Catégorie : Cordon ombrellical

  • Dsc_0078 J’ai un peu de mal à comprendre que ça nous arrive si vite. Peut-être avons-nous eu nos enfants à un rythme trop rapproché ? Parce que leur départ et leur envol du nid se font aussi de manière franchement trop rapprochée à mon goût.

    Anaïs étoilée a visité ce week end le salon des étudiants et d’un seul coup a confirmé son envie de toujours, son envie de s’occuper des grosses bêbêtes à cornes ou non. Oui, mais…. Le meilleur endroit pour ces études, du moins en Belgique, c’est à Liège. Bon d’accord, ce n’est pas Londres. N’empêche, au quotidien, c’est la semaine à 3. Pauvre Quentin, il se demande s’il compte pour des prunes. Mais non, c’est surtout le plaisir d’être à cinq qui n’est plus quotidien. Alors que finalement, je suis rentrée de Parme parce que cela me manquait…

    Allez, soyons positifs. Ce qui compte ce n’est pas la quantité mais la qualité, on l’a toujours dit. Oui, mais moi, je suis gourmande, tout le monde le sait, je veux la qualité et la quantité. Je veux tout, je sais, le beurre, l’argent du beurre et le sourire de toutes les crémières. Et puis quand même… Anaïs a trouvé sa voie, c’est déjà une épine hors du sabot, non ?

  • Allo Dolto, bobo

    Bon, je sais, j’ai appris comme tout le monde que lorsqu’un enfant de 2-3 ans vous apporte fier comme un petit paon son petit pot copieusement garni, il faut féliciter, admirer ce merveilleux paquet-cadeau. On applaudit, on s’extasie (si si !), on dit merci, bravo….

    Et on croit naïvement que cette phase passera assez rapidement. Que nenni ! Cette pratique persiste très longtemps. C’est juste le contenu qui change et l’emballage cadeau qui se fait plus sophistiqué. J’ai compris maintenant que quel que soit l’âge, vos enfants continuent, s’ils se sentent aimés et en confiance, à vous confier leurs emmerdes (le cadeau évolue à peine). Bien sûr, ils ont compris que vous n’alliez plus feindre l’extase mais ils s’attendent quand même à ce que vous les remerciiez de la confiance qu’ils vous témoignent et ils voudraient surtout que vous ne vous formalisiez pas et encore moins que vous vous inquiétiez…

    Et nous, on fait quoi après ? On ne peut plus, comme avant, s’éclipser discrètement aux commodités et faire disparaître d’un coup de chasse d’eau le cadeau odorant. On reste avec le paquet sur les bras et on refuse de s’en laver les mains…

    Tout se joue avant 6 ans. Et après, on fait quoi ?

    Petitoursbrun

  • Anaïs étoilée

    Comment rendre à Anaïs son sourire éblouissant, radieux comme un soleil, illuminant tout autour d’elle ? Désarroi et angoisse, gros nuages qui assombrissent ce beau visage. Maïté n’est plus là pour éponger, Maïté a trouvé sa voie – et de toutes façons, elle l’a trouvée depuis une dizaine d’années déjà -, elle n’a jamais connu l’angoisse du keskejvaifaireplutard, elle n’est plus là pour donner des conseils, Anaïs est seule face au Bac comme un petit lapin au milieu de l’autoroute face à un Mack qui arrive en sens inverse; elle n’a plus goût à rien et s’étouffe à force d’avoir cette grosse boule dans la gorge….Si seulement on pouvait déjà l’aider à trouver le premier caillou de son chemin, ça dégagerait déjà pas mal l’horizon; le bac ne serait plus un gros camion à affronter en duel inégal mais une simple étape avant de prendre la route. Et peut-être retrouverait-elle son sourire à faire fondre la terre entière 🙂

    Fdhhuk

  • Glamour est de retour

    Glamour est rentrée pour un week end express à la maison. Enfin, quand je dis la maison, je m’entends. Tant d’amis à retrouver à l’extérieur de la maison qu’on est bien forcés de reconnaître que c’était plus un courant d’air que notre fille que l’on a retrouvée. Mais bon, un courant d’air chantant, riant, tellement contente de retrouver Bruxelles (Ah, Bruxelles, ville magnifique !) par comparaison à un Londres qui la stresse beaucoup, un courant d’air-joyeux pinson soudain très adulte pourtant. S’est pliée de bonne grâce aux obligations des expats de retour au bercail – visites à tous ceux qui l’attendent, l’espèrent et même à ceux qui ne l’attendent pas mais seraient ravis si…. – , a voté pour la première fois, et a même réussi à gérer partie de son boulot scolaire malgré toutes ces contraintes. Le tout avec le sourire. Mais bien sûr, le naturel revient vite au galop et ce matin, lorsque nous l’avons déposée à la gare du Midi pour prendre l’Eurostar de retour, "Oups, j’ai oublié ma carte d’identité…. !" La vraie Glamour était de retour… "Mais, no stress, papa, ce héros, a enfourché sa monture, bravé les feux rouges de l’aube, bondi sur le balcon, écarté les rideaux – après avoir bien entendu contacté doña Elena chargé de mettre la main sur le dit passeport – et revenir toutes brides abattues lui remettre le précieux, grâce à une James Bond girl relais sur le parking. Et Glamour persiste et signe: "Why should I stress ?"

    Img20060315_0027 Zorro

  • Premières retrouvailles

    On s’en est sortis plutôt pas mal. Déjà, elle était ravie de nous voir, ce qui n’augure que du bon. Elle a entendu le diesel de la voiture dès l’entrée dans la rue et s’est précipitée hors de la maison (elle m’a rappelé notre excitation à La Glanerie lorsque nous entendions le ronron de la voiture des parents à distance quasi inaudible, pendant les vacances d’été). Elle nous a fait le tour du propriétaire, on a admiré les progrès de l’aménagement et de la déco et puis on s’est retrouvés tous les 5 dans la cuisine miniature (ça nous change…). Très vite, l’instinct ménager a pris le dessus et en deux temps trois mouvements, on a relancé une machine à laver d’une lessive trempée, en train de moisir depuis une semaine sur un étendage – parfum sous-bois par temps de pluie -, montré la fonction "Spin" (essorage, ma chérie) de la machine à laver, vidé le frigo de restes douteux (du coup, il y avait de la place pour le remplir, ce qu’on s’est empressé de faire ensuite) et passé l’aspirateur. Ensuite, on a pu se consacrer à nous. Elle nous a emmené voir sa première découverte (trop génial !) de Londres: Camden Town. Le soir, resto thaï et puis dodo. Le lendemain, expo Kandinski au Tate et passer devant son école. Et puis, il était déjà temps de repartir.

    On s’est retrouvés comme on était, un mélange de disputes permanentes, de trop-pleins d’amour, de tendresse et d’humour. Le cadre a changé mais on est toujours les mêmes….

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  • Thank God, she is not going to New York !

    Non, vraiment rien à voir avec le 11 septembre mais franchement, j’aurais pas supporté. J’ai déjà tant de mal alors qu’il n’y a qu’une Manche entre nous. Je n’ose imaginer ce que ce serait s’il y avait tout un Atlantique !

    On a conduit Glamour aujourd’hui à London, on l’a installée dans une petite maison de poupée, acheté les derniers petits détails pas trop glamour (le fer et la table à repasser, le seau et le balai, un sèche-cheveux – ah si, ça c »est glamour…), on l’a aidée à vider ses caisses, ranger ses trucs et quand on l’a quittée, sa miniscule petite chambre avait déjà un petit côté glamour.

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  • D-day – 3

    Dans 3 jours, le premier poussin quitte le nid. Comment on fait pour couper le cordon "ombrellical" ? On croit qu’on le coupe dès la naissance mais c’est faux. Il reste quelques fils invisibles que l’on dénoue progressivement à la chute de la première dent de lait, au premier jour d’école, aux premiers signes d’adolescence, à la première cigarette… Et puis, le jour où l’enfant prend la mer (et quitte la mère) pour de vrai. Lundi, on emmène notre premier cadeau tombé du ciel il y a 18 ans à London city pour des études qui vont durer 5 ans. Comment on fait pour passer d’une famille de 5 à une famille de 4 ?

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