Catégorie : la vie des autres

  • Surchauffe

    Babel4 Ce matin, j’attendais le bus avec un groupe de jeunes stagiaires de la Commission européenne. Ils communiquaient entre eux en anglais – curieusement tous en US English – et je m’amusais à identifier au travers de leurs accents leur langue maternelle. Je me trompe rarement à ce genre d’exercice. J’ai pu le vérifier, une fois dans le bus. Nous nous sommes assis au fond et ils se sont regroupés par paire de même langue maternelle. Deux francophones devant moi, deux Grecs à ma gauche et deux hispanophones à ma droite. Entretemps, une jeune Italienne a rejoint les deux francophones.

    Et c’est là que mon cerveau a commencé à surchauffer. Fidèle à mes habitudes de curieuse/linguiste, je me suis mise à écouter les conversations. Mes deux oreilles essayaient de filtrer, pour obtenir un sens cohérent, la conversation des deux Grecs sur le conflit israelo-palestinien, l’échange des francophones avec l’italienne mi en anglais mi en français sur la comparaison entre l’italien et le français en matière de prononciation et d’orthographe, et des bribes de discussion entre les deux Espagnols qui parlaient de leur soirée d’hier. Pour couronner le tout, mes yeux s’efforçaient de lire un article en anglais sur le réchauffement planétaire. Je devais bien entendu relire chaque paragraphe deuxx à trois fois.

    Bien sûr, au milieu de tout ce Babel européen, je buvais du petit lait, mais mon cerveau, lui, pédalait dans le yaourt et battait le beurre.

    Après je m’étonne d’être fatiguée. Aiuto !

  • T’es dans la salle de bains ?

    Entendu dans le metro la semaine dernière:

    T’ES OU ?

    T’ES DANS LA SALLE DE BAINS ?

    ET QU’EST-CE QUE TU FAIS DANS LA SALLE DE BAINS ?

    AH, TU SORS ?

    ET AVEC QUI ?Bathtub

     

    Le tout, volume 6 ou 7. Sans doute, le bruit de la douche l’empêchait-elle d’entendre les réponses de l’interlocuteur ou trice. Je n’ai pas entendu la suite parce qu’elle est sortie de la rame, continuant son enquête-jeu de piste. Etait-ce une épouse surveillant son mari ? Une mère de famille contrôlant les allées et venues de son fils, sa fille ? Je ne le saurai sans doute jamais. Et pour dire la vérité, j’aime autant pas le savoir. En fait, rien ne m’énerve plus que ces gens pas discrets pour deux sous qui racontent leur vie au téléphone sans aucune pudeur. Pourtant, paradoxalement, Dieu sait que je suis curieuse et que j’ai un penchant certain pour écouter les conversations des autres. Mais l’étalage sans plus aucune réserve de sa vie privée m’agace profondément. Ahxwup3carb5sb1cakdgs5pcaztvsp7cay7