Catégorie : Cordon ombrellical

  • Confinés

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    Première semaine de confinement:

    L'employeur nous avait déjà mis en télétravail dès lundi mais j'étais loin d'imaginer que dès mardi midi, les mesures seraient aussi drastiques. Rien de plus normal si on veut y arriver mais j'ai malgré tout été prise par surprise. Comment cela, ne plus aller voir ma maman ? Ne plus voir les petits non plus ? Mon sang n'a fait qu'un tour. Le chat s'est pris un coup de pied, pardon le chat, l'Homme s'est pris un coup de gueule, pardon l'Homme. J'ai passé une nuit très agitée. Puis je me suis calmée. J'ai décidé en accord avec Sis'Cile et surtout Swiss'Sis la chef médicale, qu'on irait malgré tout voir maman le mercredi, de loin, masquées et mains lavées. Du moins tant qu'on n'aurait pas le moindre symptôme suspect.

    Et puis chacun s'est enfermé chez soi.

    On travaille beaucoup, ça occupe déjà pas mal les journées. On a un bel open space pour deux et malgré tout mon collègue est assez bruyant au téléphone. Mais j'arrive à le faire manger le midi, c'est un exploit.

    Le weekend, on ne bouge pas non plus, comme prescrit. On fait des petites courses dans le quartier, on se partage les magasins, on tient ses distances. Pour le reste, on est plutot habitués à rester à la maison et à faire plein de trucs. La différence, ce sont les petits. Bien qu'on ait vu un peu Sappho aujourd'hui. On va trouver un moyen pour voir Jules la semaine prochaine.

    Ce qui va me manquer, c'est le printemps qui pointe le bout de ses fleurs. Et c'est pas comme si j'avais encore tant de printemps à vivre. Chacun d'eux compte. 

    Dans l'ensemble, je crois que j'aurai vu une petite dizaine de personnes sur la semaine. C'est peu. J'espère.

    Les rues sont vides. La ville est morte. les réseaux sociaux tournent à plein régime. Les nouvelles anxiogènes rivalisent avec une profusion de blagues drôles et moins drôles. Les apéros virtuels entre amis rapprochent à distance. 

    Ce soir, on devait dormir à Venise. 

    Ce soir, mon papa me manque plus que jamais.

    Et pendant ce temps, des milliers de blouses blanches et vertes se battent pour sauver des vies au risque de la leur. Alors que des milliers de covidiots jouent à la roulette russe avec leur vie au risque de perdre celle des autres.

  • L’insolence du bonheur

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    Il m'arrive parfois d'avoir envie d'étouffer sous un énorme oreiller tout le bonheur qui m'habite. Mais je ne suis pas douée pour cela et souvent, l'oreiller explose et fait voleter autour de ma tête des plumes de bonheur insolent.

    Je trouve la vie injuste en fait. En soi, ce n'est pas un scoop mais néanmoins, je suis souvent à la limite subtile de la honte et de l'embarras quand je vois autour de moi des proches et un peu moins proches faire face avec dignité et force de caractère à des situations désespérantes alors que je vis chaque instant de ma vie dans une opulence de moments joyeux et heureux.

    Une amie de mes filles vient enfin d'avoir son bébé tant attendu depuis des années pour découvrir un mois après sa naissance que ce petit garçon est atteint d'une amyotrophie spinale et que son espérance de vie est très limitée. Sauf que on vient de trouver un traitement en décembre 2018, remboursé, et susceptible d'être efficace. Tout cela reste malgré tout très fragile mais cette fille merveilleuse au lieu de désespérer, se réjouit de ne pas avoir pu mettre un enfant au monde avant, puisque le traitement n'existait pas. Un modèle de positivité.

    Un de nos amis s'éteint doucement et sa femme est extraordinaire également. Elle veut vivre ses derniers moments le plus sereinement possible. Elle aussi m'épate.

    Et moi, pendant ce temps-là, je passe une journée remplie de bonheur avec ma fille pour fêter ses 32 ans, je profite de Sappho pendant un long weekend – dormir avec elle fait partie des mes plus grands plaisirs, même si je dors peu -, je passe un peu de temps avec Jules et ses parents puis avec Jules et Sappho et mes deux filles. Et je ne me lasse pas de ces instants si précieux.

    Et je me sens impuissante à soulager un tant soit peu ceux qui souffrent malgré leur résilience extraordinaire.

  • Weekend en clair obscur

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    Dernier weekend avant les vacances. J'ai eu envie de réunir les enfants pour un dernier brunch d'été avant de partir. Evidemment, je ne sais pas faire simple, j'aime trop mettre les petits plats dans les grands. L'Homme s'y met aussi et veut mettre les grands plats dans les petits. Tout cela demande malgré tout une certaine organisation et un timing suisse. Sans compter qu'il me fallait caser le coiffeur et la coupe d'avant vacances. Alors quand des amis appellent pour manger un petit bout le soir pour nous voir encore une fois avant les vacances, je panique bêtement. Bien sûr, j'ai envie de les voir aussi mais ils ne rentrent pas dans mon planning. Je me sens totalement envahie par le stress. Je sais qu'il faut aussi préparer la réunion de copropriété où L'Homme ira avec celui de Sis'cile représenter ma maman. C'est la première fois et ce n'est pas un dossier facile, un minimum de préparation s'impose. Tout mon coeur voudrait accepter l'invitation mais toute ma tête repousse violemment cet élan du coeur. Je finis par refuser parce qu'"elle" me dit toujours de dire les choses sincèrement et de penser parfois à moi et dès cet instant, tout s'apaise. Mais je crois bien qu'elle a eu quelques difficultés à comprendre mon choix.

    Plus tard dans la journée, nous recevons l'appel d'une autre amie qui nous annonce que son mari, notre ami, atteint d'une leucémie, a vu le médecin qui lui a annoncé la fin des prolongations. Il est maintenant en sursis et souhaite nous voir si possible avant notre départ en vacances, sinon très vite après. On convient d'une date à notre retour. Mais au petit matin, je me suis ravisée. Et nous avons convenu de nous voir le dimanche soir.

    Le dimanche, dès onze heures, tous les enfants, les originaux, les beaux et les petits nous ont rejoints pour le maxi-brunch de Bonnie et Nonno. Le plus délicieux de tout était bien entendu le moment passé ensemble, les retrouvailles de Zules et Fofo, les voir tous réunis et si bien assortis. Tellement meilleur que ce qui se trouvait dans l'assiette, ce qui n'était déjà pas négligeable.

    Et le soir, nous sommes allés voir cet ami, un noeud à l'estomac, ne sachant pas si nous allions lui dire au revoir ou adieu. Parler de tout et de rien, de son traitement, de sa fatigue, de son désir de profiter encore un peu d'elle, de ses enfants, de ses petits-enfants, d'écrire ses mémoires, de son chagrin à elle qui aurait encore bien signé pour 20 ans de plus avec lui, du déménagement qu'ils devaient faire mais qu'elle fera sans lui…. Leur fille était là, enceinte d'un petit-fils qu'il ne verra sans doute plus et leur fils nous a rejoints et nous avons parlé d'un pain à la croûte sublime d'un nouveau boulanger installé en ville et du champagne que nous lui avons apporté et qu'il trouvait "long en bouche".

    On est repartis, le coeur dans les chaussettes, presque embarrassés d'être si vivants.

  • Deux semaines avec les pioux

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    Voilà bien deux semaines dont la perspective nous réjouissait. Deux semaines à la maison-jardin avec les pioux. Deux semaines à géométrie variable où nous étions les seuls permanents au milieu des allées et venues des petits, avec ou sans leur maman, et Mamy B. Tout était bien agencé et voilà que nous nous sommes retrouvés tous les deux au tapis, incapables même de soulever ces poids plume. Tellement KO qu'on en aurait pleuré. Enfin moi, surtout. L'Homme ne pleure pas. Gastro-entérite pour l'un, broncho-pneumonie pour l'autre. Fille cadette, exaspérée de nous voir non seulement totalement inopérationnels mais surtout inaptes à l'apéro festif sur l'herbe, nous a intimé l'ordre d'aller chez le médecin. On ne s'est pas trop fait prier, ce qui est un signe assez évident de notre lamentable état.

    Antibiotiques aidant, on a vite repris pied, suffisamment du moins pour être un peu plus vifs et pour pouvoir profiter un peu plus de ces deux petites croquettes d'amour. Jeux de mini-piscine, jeux d'eau, de brouette, de bulles et de ballon, découvertes, goûters, livres, deux semaines de vacances de petits cousins à la campagne. Je pense qu'ils ont aimé ça. Mais probablement pas autant que nous. On rempilera volontiers l'été prochain.

  • Un mariage à leur image

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    On peut dire qu'ils ont tout réussi. C'était un mariage à leur image. Cool et détendu et en même temps, malgré les apparences, très bien organisé. Même la partie plus officielle devant monsieur le maire était joyeuse et relax, petit Jules était là pour superviser l'affaire. 

    La clémence du temps y était aussi pour permettre la transition entre le mariage civil et la cérémonie laïque dans un beau jardin clos, appelant au farniente et à la douceur de vivre. Apéritif tout en détente, siestes, jeux de quille et de mikado géant, conversations et retrouvailles.

    Deux de leurs amis avaient organisé la cérémonie toute en élégance et décontraction. L'ensemble avait ce mélange très subtil de classe et de flegme très 007. Rien de très formel, des discours d'amis et de parents, drôles, émouvants, sympathiques, des échanges de voeux sincères, très amoureux mais toujours empreints d'humour parce qu'au final la vie à deux c'est toujours mieux en fous rires joyeux.

    Un buffet plus que parfait, sans chichis mais tellement savoureux, une photobox pour se fabriquer des souvenirs souriants et facétieux, un concert métissé de ragtime et rythmes africains, une soirée décontractée et cette journée à leur image était déjà terminée.

    Seul bémol: la mère de la mariée n'a pas réussi à se détendre et n'a pas pu profiter pleinement de tout ce bonheur.  Mais peu importe, les mariés, eux, ont vécu cette journée comme un manège enchanté.

  • Derniers préparatifs

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    J-9: Deuxième essai coiffeur et premier essai maquillage. Elle est superbe quand elle est maquillée. Mais elle déteste ça. Soirée à nous cinq. Caïpi et retours sur videos. Fous rires. On aurait voulu dormir tous ensemble mais finalement chacun est rentré chez soi.

    J-8: Je modifie et modifie encore le discours parental.

    J-6: Maïté et moi travaillons d'arrache-pied pour finir la video pour les jeunes mariés avec une Sappho pour une fois pas facile et un nonno pas trop efficace pour s'en occuper. Les parents de Simon, eux, finissent de boire deux casiers de bouteilles bleues (heureusement des bouteilles d'eau) et les débarrassent de leurs étiquettes. Ils ont aussi contribué à manger une centaine de petits pots de yaourts qui finiront en bougeoirs. 

    J-5: Le futur marié s'envole pour 3 jours à Milan. La future mariée stresse parce qu'elle doit s'occuper de tous les derniers détails et de petit Jules.

    J-4: Evidemment, la crèche l'appelle. Jules a de la température. Un copain prend le relais pour les livraisons du jour. 

    J-3: Jules va mieux mais ne peut pas retourner à la crèche directement. Sa maman prend congé mais ne peut rien faire d'autre. Elle reste à la maison avec lui et se repose. Finalement, ce n'est pas plus mal, ce repos forcé. La météo annonce un samedi pluvieux. Mariage pluvieux, mariage heureux, d'accord. Mais brushing dégueu. 

    J-2: Le vol de retour de Milan est annulé. Grève des contrôleurs aériens. La tension monte. Finalement, le vol est reporté à 22h. Anaïs se détend. A peine. J'espère juste que la grève n'affectera pas les vols suisses. Je pars à la recherche d'un petit gilet pour Jules à la tenue trop estivale pour la météo annoncée. J'en trouve deux.  Il faut encore trouver une chemise pour l'Homme. Finir le discours et la video.

    J-1: Les Suisses embarquent avec une vingtaine de bouteilles bleues, un lot repéré par Maïté sur un site de petites annonces suisse (!)  et que Swiss'Sisman a passé une après-midi entière à emballer une par une et à installer stratégiquement dans leur valise. Déjà la douane est passée sans encombres, première étape. Ils arrivent à midi, on les récupère à l'aéroport, eux et leur précieux chargement. On file directement à la Maison des Arts, cadre du jour J. On ouvre la valise, un peu anxieux. Toutes les bouteilles sont intactes. Et en équipe, on garnit une cinquantaine de bouteilles bleues avec 195 tiges de fleurs superbes. A cinq heures, la Maison des Arts ferme et il faut qu'on se dépêche. Un dernier tour avant de partir, on a encore le temps de dresser les nappes sur les tables. Ô stupeur, les nappes sont toutes rectangulaires, les tables sont toutes rondes. On flirte avec le désespoir et la crise de nerfs. Et Swiss'Sisman, sans se départir de son calme, noue les nappes aux quatre "coins" des tables rondes. Et ça marche ! On peut même dire que ça a de la gueule. Gros ouf de soulagement.

    Anaïs rentre avec nous pour sa dernière de nuit de Miss. Demain est un autre grand jour….

  • Mariage en vue

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    Dans moins de 2 semaines, Anaïs et Simon se marient. On n'aurait jamais pu l'imaginer il y a quelques années, tant leur opinion sur la question semblait sans appel. Encore qu'Anaïs ne fût pas insensible au folklore romantique qui accompagne le mariage: la robe blanche, la bague, les fleurs, les jolies tables qu'on compulse et collectionne sur Pinterest et Instagram, cette ambiance de fête réunissant famille et amis. Mais ça ne faisait pas partie de leur plan. Point.

    Et puis, il y a eu ce fameux samedi où Anaïs nous a annoncé exactement le contraire. Un bébé et deux ans plus tard, nous y voilà presque. Tout est pour ainsi dire prêt. A un détail près. La mariée, à défaut d'avoir trouvé chaussure à son pied, n'a toujours pas trouvé la robe de ses rêves. Elle a écarté toutes les robes meringues à budget indécent, elle a écumé les cabines d'essayage des magasins qui ne vendaient pas de robes de mariées mais des robes blanches qui auraient pu se faire passer comme telles, elle a poursuivi sa quête dans les boutiques de location, elle a commandé toute une série de modèles sur Internet. Rien n'a eu grâce à ses yeux. Elle a essayé la couleur. Sans succès. Elle a essayé la robe de mariée de Swiss Sis qui lui allait comme une princesse. Mais elle ne voulait pas une robe de princesse. 

    A J-10, elle était prête à se marier toute nue. Je l'ai emmenée presque de force dans une boutique où j'avais repéré, en désespoir de cause,  une robe verte qui serait assortie à ses yeux. Mais finalement, c'était un vert triste à côté de ses yeux. La vendeuse n'a pas voulu s'avouer vaincue pour autant. Elle a sorti une robe blanche qui n'avait pas un statut de robe de mariée mais qui aurait pu y prétendre sans rougir. La même robe que, 3 semaines plus tôt, j'avais décroché de la tringle mais qui m'avait valu un refus catégorique. Mais les vendeuses expertes ont plus d'aplomb que les mamans. "Essayez-là, ça n'engage à rien". Et l'essai fut transformé. Ou plutôt a transformé la demoiselle en rayon de soleil.

    Soulagement total. Emerveillement. Profonde satisfaction de la vendeuse. Et on peut enfin passer à autre chose. 

  • Prem de dix

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    Weekend à dix. Sous prétexte de célébrer tous ensemble les 30 ans d'Anaïs, on s'est tous retrouvés en Touraine chez Véro et Olivier et nous avons squatté leur gîte et chambres d'hôtes troglodytes pendant deux nuits. Pour Anaïs, cela comptait vraiment puisqu'elle a passé là trois mois de stage pendant son bachelor en gestion hôtelière et que ces deux-là ont été sa deuxième famille pendant tout ce temps. Un séjour là est une parenthèse de bonheur tranquille et paisible. On retrouve pour quelques jours une espèce de sérénité.

    Même le soleil a pointé le bout de ses rayons et la journée s'est écoulée entre une petite promenade dans Amboise, la préparation d'un dîner d'anniversaire digne de son nom, une sieste au soleil, quelques parties de ping pong et quelques verres de champagne.

    Bien sûr, six heures de route aller et six heures de route retour c'est beaucoup sur un weekend. Particulièrement pour une petite fille qui a le mal des transports. Heureusement, après chaque retour de marchandise, elle était joyeuse comme un pinson et ne semblait pas plus affectée que cela. Mais au retour, c'est Quentin qui a voyagé à ses côtés et qui l'a amusée sans fléchir pendant les six heures de trajet, ce qui lui a évité tous ces déboires. Quentin peut envisager une reconversion s'il s'ennuie dans son boulot. Clown anti-émétique.

    J'espère que ce weekend sera le premier d'une longue série. J'aime les regarder vivre, les entendre rire, les écouter chanter, les voir s'aimer. C'est probablement un des mes plus grands bonheurs.

     

  • 30 ans et autres considérations

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    Voilà, la deuxième a eu 30 ans. Son bébé a eu un an. Comme elle a fêté son premier anniversaire, un mois après mes 30 ans. La roue tourne. Je suis rentrée dans ma soixantième année et je me demande encore où sont passées toutes ces années. 

    On aura passé la journée ensemble pour fêter ça et le soleil nous a accompagnées toute la journée. Une petite coupe chez le coiffeur, quelques boutiques pour la rhabiller, la première glace de l'année, un petit tour dans une boutique de papiers et crayons et la journée était déjà finie. Nous sommes allées chercher petit Jules et son papa à la crèche et retour à la case départ pour une petite coupe flûte de champagne avec ceux qui nous attendaient là. Coup de coeur pour Sappho qui se précipite dans nos bras quand on arrive. On peut dire ce qu'on veut, ça fait un bien fou. Ils ne sont pas restés bien longtemps, les uns devaient partir le lendemain matin pour Carcassonne et Quentin devait se lever tôt le lendemain. On s'est fait une petite pâte à quatre avec Anaïs et Simon pendant que petit Jules dormait tranquillement.

    Samedi tranquille et occupé à la fois, petites courses, visite à Mamy L.,  un petit tour en cuisine et soirée chahutée. Je voulais aller voir le Brussels Light Festival, l'Homme m'a accompagnée et n'a pas arrêté de tout critiquer. "Toutes ces installations électriques à l'heure du zéro déchet, zéro consommation, protection de la planète, éteignez les lumières, etc…. Faire un son et lumière de ouf sur une façade en ruine totale, tout le monde vient voir et applaudit et de jour, personne ne regarde cette façade totalement décrépite". Il m'a tellement dégoûtée que je l'ai planté là, de fort méchante humeur et je suis allée me calmer devant une installation encore plus magique que les autres pendant qu'il rentrait seul à la maison en maugréant de plus belle. 

    Dimanche à la maison. Petite heure au balcon pour profiter du soleil incroyable, d'un cigare et d'un petit rhum. Puis manucure-pédicure avec Katia et Anaïs et petit Jules qui nous ont rejoints. Essayage de jupe-top de mariée pour Anaïs. Jolie jupe mais trop large, top trop petit et trop grand à la fois. Quelques ajustements et ça devrait le faire. Elle sera jolie ma fille…..

    Aujourd'hui Lagerfeld est mort et je le découvre seulement maintenant beau garçon en son temps, drôle et charmant. Je reprendrais bien à mon compte une des manières dont il se décrit : "Je suis un concierge culturel"…. J'aime assez.

    Comme je le disais, je commence par les 30 ans d'Anaïs et je finis par n'importe quoi. 

  • 2018

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    L'année a commencé dans une belle bouffée de bonheur avec l'arrivée de Petit Jules qui a confirmé notre état de grands-parents si jamais on ne l'avait pas encore vraiment intégré. Bonheur qui se renouvelle chaque semaine, lorsque l'un ou l'autre – ou les deux – nous rendent visite. On oublie le planning, on remonte les escaliers et on enlève le manteau si on était sur le point de sortir, plus rien ne compte que ces deux-là. Sans compter qu'ils nous amènent leurs parents respectifs, ce qui n'est pas le moindre de nos plaisirs.

    C'est l'année des 80 ans de Maman, un anniversaire à la fois joyeux et teinté d'émotions, en l'absence du Hibou. 

    Mais c'est aussi une année de gestion de la succession, clôturer les comptes, vendre la voiture, résilier l'immatriculation, transférer les assurances, les services et autres plaisanteries au nom de Maman, écrire ou téléphoner à gauche et à droite. Aider Maman chaque semaine dans une gestion administrative qui est loin d'être sa tasse de thé. Toutes ces démarches qui m'obligent à contenir les larmes à l'intérieur des glandes lacrymales. Jusqu'à ce premier anniversaire où je me suis calfeutrée chez moi pour hurler et pleurer tout mon saoûl. 

    2018, c'est aussi l'année où j'ai pris une décision que j'aurais dû prendre il y a si longtemps. Je me suis offert le mercredi après-midi et cela m'a fait un bien fou. Peut-être plus au début qu'à la fin de l'année où j'ai bousillé une bonne partie de mes mercredis en rendez-vous médicaux ou consacré en chasse aux cadeaux de St Nicolas ou Noël. 

    La fin de l'année aura été riche en maux d'hiver et variés, parfois peu symptomatiques, du genre "le médecin tâtonne", une pneumonie chacun, des trucs peu compréhensibles mais ce qui est certain c'est que nous finissons 2018 dans un état de fatigue rarement aussi parfait.

    Il y aura aussi eu la Normandie, Rome, Preggio, l'Algarve avec Anaïs, Simon, Kerya, Quentin et Petit Jules. Il y aura eu Lyon et bien sûr Venise. Pas de grands voyages mais de bien beaux moments.

    Et puis il y aura eu ces 3 jours avec Petit Jules et ces 3 semaines avec Sappho. Que du bonheur à l'état pur.

    Une année entre grisaille et soleil éblouissant. Une année belge, quoi !

    Dommage de la finir sur la mort d'un ami, aussi brutale qu'inattendue, et que je n'arrive pas à bien intégrer encore. Mais comme le disait la dernière phrase du dernier mail que nous avons échangé: "A part ça, tout va mon capitaine ! "