ?

    ET QU’EST-CE QUE TU FAIS DANS LA SALLE DE BAINS ?

    AH, TU SORS ?

    ET AVEC QUI ?Bathtub

     

    Le tout, volume 6 ou 7. Sans doute, le bruit de la douche l’empêchait-elle d’entendre les réponses de l’interlocuteur ou trice. Je n’ai pas entendu la suite parce qu’elle est sortie de la rame, continuant son enquête-jeu de piste. Etait-ce une épouse surveillant son mari ? Une mère de famille contrôlant les allées et venues de son fils, sa fille ? Je ne le saurai sans doute jamais. Et pour dire la vérité, j’aime autant pas le savoir. En fait, rien ne m’énerve plus que ces gens pas discrets pour deux sous qui racontent leur vie au téléphone sans aucune pudeur. Pourtant, paradoxalement, Dieu sait que je suis curieuse et que j’ai un penchant certain pour écouter les conversations des autres. Mais l’étalage sans plus aucune réserve de sa vie privée m’agace profondément. Ahxwup3carb5sb1cakdgs5pcaztvsp7cay7