Auteur/autrice : Myosotis

  • Qu’est-ce que je vais mettre ? Le choix (II)

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    La question n'est pas: "Je n'ai plus rien à me mettre !". Au contraire. La question cruciale, c'est: "Qu'est ce que je vais mettre aujourd'hui ?" ou pour être plus honnête "Qu'est-ce que je vais mettre demain ?". Parce que si déjà, j'ai toutes les peines du monde à choisir, c'est pas le matin, pressée par le temps, que mon problème va se résoudre.

    Aussi loin que je remonte, à savoir depuis que je m'habille seule – entendez "je choisis mes vêtements" et pas "j'arrive à enfiler une jambe dans chaque jambe de pantalon et je boutonne Paul avec Paul et non Pierre avec Jacques – encore que… -", aussi loin que je remonte donc, je ne parviens pas à choisir facilement. Pour tout dire, cela m'ennuie. Et dès lors, j'use de subterfuges pour guider mon choix (comme pour le thème "Qu'est-ce qu'on mange ce soir ?")

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    Et donc, depuis plus de 30 ans, je suis passée par différentes phases:

    • il y a eu la phase "étudiante". Je rangeais les pantalons avec les pantalons, les chemisiers avec les chemisiers, les pulls avec les pulls, etc… Je prenais le premier pantalon à gauche de la penderie et j'assortissais avec le premier chemisier qui, tout en étant dans la suite logique, allait le mieux avec le pantalon élu. Je recommençais l'opération avec le pull. Et ainsi de suite. Je trouvais que de cette manière, non seulement j'évitais de choisir mais aussi je donnais à chaque vêtement sa chance !?!
    • Puis, il y a eu la phase "jeune mariée puis jeune maman". Abonnée aux catalogues de la Redoute et des 3 Suisses. Je pointais méthodiquement la page 1 puis 2 puis 3 de chacune de ces grosses briques et je m'habillais en fonction des pages choisies. Bien sûr, je ne disposais pas de tous les vêtements offerts dans ces "bibles" de la mode mais j'adaptais les pièces de ma garde-robe à celles de papier glacé. Encore une fois, j'évitais le choix et j'adoptais parfois des styles que je n'avais pas envisagés jusque là. J'ai poussé la bizarrerie jusqu'à porter deux chemisiers l'un au-dessus de l'autre un jour que les 3 Suisses avait affublé leur mannequin de deux chemisiers superposés pour vanter la gamme de coloris.
    • J'ai poursuivi ce petit jeu jusqu'à passé 40 ans. J'ai poussé le bouchon jusqu'à préparer mes valises pour les vacances en fonction d'un nombre de pages plus conséquent et je suis allée jusqu'à déchirer les pages nécessaires pour la période de vacances, histoire de ne pas m'encombrer des ces deux gros catalogues.

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    Cette approche pour le moins particulière de l'art vestimentaire a eu pour mérite de m'apporter chaque jour une surprise, une découverte, une nouvelle moi et je me suis toujours habillée avec beaucoup de plaisir.

    Puis un jour, j'ai estimé que mon attitude face au choix était tout sauf adulte. Et je me suis mise en tête de devenir adulte. Je me suis entichée d'une psy pendant 6 mois. Et elle m'a débarrassée de cette manie. J'ai jeté les catalogues et n'en ai plus jamais rachetés.

    Aujourd'hui, je m'habille sans plaisir. Je me réfugie dans un ou deux éternels pantalons noirs accompagnés d'un pull ou d'un chemisier aux couleurs discrètes. Fini l'inventivité même si elle n'était pas mienne, fini la créativité même si c'était celle des créateurs. Et je regrette le temps où j'étais un peu loufdingue….

  • La vie en rose et blues

    Le blues du sapin déchu: On a fini par se résoudre à démonter le sapin. Chaque année, c'est la même chose, on garde le sapin le plus longtemps possible. On s'autorise à en profiter jusqu'à mon anniversaire au moins. Ensuite, on reporte chaque jour le moment fatidique. Rien n'est plus déprimant que d'enlever une à une les boules, les guirlandes lumineuses, emballer dans le papier de soie chaque personnage de la crèche. Effacer les dernières traces de cette période un peu particulière qu'est Noël.

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    Le blues de l'électro-ménager: Le lave-vaisselle et le sèche-linge débrayent en même temps. Après quelques tentatives infructueuses pour réparer ces fichus récalcitrants, on a dû se rendre à l'évidence. Non seulement, le portefeuille va se serrer la ceinture mais aussi, tout le monde va réapprendre les gants Mapa et l'anticipation (plus question de laver à 17 heures LE jeans pour ce soir, il me le faut absolument !).

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    L'avenir en rose made in USA: J'ai beau penser qu'il faudra juger Obama dans un, deux ou quatre ans sur ce qu'il aura réalisé et non s'enthousiasmer émotionnellement, il n'y a rien à faire, je reste très émue et très enthousiaste après le discours d'investiture de ce mardi. D'accord, peut-être ne s'agit-il que d'un beau discours prononcé par un bon orateur, mais toujours est-il qu'il aura déjà réussi ça: faire croire à tous (euh non pas tous mais au moins tous les hommes de bonne volonté), tant là-bas qu'ici, que "oui, c'est possible, si on veut tous ensemble" et faire en sorte que quelques bras abandonnés se relèvent et se retroussent les manches.

    La vie en rose ou pas de 6 milliards d'autres: une expo vraiment pas comme les autres se tient actuellement au Grand Palais à Paris. Je n'aurai pas le temps d'aller jusque là avant le 12 février mais le site de l'expo est suffisamment parlant. On en a pour des jours et jours à écouter ces 3000 autres de 75 nationalités différentes nous parler de l'amour, de la famille, la guerre, la colère ou la peur. Hier soir, nous sommes restés immobiles pendant deux heures et seule la fatigue m'a empêchée de continuer. A écouter et ré-écouter sans soif.

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    La vie en rose jacinthe: Ce soir, l'Homme m'a acheté des jacinthes. Je les souhaitais lilas, il n'en a trouvé que des blanches et des roses. Et mon coeur embaume.

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  • Daddy cool

    Grâce au lien proposé par Christie, l'idée lancée par Lola pour "rythmer" ses cours de français, j'ai découvert les "lipdubs" et je me suis rendue compte que mes enfants avaient déjà, sans le savoir, innover en la matière, il y a deux ans, pour les 50 ans de leur père ! Ces petits sont géniaux !

  • Ras la galette !

    Les festivités organisées autour de mon anniversaire ont commencé jeudi soir chez Mamy L. On en était déjà à la troisième galette des Rois. Et elles se sont terminées ce midi chez Sis'Cile avec Papy et Mamy B. …. par une quatrième galette royale. Je ne peux plus la voir en pâture cette galette. Et les couronnes se superposent comme des bouées autour de ma taille. Pas très diététique d'avoir son anniversaire dans le prolongement de Noël, Nouvel-An et Epiphanie. A partir de demain, je vivrai d'amour et d'eau fraîche… Voeu pieux.

    Le 9, je n'ai rien organisé pour une fois. J'ai voulu laisser la journée décider elle-même. Le matin, je me suis levée grognon, d'abord de tout ce qu'on avait mangé la veille, ensuite de ne pas avoir de programme pour ma journée, enfin de devoir me lever pour accompagner Maïté chez l'ORL. Mais une fois sorties de chez le médecin, le ciel était bleu, Maïté m'a emmenée faire du lèche-vitrines. Je n'ai rien acheté, vu l'état royal de ma taille, mais j'ai eu le plaisir d'offrir une jolie jupe à Maïté, plaisir qui m'a manqué quand ils étaient petits.

    Deux bouquets m'attendaient au retour à la maison, attentions de collègues et d'amie. Des bouquets magnifiques. On a partagé un bol de soupe avec Anaïs, confinée pour cause de blocus. Et on est reparties pour une petite heure de flânerie. On aurait voulu s'acheter des bottes mais on n'a pas trouvé chaussure à notre pied.

    A notre retour, Anaïs s'était échappée pour son rendez-vous tri-hebdomadaire avec Victor qu'elle garde après l'école et Claude et Quentin n'étaient pas encore de retour. Maïté s'est endormie sur mon lit et j'ai eu la maison pour moi toute seule. C'est mon luxe à moi. J'allume quelques bougies, je mets la musique dont j'ai envie et j'apprivoise (encore et seulement) ma maison. J'ai refait le gâteau qu'Anaïs avait raté et qu'elle préparait pour l'anniversaire d'un ami, j'ai arrangé mes bouquets, j'ai rangé la vaisselle, j'ai tenté de scanner quelques photos. Rien de très grandiose en somme, mais personne ne peut imaginer le plaisir que j'ai eu. Je le reconnais à chaque rare fois qu'il m'est offert; c'est celui que j'ai connu pendant mes trois congés de maternité et, en partie, pendant les deux années sabbatiques que j'ai prises pour étudier. Le plaisir d'être seule, chez moi, et d'organiser tout mon temps autour de ceux que j'aime, et surtout maîtriser le temps. J'aurais sans doute dû vivre à une autre époque et ne pas devoir travailler à l'extérieur. La vie en a voulu autrement. J'aime mon boulot, c'est sûr, mais jamais jamais il ne m'offrira ces moments de plénitude.

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    Quand ils sont tous rentrés, on s'est préparé une petite salade, Anaïs a mis une jolie table pleine de bougies, on a pris un petit apéro, on a fait une partie de mikado et on s'est confortablement installés devant "le mariage de Mademoiselle Beulemans", un monument théâtral bruxellois.

    Entretemps, Swiss'Sis a téléphoné, inquiète à la lecture de ce blog pour les cadeaux "fragiles" laissés sous bonne garde-robe avant de rentrer en Suisse. Je les ai ouverts en direct, légèrement préoccupée mais très vite soulagée puisque le seul cadeau fragile, photophore, n'avait pas souffert de mes ires irréfléchies.

    Pour le reste, mes cadeaux étaient très littéraires cette année:

    • Où on va papa ? de Jean-Louis Fournier

    • La pluie avant qu'elle tombe de Jonathan Coe

    • Là où les tigres sont chez eux de Jean-Marie Blas de Roblès

    • Encyclopédie capricieuse du tout et du rien de Charles Dantzig

    et trois livres de cuisine un peu particuliers:

    • Les carnets de Minna d'Anne Georget et Elsie Herbestein
    • La cuisine d'Amélie écrit par la soeur d'Amélie Nothomb

    et mon préféré:

    • Mes recettes de sorcière: le grimoire enchanté de Brigitte Bulard-Cordeau

    Pour lire tout ça, j'aurais bien besoin de quelques petites semaines de vacances, moi…

     

  • L’irraison de la colère

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    Soirée douce débutant exceptionnellement sur un petit apéro en famille, papote, occupations diverses. Vers 22h30, Quentin baisse le son de son jeu et nous invite à écouter le léger mais régulier clapotis, plic-ploc, …… d'une fuite d'eau au plafond qui atterrit plic-ploc-plouc sur la grande armoire à linge de l'Homme.

    Branle-bas de combat. Le plus zélé grimpe sur une chaise et place un seau sous la fuite. Très vite, il apparaît que le goutte-à-goutte est trop rapide pour espérer que le réceptacle tienne la nuit et le risque d'infiltration dans l'armoire est trop grand. L'homme organise donc le déplacement de l'armoire. On la vide au pas de course. On la déplace à grand renfort de roulettes et de plaques en carton pour ne pas abîmer le parquet et l'Homme décide qu'elle prendra temporairement ses quartiers dans…. MON salon. Pour mémoire, ledit salon a accueilli pendant neuf long mois tout le contenu de la cave, elle-même victime d'un dégât des eaux et ce n'est qu'à Noël, échéance bénie et fête familiale oblige, que la cave a réintégré son capharnaüm. J'aurai donc profité de mon joli salon pendant 3 petites semaines.

    D'accord, une armoire, très belle par ailleurs, ce n'est pas un capharnaüm de cave mais bon, je suis déjà très grumpy.

    Dans l'excitation mâle pour sauver des eaux l'ar-moïse, Quentin grimpe sur une échelle non ouverte et bien entendu, l'échelle se casse la figure en balafrant sérieusement au passage les armoires de rangement. Quentin va bien, merci, puisqu'en bon singe agile, il s'est suspendu à la mezzanine.

    De grognon, je suis devenue hystérique et je l'ai abreuvé de tous les noms d'iconoclaste possibles et imaginables pour détérioration de MON bien public. D'hystérique, je suis devenue colérique et je me suis précipitée dans sa chambre à la recherche de quelque chose à détériorer myself. J'ai lorgné d'un oeil son djembé – à qui je crois même avoir adressé quelques mots – mais je ne suis jamais en colère au point de perdre la tête vraiment. Pas touche au djembé, donc. Il y avait là par terre quelques sacs en plastique et en papier remplis de je ne sais quoi et dont j'ai décrété qu'ils n'avaient pas à se trouver là. Je me suis calmée en leur donnant quelques coups de pieds rageurs. Et j'ai sommé mon bêtiseur de fils de venir tout ranger sur le champ. Je n'ai pas compris tout de suite son sourire mordu.

    Maïté a essayé de me raisonner: il y a plein de gens qui vivent dans les caisses et les travaux. Ben oui, mais moi, j'ai le sentiment d'avoir assez donné dans la rubrique "chantiers". L'homme aussi a insisté: par ce froid qui court, il y a d'autres familles où la catastrophe est bien pire lorsque ce sont des conduites d'eaux qui gèlent et éclatent. Ben oui. Et j'ai surenchéri en mon moi-même: sans compter que moi, j'ai un toit pour dormir.

    Penaude, je suis aussi punie parce que j'ai compris après coup que les paquets, dans lesquels j'ai donné rageusement des coups de pieds, faisaient partie de trésors cachés dans l'armoire et évacués en catastrophe à mon insu. C'est mon anniversaire demain et je crois bien avoir passé ma colère sur mes propres cadeaux. De colérique, je suis devenue calimérique.

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  • Le calendrier de l’Après

    Jeudi 25: Les jours de Noël ne sont plus ce qu'ils étaient: une journée entourée de coton, où l'on émerge assez tard et que l'on passe en quasi-pyjama, à tout ranger, vider et remplir le lave-vaisselle, laver les verres à la main, ramasser tous les papiers cadeaux, découvrir à la lumière du jour les présents reçus et tester tous les desserts qu'on n'a plus pu savourer la veille. Le tout devant un ou deux films spécial 25 décembre (Love actually, The Family Stone, Charlie et la chocolaterie, Benny and Jude, …). Non, les jours de Noël sont maintenant jours de blocus pour enfants trèèèès studieux. Et le charme est un peu rompu.

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    Vendredi 26: Séance esthéticienne et coiffeur. Retrouvailles de toutes les sorcières autour d'un thé ou d'un verre de vin, le temps de s'embrasser, de revoir grandis tous les enfants (sauf les nôtres, les trop grands et trèèès studieux enfants), de "tolérer' non sans grand plaisir les maris et nous revoilà déjà reparties vers nos rendez-vous familiaux (à l'agenda très serré pour les expats d'entre nous).

    Samedi 27: Une course un peu trop rapide dans les escaliers et clac fait le muscle qui se déchire légèrement. Il faut croire que je jalousais secrètement le tendon d'Achille de l'Homme. La douleur est vive mais se supporte beaucoup mieux voire disparaît …. sur talons hauts. Bon, au saut du lit, en peignoir, ça le fait moins …

    Dimanche 28: Dernières retrouvailles familiales avant le départ de Swiss'Sis pour son Helvétie tranquille autour d'une choucroute anticipée et d'une brocante maternelle devenue tradition. J'aime ces moments de partage d'objets hétéroclites, chinés auprès des grand-mères, grand-tantes, voisines, enfants de voisins peu attachés aux souvenirs ou dépourvus d'espace dans de trop petits appartements et qui se débarrassent un peu vite de trésors de naguère. Et Mamy B. récolte patiemment, pour notre plus grand plaisir vaisselle, bibelots, nappes, serviettes, gants, et autres trésors offerts en brocante à ses trois filles ravies.

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    Lundi 29: petite journée au boulot. Comme d'hab', je pensais trouver le temps de ranger un peu le capharnaum qui me sert de bureau. Mais le temps m'a de nouveau prise par suprise et je n'ai quasi rien rangé. 

    Mardi 30: Après neuf mois d'absence, visite à Tante Danielle. C'est fou comme neuf mois sont énormes à 95 ans. Je n'en reviens pas de constater à quel point elle a changé. Elle ne rit plus, ne plaisante plus, est assez agressive et exigeante. Et le plaisir de la voir s'est éteint pour laisser la place à la désolation. Je lui ai promis de revenir plus vite et je tiendrai promesse. Mais ce sera avec des pieds de plomb. 

    Mercredi 31: Je n'avais pas très envie de ce Nouvel An en tête à tête. Pour moi, le passage d'une année se fête nécessairement dans le bruit, entourée d'amis, de musique, de rires, de champagne, pour m'étourdir et ne pas céder à la nostalgie qui me prend à chaque fin d'année. Je ne supporte pas de fermer la porte sur une année écoulée et je vis si mal l'idée de ce qui ne sera plus. Plus jamais.

    Il ne voulait rien d'autre et j'ai accepté mal gré bon gré de rester à la maison. Il a mis les petits plats dans les grands. Il nous a dressé une jolie table, préparé quelques antipasti, une fricassée de champignons sauvages. Il s'est habillé comme pour un jour de fête, j'ai mis une longue robe, mon plus beau collier, mes plus belles boucles d'oreille, je me suis fait faire un chignon de grande dame chez le coiffeur. On a allumé toutes les bougies. Je n'ai rien fait à part cela et mis quelques toasts à griller. Il s'est occupé de tout. On a dansé rien qu'à nous deux, en essayant de ménager qui son talon d'Achille, qui son muscle légèrement déchiré, avec dans les yeux un mélange de plaisir partagé et de panique à l'idée de rompre la guérison fragile de nos jambes respectives. Soirée fragile donc, délicieuse, rare, réussie. Mais personne ne comprendra si j'émets le souhait de revivre la même nuit de la Saint Sylvestre en tête à tête, l'année prochaine.

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  • Right Christmas

    Finalement, ce Noël ne s'est pas si mal passé. Si l'on veut bien faire abstraction de l'absence si pesante de Papy L., de la magie disparue (mais où est-elle passée, cette magie ? Emportée par Papy L. ? Envolée avec le demi-siècle accompli ? Diluée par 25 ans de Noëls inchangés ?) et des petits bobos aussi sournois qu'inattendus. On a préparé la fête sans stress, avec l'aide immuable de Swiss Sis', des filles, Anaïs en cuisine, Maïté en salle et coulisses, Thierry et Claude en support, conseils, petite main et trancheurs d'hésitations, Sis'Cile en douceurs secrètement espérées.

    Le décor était beau, la table splendide, le menu à la hauteur, les cadeaux appréciés, je crois. Et Clara a ajouté la touche d'enfance qu'il manquait au tableau, distribuant les cadeaux, courant partout, renversant les flûtes déposées au sol, parce qu'on oublie vite les précautions à prendre quand des petites jambes de trois ans gambadent dans les vôtres, riant coquine et mutine avec ses élus du jour.

    Et ces moments-là m'ont donné, malgré tout et à nouveau, une impression de "right Christmas".

     
  • Fêtes vite !

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    Il n'y a rien à faire, le coeur n'y est pas. Tout est prêt, tous les cadeaux sont emballés, le sapin est monté, le menu concocté. Il ne me reste que les cartes de voeux à envoyer. Mais la magie a disparu. Je n'arrive pas à me réjouir de voir Noël se rapprocher. 

    Est-ce le souvenir de Papy L. qui nous égratigne ainsi ? J'ai fondu en larmes en plein grand magasin, dans les rayons où chaque année, nous farfouillions à la recherche d'un cadeau pour lui. Parce que cette année, il ne fallait pas chercher.

    Est-ce parce que Claude se traîne, après avoir traîné la patte, faute de retrouver une forme olympique ?

    Est-ce la fatigue toute bête en cette fin d'année ?

    Est-ce le départ de mon chef, contraint et forcé, que je n'ai pas du tout accepté ? Ce n'était sans doute pas le meilleur chef que j'ai eu dans ma vie mais c'est de toute évidence l'être le plus humain que j'ai connu. Et forcément pour moi, ça compte. 

    Est-ce le sur-petit-poi(d)s qui m'a repris en quelques semaines par excès de sucre et de pasta ? 

    Peut-être est-ce tout simplement l'ensemble de tous ces boulets qui m'empêchent de vivre cette période avec légèreté.

    Et malgré le retour de Swiss'Sis, malgré la maison en lumières de fête, je voudrais que ces fêtes passent vite. Mais je déplore infiniment cet état d'esprit.
  • Combien ça coûte ?

    Maman a passé une petite journée à Lille cette semaine et je lui ai demandé de me ramener deux tubes d'un gloss qu'on ne trouve que chez Séphora. Et des Séphora on n'en trouve qu'en France. Elle s'est bien acquittée de sa mission mais n'a pas pu s'empêcher de s'étonner du prix de ces fantaisies cosmétiques. Elle m'a demandé: "Tu sais combien ça coûte ?" et j'étais totalement incapable de répondre. Non, je n'avais aucune idée de ce que ça pouvait bien coûter. Et sa question m'a sérieusement interpellée. Surtout en ces temps d'inflation violente.

    Il fut un temps dans ma vie où un franc était un franc et où nos deux salaires réunis nous obligeaient à une vigilance quotidienne. Je connaissais par coeur les prix de tous les articles que j'achetais, je collectionnais les petites enveloppes virtuelles pour chaque mois. Une enveloppe pour l'alimentation, une autre pour les produits de beauté, une pour le loyer et les charges, une pour les vacances, une pour les cadeaux, etc.. Tout était calculé au franc près et l'on vivait en permanence dans le rouge et sur la corde raide. Quand Quentin est né, on a enfin décidé de s'offrir un micro-ondes – ce dont, entre parenthèses, je me passerais éperdument aujourd'hui mais qui était tellement révolutionnaire à l'époque que je pensais qu'il allait changer notre vie – et on a grappillé mois par mois les malheureux 250 € nécessaires. Je me souviens encore aujourd'hui du sentiment de victoire que j'ai ressenti.

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    Je me souviens aussi des frustrations, mineures j'en conviens, mais réelles. Je regrette encore toujours aujourd'hui de ne pas avoir eu le plaisir d'acheter les vêtements de mes enfants et de m'être contentée de ceux des enfants d'une amie plus grands que les miens.

    Et puis un jour, j'ai changé de boulot, j'ai gagné ma vie bien plus qu'à la sueur de mon front et imperceptiblement ma relation à l'argent a changé. L'argent ne fait en rien mon bonheur, Dieu merci mais l'absence d'angoisse et de boule à l'estomac lorsque la machine à laver ou la voiture menace de rendre l'âme est un luxe dont je ne me lasse pas, Dieu merci aussi.

    Alors, j'avoue, je ne connais plus les prix au détail, je ne collectionne plus les petites enveloppes, je dépense parfois sans réfléchir. Ce sont surtout les enveloppes "beauté" (dépenses à fonds perdu, j'en conviens) et "cadeaux" qui ont explosé.

    Ni Job – puisque j'en ai un – ni Crésus – parce que pas encore complètement crazy, je ne suis pourtant pas aussi raisonnable que je ne devrais. Heureusement, l'Homme veille, voire surveille. Il joue le rôle de garde-folle et me maintient dans les rails de la sagesse. Ce qui ne l'empêche pas non plus d'avoir ses petits accès de folie.

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  • Wish list périmée

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    J'ai ressorti ma wish list d'il y a deux ans, pour voir.

    • Un i-pod comme celui de Quentin, voire mieux. Je l'ai reçu un an et demi plus tard et en fait, c'est Quentin qui l'utilise. Entretemps, St Nicolas vient de lui en apporter un nouveau. Mais je ne suis pas sûre que j'utiliserai le mien. Je me rends compte que j'aime la musique "à voix haute"…
    • "A guide to elegance" de Geneviève Antoine Dariaux. C'est un tout petit livre publié en 1960 sur le summum de l'élégance. J'en ai lu quelques extraits chez Waterstone à Londres et j'ai adoré. Je l'ai reçu ce Noël là et il fait partie de mes livres de chevêt. Je n'en suis pas plus élégante pour autant mais il me fait rêver…
    • 10 kilos de moins. No comment
    • 10 ans de moins. Je dois me rendre à l'évidence, personne ne me les offrira…
    • une ou deux ceintures choisies par mes filles (je ne sais pas choisir les ceintures). Anaïs me les a offertes pour mon anniversaire. Elle m'a offert les siennes, en fait…
    • La dynastie des Carey-Lewis en dvd . Reste en course.
    • Des chaussures de danse (surtout celles avec un coquelicot dessus). Toujours d'actualité, même si l'envie pour "celles avec un coquelicot dessus" m'est passée. Mais plus encore que les chaussures, c'est l'envie de danser qui est plus ancrée que jamais… 
    • Le parfum "Agent Provocateur" . Reçu aussi et toujours en activité.
    • "Les bienveillantes" de Jonathan Littell. Reçu ce Noël là mais je ne l'ai ouvert que l'été dernier. A priori, je ne comprend toujours pas pourquoi j'ai inscrit ce livre sur ma wish list. Par snobisme sans doute, prix Goncourt oblige, mais ce n'est pas du tout moi. Pourtant, je ne regrette pas de l'avoir lu. Même si je me suis souvent posé la question en cours de lecture si je ne devais pas arrêter pour cause de nausée.
    • "Mon carnet gourmand" de Tessa Kiros. Reçu aussi ce Noël là. Sur l'étagère des livres de cuisine qui attendent patiemment que je les décortique page après page.
    • Un "bon pour" chez Paule Ka. Pas reçu mais suis plus sûre que j'en voudrais encore. Ségolène est passée par là et finalement j'aime pas son style.
    • Un week end à Ballymalloe. J'en rêve encore.
    • Un week end à …. J'en rêve toujours. Mais il y a quand même eu Budapest, Perugia, Venise, Paris, Amsterdam…

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    Et cette année, de quoi je rêve ?

    Aucun livre de cuisine ne me fait plus rêver depuis deux ans. Allez savoir pourquoi…

    • Par contre, je reprendrais bien mes maisons miniatures. Et justement Léa de chez Un jour à la campagne vient de sortir un superbe livre : Le grand livre des maisons miniatures.
    • Un dîner chez Bon-bon
    • Des livres, des livres et encore des livres
    • Des boucles d'oreille
    • Un chemisier sur mesure (pour pouvoir concilier ma taille de guêpe avec mes bras de routier sympa)
    • Des dvd de cinéma italien
    • Des soirées dvd Desperate Housewives sous la couette avec mes filles
    • Love actually et The Family Stone parce qu'on les a perdus
    • Des pulls très chauds parce que j'ai froid et j'ai plus rien à me mettre

    Et pour mon côté "Je crois encore au Père Noël":

    • Un voyage en Orient-Express
    • un weekend au Danieli
    • une soirée à la Scala ou à la Fenice
    • un weekend à New York et à San Francisco
    • Dix ans de moins
    • Dix kilos de moins (je sais, je me répète, mais parfois, j'y crois encore…)

    C'est pas tout ça, faudrait aussi que je m'active pour acheter les cadeaux de ceux que m'a désignés le sort. Bénies soient celles qui pensent à faire des wish lists.