La plus belle du bal du bac…. On trouvait (enfin, je trouvais) que sa beauté rayonnante ce soir là était une promesse de vie fabuleuse. Fatalement, on projette des images de réussite automatique sur ceux dont la beauté nous éblouit. Quel aveuglement ! Cette beauté cachait une telle tristesse. Il a fallu Maïté pour nous dire que la vie de cette princesse brillait de mille feux dévastateurs. Je revois son visage de petit chat fatigué sortir de sous une couette, le nez froncé parce que je les réveillais, et je ressens une lourde tristesse. Mélange de regrets pour la connerie de ce désespoir que personne, même ceux qui l’aimaient le plus, n’aurait pu adoucir, de tendresse, inexprimable par téléphone, pour Maïté qui est loin, d’impuissance à l’empêcher de souffrir…. S. s’est enfuie par ce qu’elle a estimé être la sortie de secours. Et je suis comme Maïté cet après-midi au téléphone, j’espère encore que quelqu’un va m’annoncer l’erreur, qu’on va se réveiller après un mauvais rêve…. tout en sachant très bien qu’il n’y a pas de marche arrière…
Auteur/autrice : Myosotis
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Sortie de secours
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C’est une belle journée qui s’achève…
Une journée comme je les aime…. Journée de formation qui commence à 9h30, donc le temps de faire des trucs le matin avant de partir. Pause de midi à 2h, donc le temps de revenir déjeûner à la maison, donc diététique. Ce qui ne gâte rien, c’est justement une semaine où les enfants ont congé. Gérer quelques mails boulot avant de repartir, donc la sensation d’être efficace. Re-formation de 14h à 16h30, donc fini TRES TRES tôt. Faire les courses avec Claude et de retour home sweet home à 18 heures, donc le temps de prendre un bain, de faire ma gym et de se pomponner, tout ça avant le repas. Donc le temps de faire plein d’autres choses le soir.
Si seulement toutes les journées se passaient comme ça….. Mouais, yaka yaka…. Facile à dire, pas facile à faire…
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Un ptit beurre
Il y a 18 ans, un bébé qu’on n’attendait pas s’annonce. On voulait profondément ce bébé mais il nous a pris par surprise. Le premier s’est fait attendre deux ans, alors forcément, on ne s’attend pas à ce que le suivant soit plus déterminé à arriver. Le premier avait tout son temps, pas de stress, cool Bob Marley ; le deuxième est pressé, impatient, il y a trop de choses à faire sur cette planète. Je me demande si tu n’avais pas déjà ta petite liste de choses à faire avant même de venir au monde.
Je suppose qu’au moment de ta naissance, les choses ne se sont pas passées exactement comme tu le souhaitais (mais je ne sais toujours pas quoi) et tu l’as tout de suite fait savoir. Depuis, dès que les choses ne tournent pas exactement comme tu l’as rêvé, tu te manifestes sans plus de modération qu’au premier jour.
Par contre, quand tout se passe bien, ton sourire fait fondre la terre entière. Ton rire en couleurs est une aquarelle à lui tout seul.
On vit avec une adorable emmerdeuse. Et pour rien au monde, on ne voudrait en changer.
Valentine avant l’heure – toi qui détestes arriver en retard -, tu voudrais aussi trouver un Valentin avant l’heure. Je lui souhaite à lui beaucoup de courage mais je lui promets aussi beaucoup de bonheur.
Encore aujourd’hui, tu as toujours une liste de choses à faire et plus particulièrement maintenant une liste des 18 choses que tu voudrais faire au moins une fois dans ta vie http://anais-etoilee.blogspot.com/2007/02/18-folies-faire-au-moins-une-fois-dans.html…
On a pensé t’offrir une étoile et puis on s’est dit que c’était sans doute beaucoup de poudre d’étoiles aux yeux et que finalement l’étoile c’est toi, Anaïs étoilée.

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In et out
Quand j’étais jeune, et même encore plus jeune, certains hommes de mon entourage se passionnaient pour un magazine dont j’ai oublié le nom (un truc du genre "Joue m’petit") et surtout pour ses articles particulièrement denses. Pour reposer l’oeil après cette lecture intense, le magazine proposait en guise d’entr’acte des photos d’artistes célébrant l’esthétique féminine. Je n’étais à l’époque pas particulièrement portée sur les articles très intellectuels (je préférais alors – j’ai évolué depuis, encore que… – Cosmo, Gaël et les autres), je me contentais des images.
J’en ai gardé un goût profond pour la perfection plastique et un sentiment d’imperfection permanente renforcé certes par un "peut mieux faire" scolaire à répétition.
J’ai appris depuis que la beauté intérieure a plus de lumière et surtout qu’elle ne s’éteint pas ni ne pâlit avec les années.
J’ai compris que je n »étais dépourvue ni de l’une ni de l’autre.
Bien sûr, Claude me l’a dit et répété mais je balaie son jugement que je targue d’aveuglé par l’amour. Bien sûr les amis me l’ont dit mais ce ne sont pas des amis pour rien.
J’ai appris. Et à près de 50 ans, cela m’arrange aussi de miser sur la beauté intérieure. Ce sera, à mon avis, plus rentable 🙂
Mon regret est d’avoir transmis (même si je m’en défendais) cette quête de perfection à mes filles. Sans doute aidée par les milliers de photos retouchées de mannequins affamées mais glacées comme le papier.
Alors qu’elles sont aussi belles dehors que dedans elles aussi.
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Tapis blanc
Neige sur Bruxelles. A huit heures du matin, rien. Trois petits flocons de rien du tout. A neuf heures, tout est blanc, les gros bus dérapent, le trafic s’engorge tout de suite. Le soir, plus rien, plus de neige, difficile de s’imaginer le paysage du matin. Même pas le temps de s’émerveiller, d’en profiter un peu, de savourer le capiton blanc.
Je repense à Diane Keaton dans "The Family Stone" qui, sachant ses jours comptés, regarde la neige tomber la veille de Noël avec cette immense nostalgie de ceux qui savent que c’est la dernière fois. Et je m’efforce de profiter de tous ces moments comme si c’était la dernière fois.
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Kaddish pour l’enfant qui ne naîtra pas
J’étais fatiguée, il neigeait, aucune envie de ressortir pour aller voir une pièce de théâtre dont le titre déjà n’annonçait pas la détente ni le rire….
Et pourtant je suis rentrée ce soir, remuée, dérangée, perturbée.
Encore une oeuvre sur la douleur, l’horreur indicible d’Auschwicz, une de plus. Je dis "encore" mais je reconnais qu’il faut dire et redire l’indicible sous peine d’oublier.
Mais cette fois, l’approche était différente.
Dans le judaïsme, le kaddish est la prière des morts. L’auteur adresse cette prière à un enfant, enfant qu’il n’a jamais eu, qu’il n’a jamais voulu avoir. Le texte est un monologue, le récit d’une vie gâchée, une vie de souffrance dont les origines remontent à l’atrocité rencontrée dans les camps de la mort.
Et de tout ce monologue, je n’ai retenu qu’une seule chose: l’auteur raconte pendant quelques instants son enfance en pensionnat et l’épisode d’une humiliation subie par un autre enfant à laquelle tous ses camarades assistent sans broncher.
Parallèle évident. Et je ne peux m’empêcher de penser à tous ces moments où l’on se tait, à tous ces moments où je me tais….
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Sénégaa-aa-aal
Ce soir, concert de djembé de Quentin. Comme chaque année, un vrai plaisir de le voir jouer. Mais cette année-ci, il a vraiment grandi, il est plus à l’aise, il arrive à sourire en jouant, on voit moins son trac et ce n’est plus un petit garçon qui donne un spectacle pour les parents de tous les élèves. Il joue bien, il est partout à la fois, aux stands, en coulisses, à la vente des billets de tombola, au doun doun pour soutenir les autres et un tout petit peu près de nous…C’est curieux les chemins que l’on prend. C’est moi qui voulais faire du djembé, on a fait un stage à 3, Claude, Quentin et moi et puis finalement, c’est lui qui est devenu le pro. Tous ces projets que j’ai eus et que j’ai abandonnés, faute de temps…. faute de persévérance….
Et c’est sans doute bien ainsi, je ne serais jamais arrivée à sa qualité. Il est doué le lionceau…
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Bon anniversaire jolie Clara !
Jolie Clara a fêté son premier anniversaire ! Et comme toujours, ma prédilection pour les dates et les symboles s’est mise en mouvement. Deux images se sont superposées: celle que j’ai gardé du jour où Cécile m’a annoncé le mini-chantier Clara et surtout le décor de ce moment: l’image d’un autre chantier d’un bâtiment en construction et, chose surprenante, d’une grutière (ce n’est pas tous les jours que l’on voit une femme aux commandes d’une énorme grue). Le 25 janvier, jour du premier anniversaire de Clara, le bâtiment sorti du sol (des bureaux tout neufs pour RTL) a pendu la crémaillère.
L’autre image est celle qui reste associée à l’annonce de la naissance de Clara. Je marchais en direction de la banque pour ouvrir mon compte à Parme et je dansais presque dans la rue tellement j’étais contente et émue. La semaine dernière, j’ai clôturé ce compte qui n’avait plus de raison d’être. Je devais renvoyer mes cartes de banque coupées en deux. A la dernière minute, j’ai retiré de l’enveloppe, pour la garder en souvenir, la moitié d’une carte de crédit. Celle représentant un adorable petit ange ….
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Chemin faisant
Il était une fois 3 petits employés de banque. Tous trois de gentils petits mousquetaires dont la vertu principale était la diplomatie et l’orientation client. Sourire ultrabright permanent et réflexions au degré d’ultrabrightness toujours adapté au client.
Vingt ans après, nous nous sommes retrouvés pour un déjeûner célébrant le départ à la retraite du plus âgé des trois. Curieux de voir comment nos chemins ont évolué. Le premier prend sa retraite après 42 ans de dévouement total aux clients. Le deuxième, diplomate jusqu’aux oreilles, quitte Bruxelles en mars pour prendre son premier poste d’ambassadeur. Et moi, et moi, j’ai mis ces vertus au service de tant de personnels divers, variés et multiculturels. Et je continue à me ressourcer inlassablement auprès des humains….
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Doorschuiven a.u.b.
Ce matin, dans le bus archi-bondé, un chauffeur absolument délicieux:
– Il y a encore deux personnes qui doivent monter. Ce serait gentil si vous pouviez vous serrer les uns contre les autres. Rien de tel que les contacts humains de grand matin pour bien commencer la journée.
Et tout le bus de sourire et de se coller gentiment les uns aux autres.
STIB pas beau ça ?


