Catégorie : Cordon ombrellical

  • Vous avez dit Noël ?

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    Pas le temps d'y penser vraiment. Le temps file et Noël se profile à l'horizon, paraît-il.

    Lundi: A nouveau confinée à la maison. Même pas en congé maladie mais en télétravail, histoire de ne pas sortir par ce temps pluvieux et de faire une sieste, une vraie, à la pause déjeuner. Je suis vraiment sur les rotules et la toux a repris de plus belle. Nous voilà à nouveau, l'Homme (dans un état tout aussi lamentable) dans le cabinet du médecin pour la quatrième fois en cinq semaines. Le médecin se décide enfin à m'envoyer faire un scanner des poumons. Une prise de sang en prime.

    Mardi: Retour au boulot, c'est plus fort que moi.Il faut croire que je suis devenue workaholic. Difficile de lâcher prise. Et pourtant, je suis si fatiguée. Et je ne suis pas prête non plus à renoncer aux activités culturelles du soir. Très belle pièce un peu fantastique. Le porteur d'histoire. Les histoires sont emboîtées les unes dans les autres à la manière de poupées russes, les personnages sont nombreux et on voyage à la fois dans le temps, de l'Antiquité à nos jours, et dans l'espace (de l'Algérie au Canada en passant et repassant par la France.

    Mercredi: Encore une journée bien chargée. Rendez-vous tôt le matin pour un scanner des poumons. Dose de stress déjà suffisante pour la journée: non seulement j'arrive avec 20 minutes de retard parce que j'ai un sens de l'orientation d'une poule sans tête et que l'hôpital a le chic pour changer son entrée principale justement ce jour-là mais aussi le technicien ne trouve pas une bonne veine pour injecter le produit et doit donc s'y reprendre à deux fois. Tout ce que j'aime. Après-midi de congé pour finaliser les achats de St Nicolas, récupérer les colis commandés sur Internet, décharger mes bras et ma vessie par un bref passage à la maison, repartir chercher ce qui me manque et filer chez Maman pour notre rendez-vous du mercredi. Heureusement le badminton était annulé pour cette fois. Sinon, je ne sais pas comment j'aurais survécu à cette journée.

    Jeudi: Le médecin m'appelle pour me donner les résultats du scanner: pas de tumeur (ah bon, on cherchait ça aussi ?), pas d'embolie, par contre toujours un foyer de pneumonie (Yeah !) et accessoirement des bronches en tuyau de pipe (bon, parait que presque tout le monde a ça à un certain âge). Par contre, pas de nouvelles de la prise de sang. Il faut donc attendre pour savoir comment traiter. Le soir, réception en grande pompe pour les employés qui ont 20 ans de carrière. Photo de famille où on voit bien que j'adore ce genre d'événement. On m'avait dit que je verrais, que j'adorerais, que je retrouverais des tas de gens plus vus depuis longtemps. Et bien non, je n'ai pas adoré, je n'ai retrouvé que des gens que je n'avais pas envie de voir sauf une amie que j'ai entrevue cinq minutes et qui s'est carapatée aussi vite que possible. Les ronds de jambe et le pied de grue, un verre de champagne à la main, ce n'est vraiment pas ma tasse de thé.

    Vendredi: Déjà la dernière journée de la semaine qui passe en un éclair. Le soir, pas d'activité prévue. Un vendredi soir sans programme équivaut neuf fois sur dix à une sortie restaurant à nous deux. Cette habitude nous est venue depuis que nous ne sommes plus que deux. Mais elle reste plutôt rare et garde ce caractère un peu festif. Ce soir donc, on pourrait. Mais il propose de manière très vague, je réponds tout aussi vaguement. Je ne mange rien dans l'attente d'une décision. Plus précisément, j'attends qu'il décide. Mais lui ne sait pas trop ce qu'il veut et en l'absence d'un enthousiasme délirant de ma part, reste indécis. Au final, une occasion manquée, une atmosphère grincheuse et grinçante à la fois, une soirée gâchée et …. un estomac vide.

    Samedi: Dernière ligne droite avant la visite de St Nicolas. Derniers achats. Après-midi en cuisine sans lambiner pour être sûrs d'être prêts pour demain. Concert Bartok et Dvorak le soir avec Mamy et retour au pas de course à la maison pour ouvrir la cheminée au Grand Saint et mettre la table.

    Dimanche: Today is the day. Probablement le plus beau jour de l'année pour moi, à l'exception du premier jour des vacances d'été. Ce jour où je gâte mes enfants, les originaux, les beaux et les petits, au-delà du raisonnable mais rien ne pourrait m'arrêter. Ce jour où ils nous gâtent aussi avec une mise en scène toujours si jolie et des cadeaux tellement bien pensés et qui me vont droit au coeur. Ce jour où ils sont tous réunis autour de la table, heureux de l'être et me donnant ce sentiment fabuleux d'être la personne la plus comblée au monde.

  • Premiers frimas

     

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    Lundi: Info du matin. La commune de Ganshoren inaugure une statue d'un artiste flamand érigée en l'hommage d'une maman juive qui, dans le train qui l'emmène elle et son fils vers  Auschwicz, a la préscience de ce qui les attend et pousse son fils hors du train pour qu'il échappe à cette fin certaine. Cette histoire, qui n'est ni la première ni la dernière du genre, m'émeut au plus haut point. Je pense que jamais je n'aurais eu ce courage, cette abnégation dans l'amour. Mon côté mère poule me pousserait à ne pas lever l'aile d'une plume et j'en suis désolée. Je trouve cette mère extraordinaire au-delà de l'imaginable.

    Mardi:  15 ans plus tard, ils les ont enfin démasqués  ! Un couple diabolique qui m'avait mené une vie d'enfer il y a 15 ans, m'avait envoyé des lettres de menace anonymes, m'avait trainée devant l'organisme s'occupant des fraudes, suite à une autre lettre anonyme signée Gérard Manvusa, alléguant que je donnais dans le népotisme et fraudais en quelque sorte le contribuable européen. Eux par contre ne se gênaient pas pour se faire engager avec de faux diplômes, de faux certificats d'emploi puis se faisaient porter pâles pendant des années durant. Je l'ai dit, on ne m'a pas écoutée. D'autres ont été plus persévérants que moi et n'ont eu de cesse qu'ils soient pincés. C'est enfin chose faite. C'est un entrefilet dans la presse qui aurait pu passer inaperçu qui l'a annoncé. Et en une semaine, je recevais cette information une bonne douzaine de fois de mes anciens collègues tout aussi étonnés et ravis que moi. Enfin, probablement pas autant que moi.

    Mercredi: Premier jour des vacances de Sappho chez Bonnie et PapiNonno. Nous sommes allés la chercher à la crèche ensemble, un peu stressés. Dès qu'elle nous a vus, elle a tendu les bras, ça commençait plutôt bien. Elle a souri d'un petit air entendu. Où sont mes esclaves habituels ? Ils ne sont pas là ? C'est vous les intérims ? Mmmmh, ça risque d'être amusant. Arrivés à la maison, elle a enlevé ses chaussures et a tout de suite entrepris de mettre de l'ordre dans ses jouets. Je crois que ça va bien se passer.

    Jeudi: J'avais oublié ou je ne me souviens pas, c'est l'un ou l'autre. Ces petits esclavagistes sont sans pitié. Ils exigent votre présence à tous les instants, vous demandent de les suivre, vous indiquent le plus clairement possible ce qu'ils veulent, du raisin, du pain, mettre leurs chaussures, le jouet qui a roulé 2 mètres plus loin et qu'ils préféreraient que vous alliez chercher plutôt que de lever leurs petites fesses rebondies ou vous signifient d'un quart de tour de visage que le repas est terminé.

    Vendredi: l'Homme et le fils sont partis pour la journée pour rapatrier les bûches qui nous réchaufferont cet hiver. Je suis seule avec la Princesse. Et là, tout est revenu. Mes souvenirs de maman de deux petites filles distantes de 16 mois ne me trompaient pas. Oui, la vie était facile avec ces enfants-là, oui, je pouvais cuisiner tout un plat un rien sophistiqué, passer l'aspirateur et repasser sans que cela ne pose problème. Il suffisait de ne pas les perdre de vue et surtout de ne pas disparaître de leur vue, leur parler ou ne rien dire selon le moment ou l'instant et la journée se déroulait sans heurts. J'étais souvent seule avec elles puisque l'Homme travaillait souvent à des heures autres que les miennes. Et aujourd'hui, seule avec la Princesse, tout a roulé comme sur des roulettes. Et du fin fond de Bangkok, Maïté m'a confirmé qu'en effet, en binôme, ça fonctionne super bien. Quand on est deux, on est forcément moins concentré sur l'enfant d'une part et l'enfant se rend compte qu'il n'est plus le seul centre d'attraction. Et ça change la dynamique.

    Samedi: Première séance chez le coiffeur pour la princesse. Cette petite tête anarchique commençait à me faire peine à voir. Mais avant de l'emmener, j'ai demandé l'autorisation à la maman. Je me souviens que Sis'Cile n'avait pas trop apprécié l'initiative de Mamy B. qui avait emmené Clara chez le coiffeur sans rien dire. Une Bonnie avertie en vaut deux. Mais comme la maman n'avait rien contre, je ne me suis pas fait prier. Chez le coiffeur, elle a fait son petit sourire timide, se demandant où elle était tombée. Mais elle est restée sagement sur mes genoux pendant que les ciseaux du coiffeur mettait un peu d'ordre sur cette petite tête. Les seuls moments où elle a bougé, c'était pour se pencher ou se tordre le cou pour mieux regarder les autres clientes. Sappho ma curieuse. Elle a été si sage que le coiffeur lui a offert la coupe. Et ma petite garçonne est ressortie souriante et jolie comme un coeur.

    Dimanche: Dernière journée de ce long weekend avec Sappho. Quentin et Kerya sont venus déjeuner avec nous. Une Sappho plus grincheuse aujourd'hui, vu le manque de sommeil de la nuit dernière. Il faut dire que les nuisances sonores sur le boulevard sont devenues totalement insupportables. Il n'y a plus de voiture sur le plus grand piétonnier d'Europe mais il y a tous les fêtards du samedi soir, les dealers au coin de la rue et les allumés du café d'en face, tous s'interpellant en hurlant les uns les autres jusqu'à six heures du mat'. Demain reprise du rythme crèche, métro, boulot, crèche, bain, biberon, dodo. Va falloir être organisé. 

     

  • Caprices des anges

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    L'autre jour, un type était totalement insupportable (pour rester polie) au boulot, la nouvelle directrice était dans le reproche et la critique permanentes alors qu’elle n'était encore qu’à distance (en congé). Le soir, mon fils me demande pratiquement de rédiger la moitié de son mémoire le lendemain, jour de congé. A remettre bouclé, imprimé et relié 5 jours plus tard. Alors quand j'ai fait sauter les plombs en fin de journée (par erreur), j'ai éclaté en sanglots. Mais, au final, tout allait bien.

    J’ai beaucoup lu ces derniers temps sur les « caprices » des petits. Quand on pense qu’ils vivent eux aussi toutes ces sortes de frustrations quotidiennes à leur niveau sans pouvoir aucunement verbaliser, rien d'étonnant à ce qu’ils crisent en fin de journée. 

    Et pourtant vient un moment où les enfants perçoivent, d'abord inconsciemment, puis de plus en plus consciemment, le pouvoir de leurs angoisses et de leurs frustrations. Et n'acceptent pas facilement que nous cessions petit à petit de nous précipiter à la moindre larme ou au moindre gémissement. La fatigue prend le dessus chez les adultes, la rage et la colère prennent le pas chez les petits. Et commence un combat de pouvoir. 

    J'ai eu des enfants, il y a 30 ans; j'en ai des petits aujourd'hui. Je ne sais toujours pas quel est le bon compromis entre la reconnaissance de leurs frustrations difficiles à exprimer autrement que par des pleurs et la nécessité de mettre des limites à des exigences de plus en plus nombreuses qui d'une part nous épuisent mais surtout ne leur permettent de grandir par la confrontation au refus.

    Je sais que c'est un débat sans fin, une guerre d'écoles pédagogiques et on n'en finit pas de tâtonner. Et tout l'amour du monde ne nous aide pas à trouver LA solution parfaite.

  • Le coffre

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    La veille d'un 6 décembre au milieu des années 60, je l'ai entendu distinctement monter lourdement l'escalier. Nous n'avions pas de cheminée, alors forcément il devait l'emprunter pour venir déposer les jouets que nous avions espéré, Françoise et moi. Enfin, elle, elle était encore trop petite pour attendre quelque chose mais moi, oui, je savais qu'il viendrait mais quand je l'ai entendu, je n'ai pas bougé le moindre petit orteil et suis bien restée sous les couvertures, sous peine de rompre le charme.

    Le matin, au réveil, il y avait parmi les jouets laissés par le Grand Saint, un magnifique coffre à jouets, en forme de maison. Il s'ouvrait par le toit. On pouvait se cacher dedans et regarder par la petite lucarne. Il était beau et je ne me lassais pas de le regarder. J'ai repensé au pas lourd de Saint Nicolas dans l'escalier et je me suis dit qu'en effet, ce coffre ne devait pas être très léger sur son dos.

    Un quart de siècle plus tard, le coffre a repris du service pour ranger les jouets de mes enfants. Un matin d'automne,  petite Anaïs commençait à se mettre debout et s'agrippait à tout ce que ses petites mains pouvaient atteindre. Le coffre ouvert offrait une jolie prise. Mais sous les oscillations imprimées au coffre par la petite exploratrice, le toit à moitié ouvert s'est brusquement refermé sur les petits doigts agrippés. Petites larmes et gros chagrin; petits points de suture et grosse frayeur de la maman. 

    Un demi-siècle plus tard, le revoilà dans la cuisine de Bonnie pour ranger tous les jouets qui s'accumulent quand Sappho et Jules débarquent. Toujours fidèle au poste, il est toujours aussi beau. 

    Est-ce qu'il se souvient de moi ? Ce n'était pourtant pas il y a si longtemps.

  • Vacances

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    Passer dix jours aux Pieux, y'a pas plus reposant ! Pour la première fois depuis longtemps, nous nous sommes retrouvés tous les deux en Normandie. Dix jours parfaits: quelques bouquins, un peu de soleil, quelques promenades sur la plage les jours plus couverts et le farniente le plus total. 

     

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    Passer quinze jours en Algarve, invités par Anaïs et Simon dans la maison des parents de Simon, en compagnie de Petit Jules. Descendre la France et l'Espagne en voiture avec Quentin et Kerya, passer du temps avec ces quatre là et surtout avec ce petit garçon de plus en plus sage, de plus en plus beau, de plus en plus drôle. Découvrir une région du Portugal encore inconnue, passer un moment de pur délice dans un petit restaurant cantine dans la montagne, lire au bord de la piscine, se promener avec petit Jules, faire des apéros géants, ne rien faire….

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    Passer une semaine de rêve à Venise, rien qu'à deux, pour terminer en beauté cette trilogie. Ce n'est jamais que la dixième fois qu'on y revient, inlassablement, mais tout nous appelle.  Toutes ces rues cachées, loin des hordes, ces surprises à chaque coin de ramo, le labyrinthe des canaux, toutes ces îles au large de la lagune, celles qu'on connaît déjà si bien, ce restaurant où ils nous demandent des nouvelles des enfants quand on y retourne, les îles qu'on découvre pour la première fois…… ces coins et recoins qu'on connaît par coeur et qui pourtant nous font encore découvrir d'autres facettes, c'est là toute la magie de Venise.

    Alors oui, nous avons passé de merveilleuses vacances cette année.

  • Un moment hors du temps

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    Deux petits pieds de part et d'autre de mon poignet, cinq petits doigts autour de mon index. Sous ma main bat sa fontanelle comme un oisillon à peine éclos. Mon pouce caresse sa joue de soie, ses yeux gris bleus bien plantés dans les miens. C'est un moment hors du temps où plus rien d'autre n'existe. Et pour une fois, une petite fois, je me laisse aller à vivre le moment présent. Pleinement. 

  • Nostalgies

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    Sur la route des vacances, on oscille entre Radio Nostalgie et l'Info Trafic. Ca roule plutôt bien. Les vieux morceaux s'enchaînent et mon esprit vagabonde. Il y a les morceaux que j'adore, les morceaux qui ne me parlent en rien et puis, il y a les morceaux qui éveillent une image. Toujours la même. Je veux dire, une chanson bien spécifique fait naître un souvenir bien particulier. 

    Juste quelques-uns, entendus là sur la route:

    Like a virgin de Madonna: Je suis à Turin. J'ai laissé mari et enfants à grands regrets à Bruxelles. L'Homme a dit que c'était une opportunité en or, qu'on devait partir, ce serait bien pour les enfants, cette ouverture sur autre chose. Moi, je ne voulais pas mais je me suis laissée faire. Mais il fallait que les enfants terminent l'année scolaire, le temps que je passe la période d'essai. Pas la peine de déménager toute une famille si on ne me gardait pas à l'issue de cette période. Donc, pendant neuf mois, j'ai fait l'aller retour Bruxelles-Turin et obtenu de travailler trois jours sur place et deux jours à distance, histoire de ne pas me priver de trois petits enfants, si petits, que les trois jours hebdomadaires de sevrage me restent encore en travers du coeur, 25 ans plus tard. 

    Madonna donc. Il faut préciser que ce nouveau boulot n'était que la prolongation du précédent et que je n'étais pas seule à partir. Nous étions 30 collègues à quitter Bruxelles et à nous retrouver pendant quelques temps, logés dans le même hôtel, accolé au bureau, le temps de trouver un logement plus permanent. Trente garçons et filles entre 20 et 35 ans. Tous célibataires et plein de fougue. Sans enfants. J'en avais 35 et 3 enfants. Après le boulot, on se retrouvait tous au bar de l'hôtel. Et Silvana chantait Madonna. Dansait Madonna. Et me subjuguait. Ce morceau reste à jamais associé à cette courte période d'insouciance en contradiction avec mon statut de maman de 3 jeunes poussins.

    Roxane de Sting: J'ai 20 ans. La vraie insouciance cette fois. Je ne dois penser à rien d'autre qu'à mes études et mes amours. Je fais des pauses à la cafetaria qui n'est rien d'autre qu'un deux-pièces au premier étage d'une vieille maison délabrée. On boit de la bière, beaucoup, on joue aux cartes, on rigole. On chante aussi. Tout le répertoire des chansons d'étudiants. Et on revisite les tubes du moment. Ro-xaaaaan est devenue Weeeeeb-ster du nom d'un petit bouclé un peu timide qui se faisait chambrer chaque fois qu'il passait le bout de son nez à la porte de la cafetaria. Je ne chante plus jamais Ro-xaaan d'ailleurs mais bien le nom de ce type dont je me demande bien d'ailleurs ce qu'il est devenu.

    The battle of Jericho des Golden Gospel Singers: Je suis à nouveau à Turin. L'Homme et les enfants m'ont rejointe. L'Homme fait l'aller-retour entre Bruxelles et Turin à son tour pendant quelques mois. Au printemps suivant, je n'y tiens plus, lui non plus, il prend une pause carrière de quelques années et joue les papas au foyer au grand bonheur de tous, sauf moi peut-être qui aurais secrètement préféré le scenario renversé. Probablement à cause de ce manque des enfants à jamais imprimé dans ma peau. Ce sont néanmoins les années de la vie douce en Italie. L'appartement est vaste, chaque enfant a sa chambre, la terrasse est une pièce de vie à part entière. Le boulot n'est pas simple, j'ai accepté un job au-dessus de mes compétences mais on m'a tellement seriné que je me sous-estimais que j'ai fini par y croire. Je l'ai payé par après mais c'est une autre histoire. En attendant, la vie était douce. Pas d'heures supp', le temps de prendre un cappuccino le matin entre copines/futures sorcières, lunch avec l'Homme le midi, des enfants dorés comme des brioches, gais comme des pinsons, heureux comme des poissons dans l'eau dans cette bulle de bonheur. Le premier ordinateur, les débuts d'Internet, le jeu video en famille – le papa qui joue à Tomb Raider et les enfants qui jouent les supporters sur ses genoux ou dans son dos -. Pas de mp3 encore, mais un lecteur CD à cinq platines, le luxe. Et The Battle of Jericho qui tourne presque en boucle pendant qu'on range la maison, en sautillant au-dessus des rayons de soleil qui rentrent par les porte-fenêtres et baignent la maison entre ombre et lumière. 

    Bye bye Baby des Bay City Rollers: J'ai 15 ans. Je suis à la mer avec elle. C'est ma meilleure amie. Celle qu'on adore par dessus tout à l'adolescence, qu'on quitte à quatre heures à la fin des cours et à qui on écrit une lettre le soir parce qu'entretemps on a mille choses à lui dire. Ses parents m'ont invitée à passer une semaine avec eux à la mer pendant les vacances de Pâques. On parle jusqu'à plus soif. On se promène, on saute depuis la digue dans le sable, des sauts d'une hauteur inimaginable, on n'a peur de rien à cet âge là. On a repéré deux frères plutôt mignons. Etienne et Stéphane. Elle choisit Etienne, moi Stéphane. Il est né le 1/9, moi le 9/1. C'est un signe indéniable que nous sommes faits l'un pour l'autre. Nous sommes bêtes comme le sont les ados. Elle a acheté une eau de toilette au parfum très frais. Eau jeune. J'adore. Et les Bay City Rollers passent en boucle.

  • Un an

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    Aurais-je pu imaginer il y a un an que ce petit bout de femme prendrait tant de place dans ma vie, dans mon coeur ? Aurais-je pu croire un seul instant que l'Homme qui ne jurait que par mes beaux yeux allait un jour m'avouer, un rien penaud: "La seule dont tu pourrais être jalouse, c'est elle !" Aurais-je pu penser que je me ficherais du statut de grand-mère comme d'une guigne pourvu que je la voie souvent – elle et son petit Jules de cousin ?

    Ces petits pieds qui essayent de s'ancrer dans le sol pour ne pas vaciller, ces petites mains menues aux petits doigts qui pincent délicatement les petits bouts de banane ou de mie de pain pour éviter qu'ils ne lui échappent, ces petites joues que je ne peux m'empêcher d'embrasser et de grignoter, ce sourire qui me fait fondre, ces yeux merveilleux qui vous rendent complètement accro. 

    Je mesure ô combien ma chance de la voir si souvent et je remercie ses parents de m'offrir ces moments-là. 

    Cette ensorceleuse fête aujourd'hui le premier anniversaire de son arrivée sur cette terre et on se demande comment était la vie avant. 

  • En mai, tout ce qui m’a plu

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    Le mois de mai s'est ouvert sur le sabbat annuel des sorcières, à Anvers, cette fois. Trois jours de retrouvailles avec ces trois canailles, si chères à mon coeur. La cinquième était présente malgré elle; le premier soir, K. avait réservé une table pour cinq, sans s'en rendre compte, par une inadvertance lourde de sens. Si l'hôtesse du restaurant n'a pas fait grand cas de cette erreur de couverts, elle, et nous par ricochet, a mis quelques instants à s'en remettre. H. était donc là, parmi nous, encore et toujours. 

    On a passé 4 jours avec petit Jules pendant que ses parents fêtaient les 30 ans de Simon sur la côte d'Opale et s'offraient par la même occasion 3 nuits complètes. Nos nuits l'étaient moins, nos jours ont été plutôt chahutés, petit Jules ne nous a pas laissés beaucoup de répit. Mais quand il ne fait pas la grosse moue et qu'il ne pleure pas, il a l'art de décocher un sourire dévastateur, lumineux et enchanteur.  Rien que pour ce sourire, j'attends avec impatience le prochain besoin de nuits récupératrices de ses parents. Pour autant que je ne sois pas moi-même en gros manque de sommeil. 

    L'amitié, toujours au rendez-vous, en ce mois de mai, et les 50 ans de S. nous ont réunis, comme il y a dix ans – déjà -.  On prend (presque) les mêmes et on recommence. On passe une première nuit à Rome, on retourne dans des restaurants qui nous sont mythiques tant chaque bouchée trouve immédiatement le point G de nos papilles. On se balade, le coeur en fête, dans cette ville tout aussi mythique, on retrouve la fontaine de Trevi, restaurée, en fonction cette fois et c'est juste un moment de pur bonheur. Puis on prend la route et on retrouve cette divine maison de J et B en Ombrie, où la douceur de vivre et le farniente total ont été vécus comme le luxe suprême. 

    Ce joli weekend s'est terminé par un des plus beaux concerts de ces dernières années: la dernière tournée de Joan Baez. Subjuguée du début à la fin par cette infatigable militante, par ses paroles, sa présence, sa beauté à 77 ans. 

     Un dîner en pleine semaine avec des amis devenus insaisissables, tant ils voyagent par monts et par vaux. Nous avons mis des semaines à trouver une date commune pour nous retrouver et nous avons fini par nous rabattre sur un soir de semaine si on voulait se voir avant Noël. Mais ce fut un dîner agréable, où on a presque retrouvé l'insouciance et la joie de vivre de nos vingt ans. Ils ont mis leur mal-être et leurs récriminations au vestiaire et cela nous a fait un bien fou.

     Et ce joli mois de mai s'est terminé dans une bulle de poésie. Petite Anne m'a emmenée à la Fondation Folon que je n'avais jamais visitée malgré une envie jamais assouvie. Il faisait délicieux, le château de La Hulpe est un endroit paisible et serein et l'exposition Folon était surprenante. 

    Il y a longtemps que je n'avais plus appliqué les adages aussi à la lettre: En mai, j'ai fait ce qui me plaisait.