Catégorie : Fa mi à do ré

  • Pépites pour le coeur

      

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    Au retour de Cuba, il y a eu Pâques et les retrouvailles familiales autour de la chasse aux oeufs, du repas pascal, des anniversaires de Sis'Cile et l'Homme et autour de la brocante de Mamy B. Cette fois, ce sont plutôt mes filles qui ont pioché parmi les trésors trouvés par Mamy. 

    Puis il y a eu le dîner chez Maïté et JD. Je ne suis pas encore habituée à être invitée par mes enfants et cela me semble toujours un peu irréel. Et pourtant c'est un pur plaisir. J'ai adoré les voir se couper en quatre pour nous, servir l'apéro sur la terrasse de leur nouvel appartement, nous offrir un plat de gnocchi aux asperges et aux champignons et un dessert sublime, une ganache à la fleur de sel et à l'huile d'olive. J'ai adoré qu'elle ait allumé les très vieilles bougies glanées à la brocante de Mamy. J'ai craqué lorsqu'elle a dit à JD qui s'est éclipsé pour préparer le dessert "Vas-y, appelle-moi quand ce sera prêt, je viendrai pour les paillettes" en frappant des mains comme une petite fille. C'est tellement plus joli que de dire "appelle-moi pour j'ajoute la touche finale". Surtout qu'il n'y avait rien à ajouter. 

     Il y a eu ce long weekend en Ombrie. A dix. Cinq couples. Cinq garçons, cinq filles de 45 à 60 ans. Enfin, ce serait plus correct de dire cinq hommes et cinq femmes. Quand devient-on l'un et l'une plutôt que l'autre ? C'était un weekend magique où tout est bien. Les plaisirs de tous les sens, la tendresse, les rires, les découvertes des uns et des autres, le farniente ou presque. Le genre de weekend dont on atterrit avec beaucoup de difficultés.

    Il y a tous ces mercredis soirs où je suis accueillie comme un cadeau de Noël par mes parents pour un petit souper avant le badminton. Et franchement rien ne fait plus chaud au coeur que d'être attendue avec autant de bonheur.

    Et enfin, il y a tous ces moments de plus en plus nombreux passés en la seule compagnie de l'Homme, dans une bulle de complicité joyeuse, qui me font voir les années à venir sous d'heureux auspices.

  • C’est reparti

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    Jeudi: Premier jour de l'an. Plus on vieillit, plus ça devient difficile d'émerger après le réveillon du Nouvel An. On s'est amusés comme des petits fous, couchés à quatre heures du mat' et le lever ce matin est plutôt pénible. Le dos cassé, les yeux gonflés de fatigue, il faut bien mettre un pied puis l'autre au sol et se diriger au radar vers la salle de bains. Secouer le fils et l'Homme pour qu'ils se lèvent. Tradition oblige, c'et la tournée des grands-parents. Tradition numéro 2, chez Papy et Mamy B., c'est choucroute au menu. Rien de tel pour se remettre en selle. La veille déjà, on avait sacrifié à la tradition roumaine de Claudia et Livio qui mangent du chou farci à la nouvelle année. De quoi se préparer une chou-ette année. Puis poursuivre la tradtion chez Mamy L. avec des petits choux à la crème le coeur de l'an crème fraîche, au secours. Retour à la maison, soirée tranquille au coin du feu.

    Vendredi: Premier essai de gnocchi maison. L'Homme passe dans mon dos et me demande ce que je fais. Et, curieusement, il ne s'en mêle pas. Au contraire, il me dit "Si tu réussis ça, chapeau !". Mais il ne prend pas les commandes. Que se passe-t'il ? Je ne le reconnais plus. Lui qui veut tout régenter, il me laisserait réaliser quelque chose en cuisine sans y mettre son grain de sel ? Et bien oui. Peut-être cette attitude fait-elle partie de ses résolutions du 1er janvier ? J'en doute fort, pour la bonne et simple raison que l'Homme ne prend jamais de bonnes résolutions, il fait déjà tout bien (!). Et ma foi, ces gnocchi aux fines herbes n'étaient pas mauvais du tout, peut-être un peu trop mous, mais tout à fait honorables pour un premier essai.

    Samedi: Habiter en ville présente de nombreux avantages et même si je manque de vert, je ne regrette pas notre choix. Du moins tant qu'on travaillera. Mais parfois, on s'en mord les doigts. Les nuits où les fêtards deviennent odieux, s'invectivent, s'injurient, cassent les tables et les chaises, ces nuits là, je deviens une moi enfouie qui remonte à la surface, la "moi" qu'on prive de sommeil, hargneuse, harpie, prête à cogner. Je me lève de fort méchante humeur. Mais par chance, c'était aujourd'hui le premier jour des soldes. Et malgré la pluie incessante de cette vilaine journée, l'Homme m'a proposé de m'emmener dans ma boutique préférée. Enfin disons la boutique où la dame s'occupe de moi comme une Barbie. Elle me fait essayer la moitié du magasin, elle sait ce que j'aime et ce qui m'ira, elle me force à passer des trucs que je n'aime pas du tout sur cintre et qui sur moi, tombent parfaitement. Cette petite futée qui a bien dix-quinze ans de plus que moi, toute en élégance, a le chic pour me dénicher la pièce la plus chère de sa boutique, l'air de rien. Et hop, emballé c'est pesé. Me voilà avec un beau manteau gris à capuchon dans lequel j'ai l'air d'une petite fille (sic). A 6 jours de mes 55 balais, c'est toujours bon à prendre, même si un peu incongru.

    Dimanche: Et voilà, plus qu'une fois dormir et on retourne à l'école travailler. Pas dans la joie et l'allégresse mais c'est la vie. Pour la première fois depuis très très longtemps, j'ai pris congé les deux jours qui précédaient Noël, ce qui, compte tenu de la fermeture du bureau entre Noël et Nouvel An, m'a valu deux semaines complètes de vacances. Un vrai régal. D'accord, on a été bien occupés avec les préparatifs de Noël, Noël, la soirée du Nouvel An, le jour de l'An mais à part ça, hormis le chantier ponçage qui s'éternise, à part le blocus de Quentin, du temps rien que pour moi, du rangement la journée, des petits plats nouveaux, blog et bouquins le soir au coin du feu. Franchement, c'était bien. Au point d'en faire une bonne résolution pour 2015. Un peu plus de temps non programmé.

    Lundi: Et c'est reparti ! Bonne année les collègues, gros bisous, un petit café à la machine et hop c'est reparti. Même pas mis de l'ordre sur mon bureau-usine à papier. Une de mes meilleures collaboratrices nous quitte à la fin du mois et je dois trouver activement comment la remplacer. Déjà que je n'ai pas encore synthétisé l'annonce de son départ avant Noël. Ca me plombe tout de suite le moral. Et ce matin, j'ai embrassé trois enrhumées. Du coup, ce soir, je me sens déjà fiévreuse. Enfin, j'ai quand même courageusement repris le chemin du cours de portugais. Mais mes bonnes résolutions de coucher tôt tombent à l'eau dès le premier jour. 

    Mardi: Déjeuner avec un morceau de galette des rois à nous trois. Pas de fève. Tea time au bureau: on partage trois galettes des rois à 25. Et qui se coiffe d'une couronne ? C'est mwâââââ….. Et re-belote ce soir pour terminer la galette de ce matin. Et c'est Quentin le roi. Mais après tout ça, je me sens comme une princesse avec un gros poids.

    Mercredi: Je n'ai pas pensé que la semaine de rentrée se terminerait comme ça. Impossible de travailler après avoir entendu l'ignominie de ce mercredi matin. L'attentat contre Charlie Hebdo nous a laissé sans voix. J'ai lu et entendu le meilleur et malheureusement le pire. Et je ne sais pas ce qui m'atterre le plus.

     

  • Le grand concert de Noël

     

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    Depuis 30 ans, c'est pareil. Noël se passe chez nous, tout le monde se retrouve chez nous autour du sapin, des cadeaux et de la table. Mais avant cela, nous sommes quelques musiciens à nous retrouver en cuisine pour préparer le grand concert de Noël.

    Il y a l'Homme, le chef d'orchestre qui monopolise également le piano à lui tout seul, ou presque. Il y a Swiss Sis, premier violon, qui donne le la, accorde les violons de l'orchestre et fait en sorte que tout le monde ait sa partition sous les yeux et à la bonne page. Et il y a nous, les musiciens qui donnent le meilleur d'eux-mêmes.

    Toute la batterie de cuisine est mise à contribution, de la mandoline aux cuivres. Le rythme va crescendo; on commence a cappella, le premier soir, on feuillette les nouvelles et les anciennes partitions, on choisit les morceaux, on annote les pages, et note après note, on compose le menuet du jour. Le deuxième jour, on discute beaucoup plus qu'on ne joue mais malgré tout, on y va adagio. Le troisième mouvement, plus question de lambiner, on y va allegro et à la fin, c'est toujours la course.

    Nous sommes un quintet d'enfer, nous, les Swiss et Anaïs qui nous rejoint à la fin du deuxième acte. Et nous faisons appel à une artiste indépendante qui nous livre chaque année, au grand bonheur du chef, ses cannelés de Sis'Cile de Bordeaux.

    Parfois nous prend la crainte de faire un four mais trente ans de scène, ça laisse un peu d'assurance malgré le trac.

     Et quand enfin, on sort les flûtes, on sait que le rideau va se lever et que nous pourrons lancer la musique.

     J'aime ce concert prénatal qui nous donne du temps ensemble. J'ai besoin de cette musique familiale (fa mi à do ré) avant la veillée de Noël pour étouffer l'angoisse sourde qui se réveille chaque année un peu plus fort depuis le départ de Papy L. Cette année encore, nous sommes tous là mais l'année prochaine ? Bien sûr, les parents ont un âge qui les rapproche d'une désertion à Noël mais les six quinqua autour de la table ne sont pas à l'abri non plus. J'aimerais ne pas y penser mais c'est plus fort que moi. Et ça me gâche le plaisir ! Alors je monte le son du concert…..

     

     

     

  • Semaine de fin d’été

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    Lundi: Visite trimestrielle chez le médecin, histoire de vérifier si l'hypertension est toujours bien maîtrisée. Il est content, moi aussi. Il trouve que mon pantalon aurait besoin de bretelles et me fait monter sur la balance. J'ai effectivement perdu un ou deux kilos mais je ne lui dis pas que le tissu de ce pantalon se distend au fur et à mesure que je le porte. J'ai ma fierté. Il nous recommande, à moi et à l'Homme, de faire le vaccin contre la grippe. C'est la première fois qu'on me dit ça. Signe du temps qui passe. Je fais la moue…

    Mardi: C'est la fin de l'été et la chute des pommes. On a ramené ce weekend deux caisses de petites reinettes bien rouges et ce n'est que le début. On compote à qui mieux mieux. Anaïs et Simon viennent manger ce soir et je m'en réjouis. On passe une charmante soirée à quatre, Quentin retenu chez des copains.

    Mercredi: Elle m'a dit qu'elle ne serait plus là dans quelques mois, voire quelques semaines. Elle m'a délégué la tâche d'informer les autres sorcières bien-aimées. J'ai tourné les mots pour le dire, sept fois dans ma tête avant d'accoucher d'un e-mail froid et clinique, dont j'essaie d'éliminer tout pathos mais entre les lignes duquel les trois chéries auront lu toute l'émotion que j'essaie d'endiguer. Elles sont toutes les trois atterrées et désemparées chacune à leur manière.

    Jeudi: Journée riche en émotions diverses. Déjeuner avec l'Homme, son filleul et sa copine. La communication entre filleul et parrain est quasi inexistante mais l'affection est présente même si jamais manifestée. Et là, tout d'un coup, le filleul prend l'initiative d'un "allons déjeuner" et comme par magie, ils se parlent comme si cela leur avait toujours été totalement naturel et spontané et cette heure passe comme un enchantement.  Nous passons, l'Homme et moi, le reste de l'après-midi avec elle, ma sorcière qui a pris son aller simple pour le paradis. Elle veut ranger ses papiers, mettre de l'ordre avant de partir et tout cela me semble si naturel. Je veux passer le plus de temps possible avec elle, engranger encore quelques petits bouts d'elle qui feront un chapelet de souvenirs intenses et qui ajouteront encore quelques perles au collier qu'elle a fait de moi. Mais je suis immensément triste et les quatre heures d'opéra qui ont suivi cette après-midi ont pris une couleur différente et la musique n'a jamais été aussi consolante que ce soir.

    Vendredi: Maïté part ce matin pour le Japon et mon petit coeur se serre. C'est la première fois qu'un de mes enfants part si loin (sans nous). A son âge, "meno male". Mais voilà, on ne se refait pas. Profite mon grand bébé, enjoy Japan et reviens-moi la tête pleine d'images et l'appareil photo plein d'arguments pour convaincre ton père de m'y emmener aussi.

    Samedi: Enfin un weekend sec qui s'annonce. On va pouvoir donner cette deuxième couche de peinture tant attendue par les volets de la maison là-bas. Avec les parents qui assurent l'intendance. Que du bonheur !

    Dimanche: On est arrivés au bout et il ne reste plus que le portail à peindre. On repart le coffre plein d'une nouvelle cargaison de reinettes et on emmène maman voir Joan Baez en concert. Une grande dame septantenaire, exquisement classe et belle, à la voix toujours aussi extraordinaire. Elle l'a chanté hier mais cette semaine encore, plus que jamais, "gracias a la vida que me ha dado tanto…."

  • La loco loca

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     Ma soeur est une locomotive. C'est la petite blonde là, en haut à droite. Dans la famille de cinq, c'est la loco loca qui mène tout son monde à la baguette, parents y compris. Et c'est vrai depuis toujours. Toute petite, elle faisait déjà tourner tout le monde autour de son petit doigt. Par ses sourires, ses larmes attendrissantes, sa gentillesse naturelle et son sens inné du devoir.

    C'est pourtant moi l'aînée, mais aussi loin que je remonte, elle a toujours assuré l'intendance, préparé le repas du soir pour toute la famille, donné un coup de main au repassage ou relevé ses manches pour nettoyer. Moi, j'avais plutôt le rôle de chorégraphe pour les spectacles de fêtes des mères, des pères et de fin d'année. J'avoue, ça me convient beaucoup mieux.

    Ce long weekend de l'Ascension, elle était en Belgique depuis une semaine et quand nous sommes arrivées à LG, elle avait déjà organisé la trouée de deux arches dans la haie de sapin, tondu tous azimuts, blanco-tornadé le garage et bien d'autres choses dont je n'ai pas idée et qu'on ne m'a pas signalées. Le vendredi, profitant de notre présence, elle a organisé le transfert de quatre chargements vers la déchetterie – exit les vélos d'enfants à moitié démontés, les grillages inutiles, les pièces de bois pourries et les outils rouillés. Puis elle a décidé qu'on attaquerait le nettoyage de la réserve à mazout. Gloups ! Personne n'a jamais nettoyé cette pièce depuis plus de 40 ans. A nous les sacs de 50 kg de sable et de ciment que les souris ont colonisés et grignotés par le fond pour que tout le contenu des sacs s'écoule quand on les soulève, à nous les briques entassées à sortir de là, la vieille brouette en bois, la balance antique et la machine à laver à l'ancienne. On a vidé, brossé, aspiré, rangé, nous les petits wagons derrière la loco loca. Il y a bien un wagon plus gros que les autres qui a essayé de prendre la place de la loco mais les deux locos ont collaboré plutôt que collisionné. 

    Puis nous nous sommes échappés sommes partis, appelés à d'autres tâches plus "moi" (organiser un dîner "alla grande") et la loco ne s'est pas reposée pour autant: elle a encore tondu une dernière fois toutes les surfaces tondables, nettoyé la cuisine et préparé un gratin dauphinois.

    Quand elle repart pour sa Suisse proprette, c'est Maman qui souffle: "La tornade blanche est passée, à moi le cheni* !"

     

    * désordre en français de Suisse 

  • Môman

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    Bon, allez, peut-être pas pour tout mais quand même pour beaucoup…. Bonne fête, Mum !

  • Camaïoeufs de Pâques

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    Bleu, le ciel qui nous a accompagnés ces cinq jours de bonheur pascal. Peu importe les quelques gros cumulus et les petites gouttes de pluie du dimanche de Pâques, on n'a retenu que le bleu soleil.

    Bleues et mauves les fleurs du jardin, couleurs fétiches du jardinier en chef. Iris, lilas, glycine, bleuets, campanules, muscaris, myosotis (!) et tant d'autres dont je ne connais même pas le nom.

    Vert, ah le vert, couleur dominante de ce moment "au vert". Tonte, coupe, taille, jeunes pousses…. le jardin a apprécié les soins esthétiques et la cure de rajeunissement dont il avait vraiment besoin et que les jardiniers d'un weekend lui ont amoureusement offerts.

    Bleus, verts, roses, les oeufs durs colorés et cachés dans le jardin pour les grands et la petite.

    Verte la vieille pompe dans laquelle les mésanges réservent chaque année la même chambre.

    Bleue la chambre côté rue, rose la chambre côté jardin, blanches les autres chambres. Les hôtes d'un jour, deux jours ou quatre jours s'accommodent des conditions sommaires de ces chambres fort encombrées qui ne ressemblent en rien à des chambres d'hôtes à la campagne. Les plus accommodants se contentent d'un canapé-lit dans le salon.

    Bleue la nappe, vertes les assiettes, sur la table qui rassemble cinq, huit ou treize convives selon les arrivées et les départs successifs. Repas à géométrie variable.

    Je vis toujours ces weekends de Pâques qui rassemblent toute la famille comme posée sur un arc-en-ciel. Je suis certainement fleur bleue mais on ne m'enlèvera pas du coeur ces moments de pure douceur.

     

     

  • Les petits plaisirs de la rentrée

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    • La rentrée est, depuis quelques années, synonyme de la fin des examens de seconde sess'. Et donc, on peut enfin respirer voire même faire un peu de bruit et, plaisir suprême, écouter de la musique tout son soul (non, non, ce n'est pas une fôte d'ortografe, c'est voulu…). Et profiter toute la journée de toute la musique que j'aime au volume que je veux et dans toutes les pièces si je veux.

     

    • La rentrée c'est le retour au théâtre et la première pièce de l'année nous a mis en appétit. Race fait écho à l'affaire DSK et pourtant cette pièce a été écrite deux ans avant l'affaire. Elle nous bouscule dans nos idées préconçues sur le racisme et la discrimination. Elle nous confronte à nos préjugés ou nos a priori. Tous nos préjugés, ceux des blancs envers les noirs, ceux des noirs à l'égard des blancs mais aussi la culpabilité, la honte et la mauvaise conscience des uns et des autres. Remuant. 

     

    • La rentrée, c'est faire un saut à La Glanerie tondre une dernière fois les pelouses avant le retour des parents. Cueillir les mûres du bout des doigts pour éviter les épines des ronces, les araignées et… les taches. Cueillir les reines-claude parfaitement à point. Rentrer, nettoyer la bassine en cuivre et se lancer dans une confiture de reines-claude; préparer aussi une compote de prunes et de mûres parfumée à la cardamone et finalement décider de tout mélanger. Résultat exquis.

     

    • La rentrée, c'est se faire inviter par les enfants à une partie de bowling et en profiter pleinement. 

     

    • La rentrée, c'est se retrouver sans enfants et décider d'une sortie au restaurant rien qu'à nous deux. Je crois bien que la dernière fois, c'était il y a … presque sept ans.

     

    • La rentrée, c'est fêter l'anniversaire de Papy tous ensemble à La Glanerie sous le soleil à nouveau. Pouvoir sortir les transats et profiter un moment de la chaleur. Admirer le pommier à reinettes au soleil couchant qui donne l'impression d'être déjà à Noël. Enfin, presque. 

     

  • Transition

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    Samedi: Nous avons quitté la Normandie. Comme toujours, je ressens ce serrement de coeur proche du désespoir quand nous quittons un endroit. Nous n'y avons pourtant vécu que 3 semaines mais je m'attache très vite à ces décors qui sont les témoins de moments de bonheurs en famille. Le soleil nous a accompagnés pendant ces 3 semaines sans faillir et il est loin d'être étranger au plaisir que nous avons eu. Plaisir de retrouver les filles et leurs valeurs ajoutées et se retrouver tous ensemble au resto pour fêter avec un peu d'avance les 22 ans de Quentin.

    Dimanche: Jour de grande lessive, de valises à vider, de valises à remplir, de visites à Mamy L. qui meurt de chaud dans ce Bruxelles peu habitué aux grandes chaleurs, à Mamy B. qui a enfin reçu le feu vert de l'orthopédiste pour partir en vacances après le "débrochage" de son poignet. Et conduire Quentin pour une semaine de blocus assisté en résidence. Je sais que c'est pour son bien et qu'il en retirera plein bénéfice mais j'ai le coeur gros malgré tout et le sentiment de l'abandonner alors que nous partons encore une semaine en Suisse. Et que pour la première fois, nous ne serons pas ensemble pour son anniversaire.

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    Lundi: Valises bouclées, nous voilà repartis à la montagne. Avec Anaïs seulement et la ferme intention de lui donner une vraie semaine de vacances, elle qui a rongé son frein touristique pendant les 3 semaines de Normandie, par solidarité avec sa cigale de frère. On retrouve Papy et Mamy B. partis la veille et arrivés quelques heures avant nous. On retrouve cet appartement qu'on ne pensait plus revoir et c'est un pur bonheur. On s'endort contents et avides de la mini-semaine qui s'annonce et dont on compte bien profiter pleinement. Anaïs a fait le programme: shopping à Lausanne, un minimum de deux randonnées sérieuses et une meringue aux fruits rouges. Au moins ça, Maman.

    Mardi: Le baromètre est en hausse pour toute la semaine. Alors on commence par la journée shopping à Lausanne. Et on emmène Mamy B.. Une journée shopping comme je les aime parce que en un temps record, je trouve tout ce que je cherche: l'imperméable essayé en Normandie mais cette fois trouvé dans la bonne taille et… en soldes; un cadeau pour l'anniversaire de Mamy L., un autre pour G., un livre de recettes de quinoa, du matériel scolaire pour Anaïs – des bics, des post it, une trousse -, encore un cadeau pour Sis'Cile et Clara, et un passage obligé à l'épicerie fine de chez Globus, sans lequel le shopping à Lausanne ne serait qu'une pâle copie d'une journée shopping à Bruxelles. 

     
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    Mercredi: Première randonnée un peu sérieuse où l'on découvre que le chemin si souvent emprunté par le passé n'est plus couru du tout – la nature reprend tout doucement ses droits sur le sentier et on ne rencontre pas le moindre promeneur. Au bout de la randonnée, une meringue aux fruits rouges pour Anaïs et moi et un chaud-froid aux fruits des bois pour l'Homme. Et deux heures de retour pour éliminer. Si un jour ce relais des chasseurs devait fermer boutique ou rayer de la carte ces deux desserts mythiques, qu'il nous prévienne AVANT que l'on commence la balade ! 

    Jeudi: Swiss'Sis et Thierry sont arrivés hier soir et les retrouver fait partie de ces plaisirs d'été. On pensait se reposer de la promenade de la veille et éventuellement aller voir l'expo sur Modigliani à la Fondation Giannadda à Martigny mais Thierry a lui aussi ses envies de promenade. Qu'à cela ne tienne, on l'accompagne tous pour une ballade plus "plate" puisque Mamy  nous accompagne mais suffisamment sérieuse pour mériter une fondue en ce jour de fête nationale suisse.

    Vendredi: On la lui avait promise, on la fera envers et contre tout, cette grande randonnée qui grimpe qui grimpe et c'était tellement bien de retrouver toute cette beauté qui nous avait bien manqué ces trois dernières années. Oh oui, que la montagne est belle….. Et tout ce beau nous servira d'antidote contre le blues de la rentrée de ce lundi….

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  • Une famille de lapins qui se pose

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    Chaque année, on attend ce moment avec une joie gourmande. De moins en moins gourmette – finis les grands repas de Pâques entrée, plat, fromages, dessert – mais gourmande du bonheur d'être ensemble. 

    Rien de particulier, juste ça, ces petits moments de tendresse. Pudiquement manifestée mais non moins profonde. 

    – l'Homme qui fait l'aller-retour le jeudi soir pour nous conduire Mamy et moi après un concert, rien que pour que nous puissions profiter de Swiss'Sis déjà arrivée et récupérée à Lille par Papy.

    – les petits déjeuners sur le lit de la Reine-Mère Lapin, rendez-vous attendu et immanquable des trois filles lapins. Seul le Père Lapin a le droit d'être présent, à condition qu'il serve le café.

    – la toilette sommaire (vu le temps particulièrement frisquet de ce début de printemps) du jardin en vue de la visite des grosses cloches.

    – l'arrivée au compte-gouttes de chaque carrosse, la Berlingo de  Clara et ses parents, la Pijôt de l'Homme et de Quentin, puis le lendemain les retrouvailles avec Anaïs et Simon et enfin le dimanche de Pâques le train de Maïté sans JD cette fois.

    – la chasse aux oeufs, organisée par l'Homme qui n'envisageait pas Pâques sans cloches et par sa comparse suisse et savamment orchestrée par le même, qui n'a pas son pareil pour réussir à faire concourir deux équipes totalement disproportionnées à première vue (mini-Clara et maxi-Anaïs vs méga-Simon et giga-Quentin) en handicapant les plus grands par une obligation de se comporter en frères siamois, interdits de se lâcher pendant toute la durée de l'exercice.

    – l'apéro-anniversaires de février et de mars pour les retardataires et d'avril pour fêter anticipativement les trois quarts de siècles de Mamy. Toute la sagrada familia en weekend à Barcelone en septembre prochain, Guëll programme !

    – deux parties de Time 's Up hilarantes aux larmes, où mimer le lac Titicaca prend soudainement des allures plutôt scatologiques.

    – les petits riens laissés sur le lit par Swiss'Sis, douceurs de son pays qu'elle sait appréciées par nous.

    – les dessins de Clara qui nous représentent tous en couple avec nos bizarreries et nos défauts, "parfois un peu exagérés, Clara, vraiment….. :-)"

    Enfin, tous ces petits moments qui font que l'on n'a besoin de rien d'autre pour être juste bien…..

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