Auteur/autrice : Myosotis

  • Vous pouvez m’épeler ?

    Eyjafjallajökull. Dommage qu'on n'ait pas demandé aux Espagnols ou aux Italiens. Ce serait encore plus savoureux.

    Ma chef est Finlandaise. Quand elle téléphone à ses enfants, on dirait une cascade de montagne qui rebondit sur les cailloux du torrent. Et cela en devient joli. Surtout quand elle dit à la fin: "Moï, moï, moï !". (Salut, salut, salut !).

    A part ça, qui aurait pu croire qu'un jour de 2010, on aurait levé le doigt en disant "Oh, écoute, un avion !". Surréaliste.

    A part ça aussi, ils ont pas mal de poussière à prendre en Islande. Hoover et Swifter vont faire un bon chiffre d'affaires chez eux.

  • Pipolette en vaporetto

    La magie ne s’est pas arrêtée sur le quai de Santa Lucia. Nous avons passé deux jours dans une de nos villes préférées. Nous avons eu la chance de la visiter déjà plusieurs fois lorsque nous habitions l’Italie. Nous avons donc pu, sans complexes, quitter les sentiers trop battus, et nous échapper dans les ruelles abandonnées aux seuls Vénitiens. Et cette belle échappée a ravi le photographe fou qui se cache en l’Homme. Moi, j’ai moins l’âme d’une compagne de Tintin reporter (la preuve, celui-là n’a jamais trouvé de Castafiore à son pied) et le suivre – trois pas en avant, deux pas en arrière – est particulièrement épuisant. Lui avance au rythme de son zoom, moi, j’avance à l’allure du routard ou de n’importe quel autre guide de voyage plus original. J’ai besoin de savoir où regarder, lui sait où regarder; en bonne élève, je cherche à comprendre ce que je vois, compulse les explications, retient la petite histoire; lui, généralement sait tout ça – ou disons presque tout. Bonne fille, je le suis et j’essaye de me repérer sur le guide. Là, j’avais choisi de suivre les « Ballades de Corto Maltese » qui emmènent dans un Venise moins connu. J’ai essayé de prendre en route la ballade correspondant à l’endroit où nous mène Mr Nikon mais son zoom prend bien entendu la ballade à contresens. Comme j’ai pas mal de difficultés d’orientation, quand je dois traduire « tournez à droite » par « tournez à gauche » parce qu’on va à l’envers, rien ne va plus.

    Mais Venise reste belle malgré la fatigue et la (légère) frustation. 

    Comme on a choisi un hôtel pas cher, j’avais dit qu’on remplacerait par un thé ou un apéro dans le bar d’un grand hôtel ou mieux au Harry’s bar. On a fait une à une les recettes du livre de Harry Cipriani et je voulais goûter de mes propres papilles si on était vraiment loin du compte.

    Quand on dit à un homme: « Ca te dirait d’aller boire un verre au Danieli ? », vous les femmes, vous traduisez « Ca me plairait d’aller boire un verre au Danieli ! », non ? Et bien, un homme comme le mien, non, il comprend « Ca te dirait d »aller boire un verre au Danieli ? » et il répond « Non, pas vraiment. » Dans un premier temps, on se dit: « Ok, pas maintenant, y’a justement le soleil qui se pointe, c’est le moment idéal pour les photos, ça donne une autre luminosité, etc… ». Deuxième essai: « Ca te dirait d’aller boire un verre au Danieli ? » – « Non, pas vraiment. » Troisième essai:…./…..

    Bon, là, faut que je pleure. Facile, je suis crevée, j’ai mal aux pieds, mal à la hanche, j’ai froid, très froid. Je dois même pas jouer la comédie, ça coule tout seul. L’homme n’aime pas ça du tout, les larmes. Il marche silencieux, je le suis. « Où on va ? ». « Ben, au Harry’s bar puisque c’est CA que tu veux » soupire-t-il. Ah, c’est malin. Je vais arriver là avec des yeux de grenouille, ça va pas le faire.

    Il a été séduit – comme toujours – et on a même réservé une table pour le soir. C’est pas donné mais c’est notre anniversaire de mariage aujourd’hui, que diable ! Seul hic, il faut patienter encore deux bonnes heures et pas question de retourner à l’hôtel, trop loin, on aurait juste le temps d’entrer et de sortir, même pas le temps de s’habiller, se maquiller et se recoiffer. Bon, qu’à cela ne tienne, je ferai avec les moyens du bord. Mais il va encore falloir marcher deux heures ??

    Et le soir, j’ai eu le point d’orgue de mon cadeau d’anniversaire, petite crème catalane sur le gâteau, devinez qui dînait à la table voisine avec deux autres Espagnols et un Italien ? Un des trois ténors, José Carreras, él mismo. Je ne l’ai pas reconnu tout de suite mais son visage m’intriguait. Quand j’ai compris, je n’ai plus pu quitter ni son visage ni leurs conversations. Je sais, c’est très impoli mais je fais ça discrètement. Parce que je suis une pipolette invétérée. Je me fiche comme de l’an quarante de ce que raconte la presse pipole mais en voir un en vrai de près, ça m’a toujours transportée un peu plus près des étoiles.

    Alors, oui, vraiment, ce cadeau d’anniversaire valait tous les bijoux de la planète.

  • Le dream de l’Orient Express

    J’en rêve
    depuis plus de 30 ans. Je ne sais pas quand cela a commencé mais je me souviens
    de ce jour où ce train mythique était à quai à Bruxelles pour quelques jours
    offert à la curiosité des visiteurs. Je devais avoir 18-20 ans et mon papa m’a
    emmenée le visiter (ou était-ce l’inverse ?).  Malgré une visite type Vatican (“Avancez svp, poussez-vous, 
    y’en a d’autres derrière qui attendent !”),
    j’en ai gardé un
    souvenir éblouissant.

    Jamais je
    n’aurais cru qu’un jour, moi aussi…. 

    J’avais
    essayé l’année dernière pour nos 25 ans de mariage mais je me suis fait
    remettre sur les rails aussi sec (“Ca va
    pas la tête ? Tu sais combien ça coûte ?).
      C’était sans compter sur la famille, les amis, qui ont remis
    le train sur la bonne voie pour mes 50 ans. Et le  rêve est devenu réalité.

    Thalys
    Bruxelles-Paris. Gare du Nord-Gare de l’Est. Accueil et petite mise en bouche
    dans un lounge de la Gare de l’Est. Assez nul et qui fait déjà craindre à
    l’Homme la suite du programme. 
    Moi, je m’amuse à observer les personnalités qui attendent
    l’embarquement. Un peu comme Hercule Poirot que j’ai bien sûr racheté pour
    l’occasion. Beaucoup sont là pour la première fois, comme moi, visiblement pour
    un cadeau d’anniversaire de mariage ou de dizaine. En couple, en famille ou en
    couples de parents et d’enfants adultes. Très peu entre amis.

    21h45: on
    embarque. Le train bleu est encore plus beau que dans mon souvenir et pour une
    fois, l’Homme est émerveillé (“Ah ouais,
    c’est vrai qu’il est beau !”)
    – ouf, Dieu sait comme il est difficile
    d’épater l’Homme. L’intérieur ne le décevra pas non plus. C’est splendide. Par
    contre, je ne me rendais pas compte que les cabines étaient si petites. Se
    changer pour le dîner dans 3m2, à deux, demande pas mal de patience et de
    collaboration. Et encore, le train n’a pas encore démarré. Et pour cause, il
    ne démarrera qu’à 1h15 du matin avec plus de trois heures de retard. La
    locomotive était en panne et la loco de rechange se trouvait dans le Sud-Est de
    la France.

     Le dîner en compagnie d'une Mamie de 80 ans et de sa petite fille est tout à fait à la hauteur et la magie continue d'opérer. Pendant ce temps, le steward de notre wagon a joué les marraines de Cendrillon et a transformé notre dressing de 3m2 en chambre nuptiale. Bon, d'accord en lits superposés mais malgré tout, cela reste très glamour. La nuit, je dors peu, je ne veux pas en perdre une miette et je scrute le paysage dans la nuit. Je parviens à distinguer des forêts de grands sapins très impressionnants dans le noir. Je finis par m'endormir, sourire aux lèvres. Je ne remercierai jamais assez ceux qui m'ont fait ce cadeau.

    Petit déjeuner dans la chambre, si l'on peut dire. A partir de là, le paysage commence à devenir totalement idyllique, on ne sait plus où regarder, par la fenêtre du wagon, par la fenêtre du couloir, je passe de l'un à l'autre et l'Homme clique-claque à tout va. Le train traverse la Suisse, l'Autriche, le Liechtenstein et passe les Alpes et des paysages de montagne au printemps défilent sous mes yeux émerveillés. Le train emprunte des voies peu fréquentées et prend son temps. C'est un TPV qui pousse des pointes à 130. 

    L'heure du déjeuner nous ramène au wagon-restaurant où le maître d"hôtel nous a réservé une table pour deux cette  fois. Le chef est toujours à la hauteur. Le reste de l'après-midi s'écoule à la vitesse de l'éclair à travers des paysages de montagne tout simplement magnifiques. L'arrivée à Venise en soirée représente la fin d'un rêve.

    Il y a des
    choses qu’on ne fait qu’une fois dans sa vie. Vraiment ? Au dîner, j’ai entendu un
    monsieur dire à sa maman : “C’est la
    première fois qu’il part avec autant de retard!”.
      S’il dit cela, c’est que cela fait au moins 3 à 4 fois qu’il
    le fait, ce voyage, non ?

    Je peux
    revenir pour mes 60 ans ? mes 70 ? mes 80 ?




  • Une journée comme les autres

    Rh
     

    C'est quoi ton boulot exactement ? Tu t'occupes de recrutement ? C'est curieux, tout le monde a dans sa vie professionnelle à faire avec un service au mieux de Ressources humaines, au pire du Personnel mais il y en a encore qui se demandent ce qu'on fait toute la journée. Alors pour ceux-là, pour mes enfants et pour ma…. chef, voici à quoi ressemble une journée-type:

    8h30: un peu plus tard que d'habitude, vacances de Pâques oblige, j'ouvre la boutique (càd dans l'ordre, la lumière, le PC et les mails de la nuit).

    Jusqu'à neuf heures: je réponds aux derniers mails, en m'interrompant toutes les 5 minutes pour saluer les collègues qui arrivent au compte-gouttes et me racontent l'une ou l'autre aventure de leur soirée de la veille ou qui me détaillent par le menu leur bulletin de santé.

    9h: je m'offre un café et commence à finaliser un dossier de mobilité interne – qui a postulé où, qui a interviewé qui, qui prend qui -, je donne quelques coups de fil aux différents responsables concernés et j'établis une première esquisse des mutations à venir. 

    Cela ne devait pas me prendre plus d'une demi-heure mais comme toujours j'ai été interrompue à plusieurs reprises pour 

    1) réclamer au service de la sécurité les autorisations d'accès au bâtiment pour les ouvriers qui viennent terminer les travaux de la cafeteria ce samedi. – C'est uuurgent, si on les a pas, ça va être le bordel demain matin ! – D'accord, d'accord, je m'en occupe.

    2) un de mes collègues téléphone pour dire qu'il est malade et qu'il ne viendra pas aujourd'hui. Le temps de récolter les informations essentielles de sa journée et de réorganiser les rendez-vous qu'il avait, trouver les volontaires désignés pour le remplacer ici et là. 

    3) je réponds à une collègue qui a besoin d'informations pour avancer dans ce que je lui ai demandé de faire la veille

    4) je réponds à une dame qui vient juste de perdre son mari et qui nous téléphone pensant que son mari travaillait chez nous alors que ce n'était pas le cas.

    Il est donc déjà 10h30 et dans une demi-heure et j'ai une réunion dans un autre bâtiment à dix minutes de là. Je ne vais pas pouvoir faire grand-chose. Je parcours rapidement les mails arrivés entretemps. J'en gère un ou deux et je rassemble mes papiers pour la réunion.

    11h: Réunion pour valider les grilles de sélection de la prochaine procédure de recrutement. Dans la fonction publique, on essaye d'être le plus transparent et équitable possible. La moindre suspicion de favoritisme est immédiatement qualifiée de népotisme. On fait gaffe. Du coup, on met en place des procédures d'évaluation des candidatures tellement sophistiquées et mathématiques que cela en devient ridicule et qu'on y perd en qualité de jugement. Et on perd un temps fou en plus. 

    12h30: Je reviens au bureau. La secrétaire me signale qu'il y a un mail urgent : une maman dont le fils de10 ans vient de se casser la jambe au ski demande en urgence un congé parental, elle voudrait rester avec son fils dès lundi. Normalement il convient de le demander x semaines à l'avance mais là, c'est urgent et la collègue en charge de ce type de demande est en vacances. Bon, je passe la main, je trouve une collègue dont ce n'est pas le domaine d'activité mais qui s'y connait un peu et je lui demande de contacter la collègue et de gérer l'affaire. 

    12h45: je devrais me mettre en route et repartir pour l'autre bâtiment pour la séance de Pilates mais je sens le stress de ma chef qui rôde autour de moi pour une note urgente à finaliser. Je décide de laisser tomber le Pilates, je m'attaque à cette note. Elle me barbe. C'est complexe, juridique et trop long à vous expliquer ici. J'ai faim et je ne suis plus très efficace. Je déjeûne sans quitter l'écran. Je vais me chercher un café. Je passe devant les petits oeufs de Pâques, je résiste. Cette note m'ennuie vraiment. C'est l'heure de la pause tout de même. Je fais un petit tour des blogs. Je laisse quelques commentaires.

    Bon, cette note….. Péniblement j'aligne deux trois paragraphes. On frappe à la porte que j'avais fermée pour mieux me concentrer. Une intérimaire qui n'en peut plus de ne jamais connaître ce dont demain sera fait. Je la rassure assez vaguement, je n'ai pas la tête à ça. Elle repart, à mon avis, peu satisfaite. 

    14h: Bon, je n'ai pas trop avancé, il faudrait que je m'active. 

    14h30: Encore un mail urgent. Je dois identifier les volontaires désignés pour faire partie des comités d'évaluation des candidatures de stagiaires. Cela va assez vite, je ne rencontre pas trop de résistance. 

    15h: je prépare le rapport d'évaluation d'une collègue. J'avais complètement oublié que j'étais en vacances la semaine prochaine et cela doit être prêt pour mon retour.

    16h15: j'ai une réunion dans une demi-heure, je n'ai pas fini la note urgente et je dois encore téléphoner au médecin conseil pour prendre des nouvelles de deux collègues en maladie depuis longtemps et discuter des approches à suivre. 

    16h30: rendez-vous avec un consultant externe pour préparer un séminaire de toute la direction sur le plan d'action consécutif à l'enquête de satisfaction du personnel. Super intéressant. La consultante, je la connais, est une femme extraordinaire et je bois comme du petit lait tout ce qu'elle dit. Elle a l'art de transformer les situations les plus désastreuses en tremplin pour rebondir et elle regonfle à bloc les baudruches les plus à plat.

    17h30 déjà: je termine plus tôt, c'est vendredi et j'ai un supermarché à faire. Je refile la note à l'état plutôt embryonnaire à ma chef qui se lamente sur l'absence de ma tête, de mes dix doigts et de ma bouche la semaine prochaine. Cela sonne bizarrement mais je décide de le prendre comme un compliment.

    17h50: je ferme la boutique, je file, l'Homme m'attend depuis 20 minutes. 

    18h20: Supermarché à deux, un des chouettes moments du vendredi.

    19h30: double file, décharger la voiture, tout monter, tout ranger, petite pause café.

    20h: l'Homme prépare une poêlée de courgettes, poivrons, tomates. Je range quelques bricoles, grignote ici et là (pas bien), papote.

    21h: on dîne enfin, à quatre, Maïté rentrait plus tard. Un copain vient chercher Quentin pour aller…. manger. A cet âge là, ils peuvent manger deux fois, ça gêne pas.

    21h30: Maïté rentre, je lui propose de nous accompagner à brûle-pourpoint à Balkan Trafic, une soirée de musique des Balkans au BOZAR. Moi, j'y vais surtout pour une heure de rébétiko. Elle accepte séance tenante. Si c'est grec, en bonne fille de sa mère, Maïté est toujours partante. 

    22h: une heure de pur bonheur. Stelios Vamvakaris et son bouzouki. Une heure de rebetiko absolument divin. Dommage que le public n'ait pas été à la hauteur. 

    24h: Bonne nuit, demain est un autre jour……

  • Arrêt pipi

    Manneken_pis 

    Photo empruntée à Gloubi-Boulga (http://www.vounic.com/blog/)
     

    J'habite à côté de la station de métro la plus sale de tout Bruxelles et j'en ai marre ! Le soir, quand je rentre, dès que les portes du métro s'ouvrent, le fumet qui m'accueille me confirme que je suis chez moi. Cette délicate odeur de pipi mélangée à un doux parfum de vomi me ravissent les narines. Je suis arrivée. 

    Cette station de métro est, c'est vrai, le refuge d'un grand nombre de sans abris tout en étant totalement dépourvue de toilettes, comme la plupart des autres stations d'ailleurs – ou alors elles sont fermées à clé et il faut demander la clé au kiosque à tickets où le préposé est systématiquement absent -. Les sans abris qui dorment là se soulagent à tous les coins d'escaliers roulants et malgré toute la sympathie que j'ai pour eux, je râle un max sur leur incontinence incivique. Je râle encore plus sur la STIB, notre société de transport en commun, qui n'est même pas fichue de nettoyer convenablement ces couloirs puants, qui ne met pas les moindres toilettes à disposition de tous, qui trouve plus intelligent de mettre tous les mendiants à la porte du métro en début d'hiver. Ce qui n'empêche de toute façon pas ces derniers de revenir honorer Manneken Pis dans les sous-sols de ma station.

    Et maintenant qu'une météo plus douce s'annonce et que les chaleurs de l'été se profilent au loin, je bénis l'hiver qui me permettait au moins d'enfouir mon nez dans mon écharpe au moment de prendre l'escalier qui m'amène à l'air …. libre.

  • Pluvi’oeufs, vent’oeufs mais heur’oeufs !

    Pâques, c'est LE rendez-vous familial au vert. 

    La Swiss'Sis vient de sa lointaine Lausanne, les deux soeurs bruxelloises quittent la ville et rejoignent la campagne pater-natale. Un long weekend sensé être vert. Cette année-ci ce fut plutôt gris à très gris. On a donc troqué les travaux de jardin contre les travaux de réaménagement intérieur à grands coups de bibliothèques, livres sortis des caisses, déplacements d'armoires et de tables diverses. On a remplacé les pistes d'atterrissage des cloches, généralement verdoyantes et fleuries par des dessus d'étagères, de lustres et de cadres. On a échangé le soleil contre de chouettes moments tous ensemble. 

    Et certains photographes ont le chic pour transformer une météo lugubre en merveilles de la nature.

  • Weekend multifacettes

    Totonivoire
     

    Comme un dé à jouer, un weekend à six faces: 

    Le 6 : Une soirée chez Joséphine et Stefano où la jolie s'est décarcassée pour me faire un menu minceur légumes, de l'apéro au dessert. Et chez elle, les menus minceur ont une allure de fête. Cette soirée était organisée en prélude à une sortie en boîte. Mais comme on ne va plus "en boîte" avant 23 heures au minimum – désolée, mais je trouvais nos sorties à 20h beaucoup plus rentables -, il faut qu'on tue le temps avant. Et on l'a tué de la manière la plus agréable qui soit. Dommage qu'on soit ….. sorti en boîte après. On a choisi une boîte rétro pour ne pas se retrouver, quadras et quinquas au milieu d'une belle et fraîche jeunesse. Et bien, il n'y avait de rétro que la faune qui s"y trouvait: des couples en catimini et en mode séduction pitoyable, des rouleurs de mécanique bijoutés jusqu'aux dents et les épouvantails à breloques qui les accompagnent. La musique, elle, était peu rétro et si elle l'était, elle était tellement remixée et remastérisée que c'en était lassant. Assaisonner de chaleur suffocante et brouillard de fumée et vous aurez une fin de soirée plutôt indigeste.

    Le 2: Je ne suis néanmoins pas restée sur ma chaise puisque j'étais venue pour danser. Mais visiblement mes lombaires n'ont pas aimé le rythme. Le lendemain matin, j'ai voulu me lever pour éteindre le réveille-matin, je suis restée coincée, pliée en deux. Plus moyen de faire marche avant ni marche arrière. L'Homme s'est levé pour essayer de m'aider mais j'ai bien senti que je m'en allais. J'ai fait une brève syncope. En général quand j'ai mal, sous l'effet de la douleur, je retire le fusible, je déconnecte. Pourtant, je n'ai pas eu l'impression d'avoir eu si mal.

    Le 4: On a mangé divinement ce weekend. Hormis le festin chez Joséphine, l'Homme a cuisiné un hamburger maison absolument parfait – j'ai appris par la même occasion que Mc Do cache une petite pilule anti-vomitive dans ses MacMachin. Mes enfants l'ont vue de leurs yeux vue. Après avoir été informés par des copines qui y travaillaient tout de même -. Le lendemain, lasagne d'aubergines tout aussi divine.

    Le 3: Courses dans deux types de magasin que j'affectionne particulièrement: 

    – un magasin de matériel artistique et bricolage pour approvisionner Maïté en matériel scolaire. J'ai trouvé comment j'allais coudre mes sachets de lavande miniature pour la boutique de ma maison de poupées provençale. Je vais acheter du papier à transferts, imprimer des photos de tissu provençal, le réduire au maximum et l'imprimer sur le papier transfert puis repasser le tout sur du tissu blanc ou jaune.

    – Et un magasin de matériel de cuisine et épicerie fine, genre la Grande Epicerie. J'adore fouiner dans ce genre d'endroits et découvrir de nouveaux produits. J'en suis ressortie avec une mandoline.

    Le 1: On a rendu visite à C. à l'hôpital, opérée de la colonne la semaine dernière et qui n'en peut plus de souffrir de sciatique et de demander sans succès qu'on la soulage un peu. Comme si la sclérose en plaques dont elle souffre ne suffisait pas. Je la trouve extrêmement courageuse et je suis vraiment désolée de ce qui lui arrive.

    Le 5: J'ai terminé la soirée seule avec Quentin. Les filles s'étaient retirées dans leur appartement et l'Homme, pour une raison obscure, s'est mis à bouder (= il monte dans sa chambre et se met à lire et ne répond que par monosyllabes). On s'est offert un très beau film: Eden à l'Ouest de Costa Gavras. A voir si l'on est sensible à la problématique des émigrés clandestins. Sinon s'abstenir. 

    J'ai fait un 6, je rejoue: j'ai aussi eu un immense plaisir à nettoyer le fond de mes armoires dans la salle de bains et un tout aussi immense déplaisir à changer d'heure. 

  • Agenda culturel

    F_Retrato de Angelina Beloff
     

    En un peu moins de dix jours, 3 pièces de théâtre et 2 expositions. J'abuse.

    Déçue par deux pièces, séduite par la troisième: Cher Diego, Quiela t'embrasse. Claire Chazal nous a fait pendant une petite heure la lecture de lettres d'amour écrites à Diego Rivera par sa femme, Angelina Beloff, russe et peintre elle aussi, qu'il avait abandonnée à Paris pour rejoindre son cher Mexique. Diego ne répondra jamais à ses lettres

    Par contre, les deux expos m'ont ravie:

    Imagenes de Mexico !: Un résumé en 150 portraits de l"histoire du Mexique. La période précolombienne, le colonialisme, l'indépendance et l'époque moderne. Des portraits de mexicains anonymes ou célèbres, des peintures de Hermenegildo Bustos, Diego Rivera – encore lui !, Frida Kahlo. Deux heures sur une autre planète.


    El Greco:  Peintre grec, qui délaisse l'art des icônes dans la tradition byzantine orthodoxe, fait évoluer son art à Venise puis à Rome et s'installe ensuite à Tolède. Il y avait dans ses tableaux une lumière et des couleurs très particulières. Séduite encore.


  • Sous cape, en coin ou aux éclats

    Rire en coin:

    DSC_00942

    Dans la salle de bains, entre brosse à dents et brosse à cheveux, Maïté m'interpelle le plus sérieusement du monde:

    – Est ce que j'ai bien entendu ? Il va faire 14 à 16° les prochains jours ?

    – Oui, il paraît (et c'est pas trop tôt).

    – Tu te rends compte que l'heure est grave ? Ca ne va pas du tout. On n'est pas prêt. Il va falloir enlever les pulls, tu comprends ça ?

    – Ben oui. Et alors ?

    – Mais on n'est pas prêt. Tu as déjà vu comment on est en dessous des pulls ? Po,po, po, po, po (traduisez: aïe, aïe, aïe, aïe)

    Rire sous cape: 

    Je sors du bain, j'attrape un drap de bain, j'entends gling gling, tiens une alliance qui roule au sol…. Ah bon, il a perdu son alliance sans s'en rendre compte ? Tiens tiens….

    Dix heures du matin, il m'appelle:

    – J'ai un problème.

    – Ah bon ?

    – J'ai perdu mon alliance….

    – Quoi ? Tu es allé nager ? (Là, un mot d'explication s'impose: jeune marié, il a perdu son alliance dans une rivière et sa première alliance a probablement fini sa course dans l'estomac d'une truite)

    – Ha, ha, ha, c'est pas drôle.

    – Mais où l'as-tu perdue alors ?

    – Je ne sais pas, tu ne peux pas regarder dans la chambre ? Ca m'ennuie vraiment.

    – D'accord, je vais aller voir. Je t'appelle si je la trouve. 

    – Tu peux m'envoyer un sms plutôt ?

    – Ah bon, tu n'es pas au bureau ? (sur le ton le plus suspicieux que j'ai pu trouver)

    – Mais si, mais si, mais je dois partir en réunion (sur un ton de plus en plus ennuyé)

    Je n'ai pas pu continuer plus longtemps à jouer avec son embarras. Je lui ai dit que je portais son alliance à côté de la mienne. Son soulagement m'a fait rire de bon coeur.

    Rire aux éclats:  

    Dernière réunion avec le comité du personnel en fin de mandat. Pour célébrer deux années de bonne collaboration, le Directeur ouvre le champagne. L'ambiance est détendue et les petits biscuits circulent. Le président du comité, Anglais pur British, long maigrichon, très pâle et très blond, amasse quelques petits biscuits devant lui pour ne pas attendre le prochain passage. Je me moque gentiment de lui et je veux lui dire qu'il me fait penser à Tic et Tac, les jolis petits écureuils de Disney. En anglais, Chip and Dale. Pas de bol, je me plante et je lui dis:

    – John, you look like the Chippendales.

    – Really ? rougit-il, totalement abasourdi par le compliment qui, de toute évidence, ne colle pas à son profil.

    – Yes, look at you, insiste-je.

    La fille à côté de moi se rend compte de ma méprise:

    – Do you mean Chip and Dale ?

    Et c'est là que je ris aux éclats en piquant un fard plus rouge que Donald Duck en colère…

  • Carnet mondain

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    Naissances: 

    – Voilà 40 ans que naissait ma petite soeur. Cela fait vraiment bizarre d'avoir une petite soeur de 40 ans. Il y a là comme un paradoxe. Et pourtant…. Swiss'Sis et moi lui avons offert, en attendant un vrai cadeau, un bouquet que je voulais de 40 roses. D'abord on a remplacé les roses par des renoncules et des pivoines, cela lui va mieux. Ensuite, le fleuriste peinait à rassembler ces 40 grosses tiges dans un seul bouquet, j'ai mis fin à son supplice à 32 fleurs. C'est de toute façon l'âge qu'elle fait, Sis'Cile !

    – Ca y est, à mon grand désespoir, j'ai atteint mon poids de fin de grossesse de mon petit dernier. Je suis atterrée. Il est vraiment temps de faire quelque chose, il faut que ça s'arrête tout de suite !

    Mariages:

    – Un couple de nos amis marient leur aînée dans un an, en juillet 2011. Ils ont demandé à l'Homme de jouer le chauffeur de la mariée. A cette date, nous, en principe, on est toujours en vacances, loin. Ca me contrarie beaucoup plus que je ne voudrais. Où est ma flexibilité d'antan ? Je vieillis, je vieillis….

    – Nos filles ont annoncé la couleur: pas de mariage pour elles. Choix respecté. Mais ça m'aurait bien plus moi d'être la mère de la mariée 🙂

    Décès: 

    – Jean Ferrat: Qui chantera désormais que la femme est l'avenir de l'homme ? Qui dira à quel point la montagne est belle ?

    – Miguel Delibes: un écrivain espagnol peu connu chez nous mais extrêmement célèbre en Espagne. Et dont j'ai traduit …. la moitié d'un livre pour mon mémoire de fin d'études. El principe destronado, l'histoire d'un enfant de 3 ans que la naissance d'une petite soeur détrône de son statut de petit prince de la famille. Longtemps, Quico, le héroïnet de l'histoire, m'a accompagné dans mes rêves d'enfants et je me suis toujours juré que je ferais tout pour ne détrôner personne au fur et à mesure de la fabrication de la ribambelle d'enfants que j'allais avoir…..