Auteur/autrice : Myosotis

  • Accro !

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    Pfiou, il a raison je suis bien "accro" à mon blog. Voilà 5 jours que je n'y ai plus accès. Typepad l'a fermé parce que je n'avais pas payé ma cotisation ce mois-ci. J'ai piaffé pendant 5 jours. Pour une fois que j'avais un weekend plutôt calme et que je pouvais m'y consacrer ! Ce soir, j'ai craqué et j'ai demandé à l'Homme de me "prêter" …. 5 euros et accessoirement sa carte de crédit.

    J'avais tellement de choses à dire et maintenant je ne sais plus par où commencer….

  • 24 heures parisiennes

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    Les sorcières et une fée se sont assorciées pour m'offrir un super cadeau d'anniversaire: un cours de cuisine tous ensemble (elles et les princes qu'on sort rarement) à l'Atelier Guy Martin, le grand chef du Grand Véfour à Paris.

    Au programme: Déclinaison de mandarines au poivre de Séchouan; Bouquet de crevettes Obsiblue déclinées en bisque, grillées et pochées; Carpaccio de cervettes Obsiblue au kombu salé, fenouil croquant et pomme granny smith et la suite du weekend ensemble à Paris. 

    Le cours avait lieu à 11 heures, l'enterrement de Tante Danielle à … 11 heures. Toute la famille m'a encouragée à partir à Paris, les sorcières et la fée ont insisté pour que je fasse ce dont j'avais vraiment envie: assister à l'enterrement. Elles m'ont convaincue. Ils ont suivi le cours sans moi, La seule personne inconnue dans le groupe autour de la table de Guy Martin était une Française qui avait reçu ce cours en cadeau de son mari pour ses… 50 ans. Ils ont chanté tous en choeur "Happy birthday" à cette "usurpatrice" 🙂

    Après l'enterrement, nous avons pris le train et nous les avons rejoints. Et le reste du weekend a été placé sous le signe de l'amitié, du rire, de la gourmandise et de la …..bise.

    Un vent glacial nous a accompagnés pendant ces 24 heures chrono et l'on a passé notre temps à boire et manger pour se réchauffer (sauf quand on a mangé des glaces pour comparer deux glaciers exquis). Mais le plaisir d'être fêtée, de retrouver les copines venues de France, de Bruxelles et d'Italie, de revoir les maris qu'on voit moins souvent, m'ont tenu le coeur bien au chaud à défaut du reste. Happy birthday me !


  • Une nôtre vie

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    Elle est partie sans faire beaucoup de bruit ce mardi matin. Elle allait bientôt fêter ses 97 ans. Je regrette de ne plus lui avoir rendu visite depuis son dernier anniversaire. Mais depuis son placement en maison de repos, elle a décliné lentement et la relation joyeuse que nous avions avec elle s'est lentement dégradée et l'absence de reconnaissance mutuelle nous a petit à petit détachés l'une des autres.

    Je veux garder d'elle mes souvenirs d'enfants: 

    – la saison des foins dans les champs où elle m'emmenait lorsqu'elle partait aider un voisin fermier à rassembler les foins à la fourche (j'ai l'impression d'être un dinosaure quand je repense à ça), s'asseoir sur le sol hérissé de fétus de paille qui font mal aux fesses citadines délicates et savourer une tartine de confiture aux groseilles en guise de goûter sous un soleil de plomb; 

    – les crèpes dont elle préparait la pâte à la bière, ce qui leur donnait un goût unique que je n'ai jamais retrouvé ailleurs; 

    – la bière brune Piedboeuf qu'elle nous servait parcimonieusement et que je n'avais pas l'occasion de boire ailleurs; 

    – les grosses miches de pain qu'on n'entamait jamais sans avoir tracé une croix au dos de celles-ci et qu'on tranchait à l'impressionnante machine à couper le pain;

    – le beurre salé que j'ai découvert chez elle;

    – les "petits livres d'or" pour enfants qu'il n'y avait que chez elle; 

    – son chat Kiki; 

    – les poules et les lapins que je pouvais nourrir; 

    – l'atelier de menuiserie de son mari qui sentait délicieusement bon les copeaux de bois; 

    – les chambres sous les combles, un peu mystérieuses; 

    – la crèche à Noël que j'adorais parce qu'elle accueillait de petits anges en papier carton surmonté d'une tête en papier maché et qui donnaient l'impression de chanter des "oh" et des "ah"; 

    – son rire perlé;

    – les chapelets avant d'aller dormir, le gros grain pour le Notre Père et les dix petits grains pour les dix Je vous salue Marie; 

    – la statuette du Sacré Coeur sur la cheminée qui m'effrayait à pointer du doigt son coeur sanglant bardé d'épines; 

    – les tasses comme en opaline, roses, bleues, ocres; les petits verres taillés pour l'apéritif des jours de fête;  

    Ces petits riens du tout qui font le bonheur d'un enfant. 

  • Trois films et un concert

    Fin de semaine enchanté: 

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    Un concert magique: Le Philarmonique de Vienne avec à sa tête Lorin Maazel, un magicien de 80 ans. La Pastorale de Beethoven, la Mer de Debussy et Daphnis et Chloé de Ravel. Deux heures et demie fascinantes. Deux jours après, je suis encore sous le charme. Comme quoi, on peut encore séduire à 80 balais. 

    Trois films:

    – un tout récent: Up in the air avec mon chouchou Georges. Ou l'art de licencier, l'art de vivre entre deux aéroports et l'art de fuir tout engagement. Je me suis retrouvée non pas dans le spécialiste du licenciement (très peu pour moi et je m'en réjouis) ni dans le célibat endurci (Dieu m'en préserve !) mais plutôt dans cette passion pour les aéroports et les chambres d'hôtel. Un peu de nostalgie italienne, peut-être ? Pseudo-comédie romantique mais un humour comme je les aime et une réflexion sur la société d'aujourd'hui, le célibat et le mariage.

    – un film qui a déjà dix ans, le temps file et je ne l'avais jamais vu. Le goût des autres d'Agnès Jaoui. Drôle et émouvant. Où l'on rappelle à tout moment que le jugement rapide et expéditif que l'on porte sur les autres est généralement erroné et que l'on a tout à gagner à creuser un peu pour découvrir la beauté des êtres derrière les faciès de beauf, de vieille fille, de pauvre ratée ou de chauffeur naïf. Seul bémol dont on souffre dans la plupart des films français: on regrette de ne pas avoir demandé les sous-titres français pour être sûr de tout comprendre. L'articulation n'est pas au programme du cours Florent ?

    – Enfin, un film vieux de 55 ans, la comtesse aux pieds nus avec Ava Gardner et Humphrey Bogart. J'aime bien les vieux films américains, très ringards, mais tellement glamour. Histoire plutôt sans intérêt mais j'ai un faible pour la mode des années 50, l'Italie et l'aristocratie italienne, les décors de cinéma en arrière-plan et le technicolor.

  • Le bureau de Maman

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    Depuis toute petite, je me sens en milieu hospitalier comme chez moi. Non pas que j'ai fréquenté plus souvent qu'à mon tour en qualité de malade ces lieux généralement peu appréciés de monsieur et madame tout le monde mais pour moi, c'était le "bureau" de mon infirmière de Maman. 

    Je l'ai accompagnée quelques rares fois quand j'étais enfant et qu'on ne savait pas où me caser, un jour de journée pédagogique ou de vacances mais j'en ai peu de souvenirs. Plus tard, adolescente, je suis allée assez régulièrement la chercher ou la rejoindre. 

    J'aimais cette ambiance, joyeuse la plupart du temps. Une fois le service du matin passé, les infirmières se retrouvent pour un (deuxième) petit déjeuner. Et autour du café (d'hôpital, comme on l'appelle chez nous, traduisez du jus de chaussettes) et des tartines carrées coupées en triangles, elles se racontaient les derniers potins et les fous rires fusaient. 

    J'aimais l'odeur de l'hôpital, ce mélange d'éther, d'alcool et de désinfectant et de…. café. 

    J'aimais la chaleur des couloirs, le côté amidonné de la literie d'hôpital. 

    J'aimais la grosse pointeuse, juste à côté du réfectoire (on ne disait ni cantine ni cafeteria à l'époque mais réfectoire). 

    J'aimais le vestiaire des infirmières dans les sous-sols surchauffés, où souvent on rencontrait des petits chats venus se blottir dans la chaleur de l'endroit. 

    J'aimais par-dessus tout la salle de jeux de l'unité pédiatrique.

    J'ai tellement aimé cet environnement qu'à 17 ans, ne sachant que faire comme études, je me suis laissée convaincre d'entamer des études d'infirmière. Je n'étais pourtant pas particulièrement branchée cours scientifiques et mes plantureux échecs en biochimie et en anatomie (encore aujourd'hui, je ne suis pas capable de tout localiser dans le corps humain) l'ont bien confirmé. Mais j'ai aimé les stages qui accompagnent ces études, malgré la fatigue physique que cela représentait. J'ai aimé les rencontres avec les patients et avec le recul, je me dis que ce que je fais maintenant n'est pas bien différent.

    Alors quand Anaïs a été hospitalisée deux jours la semaine dernière (rien de grave), je me suis à nouveau retrouvée "chez moi". Et en patientant dans le couloir, à portée d'oreilles du bureau des infirmières, j'ai souri avec nostalgie et ressenti une certaine complicité avec ces femmes en blanc qui commentaient le rapport de relais du soir en s'interrompant toutes les dix minutes pour raconter la dernière de leur fille ou la bonne blague de l'anesthésiste de la veille, entre "la colono du 425, un très gentil monsieur, à jeun pour demain matin", "le canal carpien du 430, une dame difficile" et "les seins du Dr Tartempion, pas un caprice je t'assure, y'a d'quoi !". 

  • Le poison des mots, le choquant des photos

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    Ces dernières semaines, la Belgique a vécu ce qu'on appelle des événements traumatisants: fin janvier, l'explosion d'un immeuble puis son effondrement plus tard alors que les pompiers essayaient d'extraire deux survivants (12 victimes) et lundi dernier, une terrible collision entre deux trains à l'heure de pointe (18 morts et d'innombrables blessés). Lors de ce type de drame, je suis toujours perplexe quant aux sentiments mélangés qui m'habitent. 

    J'apprends les infos au réveil et me les fais marteler en boucle jusqu'à l'arrivée au boulot. Dans le cas de drame comme ces deux derniers, je me sens à la fois très proche de ceux qui souffrent de la perte d'un ou plusieurs proches, comme souvent et comme beaucoup, je me projette, je me mets à leur place et je compatis comme pour n'importe quelle personne qui perdrait un proche dans un accident moins spectaculaire, moins médiatisé comme un accident de la route, une chute dans l'escalier ou une longue et pénible maladie.

    Mais dans le même temps, je lutte contre le besoin de voir, m'imprégner de l'horreur, comme ces automobilistes qui ralentissent pour mieux regarder l'accident et créent de facto un bouchon. Je n'ai pas la télé et je ne suis donc pas inondée d'images mais par contre, j'ai la souris quasi greffée à la main et le clic facile. Pour "voir", je dois "vouloir voir". Et je dois vraiment m'efforcer de ne pas googler-cliquer en vilaine voyeuse. Voire de chercher des informations supplémentaires, des détails totalement inutiles (je ne suis pas enquêteur, les détails ne me regardent et ne changent rien au drame). Je n'y arrive pas toujours. Et je m'en veux. 

    De la même manière, je me déteste de cette façon malsaine de "m'approprier" les victimes. Sur les 18 malheureux disparus dans l'accident de train, deux étaient père et fils d'une collègue de l'Homme, trois travaillaient dans la même institution que moi mais je ne les connaissais pas.  Et un serpent en moi fait les comptes "j'en connaissais cinq !"et je me sens "à plaindre". Mais de quel droit ? 

    Mais d'où me viennent ces horribles pensées parasites qui semblent remonter d'un tréfonds passablement marécageux et nauséabond ? 

    Est-ce que ça vous arrive à vous de ces pensées et de ces comportements inavouables ?

  • Froid ?

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    Je crois qu'il y a longtemps qu'on n'en a plus eu ras-la-boule comme ça. Ce matin, tout le monde au bureau parle de son weekend sous la couette ou sous le plaid. A la campagne, il y a de la neige au mètre, en ville elle est grise, sale et généralement nullement déblayée. On déprime….

    Bon, haut les coeurs – à défaut de haut les températures -, cela pourrait être pire, il paraît qu'en Sibérie, aujourd'hui, il y a – 55°.

  • Grande ire

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    La semaine qui vient de s'écouler a été particulièrement chargée. Elle a plutôt mal commencé. J'ai été infiniment déçue par mon employeur. Il m'avait "promis" et a retourné sa veste. Sans scrupules et honteusement. J'ai vécu deux jours de colère. De rage. Et quand je suis en colère, je sens tout le pouvoir de nuisance que je peux avoir remonter à la surface, toute la loyauté que je peux avoir envers la boîte qui m'emploie fondre comme neige au soleil et l'enthousiasme qui me caractérise généralement tomber en-dessous des températures de cet hiver qui n'en finit pas.

    Le léger refroidissement que j'avais s'est transformé en bon rhume, légère fièvre et toux sèche. Je somatise. Mais je suis incapable de rester en colère et je suppose que cela me perdra. Le boulot a repris le dessus et plutôt que de ruminer j'ai turbiné. Dommage, la colère m'aurait plus porté à réagir. Mais je dois sans doute la laisser retomber un peu, décanter, pour mieux l'utiliser ensuite, de manière non plus destructrice mais constructrice.

    Les résultats du bac blanc de Quentin ne sont pas transcendants. Pas catastrophiques non plus. Mais je ne suis pas particulièrement rassurée sur ce qu'il nous concoctera en juin !

    Anaïs, elle, a grandi aujourd'hui. Un an de plus, la majorité dans tous les pays du monde. Elle regrette bien de ne plus être un enfant mais se rend bien compte que non seulement le processus est irréversible mais aussi que grandir n'a pas que des inconvénients. Nous avons passé l'après-midi ensemble, à se faire une expo et un peu de shopping dans ce froid de canard. Deux jolis moments dans notre après-midi: une dame d'un âge certain se trouvait dans l'exposition sur les Sixties et restait campée devant une des robes exposées dans une vitrine. Son fils est arrivé derrière elle et elle s'est émerveillée : "Regarde, c'est ma robe, ils l'ont bien mise en valeur n'est-ce pas ?". Elle avait visiblement prêté sa robe pour l'expo. Un peu plus tard, un court moment de carnaval bolivien dans les rues où nous passions a mis un peu de soleil dans le coeur des passants transis de froid. 

    On a organisé une soirée apéro en lieu et place d'un bon repas ou d'un chouette resto et on a vidé 3 bouteilles de champagne à six. Ensuite, elle est sortie avec ses amis. Nous, on s'offre un film très sérieux mais interpellant "Good night and good luck !" sur le thème de la chasse aux sorcières.

     

  • Que deviennent les valses de Sissi ?

    Je m'en faisais une vraie fête. Il y a vingt ans, une collègue russe m'avait invitée au bal organisé annuellement par les Russes vivant ici. Un bal en smoking et longue robe, dans des superbes salons, au parquet magnifique et aux lustres grandioses. J'avais adoré. 

    Vingt ans plus tard, j'ai eu envie de revivre ce moment "Sissi". Enfiler une longue robe et des escarpins, admirer l'Homme en smoking, valser sous les lumières scintillantes. 

    Malheureusement, je n'ai pas retrouvé la magie d'autrefois. Les robes longues et les smokings sont toujours d'actualité mais, à quelques exceptions près, la classe et l'élégance ne sont plus au rendez-vous. Le champagne est cher mais chaud. L'orchestre est assez désolant. L'espace de danse est limité, la foule est nombreuse. Et notre frustration augmente au rythme des mouvements d'auto-tamponneuses que nous sommes obligés de suivre. Notre plaisir s'en est trouvé tout ratatiné. 

    Ah, les bals des dames du temps jadis, mais où sont les valses d'antan ?

  • Train train de vie

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    La routine tue la créativité, la routine tue les couples, la routine assassine.

    Mais moi, j'aime le train train, j'y trouve beaucoup beaucoup de plaisir. Ceux que je n'ai pas ou plus mais qui me plaisent encore; ceux dont je me régale:

    – Chez moi, on ne mange pour ainsi dire jamais la même chose mais je me souviens du plaisir mental à penser que le jeudi à l'école, c'était jour de frites, que le samedi, on préparait un spaghetti bolo à la maison, que tous les samedis on achetait des Danino pour assurer quelques desserts jusqu'au mardi. Savoir que le 1 janvier, Maman nous réunit autour d'une choucroute, que le 6 janvier, on aura une galette des rois, que le jour de la Chandeleur, on mangera forcément des crèpes; qu'en vacances, on aura au moins une fois un chaud froid de fruits rouges avec meringue. Et ainsi de suite.

    – On ne part jamais au même endroit en vacances parce qu'on veut découvrir de nouvelles choses mais j'aime aussi l'idée de retourner au même endroit; pour le plaisir de retrouver des amis que l'on se fait sur place, prendre son petit café au même petit bar, occuper la même place sur la plage. On ne part jamais au même endroit mais tout de même, on termine toujours nos vacances au même endroit, avec mes parents et ma Swiss'Sis à la montagne, une semaine de pure routine et j'adore ça: le même appartement depuis 20 ans, la même vue, les mêmes activités: un petit tour en montagne, une ou deux heures au centre thermal, un petit tour au seul magasin de la station, une journée shopping à Lausanne, des confitures, une raclette ou une fondue.

    – La routine tue le couple ? Ah bon ? Moi j'aime les habitudes: le bruit de sa clé dans la serrure, le supermarché le vendredi soir, les petits gestes tendres dans les rayons avec une préférence pour le rayon des fromages et des dentifrices, le marché le samedi matin, les bons bouquins dans le lit le soir, les soirées dvd, le matin quand il me conduit et qu'il râle sur la planète entière, les habitudes entretiennent les petits bonheurs.

    – J'aime les repères dans l'année: le premier de l'an, la Chandeleur, les journées shopping d'anniversaire avec mes filles, Pâques à La Glanerie avec toute la famille et les cloches, la fête de la musique, les vacances d'été, les fêtes de fin d'année.

    J'aime tous ces repères, ils ont la douceur du bonheur simple.