Auteur/autrice : Myosotis

  • Casa degli angeli (III)

    Huit ans plus tard, après des années de travaux, de patience, de confiance, de persévérance, la récompense et la renaissance….


  • Quelques brèves entre deux épisodes

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    • Les séances de kiné me font beaucoup de bien et je sens, malgré la douleur des exercices, que mon vieux mollet en sortira comme neuf (neuf mollet, haha !)  
    • Le bureau où je travaille s'est agrandi et le nouvel espace nous permet d'organiser des cours de yoga et de Pilates, entre autres, le temps de la pause déjeuner. J'ai essayé les deux et j'adore.   
    • Je continue à aller au badminton avec les autres mais je les regarde jouer seulement. Et je ronge mon frein.
    • Anaïs a enfin fini cette session interminable d'examens.  Ne reste que Quentin. Mais lui, si ça ne tenait qu'à lui, il réussirait. 
    • Pour la première fois depuis 15 ans, je n'ai accumulé à la mi-juin que 2 malheureuses petites heures sup'. Je n'en reviens pas, il y a quelque chose d'anormal, de presque indécent. Et le fait même que je pense ça est tout aussi anormal. Et je plains Isa  
    • J'ai pique-niqué dans un ancien cimetière reconverti en parc. Et j'ai vraiment ressenti une sérénité particulière qui s'en dégageait. 
    • J'ai reçu des compliments impressionnés de consultants informatiques et rien ne pouvait me faire plus plaisir cette semaine. Sérieux coup de boost au moral. 
    • J'ai passé ma visite médicale annuelle dans le cadre du boulot et j'ai encore pris un demi-centimètre. J'ai aussi pris deux kilos. Est-ce que deux kilos tiennent dans un demi-centimètre ?   

      

  • Casa degli angeli (II)

    Une fois le prêt accordé, il ne faut pas croire que tout va rouler comme sur des roulettes. On a d'abord eu le chic de choisir un vendeur qui doit des millions au fisc. Bien sûr, ces messieurs du fisc aimeraient que ce bien parte le plus cher possible et pas pour une bouchée de pain. Bien sûr, le vendeur voudrait bien un petit dessous de table, histoire de garder des miettes du pain retiré de la bouche du fisc. Nous, on ne cède pas la moindre croûte mais tout cela ralentit le processus. Résultat: déniché en juillet, acte de vente en janvier. Pour mes 40 ans. Cadeau empoisonné.

    On peut enfin passer dans le vif des travaux. On confie le gros oeuvre à un entrepreneur ami. Qu'on a bien failli perdre en tant qu'ami. Mais bonnes pâtes, on a passé bien des éponges. Toujours est-il que des travaux qui devaient durer 4 mois en ont duré plus de 16.
     
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    Et pendant ce temps-là, on dort où, nous ?
     
    Bonne question. On pensait que nous serions "sans domicile fixe" pendant quelques mois. Bonne poire, Sis'Cile a accepté de nous héberger pour ces quelques mois à une condition, qu'on lui laisse le champ libre le weekend. Normal, une jeune trentenaire sans enfants ne va pas s'encombrer d'une famille de 5, le samedi et le dimanche, alors que son âge l'autorise à dormir tard et à se coucher très tard. La semaine, passe encore, mais le weekend, incompatibilité d'horaire. Et nous, nous ne voyions aucun inconvénient à boucler nos valises tous les vendredis soir pour passer le weekend à la campagne ou chez des amis. 
     
    Oui, mais. Banque, fisc, entrepreneur, tous se sont ligués pour tripler les 4 mois initialement prévus. Au bout d'un an de Sis'Cile hotel, on a trouvé via une amie une maison vide, à vendre, que les propriétaires en mal d'acheteur nous ont invités à squatter pour qu'elle soit au moins chauffée l'hiver. Entre les deux, nous avons occupé pendant un mois, les appartements de Belle-maman et de Belle-sister, situés l'un au-dessus de l'autre. On a trouvé moyen de les leur ruiner en quittant un matin l'appartement de Belle-sister en laissant le robinet de la baignoire grand ouvert, par erreur, pendant une coupure d'eau matinale. Forcément quand je suis rentrée le midi, les employés de l'eau avaient depuis belle lurette rouvert l'eau et le débit de remplissage de la baignoire étant inversement proportionnel à son débit d'écoulement, calculez en combien de temps l'appartement de Belle-Sister est inondé, en combien de temps l'appartement de Belle-Maman itou et l'appartement de la voisine du dessous idem.

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    Au sortir de l'hiver, la maison squattée a trouvé acquéreur et nous nous sommes retrouvés contraints et forcés d'emménager dans notre chantier. En d'autres termes, nous avons squatté notre propre appartement. Toutes les caisses du déménagement empilées sous d'immenses plastiques, 3 matelas glissés entre les meubles pèle-mêle rassemblés dans une seule chambre et 3 enfants pleins de bonne volonté qui continuent à accepter de camper sans leurs jouets, leurs livres, leurs CDs, sauf ceux que nous avions récupérés en catastrophe chez le garde-meuble un an auparavant.
     
    Une cuisine constituée de 2 plaques chauffantes sur une table, la vaisselle dans l'évier de la salle de bains (en chantier aussi), une machine à laver dans une verrière encore ouverte à tous les vents (pour rappel, nous sommes en février), des vêtements dans des caisses et des caisses-penderies, de la poussière au plus profond de tout, particulièrement en période de ponçage de parquet, un homme épuisé, fourbu (par la ponçeuse à parquet), des tensions inévitables. Des années d'échafaudage, de ponçage, de décapage, de peinture, au rouleau, au pinceau, à l'éponge, de dorures, d'engueulades, de découragement, de ooh, de aah, de ouïlle, de pfffff, mais pan de mur après pan de mur, de mètre carré en mètre carré, de pièce en pièce, on a fini par construire un nid pas vraiment comme les autres. Genre nid de macareux (le plus grand nid qui existe), nid de mecs heureux, quoi…. 
     
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    (à suivre)
  • Casa degli angeli (I)

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    A notre retour, âmes en peine, de Turin, il nous a fallu atterrir quelque part. L'Homme était venu quelques semaines plus tôt en prospection. Sans succès. Début juillet, il a repéré un appartement immense en plein centre ville avec un plafond peint magnifique mais le reste dans un état de ruines avancé.

    Avant d'être un appartement, cet espace avait été les salons de réception d'un grand hôtel immeuble de maître fin XIXème. Pas de cuisine, pas de salle de bains, donc. Mais une verrière grandiose qui a dû un jour donner sur un magnifique jardin.

    Ces salons ont vécu leur vie et se sont ensuite gentiment rangé des réceptions pour laisser place, entre autres, à une fabrique de vêtements militaires, une salle de cours de danse (!), une salle d'exposition, une imprimerie d'un journal économico-financier, un incendie ravageur de parquets (surtout après le passage des pompiers, en fait), et quelques abandons. Toutes ces vicissitudes ont eu raison de la splendeur de ce petit palais. Et une horrible arrière-maison a remplacé le jardin.

    J'ai apprécié la beauté du plafond mais j'ai mis mon veto à l'achat d'une telle ruine. J'ai vu son regret immense et j'ai cédé de très mauvais gré. La banque a envoyé son expert pour évaluer le bien avant de nous accorder un prêt. L'expert a estimé la ruine juste bonne à brûler (surtout les parquets vieux de cent ans). La banque a refusé le prêt. L'Homme a baissé les bras et accepté de renoncer à son rêve.

    Oui, mais, c'était MA banque, celle pour laquelle j'avais travaillé pendant 6 ans, c'était MES ex-collègues. Et c'est à MOI qu'ils refusaient un prêt ?? Vexée comme un pou, j'en ai fait une affaire de principe et j'ai refusé cette fois de renoncer. Autre banque, autre expert, prêt accordé.

    Et nous nous sommes embarqués pour une aventure dont nous n'avions pas la moindre idée.

    (à suivre)

  • Histoire belge

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    Le Palais de Justice de Bruxelles est en rénovation depuis 1989. 20 ans donc que ce mammouth architectural est décoré d'échafaudages. 20 ans, c'est long. Et pour poursuivre les travaux de remise à neuf, il faut maintenant…. rénover les échafaudages qui ne sont plus aux normes.

    Pur surréalisme belge.

    Au fond, en y réfléchissant bien, je sais que j'habite un palais mais on n'est pas loin du palais de justice chez nous non plus. On (Papy B.) a acheté cet échafaudage il y a une petite vingtaine d'années pour que l'Homme repeigne la façade à La Glanerie, on l'a emmené à Turin pour retaper l'appartement là-bas, on l'a mis en chantier dès notre retour en Belgique et il n'a pas encore vraiment trouvé de place au placard, ce petit !

     

    Alors, moi, quand on me parle d'échafaudages, ça me donne des boutons !

     

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  • Renaissance italienne

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    Je suis Italienne de coeur. Un temps, je fus grecque. Je le suis encore. Disons que j'ai un coeur en forme de trèfle à 4 feuilles: deux oreillettes belge et européenne et deux ventricules italien et grec.

    Je ne m'étais pas préparée à ce coup de coeur. J'ai étudié l'anglais et l'espagnol. Puis j'ai ajouté le grec par passion pure, le portugais par curiosité et le danois pour accompagner Sis'Cile. Je me suis empressée d'oublier ce dernier malheureusement, faute de Viking à proximité pour m'entretenir (enfin, je me comprend). Mais l'italien, non, pas du tout.

    Et puis quelquefois, la vie décide pour vous. Le bureau pour lequel je travaillais a fermé ses portes pour céder ses activités à un bureau situé à Turin. Et qui l'aimait (le bureau), le suivait.

    Pas question pour moi de suivre. J'avais un mari qui travaillait à Bruxelles, trois petits enfants dont les grands parents ne pourraient pas se passer, des parents, une soeur, des amis. Mais l'Homme n'a pas vu les choses de cet oeil là. Il m'a poussé de toutes ses forces contre toute ma résistance. Et je suis partie seule d'abord. La mort dans l'âme. J'ai fait l'aller-retour toutes les semaines pour retrouver les miens. Au bout de neuf mois, les enfants m'ont rejointe et l'Homme a commencé les allers-retours. Au bout de 6 mois, il a pris un congé sans solde et nous a rejoints. Nous nous sommes installés pour 4 belles années. Les plus belles de notre vie à ce jour. Du moins aux dires des enfants et aux miens.

    Et nous sommes devenus des tifosi de la Fiat, du Nutella, de la truffe d'Alba, du Barolo, de la Juve, de la focaccia, de la pizza au mètre, de la glace au marron glacé, des marrons glacés tout court, de la Topolino, des Superga, du petit espresso au bar, d'Alessandro Baricco, de Carla…,  des pistes de Sestrière le dimanche, du Slow Food, du Martini, du gianduja, du Saint Suaire, des gressini, du Pô, de la bagna cauda, du val d'Aoste, des lunettes de soleil, du Saint Graal, de la Rai 1, 2 et 3 (si, j'avoue) et je pourrais continuer pendant des heures.

    Moi qui ne voulais pas quitter mon cocon bruxellois, j'ai aimé cette ville et ce pays à un point difficile à expliquer.

    Après 5 ans, le bureau n'a plus voulu de moi et m'a forcée à quitter ce pays auquel je m'étais attachée au-delà du rationnel. Quitter cette langue dans laquelle je rêve encore aujourd'hui, quitter ces collègues et amis, forcer les enfants à quitter le lycée et les amis, quitter la vue des montagnes, quitter cet appartement dont 10 ans plus tard, aucun de nous 5 n'a encore fait vraiment le deuil.

    Italiens nous sommes restés dans l'âme. Dans les attitudes, les habitudes, la béatitude et la plénitude. Porca miseria !

  • Blocus à la belge

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    Lola m'a demandé une petite précision l'autre jour: "Question bête: blocus, ça veut dire examens de fin d'année?"

    J'avais complètement oublié que les Français ne parlent pas de blocus. C'est une expression typiquement belge, "être en blocus" J'ai vérifié sur le Wiktionnaire: 

    BLOCUS = Période de congé dans l'enseignement supérieur qui permet aux étudiants de préparer leurs examens.

    Je suis en blocus à partir de samedi prochain.
    Mais je ne pensais qu'en plus, le concept du blocus est encore plus typiquement belge. Je me suis plainte de ces 4 jours de pont de mai où je me suis retrouvée "bloquée" à la maison pour soutenir l'effort d'étude. Et, ça n'a pas raté, quand je suis rentrée au boulot le lundi, j'en ai remis une couche. A la sempiternelle question "tu as passé un bon weekend ensoleillé ?", j'ai renchéri de plus belle. Et c'est là que j'ai compris ce que cachait le sourire narquois et entendu des Français, Espagnols et Finlandais qui m'écoutaient. Ils m'ont cité l'exemple du Directeur, autre bon parent belge, qui a pris, lui, toute la semaine de congé pour ses grands bambins de 20 à 24 ans. Et de se moquer de nous, les bons parents belges.

    Le bon parent belge se doit de rester auprès de ses enfants qui étudient, tellement sérieusement, les pauvres. Il est là pour assurer l'intendance – il faut que ces chers petits mangent sain, plein de vitamines, du poisson pour booster la mémoire, des jus de fruits (ma maman à moi me faisait des plateaux repas superbes, avec en point d'orgue un ravier de fraises et petit pot de crème fraîche) -; il est là pour rassurer les coups de blues, pour surveiller l'avancement des travaux toutes les deux heures (t'en es où ?, il te reste combien?, tu avances bien ?, limiter les pauses (tu ne devrais pas t'y remettre?, t'es sûre que c'est une bonne idée de t'arrêter maintenant ?, tu n'y retournerais pas maintenant ? – en un mot une emmerdeuse de mère comme on n'en a jamais vu -), il est là pour expliquer les problèmes qu'on est encore capable d'expliquer (j'ai même essayé de comprendre les stat's, c'est dire !)

    Les parents d'ailleurs fichent la paix à leurs enfants. Ils mangent ce qu'ils veulent à l'heure qui leur convient et ne perdent pas de temps. Ils profitent même parfois de l'occasion pour fuir la maison et se prendre une ou deux semaines de vacances. Et les enfants d'ailleurs ne s'en portent pas plus mal.

    Les enfants belges, ô ingrats, aimeraient autant qu'on s'en aille, qu'on ne soit pas aussi envahissants et qu'on les laisse procrastiner en paix. Alors que nous, on étudierait bien à leur place, si on pouvait. Je me demande tout de même si on ne ferait pas mieux de s'aligner sur les autres Européens pour une fois…

  • Insomnie

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    Quand les filles se lèvent à 4 heures du mat' pour réviser avant l'examen de 8 heures, quand l'orage ne gronde pas mais qu'il jette des éclairs à raison d'un toutes les trois secondes (on se croirait à Cannes !) – ça s'appelle un orage multi-cellulaire, paraît-il -, quand retentissent à vos côtés des ronflements tonitruants, quand les frigos du magasin juste en-dessous de chez nous fonctionnent à plein rendement pour contrer la chaleur inhabituelle de cette nuit (et encore je ne les entendais que pendant les expirations du ronfleur), l'insomnie prend des accents de massacre à la mitraillette….

  • 🙂 et 🙁

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    Quel joli long weekend. Je suis contente parce que:

    • J'aime les weekends de 4 jours.
    • Il a fait magnifique et j'aime ce temps doux, ensoleillé, pas trop chaud
    • On a entrepris de laver tous les rideaux de la cuisine (16 lourds rideaux de 3 mètres, voire 4 mètres pour certains, sur 1) et l'Homme s'est chargé de tout. Sortir l'échafaudage, grimper pour les enlever, les mettre en machine, au sèche-linge, les repasser et regrimpette pour les rependre.
    • On a passé une chouette soirée chez  des amis.
    • On a acheté un nouveau rosier et des verveines rouges et mauves. Cette terrasse devient vraiment joliment fleurie. 

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    Quel fichu weekend. Je râle parce que:

    • J'avais plein d'attentes de ce long weekend. Mais je n'ai bien dormi que deux nuits sur les quatre. Je n'ai pas profité du soleil. Je n'ai pas trouvé les ballerines que je cherchais. Je n'ai pas fait la moitié de ce que je voulais faire.
    • Il fait beau et on est restés coincés à la maison. On est bien sortis faire le marché et deux-trois courses mais c'est tout. Je me fais un devoir de ne pas m'éloigner des filles en blocus. Et le pire, c'est qu'elles préféreraient qu'on ne soit pas là. Enfin, leur père surtout (mais comme l'un ne va pas sans l'autre) parce qu'il est vraiment casse-pieds, il regarde des films sans considération pour le volume auditif, il fait des remarques si elles s'installent dans le canapé parce que pour le moment, c'est le seul endroit où elles se sentent bien. Si elles émigrent sur notre lit, c'est encore pire. Et si, tension oblige, elles se disputent, on atteint les sommets de l'ambiance détendue.

    • Pendant qu'on fait tourner les rideaux, le reste des lessives est en stand by et ça me contrarie. Je sais, je suis chiante.

    • Les M. sont à Rome pour le weekend et les W. font de la voile en Hollande. Pffff.

    • Je me suis pris la tête avec mon bête fils qui manque totalement de psychologie vis-à-vis de specimens féminins en blocus. Déjà qu'il me hérisse de partout à ne pas travailler plus d'une demi-heure à la fois, quand ce n'est pas par jour ! Et quand je me prend la tête, je pleure. Alors quand Cath m'appelle juste à ce moment-là, que je répond en larmes et qu'elle conclut de mes explications que c'est certainement la préménopause (!), je fais appel à tout ce qu'il me reste de diplomatie pour ne pas exploser de plus belle !  

    Restons zen ! On commence des cours de yoga au bureau cette semaine. J'espère que, pour changer, le bureau me rendra zenissime…

    YOGA

    Parce que c'est vrai quoi, ménopause, ménopause, moi, je veux bien, mais c'est qui celui qui surfe sur internet à la recherche d'un grand ventilateur, alors qu'on n'a encore "que" 25 degrés à Bruxelles (et que c'est sûr ça va pas durer) ? Non, mais…