Auteur/autrice : Myosotis

  • Cinq gazelles à Lyon

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     Après Paris, Lille, Turin, Parme, le congrès annuel des sorcières s'est tenu cette année à Lyon. Nous avons cherché une ville à plus ou moins égale distance les unes des autres. C'était compter sans les intempéries italiennes. La neige a eu raison de la courageuse Hanka qui a pris la route depuis Parme et a mis neuf heures entre Parme et Turin où elle a fini par déclarer forfait pour le vendredi mais n'a pas renoncé à prendre la route pour traverser les Alpes le samedi matin. Kristien, elle, n'a pris le train de Turin que le samedi. Véronique est arrivée la première du fin fond de la Touraine et les deux Bruxelloises l'ont rejointe en un temps TGV record.

    Les cinq sorcières se sont enfin retrouvées pour à peine 24 heures mais comme toujours, le rire, le bonheur, les ragots et les grincements de dents étaient au rendez-vous.

    Pas de shopping cette année, les marmites de certaines étant momentanément plus difficiles à faire bouillir. Mais plutôt un panaché de visites guidées ou non et de palabres infinis autour d'un verre de vin, d'un café ou d'une cuisine lyonnaise revisitée par deux filles jolies et futées.

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    Une visite de la Croix-Rousse dans les pas des canuts, les tisseurs de soie, nous a emmenées au gré des traboules et dans un froid de canard. Une promenade trop courte dans le Vieux Lyon. Une pause chez la Marquise d'en face, un tout vieux bistrot mais divin où officient avec tendresse et chaleur une ancienne chanteuse de jazz et son prince charmant pâtissier. On y a refait le plein d'amour et de médisances, mis à jour nos données sur les uns et les autres par sorcière interposée et fait le tour du monde en passant par Venise, Seattle, Dubai, Budapest et Barcelone.

    Au sortir de cette maison digne de Hänsel et Gretel, la pluie nous a surprises et m'a mise de fort méchante humeur. Je ne déteste rien de plus que de ressembler à un chien mouillé. Je crois même avoir été un chouia désagréable derrière mon sourire crispé. Sans compter que la visite guidée en autobus du Lyon des Lumières par une pluie torrentielle et au travers de vitres totalement embuées a dilué ma patience. Par bonheur, le bistrot des filles m'a réconciliée avec le plaisir.

    Le lendemain, nous sommes toutes reparties trop vite vers nos chaudrons respectifs et nos routes formaient une étoile dont Lyon aurait été le centre.

    Pour une fois, nous ne devrons pas attendre une année pour nous retrouver puisque les rendez-vous familiaux de chacune à Noël nous rassemblent à Bruxelles. Assemblée extraordinaire donc le 26 décembre. Ce sera à nouveau la pleine lune, hé hé.

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  • Tempus fugit

    Cela fait 9 mois que je n'ai plus vu Tante Danielle. A 95 ans, ça compte. Cela fait deux mois et demi que je n'ai plus vu mon Papa. Bon, il n'habite pas outre Atlantique, il se trouve à 20-30 minutes de chez moi en bus. (Maman, je la vois, parce qu'on sort quelquefois ensemble, grâce à elle). Cela fait les mêmes deux mois et demi que je n'ai plus vu Sis'Cile et Clarinette. Elle n'habite pas plus loin. Plus vu Swiss'Sis depuis l'été, même si on se téléphone toutes les semaines. Ô temps suspens ton vol supersonique, je ne peux pas profiter de ceux que j'aime.

    J'ai beau me dire que ça ne tient qu'à moi mais je me sens comme piégée. Par la vie qu'on mène. Boulot, métro, galop et si peu dodo.

    Pourtant, je trouve le temps de faire un peu de sport, je trouve le temps de partir à Venise, Budapest et demain Lyon. J'en conclus que je me piège toute seule.

    Et je voudrais multiplier les soirées comme celles de lundi soir où nous étions tous les cinq, pour une fois détendus, sans tension aucune, une soirée où le dîner s'est prolongé près d'une heure après la fin du repas à discuter, rire, savourer nos calembours, être bien ensemble. Ces soirées-là, je les garde précieusement dans un coin de ma mémoire, je les thésaurise pour le futur, quand ils ne seront plus à la maison au quotidien.

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  • Une bête veste, quoi !

    Je ne sais pas si tous les ados de 17 ans sont pareils ou si j'ai hérité d'un specimen particulièrement peu frileux. Ou peut-être sacrifie-t-il à des canons d'esthétique vestimentaire que je ne connais pas. Quel que soit le temps, automne comme hiver, à l'intérieur comme à l'extérieur, il garde le même pull à capuchon. Que les grandes prêtresses de la propreté se rassurent, il en a deux (un à lui, l'autre "emprunté" à un copain) pour changer le temps que l'un s'offre un petit tour de machine.

    Toujours est-il qu'un pull – même à capuchon -, ça ne protège pas de la pluie et du froid de décembre. Et ses grand-mère et tante sont proprement scandalisées que ses parents indignes ne l'obligent pas à porter une veste, un anorak, une parka, que sais-je ? Parce qu'il convient tout de même de préciser que ce petit garçon aux allumettes a deux vestes à sa disposition. Mais ces deux pauvres vestes ont malheureusement perdu tout intérêt à ses yeux. Et puisque ces tortionnaires insouciants ne prennent pas les choses en main, la tante bien intentionnée décide de partir en reconnaissance dans tous les magasins de la ville. A Quentin ensuite d'aller voir si les charmantes vestes pré-identifiées lui sont agréables.

    Les parents vexés ont donc passé leur samedi après-midi à exercer leur contre-pouvoir et à accompagner le specimen peu frileux dans toute une série de magasins à la recherche de la veste parfaite.

    Trop long… des poches sur la poitrine, non…. pas assez serré en bas…. il manque un capuchon…. pas de fourrure au capuchon, beurk….. j'aime pas la couleur….. le cuir, c'est pour les plus vieux…. ah non pas du velours…. j'aime pas le petit sigle, là….

    Mais tu cherches quoi exactement, mon fils ?

    Une bête veste, quoi ! Je peux vous la dessiner….

    Ah, si je savais coudre…

    On reprendra donc la chasse à la veste prochainement mais en attendant il y a fort à parier que le pull à capuchon affrontera tout seul demain le froid et la neige qui vient de tomber sur la ville.

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  • Centenaire

    Aujourd'hui, mon grand-père aurait eu 100 ans…

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  • On n’a pas boudé notre plaisir

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    Long weekend de trois jours à Budapest en couples d'amis, prévus de longue date mais si incertains vu la posture de flamant rose de l'homme de ma vie. Partiront, partiront pas ? On a tout envisagé, annuler le séjour, louer une chaise roulante, louer une voiture, le remplacer, partir sans lui, partir et le laisser la plupart du temps à l'hôtel. On devait lui enlever le plâtre la veille du départ, donc forcément c'était pas gagné. Finalement, on est partis, il a marché à son rythme et nous avons passé une très belle première journée. Ville magnifique art déco et art nouveau à tous les coins de rue, de quoi faire oublier au photographe fou qu'il avait un peu mal à la cheville.

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    Le lendemain, on a clairement ralenti le rythme et nous n'avons pas fait grand chose (à part visiter le métro du millénaire, vieux de 110 ans, superbe et impeccable, et un petit café dans le plus vieux salon de thé de la ville) en attendant la soirée à l'opéra après un petit apéro. Plaisir double de visiter un opéra à l'étranger et d'assister à un ballet, moi qui adore ça.

    Et le surlendemain, le temps de faire les valises et le weekend était déjà fini.

    Seul bémol, la crève carabinée que j'ai attrapée avant même de prendre l'avion au départ et qui s'est aggravée au rythme trop lent de nos promenades par un froid de canard.

    Mais je garde un souvenir "plein les yeux" de ces 3 jours de sites d'art à Buda.

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  • Weekend ambiance pré-Noël

    Le weekend a démarré sous le signe de la migraine. Elle m'a littéralement empoignée le vendredi matin et ne m'a vraiment quittée que le dimanche midi. Mais malgré tout, le weekend fut doux et serein. Dans une espèce d'ambiance pré-Noël.

    Vendredi soir, grande première, je me suis retrouvée toute seule au théâtre, encore un pas de plus dans les bottines de Mamy B.. Ceci dit, c'est moyennement drôle d'être seule même si la pièce est intéressante.

    Samedi, le marché bras dessus bras dessous avec Anaïs, le supermarché avec Anaïs et Quentin, l'après-midi, un peu de shopping avec Maïté. J'ai repéré plein de petites choses pour la St Nicolas, repéré aussi le cadeau de J., passé un bon moment avec Maïté, même si elle a râlé la moitié du trajet,  jusqu'à ce qu'on lui trouve un paquet de cigarettes.

    Dimanche, grasse mat', rejoindre un peu l'immeuble Yacoubian sous la couette. On a commencé le tirage au sort pour Noël. A nouveau shopping l'après-midi, cette fois avec les deux filles. On s'est renippées en lingerie toutes les trois. Pfiou, c'est pas gratuit, ces petites choses et c'est sans doute moi qui remporte la palme du prix au centimètre carré. 

    Quand on est rentrées, ambiance pré-Noël, châtaignes grillées, lumières tamisées, bougies, un petit dessert ("Mmmh, tu prépares un dessert ?"), une paella aux légumes, de la musique éclectique, peace et douceur. Il ne manquait qu'une seule chose: que l'homme soit valide sur deux pattes et puisse esquisser un petit pas de danse…

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  • Bons baisers de Venise

    Plus d'un an et demi que nous n'avions plus rien fait ensemble, que nous ne nous étions vues même. Je suis une marraine très épisodique et je le regrette. Mais j'ai déjà si peu de temps pour mes propres enfants que je ne pourrais ni ne veux donner plus. Sarah, elle, semble s'en accommoder, ou du moins ne s'en plaint pas.

    Il n'en reste pas moins que les journées annuelles que nous passons ensemble sont de vrais petits plaisirs partagés. Même si cette fois, il serait plus juste de parler de biennale.

    Après Euro-Disney, Londres, Paris, Amsterdam, nous avons mis le cap sur Venise. Une journée de pur bonheur. Malgré le réveil à 4 heures du mat', le taxi commandé la veille aux abonnés absents et autres petits tracas mineurs, nous avons flâné avec délices pendant toute une longue journée (mes pieds demandent grâce aujourd'hui) dans les rues de la Sérénissime, sous 25° au soleil. 

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    Le Palais des Doges et l'incontournable Pont des Soupirs, qui, vu de l'intérieur, donne vraiment à soupirer. L'inévitable tour en gondole. La Place St Marc où les plus pigeons ne sont pas ceux qu'on croit. Des rues labyrinthiques à n'en plus finir et toutes aussi surprenantes les unes que les autres. Et puis, cette exposition que je voulais tant voir et que je n'espérais plus: les robes de papier d'Isabelle de Borchgrave au musée Fortuny. Une pure merveille.  

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    Venise reste une des plus belles villes au monde et ce séjour ne m'a donné qu'une seule envie: y retourner le plus vite possible. Avec l'Homme au zoom, mon dogue à moi.

  • Ne remets pas à demain ce que tu peux faire après-demain *

    La procrastination est la caractéristique majeure qui unit les membres de cette famille. Demain est autre jour. Fans de Scarlett, levez-vous ! Ne faites pas aujourd'hui ce que vous pourriez remettre à demain.

    Quentin et Maïté sont passés orfèvres en la matière. La simple idée de s'avancer dans son boulot stresse Quentin. Qui sait si le prof ne déciderait pas à la dernière minute d'annuler tel ou tel devoir, ce serait vraiment trop bête d'avoir fait quelque chose pour rien.

    Maïté elle, ne peut fonctionner que sous stress. L'adrénaline de la dernière minute.  Jusque là, elle cogite à la manière de faire ou de ne pas faire.

    Anaïs est moins régulière mais a quelques jolis essais à son actif. Tous trois n'ont qu'un mot à la bouche: "Attends", "Tout de suite" (traduire: PAS tout de suite), "je finis un truc et j'arrive".

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    Ceci dit, ils ne sont probablement pas tombés loin du nid. Et celui des deux qui n'aura pas l'honnêteté de le reconnaître n'est certainement pas le moins procrastinateur des deux.

    Nous parvenons d'ailleurs à rendre fou un couple de nos amis dont la devise "Ne pas remettre à demain…" est appliquée à la lettre. A l'extrême. Au point, lorsqu'ils nous reçoivent, de débarrasser la table COMPLETEMENT dès le dernier café poussé (càd, le bouquet de fleurs d'origine à nouveau déposé sur ladite table et la cuisine nickel chrome comme sortie d'un magazine). Alors que chez nous, ce rangement post-bonne soirée peut bien attendre le lendemain. Mais au moins, on ne donne pas à nos invités l'impression que la soirée est terminée et qu'ils feraient bien de lever le camp.

    Ces amis-là ne comprennent pas qu'on mette plus d'un an à peindre une porte, changer une lampe ou réparer un robinet. Moi non plus, en principe, mais j'ai déjà tellement la réputation d'une emm… pour les 4 qui doivent vivre avec moi que je me modère, quoi qu'ils en pensent.

    Moi, je vis la procrastination surtout au bureau. Tout ce que je ne fais pas bien, je reporte au lendemain, au surlendemain, à la semaine suivante et ainsi de suite. Jusqu'à être acculée. Et de finalement mal faire ce fichu rapport ou ce foutu document.

    Il paraît que cette tendance affecte particulièrement les personnes atteintes de perfectionnisme. A y regarder de plus près, je dois bien avouer que ce n'est pas faux. Et que, chez nous, quand on s'y met, on vise le top. Et en général, on peut dire que si ce n'est pas LE top, c'est top quand même. Maïté dans ses créations, Anaïs et moi dans l'art de recevoir et la cuisine, les hommes dans tant et tant de disciplines différentes que c'en est écoeurant.

    Mais comme il est rare d'atteindre la perfection autrement que par essais et erreurs et que nous vivons mal l'idée de faire une erreur, on contourne le problème en ne faisant rien. Enfin, façon de parler. On fait mille et une autres choses que ce que l'on devrait faire.  

    Dernières procrastinactions du moment:

    • Les bouteilles vides attendent un trajet vers la bulle à verre depuis au moins 6 mois

    • Les chaussures d'été attendent toujours d'être rangées

    • Cela fait 15 jours que je dois répondre au mail de V.

    • Cela fait plus de trois mois que je devrais équiper Quentin en draps, taies et housses de couette

    • On pense commander un nouveau four qu'on a déjà identifié depuis juillet

    Je continue ?

    PS: Ce billet est en construction depuis le 14 août.

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    * Alphonse Allais

  • Qu’est ce qu’on mange, ce soir ? – Le choix (I)

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    Bientôt 25 ans que je cuisine à mon compte – traduisez que je suis mariée et que j'ai ma propre dînette -. J'ai toujours aimé cuisiner, oui mais…

    1. Je déteste la routine. Même si j'ai toujours aimé les repères, symboles à la fois de tendresse et de stabilité, tels que le spaghetti bolognaise paternel et mythique du samedi midi (une fille qui râpe le fromage, l'autre qui passe le jambon à la moulinette antique, la troisième qui ouvre les boîtes de tomates pelées) ou le pain de viande du dimanche (autre tradition familiale incontournable), je ne voulais pas, moi, instaurer cette routine. Par crainte suprême d'ennui.

    2. Je suis curieuse et je veux tout essayer. Toutes ces recettes un peu exotiques ou extraordinaires m'attirent et les mariages incongrus me séduisent. Sur une carte de restaurant, mon choix s'arrête invariablement sur ce qui semble inédit, comme une glace au poivre ou un confit d'aubergines au chocolat.

    3. J'ai une passion pour les livres de cuisine. Je peux les feuilleter pendant des heures. Je rêvasse à des menus pour recevoir des amis, j'invente des soirées magiques autour de plats succulents. A 25 ans, je n'avais pas d'enfants mais j'avais un mari qui travaillait le soir. Je passais des soirées entières à feuilleter des magazines qui vous donnaient les menus pour la semaine et j'imaginais les 3-4 enfants dont je rêvais, âgés de 4 à 10 ans, qui m'aidaient à chaque étape du repas. L'un épluchait les carottes, l'autre pressait l'orange, la petite dernière effeuillait le romarin et moi je râpais le gingembre et tous ensemble, nous préparions une sublime soupe aux carottes à l'orange et au gingembre. La suite de l'histoire m'a bien sûr appris que la vie ne se passe pas comme dans les rêves et que si Anaïs nous prépare dorénavant de délicieux petits plats, il est plus rare de voir Quentin ou Maïté l'économe ou le presse-citron à la main.

    4. Mais surtout, surtout, je suis INCAPABLE de choisir. C'est vrai dans tous les domaines et la cuisine ne fait pas exception. Je ne pourrais pas supporter de devoir décider chaque jour ce qu'on mange le soir, encore moins de prévoir les menus de toute une semaine.

    Alors je me suis arrangée pour ne pas m'ennuyer, pour tout essayer, pour rêver encore et éviter d'avoir à choisir. J'achète quelques magazines de cuisine que j'aime beaucoup, je choisis quelques livres de cuisine dans la bibliothèque et jour après jour, je les épluche, page après page, et je passe au crible et à la casserole chaque recette de la page A à la page Z.

    Et ça marche. En 25 ans, nous n'avons pour ainsi dire jamais mangé la même chose. A quelques exceptions près bien sûr. On fait des crèpes à toutes les Chandeleur, j'ai déjà préparé plusieurs fois ma Pavlova, les soirs pressés connaissent les mêmes salades ou les mêmes spaghetti vite faits. Mais en gros, la surprise reste notre quotidien.

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