Auteur/autrice : Myosotis

  • Weekend sabbatique

    Parma20coopYessss, THE weekend ! Congrès annuel des sorcières de charme. Cette année-ci, après Turin, Parme. Amour de l’Italie oblige.

    Ah, le bonheur de se retrouver toutes les cinq. C’est fou comme on peut si bien s’entendre alors que nous avons entre 36 et 55 ans, presqu’une génération de différence entre la plus jeune et l’aînée, deux-trois langues maternelles différentes, des caractères passablement dissemblables et des modes de vie propres à chacune.

    Quel beau weekend. Longs brunches-pyjamas, lézarderies-cappucinos au soleil, tourisme-marbre rose et Correggio, shopping léger, une soirée marquée au coin du coeur sur table, puis du coeur au bord des lèvres pour certaines, en état post caïpi, escapade-coucher de soleil, une succession de moments de tendresse, de rires, de confidences et de dolce vita.

    Trois jours de filles. Trois jours pour  cinq jolies sorcières de Salem et loukoums. Que du bonheur !

                                

  • T’es dans la salle de bains ?

    Entendu dans le metro la semaine dernière:

    T’ES OU ?

    T’ES DANS LA SALLE DE BAINS ?

    ET QU’EST-CE QUE TU FAIS DANS LA SALLE DE BAINS ?

    AH, TU SORS ?

    ET AVEC QUI ?Bathtub

     

    Le tout, volume 6 ou 7. Sans doute, le bruit de la douche l’empêchait-elle d’entendre les réponses de l’interlocuteur ou trice. Je n’ai pas entendu la suite parce qu’elle est sortie de la rame, continuant son enquête-jeu de piste. Etait-ce une épouse surveillant son mari ? Une mère de famille contrôlant les allées et venues de son fils, sa fille ? Je ne le saurai sans doute jamais. Et pour dire la vérité, j’aime autant pas le savoir. En fait, rien ne m’énerve plus que ces gens pas discrets pour deux sous qui racontent leur vie au téléphone sans aucune pudeur. Pourtant, paradoxalement, Dieu sait que je suis curieuse et que j’ai un penchant certain pour écouter les conversations des autres. Mais l’étalage sans plus aucune réserve de sa vie privée m’agace profondément. Ahxwup3carb5sb1cakdgs5pcaztvsp7cay7

  • Loooong weekend

    Ce fut un long week end. Pas du tout comme j’en avais rêvé. Mais de quoi avais-je rêvé au juste ? Comme c’est souvent le cas, j’ai imaginé de faire 36.000 choses. Ou pour être plus exact et plus honnête faire faire certaines choses à l’Homme.

    • Sortir l’échafaudage et finir ces fichus travaux sur la porte du salon
    • Aller au cinéma
    • Voir au moins une des expos que j’ai envie de voir
    • Ranger la paperasserie
    • Faire un tour chez Mango
    • Trouver des petits cadeaux pour la St Nicolas
    • Suivre un cours à l’atelier des chefs sur les macarons avec Claude ou avec Anaïs
    • Faire des grasses mat’

    Mais voilà. Il a fallu s’occuper de tout autre chose. Aider Maïté. Pas moi, bien sûr, vu que je suis aussi génialement technique qu’elle. Mais Claude et Quentin y ont mis beaucoup d’énergie, l’un avec bonne humeur, l’autre moins mais tout aussi efficaces l’un que l’autre. Remplacer des lampes et des transformateurs. Tout cela nous a pris tout le weekend. Exit l’échafaudage. Oublié le cinéma. Amnésie sur l’expo. Régime pas macarons. Et même pas de jolies grasses mat’.

    H_d2620444_001 Mais peut-être qu’au lieu de râler, je ferais bien de ne voir que ce qui a été bien.

                

       

    • On a fêté les 80 ans de Papy mercredi soir et c’était beaucoup plus sympa que prévu. Tout le monde était cool, personne n’a râlé, le resto était encore meilleur et encore plus sympa que dans mon souvenir.
    • Je me suis acheté les superbes bottes grises que je gardais en point de mire depuis quinze jours. Non seulement, il y avait ma taille (c’est même la seule qu’il restait hormis celle de la vitrine) mais en plus, elles m’allaient (ce qui n’est jamais gagné pour des bottes, compte tenu de l’antipathie des jolies bottes pour mes mollets).
    • On était invités samedi soir et on n’avait pas trop envie d’aller à ce dîner avec des gens qu’on ne connaissait pas, persuadés qu’ils ne seraient pas intéressants. Raté. Non seulement, il y avait un couple supplémentaire mais les deux couples étaient également sympas et intéressants.
    • On a enfin eu ce rendez vous avec les entrepreneurs pour nous faire toute une série de devis de nouveaux aménagements dans la maison. C’est plutôt bon signe, non ?
    • On a commencé le tirage au sort pour les cadeaux de Noël

    Let’s be positive !Img20070922_0036_2

  • Quatre fois vingt

    Lapanne2004_018 Ce n’est pas mon papa. Et il n’est même pas hyper beau. Mais il a le charme gouailleur d’un "ketje de Bruxelles". Presque toujours de bonne humeur, il n’aime rien tant que taquiner. Moi, les enfants, n’importe qui, une vendeuse dans un magasin, un patron de restaurant, quelqu’un dans la rue qu’il ne connaît ni d’Eve ni d’Adam. En voilà un qui a la tchatche depuis toujours. Pour le faire taire, il faut franchement le fâcher mais il faut vraiment le vouloir pour le mettre de mauvaise humeur. Mais si c’est le cas, il peut bouder pendant plusieurs jours d’affilée.

    Quand ils étaient encore cinq à la maison – chien compris -, avant que Claude ne se marie, il avait coutume de se considérer comme la "cinquième roue à la charrette". Depuis plus de 20 ans, ils ne sont plus que quatre à la maison – chien compris- mais il se considère toujours comme la "cinquième roue". Il n’est pas compliqué, il ne discute pas les exigences de sa femme et de sa fille mais il fait ce qu’il veut. Elles peuvent râler, tempêter, réclamer, il ne se plie qu’à ce qu’il veut bien accepter de faire.

    Les années passent et, avec l’âge, Claude lui ressemble de plus en plus par certains côtés:

    • la tchatche à tout va. Ils peuvent palabrer des heures sur un sujet, n’importe quel sujet; ils ont un avis tranché sur tout. Mais ils pourraient tout aussi bien défendre le point de vue contraire s’ils n’avaient des principes aussi solides
    • une façon très personnelle de lire un livre en s’enfermant dans leur bulle où rien ne peut les atteindre ni les distraire
    • une intégrité et un sens de la justice peu communs
    • une générosité incomparable
    • une fidélité exemplaire reposant tout autant sur leurs principes que sur leur amour inconditionnel

    On se vouvoie encore après 30 ans, il ne m’a jamais considérée comme sa fille mais comme sa belle-fille. Comme moi, je ne le prends pas pour mon père mais pour mon beau-père. Mais cela ne diminue en rien l’affection mutuelle que l’on se porte.

    On a fêté ce soir ses 80 ans. Avec Maïté en bout de table, ils faisaient ensemble un joli siècle à regarder.

    Dsc_0043_3 Noël 2004

       

  • George, what else ?

    On peut dire ce qu’on veut, il est des hommes que la bouteille nous donne envie de boire sans soif. Par exemple, ce cher George. Moi, le docteur Doug Ross, très franchement, ne m’inspirait aucune urgence et je comprenais mal l’engouement de toutes mes copines pour ce médecin pressé. Clooney

    Mais, maintenant, après toutes ces années d’hosto, je dis plus non. Mais qu’est-ce qui me vaut ce revirement ? A bien y réfléchir, je pense que l’argent de ses tempes n’y est pas étranger. Ah, le charme du grisonnant. Ca vous fait un homme, un vrai. George a le même âge que Brad ou Tom et ils ont l’air de ses neveux, c’est nul, non ?

    Peut-être que je vieillis mais à bien y réfléchir, je n’avais pas 20 ans quand j’ai succombé au charme de Rhett Butler, de Butch Cassidy ou de Sundance Kid. Et bien George, c’est de la même eau. Clooney2

    Charme, sourire enjôleur, un rien de cynisme, what else ?

  • Chacun ses doutes, chacun son chemin

    Chacunfe Parfois, un de vos enfants ne se retrouve plus du tout dans les études qu’il a entreprises. Il est sûr d’avoir tout faux, de s’être complètement fourvoyé, d’être diamétralement à l’opposé de ce qui ferait son bonheur.

    Comment on fait dans ces cas-là ?

    1. C’est normal, cela fait partie des questions que tout un chacun se pose à un moment donné, surtout dans ces moments-là où les premiers vrais choix d’adulte peuvent déterminer toute une vie. On comprend l’angoisse. Mais pas de souci, après ce moment de vertige, les choses vont rentrer dans l’ordre.

    2. Ben oui, tout le monde peut se tromper. On ne peut pas toujours (et c’est même bien plus courant qu’on ne croit) savoir au sortir du lycée ce qu’on veut faire de la suite de sa vie. On comprend que l’on puisse avoir soudain la révélation de ce que l’on veut faire – ou de ce qu’on ne veut pas faire.

    Alors quoi ? On encourage l’enfant à continuer quelque chose dont il est sûr de ne plus vouloir entendre parler pour le restant de sa vie ? On accepte qu’il s’arrête au risque qu’il nous reproche ensuite de ne pas avoir perçu le simple moment de découragement ?

    Lourde responsabilité.

    Si on ajoute à cela sa propre expérience et son propre point de vue en fonction des choix qu’on a faits ou pas faits, on complique le jeu. Et si les deux parents voient chacun la chose sous un angle différent, cela devient carrément nébuleux.

    Ceci dit, les problèmes insurmontables de choix ne se posent qu’à ceux qui l’ont, le choix. Problèmes de riches, quoi. Parce que, même moi qui suis la reine des incapables en la matière, je suis bien obligée de reconnaître que la possibilité de choisir est une richesse indiscutable.

  • Eighties

    Sis’cile a trouvé que sur la photo précédente, on ne pouvait jamais imaginer que j’avais accouché la veille. J’avais l’air de sortir de chez le coiffeur. J’ai pas poussé le bouchon de la coquetterie jusque là (quoique, quoique,…. on voit bien que je me suis empressée de me maquiller pour "les visites") mais c’était les années 80 (suis une femme de ces années-là, moi, M. Sardou !). Et ces années-là, on avait toutes l’air de sortir de Dallas ou Dynasty.    Dallas

  • 22 octobre 87

    Il y a vingt ans, il faisait beau comme aujourd’hui. L’homme avait prévu une journée en forêt avec ses gamins. Il a passé la journée enfermée en salle d’accouchement, entrouvrant furtivement les rideaux de temps en temps en soupirant discrètement. C’est comme cela que je me souviens de la météo magnifique de cette jourMamannée.

    Il y a vingt ans, j’ai approché de très près le concept du tsunami. Si on est d’un naturel optimiste, tant qu’on n’a pas accouché, on part assez confiante à la maternité. Après tout, si toutes les femmes remettent ça sur le tapis (ou ailleurs selon affinités), c’est que  ce n’est pas si terrible finalement. Mmmmouais. Ca se discute. Mais curieusement, on oublie puisqu’effectivement on double ou on triple la mise.

    Il y a vingt ans, j’ai perçu ce à quoi pouvait ressembler le paradis. On m’a mis un ange dans les bras et le paradis s’est épanoui tout autour.

    Il y a vingt ans, elle est arrivée telle qu’elle est aujourd’hui. Décontractée, sans une seule crispation de stress, même pas de cri primal (à quoi sert de s’énerver), pas de petits poings serrés, une détente totale. Un bébé tout en douceur, jolie comme un coeur.

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    Et j’ai passé la nuit à la regarder.

  • ….e la torta per me

    LadureeIl ne faut jamais projeter ses désirs sur les autres. Anaïs et moi, nous l’avons à nouveau appris à nos dépens. Maïté va fêter ses 20 ans demain. On rêvait de lui organiser une jolie fête d’anniversaire surprise. Inviter tous ses amis. Lui faire un beau gâteau. Tout ça. Tout ce qui nous fait plaisir à Anaïs et moi. Et qu’on aime préparer tout autant.

    Raté. Maïté ne voulait surtout pas qu’on lui organise une fête. Ne pas mélanger tous ces amis qu’elle veut garder dans des tiroirs séparés. Ne pas prendre le risque de devoir passer la soirée à éviter les frictions entre ceux qui ne se savent pas se sentir ou alors de très loin. Ne pas gâcher sa soirée à essayer que chacun soit heureux d’être là. Ne pas surveiller sans cesse ceux qui fument, renversent, cassent, oups, parce quand même l’appartement des parents…. Heureusement, je le pressentais et on a préféré demander plutôt que d’organiser par surprise. Grand bien nous a pris.

    On a voulu se rabattre, enfin, j’ai voulu surtout, faire quelque chose d’exceptionnel en famille. Un chouette resto, par exemple. Elle était partante. Puis le soir même, moins emballée parce que fatiguée. On a proposé alors autre chose, un cinéma, un bowling mais cela semblait tellement commun pour marquer ces vingt ans. On en est revenu à l’idée du resto mais elle ne voulait surtout rien de chic. Ok. Anaïs a proposé un thaïlandais tout près de chez nous. Maïté avait envie de rouleaux de printemps. Adjugé.

    Elle a pas aimé le resto. Trop de monde. Trop bruyant. Elle n’entendait rien de ce que son père disait, lui n’entendait pas ses demandes de répéter. Tensions. Crispations. Agressivité à peine latente. Pleurs de mon côté. Impression de gâchis. Et lui comme elle, n’ont pas aimé ce qu’ils avaient dans l’assiette. La pauvre Anaïs, désolée du choix. Moi, anéantie par ce foirage complet. Quentin, lui, cool, rongeant ses spare ribs thaïlandais.

    On a fini par se décontracter petit à petit, à rire un peu, mais l’ambiance n’était pas à une célébration de 20 ans.

    Est-ce une malédiction de mère en fille ? Mes 20 ans ont été un peu ternis par une chute de quelques mètres et un risque latent – mais finalement non avéré – d’éclatement de la rate. Pas de rire hélas.

    Bon, allez, tout n’est pas perdu. C’est demain qu’elle a 20 ans. Et elle sait ce que je lui souhaite du fond du coeur. N507529011_36267_967

  • Paris (II)

    Placefurstenbergthe_2 L’après-midi a filé comme par enchantement. Le temps de passer par la petite place de Furstenberg puis de se promener non loin du Sentier à la recherche de deux boutiques de rubans pour Maïté. Et de s’arrêter à chaque découverte de boutiques surprises: un magasin de bijoux fabuleux, une boutique de jouets très sympa, une petite boutique de vêtements et accessoires magique, un spécialiste d’ustensiles de cuisine immeeense qui vend la collection des moules Wilton à la puissance quatre de ce que je trouve à Bruxelles pour mes gâteaux – un pur paradis -, un petit resto italien, rue Coquillière, super sympa et bon mais dont on n’a pas retrouvé le nom.

    Et enfin, près d’une heure passée dans chacun des deux show-rooms de rubans, deux espèces de cavernes d’Ali Baba pour stylistes et couturiers, grands, petits ou en herbe. Maïté m’avait envoyé en mission de reconnaissance pour trouver des rubans suffisamment originaux et contrastés par rapport à deux tissus qu’elle a l’intention d’utiliser pour créer un vêtement dont elle doit souligner la structure par ces fameux rubans. J’étais sensée lui ramener des échantillons, ce que j’ai fait, le tout pour une petite fortune. Mais quelle orgie de couleurs, de modèles, de matières. Et on aurait pu croire qu’après la première boutique, il était impossible de trouver mieux. Et bien non, le deuxième show room était tout à fait différent, pas moins ou plus beau, mais différent. Deuxième orgie. Nous avons passé un très bon moment, comme deux petites filles devant un trésor.

    Mais tout cela n’était rien à côté du plaisir de Maïté lorsqu’elle a vu, touché, enroulé, déroulé, essayé, comparé tous ces rubans. "Trooop beau, c’est trop beau. Maintenant, je sais, je sais que je ne me suis pas trompée, c’est bien ça que je veux faire, j’aime trop ça"…..

    Pas de chance, les rubans choisis sont trop sages, trop beaux, pas assez contrastés. "Dans cette école, on ne fait pas du joli, on fait du shocking !". Ok, ok. Dur, dur l’apprentissage. Le prof, il lui faut du jaune flashy avec des étoiles. Bon, va falloir sérieusement revoir notre idée du beau.7dcc7409